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vendredi 19 juin 2009

Saoul-FifreLe sujet qui fâche

Dans le style, c'est un must. Si on veut mettre à jour les tendances fâchisantes (sic) de quelqu'un, il est bien pratique d'avoir un simple prénom tel que "Dieudonné" à avancer dans une conversation.

Dans le genre provocateur, on peut difficilement trouver mieux.

Il a toujours été comme ça, il a toujours aimé frapper fort. Pendant 6 ans, avec son génial acolyte Elie Semoun, ils ont dynamité, pulvérisé toutes les formes de racisme. Le racisme étant une petite bête difficile à extirper de l'âme humaine, c'est sans doute par l'humour et le tournage en ridicule que l'on y arrive le mieux. Et sûrement pas en lui opposant un racisme équivalent en face, ce qui alimente la machine en carburant.

Cohen et Bokassa , par exemple, un petit bijou d'écriture qui assimile les conflits de soi-disant adultes à des embrouilles de gosses en récréation, met bien le doigt sur les sources du racisme : un manque de dialogue, une crispation autour des valeurs de sa communauté que l'on pare d'une supposée supériorité, une faiblesse de l'imagination et de l'espoir qui empêche de croire dans un monde meilleur.

Elie et Dieudonné se séparèrent en bons termes, chacun préférant poursuivre une carrière solo. Quand on en parle à Elie, celui-ci plaisante en précisant que c'était Dieudo le plus rapiat, le plus accro des deux aux royalties. Dieudo a eu son propre théâtre, La main d'or, très tôt, en 90, sa propre maison d'édition, etc... Je suis d'avis que ce côté "fils d'expert-comptable", fier de sa réussite artistique et conscient de son talent, explique assez bien la façon dont il a réagi aux attaques mettant sa carrière en danger.

Après avoir quitté Elie, il se lance dans la politique en se présentant contre le FN et sa candidate Marie-France Stirbois, à Dreux, aux législatives de 1997, où il fera un score honnête de 7,74 %. Il ne quittera plus l'arène politique, et la plupart des observateurs diront qu'il se "droitise" de plus en plus. Il votera pourtant José Bové au premier tour des présidentielles de 2007 (celui-ci récusera cette embarrassante recrue) et Ségolène Royal au deuxième tour (j'imagine qu'elle ne lui a pas prêté son micro non plus).

Parallèlement, il continue de nous régaler de ses sketchs hilarants. La fine équipe du 11 date de 2003. Quel talent, quelle intelligence et quel courage ! Car quel autre humoriste osera ainsi s'attaquer de front aux terroristes religieux, les déboulonner d'une aussi efficace estocade ?

Quand il met en scène un inquiétant roitelet africain, qui d'autre pourrait se permettre une telle gifle sans se faire traiter de sale colonisateur ? Dieudo est le meilleur car il n'hésite devant aucune énormité, qu'il est toujours profond et qu'il a refusé une bonne fois pour toutes le rire huhu de salon, bien consensuel qui ne vexera personne. Là, au débotté, sans réfléchir, je ne vois que Bénureau et Timsit pour jouer dans la même cour.

Et puis il y a eu l'affaire Fogiel qui a tout fait basculer. Affaire Fogiel où il n'y a eu que Fogiel de condamné, d'ailleurs. On dit que tout est parti de là, la décrépitude de Dieudonné, tout ça, ce qui est faux.

Tout a basculé en l'an 2000, quand Dieudonné a demandé au Centre National de la Cinématographie une avance sur recettes pour tourner le film-phare de sa lutte contre l'esclavage, "Le code noir". Et que le CNC a refusé, alléguant que l'esclavage n'était pas un sujet de film, alors qu'il avait déjà soutenu plusieurs films sur la Shoah et que les films sur l'esclavagisme, si l'on excepte "Autant en emporte le vent", n'encombrent pas nos écrans, c'est une évidence.

La paranoïa anti-sioniste de Dieudo a commencé ici, son délire de persécution vient du fait qu'il a vécu ce refus comme venant d'un "lobby sioniste" qui voudrait se réserver une espèce de monopole de l'horreur, avec la Shoah. Perso je ne connais pas les membres de la commission d'attribution de l'époque et je ne me prononcerai donc pas. Toujours est-il que le ton de Dieudo monte, se fait de moins en moins subtil, attire l'attention d'associations comme la LDH, la LICRA, l'UEJF, le Consistoire, etc et qu'ils ne le lâcheront plus, enchainant procès sur procès. Les cathos de l'AGRIF s'y mettront eux aussi. Finalement, les seuls à ne pas trop bouger, et il y aurait eu pourtant matière à fatwa, avec sa peu respectueuse "Fine équipe du 11", ce sont les musulmans. Voici des alliés tout trouvés, et, comme par hasard, ils ont en commun la critique de la politique d'Israël.

Jusqu'à fin 2003, jusqu'à l'affaire Fogiel et son sketch vraiment baclé sur un coin de table et pas drôle pour un sou , Dieudo était reçu à la télé, il était même réputé comme un bon client pour les talk-shows. De ce jour, il fut pestiféré, Ardisson l'invita une dernière fois pour lui signifier qu'il était grillé. Les copains jusque là solidaires (Elie, Djamel, Dany Boon, Gad Elmaleh, Alain Chabat, Guy Bedos...) s'éloigneront. Ses nouveaux amis sont tous pro-palestiniens et n'apprécient pas du tout l'axe du bien américano-sioniste, c'est le moins qu'on puisse dire.

Tout s'est passé très vite, il est le dos au mur. Il ne peut pas revenir en arrière, dans ses années de gauche utopique. Il est persona non grata dans les médias. Le bétar attaque son spectacle de Lyon (il y aura une blessée), son concert de l'Olympia aura lieu dans la rue, les directeurs de salles prennent peur et annulent ses dates. La tactique de ses ennemis est claire : ils le frappent au porte-feuille.

Il réagira en se cherchant des soutiens et par là, un public. C'est l'escalade et la découverte par ses anciens fans d'un parcours politique particulièrement chaotique et bizarroïde qui ne peut s'expliquer que par une idée-maitresse de vengeance supplantant toutes les autres : la meilleure défense c'est l'attaque. Les médias le boycottent, il va donc se faire sa pub sur leurs dos, en étant toujours au cœur de l'actualité, créant la surprise, causant le scandale.

Il se rapproche du FN, s'invite à une fête Bleu-Blanc-Rouge. Le Grand Timonier borgne se méfie de cet ancien adversaire soudain tout sourire qui va défendre un de ses lieutenants, Bruno Gollnisch, mais il se laissera séduire. Dieudo fricote avec Les Ogres, se lie avec Alain Soral et même avec le sulfureux Kémi Séba. Toujours à la recherche du "coup de pub" qui lui ouvrira les colonnes des journaux ou les écrans qui le rejettent, il convainc Jean-Marie Le pen d'être le parrain de sa fille et c'est l'abbé intégriste Philippe Laguérie qui la baptise. Hurlements généraux qui semblent mettre Dieudo aux anges qu'on parle de lui.

Apothéose de cette campagne de communication, il fait monter Faurisson le négationniste sur la scène du Zénith. Pourquoi ? Parce que c'est un monstre. Parce qu'il représente un tabou majeur à envoyer bouler. Pour s'amuser. Pour emmerder ceux qui l'ont emmerdé.

Et là il vient de monter avec d'autres branques une liste anti-sioniste. Qu'est-ce que ça peut bien avoir à faire avec l'Europe ? Ce n'est pas un peu restrictif comme programme ? Et un peu antisémite sur les bords ?

Non non, c'est juste pour faire chier. Ça fait très "ambiance de cour de récré". La boucle est bouclée. Dieudonné s'est transformé en un des personnages dont il se moquait avec Elie Semoun dans "Cohen et Bokassa".

Nananè-reu, on a fait 6,35 % à Gen-neu-villiers, c'est bien fait pour votreu gueu-leu !!

Moi je dis que si la commission du CNC avait accordé son avance sur recettes au "Code Noir", on en serait pas là.

mercredi 17 juin 2009

AndiamoLe marché

Sur la petite place, au lever de l’aurore.
Le marché rit, joyeux, bruyant, multicolore….

Ces vers d’Albert Samain, nous les avons tous appris à l’école primaire. Enfin, quand je dis "tous", je pense aux vieux enfants de ma génération. C’était ce que nous appelions une récitation et, bien entendu, il fallait l’apprendre "par cœur".

Cette récitation m’est revenue récemment alors que je me promenais un joli matin, jour de marché, à Mers-les Bains, charmante station balnéaire aux grandes maisons un peu désuètes, plantées le long du littoral Picard, à deux pas du Tréport.

Et ces images de déballages, d'étals, ces senteurs de fruits et de fleurs, ont fait ressurgir des souvenirs, un parfum d’enfance, lorsque j’habitais à (je n’ai pas écrit SUR) Drancy (il faut être NAZE, aujourd’hui on entend des professionnels de la jactance dire, j’étais SUR Bordeaux, ou SUR Roubaix, on est SUR leurs sœurs, ou leurs femmes à ces cons, mais on est DANS une ville… Non mais !)

J’avais six ans environ lorsque j’ai commencé à accompagner ma mère au marché de Drancy. Il était immense, tout en longueur, il s’allongeait comme ça le long du trottoir. Les étals : des grandes planches posées sur des tréteaux bancals et, par-dessus, tendues sur des tiges métalliques fichées dans le sol, des toiles goudronnées, le tout prêté par la municipalité Drancéenne.

Cet agencement était mis en place dès potron-minet par les employés municipaux, et démonté à partir de midi tapant, le marché ne traînait pas tout l’après-midi, d’ailleurs les ménagères faisaient leurs courses très tôt, je pense que c’était une génération de lève-tôt, pas de téloche à l’époque, alors on se couchait quasiment "comme les poules" et on se levait de même !

Donc ma mère, pas très grande ni très épaisse, mais robuste, vaillante et, comme on disait : "elle n’avait pas les deux pieds dans le même sabot", se levait de bonne heure afin d’être au marché pour sept heures et demie environ.

- C’est de bonne heure que l’on trouve les meilleurs produits, sinon tu n’as que les rogatons, et c’était vrai pour la viande, le poisson et les fruits, elle avait l’œil !

Les beaux fruits placés devant, bien rangés, afin d’attirer le chaland, et derrière cette "devanture" : les DAUBES, les fruits talés. Alors elle choisissait elle-même ses fruits et légumes, sous l’œil un peu agacé des commerçants, mais comme elle disait :

- Je n’ai jamais acheté un poisson sans lui regarder l’œil !

Ses premiers achats effectués, elle rentrait à la maison, avec le pain frais pour la maisonnée.

HUUUMMM ! Le café au lait ou le chocolat, avec du pain croustillant, et du beurre largement étalé...

Ensuite elle repartait, afin d’acheter les produits d’entretien et autres. Je l’accompagnais. Elle marchait vite. Pour la suivre, je trottinais, lui tenant la main, je sentais son alliance. Alors elle me parlait du coût de la vie, je ne comprenais pas grand chose, sauf qu’il y avait des riches (elle disait des gros, va savoir pourquoi ?), et des trimards, qu’on n'allait pas loin avec un billet d’mille, elle parlait des anciens francs, ceux d’avant 1958, un euro cinquante environ, mais ça ne veut pas dire grand-chose aujourd’hui, à l’époque c’était beaucoup et peu à la fois, mille balles quand tu as trimé une semaine pour gagner cinq ou six de ces grands billets bleus, et qu’ils partent aussi vite, c’est peu, mais quand il fallait les gagner, c’étaient beaucoup d’efforts.

Et puis on arrivait au marché, un monde, une autre planète, les commerçants qui interpellent le chaland :

- Par ici la ménagère, on va faire des affaires !

Les allusions un peu coquines, que je ne comprenais pas mais qui faisaient sourire ma mère.

- Touchez mon poireau ma p’tite dame ! Voyez comme il est frais ! Et ma carotte ? Elle n’est pas jolie ma carotte ?

Le tripier l’air goguenard :

- Prenez vot’ pied Madame ! Il voulait parler des pieds de veaux présent sur l’étalage, évidemment.

Devant l’étal des produits d’entretien, mille parfums flottaient, je les respirais avec bonheur : la rose, la violette, le savon de Marseille (sans emballage), tout ça me chatouillait les narines et immanquablement… AAAAA - ATCHOUM !

La vendeuse, une vraie réclame pour ses produits de beauté ! Maquillée comme une bagnole volée, Pinder serait passé par là sûr qu’il lui aurait dit :

- Toi le clown, je t’engage illico !

Pour la toilette : savon de Marseille, pour les shampooings : savon de Marseille, rinçage à l’eau vinaigrée, pour la lessive : savon de Marseille, que ma mère coupait en fines lamelles avant de les jeter dans la grande lessiveuse posée sur un "tire-gaz" au beau milieu de la cuisine.

Défense de s’approcher de la marmite infernale, et ma mère nous racontait d’horribles histoires d’enfants défigurés par l’eau bouillante d’une lessiveuse, autour de laquelle des garnements jouaient sans faire attention.

Bien sûr, ces histoires épouvantables étaient destinées à nous tenir éloignés du chaudron bouillonnant, et de son "champignon" planté au beau milieu de la lessiveuse et qui à intervalles réguliers rejetait en bouillons fumants l’eau savonneuse, en émettant des borborygmes (TAIN j’ai réussi à le placer) !

Après les produits d’entretien, on continuait notre chemin, nous frayant un chemin parmi la foule très dense, un véritable slalom ! Je faisais attention de ne pas prendre un coup de cabas dans la tronche, quand on est minot on est juste à la bonne hauteur !

On arrivait devant le marchand de ballons, magnifiques ces ballons, énormes, multicolores, dansant dans la brise, à l’époque ils étaient gonflés à l’hydrogène, vachement dangereux l’hydrogène, une saloperie de gaz très inflammable, aujourd’hui c’est interdit, l’hélium l’a remplacé et c’est tant mieux !

Enfin, ces jolis ballons, je ne faisais que les regarder, car "les sous" devaient servir à n’acheter QUE des choses utiles !

A propos des sous, ma grand-mère comptait encore en sous ! Pour les djeuns : le sou était une division du franc, ceci avant la seconde guerre.

Vingt sous égalaient UN franc, un linvé en argot, le laranqué pour deux francs, et enfin la THUNE pour cent sous soit cinq francs.

Plus loin : le tireur de cartes, debout derrière une toute petite table assez haute, étalé devant lui des brêmes bien mystérieuses pour un gamin. Je m’y arrêtais quelques secondes, émerveillé par ces dessins dignes des meilleurs images d’Epinal, j’ai appris bien plus tard qu’on les appelait : des LAMES, et que c’étaient des tarots de Marseille, un coin du mystère était tombé !

Bon, allez, on ne traîne pas ! Et pis tout ça c’est des conneries, moi j’y crois pas. Alors on continuait…

Et les camelots ? Il n’y en a plus des camelots, tu sais les mecs qui te vendent des tas de trucs qui ne servent à rien, mais avec leur baratin tu te demandes comment tu as pu vivre sans ce bidule GENIAL, qui remplace le beurre, l'éponge diabolique qui te brique une vaisselle en deux temps trois mouvements, ou l'outil infernal remailleur de bas, autrefois les femmes remaillaient les bas filés, car les neufs coûtaient trop cher !

En un clin d'oeil, le gus te réparait une patate commack !

Evidemment les ménagères soucieuses d’économiser, achetaient le bidule, arrivé à la cambuse, peau d’ balle pour faire fonctionner l’bouzin... Une arnaque !

Les produits détachants, le camelot s’aspergeait d’un tas de saloperies : mayonnaise, encre, sauce tomates, etc. Un coup de produit miracle et HOP ! Sa limace retrouvait la blancheur immaculée, la robe de la sainte vierge ? Une serpillère à coté !

Mais l’un des plus costauds qu’il m’ait été donné d’entendre commençait sa harangue comme ceci :

Il tenait un superbe chrono Suisse dans sa main.

- Ce chrono je ne vous le vendrai pas mille francs.

- Ni cinq cents francs.

- Ni deux cents, ni même cent francs !

- Et ce pour deux raisons :

- La première : parce qu’il est à moi, et que je ne désire pas le vendre !

- La seconde c’est que je suis là pour vous vous vendre…

Et s’en suivait un discours interminable sur la valeur des pierres à briquet qu’il allait brader à la cantonade.

Près du marché couvert, là où après la guerre se tenaient parfois des expositions, des photos prises dans les camps de la mort et qui m’impressionnaient tant, il n’y avait guère de psychologie à l’époque, tu prenais ces photos atroces en pleine gueule, et tu devais t’arranger avec.

Près de ce hall se tenait le marchand de poissons rouges. Il ne les vendait pas cher, ces poiscailles. Le type qui tenait l’étal avait dû se ramasser un éclat d’obus sur la tronche au cours de la guerre, car il était salement amoché, c’était ce qu’on appelait une gueule cassée !

Il existait même des billets de la loterie nationale qui s’appelaient "les gueules cassées", on ne faisait pas dans le politiquement correct à l’époque, on appelait un chat, un chat.

Là aussi, j’aurais bien aimé en rapporter un de poisson, d’autant plus facile que, pour les transporter, il donnait un sac plastique, rempli de flotte fermé par un cordon coulissant. La bestiole ballotait pas mal dans cet aquarium de fortune, et sûr qu’elle devait avoir la gerbe ! Mais ça ressemble à quoi une gerbe de poiscaille ?

Même réponse que pour les ballons : dépenser de l’argent pour une bestiole qui sera crevée dans deux jours… Pas question !

Et voilà encore une jolie page de psychologie destinée aux enfants, on n’ en était pas traumatisés pour autant, et puis elle avait raison, combien de ces poissons ont finis sous les dents de Minet quand ils étaient crevés ? Rien ne se perdait dans ces années là, et Charlot le greffier se régalait de tout, mais pas de RONRON, tu penses acheter de la bouffe pour les chiens ou les chats, ils bouffaient ce que tu ne pouvais pas mâcher c’est tout, et ils vivaient bien vieux : ma première chienne, baptisée "Titou", a vécu dix-huit ans ! C’était une chienne de raceS. J’ai mis un « S » à race parce qu’elle en avait une demi-douzaine à l’aise de races, et je pense qu'elle avait été croisée avec une bordure de trottoir.

Plus tard sont arrivés les "TOUT à CENT FRANCS", anciens les francs bien sûr ! Pour vous donner une idée de la valeur des cent balles années 54 ou 55, c’était à peine le prix d’une place dans les beaux cinoches, car au Moulin Rouge de Drancy les places étaient beaucoup moins chères, les films moins terribles aussi, mais quand tu as treize ou quatorze ans HEIN ?

Dans ces déballages, il y avait de tout, de la râpe à fromage au petits jouets en plastique, en passant par le rouleau à pâtisserie. Tout le monde y trouvait son bonheur, il m’arrivait de sacrifier Zorro ou Tarzan pour un avion en plastoque (déjà les avions !).

Puis, chargée comme un mulet, ma mère rentrait. Je ne lui donnais plus la main : elles étaient cisaillées par les anses des cabas. En rentrant, elle se mettait au fourneau, il arrivait une fois l’an environ que mon père fasse la cuisine !

C’était toujours la même recette : polenta avec chipolatas. Le bazar quand il avait terminé ! Ma mère et ma sœur qui se tapaient la vaisselle, tu penses le Raymond Oliver de banlieue ne touchait pas l’évier.

Puis nous passions à table, repas amélioré du dimanche. Nous écoutions "le grenier de Montmartre" à la T.S.F, une émission de chansonniers, Messieurs Edmond Meunier, Raymond Souplex (qui deviendra plus tard le fameux inspecteur Bourrel) ou encore Jean Amadou, Robert Rocca, et son complice Jacques Grello.

Puis, le repas terminé, on se retrouvait avec les copains de ma rue pour une séance au cinoche de quartier, le premier rang, banquettes de bois, le cou levé pour voir l’écran (nous n’avions pas encore de problèmes de cervicales) et nous suivions les aventures de Laurel et Hardy, de Zorro ou de Tarzan.

En tout cas ça avait été une bien belle journée.


Ce joli dessin je l'avais acheté à un copain dessinateur, illustrateur de grand talent : BILL MARSHALL, si toutefois il désire que je le retire, je le ferai.

dimanche 14 juin 2009

Tant-BourrinTourtanbrin ou le voyageur impatient

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vendredi 12 juin 2009

Saoul-FifreIl court, le furet (comptine pour adulte 14)

Cette après-midi, réminiscence inconsciente ou redécouverte fortuite en solitaire, j'ai trouvé la contrepèterie cachée dans "Il court, il court, le furet", et comme il y a longtemps que je ne vous avais pas fait de comptine pour adulte je me suis dit comme ça : "Soufifrounet, sois bon avec le Grand Lectorat, il te le rendra au centuple."

Bon, j'ai fait une petite vérification google et c'est entendu, je ne revendique en aucune façon une quelconque primauté d'inventeur : "il fourre, il fourre le curé" entre guillemets, ça nous sort la bagatelle de 146 pages !! J'arrive un peu après la bataille, quoi ?

Mais comme personne n'a écrit la comptine complète, et que la version dite "originale" est un peu mièvre, votre serviteur, toujours sur la brèche, s'y est employé d'arrache-doigt (saloperie de clavier).

Je sais, je sais qu'Andiamo n'aime pas qu'on tape toujours sur les mêmes, à savoir les catholiques, mais il reconnaitra que l'actualité nous y pousse, avec le scandale récent dans l'église irlandaise.

Il fourre, il fourre, le curé
les messieurs et les mesdames
Il fourre, il fourre, le curé
les enfants de chœur aussi

Il a percé par ici
Il rapacera par là

Il bourre, il bourre, le curé
Le bout du curé, Mesdames
Il cure, il cure le bourré
Le cul du bourré joli.

Il a blessé par ici
Il rechassera par là

Comptine d'origine

mercredi 10 juin 2009

AndiamoVieilles mais... toujours belles !



Je vais être absent pour quelques jours, une expédition au pays des cigognes !

A nous les choucroutes et autres KOUGLOFS, la Ponne Pière, je sens que je vais bien me marrer, la bonne bouffe plus les villages typiques : HUMMMM...

Alors, avant de partir, je vous ai posté quelques petits crobards, accompagnés d'une chanson de Georges Milton, pas dégueu !

Si certains vous disent que les chansons d'aujourd'hui comportent des paroles "à la con", passez leur celle-là !

J'entends vos murmures : s'est pas emmerdé le doyen, cinq crobards, une (très) vieille scie, et HOP ! Emballez, c'est pesé.

Ouais, mais j'en connais qui parfois se prennent des petits congés... Et nous laissent que dalle, et PUIS à ch'val donné on r'garde point la bride... DEDIEU !

Je ne pourrai pas répondre à vos commentaires (si vous me faites le plaisir d'en laisser) mais je le ferai dès mon retour.


Je ne connais pas le nom de cette voiture, si l'un(e) d'entre vous le connaît, alors qu'il (elle) n'hésite pas... Merci.


Peugeot 1906 "torpédo"


Roland Pilain 1909


De Dion Bouton... 1905 ? Pas sûr de la date.


Cottin Desgouttes 1924

Ch'tiots crobards Andiamo.

lundi 8 juin 2009

Mam'zelle KesskadieCent fois sur la balance, remettez cette grosse

L'été s'en vient t'à grand pas, s'il est arrivé chez vous, je ne vous envie pas, au contraire, c'est que vous n'avez pas autant que moi, le temps nécessaire pour maigrir.

Eh oui ! Aussi certain que les hirondelles reviennent au printemps, tiquedoutsointsoin, la dame rondellette se remet au régime, à la diète, bref, s'écrie devant toute calorie : cachez cette gâterie que je ne saurais voir !

Parce que, bien sûr, elle clame à tout vent que le seul fait de voir un gâteau la fait grossir. Il ne peut en être ainsi parce que, de mémoire, elle a à peine grignoté depuis la dernière année.

Or, le pèse-personne, de genre masculin, est très direct et prosaïque. Fort heureusement qu'il ne parle pas, il ajouterait au poids acquis un surplus de poids de culpabilité.

En bref, j'ai encore engraissé.

Tant que nous sommes enrobées dans des immenses chandails de laine, tout baigne. Quand il faut se dérober dans un maillot, alors, là, bonjour la flotte, les larmes et les remords ainsi que la bretelle qui laisse tout tomber. Et croyez-moi, Newton aurait reçu le poids d'une de mes pommes sur la tête, il ne s'en serait jamais remis. Ou il aurait conclu que la gravité terrestre est due aux petits gâteaux ce qui n'aurait pas fait avancer la science.

Donc, puisque l'habit ne fait pas le moine et mon maillot ne me fait plus non plus, je me mets à la diète. CQFD.

Première étape : se fixer des objectifs.

J'adore cette étape. Il s'agit de soustraire un chiffre exponentiel de 10 au chiffre existentiel apparu précédemment sur le pèse-personne (appelons le Georges).

Ensuite, il faut regarder le calendrier, décider d'une date raisonnable pour atteindre l'objectif ci-haut mentionné. Jusque-là, c'est l'allégresse totale.

Donc, je vous prédis que pour le mois de juin 2010, je pourrais éventuellement me présenter dans une boutique pour remplacer mon maillot lâcheur. Hé ! y a de l'espoir !

Sauf que, pareillement à la fin du monde souvent prédite, la fin de mon embonpoint ne s'est jamais réalisé.

Donc, si jamais je maigris, craignez zet tremblez, honnêtes et minces citoyens, l'apocalypse est proche.

Deuxième étape : Choisir le régime.

Ah... ça... J'ai essayé le truc de groupe. Weight watchers, pour ne pas le nommer et Minçavi. Voici comment ça se passe et pourquoi, avec moi, ça passe pas.

Première étape : la pesée. Leur Georges est infiniment plus grincheux et susceptible que le mien, et je suis toujours plus pesante chez eux que chez moi. Un doute m'envahit sur la crédibilité de leur personnel.

Ensuite, une dame mince et enthousiaste, ou mince et acariâtre (sachez qu'il n'y a pas de minces normales qui travaillent pour ce genre de trucs. Elles ont toutes un agenda caché, celui de faire disparaître de la pesée totale de la terre, tout gros et grosse pour que règnent le céleri et la carotte râpée) vous donne le régime et vous l'explique comme à un enfant de cinq ans. Pourquoi cinq ans ? Parce qu'évidemment, si vous êtes grosse malgré les campagnes qui dénoncent cholestérol et sa gang de frites, c'est que vous ne comprenez rien à rien. Peu importe si vous avez un doctorat universitaire, que vous gagnez bien votre vie et que vous conduisez une automobile, vous êtes une ignare crasse, enfin, grosse.

C'est la même chose à leur yeux.

Ensuite, il y a la motivation de groupe. C'est en général, une mince enthousiaste qui le donne. Vous aimez le style animation et soyons positifs ? Moi, ça me donne des envies de tartes à la crème, non pas pour les dévorer, mais pour les lancer. Je quitte en général quand on doit crier ensemble : quand on veut, on peut !

C'est que, voyez-vous, je veux bien maigrir, mais je ne veux pas être privée des bonnes choses de la vie.

Quel philosophe a dit : la vie est incertaine, mangez votre dessert en premier ?

Donc, pour cette fois-ci, ma copine, qui a perdu 40 lbs cette année, m'invite à suivre une diète protéinée appelée Idéal protéine. Bof, pourquoi pas ? Il s'agit de ne plus manger rien de normal et de bouffer des petits sachets - en fait, leur contenu - mais j'ai tellement faim après avoir avalé la petite poudre que je mangerai bien leur sachet aussi.

J'ai perduré trois journées complètes. La quatrième, disons que j'ai avalé l'équivalent des trois jours complets de nourriture pour une humaine normale de mon poids.

La cinquième journée, c'est samedi. Que ferais-je ?

Mise en garde : 1) Que la première ou le premier qui me donne un conseil sur comment maigrir n'ouvre plus son courrier de peur de recevoir une lettre pleine d'agents bactériologiques funestes et meurtriers. Ainsi que le deuxième ou le troisième et ainsi de suite qui veut être de bons conseils. Je sais ce qu'il faut pas faire ou faire pour mincir. Mais, hélas, à chaque fois que j'essaie, un message d'erreur fatale, comme dirait mon Windows, survient.

2) Manger est un acte nutritif, mais aussi émotif. À grandes émotions, grande nutrition. Trouvez l'erreur et ne me la dites pas.

Sur ce, je m'en vais faire du ménage dans l'espoir de trouver une motivation oubliée et de pouvoir m'écrier en juin 2010 :

La fin du monde peut arriver, je suis mince !

samedi 6 juin 2009

Tant-BourrinLes p'tits jeunes

Bon, je le sens, cette nouvelle parodie ne va pas redorer mon blason déjà bien sali, mais tant pis... Et j'espère que les fans des Rolling Stones ne m'en voudront pas trop d'avoir touché à la sublime Lady Jane...

Allez, une petite gorgée d'hélium, et en avant la zizique !




Les p'tits jeunes

Paroles : Tant-Bourrin
Paroles originales et musique : Mick Jagger & Keith Richard


Téléchargeable directement ici

Depuis que mon Louis
Est rangé dans une urne
Je m'ennuie de lui
Et surtout de ses burnes
Voilà pourquoi, ma chère
Je laisse parler ma chair
Et je m'en vais voir les p'tits jeunes

Le beau Jean-Kevin
A un vrai corps de rêve
Et sa jolie pine
Grosse comme un Tupolev
M'envoie en l'air, ma chère
Mieux qu'un vibromasseur
Rien ne surpasse les p'tits jeunes

Pour quelques biftons
J'oublie mes varices
Ma retraite fond
Mais au diable l'avarice
Car rester en jachère
Ne me dit rien, ma chère
Je revis avec les p'tits jeunes

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