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vendredi 11 septembre 2009

Saoul-FifreLa fête à Nœud-nœud

Rentrée de collège 1970. Je rentre en 4ième. Je viens de faire le plus grand grand écart psychologique de ma vie . J'ai troqué la nature, sa rudesse, son calme, sa simplicité, contre la jungle urbaine dont je ne connais aucune règle. Ma mère est une veuve de guère (sic) : une fois ses dettes payées, les charognards de créanciers rassasiés, Crédit Agricole en tête, il n'est rien resté de la vente de la ferme.

Peu importe, il lui suffit de quitter cet endroit maudit où elle a été si malheureuse, et je la suis dans ce Bordeaux encore plus immense que mes grands bois périgourdins chéris.

La rentrée se passe sans anicroche. Juste effrayé par le nombre de lignes de bus, j'ai préféré aller au collège à pieds, en traversant le grand cimetière de la Chartreuse. Mes nouveaux camarades ne sont pas désagréables, seulement ils se connaissent de l'année dernière, le plan de classe est fait et je me retrouve relégué au fond de la classe, ce que je déteste. Je me fais remarquer en changeant de place plusieurs fois. Dès que je vois "un espace vide", je le squatte, tel un coucou sans gène. Les profs n'apprécient pas ces devoirs supplémentaires demandés à leur mémoire. Je finis par trouver mon nid dans "le coin des filles", je ne quitterai plus de toute l'année ce doux endroit.

Ma timidité maladive, la période un peu particulière que je traverse, avec ses efforts intenses d'adaptation, font que je reste très solitaire. J'ai des activités, je vais aux scouts , j'aide Frères des Hommes , je visite ma nouvelle ville, j'écume plusieurs bibliothèques, comme d'habe. Je fréquente plein de monde, mais personne ne vient chez moi et je ne vais pas chez eux. J'en déduis que ça se passe comme ça, à la ville.

Je lis le Sud-Ouest tous les jours et je tombe sur une info intéressante : il y a Fête foraine à Bordeaux ! Je sais pas si vous connaissez, mais la Foire aux plaisirs de Bordeaux, sur la grande place des quinconces, débarrassée pour l'occasion de ses voitures, c'était quelque chose ! Rien à voir avec les 2, 3 attractions que j'ai pu connaître dans ma petite ville de Dordogne. Là, il y a une grande roue, grande, immense, et puis toutes sortes de manèges, des circuits où les voitures peuvent se doubler, elles ne sont plus bêtement fixées sur leurs rails, et puis des chenilles, des combats de catcheurs, des monstres humains exhibés, on ne sait trop s'ils sont réels ou le résultat de trucages, enfin des baraques qui me font ouvrir de grands yeux.

Le hic c'est que je n'ai pas trop de sous, alors je déambule plus que je ne m'amuse, quand, chance, je me fais aborder par une espèce de titi bordelais de mon age, beaucoup plus déluré que moi. Il n'a cure de mes soucis pécuniaires, "Suis-moi !" me dit-il. Il me tire dans une auto tamponneuse, attend le coup de klaxon du départ de la partie, fait semblant de mettre un jeton dans la fente, et tape dessus avec beaucoup d'aplomb, tout en appelant un chef de piste qui, résigné, peu confiant dans la fiabilité de son matériel, sort un jeton de sa poche et fait démarrer la voiture.

Waw ! Je regarde mon héros avec admiration. Ça c'est du copain rentable et intéressant à connaître ! Nous nous amusons d'autant plus que ce goût d'interdit pimente notre plaisir. C'est l'avantage d'une grande foire : des autos tamponnantes comme celle-ci, il y en a une demi-douzaine, disséminées sur tout le périmètre, et nous remettons le couvert plusieurs fois, dans une impunité totale. Bon je sens bien que je lui suis redevable de notre bonne fortune et je lui paye quelques tours de manèges plus sophistiqués dont les tickets sont relevés juste avant le départ, interdisant toute arnaque.

Il connait les bons plans : à "La maison du rire", par exemple, il vaut mieux rester dehors que rentrer : il y a un balcon, tout en haut de la construction, spécial "filles en jupe". Quand le trajet intérieur les y mène, un assistant déclenche une soufflerie sous leurs pieds et nous reluquons pour pas un rond un remake de "7 ans de réflexion" avec des candidates à la succession de Marilyn Monroe. Ces stars-minutes sont bizarrement insensibles à la sincérité de nos applaudissements.

Il me fait aussi assister gratuit au "Combat des chefs". Devant la tente sont alignés une belle brochette de primates musclés. Il y a Brutus le gladiateur, il y a le bourreau de Tremblay-les-gonesses, cagoulé, Vauvert le diable, avec des petites cornes, l'Empereur des fortifs etc... Quand tous les spectateurs sont rentrés, il y a tellement de barouf qu'il nous est facile de nous glisser sans nous faire voir en soulevant un coin de bâche, par derrière. C'est rigolo, mais il ne faut pas longtemps pour comprendre que tous les combats sont truqués.

Comme toutes les fines choses ont du bon, nous nous serrâmes la main, mon nouvel ami et moi. Nous ne devions jamais nous revoir.

Et je restais là, encore étourdi par ces merveilles de la ville, le regard intériorisé, à digérer toutes ces nouveautés, quand je me sentis hélé par de grands fou-rires. Merde ! Des filles de ma classe ! Et pas la fine fleur. Des glousseuses, des trop maquillées, des groupies en plein age bête. On aurait été à Marseille, on aurait dit : "des cagoles". Elles m'ont apparemment catalogué dans la série des timides-bien élevés-pas dangereux, ce qui n'est somme toute pas faux.

Saoulfifre ! Tu tombes à pic ! On rêvait d'entrer là-dedans, mais toutes seules, tu comprends, on aurait jamais osé, tu vas nous protéger, toi. Je lève les yeux, nous étions devant "La maison hantée", un attrape-couillon dans lequel jamais je ne serais tombé de mon propre chef. Mais baste, prenons un ticket pour le temple des terreurs frelatées, je ne refuse jamais une expérience, même garantie minable sur facture.

Et nous voilà propulsés dans un tunnel noir comme l'enfer. J'ouvre le chemin, comme de bien entendu, et les 3 nanas entament un concours du plus beau cri hystérique, du plus conventionnel effet. Des ficelles censées imiter des toiles d'araignées nous glissent le long du visage, des rires démoniaques résonnent, avec un max de réverb', des spots verts ou violets flashent de grandes chauves souris qui remuent les ailes, agitées évidemment par des employés que l'on entend se déplacer dans des couloirs parallèles au notre. Les filles en rajoutent tant qu'elles peuvent, dans la peur feinte. Tout ça n'est qu'un alibi pour se coller à moi, me tripoter partout, me frotter leur poitrine dans le dos. Des squelettes font cliqueter leurs os, agitent leurs chaines et les filles se relaient pour me serrer dans leurs bras en me hurlant dans les oreilles : J'ai peeeeuuuurrr, Saoulfifre, sens comme mon cœur bat ?

Quel traquenard ! Voilà un escalier non prévenu, je me casse la margoulette, elles en profitent pour se coucher carrément sur moi, leurs gestes, soi-disant incontrôlés, se précisent, le viol, en cette époque lointaine, n'encourt pas encore la cour d'assises et elles en profitent, ces vierges folles ! Je me débats, me relève et essaye d'écourter le circuit des fantômes aux yeux verts étincelant sous le drap, des draculas aux dents rouges et des minettes à la sexualité surexcitée par l'obscurité et ses frissons.

Revenus à l'air libre, nous accélérons les adieux. Le lendemain au collège, j'aurai à supporter leurs sourires pervers, ces pucelles passeront l'année à ricaner sous cape en me lançant leurs œillades inopérantes car j'étais déjà irrémédiablement tombé amoureux ailleurs que dans leurs rets.

Tout ce que je peux vous affirmer sur cette "Maison Hantée", c'est que Satan l'habite !!!

mardi 8 septembre 2009

Tant-BourrinL'île aux enflures

Voici une petite chanson parodique, inspirée par l'actualité et dédiée à tous les affamés de fric sans morale qui ont gardé une âme d'enfant.

Enfin, une âme d'enfant gâté pourri, s'entend !




L'île aux enflures

Une parodie de Tant-Bourrin
d'après "l'île aux enfants" (Christophe Izard/Roger Pouly)


Téléchargeable directement ici



Voici venu le temps
Du fric triomphant
Dans l'île aux enflures
On s'enrichit à coup sûr
C'est le pays mafieux
Des traders véreux
Des banquiers pourris
Qui t'prêtent plus un radis

Ces pillards
En costard
Ne manquent pas du tout d'imagination
Pour que tout
Autour de vous
Sente la crise, la merde et la récession

Voici venu le temps
Du fric triomphant
Dans l'île aux enflures
On s'enrichit à coup sûr
C'est le pays mafieux
Des traders véreux
Des banquiers pourris
Qui t'prêtent plus un radis

Les smicards
Les zonards
Sont interdits de séjour dans cette île
Les bonus
Les petits plus
N'ont sûrement pas pour but d'emplir leur sébile

Voici venu le temps
Du fric triomphant
Dans l'île aux enflures
On s'enrichit à coup sûr
C'est le pays mafieux
Des traders véreux
Des banquiers pourris
Qui t'prêtent plus un radis

Si vous les
Insultez
Et les traitez d'affairistes immondes
Ils vous chient
Sur les bigoudis
Et continuent quand même à pourrir le monde

Voici venu le temps
Du fric triomphant
Dans l'île aux enflures
On s'enrichit à coup sûr
C'est le pays mafieux
Des traders véreux
Des banquiers pourris
Qui t'prêtent plus un radis

La la la la la la
La la la la la
La la la la la
La la la la la la la...

samedi 5 septembre 2009

AndiamoLe professeur Trougnard

Depuis fort longtemps, les hommes rêvaient de voyages intergalactiques, de parcourir des distances fabuleuses vers d’autres systèmes solaires voire d’autres galaxies.

Mais, hélas, les distances étaient et sont toujours colossales : on parlait d’années-lumière, de parsecs et même de méga parsecs !

Impossibles, les voyages intersidéraux étaient tout simplement impossibles, à peine si l’homme supporterait un confinement de quelques mois afin d’atteindre la planète la plus proche de nous, soit Mars. En regard des distances cosmiques, c’était encore le paillasson de la porte de la porte palière !

Même si on avait inventé un moteur capable de propulser un engin à une vitesse proche de celle de la lumière, il aurait fallu des années, ne serait-ce que pour approcher les étoiles les plus proches, et peut-être découvrir d’autres systèmes solaires, et par là-même une planète susceptible d’accueillir la vie.

Diplômé de la faculté de Bobinchgrad, maître de conférence intermittent et bénévole, titulaire d’une chaire vendue en leasing avec option d’achat à l’école très primaire de Boubou-lèz-Ridelles, le professeur Augustin Trougnard tentait, depuis de nombreuses années, de résoudre le complexe problème du voyage intergalactique sans efforts.

Puis, un matin, alors que sa tartine de confiture était tombée sur son pied, au lieu de se baisser pour la recueillir, il leva le dit pied afin de saisir plus facilement la tartine gluante…

Et là, tel Newton prenant une pomme sur le coin de la tronche, Papin regardant benoîtement le couvercle de sa bouillotte et enfin Archimède ayant l’humide révélation dans sa baignoire (si il avait pris une douche, ce brave Archie, on était baisés !), Augustin s’écria : EUREKA !

J'vous d'mande un peu : à quoi sont dues les grandes inventions ? Un pithécanthrope qui balance deux silex... Et TOC, il invente la pétanque (n'est-ce-pas T-B ?) ! Un berger qui oublie son casse-dalle dans une grotte... Et TOC, merci le Roquefort ! Un savant british qui trempe son doigt dans l'bouillon d'culture... Et TOC, la pénicilline !

Mais bon, revenons à Augustin et à sa tartine. L’idée était là, le trait de génie : si tu ne peux te déplacer dans l’espace, fais en sorte que ce soit l’espace qui se déplace à toi !

C’était tout con, encore fallait-il y penser ! Il se leva derechef, courut jusqu’à son bureau, saisit une craie "Robert" (les seules qui vaillent) et face à son grand tableau noir (il détestait les ordinateurs, ainsi que toutes les choses en "eur", son quatre heures, son percepteur, sa sœur…) et se mit à le couvrir de formules toutes plus complexes les unes que les autres, charge à son assistant de se coltiner les calculs, Augustin était le savant, l’autre l’épicier !

Oh ! Bien sûr, par le passé quelques hurluberlus avaient bien délirés, l’un d’eux avait même raconté avoir transformé une machine à laver à chargement frontal (Lavo 1200 speed) en engin interplanétaire… Foutaise.

Après plusieurs mois d’efforts et quelques essais peu probants, on raconta même (racontars de pisse-copies) que quelques téméraires ou simples d’esprits, tentés par l’expérience et soucieux de laisser leur nom gravé sur l’autel de la postérité (où vais-je chercher des conneries pareilles ?) n’étaient jamais revenus et erraient dans la quatrième dimension, ou dans un univers parallèle, et comme deux parallèles ne se rencontrent jamais ou presque, à condition de rester bien droites, on ne risquait pas de les revoir de si tôt.

C’est le théorème de Tallès : par un point pris hors d’une droite on ne peut mener qu’une seule parallèle à cette droite.

Moi je dis que ça dépend, j’en veux pour exemple : vous tracez une jolie ligne droite à Aubervilliers, puis vous faites un point une heure plus tard à Senlis, vous n’aurez jamais le bras assez long revenu à Aubervilliers, pour tracer la parallèle partant du point situé à Senlis, non mais !

Enfin un beau matin de juin, la machine était là. Cette fois, Augustin Trougnard en était sûr : tout était au point, on allait voir ce qu’on allait voir, la machine à courber l’espace temps allait révolutionner l’avenir, elle atterrirait là où la main de l’homme n’avait jamais mis le pied !

Séraphin Poileau avait été choisi pour être le premier à tenter l’incroyable aventure, il ne s’agirait que d’un tout petit essai, devant le mener aux confins de notre système solaire, un voyage de quatre heures tout au plus, lui avait-on assuré.

Si on avait dû utiliser les antiques fusées des années mille neuf cent quatre-vingt dix, il lui aurait fallu des années pour accomplir l’aller-retour. Simple supposition, car imaginez la quantité phénoménale de bouffe et d’eau qu’il aurait fallu emporter, même en recyclant, et en buvant sa propre pisse… Dans les années 2020, un équipage s’était retrouvé avec un filtre en partie défaillant lors d’une mission sur la Lune : durant quinze jours, leur eau avait eu le goût de pisse ! La gueule des épouses à l’arrivée quand les astronautes ont voulu rouler une pelle à leurs chères et tendres ! Pourtant, deux mois sans elles, ça ouvre l’imagination, non ?

Séraphin Poileau :

-Age : 35 ans.

-Marié conjointement de façon anarchique et en pleine conscience à Frénégonde Chapoutier.

-De cette union ô combien prolifique et féconde naquirent deux enfants : Aglaé, 6 ans, et Sidonie, 4 ans.

Il est l’heureux élu, retenu surtout pour son inconscience persistante, coutumière, et rédhibitoire.

Assis dans la capsule, des bretelles neuves, une musette en toile de Jouy passée en bandoulière, dans cette musette : un sandwich jambon-beurre, une chopine de rouge, une cigarette mal roulée. Il attend le top départ.

Derrière le hublot, le professeur Augustin Trougnard lui fait un sourire un peu crétin, il ne sait trop quoi dire en cet instant solennel, il lui faut absolument prononcer une phrase, un truc qui restera dans la postérité. Soudain, une fulgurance :

-A LA REVOYURE ! lance-t-il. Voilà une phrase que l’on gravera dans le marbre de l’acier pour les siècles à venir.

Une esquisse de salut militaire, un geste sec, Augustin vient d’appuyer sur le gros bouton rouge en forme de nez de clown. Les hautes autorités avaient pensé que ça dériderait l’atmosphère (elles pensent à tout les hautes autorités, vous avez remarqué ?). Un petit nuage bleuté entoure la capsule, l’image devient floue, l’intense champ magnétique brouille l’écoute (OUI, y’en a une), une vilaine odeur d’ammoniaque envahit la pièce, puis l’engin disparaît !

Toute la salle applaudit, comme en Amérique, même si quelques minutes plus tard tout pète ! Ils applaudissent, ils sont con… tents.

Solennellement Augustin se tourne vers l’assistance :

-Messieurs, rendez-vous ici même dans vingt-deux ans, quatre mois et cinq jours, afin d’accueillir notre héros Séraphin Poileau…

Ce qu’on n’avait pas dit à ce brave Séraphin, et pour cause, c'est que si le voyage pour lui ne durerait que quatre heures, par contre pour ceux restés sur terre, le temps continuerait de s’écouler normalement, soit plus de vingt-deux ans ! Einstein l’a parfaitement démontré dans son ouvrage "Oui-Oui et l’horloge magique".

C’est long vingt-deux ans, quatre mois et cinq jours, il risquait fort de ne plus reconnaître les siens ! Mais quelle importance en regard du grand pas qu’il venait de faire franchir à la science ?

mercredi 2 septembre 2009

Saoul-FifreVivement la rentrée

Avachis sous la canadienne
Au camping du Gai Montagnard
Papa, sa meuf, mon oncle et la sienne
Deux semaines qu'on en a marre.

On attend que l'orage s'écarte
Mais Miss Météo est mal lunée
En ronchonnant, ils trichent aux cartes
Et prends ça pour t'apprendre à chialer.

J't'envoie mes bisoux les plus doux
Partage avec le chat
Je t'aime, je t'aime plus que tout
Les congés c'est vraiment pas çà.

Dedans la grosse caravane
Au camping des Flots pas vraiment bleus
Le beau temps est toujours en panne
Ça rend pas le touriste joyeux.

On attend que la grêle s'arrête
Le ciel gris va jusqu'à l'horizon
Entre Papa, Maman ça pète
Et c'est moi qui reçoit tous les gnons.

J't'envoie mes bisoux les plus doux
Partage avec le chat
Je t'aime, je t'aime plus que tout
Les congés c'est vraiment pas çà.

Sous un grand parasol en paille
Dans un club méditerranée
Il me tarde que je m'en aille
Retrouver ton mignon petit nez.

On est tous en sueur, on étouffe
On attrape des coups de soleil
À peine on bouge, on perd son souffle
Je languis de voler ton sommeil.

J't'envoie mes bisoux les plus doux
Partage avec le chat
Je t'aime, je t'aime plus que tout
Les congés c'est vraiment pas çà.

Sur sa feuille de nénuphar
La grenouille fait du pédalo
Quand c'est de l'eau qui tombe, elle se marre
Quand il fait chaud, elle saute à l'eau.

Elle va voir son copain au chômage
Ils font l'amour sous les ajoncs
Puis ils font des courses à la nage
En poursuivant les moucherons...

dimanche 30 août 2009

Tant-BourrinLe Blogbodico (10)

Aimant les comptes aussi ronds que le Souf' un soir de cuite, voici la fournée n°10 du Blogbodico.

Oui, n°10, car avant ce tome flambant neuf, il y a eu les tomes numéros 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 !

Je vous laisse donc découvrir le tome nouveau, un peu plus court que les autres (été oblige !)... Un tome-pouce, quoi ! :~)




Barreaumètre : (n.m.) Instrument servant à mesurer la taille des sexes masculins en érection. Mon Roger, le samedi soir, il fait souvent péter le barreaumètre, mais c'est toujours signe de précipitation : ça dure moins d'une minute.


Boissoneuse pâteuse : (n.f.) Bouche sujette à une sensation désagréable d'enduit muqueux sur la langue, suite à une beuverie. - Eh, le Roger, tu viens prendre un coup au bistrot ? - Non, j'ai un peu trop bu hier au soir et j'ai la boissoneuse pâteuse. Et comme j'y ai claqué tout mon blé, je me suis pris une avoinée par la Germaine !


Chaude-peace : (n.f., anglicisme) Volonté de paix manifestée de façon claire et exubérante. Les manisfestants ont défilés en faveur de la chaude-peace dans le monde en chantant "give peace a chancre". (Antonyme : guerre froide)


Dance-floor intestinal : (n.m., anglicisme) Piste de danse fréquentée par des vacanciers incontinents dans les pays où sévit la turista. Le port de bottes est conseillé sur un dance-floor intestinal.


Hebdomaderche : (adj.) Qui se livre à la copulation une fois par semaine, généralement le samedi soir. Mon Roger, il est hebdomaderche, sauf les fois où je suis menstruelle.


Pompier-toilettes : (n.m.) Fellation pratiquée dans un lieu d'aisance. Je sais, je n'aurais pas dû faire un pompier-toilettes à Jean-Kévin hier au soir, mais j'étais complètement torchée.


Sidérorgie : (n.f.) Débauche sexuelle sidérante par la vigueur des participants. Il se livrait avec tant de vigueur à la sidérorgie qu'on l'avait surnommé "Bite d'acier".


Zizig-zag : (n.m.) Déviation pénienne. C'est chiant : j'ai un zizig-zag et, chaque fois que je vais aux urinoirs, je pisse sans m'en rendre compte sur les pieds du voisin.

jeudi 27 août 2009

AndiamoDécalage

Ce sont les vacances, on se détend, on lit la presse PIPIPEULE, vous n’avez pas envie de vous prendre le chou ?

C’est bien, moi non plus, alors vous connaissez la formule : un peu d’encre de Chine, de l’aquarelle, des écolines…

Avant de tripoter vos claviers : essuyez vos mimines pleines de sable sur le dos du chien ou du chat. Vous n’avez pas d’animaux ? Les cheveux de vot’ bell’ doche feront l’affaire. Elle n’en n’a plus ? J’peux rien pour vous !

On connaît tous TINTIN et son fidèle MILOU, ainsi que les personnages qui les accompagnent. Mais si on mettait ces personnages dans des vignettes différentes ?

Ils sont là bien rangés depuis des décennies, chaque album et ses 62 pages, chaque vignette bien à sa place, certains personnages ne se sont jamais croisés.

Alors j’ai voulu mettre un peu de fantaisie, faire grandir Milou, un peu comme CLIFFORD le gros chien rouge (l’une de mes p’tites fillottes en raffole).

Ou encore envoyer Rascar Capac la momie des sept boules de cristal, sur la Lune.

J’ai aussi imaginé le paquebot AURORE, celui qui emporte TINTIN vers l’arctique à la découverte d’un aérolithe.

Et puis enfin l’improbable rencontre de Ranko le gorille de l’ÎLE NOIRE, avec le Migou de TINTIN au Tibet, le meilleur album de la série à mon sens.

Ch'tiots crobards : Andiamo 2009 pour Blogbo.

C’était juste un p’tit clin d’œil avant la rentrée, comme ça pour vous faire un peu sourire et rendre (peut-être) la pilule de la reprise moins amère.

Et puis je voudrais pousser un p'tit coup d'gueule : je ne fume plus depuis de nombreuses années, la fumée m'incommode, je suis très content que l'on ne fume plus dans les restaurants MAIS...

Qu'on arrête d'être cons, supprimer la sempiternelle pipe de MONSIEUR Jacques TATI, ou bien la clope de Jacques Prévert, Michel Audiard, André Malraux, ou celle de Humphrey Bogart, mais où va-t-on ?

Est-ce que l'on va demander aux studios HERGE de "gommer" la pipe du capitaine Haddock ? Le mettre au Vichy-fraise ? Supprimer Nestor Halambique personnage du "sceptre d'Ottokar" et fumeur invétéré ? Les cigares de Rastapopoulos ? Prohibés ! On a déjà remplacé la clope de Lucky Luke par un brin d'herbe qu'il machouille, mais c'est suspect ça ! Et si c'était du Hach ? Le cornet acoustique du professeur Tournesol : politiquement incorrect ! Il n'est pas sourd, un peu déficient auditif c'est tout, alors on va lui coller un appareil dans les portugaises, et BASTA !

L'obèse dans "l'oreille cassée" qui se fait traiter de grrrrros plein d'soupe, par un perroquet, quelle horreur ! Il est juste affligé d'une petite surcharge pondérale.

Et enfin gommer la phrase dans "Tintin au Congo" :

-Moi plus jamais y en verrai BOULA-MATARI comme Tintin.

Il faut gommer nos petites disgrâces, nos vieilles manies, nos tics et nos tocs, tous égaux, plus de : tiges de freins, de bouboule, de vieux cons, de dégarnis du couvercle, de gros pifs ni de p'tites bites (pourtant y'en a), effacés les : jambes de laine, les employés du gaz (rapport au compteur dans l'dos), les quatre et trois, les ceusses qui en ont un tour sur la meule, une araignée dans l'beffroi, j'en passe et des meilleurs.

Tout ce beau langage imagé, dont je fus victime à cause de mes carreaux qui auraient pu servir de hublots au marin à bonnet rouge.

Perso j'étais miro comme une taupe avant une intervention, et je disais à qui voulait l'entendre :

-Je vois clair comme un tas d'sable, et j'étais le premier à en rire, prenons exemple sur Gilbert Montagné, quelle force !

Enfin pour conclure : ce sera chouette... Enfin des albums aseptisés !

lundi 24 août 2009

Saoul-FifreJe t'aime

Notre amie Cassandre a décidé de sponsoriser le blog de Java , sa chatte fidèle qui est un peu son Milou à elle "car Java, la brav' Java suit Cassandre partout...". Cette décision a réactivé chez moi des souvenirs personnels.

Je vous ai déjà raconté ici et comment nous avons trouvé, sauvé et recueilli cette petite boule noire de Zoulikha, mais celle-ci n'est pas restée l'avortonne mal aimée de ses débuts. Elle a poussé puis est devenue cette grande chatte aux yeux d'hypnotiseuse devant lesquels je redevenais un petit enfant.

En personne honnête et reconnaissante envers la gamelle et le toit que nous lui offrions, elle débarrassait la maison de ses souris. Probatoires, elle nous déposait ses proies sur le seuil , les torturait un peu en leur donnant de faux espoirs d'échappée belle puis les rapatriait au cœur de ses griffes si élégantes où elles mourraient de peur simple, généralement.

Ayant horreur du gaspillage, elle les dépeçait alors en mâchant consciencieusement.

Le reste du temps, elle vivait sa vie libre de chat, nous avions un assez grand jardin mais elle ne dédaignait pas explorer aussi ceux des autres. Elle regagnait ses pénates le soir généralement, miaulait pour qu'on lui ouvre et rejoignait le coin du feu, quelquefois pour se lover en ronronnant dans nos bras, quelquefois préférant un solitaire tête-à-tête avec les flammes.

Car le feu est un vrai frère pour le chat. Leurs yeux pétillent de la même force, ils ont en commun le calme et la vivacité, la douceur et la cruauté, la chaleur de la tendresse et le sadisme de la brûlure. Le chat accepte le feu dans sa famille, il le contemple, l'adule, semble échanger avec lui, s'y reconnait et un tremblement - de crainte ? - ébroue son habit de noirceurs.

Une autre sorte de feu s'emparait épisodiquement de ses entrailles, elle disparaissait alors de longs jours. Des hurlements à la sauvagerie inouïe emplissaient nos nuits. De longs cris rauques pétris de douleur et de plaisir, saisissant nos âmes soi-disant civilisées d'une espèce de souvenance animale.

Elle revenait comblée de ses sabbats nocturnes sur les toits, son regard suivait une direction, une ligne identique à celle que ses semblables avaient suivie un jour, elle prenait des habitudes casanières, son rythme s'alentissait, on la vit fouiller les armoires, les recoins, à la recherche d'un nid possible, sécurisant, mais elle ne le trouva pas chez nous.

Enfant abandonnée par la faute des hommes, elle en gardait à leur égard une défiance insurmontable. Certaine de notre amour pour elle, elle avait moins de certitudes concernant notre acceptation de ses futurs petits, la chair de son sang, ce qui n'était pas bête du tout, pour une bête, si l'on me permet cette antanaclase.

Elle sortit et nous ne sûmes jamais où elle se cacha pour les mettre au monde. Elle nous les ramena, un par un, par la peau du cou, une fois bien démarrés, pour la présentation au reste de la famille, avec quand même une légère appréhension au fond des yeux, quand à notre réaction.

Celle-ci fut chaleureuse, enthousiaste, voyeuse, tripoteuse, mais la sélection naturelle frappa. Il y eut des morts, on nous demanda des chatons à adopter et il n'en resta plus qu'un avec Zoulikha, adorable et bien costaud.

Une chaude après-midi d'été, je les entendais jouer tous les deux dehors. La mère apprenait au petit à faire de l'équilibre sur mon échelle qui était couchée, appuyée contre le mur. Je sortis un peu plus tard, l'échelle au centre de gravité instable avait basculé sur le petit. Je soulevai l'échelle, il m'apparut bien écrasé et surtout bien immobile. Sa mère se mit à le lécher, à le lécher, à le lécher de partout, elle le retournait à grands coups de langue, de patte, de l'air de lui dire : "Ho, tu te réveilles ?".

Elle lécha ainsi son bébé pendant un long moment, avec tout son amour de mère, et puis quand elle sentit qu'il devenait froid, que malgré tous ses efforts la vie avait définitivement quitté ce petit corps, toujours aussi imperturbable, elle entreprit de le manger.

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