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vendredi 30 janvier 2009

Saoul-FifreRégression

Ha j'adore écrire des billets de vieux con, surtout depuis que je suis assuré du soutien indéfectible et redondant de mon aîné Andiamo. Enfin, je me comprends : quand je dis "j'adore", c'est faux, j'aimerais de tout mon cœur que la matière me manque, que mon analyse soit bancale, que n'importe quel optimiste béat me ridiculise en 2, 3 coups pleins d'évidence, mais malheureusement, il suffit juste d'un peu de mémoire, et la mienne, pourrie, est encore de trop : le progrès recule, ô oui ô oui, ils nous enculent.

Nous vivons tous convaincus que le monde va vers le mieux, que nos grands-parent étaient des primitifs à peine descendus de leur branche et que nous seuls avons su évoluer en bien, en ne conservant que la malignité du singe, notre ancêtre.

Et ce mythe mensonger a la dureté et la durabilité de la carapace de la tortue têtue puisqu'il nous manipule depuis que l'homo ça pience et plus particulièrement depuis le fardier de Cugnot.

En vérité, je vous l'affirme, les choses et les gens évoluent en bien ou en mal, c'est selon, et je n'en veux pour preuve que mon expérience, identique à tant d'autres.

Quand j'étais petiot, le secret des correspondances privées était un commandement d'ordre divin gravé dans le marbre PTT. Si pour une raison ou pour une autre (mauvaise adresse, enveloppe tombée dans l'eau...) une lettre ne pouvait être remise à son destinataire, elle prenait la direction de Libourne. Là, une petite équipe, assermentée, avait seule le droit d'ouvrir le pli litigieux à la recherche d'un élément permettant de finaliser le noble travail postier : acheminer le message à son destinataire, sans que nul ne l'intercepte.

Aujourd'hui, n'importe quel enquêteur peut se faire communiquer nos mails, nos textos, nos mouvements de banque et pister notre carte bleue. Cela fait 20 ans que l'on nous a révélé l'existence de la NSA et du système ÉCHELON. L'outil n'a pu que s'affiner. Bien que tout soit perfectible.

Quand j'étais petiot, les routes étaient sûres : il y avait peu de véhicules et ils ne roulaient pas vite. Ça parait dingue, mais n'avaient pas encore été inventés : les ceintures, les sièges bébés, les éthylo-tests, les radars. Il y avait bien une vitesse maximum mais rien pour mesurer son dépassement. On pouvait rouler bourrés ! Pas de niqueurs d'amortisseurs à passer à 5 à l'heure maximum. Pas de contrôles techniques. C'était de l'économie durable, les pare-chocs attachés avec du fil de fer !

Aujourd'hui, ô misère, enfin, vous m'avez compris.

Quand j'étais petiot, il y avait une gare dans le moindre petit village, avec des trains tout le temps, et pas chers. Si on remonte encore un peu en arrière, il y avait même une troisième classe ! Les pauvres pouvaient voyager pour des nèfles. On achetait son ticket pour un trajet et si on changeait d'avis, il restait valable toute l'année. On pouvait le refiler ou le revendre à quelqu'un... Quand on ratait son train, on prenait le suivant. On descendait à une station, à la poursuite de cette jeune fille au manteau rouge, puis on reprenait son voyage, trois mois plus tard. Avec le même billet. Le train, c'était la liberté qui pelotait la poésie.

Aujourd'hui, toutes les petites lignes qui desservaient les villages de montagne et autres tréfonds culiers ont été démontées. On a revendu les gares et les maisons de garde-barrières. Le prix du ticket change toutes les deux heures : attention il remonte, vitevitevite, hé merde il a rebaissé, je l'ai acheté trop vite. On se croit en train de jouer en Bourse, mais pour revendre les titres et faire des bénefs, macache ! Votre billet est nominatif, inéchangeable et valable sur ce seul train. Ou alors c'est que vous l'avez payé dix fois le tarif de base, et dans cet unique cas là, vous avez six minutes chrono pour courir l'échanger au guichet contre une place dans le train suivant. S'il en reste. Où que vous habitiez, il vous faut passer par Paris pour aller autre part. Il n'y a plus que six lignes : Paris/Biarritz, Paris/Brest, Paris/Lille, Paris/Strasbourg, Paris/Marseille et Paris/Toulouse est sur la sellette (rentabilité limite).

Quand j'étais petiot, on titillait le levier qui faisait venir la demoiselle des PTT et on lui demandait par exemple le numéro de Manou (le 69 à Asnières). Le prix de l'appel local était de quelques centimes et l'on parlait tant qu'on voulait, de tout et de rien. Le service après-vente était global et gratuit : sur simple appel (gratuit) au 13, un réparateur débarquait illico et réparait la panne, comme son titre l'indiquait. Il changeait le poste si c'était le poste, retirait le fil si c'était le fil, replantait un poteau si un chauffard l'avait fauché à ras, changeait les para-foudres s'il y avait eu un orage, le tout gratuitement, sans essayer de vous culpabiliser et avec le sourire dû à tout client.

Aujourd'hui, le marché des céphalalgiques est soutenu à bout de bras par les ceusses essayant de comprendre les grilles tarifaires des opérateurs de téléphonie. Les petits qui se croient malins, bien imbibés du concept libéral, mettent les entreprises en concurrence, alors qu'elles se sont arrangées dans leur dos depuis lurette, pour bien les plumer. Et bien sûr, évitez de tomber en panne, car salée sera la facture. L'attente avant la mise en relation, puis l'exposé des doléances est payant. On vous menace, vous qui n'y connaissez rien et qui appelez au secours : "vérifiez bien que la panne ne se situe pas à l'intérieur de votre logement, sinon notre technicien sera obligé de vous facturer sa prestation". Alors là, normal, vous demandez "combien ?", et la réponse vous file un tel coup de taser que vous raccrochez.

Je n'évoque même pas ceux qui manifestaient aujourd'hui pour tenter de sauver quelques bribes d'avantages acquis. Le code du travail a été déchiqueté, haché menu, mixé, centrifugé, jusqu'à en obtenir une pommade à consistance de vaseline, si vous voyez ce que je veux dire ?

L'Etat nous prend pour des cons, l'Etat nous rend cons.

Et d'entendre l'autre Napoléon le petit tenant à rappeler ... que le service public appartient au public après avoir tout fait pour le privatiser et le démanteler, et ben ça me fait légèrement mal aux seins, sans du tout me remettre dans le chemin de la bonne humeur.

mercredi 28 janvier 2009

Mam'zelle KesskadieUn matin existentiel... la routine quoi

Je suis dépressive, je vous l'ai dit et redit.

À part des courriels nonos, voilà comment ça se présente dans la vie de tous les jours.

Tout d'abord, il y a la phase "Je suis fatiguée, je ne veux plus, peux plus ou aeux plus rien faire", avec crise de larmes, avant, pendant ou après, je varie un peu.

Ensuite, il y a la phase : "Ça va mieux !". C'est la phase en général où il y a une Prime Lancôme, un prospect à l'horizon, un congé bientôt, mon lavage est fini ou j'ai des nouvelles pilules naturelles qui vont me recrinquer (du moins, c'est ce qui est écrit dans la publicité).

Imaginez-vous donc que je suis allée hier pour une Prime Lancôme chez Sears, mon lavage est presque fini et j'ai deux nouvelles sortes de pilules à prendre. Heille, la madame file ben, elle a plein d'énergie !

Ce qui fait que ce matin, au lieu de me traîner dans la cuisine en me demandant comment je vais passer ma journée, je me demande pourquoi cette vie ?

Tsé, je me lève, je lève les enfants, l'école, les devoirs, mon travail que j'adore, mais en même temps, un travail impossible (pas pour rien que je l'adore) et le souper et on recommence...

C'est ça la vie ?

Il me reste trente minutes avant de réveiller les enfants. Trente minutes pour trouver le sens de cette journée, mardi matin, le 27 janvier.

Une idée, quelqu'un ?

Je fais des économies de bouts de chandelles. Je vous ai dit que j'avais une dévotion pour la Ste-Trinité cette année ? Oui, parce que ma grand-mère qui était amoureuse avait cette dévotion et que je lui demande... vous ne devinerez jamais quoi.

Toujours est-il que j'ai trouvé dans les vidanges, le Bon dieu aidant, (ben oui, le bon Dieu adore recycler, c'est bien connu) un chandelier à trois branches qui me fournit le support visuel pour méditer sur la Chose. Or, vous qui me connaissez, j'oublie toujours d'acheter des chandelles pour le chandelier. Mais.. mais... le Bon Dieu aidant, j'en ai trouvé une dans le fond d'un tiroir. Une valant mieux que pas du tout, on va dire que c'est Trois en Un. Ben, Il est devant la porte patio. Comme je me lève avant le soleil, il fait noir. Comme il fait noir, la lumière est reflétée dans la porte patio. Comme la loi de la physique a été créée par le Créateur, il s'est arrangé pour que la chandelle soit reflétée deux fois. Donc, deux reflets plus le sujet = trois dans un, CQFD.

Ça ne résout toujours pas ma question existentielle, mais ça occupe la feuille blanche pour le moment.

Est-ce à dire que le sens de la vie serait d'occuper une feuille blanche avant d'avoir la réponse de l'autre bord de la clôture ? (non, je ne parle pas d'adultère, je parle de l'au-delà, mécréants (es)).

Il me reste 14 minutes pour décider si c'est la réponse ou pas.

Ma petite chienne Lizzie est venue me voir pour une caresse étant donné que j'avais arrêté de taper sur mon clavier pour trois secondes. J'étions perplexe dans ma méditation. Je vous donne le scoop, la réponse existentielle n'est pas dans la fourrure d'une chienne de salon, surtout quand elle est mal brossée. J'imagine encore moins quand elle est rasée...

Continuons mon investigation.

J'ai plein de tarots dans mon petit racoin. Je pourrais demander la réponse ?

Un instant, je vous reviens.

Résultat : un partenariat m'attend. Je ne connais pas le partenaire, ni l'association. Cette offre sera rapide et de courte durée. Faudra que je me décide vite.

On dirait la publicité pour une vente de matelas. Ou de char. Ou de souliers. Des souliers qui partent vite... ça dépend des pointures...

Je disais donc ? Ah oui, le sens de la vie....

La vie est donc un partenariat dont on a pas la moindre idée et pas très long. Faut agir vite si on veut en profiter.

Je crois que ça répond bien à ma question. Après tout, comme la vie est courte autant sauter dessus comme une bonne aubaine.

Je pense que je vais continuer mes nouveaux suppléments, c'est légal et ça donne un bon buzz :-)

lundi 26 janvier 2009

AndiamoLes personnages de B.D ont-ils GNA. GNA. GNA. Vème et dernière ?

Eh oui ! c'est déjà la cinquième édition, est-ce la dernière ?

Je ne sais pas, mais dans le dernier billet traitant le sujet, vous m'avez encore surpris !

Par exemple : Calune et La Poule : elles veulent voir la TEUB d'Obélix...La teub ! Rendez-vous compte, elles causent comme les djeuns !

Bon que voulez-vous, je ne suis qu'un pauvre vieux bonhomme, alors j'ai cédé !

Mais auparavant (Chinois) un avertissement, si, si, j'y tiens, papy pervers peut-être, quoique vous l'êtes tous + ou -, plutôt : +++ que --- !

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samedi 24 janvier 2009

Tant-BourrinLes schuss de la vie

Bip... Bip... Bip... Biiiiiiiiiiiiiiiip !

En une fraction de seconde, le signal de départ avait libéré l'énorme potentiel musculaire de Bart Turinno. Une formidable poussée sur les bâtons pour jaillir du portillon de chronométrage et tout de suite la terrible déclivité du haut de piste dans laquelle il fallait chercher à prendre le maximum de vitesse. Rester ferme sur ses appuis et tout en souplesse à la fois. Aller grappiller les centièmes de seconde qui font ou défont un champion olympique de descente.

Bart maîtrisa parfaitement le haut de la piste. Sa prise de carres fut courte et rapide à l'entrée du premier virage et lui permit d'atteindre une haute vitesse dans le premier tiers du parcours. Il conserva bien ses appuis dans la compression, puis réussit parfaitement le saut qu'imposait le modelé du terrain. Nouvelle courbe, à droite cette fois, légèrement glacée en surface. Turinno l'aborda très proprement et garda la trajectoire idéale, là où tant d'autres concurrents avant lui avaient fini endoloris dans les filets de sécurité.

Il se sentait tout simplement indestructible. Son chronomètre mental était au vert : il était parti pour faire un temps canon, aucun doute là dessus ! Il fallait maintenant laisser filer ses skis et dévaler vers l'aire d'arrivée, où se massait la foule qui allait l'acclamer, en s'efforçant de conserver l'avantage acquis.

En position de l'oeuf pour rechercher la meilleure pénétration dans l'air, glissant à plus de 130 km/h, il savourait déjà le parfum de la victoire et...

... et tout à coup, il n'y eut plus rien. Plus le souffle glacé de l'air déchiré. Plus de piste enneigée. Plus de public prêt à célébrer son triomphe. Juste des carreaux de faënce et une vieille porte en bois, fermée par un loquet. Et en guise de parfum de victoire, une puanteur désagréable.

Bart Turinno écarquilla les yeux, frappé d'une indiscible stupeur. Il était toujours en position de l'oeuf, les jambes légèrement écartées, les genoux fléchis, le torse basculé vers l'avant. Mais son pantalon baissé gisait sur ses mollets. Et sous son postérieur dénudé, un trou dont la bordure était maculée de traces brunâtres qui semblaient faire le bonheur d'une nuée de mouches.

- Mais... mais...

Son regard allait frénétiquement à droite, à gauche, au plafond, se posait sur le trou, aussi béant que sa bouche, sans arriver à se convaincre de la réalité de sa présence subite et inexplicable dans un lieu d'aisance. Il palpa frénétiquement son corps, ses bras, ses jambes, espérant que la pulpe de ses doigts les traverserait, comme dans un mauvais rêve. Mais non. Il était bien là, accroupi sur des chiottes à la turque, alors qu'une fraction de seconde plus tôt, il était en passe de remporter le titre olympique de descente.

Mais où était donc passé sa combinaison de ski ? Comment avait-elle pu se transformer ainsi en un vieux blue-jean et en un sweat défraichi ? Et qu'était-il advenu de ses skis ? De la piste ? De la course ? Où était donc passé la vraie vie ???

Il se sentait défaillir. Comment une telle chose était-elle seulement possible ? La gorge obstruée par une boule de désespoir et de terreur, il se redressa. Un étron glissa le long de sa jambe et s'écrasa sur son pantalon.

- Et mer...

- ...de !

Le froid glacé lui cingla le visage alors qu'il finissait son juron. Il eut grand mal à conserver son équilibre, lancé qu'il était à une vitesse folle sur ses skis. La foule amassée plus bas poussa un "ho" de stupeur : pourquoi donc Bart Turinno s'était-il redressé en plein schuss d'arrivée alors que la victoire lui paraissait acquise ?

Comprenant en un éclair qu'il avait dû rêver, Bart instinctivement se remis en position de l'oeuf pour sauver encore ce qui pouvait l'être et...

... lâcha un gros pet sonore qui résonna dans les toilettes.

- Mais... Qu'est-ce que...

Il était de nouveau en train de se vider sur une vieille chiotte à la turque. Il se déplia, en proie à un vertige, et...

... faillit chuter lourdement dans la neige. Il se rétablit acrobatiquement sur ses talons et reprit sa position de recherche de vitesse, le coeur palpitant, avec la hâte d'atteindre la ligne d'arrivée et d'en finir avec ce cauchemar.

Mais la vieille porte en bois se dressait de nouveau devant lui.

Mais non, c'était l'aire d'arrivée qui se rapprochait !

Non, encore la porte en bois.

Les images se succédaient de plus en plus vite devant ses yeux incrédules, jusqu'à se mêler intimement. Porte en bois. Neige. Faience. Piste. Chiotte. Arrivée. Merde. Médaille. Loquet. Skis...

- Commissaire, on vient de recevoir le rapport d'autopsie du macchabée de l'aire de Roubrinville.
- Enfin ! Alors, on y voit un peu plus clair sur ce qui a bien pu se passer ?
- Eh bien... hum... à vrai dire...
- A vrai dire quoi ? Au fait, Farfelious, au fait !
- Heu... le rapport conclut que le type est mort d'un enfoncement complet de la boîte crânienne, visiblement en heurtant violemment la porte en bois des chiottes dans lequel on a trouvé le corps. Vous auriez vu l'état de la porte !
- Etrange, en effet. Le loquet était fermé de l'intérieur et j'imagine mal un gus venant fracasser le crâne de sa victime sur une porte en bois à l'intérieur d'un espace aussi restreint. Il faut donc croire que c'est bel et bien un suicide et que la victime s'est elle-même jetée tête en avant sur la porte. Drôle de façon d'en finir !
- Oui, Commissaire, mais ce n'est pas ça le plus étonnant... Le médecin légiste a été impressionné par l'état du crâne. De la vraie bouillie selon lui. D'après ses estimations... mais ça paraît complètement fou...
- Au fait, au fait !
- Eh bien, d'après ses estimations, il juge que le type devait être lancé à plus de 100 km/h pour avoir mis son crâne dans cet état !

Le commissaire marqua un instant de stupeur, puis un petit sourire narquois lui vint aux lèvres.

- Plus de 100 km/h ? A pied et avec moins d'un mètre de recul ? Et puis quoi encore ? Il faudrait qu'il se rende compte que c'est pas Superman qu'il a autopsié, le légiste ! En voilà un qui commence sérieusement à sucrer les fraises !
- Ou alors c'est qu'il boit trop ! A ce qu'il paraît, il a une sacrée descente !

jeudi 22 janvier 2009

Saoul-FifrePasse-moi le SEL

Non, pas du "NaCL", il paraît qu'on en mange trop , que les industriels nous en rajoutent à tire-larigo, que ça leur fait de la saveur "à pas cher", tout le monde sait qu'une quiche lorraine presque trop salée est délicieuse oui mais voilà, c'est mauvais pour la santé, ça encrasse les corps spongieux et les canaux séminipares et je vous le redirai pas deux fois.

Non, je vous parle des SEL

Le Système d'Échange Local existe depuis très longtemps et nous vient des Etats-Unis. Ça me devient de plus en plus difficile de rester anti-américain primaire, avec Al Gore, Obama, Chomsky...

Le premier SEL que j'ai connu était en Ariège, en 1994, département dont l'annuaire téléphonique a des allures anorexiques mais qui est toujours à la pointe des innovations. Le pouvoir, sentant le danger du truc, passa à l'attaque et exprima des tas d'opinions désagréables comme quoi on lui volait de la TVA, des taxes d'URSSAF, des impots sur le revenu, que c'était pas sympa et qu'on allait voir ce qu'on allait voir.

Ce fut vite vu : la jurisprudence réaffirma la légalité de ce système parallèle à condition qu'il reste dans des limites traditionnelles d'entraide entre amis et voisins. Mais rien n'empêche d'en créer dans tous les villages et de les fédérer et de nous associer entre nous et de foutre en l'air ou au moins de mettre une bonne grosse claque au pouvoir économique dominant. Qui connaitrait une vraie décroissance positive tandis que le développement des SEL surferait à la montée sur des graphes nous rappelant le dynamisme des années 70.

Car les SEL ne sont ni plus ni moins qu'un vrai système économique révolutionnaire avec création de sa propre monnaie : Le grain de sel. Selon le groupe et ses statuts, le grain peut avoir un cours en €, mais la plupart du temps, le grain est une unité de temps, ce qui a l'avantage de l'égalité : la minute de l'informaticien va être rémunérée pareil que la minute du maçon ou de son arpète.

Ça sent son Insurrection qui vient , non ?

En pratique, chaque membre du groupe publie ses compétences ou les objets qu'il propose à l'échange, et aussi ce dont il a besoin, dans un catalogue des offres et des demandes dont tout le monde prend connaissance sur le site de l'association.

Exemple : à la dernière assemblée générale, une petite brunette s'approche de moi, me demande ce que je propose et me parle de son problème : une haie à tailler et un pin dangereux pour sa maison, à tomber. On discute du prix de l'heure, en rajoutant un petit quelque chose pour la fourniture de matériel (tronçonneuse) et je viens lui faire son chantier. Elle marque le nombre de grains de sel dont nous avons convenu, dans la colonne "crédit" de ma feuille, signe et met son numéro d'adhérente. Waw, je suis riche, je lui demande ce qu'elle a à me proposer. Elle me dit qu'elle est coiffeuse, regarde l'approximatif agencement de ma chevelure et éclate de rire. Je lui confirme qu'elle ne doit caresser aucun espoir de m'avoir un jour comme graindeseleur mais que ma fille sera peut-être intéressée, ce qui se confirmera.

Si ce qu'elle propose ne me convient pas, je peux très bien aller craquer mes gains chez autrui, simplement muni de ma feuille de "crédit". Mais même si je suis débiteur, j'ai quand même le droit de dépenser. Le système est très souple et très libéral dans son principe. Certains adhérents ne sachant que offrir doivent apprendre à se laisser "aider", pour dépenser leurs grains qui n'ont une valeur qu'à l'intérieur de l'association, bien sûr. Il y a aussi les "surendettés", comme dans la vraie vie. Et bien, des "sages" de l'assoce viennent faire le point avec eux sur leurs compétences, sur ce qu'ils pourraient "offrir" aux autres pour leur faire plaisir.

Et tout rentre dans l'ordre.

J'ai toujours eu du mal avec les rapports d'argent. Je n'ai jamais su me vendre. Quels qu'étaient les travaux que je faisais pour d'autres, même dans des domaines sophistiqués où je pouvais me targuer de 10 ans d'expérience, je me suis toujours compté au SMIC. C'est plus simple. Ou alors, si je culpabilisais encore, je proposais des échanges. Même avant les SEL, je fonctionnais comme ça. Récemment, un ami m'a fait plaisir en me présentant ainsi à quelqu'un : "Saoulfifre ? Il fait tout le temps du troc !"

D'ailleurs, je dois un litre d'huile d'olive à Nathalie, en échange de son dernier opus . On attend de se rencontrer pour solder les comptes et faire les niveaux.

Et puisqu'on en parle, je tiens à signaler à l'aimable compagnie que l'année oléicole a été bonne, en quantité comme en qualité, et que, les stocks provencaux étant à leur plus haut niveau, les prix n'ont jamais été aussi bas. Bon, c'est quand même un produit de luxe, l'huileu d'ooooliveu garantie d'ooorigineu prooovençaleu, hein, ne l'oubliez pas ?

Toujours est-il que sur une base de 12 € le litre, en bidon de 5 L (plus le port, à moins que je passe devant chez vous, ou vous devant chez nous), j'attends vos propositions de troc. Ou d'achat bête et méchant, selon l'ancien système monétaire bientôt obsolète.

Et je dis "Banco" à la proposition de Françoise Simpère pour les échanges livres contre huile.

Sans poser aucune condition restrictive quand à l'usage qu'elle pourrait faire du contenu de son bidon q:^)

mardi 20 janvier 2009

Mam'zelle KesskadiePipi caca pet poil

Je suis certaine qu'un de mes vénérés collègues a déjà pris ce titre pour une de leurs édifiantes chroniques, alors, permettez-moi de plagier dans le titre et le sujet.

Dimanche soir ou, plutôt, débutons par le commencement.

Au commencement était une femme rebelle et traditionnelle qui, s'assumant, eut sept enfants d'un homme qui la divorça pour cause de rondeurs non pertinentes.

Zensuite, la progéniture grandissant, elle (la progéniture) se fit plus aléatoire autour du tablier maternel, que dire, de la table dominicale.

Donc, je décidai (vous aviez compris que je parle de moi, n'est-ce pas ?) de réunir mes enfants au moins une fois par semaine et, pour ce, je leur tendis l'appât d'une fondue chinoise, d'une soupe Won Ton et de sushis. Menu disparate dans l'origine première mais compatible dans leur développement américain secondaire.

Ils acceptèrent de me faire plaisir et de venir prendre un repas gratos, ledit gratos étant relatif étant donné le prix du saumon cru, du riz spécialisé, des crevettes et je passe sous silence outragé le prix des feuilles de nori. Heureusement que la majorité est mineure et pas française, j'ai pas acheté de vin, ni de saké.

Ah ! la fierté maternelle de voir ses enfants tous réunis de bon cœur qui se remémorent leurs souvenirs de l'enfance, période bénie ! Je regardais ma marmaille et me sachant privilégiée, telle la marquise d'autrefois qui présidait un festin de ses fidèles et loyaux sujets pendant qu'un ménestrel chantait l'aventure épique de Godefroy de LaBalustrade.

Le présent me ramenit vite dans mon assiette quand j'entendis les premières réminiscences de ma douce fille de 18 ans. "C'était trop laugh (drôle) quand J-F est monté sur la table tout nu et a fait caca pendant que papa servait le repas."

Entrée en matière scabreuse et fort réussie suivie de la non-moins appréciée anecdote de mon fiston (16 ans) qui relata la fois où, dans la piscine familiale, il sentit un courant suspectement chaud lui couler le long du bras, c'était le plus jeune qui lui pissait dessus du haut de l'échelle.

Hilarité consensuelle (vous vous arrangerez avec l'ortografe, moi, je compose avant d'aller travailler, suis encore en retard).

Je fis donc rapidement le deuil de la conversation édifiante et du débat du siècle sur la joie fraternelle et le litige culturel entre les générations. Parce que c'est fou ce dont je ne me souvenais pas et des fois où qui ont marqué leur jeune imagination.

Je me suis toujours demandé à quoi pensait ma mère lorsque nous étions réunis, les enfants, et nous nous racontions la fois où le plus vieux regardant paisiblement la télévision en compagnie de la famille et que le plus jeune est allé s'assoir publiquement sur sa face ? Ou la fois où le plus vieux a sciemment pété sur la galette à la mélasse de son cadet?

Eh bien, j'imagine qu'elle se disait ce qu'elle me dit quand je regarde, ébahie, les excès d'hilarité et l'exubérance de ma marmaille : bah, pendant ce temps-là, ils ne se chicanent pas.

Que donnez-vous comme prédictions d'un livre qui parle de la privation de l'enfant unique de ces discussions fort prisées entre fratrie de bon aloi ? Serait-ce l'argument qui ferait en sorte que le concept de l'enfant unique disparaisse ou fasse la norme ?

Pour le moment, je m'en vais récurer mon chaudron et je me dis que nous n'avons pas encore atteint le stade où ils se racontent leurs exploits sexuels.

En tout cas, pas devant les plus jeunes ni devant la mère.

dimanche 18 janvier 2009

AndiamoLe paradoxe du grand'père

Sylvain est là, bien campé sur ses jambes. Face à lui, l’immense affiche lumineuse en 3 D 4x3 de RETRO-TEMPO, cette même affiche qui quelques années plus tard devait attirer l’œil de Rodolphe Mézières.

Une histoire fabuleuse narrée avec maestria, voir : l'effet papillon

Sylvain vient de fêter ses 49 ans, une allure d’athlète, pratiquant assidu de sports extrêmes, en poche le reçu du virement de 3000 Mondos, la nouvelle monnaie internationale mise en place en 2014.

Cet argent représente le montant d’un heureux placement "à risques" qu’il avait effectué quelques années plus tôt, il vient de tout vendre "au bon moment".

Le bandeau lumineux qui défile débite le slogan un peu ringard de la société qui offre des voyages dans le passé : "De la reine Margot à Mao, rien n’est impossible pour RETRO-TEMPO !"

Sylvain n’a jamais connu sa mère, son père non plus. Enfant de la DASS, on ne lui a jamais donné le nom de celle qui l’avait mis au monde, tout ce qu’on lui a appris c’est qu’il était né le  17 février 1969, à l’hôpital Saint Louis, de père et mère inconnus, et que cette dernière était morte en le mettant au monde. Bien sûr, il avait fait des démarches auprès de l’administration, et ce dès sa majorité. Toujours la même réponse :

-Désolé Monsieur, mais on ne sait rien de plus.

-Il y avait bien une sage-femme, un médecin, une infirmière, pour assister ma mère quand elle a accouché ? avait-il demandé à l’hôpital Saint Louis, et ce à maintes reprises.

-Oui, mais tous ces gens là sont partis, ou bien à la retraite pour certains, et puis vous savez, c’était peu de temps après les évènements de mai 68,  les syndicats étaient très forts alors, et il ne fallait pas trop réclamer quoi que ce soit au personnel !

Mai 68, cette époque a toujours fasciné Sylvain, et pour cause, c’est l’époque à laquelle il avait été conçu, et puis toute cette agitation, cette révolte, cette presque révolution, l’ont toujours passionné.

De nombreuses fois, il est allé à la cinémathèque regarder des docus de l’époque, les reportages au cœur de la tourmente, les barricades, les gaz lacrymos, les cocktails Molotov, les CRS casques noirs sur la tête, boucliers en plexiglass, chargeant les hordes d’étudiants…

Un peu les troupes disciplinées romaines contre les fougueux et tonitruants Gaulois !

Trois mille Mondos tout frais sur mon compte, songe-t-il, pourquoi pas ?

Alors il se rend tranquillement Avenue d’Iéna, à pieds. Il fait beau. Remonter les Champs-Elysées par une pareille journée : un bonheur !

Sylvain pousse la porte vitrée de l’agence. Derrière le bureau de l’accueil, une grande femme brune, corsage en satin blanc immaculé, très largement ouvert, laissant deviner que la dame ne porte ni soutien-trucs, ni redresse-machins.

L’hôtesse lève son regard vers lui, large sourire façon "ultra-brite".

-Vous désirez ?

Sylvain répondrait bien "vous", mais ça ne se fait pas !

-Je désirerais me renseigner sur les voyages temporels.

-Vous avez rendez-vous ?

-Non, je passais, alors…

-Très bien. Monsieur ?

-Caillot, Sylvain Caillot.

-Monsieur Caillot, vous avez beaucoup de chance, Monsieur Dampierre notre directeur est là, je vais l’appeler et je pense qu’il va pouvoir vous recevoir, son rendez-vous s’est décommandé.

Elle décroche son téléphone : Monsieur Dampierre, j’ai là Monsieur Caillot qui désirerait s’entretenir avec vous… Très bien Monsieur Dampierre.

A peine a-t-elle reposé le combiné qu’entre le directeur, un homme d’une quarantaine d’années, souriant, visage halé, la main tendue.

-Bonjour Monsieur Caillot, si vous voulez bien me suivre…

Puis se tournant vers l’hôtesse :

-Merci Marjorie !

Sylvain, bien calé dans un profond fauteuil en cuir, explique :

-Je souhaiterais me rendre dans le quartier latin en mai 68, vous comprenez, tous ces évènements, ça me fascine !

-Je vous comprends parfaitement, effectivement c’est une période "riche" !... Vous connaissez notre devise : "rien n’est impossible pour Retro-Tempo !" Monsieur Caillot, nous allons organiser cela. Toutefois, je dois vous faire les recommandations d’usage, et ce malgré la brochure que nous allons vous remettre : vous ne devez ABSOLUMENT pas interférer sur le passé, vous savez le fameux "effet papillon" et aussi le paradoxe du grand-père.

-Oui, je sais, le moindre évènement peut avoir des conséquences désastreuses, ainsi le battement d’aile d’un papillon au Pérou peut-il provoquer un ras-de-marée au Canada !

-Je vois que vous connaissez ce paradoxe, donc on ne touche rien, on n’emporte rien, on ne fait rien qui puisse modifier l’avenir.

-D’accord Monsieur Dampierre, mais le paradoxe du grand-père, c’est quoi au juste ?

-Imaginez qu’au cours d’un voyage dans le passé, vous rencontriez celui qui va devenir votre grand-père, le vrai, celui qui est génétiquement le vôtre. Au cours d’une rixe, vous le tuez avant qu’il ait conçu votre père ! Dans ce cas, comment se fait-il que X années plus tard, vous soyez venu pour le tuer, alors que vous n’existez pas ?

-Ben merde ! C’est tout ce que Sylvain trouve à répondre.

-Revenez dans huit jours Monsieur Caillot, le temps que nous préparions votre voyage. Pour les formalités, voyez avec ma secrétaire.

Huit jours plus tard, Sylvain revient, même accueil de la belle Marjorie :

-Suivez-moi, Monsieur Caillot.

Ils se dirigent vers un petit ascenseur, Sylvain est pratiquement collé à la secrétaire. Cela le trouble, elle s’en rend compte et s’en amuse !

Six étages plus bas, la porte s’ouvre sur une salle aux murs couverts d’inox « brossé ». Des rangées d’ordinateurs garnissent la pièce. En son centre, un fauteuil métallique.

Dampierre va au-devant de Sylvain, main tendue : 

-Monsieur Caillot, c’est le grand jour ?

Puis il se tourne vers un autre homme en blouse blanche : 

-Mon assistant.

L’autre opine, puis retourne à son clavier.

-Monsieur Caillot, veuillez passer dans la cabine d’essayage pour vous changer, vous ne portez pas du tout des fringues soixante-huitardes !

Quelques minutes plus tard, Sylvain sort de la cabine : pantalon pat’d’èph’, veste Mao en velours côtelé, chemise cintrée, col à bouffer de la tarte, Clarcks aux pieds, et bien sûr une perruque « afro » sur le crâne !

-Voilà, c’est parfait, manque plus que le mouchoir sur le nez ! s’exclame Dampierre.

-Installez-vous !

Sylvain se cale dans le fauteuil métallique.

-Vous avez bien lu la brochure ? questionne le directeur.

-Oui, oui, bien sûr !

-Donc si vous ratez le premier rendez-vous pour votre retour, vous en avez un second six heures plus tard, attention il n’y en aura pas d’autres, et après on ne connaît pas les conséquences !

-D’accord Monsieur Dampierre, j’ai bien retenu la leçon.

Maintenant Sylvain est seul, Dampierre et son assistant s’affairent autour des ordinateurs, une légère odeur d’ozone flotte dans la pièce, un léger bourdonnement, un petit vertige, sensation d’apesanteur, Sylvain ferme les yeux…

Quand il les rouvre, il est devant une barricade, les gaz lacrymos lui piquent les yeux, sa vue se brouille, il a juste le temps de lire "rue Saint-Jacques" sur la plaque de rue, un type lui gueule : 

-Reviens derrière la barricade, tu vas t’faire massacrer !

Il se retourne et aperçoit, entre deux larmes, un front de CRS, matraques à la main, qui fonce sur lui au pas de charge. Sans réfléchir, il escalade la barricade faite de pavés, de chaises, de vieux matelas, de carcasses de voitures, de branches d’arbres qui ont été coupées à la tronçonneuse. Les CRS sur ses talons, il court, trébuche sur une fille toute vêtue de rouge, visage ensanglanté, sans doute une grenade lacrymo lancée à tir tendu !

Alors sans réfléchir, Sylvain a saisi "le petit chaperon rouge", l'aide à se relever, puis l’entraîne vers des lieux plus cléments.

Course folle entre les voitures qui crament, les poteaux arrachés, et partout ces putains de gaz qui brûlent la gorge et piquent les yeux, l’âcre remugle des voitures qui brûlent. La première à droite, rue des fossés Saint-Jacques. Sur les murs, il a juste le temps de lire quelques affiches : "la chienlit c’est lui" avec une caricature du grand Charles levant les bras au ciel, "CRS = S.S.",  bien sûr "l’imagination au pouvoir" et enfin "interdit d’interdire" !

La cavalcade continue, la fille l’entraîne dans une petite rue sur la gauche, "rue Clotaire" a-t-il le temps de lire, une grande porte grise, elle pousse violemment le battant, tous deux entrent…

Le calme après la tempête, ils semblent à mille lieues de l’enfer. Au-dessus de l’immeuble, on distingue le ciel rougeoyant…

L’embrasement des voitures.

Elle lui tient toujours la main et l’entraîne vers un escalier étroit au fond de la cour, six étages, des marches usées, la peinture écaillée sur les murs.

Arrivés au dernier étage, elle se dirige vers le fond du couloir, ouvre une porte, s’efface et proclame à voix haute : 

-Versailles, mon prince est arrivé  ! 

Une chambre de bonne, un lit, des étagères garnies de bouquins, une table, deux chaises.

-Ben dis donc, t’es meublée en "Louis caisse", déclare Sylvain, et tous deux se marrent.

Alors, patiemment, l’homme entreprend de lui nettoyer sa plaie. Le sang a coulé abondamment, heureusement la blessure est superficielle, un gros sparadrap et le bobo est réparé.

Elle lui sourit, lui prend les deux mains, et l’embrasse tendrement, amoureusement.

Ils font l’amour, comme si c’était leur dernière fois, elle a échappé à la mort et veut profiter pleinement de l’instant.

Apaisé, il lui demande : 

-Quel est ton nom ? Moi c’est Sylvain !

Elle le regarde gravement et fait NON de la tête.

-Et bien je t’appellerai "COQUELICOT" car c’est une petite fleur rouge que j’ai ramassé tout à l’heure !

Ils roulent l’un sur l’autre et refont l’amour.

Coquelicot s’est endormie, Sylvain regarde sa montre : 

-Merde, plus que 35 minutes avant le second rendez-vous ! 

Il s’habille à la hâte, un bisou sur le front de la jolie demoiselle, puis retour à son point d’arrivée, le quartier est beaucoup plus calme, les CRS patrouillent encore.

A l’heure pile, il est là, l’odeur d’ozone, le vertige, sensation d’apesanteur…

-Alors Monsieur Caillot, on s’est fait attendre ? Il était temps !

-Oh, vous savez, c’était très agité, j’ai bien failli ne pas pouvoir revenir, mais quel pied (c’est le cas de le dire songe-t-il) !

Sylvain est rentré, les jours ont passés, un peu de tristesse en songeant à son petit coquelicot.

Un samedi matin, Sylvain traîne dans son appartement, il est onze heures, le carillon de la porte d’entrée sonne, il ouvre, une vieille dame est là, petite, les cheveux blancs, un joli sourire sur son visage ridé.

-Bonjour Monsieur, je m’appelle Christiane Legendre, j’étais infirmière à l’hôpital Saint-Louis. Je peux entrer ?

Un peu interloqué, Sylvain s’efface pour laisser passer la vieille dame, puis il lui tend une chaise :

-Un petit café ? interroge-t-il.

-Ca n’est pas de refus. Je ne devrais pas, mais au cours de mes gardes autrefois j’en buvais beaucoup, et maintenant j’y suis un peu "accro", ajoute-t-elle en riant.

Le café servi, Madame Legendre commence :

-Vous êtes passé plusieurs fois à Saint-Louis, afin de demander si quelqu’un se souvenait de votre maman ?

-Oui, oui, c’est bien moi !

-Il se trouve que j’étais de garde le jour où elle est arrivée, emmenée d’urgence par les pompiers, figurez-vous que le "travail" avait commencé alors qu’elle attendait le métro !

-Elle est arrivée dans un fort mauvais état, c’est pour cela que ça m’est resté gravé. Elle était très faible et vous étiez un gros bébé, la pauvre a fait une hémorragie, et malgré tous nos efforts nous n’avons pas pu la sauver !

-Oui, mais son nom ?

-Attendez, j’y viens, elle était très, très faible, elle s’est vue partir vous savez, nous avions tous les larmes aux yeux, si jeune et si belle ! Alors elle nous a murmuré :  

-Mon garçon, je désire qu’il s’appelle Sylvain, comme son Papa.

-Et vous Madame votre nom ? Ai-je demandé.

-Coquelicot, je m’appelle COQUELICOT !






Quelques petites photos prises par votre serviteur en MAI 1968... C'était hier quoi !



La gare Saint-Lazare, il est 17 Heures ! Regardez la pendule, pas un chat sur la place, ça laisse rêveur...



Sous les pavés... LA PLAGE



L'humour ne perd JAMAIS ses droits, lisez bien le panneau jeté à terre. (pour les mirots il est écrit : arbre incliné)



Des barricades faites de pavés, de chaises, de vieux matelas, de carcasses de voitures et de branches d'arbres...



Les rues du quartier latin avaient ét rebaptisées : ici la rue du 11 Mai 1968

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