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dimanche 19 août 2007

Saoul-FifreComptines pour adultes (12)

Ce n'est pas la première ni la dernière, et les autres comptines pour adultes sont here , par ici , par là , ici là-bas là aussi ici itou tout là-bas même là et clique aussi là-dessus

Pour se rafraîchir la mémoire avec les paroles et l'air originaux, c'est là que ça se passe

Il était un petit saty-re
Il était un petit saty-re
Qui n'était ja-ja-jamais fatigué
Qui n'était ja-ja-jamais fatigué
Allez, allez...

Refrain :
Allez, allez, au boulot
Montre-nous qu't'es pas un rigolo
Allez, allez, p'tit saoulaud
N'aies pas peur de nous en faire en trop !

Il introduit son long zob lar-ge
Il introduit son long zob lar-ge
Dans sa mèr' qui-qui-qui l'faisait téter
Dans sa mèr' qui-qui-qui l'faisait téter
Du lait, du lait...

Refrain

Au bout de 5 à 6 semai-nes
Au bout de 5 à 6 semai-nes
L'envie lui vint-vint-vint d's'émanciper
L'envie lui vint-vint-vint d's'émanciper
Ah mais, ah mais ?

Refrain

On tira z-à la courte bi-te
On tira z-à la courte bi-te
Pour savoir qui-qui le f'rait décharger
Pour savoir qui-qui le f'rait décharger
Allez, allez...

Refrain

Le sort tomba sur la plus chau-de
Le sort tomba sur la plus chau-de
Et son vit fut-fut-fut vite vidé
Et son vit fut-fut-fut vite vidé
Allez, allez...

Refrain

Elle demanda du rab' de sau-ce
Elle demanda du rab' de sau-ce
Et s'jeta sur-sur le garde-manger
Et s'jeta sur-sur le garde-manger
Allez, allez...

Refrain

Ses lèvres le ragaillardi-rent
Ses lèvres le ragaillardi-rent
Et ses gross's couill's-couill's-couill's se remplissaient
Et ses gross's couill's-couill's-couill's se remplissaient
Olé, olé...

Refrain

Il fit ainsi le tour du mon-de
Il fit ainsi le tour du mon-de
Sans débander-der-der ni s'reposer
Sans débander-der-der ni s'reposer
Holalala...

Refrain

Quand on le mit dedans son cer-cueil
Quand on le mit dedans son cer-cueil
Le couvercl'on-cl'on cl'on ne put fermer
Le couvercl'on-cl'on cl'on ne put fermer
Comment qu'on fait ?

Refrain : T'as fait, t'as fait ton boulot
T'arrête de faire ton rigolo
Faut bien qu'on fass' notre boulot
Et que l'on te le coupe au couteau !

samedi 18 août 2007

ManouSlavomir RAWICZ (A marche forcée)






Le poisson séché, déjà sérieusement rationné, ne dura que jusqu'au cinquième jour et devant nous s'étendait toujours un horizon sans nulle trace de vie. Au milieu de cet univers aride il n'y avait de vivant que huit petits atomes humains et quelques rares serpents. Rien n'eût été plus facile que de cesser de bouger, de nous étendre là et de mourir. La tentation de faire durer la pause de midi, de continuer à sommeiller tout au long de l'après-midi brûlant jusqu'à ce que le soleil disparût, taraudait nos carcasses douloureuses et déshydratées. Nous avions les pieds dans un état pitoyable car un sable brûlant traversait l'intérieur des minces semelles de nos mocassins éculés. Alors, d'une voix rauque, je me prenais à dire à mes compagnons de se lever et de repartir. Ici, il n'y a rien, leur répétais-je. Derrière nous, il n'y a rien. Devant, il y a forcément quelque chose. Il faut qu'il y ait quelque chose. Mors, Kristina se levait et venait se ranger à côté de moi, de même que Kolemenos. Puis les autres suivaient, sans ordre. Et chacun se remettait en route tel un automate, tête basse, silencieux, enfermé dans ses pensées, mettant des heures durant un pied devant l'autre.
Le sixième jour, Kristina trébucha et, tombée à genoux, leva les yeux vers moi :
– C'est idiot, Slav : je me suis fait un croche-pied toute seule.
Sans attendre que je l'aide, elle se releva lentement et reprit sa marche à mes côtés. Dans l'après-midi, je fus surpris et vaguement irrité de me retrouver moi aussi à genoux. Je n'avais pas eu conscience de tomber. Je marchais et l'instant d'après j'étais arrêté. A genoux, me dis-je... comme un homme en prière. Je me redressai. Nul n'avait ralenti l'allure. Sans doute avaient-ils à peine remarqué ma chute. Il me sembla mettre très longtemps pour reprendre ma place en tête. D'autres s'effondraient également, comme je le notais de temps en temps. Les jambes se dérobaient, ils se figeaient et quelques secondes de perplexité s'écoulaient avant qu'ils comprissent qu'ils avaient cessé d'avancer. Et ils repartaient. Il n'était pas question de renoncer. C'étaient là les signes d'une faiblesse croissante qui sapait nos forces, mais les reconnaître pour tels eût été fatal. La mort venait en reconnaissance, mais nous n'étions pas encore prêts à mourir.


Slavomir RAWICZ (A marche forcée)


vendredi 17 août 2007

Tant-BourrinHistoire vécue

Samedi 4 aout 2007

- Pfff, enfin de retour chez nous, je suis crevé
- Oui, drôles de vacances ! Ça aura été la première fois de ma vie que j'allume une chaudière début août !
- Bon, bin moi, deux heures de conduite, ça m'a crevé, et j'ai un peu mal au crâne. Je vais m'allonger un peu avant de manger si ça ne te dérange pas.
- C'est vrai que tu as l'air fatigué. Prends peut-être ta température ?
- Mm ? Mouais...

(temps réel trois minutes)

- Hé, mais oui, j'ai de la fièvre : 39°C ! Pas étonnant que je ne me sentais pas bien !
- Tu veux que je fasse venir un docteur ?
- Non, non, laisse, ce n'est rien, un peu de fatigue, c'est tout, ça va passer...


Dimanche 5 août 2007

- Ça va mieux ? T'as pris ta température ce matin ?
- Bof, pareil qu'hier... Et j'ai toujours 39°C...
- Bon, j'appelle un docteur, alors...
- Non, non, ce n'est rien... On va pas faire venir un docteur un dimanche. Et puis, de toute façon, je ne reprends le boulot que mardi, je serai guéri d'ici là...


Lundi 6 août

- Alors, ça s'arrange ?
- 38,4°C ! Tu vois ça baisse ! Même si ce n'est pas encore la grande forme...
- Il faudrait peut-être prendre rendez-vous chez le docteur, non ?
- Non, non, ce n'est rien, ça va passer tout seul, je suis sûr que ça sera fini demain...


Mardi 7 août

- Pfffff, quelle journée ! Je me suis traîné du matin au soir... Dure, la reprise !
- Et t'as pris ta température ?
- 38°C... Ça se tire, ça se tire...
- N'empêche que t'aurais peut-être dû prendre un rendez-vous chez le docteur, non ?
- Meuh non, ce n'est rien du tout...


Mercredi 8 août

- Est-ce que tu pourrais m'acheter des pastilles pour la gorge, ça commence à me piquoter un peu ?
- T'as encore de la fièvre ?
- Presque plus ! Qui c'est qui avait raison ?


Vendredi 10 août

- J'ai vraiment la gorge en feu, là, elle valent rien, tes pastilles...
- Si t'avais pris un rendez-vous chez le docteur, tu serais déjà guéri !
- Mais c'est rien, je te dis, je sens que c'est bientôt fini...


Dimanche 12 août

- On n'avait pas un reste de sirop pour les bronches dans l'armoire à pharmacie ? Parce que là, je le trouve pas...
- T'as les bronches prises maintenant ?
- Meuuuh non, juste un tout petit peu, trois fois...keuf...keuf... rien !
- Si t'avais été voir un docteur, tu n'en serais pas là...
- Rhôôô, mais puisque je te dis que ce n'est rien !


Mardi 14 août

- Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit, tu n'as pas arrêté de tousser...
- Ce n'est rien, c'est un peu plus long que prévu, mais je sens que ça se tire...
- Bon, écoute, ça suffit maintenant, je vais appeler le docteur et...
- Non, non, pas question, je te dis que... kof... kof... je me sens beaucoup mieux ! Demain, il n'y paraîtra plus !


Jeudi 16 août

- Ce n'est pas possible ! Tu t'arraches la gorge tellement tu tousses ! T'es en train de faire une bronchite au troisième degré !
- Meuh non !... kof... kof... ce n'est rien, je te dis... Je suis sur la bonne pente... keuf... keuf... la guérison est proche !


Vendredi 17 août

jeudi 16 août 2007

Saoul-FifreJe me souviens

Je me souviens que la maison que mes parents louaient à Hennaya se trouvait à gauche à la sortie du village, sur la route de Tlemcen. J'avais 2 ans quand nous l'avons quittée, mais quand nous y sommes revenus avec ma sœur de 3 ans mon aînée, 20 ans plus tard, c'est moi qui la lui ai montrée. La maison était si grande dans ma mémoire et si riquiqui devant mes yeux de vingtenaire ! Sans avoir changé. Je me souviens que nous nous baignions dans un bassin à droite de l'entrée. Je l'ai retrouvé, caché sous les herbes.

Je me souviens que la même sœur m'installait sur un tabouret, dans la cuisine de l'appartement de Tlemcen, et qu'elle cherchait à me terroriser en me montrant une prise électrique gros modèle, au mur. "Tu vois les 2 trous du dessus ? Ce sont les yeux du monstre. Tu vois le trait dessous ? C'est la bouche du monstre. Elle va s'ouvrir grande, grande, et le monstre va venir te manger !!" C'est la même qui menaçait ses 2 sœurs aînées de leur crever les yeux avec une aiguille à tricoter. Cris aigus. Angoisse. Ambiance gore. Je me souviens qu'elle trouva rapidement sa voie professionnelle : elle est psychologue et redonne la joie et le goût de vivre aux gens tristes. Quand elle y arrive.

Je me souviens que nous collectionnions des cartes à jouer dont les figures étaient des acteurs et des actrices, mais j'ai un trou concernant la marque qui les offrait. Malabar ? Si quelqu'un peut m'aider ? Elles étaient plus ou moins bien imprimées. Nous avions un Eddy Constantine trop rouge, et l'autre, trop rose, très difficiles à échanger avec les copains.

Je me souviens du prestige qui dégoulinait sur moi quand j'emmenais les poteaux dans le bar de mon père et qu'il nous offrait une tournée de menthe à l'eau.

Je me souviens que la famille Marciano habitait dans la même cour que nous et que je m'amusais avec un des fils. Et que sa mère, à l'heure du repas, se penchait au balcon et hurlait : "Daaviiiiiiid ! R'monte tout d'suite ou j'te glisse dans la toooombe !!

Toujours dans la même cour, je me souviens qu'il y avait une drôle de type qui s'était trouvé un job : il montait dans les grandes poubelles et les tassait avec ses chaussures, pour en faire rentrer plus. Et il se donnait le rythme en chantant à tue-tête un truc de sa composition, toujours le même, que je n'oublierai jamais pour l'avoir si souvent entendu : "Il a perdu son parapluie, tant pis pour lui !". Ad libitum.

Je me souviens d'être allé picniquer aux cascades de Tlemcen et d'y avoir touché ma première neige.

Je me souviens de Rashgoun. Mon oncle Claude m'y a fait grimper, sur ce haut-lieu d'un ancien royaume berbère, juché sur ses épaules, tout en me racontant l'histoire de l'aigle et du roitelet. Vue émouvante sur la plage, sur l'île, sur l'horizon, approche de la notion d'infini...

Je me souviens qu'en maternelle, on nous faisait faire la sieste assis à nos bureaux, la tête reposant sur nos bras croisés. Depuis, je peux dormir n'importe où, dans n'importe quelle position.

Je me souviens que le boucher d'Aïn Youssef n'avait que des filles et voulait en donner à ma mère. "J'ai confiance en toi. Tu les emmènes en France et elles te font le ménage, tout...". Ma mère, qui avait déjà 6 enfants, n'était pas trop chaude, alors le boucher abattit l'argument absolu après lequel il n'y aurait plus qu'à tirer l'échelle et faire "tope là" : "J'te donne toutes les cervelles de mouton que tu voudras, mais prends-moi au moins une !". Nous aimions beaucoup la cervelle, et il le savait, le bougre !

En fait, c'est Calune qui m'a donné l'idée de ce billet en m'envoyant l'intégrale de "Je me souviens", de Georges Perec, joué par Sami Frey. Un must. En voici un bout :

On a déjà commis ce genre de billet. et

dimanche 12 août 2007

ManouNuala O'FAOLAIN (J'y suis presque)






Pour être fidèlement accepté durant toute votre vie, il faut payer un gage : rester ce qu'on a toujours été. Un oeil familial, calme et sardonique, se pose sur les membres qui osent de petits actes ou artifices. On peut modifier légèrement l'ordre immémorial des choses : on peut par exemple renoncer à tout le pouvoir et à toute l'influence qu'on a en devenant alcoolique. Ou l'inverse ; Par la seule force de sa volonté, Noreen a triomphé de son statut de plus jeunes des plus vieilles, et, en endossant toutes sortes de responsabilités, sans parler de passer de la condition de mère célibataire sans un sou vivant dans des squats à celle d'avocate, elle est devenue une aînée respectée. (...) Mais, au fond, tout, y compris le poids exact de chaque personne dans une famille, a été décidé longtemps avant, bien que personne ne puisse dire par qui.


Nuala O'FAOLAIN (J'y suis presque)


samedi 11 août 2007

Tant-BourrinChâteau Sidoine

Sidoine Lacaillasse avait le bien étrange don d'uriner du vin rouge.

Oui, aussi extraordinaire que cela puisse paraître, il en était ainsi : le fluide que produisait sa vessie était d'une magnifique teinte rougeâtre un peu mordorée et d'une teneur en alcool de 11,5°.

Cette faculté lui était venue subitement à l'âge de 19 ans, alors qu'il effectuait son service militaire, en ces temps immémoriaux où la conscription existait encore. Plus précisément, elle lui était venue le lendemain de sa toute première rencontre avec l'alcool, Sidoine n'ayant jusque-là jamais bu la moindre goutte de vin de sa vie.

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vendredi 10 août 2007

Saoul-FifreDessins d'ado (3)

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