Blogborygmes

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lundi 28 janvier 2008

AndiamoMa p'tite école

Huit heures moins le quart. Depuis le bas de l'escalier qui mène aux chambres, ma mère crie : "debout, c'est l'heure !" Je me lève, encore "ensuqué", descend, "b'jour m'man", bisou, le chocolat m'attend, bien chaud, le pain posé sur la table, je m'en coupe deux belles tranches dans le sens de la longueur, du beurre étalé généreusement, et je mâche consciencieusement, j'ai la dalle comme tous les matins.

Un coup de gant de toilette sur le museau, la brosse à dents pour le principe, je m'habille. Le vieux Godin ronfle bien, douce chaleur... Je lace mes galoches, laçage vite fait, pas d'oeillets dans ces pompes, des crochets ! J'enquille mon cartable, une "gibecière", pour avoir les mains libres.

Vachement esquintée cette gibecière ! Pourtant, chaque fin d'année, elle passait à la remise en état chez le "bouif", on ne gaspillait pas, ce sac c'était aussi un "de mon frère", la seule marque que j'ai eue étant mino.

"Au revoir m'man", re-bisou, je tire la porte d'entrée, le froid me pique le visage, la porte reste ouverte un petit moment. "Ferme vite, crie ma mère, je ne chauffe pas pour la rue !"

Après avoir descendu la volée de marches du perron, je me retrouve dehors. Le portillon ne ferme pas à clé, inutile à cette époque.

Je passe chercher un copain, histoire de jouer aux billes en chemin. Pour s'amuser tout en avançant, on faisait une partie de "tique et patte". Ce jeu consiste à lancer une bille, le copain lance la sienne, s'il touche la vôtre, il la gagne, par contre, s'il ne la touche pas, mais qu'entre sa bille et la tienne il y a une patte, c'est à dire la distance qui sépare l'extrémité de ton pouce de celle de ton auriculaire, c'est gagné !

J'peux te dire qu'on les a écarté les pattes, à s'en péter les jointures ! Ça permettait de jouer tout en marchant et de se distribuer quelques marrons quand y'avait contestation !

Nous arrivons devant l'école après être passés devant le déballage du brocanteur. Wah, tous ces trésors ! De la vis de trois en passant par le couteau Suisse un peu ébréché, le cheval à bascule tenant sur trois pattes, jusqu'au vieux vélo vachement bien rouillé, la caverne d'Ali Baba ! Plus loin, le charcutier. Chaque année, il édifiait un château de saindoux pour les fêtes de Noël, je trouvais ça vachement beau, le Michel-Ange de la charcutaille, le Rodin de la matière grasse, le Bourdelle de la cochonaille !

Un peu plus haut encore, la boulangerie, avec ses confiseries. J'vais pas parler des "mistrals gagnants" : à cette époque y'en avait pas encore ! Par contre, les rouleaux de "zan" avec la perle dragée au centre, rouge, verte, bleue, ou blanche, et les "couilles d'âne" - nous on les appelait ainsi -, c'était des confiseries à la noix de coco, une petite "chapelure" de sucre de différentes couleurs sur le dessus, elles se présentaient sous forme de boules de la grosseur d'une balle de ping-pong, vachement bon.

En face, l'herboristerie. Il n'y en a pratiquement plus. En entrant... le parfum : la réglisse, l'anis, le tilleul, la verveine... Quel bouquet ! Fascinants, tous ces bocaux en faïence, alignés, avec les plantes dessinées dessus, et le nom latin du contenu.

Nous, on achetait, rarement toutefois, un bâton de réglisse, c'était un morceau de bois de la taille d'un crayon, on suçait cette "racine", mélangée à la salive, la réglisse présente dans le bois, nous parfumait agréablement la bouche, ça n'était pas excellent, mais ça ne coûtait pas cher, et puis des petites esquilles se fichaient entre deux dents, alors à l'aide de la plume "Sergent-Major" on retirait l'intruse, puis on crachait copieusement.

Ecole JEAN JAURES, une petite pancarte, à droite de la porte, indique le nom de l'établissement. Deux corps de bâtiments : à droite, les filles, à gauche, les garçons, pas de mixité, années quarante obligent.

Une grande cour, plantée de platanes, toutes les classes en enfilade, pas d'étages. Pour accéder aux salles, un petit perron, quatre ou cinq marches. Au fond, le préau. En entrant, tout de suite à droite, le bureau de Monsieur le Directeur ! Ça ne plaisantait pas, t'aurais vu l'allure, kif-kif Basil Basaroff, le marchand d'armes dans Tintin "l'oreille cassée" tu veux la page ? Bon, la 33, feignasse !, copie conforme ormis le bada, mon Basil à moi portait un chapeau mou.

Tous les instituteurs possédaient un sifflet à roulette pour rappeler à l'ordre, au cours des récrés, le dirlo, lui, un sifflet en laiton, au son aigu et strident. Il sifflait le début et la fin des récrés, le début et la fin des classes, et ne laissait à personne cette prérogative. Quand il entrait en classe, debout, garde à vous ! Même l'instit n'en menait pas large : le patron c'était lui ! En cours d'année, il faisait même des contrôles de connaissances, histoire de voir si les enseignants faisaient bien leur boulot.

Fin de récré, coup de sifflet, tous les mômes STOP !, des clébards à l'arrêt, en rangs par deux, devant les classes, les distances, mais si, un bras entre toi et le voisin situé devant, un bras avec le voisin de gauche.

Avancez ! Nous montons les marches du perron et entrons en classe. L'odeur de la craie, du charbon. On se chauffait à l'aide d'un énorme poële, l'encre dans les petits encriers de faïence, inclus dans les pupitres à deux places, noirs, avec gravés au couteau, tous les noms des générations de cancres qui s'étaient succédés. A chaque extrémité de la salle, une porte vitrée ouvrant sur la classe voisine, en face, l'estrade, le grand bureau du maître, et derrière, le tableau noir.

Aux murs, des cartes immenses, les sympathiques, avec les noms des montagnes. C'est nous qu'on avait le plus haut sommet d'Europe na! 4807 mètres le Mont-Blanc (c'est nous qu'on : pas Français ? et alors...). Dans l'cul les autres pays avec leurs collines à la con ! Les fleuves et leurs affluents avec leurs jolis noms : Garonne, Loire, Rhône, Ardêche...

Et puis la carte vacharde, flippante, la MUETTE ! Plus rien, nada, le désert ! C'est où l'Allier ? Le Mont Gerbier des Joncs ? De quoi gerber, oui ! Ah putain, les engins de torture, j'le prenais quand il voulait aux osselets ou à tique et patte, ce con ! Il m'aurait d'mandé le blase du pote de Mandrake, illico j'répondais Lauthar ! L'ennemi juré de Pif le chien : Hercule ! Le traître dans Blake et Mortimer, sans hésitation : Olrik ! Ça j'savais, mais jamais d'interros sur des sujets intéressants !

La classe commençait par la leçon de "morale". Pas si con que ça, cette leçon, car l'instit lisait une petite histoire, de laquelle nous devions tirer une "morale", résumée en une phrase, que l'on écrivait sous la date du jour. Je pense que la journée commençait plutôt bien, une histoire, ça calmait les gamins, les assagissait, ensuite, arithmétique, dictée, les réjouissances...

Dans les plumiers en bois, vachement bien déglingués, tu penses, le porte-plumes et la "Sergent-Major", quelle saloperie ! Déjà, dans les encriers, on y trouvait des morceaux de buvard, des bouts de craie, etc. Quand tu f'sais pas gaffe, tu piquais l'un de ces morceaux indésirables, et PAN sur le cahier, putain le paté, l'engueulade ! Et puis, après la guerre, le papier des cahiers était pourri, des bûches dans le papelard, alors quand la plume refusait l'obstacle, une magnifique trainée, une rafale de taches. Moi je trouvais ça joli, mon côté artiste en somme, mais pas au goût du maître : réprimande, punition, je n'ai pas eu d'instits frappeurs, juste une grosse gomme qui volait parfois.

L'heure du déjeûner arrivait, je mangeais à la cantoche, il fallait apporter son pain et sa serviette, souvent le premier roulé dans la seconde et bouffé avant midi, dans la case, en loucedé, ne pas se faire gauler ! Des grandes tables, cinq d'un coté, cinq de l'autre, des bancs. Malheur au dernier, assis au bout, en "porte à faux", car parfois, avec un synchronisme parfait, quatre gamins se levaient d'un coup, et le malheureux assis en bout, basculait et se retrouvait le cul par terre !

Tous les jours : la soupe, vachement consistante, ça t'nait au corps, ça tenait la cuillère debout aussi ! Le meilleur jour, celui des petits suisses, les catapultes ! On plaçait le petit fromage sur le manche de la cuillère, creux de l'icelle tourné vers soi, s'écarter légèrement, baisser la tête, puis avec le poing, frapper vigoureusement : le suisse part comme un V2, magnifique parabole, avec un peu de bol il finit sa course sur la tronche du premier de la classe ! Aucun danger pour moi, j'étais peinard de ce côté-là !

L'été, quand tu avais soif, pas de robinets, ni de quoi s'abreuver dans la cour, alors on se rendait aux pissotières, c'était une grande ardoise, sans séparations, on se voyait pisser, on pouvait voir celle du voisin, on jouait à "qui pisse le plus haut", tous les garçons ont fait ça ! On voulait tellement être le plus haut, que parfois le jet te retombait dessus, mouillant le tablier, noir bien sûr, ou les godasses.

Au-dessus de la pissotière, une rigole en ardoise dans laquelle coulait en permanence de l'eau, comme nous étions trop petits pour atteindre la rigole avec notre bouche, nous mettions deux doigts dans "l'abreuvoir", l'eau coulait le long de notre main, puis du bras. Nous avions pris la précaution de retrousser une manche, alors nous pouvions boire, aspirant la flotte qui coulait sur nous. Fallait être blindé, parce que t'aurais vu la mousse bien verte qui poussait là-dedans, plus toutes les saloperies que les mômes balançaient !

Je ne sais pas vous, mais nous, à l'école, on s'appelait par nos patronymes, même les instits. Jamais à l'école on ne m'a appelé par mon prénom ! Dans la cour, quand on s'interpellait, c'étaient des : "Ho Durand ! Ho Dagonio ! Ferrand !" Ça a changé ?

A quatre heures trente, la classe s'achevait, je rentrais, parfois un peu inquiet, des lignes à faire signer, pour "bavardage" intempestif, AIE AIE AIE ! Les devoirs du soir, un p'tit exercice du "BLED", un p'tit problême, vite expédié tout ça, tu penses !

Le quatre heures dans une main, morceau de pain de deux livres, du beurre, quatre ou cinq morceaux de sucre ou du chocolat en poudre, parfois de la confiture "maison", ou encore, vachement bon, une banane écrasée sur le beurre, MMMHHH ! Dans l'autre main, des billes ou mon lance-pierres, des fois qu'un piaf suicidaire passe à proximité ! Rassure-toi, j'en ai pas beaucoup mouché !

On se retrouvait encore dans notre rue, pas bien longtemps, hélas, en semaine, ma mère ne me laissait pas trop traîner...

Ma p'tite école ? Rasée ! Laminée ! Seuls les platanes subsistent encore. En lieu et place... un jardin d'enfants. Les mômes occupent toujours le terrain !


Petit jeu Blogbo : Je figure sur cette photo, trouvez où !
Le premier qui enverra une bonne réponse se verra offrir un voyage TERRE-LUNE (aller)

samedi 26 janvier 2008

Saoul-FifreEt c'est ainsi que Tant-Bourrin est grand

Tant-Bourrin naquit à Nagasaki un matin de Février embaumé de ces fleurs d'amandiers dont le blanc juste titillé de rose affole les abeilles au sortir de l'hiver.

Oui non mais là, je regrette, mais les faits renâclaient à se soumettre à l'épreuve de la poésie. L'espèce des abeilles s'était éteinte depuis lurette et les troncs noirs et secs des amandiers se découpaient, minéraux, sur fond de volutes de fumées en niveaux de gris. Un air vicié, huileux, chargé de molécules teigneuses aux effets couvrant le spectre de tous les délires progressistes, et d'une teneur en éléments radioactifs apte à faire flipper grave les os de la mort de sa mère, lui défripa sauvagement les alvéoles pulmonaires et lui arracha un long cri démuni de toute harmonie tandis que son anus égrenait un chapelet de miconium à l'aspect désopilant.

Notre Tant-Bourrin était à pied d'œuvre, déjà tout nanti des atouts qui devaient nous le rendre si attachant, notre attaché-culturel-au-fond-de-la-casserole, en quelque sorte...

Sa mère exhuma un sein bien nourri d'un bon vieux soutif des familles à froufrous, spécialement acheté pour faire baver le personnel médical de la maternité. Elle en présenta la turgescence humide au bébé braillard qui louchait dessus avec un air inquiétant de sérial téteur, mais dès qu'il fit mine d'attaquer la mise en bouche, elle remballa son pack de lait cru en lui disant : "T'es pas ouf ? Mais c'est qu'il me mordrait, ce chiard ! T'auras ton bib de bouillie fayots / topinambour et c'est tout !"

Ce qui nous donne une sérieuse piste explicative sur sa future sexualité exclusivement oro / anale

À l'âge où les porteurs de couches s'adonnent à leurs odieux gazouillis, le petit Tant-Bourrin avait déjà trouvé son concept-maître des "Blogborygmes" à base d'onomatopées baragouinées

Dans les bacs à sable, son charisme inexistant et sa tronche binoclarde de premier de la crêche en fit le souffre-douleur idéal. Ha il en a pris des coups de râteau et des entailles au tesson de bouteille ! Sont-ce ces expériences qui lui ont donné ce style incisif, cette tendance à la taquinerie et cet humour en demi-teinte rouge sombre ?

Ayant mis de longues années à maîtriser son transit intestinal, et n'arrivant d'ailleurs pas à éviter quelques rechutes, et les mictions nocturnes ou impromptues suite à un trop plein émotionnel faisant partie d'un quotidien lourd à assumer, les quolibets de ses camarades tortionnaires ne lui manquèrent pas. Il sublima par la suite ces souvenirs dévalorisants dans un opus sentant fort le vécu

La maturité venant, les miasmes nucléaires ayant entouré sa naissance semblèrent s'être trouvé des petits gênes à faire muter. Tant-Bourrin se transforma en monstre littéraire. Un mutant de la plume. Hosannah, un poète nous est donné ! Enfoncé, Queneau le mesquin, avec ses ridicules cent mille milliards de poèmes

Il nous fit ce cadeau inestimable dont on ne peut se lasser...

Régulièrement, quand le moral est au plus bas, qu'on ne sait plus à quel sein se nouer, quel chemin emprunter, la médication que je conseillerais, au risque de me voir poursuivi pour exercice illégal de l'hilarité, et ce, sans limitation aucune dans la posologie, serait de vous replonger dans ses "Leçons de vie", par exemple celle-ci ?

Car c'est ainsi que Tant-Bourrin est grand

jeudi 24 janvier 2008

ManouLe miroir aux alouettes






Ingrédients :

- 1 canapé
- 1 télévision
- 1 voisin patriote
- 1 pizza hut
- 2 rosiers


Préparation :

Ce soir, la femme/l’homme de votre morceau de vie vous a promis la lune. Non seulement il/elle rentre les mains vides, sans la moindre petite place eurodisney, mais il/elle s’écroule sur le canapé devant la télévision, victime, comme vous, de sa pratique épuisante du mouvement perpétuel.

Ne vous laissez pas abattre. Inspirez profondément puis effectuez 3 roulades avant. Vous être à présent devant la porte de la cuisine. Posez la main sur la poignée de la porte et entrez. Inspirez à nouveau profondément pour vous rendre compte que la poubelle a besoin d'être sortie. Sortez la donc et croisez votre voisin patriote, celui qui chante la marseillaise en pédalant sur son vélo d’appartement. Gratifiez-le d’un roucoulement en guise de salut. N’allez pas jusqu’à lui picorer dans la main.

De retour dans votre salle à manger, vérifiez l’incapacité manifeste de la femme/l’homme de votre morceau de vie ne serait-ce qu’à manipuler la télé-commande. Constatez votre propre déliquescence. Ecoutez les cris affamés de votre progéniture commune (ou non,…avec la prolifération des morceaux de vie tout cela devient très compliqué) Il ne reste qu’une solution : vous rendre au pizza hut du coin de la rue.

Contrairement à la fois précédente, ne revenez pas avec une mobylette mais avec deux pizzas. Ouvrez la porte-fenêtre qui donne sur votre jardin de 33 m2 et, d’un magnifique mouvement de lancer de disque, projeter la pizza (face ingrédients vers la ciel) contre les rosiers du mur d’en face. Procéder de la même façon avec la seconde pizza, cette fois en la lançant à l’envers (face ingrédients vers le sol). Vous vérifierez ainsi que la face ingrédients bénéficie d'une meilleure adhérence. Vous vous en doutiez un peu. Rien de mieux qu’une bonne méthode empirique.

Vous pouvez maintenant vous asseoir sur le canapé, aux côtés de la femme/l’homme de votre morceau de vie, et profiter pleinement d'un agréable sentiment du devoir accompli.


Suggestions :

- Vous pouvez remplacer votre voisin patriote par Georges Clooney, la poubelle n'en sentira pas davantage le café.
- En cas de grosse, grosse fatigue, je m’intéresse à la mécanique quantique et je vérifie qu’une pizza peut se trouver sur 2 rosiers différents au même moment.

mardi 22 janvier 2008

Tant-BourrinLe chant du cygne

Les plus fidèles parmi les lecteurs de ce blog (j'ai les noms !) savent combien ils me doivent en matière de culture classique : ils ont encore en mémoire (on n'efface pas un trauma aussi facilement que ça) mes adaptations de Chopin ("Chopin"), de Satie ("Boîtes"), de Saint-Saens ("Aquarium") et, plus récemment, de Haendel ("Ça rebande").

J'ai donc eu l'idée aujourd'hui de ressortir des cartons un de mes vieux enregistrements (que certains, parmi vous, connaissent déjà pour l'avoir eu en exclusivité) qui n'avait pas rencontré son public à l'époque, faute d'une campagne promotionnelle à la hauteur. Après tout, pourquoi ne pas profiter de l'extraordinaire popularité de ce blog (surtout chez les pelés et les tondus) pour donner une seconde chance à ce tube en puissance ?

Et donc, en exclusivité mondiale pour Blogborygmes, voici, écrit par moi-même pour les paroles et par Franz Schubert pour la musique (je le cite, il faut aider les petits jeunes qui débutent), le "Chant du cygne", interprété (comme d'hab') par moi-même, enregistré (comme toujours) par moi-même, mixé (as usual) par moi-même, produit (sans surprise) par moi-même avec un graphisme de pochette réalisé (vous vous en doutez) par moi-même. Un morceau au poil, quoi !

En vente dès aujourd'hui chez tous les bons disquaires au prix unitaire de 999,95 € (ben quoi, il faut bien que je rentre dans mes frais, hein !)... Soyez cools : achetez-le !



Tant-Bourrin - Le chant du cygne

(Paroles : Tant-Bourrin / Musique : Franz Schubert)

Téléchargeable directement ici

Paroles (© Tant-Bourrin)

J'me sens con dans
Cet accoutrement
Déguisé en cygne blanc
[Déguisé en cygne blanc]

Non, c'n'est pas drôle
De jouer ce rôle
Je vais passer pour une folle
[Il va passer pour une folle]

Mais pour être danseur étoile
Faut y laisser des poils
Faut y laisser des poils

Après tout, j'ai bien voulu
C'est bien fait pour mon cul
C'est bien fait pour mon cul

[Il l'a voulu]
[Il l'a dans l'cul]
[Il l'a dans l'cul]
[On lui a foutu]
[Des plumes au cul]
[Des plumes au cul]

Et j'bats des ailes
Noyé de dentelles
La mise en scène est cruelle
[Mise en scène cruelle]

J'trouv' ça duraille
Vingt ans de travail
Et jouer le rôle d'une volaille
[Jouer le rôle d'une volaille]

Mais pour être danseur étoile
Faut y laisser des poils
Faut y laisser des poils

Je n'ai pas su dire non
C'est bien fait, j'suis trop con
C'est bien fait, j'suis trop con

V'là enfin le dernier tableau
Avant le rideau
Un p'tit saut, un dernier soubresaut
Le volatile est mort
Le volatile est mort
C'est pas trop tôt

[Le cygne est mort]
[C'est pas trop tôt]
[C'est pas trop tôt]
[Trop tôt]

dimanche 20 janvier 2008

LorentYellow car peugeot

In the town where i was born, lived a girl who need a car
And she told us of her life, when she had a yellow car
So she moved her ass to the road til she find a yellow car peugeot
And she run on the bitum to catch a yellow car peugeot.
She run fast behind yellow car peugeot
Yellow car peugeot, yellow car peugeot
She run fast behind yellow car peugeot
Yellow car peugeot, yellow car peugeot



Si les paroles diffêrent quelque peu de la version beatlesque originale, je garantis l'authenticité de la photo. Je regrette juste de pas avoir saisi l'expression de la passagère quand elle a aperçu la poursuivante :))

vendredi 18 janvier 2008

AndiamoTronics


Léo Ferré - Chanson mécanisée



Vivent les temps mécaniques
Prend tes claques et tes cliques
Les roses peuvent faner
Dans le coeur électronique
Ça bat pas comme la musique
Qui battait dans l'sablier

Mozart pour faire ses trilles
N'avait ni stylo à bille
Ni plume Sergent-Major
Quand il voulait une plume
Il plumait dans le costume
D'une oie qui passait dehors

Vivent les temps atomiques
Brûle tes vieilles reliques
Le soleil peut s'en aller
Tous les chagrins qu'on empile
Se mettront dans une pile
Pour chauffer ton beau quartier

L'écrivain nommé Voltaire
N'avait pas de frigidaire
Ni même d'électricité
Quand il voulait de la glace
Il attendait qu'hiver passe
Avec son cheval glacé

Vivent les temps fantastiques
Prend la route astronomique
Sans jamais te retourner
Si la faim gêne ta course
Arrête au restau Grande Ourse
Qu'est ouvert toute l'année

Fini le vagabondage
La mer s'est mise en chômage
Les bateaux peuvent flâner
Pour aller en Amérique
Prends l'oiseau mélancolique
Qui ne chantera jamais

Viennent les temps chimériques
Et l'automne mécanique
Avec ses cheveux défaits
Je ne connais qu'un royaume
C'est celui de mes fantômes
Qui ne parleront jamais

Si ma voix microsillonne
Cette chanson monotone
C'est qu'elle est emprisonnée
Ouvre-lui vite ta porte
Et que le diable remporte
Ma chanson mécanisée


J'ai modestement voulu illustrer
ce joli poème de Léo Ferré,
j'espère vous avoir apporté un sourire.
(j'ai dessiné ceci en 1980, bien avant TERMINATOR)











Dessins Andiamo 1980

mercredi 16 janvier 2008

Saoul-FifreLa Terre est poilue comme une boule de pétanque

... ou bien La terre est bleue comme une orange , l'un et l'autre se dit ou se disent. C'est d'Eluard. La seconde, hein ? La première, elle est de Marcel, Marcel c'est un vrai poète, tu verrais les conneries qu'il nous sort quand on joue aux boules, je sais pas où il va les chercher, mais quand il a un petit coup dans le nez, il nous fait pisser aux brayes, le salaud !

Bon alors, j'ai hésité à publier ce billet vu que Abs, que je voulais embaucher comme interprète a calé devant la hauteur de la tâche. J'ai pas tout compris, mais je crois qu'elle considère qu'un poème, ça se met pas en musique. Quand même, l'avis d'Abs, ça m'a fait réfléchir, mais je me suis fait donner l'autorisation tacite par tous les courageux prédécesseurs qui n'ont pas eu peur de déposer des notes sur les plus grands textes : Ferré, Ferrat, Brassens, Beaucarne, Kosma, Debussy... Ho et puis on s'amuse, merde ? Ils s'amusaient pas, les poètes ? Eluard qui prêtait Gala à Max Ernst, c'était sérieux, ça, peut-être ? Quand elle en a eu marre, elle est partie dépuceler Salvador Dali, qui était nettement plus rigolo

D'aucuns se demanderont pourquoi je parle de Gala, c'est parce que c'est elle qui a inspiré ce poème à Eluard :

L'amoureuse

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

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