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jeudi 12 octobre 2006

EpicteteRéflexion du 12 octobre 2006



La simplicité et la sincérité ne peuvent jamais aller de pair. Celui qui s’est identifié à quelque chose, à quelque niveau que ce soit, est peut-être sincère, mais il n’est pas simple. La volonté d’être est l’antithèse même de la simplicité. La simplicité vient lorsque le désir d’acquisition ou de réalisation cesse. La simplicité est la lucidité passive et vigilante dans laquelle le sujet de l’expérience ne cherche pas à garder la trace de son expérience. L’introspection a toujours un motif – être libre, comprendre, obtenir – et ce désir ne fait qu’intensifier la conscience du moi. De même, les conclusions introspectives interdisent la connaissance de soi.

mercredi 11 octobre 2006

Saoul-FifreAaaaaAAaahhhhhhh...

Annabel, Aréthuse, Alcmène, Antinéa, Amparida, Allegria, Annabel, Atsouko, Alda, Antiope, Anne, Alcyone, Aydée, Athelstane, Agar, Azraële, Aedona, Alberte, Apsara, Atalide, Alverde, Axelle, Alice, Aquilina, Adèle, Armide, Armande, Argine, Aïno, Andrée, Aïssé, Algide, Agathe, Adlonne, Ariane, Aude, Armance, Angelica, Arabella, Alzyre, Armène, Albine...

À cette longue litanie prenante, envoûtante et singulièrement monomaniaque de prénoms féminins, vous ajoutez "Angel", seul héros masculin, et vous obtenez la liste des prénoms du personnage principal de chaque roman de Pierre Benoit. Quelle galerie d'héroïnes ! Et quelles femmes ! Si Benoit enfilait des perles, on peut dire qu'il en a décrit des colliers, des lignes de perles de toutes eaux, de toutes couleurs, piégées dans leur folie, dans leur sagesse, dans leur patience, leur endurance, leur hystérie, leur fidélité à un rêve, une promesse, un fantôme... Épinglées à leur devoir, à leur souffrance, refusant corps et âme de bifurquer vers un autre destin, meilleur, la volonté énergisée par le désir de vengeance, par l'adoption d'une haine ne leur appartenant pas. La vie se charge de recouvrir et recouvrer leur honneur foulé aux pieds, de couches sédimentaires successives, mais leur plaie est une source continue, vivace, comme un stigmate rappelant aux hommes leur légèreté, et les entraînant, les roulant dans leurs flots fascinants et impétueux, dans leur Alpha...

Les amants chez Benoit n'ont rien de commun, de près ou de loin, avec les amoureux de Peynet. D'Amour, il est peu question, enfin, d'Amour désintéressé, généreux, regardant dans la même direction que Saint Ex., ou assis du bout des fesses sur un banc public... Par contre si la Passion vous parle, que les sentiments exacerbés vous titillent, les destins farouches et condamnés dès leur naissance vous mettent en transes, il faut lire Benoit qui, camouflé sous un académisme de forme sécurisant, va vous ballotter, vous faire vous vautrer dans le scabreux. Ses héros sont prisonniers de leurs instincts, de leurs désirs, de leurs besoins. Même les manipulateurs sont des victimes, sous la coupe de leur destin. Personne ne ressort indemne de ces bouillonnements pleins d'humanité. La drogue, le jeu, l'alcool, la dépendance sexuelle, le masochisme, les mensonges croisés, le cynisme, la Grande Avalanche de la déchéance est initiée, elle rebondit ses rochers dévastateurs et amoraux tous azimuts, et les cris d'alerte dérisoires des spectateurs n'y feront rien : l'écroulement ne stoppera qu'au fin fond du plus bas. Trop tard.

Ce qui me sidère chez Benoit, c'est qu'en soignant la présentation du bouquet, on arrive à offrir de telles fleurs vénéneuses... Ce gars a vendu de son vivant des millions de recueils pleins d'horreurs et de stupre. Né en 1886, en un temps où les publications étaient surveillées, les bonnes mœurs pas vraiment une vue de l'esprit, la morale publique, une véritable chape de plomb, Benoit s'est mis à écrire ses romans qui traînaient dans la boue les valeurs en cours et à la hausse à l'époque. Et il a fini à l'Académie Française, malgré une attitude sulfureuse pendant l'occupation. C'est à croire que personne ne comprenait ce qu'il racontait, fascinés par la perfection et l'élégance de sa langue. Il est vrai que pas un seul gros mot ni tournure vulgaire n'a coulé de sa plume. Toutes les turpitudes décrites étaient allusives, enrobées dans du papier cristal brillant des mille feux de tropes rhétoriques les plus pures. Ceux qui s'attendraient, suite à ce billet, à lire des descriptions crues de parties fines, seront déçus. Et pourtant ! Peu d'écrivains auront disséqué les hypocrisies sociales, dénudé les noirceurs de l'âme humaine et montré jusqu'à quels excès elle pouvait s'abaisser, mieux que Benoit.

Si ce qui précède ne vous a pas trop inquiété, que vous ne connaissez pas encore le bonhomme, que vous soyez d'accord pour avoir un entr'aperçu de la féminité ravageuse de ses héroïnes-femmes fatales, vous pouvez partir sur les traces d'Anne, dans "Mademoiselle de La Ferté", qui hisse l'assassinat au niveau du plaisir et du Bel Canto. Dans "Le Lac Salé", c'est Annabel, qui morfle et qui en redemande, chez ses amis les Mormons... L'homme n'est pas toujours la victime, chez Benoit. Dans "Le soleil de minuit", Armide fait sauter très haut le bouchon de l'amour filial, et dans "L'île verte", sombre et joli livre qui se passe au large de Blaye, dans l'estuaire de la Gironde, Andrée patiente, calcule, martingale, semble empocher la mise, mais trébuche enfin...

Un autre mystère, aussi : comment Benoit a t-il pu se retrouver dans la bibliothèque de mon pater, si parano, si prude, si cul serré de grenouille de bénitier ? Lui non plus n'a pas dû tout capter.

mardi 10 octobre 2006

ManouLimiter une réunion qui perdure

Toujours utile dans la période automnale, au moment où notre instinct grégaire pousse à nous regrouper, entassés dans une salle borgne.

Ingrédients :

- 1 agenda électronique
- 5 bouteilles d'eau plate
- 1 stylo-plume
- 1 siège roulant
- 1 pied gauche
- 1 option macramé
- 50 feuilles blanches A4
- 1 Vava

Préparation :

Vous vous trouvez en réunion mensuelle de travail. Chacune des 10 personnes de l'équipe présente un récapitulatif de ses affaires. Au quatrième intervenant vous commencez à éprouver une sorte de torpeur rapidement compensée par de violentes démangeaisons au le pied droit. A l'aide du pied gauche, grattez-vous l'ensemble de la jambe qui devient rapidement une plaie sanguinolente.

Le cinquième intervenant prend la parole. Il faut rappeler que le cinquième intervenant n'est autre que Jxling, infâme cloporte à la solde du patronat, toujours en quête d'une bassesse à raconter sur son prochain. Avant qu'il ne dénonce votre copine Vava, kleptomane depuis la 4e génération, emparez-vous d'un stylo-plume inattentif pour le planter entre les yeux de Jxling d'un geste précis.

Toute l'équipe se jette sur vous. Sauf Vava qui vole à votre secours. Elle décide de faire diversion tout d'abord en s'écrasant au sol, puis en effectuant un strip-tease digne de 9 semaines et demi, enfin en jonglant délicatement avec les 5 bouteilles d'eau. Le charme se rompt quand une bouteille atterrit sur le crâne de Jxling. Celui-ci beugle de douleur. Faites-lui bouffer son agenda électronique immédiatement. Finissez-le au siège roulant s'il manifeste à nouveau sa flagrante non-coopération.

Saisissez Vava par la main non sans l'avoir rhabillée de quelques feuilles de papier A4 tressées (l'option « macramé » aide un peu). Entraînez-la vers la sortie. Il est temps de vous séparer, maintenant. Embrassez-la sauvagement sur la bouche, éructez un « We all live in a yellow submarine, yellow submarine, yellow submarine ... » et retournez dans votre bureau.

Suggestions :

- Je vous déconseille de remplacer les bouteilles d'eau par des tapis de souris.
- Si vous avez deux Jxling dans le service, il en va de votre crédibilité d’en convertir un en Vava.

lundi 9 octobre 2006

Tant-BourrinL'aventure est au coin du couloir

J'aurais bien du mal à dire que je me fais chier dans mon boulot.

Quelle chance, dites-vous ? Attendez, laissez-moi vous expliquer tout ça plus dans le détail...

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dimanche 8 octobre 2006

EpicteteRéflexion du 8 octobre 2006

La méditation consiste à être conscient de chaque pensée, de chaque sentiment ; à ne jamais les juger en bien ou en mal, mais à les observer et à se mouvoir avec eux. En cet état d’observation, on commence à comprendre tout le mouvement du penser et du sentir. De cette lucidité naît le silence. Un silence composé par la pensée est stagnation mais le silence qui vient lorsque la pensée a compris sa propre origine, sa propre nature et qu’aucune pensée n’est jamais libre mais toujours vieille, ce silence est une méditation où celui qui médite est totalement absent, du fait que l’esprit s’est vidé du passé.

samedi 7 octobre 2006

Saoul-FifreSouvenirs, souvenirs...

Comme un garçon, j'ai les cheveux longs
Comme un garçon, je porte un blouson...

Mon père m'emmenait chez le coiffeur avec lui tous les mois, j'en ressortais la boule à zéro, mes amis avaient tous la même tronche que moi, nous n'avions pas la télé, et cette chanson de Sylvie Vartan que j'entendais sur Radio Paris (non, je déconne), au poste, me jetait dans de tels abîmes de perplexité que je n'ai jamais osé en parler autour de moi.

Je me souviens de mon premier scopitone, à 5 ans, c'était Retiens la nuit , Johnny avait vraiment l'air de l'amoureux transi devant son décor en carton pâte avec sa lune recouverte de papier chocolat et sa guitare... Pas de nanas à poils, ça c'est sûr. Peut-être une, en incrustation dans un cœur, en train de faire les mimiques de celle qui hésite ? En tout cas, c'était pas "sexe" pour un sou. L'autre avait sa gueule de gendre idéal et montrait qu'il savait se tenir. Pourtant je sais pas, moi, mais "Retiens la nuit", comme titre, ça m'évoque des trucs assez salés. Bon, c'était une autre époque, d'accord, mais si les filles baissaient souvent les yeux, ça devait quand même être pour voir si elles faisaient de l'effet au garçon, non ?

Je me souviens aussi de la première fois que j'ai vu la télé. J'avais 4 ans, ça c'est du sûr vu que c'était lors de mon premier voyage à Paris en Caravelle pour aller soigner le cancer de la gorge à mon père, que ma sœur était jalouse car mes parents l'avaient laissée en Algérie à la garde de la grand-mère. Ma mère m'emmenait dans un jardin à côté de l'hôpital. Le Luxembourg ? Les Tuileries ? Y'avait des vendeurs de cornets de marrons chauds. Alors les parisiens ? Vous en avez encore, de ces petits métiers, ou alors vous vous tapez les marrons de chez Faugier, froids, à même la boite ? La télé, c'était chez mon oncle. On voyait une machine à faire des confettis qui tournait, ça me fascinait. Et la chanson derrière, c'était Le poinçonneur des Lilas . Ils mettaient pas beaucoup la gueule de Gainsbourg, pour pas faire peur aux rares téléspectateurs, encore fragiles. Mon oncle disait à ma mère : "Mais regarde-le, ton fils : on dirait qu'il est hypnotisé ! Qu'est-ce qu'il peut bien comprendre ?" Sans comprendre, lui, que c'était ma future passion qui était en train de se construire.

Je me souviens aussi, même année, de la chanson Dis-lui que je l'aime de Richard Anthony. Pareil, j'entendais ça à la radio, et confondant sans doute avec Bab-el-oued, je chantais "dèl oué que ze l'aime comme un fou, dèl oué que ze l'aime... " en dansant le twist. Ma famille était pliée de rire. En gros, quand je regarde en arrière, on m'a toujours encouragé à faire le con, pas étonnant que je ne sois jamais devenu sérieux. Faut dire aussi, on a vécu des trucs durs, on avait BESOIN de rire. C'est nerveux, comme on dit, faut faire chuchoter la soupape de temps en temps. J'avais mon public bien en main. Je me souviens d'une amie à ma sœur qui pleurait de rire en écoutant mes histoires. Et bien sur, si y'en a une qui pleure, ça ne rend pas les autres tristes. Je l'ai revue 25 ans plus tard, tous deux adultes, elles s'est remise à pleurer rien qu'en me voyant. À cet âge, je leur disais que le soleil devait manger un paquet d'ampoules, pour briller si fort. Ou bien qu'il devait y avoir des marais "De Gaulle", puisqu'il y avait des marais "Salan"... J'avais mon petit succès. Et je voyais bien qu'ils n'attendaient que ça, que je leur sorte des conneries. Destin mon cul : ils m'ont fabriqué comme ça.

On chantait beaucoup chez nous. On chantait en voiture, devant un paysage, en bossant... On chantait Marguerite , par exemple ? Et comme on était bien élevés, et bien personne ne rajoutait à la fin :

Si tu veux faire mon bonheur...
Marguerite, donne-moi ton cul !

Y avait pas vraiment intérêt, non plus ? Car l'humour de papa avait ses limites.

vendredi 6 octobre 2006

ManouLes 3 mousquetaires

Un beau samedi. Tout va bien, j’ai le mal de crâne habituel des journées de week-end et je fais une queue d'enfer aux trois mousquetaires. Devant moi un type fait la même queue avec un chariot hyper plein. Entre le type et moi se trouve une vieille dame. Elle peine à tenir son litre de lait à la main. Le type dépose tranquillement sa centaine d’articles sur le tapis roulant. Je lui glisse « Vous pourriez laisser passer la dame, s’il vous plaît » ? La trentaine exaspérée, il me répond d’un oeil mauvais « Si elle peut pas attendre comme tout le monde, la vieille, elle n’a qu’à pas venir aux heures de pointe ». Et toc, il continue à déposer ses articles. J’en reste bouche bée quelques secondes. Très rapidement mon rythme cardiaque s’accélère, et je commence à expliquer au type, plutôt pas calmement, pourquoi il est un sale con. Juste avant qu’il ne s’énerve, la caissière voisine appelle la vieille dame et lui dit « Venez, madame, passez ici ». La dame, tremblante d’être le centre du problème, boitille jusqu’à la caissière miraculeuse. Mon type, lui, ne se prive pas de ranger très lentement son caddy. Il met bien dix minutes pour payer. Je ne dis rien, je ne change même pas de caisse, mais je déroule mentalement toutes les tortures que j’aimerais lui infliger. Il part en me lançant un nom d’oiseau que je me garderai bien de vous répéter. Voilà.

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