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samedi 20 septembre 2008

AndiamoLe ventre de Paris

Ça n'est pas celui de Zola, ni celui de Carco. Paris, mon Paris que j'aimais, c'était plutôt celui de René Fallet, avec son petit monde de travailleurs, de petits commerces, des bistrots de quartier, avant qu'ils ne deviennent typiques, branchouilles ou bling-bling !

Les halles... Ce quartier, de Beaubourg à St Eustache, la rue St Denis, la rue de le grande truanderie, ou la rue Rambuteau, s'est vidé de son âme.

Bien sûr, des halles au coeur de Pantruche, ça n'était plus possible : chaque nuit, c'était un foutoir indescriptible ! Toutefois, avec le déménagement à Rungis, certains (même beaucoup) y ont trouvé leur compte.

Et puis, il faut bien que le monde avance : avanti o popolo alla riscossa... Andiamo !

Pourtant je l'aimais bien ce quartier quand, vers les deux ou trois heures du matin, on se retrouvait avec une bande de copains, qui sur une Vespa, ou une moto, après une nuit passée à gambiller au "Tourbillon" ou au "P'tit jardin", ou encore au "Royal lieu" sur le boulevard des Italiens, à côté du journal "le Monde" (aujourd'hui, il a déménagé, il est vrai que le monde déménage beaucoup en ce moment !).

Ce "dancing" accueillait des rombières en quête de fraîcheur, ne vous marrez pas ! A cette époque je n'avais pas dépassé la date limite de consommation ! Et puis quand tu as vingt berges... Hein ?

Alors nous débarquions dans un rade. Tout autour, ça n'était que diables poussés à grande vitesse, par des commis en blouses bleues, des chariots élévateurs, portant des piles de cageots impressionnantes, ça tanguait, tressautait, balançait dangereusement, miraculeusement ça ne tombait pas ! Saint Eustache veillait !

Tout ce monde s'interpellait, s'engueulait, s'insultait, se promettant la raclée du siècle... Paroles, paroles.

Des louchébèmes, tabliers maculés de sang, du résinet sur les pompes, petit calot qui avait dû être blanc rejeté en arrière du crâne, rentraient dans le troquet, commandaient des "blanc-secs", chacun sa tournée, le pif sans modération, les clopes sans bouts filtres, la monte ? A cru !

Bien sûr, aujourd'hui, ça n'est plus possible, les risques ne sont plus les mêmes, c'est une évidence.

Et puis, dans ce quartier, les chnecks qui tapinaient entre deux piles de cageots : "elle est là Dany" ? Oui mon p'tit gars répondait l'échassière en cuissardes, mais à c't'heure, elle est "sous presse" !

Les putes, tu sais, quand tu as dix-neuf ans, des outils en état de marche, un coup dans le porte-pipe, t'es pas regardant.

Comment c'est dégueulasse ? Alors il ya deux sortes de mecs : les timides qui n'ont jamais osé aborder une pute, et les menteurs !

Je ne suis pas spécialement timide, et puis je ne mens pas pour des conneries.

L'été dans ces rues, ça sentait les légumes frais, les fruits mûrs, des montagnes de melons au parfum entêtant attendaient les acheteurs. Des ôdeurs... la campagne à Paris, tu glissais sur les fanes de poireaux ou des feuilles de laitue, taches vertes sur le pavé. Avant soixante-huit, les rues de ce quartier étaient pavées, en Mai de cette même année on les a offerts au C.R.S, un peu brutalement il est vrai !

Alors on a goudronné : sur les pavés... le pétrole !

Dans les rades à cette heure avancée (ou matinale), ça grouillait de monde, curieux mélange des travailleurs de la nuit en pleine effervescence, et des noceurs un peu émêchés pour la plupart !

Il cohabitait bien ce petit monde, et puis le noceur du moment serait le bosseur du matin, mais dans quel état !

Je travaillais à l'époque dans une petite boîte de Bagnolet, et quand mon chef me voyait arriver le matin avec une tronche de "noceurenmanquedesommeil", compréhensif, il m'accueillait avec un grand sourire, et me refilait des boulots tranquilles, pas fatiguants, peinards... Charge à moi de lui raconter mes "fiestas" ! Ah le brave homme !

Quand on débarquait en pleine nuit après une soirée de guinche, on avait un p'tit creux, on s'attablait et nous commandions une "gratinée", la soupe à l'oignon, servie fumante, une belle couche de fromage fondu et des tranchettes de pain grillé, quand tu as la dalle, HUUM un délice ! Un p'tit coup de muscadet sur lie pour faire descendre le fromage et... remettez-nous ça, la patronne !

Souvent un petit orchestre accompagnait la soirée, deux ou trois musicaux pas plus : un accordéon, un batteur, parfois une guitare ou un "râcleux" pas plus.

Alors on "tangotait", on risquait une petite valse, si la tête ne tournait pas trop, entre les tables, peu de place, avec nos copines ou les nanas de la table d'à côté, c'était bon enfant, on lichtronnait un peu, sans être torchonnés !

Puis on rentrait, reprenant la moto, l'air frais nous tenait éveillé, on ne soufflait pas dans le ballon, on ne soufflait que dans les langues de belle-mères !

Avec le recul, je me dis que c'était bien "craignos" mais, fin des années cinquante, c'était comme ça ! Honnit soit qui mal y pense.

Evidemment, je vois mal de nos jours des halles au coeur de Paris, on a remplacé le boulot par la plage, les "gens de peu" (si, si, j'ai déjà entendu des nases employer cette expression !) qui vivaient dans ces quartiers, ô combien vivants, expulsés par la montée du prix des loyers, remplacés par des "bobos" qui pensent encore ces cons, habiter des quartiers "Apaches".

Les Apaches ont quitté Manhattan et les halles il y a bien longtemps, et l'odeur de la soupe à l'oseille a remplacé celle de la soupe à l'oignon.

dessin : Andiamo

jeudi 18 septembre 2008

Tant-BourrinTu finiras sur l'échafaud !

"Petit voyou ! Tu finiras sur l'échafaud !"

Eusèbe a six ans. Bien caché sous la paille dans la vieille fenière de bois, il pouffe en écoutant les invectives rageuses de son grand-père, qui vient de surgir, sa blague à tabac à la main, de la vieille ferme en torchis.

Eusèbe sait très bien pourquoi le papet vocifère ainsi : il vient de trouver une souris crevée au milieu de son précieux tabac. Et s'il accuse Eusèbe de cette forfaiture, c'est certes sans preuve, mais non sans raison : son vaurien de petit-fils est coutumier de ce genre de mauvaises plaisanteries, à croire qu'il a du sang de Malin qui lui court dans les veines...


"Espèce de cochon et de voleur ! Tu finiras sur l'échafaud !"

Eusèbe a onze ans. Bien caché dans les buis et les fougères, il glousse en écoutant les hurlements de Radegonde. Il ne fait pas qu'écouter d'ailleurs : son oeil se délecte avec lubricité des formes généreuses de celle-ci qui, nue sur la rive du cours d'eau dans lequel elle se baignait, cherche désespérément ses frusques.

Ses frusques disparues pour tout le monde, mais pas pour Eusèbe qui sait très bien où elles sont. Radegonde a juste entrevue une silhouette, mais elle n'a pas à chercher loin pour savoir qu'il ne peut s'agir que de ce fourbe d'Eusèbe : il n'y a que lui au village pour jouer ainsi des tours aussi pendables. Et il n'a que onze ans ! En voilà un qui promet !


"Sale petit voleur ! Tu finiras sur l'échafaud !"

Eusèbe a quinze ans. Bien caché dans un recoin au fond d'une petite sente, Eusèbe ricane en reprenant son souffle. Il sort la poularde de sa chemise. La poularde qu'il vient de dérober sur l'étal d'un marchand, là-bas, sur la place où se tient la foire du village.

Le marchand en question, un gratte-glaise du coin, a juste eu le temps d'apercevoir un quidam, de dos, qui s'enfuyait à toutes jambes. Il est convaincu qu'il s'agissait de ce mauvais jean-foutre d'Eusèbe, mais qu'y faire ? Ce gredin est coutumier du fait mais parvient à ne jamais être pris la main dans le sac. Que le diable l'emporte !


"Espèce de malfrat ! Tu finiras sur l'échafaud !"

Eusèbe a dix-neuf ans. Bien caché dans une arrière-salle d'une taverne mal-famée, il se fend d'une risée en comptant son butin, une bourse qu'il vient de dérober à un croquant à l'autre bout de la grand' ville.

La grand' ville où il est finalement venu s'installer : il était trop connu au village et il ne pouvait plus aisément y laisser libre cours à ses méchants instincts. Ici, au moins, il a le loisir de détrousser qui bon lui semble sans crainte d'être reconnu. Sa victime peut bien hurler au maraud tout son soûl, Eusèbe ne risque rien, à lui la grand vie ! Tavernier, une autre piche de vin !


"Assassin ! Tu finiras sur l'échaf...aaaaah !"

Eusèbe a vingt-trois ans. Bien caché dans la chambre pouilleuse qu'il loue depuis quelques mois, il a un sourire crispé en repensant à la face du père Lacroutz, toute pâle au spectacle de l'eustache bien affûté qu'Eusèbe lui avait brandi sous le nez. Quel mauvais hasard, quand même ! Venir s'installer à la grand' ville pour détrousser les bourgeois en toute quiétude, et tomber sur un pays de passage.

Eusèbe n'avait eu d'autre choix que celui de lui planter son couteau dans la poitrine pour le faire taire à jamais. Bah, il fallait bien que ça arrive un jour.


"A mort ! A mort, l'assassin ! A mort !"

Eusèbe à vingt-six ans. Au regard de tous, debout sur l'échafaud, il contemple la foule grouillante alentours qui éructe sa haine. Et il se souvient, il se souvient de toutes ces invectives qui, depuis sa prime enfance, le vouaient à l'échafaud.

La potence. La corde. Les pieds qui ne touchent plus le sol. L'air qui manque. Et puis plus rien. C'est fini. La foule rugit de plaisir.

Le bourreau range son matériel et repart vers sa demeure. Il enleve sa cagoule en route, à l'abri des regards dans une petite sente, et s'éponge le front.

Trois mois qu'il officie ainsi en tant que bourreau. Oubliés, tous les mauvais coups, heureusement impunis, qu'il avait commis dans ses jeunes années, jusqu'au meurtre du père Lacroutz qui l'avait amené à réfléchir sur ses actes et à s'amender.

Bien caché derrière les murs de sa chambre, Eusèbe sourit. Tous ceux qui l'avaient voué à l'échafaud avaient finalement eu raison : il y avait en effet fini.

Mais du bon côté de la corde.

mardi 16 septembre 2008

Saoul-FifrePortable

Étant de l'époque où l'adjectif "portable" avait pour unique signification "qui peut ou doit être porté", l'excitation grandissante de ma jeune garde au cours du repas de ce soir ne m'a pas ému outre mesure.

Eux ne l'entendaient pas de la même oreille. La plus grosse catastrophe à l'Est du Rio Bravo venait de s'abattre sur la maisonnée : plus un seul "portable", comme ils disent, opérationnel. Le câble du chargeur de l'un, mordu par le Tcha, déchiqueté, la carte Sim de l'autre, out, et la batterie du 3ième qui a coulé.

La température du repas a considérablement augmenté. Je commence à prendre conscience de l'importance pour eux de ce "transbahutable". Ils n'hésitent pas à m'agonir de questions techniques indiscrètes.

C'est vrai, je fais amende honorable, il y a quelques années j'ai acquis un de ces engins qui nous évitait de partir à la recherche de cabines téléphoniques - de plus en plus rares, d'ailleurs - quand nous étions en congés. Le reste de l'année, il traînait dans un tiroir et nous n'avons jamais communiqué son numéro à personne sauf à qui devait nous rejoindre sur nos lieux de vacances. Le prix de l'abonnement était ridicule, sans forfait de communications à consommer obligatoirement chaque mois et nous ne le rechargions qu'avant de partir.

Mais Papa, depuis que tu es client, tu dois avoir plein de points ? Me dirent-ils, l'œil plein de convoitise.

Ben, sûrement pas, on les intéresse pas, on reçoit pas de pubs sur la messagerie, je n'ai jamais activé mon compte sur Internet, on n'existe pas pour eux, je vous dis !

Mais si, tu dois avoir des tas de points, depuis le temps. Ils donnent des téléphones gratuits, des cadeaux !

Mais laissez-moi rire doucement, je vous parie que non, je les connais ces margoulins, ya toujours une condition cachée et là, c'est qu'il fallait s'inscrire ou un truc de ce style. Vous voulez parier ?

Zoé, toujours primesautière au delà du raisonnable, et bien motivée à l'idée d'avoir un portable "dernier sorti", me sort : Parier ? Moi je veux bien parier ! Tu me payes un cheval si je gagne !

Mais tu en as déjà un de cheval !?

J'arrive à rien avec lui, je veux un vrai cheval ! Et la voilà qui file sur le site, elle crée un compte avec un peu de difficulté, ils lui renvoient un mot de passe par SMS (entre temps, elle a trouvé une vieille carte SIM sortie on ne sait d'où), elle active le compte et bling badablang le bandit manchot lui crache ses gains : 3270 points !!

Bon ben je vois venir gros comme une maison le gag que je vais être obligé de me fendre d'un cheval-porte-clefs, ça fait pas un pli, ni deux, ni trois !

dimanche 14 septembre 2008

AndiamoLes personnages de Bédés ont-ils une vie sexuelle ? II (le retour)

AH ! Surpris, j'ai été surpris, Ah ! Les pervers(es), je pensais (naïvement) que j'avais été gonflé, ignoble, bousCULant l'image candide, puérile, bon enfant des personnages de B.D de ma tendre enfance, ceci dans un précédent billet : Les personnages de Bédés ont-ils une vie sexuelle ?

Nenni, il y a (bien) pire que moi, des tordu(e)s sévères, des déshinibé(e)s du bulbe, des qui laissent galoper leur imagination, jusqu'ici refoulée, pour se livrer à des requêtes pour le moins INSOLITES, des élucubrations tortueuses, sorties tout droit des méandres glauques de leurs pauvres cerveaux nauséeux.

Tant pis j'balance :

Tant-Bourrin : ce cher T-B verrait bien Pif le chien ou Donald, animaux au ventre lisse, affublés tout à coup sans l'accord préalable de Darnal ou de Disney, de protubérances sexuelles extravagantes !

Freefounette et Ophise : les jumelles de l'érotisme, les duettistes de la licence, les Mir & Miroska de la pornographie, je n'éxagère pas, sans se consulter elles ont eu le même fantasme : une aventure ZOOPHILE entre Bill le chien unique et préféré de Boule, et Caroline la tortue... Des mères de famille !

Cassandre : que moi seul continue à croire. Pour elle, une tite partie de jambes en l'air bien dessinée par Hugo Pratt, mettant en scène le beau et ténébreux Corto Maltèse, lui ravirait les yeux et l'esprit.

Saoul-Fifre : lui aussi, c'est Corto qui le branche, un Corto Maltèse assis sur une bitte (d'amarrage), ah la vache ça dérape, ça extrapole, ça anticipe... Mais c'est bien, dans tout ça je vais bien trouver matière à petits dessins.

Anténor : le "nettoyeur" du blog, le "Victor" de Luc Besson, la lavandière du net, la mère Denis de nos fantasmes, la maman CAT de mes réclames d'autrefois (c'était pour le savon LE CHAT), et bien il verrait sans problème (on se demande comment) des ébats amoureux avec l'homme invisible, ça c'est fastoche à dessiner... Page blanche, puis rideau !

La Poule : bercée par Astérix (ou plutôt le gros menhir d'Obélix), ce qui l'amuserait, c'est que je fasse forniquer Astérix et Falbala. et il ferait quoi Idéfix en attendant ?

Nathalie : très classique Nathalie, pour elle ce serait Tintin, mais avec qui ... Elle ne le dit pas, sans doute veut-elle le garder pour elle ?

Bof : lui assurément c'est un manuel, il m'a expliqué que Obélix pourrait fabriquer des olisbos, bien polis cela va de soi. Le temps d'effectuer quelques va-et-et viens et je lui répondrai.

La Poule : bien ancrée dans le classique, la Poule, hétéro à donf, jugez plutôt : Lucky Luke et Calamity Jane, on ne peut plus "missionnaire", pas de levrette avec Jolly Jumper ! Ah ça non.

Françoise : Eh oui ! Où va la littérature Française ? Quand une femme de plume (pardon, c'était involontaire, n'y voyez aucune allusion, ça n'est pas mon genre) s'y met, c'est du délire, mais où vont-elles chercher tout ça ? Pour cette femme si délicate et cultivée, rien de moins que les amours (un peu zoophile tout de même) de Betty Boop et du loup de Tex Avery. IT'S ALL FOLK.

Romook : lui ce sont les objets qui le branchent : le bondage, comme on dit dans les revues spécialisées (que je ne lis JAMAIS) Haddock et sa pipe, éteinte j'espère ?

Nicocerise : il aime la littérature classique, le beau dessin, la ligne claire, les décors architecturaux splendides, vous avez reconnu Jacques Martin et ALIX bien sûr, ses jeunes éphèbes nus, ses jeunes filles à peine nubiles et court vêtues, ça le branche bien, pourquoi pas ?

Opaline : une petite nouvelle au joli pseudo, délicat, discret, un petit Tanagra ! Ce qui l'inquiète cette délicate personne ? Les personnages de Bédés font-ils PIPI ? CACA ? Redescendez de vos nuages, sortez de votre tour d'ivoire. Opaline, reviens nous visiter le plus souvent possible.

Martine : C'est le parapluie rouge de Bécassine qui l'inquiète, où a-t-elle bien pu le mettre ?

Lorent : amours multiples, ou multiples amours ? Une partouze de Schtroumpfs, ça le brancherait bien pèpère ! Pourquoi pas une touze de lombrics dans un compotier rempli de spaghetti sauce tomate... HEIN ?

Et je n'ai RIEN inventé (voir les commentaires, grâce au lien en haut de page)

En tout cas vous m'avez donné de sacrées idées, continuez je n'aurai plus qu'à...

Alors j'ai récidivé, je ne voulais pas, c'est la faute de mes crayons, mes pinceaux, ils ont couru SEULS sur le papier.

D'abord Panoramix notre druide, lui aussi fantasme à mort sur Falbala (il n'est pas le seul), mais vu son âge avancé, il a besoin d'un p'tit cordial !

RAHAN, lui, il a deux Papas : fils des âges farouches ET fils de Crâo, on le voit souvent avec des femmes, pas farouches les meufs par contre.

Mais lui il ne s'y intéresse pas trop, alors ? Je me suis laissé aller, mais je n'ai voulu "singer" personne.

C'est Tant-Bourrin qui va être content, j'ai un peu détourné Darnal, qui dessinait dans Vaillant, le journal le plus captivant, ce journal était le concurrent de celui édité par les "curetons" : "Coeur Vaillant"

Mais, tout de même, on doit à Vaillant des dessinateurs et scénaristes de talent, au hasard : Darnal (le papa de PIF), Lecureux, Gotlib, Forest, Tabary (Iznogoud), Mandrika, etc...

Des B.D magiques : les pionniers de l'espérance, des aventures de science-fiction fabuleuses, Yves le loup, aventures moyen-âgeuses poétiques à souhait. Et puis Placid (l'ours) et Muzo (le renard), qui ont enchanté ma jeunesse.

Mais revenons à Pif le chien et son ennemi héréditaire : le chat Hercule... Ouais, je sais, c'était trop facile !

Et Tarzan ? Il a déjà était mis à mal en 1975, par Picha et Boris Szluzinger dans un film Franco-Belge : "Tarzoon la honte de la jungle". Et détail croustillant la voix de Tarzoon dans la version Américaine a été doublée par le propre fils de Johnny Weissmuller l'inoubliable Tarzan des années 40 et 50 !

Je ne sais pas pour vous, mais personnellement les meilleurs "Tarzan" au cinéma ont été pour moi Johnny Weissmuller et Lex Barker.

Donc je n'ai pas touché à Tarzan, mais la TARZANE ? JANE... En voilà une crapouillotte, une allumeuse, avec tous ces gros animaux en rut à coté d'elle, elle a dû s'en gaver, je l'imagine au milieu d'une tribu de singes pendant que l'autre pomme va au ravitaillement, bananes, noix de coco, et elle : "pendant qu' tu y es, rapporte une queue de crocodile j'te la f'rai en brochette".

Et l'autre qui s'éxécute : "mais oui ma Jeannette adorée, y'a qu'à demander". Tu penses le temps de remplir le caddie, l'autre pétroleuse, elle a quelques heures de tranquillité. Peinarde qu'elle est, elle peut s'envoyer le troupeau en toute quiétude !

Deux icônes de la B.D : Blake et Mortimer, le voyage en terre jaune, pardon ça m'a échappé, je voulais écrire : "la marque jaune", voilà une histoire qui a passionné toute une génération, quand c'est sorti dans le journal de Tintin, j'avais 17 ans, et je m'intéressais à tout autre chose. J'ai acheté ces albums beaucoup plus tard, mais ils ne m'ont pas emballés, je trouve qu'il y a trop de texte, le texte trop abondant tue le dessin, comme trop de descriptions tuent le roman.

Une B.D., ça doit se lire vite, au rythme des images, peu de texte, aller à l'essentiel, l'image DOIT l'emporter sur l'écrit.

Mais nos héros Blake and Mortimer Hummmm ? Ne cherchez pas : j'ai trouvé pour vous ! Tant pis pour les inconditionnels d'Edgar P. Jacobs.

Défoulez vous, dans tout ça, je piocherai bien des idées, le (la) gagnant(e), se verra offrir un couple d'hippopotames ! A retirer à l'hippo-pool de Ouagadougou.

P.S : certaines lectrices m'ont déclaré :"y'en a marre des nanas à poils, si tu nous dessinais des mecs tout nus ? HEIN ça serait sympa !"

Alors j'ai cédé.

Toutefois je le dis sans fausse modestie ni fausse pudeur, j'ai interprété (pas un copié collé) ce magnifique dessin de... Et puis tiens cherchez un peu !

Ce peintre et dessinateur de génie, est né au XVIII ème siècle, à Montauban.

Je le répète c'est en toute humilité que j'ai essayé de m'en inspirer (il me sera beaucoup pardonné).

Mesdames, vous vous attendiez à quoi ? Il n'est pas tout MEGNON MEGNON mon chérubin ?

vendredi 12 septembre 2008

Tant-BourrinComme dans un film d'error

Autant vous prévenir tout de suite : si vous continuez la lecture de ce billet, vous ne regarderez plus jamais, comme moi, votre ordinateur du même oeil. Il est donc encore temps pour vous de rebroussez chemin...

Vous persistez ? Eh bien, soit ! Tant pis pour vous, vous l'aurez voulu, je vais vous racontez ce qu'il m'est arrivé l'autre soir...

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mercredi 10 septembre 2008

Saoul-FifreLes vieilles baraques

Elles sont pleines à craquer, en général. Jeter était un crime, à une époque. "Ça pourra servir un jour, ce bout de fil de fer, mets-le dans cette boite".

Il y avait la boite à fil de fer, celle à bouts de ficelles, celle à clous tordus que l'on redressait soigneusement.

Il y avait le sac avec les restes de pelotons de laine avec lesquels on faisait des carrés au point mousse, qui, assemblés, finissaient en couvertures.

Il y avait la trousse avec les boutons dépareillés, ébréchés, ça allait tant que 2 ou 3 trous étaient encore utilisables. Celle avec les pressions, les fermetures éclairs. La grosse boite à gâteaux secs en fer blanc avec les aiguilles de toutes tailles, jusqu'à la grosse à matelas, les épingles piquées dans leur pelote, je me souviens d'en avoir bricolé une en liège pour ma mère, décorée d'un pompon rouge. Il y avait les lacets, les fins pour les chaussures du Dimanche, les plats et longs pour les gros croquenots de travail.

Il y avait les tiroirs, des palanquées de tiroirs avec chacun son contenu précis. Dans les années cinquante, ils commençaient à se remplir de gadgets qui étaient encore foncièrement utiles, représentant un vrai progrès, et de fabrication solide : l'anti-monte-lait en verre, les épluches-légumes, les poches à douilles, le presse-purée, la clef à boite à sardines, le dénoyauteur, les ciseaux à découper le poulet (maintenant un simple couteau de plastique suffit), l'allume-gaz à pierres, qui revenaient moins cher que les allumettes. L'ouvre-boites était d'une simplicité et d'une solidité diabolique. On pouvait même le réaiguiser avec une lime. Ceux électriques ou sophistiqués n'ont jamais réussi à le détrôner.

Il y avait la pharmacie avec ses préparations magistrales et ses "spécialités" qui avaient fait leurs preuves, souvent inventées par un petit pharmacien, et devenues célèbres par le bouche à oreilles. Si ça ne guérissait pas, ça ne faisait pas de mal.

Et puis il y avait l'arrivée en force des lessives, portées par la vague de l'hygiénisme. Un slogan comme "Génie sans frotter", ça ne donnait pas envie d'en acheter, à ces femmes qui allaient il n'y a pas si longtemps que ça, laver de lourdes brouettes de linge dans l'eau glacée du lavoir communal ?

Et ce parti-pris d'esthétique, de qualité, de durabilité, ce choix de matériaux nobles, la faïence, le bois, le cuivre, l'acier. Ce goût et cette fierté de faire du bon boulot dont on n'ait pas à rougir, quel que soit le niveau de la société où l'on s'active.

De vieilles lunes couvertes de poussière et de toiles d'araignées, confites au fond de sales bicoques.

lundi 8 septembre 2008

AndiamoLa jettatura


Hue ! Le vieux cheval s'arc-boute, bande ses pauvres muscles, ses flancs maigres se soulèvent au rythme de sa respiration rapide, les naseaux fument. L'homme près de lui, c'est Mattéo. Il est également attelé à la verdine, un harnais de cuir passé en travers de la poitrine, il tire de toutes ses pauvres forces, la côte n'est pas bien raide, mais homme et bête sont épuisés.

Ils n'ont pas mangé grand-chose depuis deux jours, les paniers se vendent mal, et puis la petite Sarah ne peut plus danser au son du tambourin tenu par sa mère.

Ça ne rapporte pas grand-chose, le soir sur les places de villages, quelques sous, parfois certains apportent un peu d'avoine pour le cheval Rossinante, Mattéo lui a appris à remercier en pliant la jambe antérieure droite, et en inclinant la tête, ça fait rire l'assistance, et rapporte des pièces supplémentaires.

Il a appelé son cheval Rossinante, comme celui de Don Quichotte. Mattéo sait lire, chose rare pour un Rom, c'est un instituteur autrefois qui lui a appris, ils étaient restés lui et ses parents plusieurs semaines au même endroit, en peu de temps il lisait couramment.

C'est bien dommage que tu partes aussi vite, mon petit, avait déclaré l'instit : tu es doué !

Mattéo sourit, ils sont un peu comme Don Quichotte : toujours sur les routes. Le soir avant de coucher la petite, il lui lisait un passage, elle riait, Sancho Pança l'amusait beaucoup, Conchita la maman, écoutait aussi, et souriait devant le bonheur de sa fillette.

Depuis trois jours Sarah est malade, son front est brûlant de fièvre, les tisanes préparées par sa mère n'y ont rien fait, le mal est trop grave, la nourriture peu abondante, la fillette est très faible.

Peut-être dans ce village ? Perché à flanc de côteau, dominé par les sommets de la Chartreuse, cerné par les vignes, le chasselas qui, avec d'autres cépages, servira à élaborer le vin de Savoie.

Peut-être trouveront-ils de l'aide ? Un médecin, une pièce chauffée pour la petite, en ce jour de veille de Noël. Il fait froid, un froid humide et pénétrant. En altitude, il neige déjà depuis plusieurs jours. En bas dans la vallée, c'est une pluie glacée qui tombe, transperçant les vêtements, glaçant les os.

Dans la verdine, il fait à peine moins froid, Matéo entend la petite quand elle tousse, chaque quinte déchire les poumons de l'enfant et le coeur de l'homme.

Après un ultime effort, ils arrivent enfin sur la place du village, quelques curieux écartent les rideaux, regardent l'étrange et dérangeant attelage avec une moue de dégoût.

Matéo a retiré le harnais qui l'entravait, puis se dirige vers le bistrot du village.

La porte à peine poussée, une douce chaleur l'envahit, un gros poêle ronronne doucement au milieu de la grande salle. On prépare le réveillon, une bonne odeur de volailles rôties flotte dans la pièce, peu de buveurs sont attablés, chacun est "chez soi", en famille. Derrière le comptoir, un gros homme, large béret, mouchoir à carreaux noué autour de son cou de taureau, essuie les verres, souffle dessus, puis les fait briller en lustrant la buée.

D'un oeil méfiant, il regarde l'homme au visage basané s'approcher de lui. Il pose le verre, serre les poings le long de ses cuisses, prêt à envoyer un pain au moindre geste suspect de la part du métèque !

Bonsoir Monsieur, articule lentement Mattéo, s'il vous plaît, pourriez-vous m'indiquer l'adresse d'un médecin ? Ma fillette est très malade, il nous faut de l'aide.

Ah ben ça ! Tu t'crois où mon gars ? C'est pas Chambéry ici ! Y'a pas d'toubib, on l'appelle quand on a besoin de lui, c'est pas comme toi : personne t'a appelé, et pourtant t'es là ! Les trois clients présents dans la salle se marrent.

Et puis même s' il montait, faudrait aller chercher les médicaments, en bas, au bourg, et avec ton carrosse, il me semble que tu n'irais pas bien loin !

Allez, casse-toi Cendrillon, avant que ta charrette ne redevienne citrouille ! Les abrutis attablés se marrent à nouveau.

Sans se démonter Mattéo insiste : "ne pourriez-vous pas garder ma petite Sarah pour la nuit dans votre salle ? Il fait très froid, un peu de chaleur lui fera du bien, on ne vous dérangera pas, ma femme restera auprès d'elle, moi je dormirai dans la roulotte pour ne pas déranger".

Et puis quoi encore (la voix est montée d'un ton), tu veux pas que j't'invite à mon réveillon des fois ? Allez, ça suffit, casse-toi, j'veux pas d'emmerdes.

S'adressant aux trois ventouses : "il s'rait capable de m'chourrer le perco, ce gniaque" !

Mattéo est sortit. Cueilli par le froid, il relève le col de sa veste. A cinq ou six pas de la verdine, il entend la petite tousser, une toux effroyable, propre à lui "arracher" les poumons.

La nuit est tombée, le froid s'insinue partout, Matéo est allé cogner à la porte du presbytère, Adèle la vieille bonne a entrouvert la porte.

- C'est pour quoi ?

- Bonsoir Madame, pourriez-vous héberger ma petite Sarah et ma femme pour la nuit ? Il fait très froid, la petite est malade, un peu de chaleur...

- Non, non, pas ce soir, Monsieur le curé doit dire sa messe de minuit, c'est Noël vous savez, enfin vous les mécréants, vous ignorez les choses de la religion.

- Pas du tout Madame, mon peuple est très croyant, au contraire, je suis baptisé, et nous vénérons par-dessus tout la vierge Marie, ainsi que Sainte Sarah.

- Oui, bon, peut-être, mais Monsieur le curé a autre chose à faire ce soir, passez votre chemin, et dites vos prières, si toutefois vous les connaissez !

Mattéo a encore frappé à deux ou trois portes, toujours le même refus, l'une ne s'est pas ouverte, pourtant l'homme a entendu des chuchotements à l'intérieur de la maison.

Les cloches ont sonné appelant les fidèles pour la messe de minuit : en cette nuit de Noël et de partage, nous allons célébrer la naissance de l'enfant Jésus.

IN NOMINE PATRIS,ET FILIS, ET SPIRITUS SANCTIS... AMEN.

Rossinante est resté debout, une pauvre couverture jetée sur ses côtes saillantes, Mattéo a rejoint Conchita et sa petite Sarah, ils ont essayé de lui faire avaler le reste de soupe aux pois cassés, elle a hoché la tête en signe de refus, une horrible quinte, un petit filet de sang entre ses lèvres serrées, puis le calme, le grand silence.

KYRIE ELEISON.

Conchita a pleuré en silence. Mattéo, le regard vide, a regardé la petite.

ET IN TERRA PAX HOMINIBUS BONAE VOLUNTATIS.

Le sermon rappelant combien les habitants de Bethléem furent cruels et sans coeur, pensez donc : refuser l'hospitalité à celle qui portait l'enfant Jésus, le rédempteur, le sauveur... Honte à eux !

AGNUS DEI QUI TOLLIS PECCATA MUNDI, MISERERE NOBIS.

Puis en pleine nuit, la roulotte s'est remise en route, redescendant le chemin qu'elle avait eu tant de mal à gravir.

A l'abri d'un petit bois, l'homme a creusé un grand trou, puis Conchita a cousu son plus beau drap, celui qu'elle avait brodé pour sa nuit de noces, elle en a fait un linceul, tous deux y ont glissé Sarah, ils ont embrassé une dernière fois l'enfant, la femme a surfilé le drap, le fermant à jamais.

La dernière pelletée de terre jetée, ils se sont signés, puis recueillis.

ITE MISSA EST.

DEO GRACIAS !

Avant de repartir, tous deux se sont tournés vers le village, noyé là haut dans le brouillard, ils ont tendu leur bras gauche, écarté l'index et le majeur, pour former une fourche : "la jettatura" comme l'appellent les Italiens. Ils ont marmonné quelques mots, et sont repartis.

Ce geste venu de l'antiquité, ce geste qui veut dire "je vous maudis", ce geste qui appelle à la punition divine.

Quand les "fidèles" sont sortis de l'église, la neige avait remplacé la pluie et tombait en abondance. Chacun est rentré chez soi afin de ripailler, en passant sur le pont, quelques uns ont bien remarqué que le torrent ne coulait guère, étonnant avec toute cette pluie qui est tombée, et maintenant la neige, mais bon...

La pluie, la neige ont détrempé les flancs de la montagne, un glissement de terrain s'est produit, barrant le torrent en amont, un lac artificiel s'est formé suite à l'éboulis.

Sous la terrible poussée de l'eau, le barrage formé par la terre, les arbres, les rochers, s'est soudain rompu, libérant des tonnes d'eau et de boue, le terrifiant torrent a dévalé à une vitesse folle.

Quand les habitants encore attablés ont entendu le grondement, il était trop tard. Le vieux pont est parti, emporté comme une tuile par la bourrasque, les maisons ont éclaté, l'église s'est couchée, on a entendu la cloche lorsque le clocher a basculé.

Plus bas, beaucoup plus loin, une pauvre verdine, tirée par un cheval maigre, a fait halte au bord d'un chemin.

Plus tard, bien plus tard, ils apprendront au hasard d'un village que Dieu n'est pas bien juste : faire mourir de si cruelle façon de si bons chrétiens, qui avaient assisté à la messe de minuit !


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