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lundi 4 mars 2013

AndiamoLe pont

Elle était accoudée à la rambarde du pont des Arts, comme un matelot à son bastingage, une gribelle « Gavroche » posée sur sa tête. Cigarette à la bouche, elle fumait comme un homme, je parle des mecs qui bossaient en usine, la clope toujours collée à la lippe. Car prendre une cibiche dans ses pognes quand elles sont pleines de cambouis, ça gâche le cambouis justement !

Les cadenas bloqués par tous les locdus qui tenaient pour éternel leur amour ainsi verrouillé, alors qu’ils ignorent ces pauvres cons que l’amour a besoin de souffle, d’air, de liberté, d’une paire d’ailes comme une jolie colombe… S’il s’envole ? C’est que tu n’auras pas su le captiver, le nourrir suffisamment et c’est tant pis pour ta tronche, faut savoir leur parler… les étonner… les aimer.

Je m’approchais. Elle était belle, une belle chevelure blonde, et quand elle a tourné son visage vers moi je n’ai vu que ses yeux … verts, et là le choc ! Cette gisquette... Mais ça n’était pas possible, je l’avais rencontrée cinquante balais auparavant ! Du coup j’ai fait tomber la mienne de tige, une gauldo années cinquante sans filtre, la camarde au bout du perlot ? Peut-être, mais alors plus vite !

Elle s’est baissée et m’a tendu ma clope…

- Tiens, on fume les mêmes ! Des cibiches d’homme aurait dit Audiard ! Aujourd’hui, on n’en trouve pas facilement, ainsi je me les procure…

- Au bar-tabac qui fait l’angle de la route de Flandre et de la rue Mathis continuai-je. Le Balto, tu ne changes pas tes habitudes Sylviane. Malgré les longues années, tu ne changes rien, pas même toi !

Elle me regarda avec insistance, fronçant légèrement les sourcils.

- Rémy !… Tu es Rémy, ça y est, je te reconnais ! Putain, ça fait un bail !

- Près de cinquante balais, ma belle amazone !

- Ah oui, tu m’appelais ainsi, je m’en souviens, à l’époque je montais dans un haras du côté de Chantilly.

- A la Chapelle-en-Serval exactement.

- La vache, quelle mémoire ! C’étaient des années bénies, je les ai appelées : « les années baise à l’aise », la pilule, pas encore le sida, alors on s’en est donné à cœur joie, ce qui est pris n’est plus à prendre : CARPE DIEM ! Combien de temps sommes-nous restés ensemble ?

- Quatre mois, douze jours et sept heures…

- La vache, t’avais tenu une comptabilité ?

- Non, mais y’en a qui auraient bien voulu que le carpe vive un peu plus qu’un diem ! Mais toi, Sylviane, tu n’as pas vieillie, c’est quoi ce truc ? Tu débarques d’où ?

- Je suis venu dans mon OVNI, me dit-elle en me montrant un vieux gréement amarré quai Conti, là il est camouflé en barlu, biscotte ça attirerait les curieux. S’en suivit un formidable éclat de rire.

- Je me souviens que tu redoutais septembre à cause de cet hiver dont tu ressentais les prémices, aux premiers vents aigres et aux feuilles qui tombaient. Tu avais horreur des arbres dépouillés, on dirait des squelettes disais-tu… BEURK ! Tu vis où maintenant ?

- En Guadeloupe, je suis venue passer quelques jours à Paris, un coup de nostalgie. On va boire un kawa ? Je crèche à deux pas, un copain qui est en visite à Saint-François chez ses parents m’a prêté sa piaule, il savait que j’avais un peu le blues de Paris.

D’autor elle a passé son bras autour du mien, je suis revenu près de cinquante ans en arrière, sauf que maintenant c’est moi qui ai du mal à la suivre…

- J’habite rue de l’Echaudé…

- Sais-tu où on le met, l’index, dans la rue de l’Echaudé ?

- Dégueulis, dégueulis, voilà l’Evèque qui vomit ! Et nous éclatons de rire en nous remémorant ce poème de Prévert.

C’est à quelques pas, une chambre de bonne au sixième sans ascenseur, elle a grimpé ou plutôt avalé les six étages d’un trait, moi derrière je souffre un peu et souffle beaucoup !

- Mais comment tu as fait ? Près de cinquante balais et tu n’as pas pris une ride ni un gramme d’ailleurs ! Tu vis seule apparemment, pas de mec, pas de mômes ?

- Pas pris un gramme ? En disant cela, elle a retiré son pull, elle est nue dessous. Libertad ! ni mec, ni chiares, pas un mec mais des mecs… Je ne suis pas une nonne !

J’ai tout oublié, le lieu, le temps, mes rides, et tout le reste…

Puis elle s’est levée a allumé une clope, me l’a collée entre les lèvres.

- C’est bon après l’amour, a-t-elle dit en allumant la sienne avec un vieux « Zippo » à essence bien puant !

Toujours nue, sans complexes - et il y avait de quoi ! -, elle se baladait dans cette pièces en tirant sur sa sèche, l’œil droit fermé à cause de la fumée, elle préparait un kawa, après tout on était venus pour ça non ?

Elle ouvrit un petit placard, en sortit un grand pot de verre dans lequel se trouvait une sorte de gelée verdâtre, elle y plongea une cuiller à café et la porta à sa bouche en faisant une grimace.

- Ça a l’air dégueulasse ce que tu bouffes ? lui dis-je.

- Si il mio caro, ma quando drovebbe essere ! *

C’est vrai qu’elle avait des origines Ritales, elle s’appelait Marcelli ou Morcelli… Un truc comme ça.

Je me levais, elle avait posé le bocal sur le coin de la minuscule table qui lui servait aussi bien pour taper sur son P.C. que pour manger, dans 14 mètres carrés, c’est difficile de se loger.

Je plongeais la main dans le bocal en retirait une belle quantité de ce truc verdâtre, que j’engloutissais d’un coup ! L’amour que nous venions de faire m’avait donné une faim de loup.

- NON CHE ! hurla-t-elle à s’en péter les carotides !

Depuis, elle s’occupe de moi, je dois avoir 10 ou 11 ans, je ne l’épouserai jamais… Nous ne vieillissons pas !

* quand il faut, il faut.

(chtiot crobard Andiamo 2013)

mercredi 27 février 2013

Tant-BourrinSortez couverts ! (ou les aventures de Sigismond la fourchette) (3)

La première série fut un succès, la seconde un triomphe ! Préparez-vous au pire avec cette troisième série d'aventures de Sigismond la fourchette, le héros qui supplante désormais Mickey, Tintin et Astérix réunis dans l'imaginaire collectif !

A taaaable !




La loi du plus fork


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T'es soupeur grand !


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Mêlée couverts sur la table


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Un repas bourre à tifs


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Flip...


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... flop !


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I'll always be trous


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Une coupe dents en fer


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vendredi 22 février 2013

AndiamoDu gaïl pour les rosbifs

Mes deux complices sont secs ! Si, ce sont eux qui me l’ont dit, secs comme une vieille prostate ? Ou les couilles à Taupin ? Nul ne le sait, je vous entend : « ça y est, on nage en plein romantisme chez Blogbo ».

Ne nous remerciez pas ! Nous sommes des grands romantiques, mais nous le cachons bien, très bien même.


Bon, revenons au billet car je m'y suis « collé » : normal, c’est moi le plus jeune….

Ça pourrait faire une histoire pour Chauguise, ça : « du gail pour les rosbifs » !

La devise des rois d’Angleterre : HENNIT SOIT QUI MAL Y PENSE.

Ch'tiot crobard Andiamo


NAN, mais vous vous rendez compte ? « On » leur a fait bouffer du cheval aux Anglais, il est des pays où on voudrait bien bouffer tout simplement ! Déjà ils ne mangent pas d’escargots, ni de cuisses de grenouilles.

Ou bien le cheval leur rappelle peut-être la Princesse Anne, dite « longues chailles » ? Ce doit être ça !

Tenez, j’ai fait une tite caricature.

Ch'tiot crobard Andiamo

J’ai même pas exagéré !

Prenons exemple sur les Chinois. Pourquoi ? J’avais un copain Chinois au boulot, un jour il me dit :

- En Chine, on mange tous les animaux qui ont le dos qui regarde le ciel !

Ce à quoi je lui réponds :

- Chez toi, y’a pas intérêt à se foutre à quatre pattes !

Et puis il me semble que les premiers cas de « vache folle » avaient été signalés chez les rosbifs justement, il y a plus de vingt berges ? Allons, vous qui avez une mémoire éléphantesque, rappelez-vous !

Décidément, je préfère le cheval fou… Le crazy horse, surtout quand il est au saloon !

vendredi 15 février 2013

AndiamoMardi ça saignera (une enquête de Chauguise)

Ah ! Il a fait les choses comme il faut, Julien : il est venu un soir avec une boutanche de derrière les fagots… Un Châteauneuf du Pape, je ne vous dit que ça.

Avec son commissaire de chef, un coup à toi, un coup à moi, puis il s’est lancé Dugland, comme l’appelle Chauguise.

- Patron, je suis raide dingue de votre fille Juliette et je voudrais l’épouser…

- Elle est d’accord, ma Juju ? D’abord, qu’est-ce qu’elle fout dans la cuisine… Juju ! Viens ma chérie.

- Voilà, papa.

- T’es d’accord pour épouser Dugl… euh, Julien ?

- Oh oui, papa !

Se tournant vers Julien.

- Si jamais tu la fais chialer UNE seule fois Dugland : j’te fume, verstehen ?

- Il n’y a pas de danger, patron.

- Bon, alors c’est oui… Mais ça pouvait pas attendre encore un peu ma fillette ?

- Tu sais, mon Papa, Julien et moi, on s’aime !

- Alors rien à ajouter.

- Merci patron !

- Pfuuu.

- Mais franchement tu crois que c’est le moment de te la jouer bluette, marguerite et zanana ? Avec l’affaire qu’on a sur les bras ?

Depuis plusieurs jours, un cinglé (il faut bien l’appeler ainsi) nargue Chauguise, il lui fait parvenir une prose à l’aide de mots découpés dans divers journaux, toujours à peu près la même formule :


MARDI, JOUR SOMBRE... MARDI ÇA SAIGNERA !

Bien sûr, c’est une allusion au film de Hugo Frégonèse « Black Tuesday » qui vient de sortir sur les écrans des grands boulevards de 1954, rebaptisé « Mardi ça saignera ». Avec le grand par le talent Edward G. Robinson, Peter Graves et… la très belle Jean Parker !

Sympa les Blogbos je vous ai dégotté l'affiche du film et la très belle Jean Parker !


Chauguise reçoit sa correspondance le vendredi et, immanquablement, un homme est retrouvé mort le mardi. Tous tués de la même façon : un coup de poignard en plein cœur. Le quartier où sont découvertes les victimes change à chaque fois

La première fois, derrière l’hôtel Dieu, allée Célestin Hennion dans le premier arrondissement.

La deuxième fois, dans le square Paul Langevin, ce square est situé rue des Écoles dans le quartier latin le Vème.

La troisième, square du Temple, rue Perrée dans le IIIème.

La quatrième et dernière victime - enfin jusque là ! - retrouvée dans le jardin Brassaï à la butte aux cailles dans le XIIIème !

Ce qui a fait dire à Julien :

- Vous avez vu patron ? C’est pas loin du métro Glacière, il se serait bien conservé !

Regard noir de Chauguise...

- Et c’est un gugus comme toi qui va me faire des petits-enfants ? PFUUUU !

Toujours la même méthode : un coup de surin en plein cœur, un seul, mais mortel ! Et d’après Bourrieux dit « Couillette », l’assassin n’est pas très grand, car les coups de surin sont portés de bas en haut, selon le relevé que le légiste a fait.

Rentré au 36, Chauguise a convoqué toute son équipe, et à l’aide d’épingles surmontées d’un petit drapeau rouge, il a marqué chacun les endroits où ont été retrouvés les corps.

Soudain Julien s’écrie :

- Regardez patron, les drapeaux forment une spirale !

Effectivement en prenant du recul on s’aperçoit aisément que le dessin formé par les aiguilles représente une spirale.

- C’est bien Dugland, y’en a au moins un qui n’a pas de la merde dans les calots ici !

Le vendredi suivant, Chauguise reçoit encore sa bafouille, mais cette fois un détail l’intrigue, il voit comme une trace noire sur l’enveloppe. Précautionneusement, il saisit l’enveloppe avec une pince à épiler, et la tend à Julien.

- Tiens, porte ça à Couillette, qu’il analyse le truc noir, là. On ne sait jamais, il a peut-être commis sa première connerie, c’t’endoffé !

Deux heures plus tard, Bourrieux dit "Couillette" appelle le patron.

- Ça y est, Chauguise, je sais ce que c’est !

- Accouche, nom de Dieu, ou j’te mets les forceps !

- Mollo, c’est du noir de fumée.

- Quoi ?

- Du noir de fumée, ça sert dans la fabrication du caoutchouc, avec du latex, du soufre, du talc et un tas d’autres trucs.

- La vache, et d’où il a pu sortir ça, ce con ?

Chauguise sort dans le couloir et gueule à la cantonade :

- Tout l’monde dans mon casino ! Schneller, verstehen ?

Aussitôt, l’équipe au grand complet est là, et rapidos : quand le boss jacte en chleu, ça rigole pas !

- Bon, l’un de vous connaît–il dans Paris une manufacture de pièces en caoutchouc ?

Dutilleul, un vieil inspecteur près de la retraite s’avance.

- Je connais patron : près de chez moi - je crêche à Belleville -, il y a rue Piat une petite boîte qui fabrique des pièces en caoutchouc, même que ça schmoute sévère dans le quartier !

- Bon, merci Dutilleul. Alors voilà, les pieds nickelés, on va se poster près de cette boîte et on surveille 24 heures sur 24 s’il le faut, pas de dimanche qui tiennent... Capito ?

La rue Piat est située dans le XXème, coincée entre la rue de Belleville et la rue des Couronnes. Dans les années cinquante, c’est un quartier extrêmement populaire, avec encore des manufactures, des artisans et des façonniers, un Paris qui travaille, pas encore « bobotisé ».

- En attendant, Dugland, on va partir en repérage, va faire chauffer Titine, j' lancebruque un chouaille et j’y go !

Chauguise se rajuste et grimpe dans la quinze, non sans avoir allumé une « Boyard » papier maïs et lorgné sur Julien, histoire de le contrer s’il fronce le nez en signe de réprobation.

- Euh, patron, je connais pas bien…

- Vas-y, emmanche le Sébasto, après la rue Turbigo, arrivé à la Répu, t’emmanches l’avenue du même blase, ensuite l’avenue Parmentier… Tu suis toujours patate ?

- Elle est bonne celle-là, patron !

- Dans la foulée, tu prendras la strass du faubourg du Temple, la rue de Belleville c’est en face, et après tu mates la rue Piat : c’est à droite, à droite en sortant des chiottes ! Putain Dugland, faut qu’t’apprennes Pantruche ! J’espère que ça n’est pas pour tout pareil, sinon ma Juju elle va s’emmerder sévère !

Arrivé rue Piat, Julien gare la pompe à proximité de chez « DYNAGOMME » la boîte qui fabrique des accessoires en caoutchouc, notamment pour l’industrie automobile. Et là, Julien avise une boîte à lettres peinte en bleu (comme à l’époque).

- Vous avez vu, patron, la boîte ?

- Ben non, j’ai une canne blanche, t’as pas remarqué ?

- Tout de même, vous n’êtes pas aimable !

- Ouais, ben faudra t’y faire… Mon GENDRE !

Une sonnerie se fait entendre, il est dix-sept heures trente, les ouvriers et ouvrières sortent, certains portent encore leurs bleus de travail, les pognes tout juste lavées, la fouillasse à l’est, la musette sur le râble, le goulot du jacquot qui dépasse. Ils cavalent pour attraper le bus ou s’engouffrer dans la station Pyrénées. Des morts de soif s’arrêtent chez Bébert, le rade à côté de l’usine, histoire de faire descendre le noir de fumée encore collé dans leurs gosiers.

Puis ce sont les premières femmes qui sortent, pomponnées, arrangées, on ne dirait pas qu’elles ont travaillé sur des intermix, mélangeurs ou autres presses à injecter le caoutchouc.

Une petite femme, trente ans tout au plus, tient une enveloppe à la main, elle passe devant la boîte des PTT s’arrête et commence à glisser l’enveloppe dans la fente. Julien a bondi et saisit l’enveloppe avant qu’ elle ne tombe dans la boîte, Chauguise l’a rejoint, il chope l’enveloppe sur laquelle on peut lire :

Monsieur le commissaire Chauguise

36 quai des orfèvres

Paris 1er

La jeune femme est emmenée sur l’île de la Cité, et Chauguise en personne l’interroge, doucement calmement. La femme est apeurée, on devine une grande détresse.

Lentement, elle commence à parler…

- Je m’appelle Yvette Marchand, j’ai 29 ans, c’est bien moi qui ai tué les quatre hommes, et je m’apprêtais à en tuer un cinquième… C’était le dernier.

- Pourquoi vous avez fait ça, Madame ? Chauguise, contrairement à son habitude, est tout miel, il pressent un horrible drame derrière ces assassinats, son fameux flair.

-J’étais serveuse, Monsieur le commissaire, au restaurant « l’escargot », rue de Charenton, dans le quartier de la Bastille. Un soir, cinq types sont venus manger, ils arrosaient la vie de garçon de l’un deux qui devait se marier le samedi suivant. Ils ont beaucoup bu ce soir-là, Monsieur le commissaire, et quand je suis sortie vers vingt-trois heures trente, ils m’attendaient, ils m’ont forcé à monter dans leur voiture, une 203 noire Monsieur le commissaire, ils m’ont bandé les yeux afin que je ne puisse pas reconnaître l’endroit où ils m’emmenaient et là…

- Oui Mademoiselle, j’ai compris, inutile d’aller plus loin….

- Mais pourquoi ne pas avoir porté plainte ?

- Ça aurait été de ma faute, allez, on m’aurait dit que je les avais allumés ! Alors j’ai mené ma petite enquête. J’en connaissais deux parmi mes agresseurs, ils venaient de temps en temps, je les ai suivis, ils m’ont mené chez les autres. Après, ça a été plus facile : vous savez, les hommes, quand il s’agit de se déshabiller, ils feraient n’importe quoi ! Je les ai rencontrés un par un en leur faisant croire que ça m’avait plu et que je voudrais bien recommencer. Un rendez-vous, et le tour est joué…

- Dites voir, Mademoiselle, les rencards en des lieux choisis de manière à former une spirale, c’était voulu ?

- Hé oui, une coquille, commissaire… Une coquille d’escargot !

dimanche 10 février 2013

Tant-BourrinGuerre et pet

Ce jour-là, le garde-frontière Arturo Verbottsky-Dupond se sentait un peu ballonné. Sans doute aurait-il dû ne pas abuser des féculents lors de son déjeuner, mais Conchita Steinsteigger-Pichon, la cantinière du poste de douane, préparait les flageolets avec tant de talent qu'il n'avait pu résister et s'était resservi deux fois.

Après s'être éloigné de quelques dizaines de mètres du poste et assuré qu'aucun de ses collègues ne traînait alentours, il relâcha ses sphincters dans une gigantesque flatulence sonore qui lui fit le plus grand bien. Les tripes apaisées, il regagna le bâtiment pour aller taper le carton en attendant l'heure de la relève.

Les choses auraient dû en rester là. Malheureusement, elles ressemblent à de sales gamins excités et désobéissants : elles ne tiennent pas en place.

Le vent était ce jour-là orienté est-ouest, c'est à dire de la Pantalouchie vers le Gouzighoustan du Nord. Le sous-sous-brigadier Gunther Pepito, de l'autre côté de la frontière, urinait discrètement dans un buisson pour éliminer le trop-plein de bière de chou-rave qu'il avait ingéré avec ses collègues. Il faut dire que les toilettes du poste de garde étaient bouchées depuis de longs mois et que, faute de crédits, les gardes gouzighouzes avaient dû se résoudre à faire leurs besoins sous le regard placide des petits oiseaux.

Le sous-sous-brigadier urinait donc quand une étrange détonation le fit sursauter. Il jura : dans son sursaut, il avait arrosé le bas de son uniforme. Mais l'énervement laissa poliment sa place à la frayeur : une étrange odeur fétide se répandait alentours.

Bien sûr, on l'aura compris, il s'agissait là des effets sonore et olfactif de la grosse caisse lâchée par Arturo Verbottsky-Dupond de l'autre côté de la frontière, mais Gunther Pepito n'avait pas lu le début de cette histoire et l'ignorait donc.

Il se précipita, tout tremblant, vers le poste, sans même avoir pris le temps de ranger son matériel d'arrosage.

- Chef ! Chef ! Les Pantalouches attaquent !

Le sous-brigadier Wladimir Pronto écouta avec attention son sous-sous-brigadier, qui lui décrivait l'attaque chimique dont il avait été la victime. L'affaire remonta immédiatement jusqu'au brigadier Helmutt Rabanete qui, jugeant l'affaire de la première gravité, dressa un rapport en trois exemplaires qu'il fit parvenir à son cousin par alliance, Winston Ravioli, qui travaillait au Ministère gouzighouze des affaires étrangères.

Bien que ce dernier ne fût que technicien de surface au Ministère, il rédigea, en dehors des heures de bureau, pour faire plaisir à son cousin Wladimir, une lettre de vive protestation sur papier officiel avec l'entête de la République Démocratiquement Populaire du Gouzighoustan et l'adressa à l'ambassade de Pantalouchie.

Le chef de cabinet de l'ambassade, Genarro Zchwolmiskz-Duval, faillit s'étrangler en avalant de travers son sandwich banane-mozzarella lorsqu'il parcourut la lettre en question deux jours plus tard. Il y avait de quoi : jamais encore il n'avait eu l'occasion de recevoir un courrier officiel commençant par "Connard d'ambassadeur putride et gluant". Le texte qui suivait était assorti à cette entame fracassante et bourré de fautes d'orthographe. Ces Gouzighouzes du Nord étaient décidément des sauvages mal dégrossis !

Une cellule de crise fut vite réunie. Après avoir pris des consignes auprès du Ministère Extérieur aux Affaires de Pantalouchie, une réponse circonstanciée fut adressée aux autorités gouzighouzes par voie diplomatique, qui commençait par : "toi-même, trouduc !"

L'enquête diligentée sur place n'avait apporté aucun éclaircissement sur les "essais d'armes chimiques" qui auraient été pratiqués à proximité du poste frontière de Puerta del Schlumppsbrück, mais refusant néanmoins pour le principe de céder à l'ultimatum adressé par les Gouzighouzes et aux menaces de riposte armée en cas de nouvel essai, la réponse apportait un démenti formel aux allégations formulées et, au contraire, accusait les autorités pantalouches de pratiquer un épandage de produits neurotoxiques à proximité de la frontière dans le sens de l'écoulement des eaux et d'empoissonner les nappes phréatiques.

Ces graves accusations eurent l’heur de provoquer le courroux de Benvenuto Schlupfkopf-Chouinard, le Ministre des armées de la République Populairement Démocratique de Pantalouchie. Évidemment, il ignorait que les accusations des Gouzighouzes étaient très partiellement fondées, même si la nature du produit épandu dans les buissons n'était pas vraiment celle évoquée. Mais un Ministre des armées ne peut pas être au courant des problèmes de chiottes bouchées dans un petit poste frontière.

La mobilisation générale fut décrétée en Pantalouchie et la guerre déclarée au Gouzighoustan du Nord.

Immédiatement, le Gouzighoustan du Sud entra dans le conflit en faisant alliance avec la Pantalouchie, juste histoire de faire chier les Gouzighouzes du Nord.

Une première colonne de blindés franchit la frontière et pénétra sur le territoire gouzighouze. Malheureusement, la pente était assez forte et le sol plutôt boueux entre la Pantalouchie et le Gouzighoustan, tant et si bien que les tanks, emportés par leur élan, franchirent également la frontière avec le Guanoplano.

Les autorités guanoplanèques en prirent légèrement ombrage et firent décoller trois chasseurs pour aller procéder à quelques tirs de missiles en territoire pantalouche en guise de riposte graduée.

Malheureusement, Yamashita Rapoposandratanamanarive, le commandant de l'escadrille ne respecta pas le plan de vol et, pour aller plus vite, coupa tout droit et viola l'espace aérien mastoule.

Comme les forces armées de la Mastoulie étaient sur le qui-vive depuis le début du conflit dans la région, la défense anti-aérienne abattit les trois chasseurs, ce qui chagrina beaucoup le pouvoir guanoplanèque qui déclara la guerre à la Mastoulie, en même temps d'ailleurs que le Kamtchabwé sur le territoire duquel les avions s'étaient écrasés.

Face à l'embrasement général de la région, une séance extraordinaire du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Démunies fut organisée. Malheureusement, les intérêts des membres permanents du Conseil étaient fort divergents dans la zone du conflit.

Ainsi, la Fédération de Roussie était fortement présente au Gouzighoustan, qui constituait un gros débouché pour ses ventes d'armes et dont le sous-sol regorgeait d'uranium de schiste. Les États Sunnites d'Amémèrique avaient pour leur part mis le Guanoplano sous leur coupe réglée, allant même jusqu'à placer un homme à leur solde à la tête du gouvernement local. De son côté, la République Populaire de Choune avait quasiment acheté le Kamtchabwé. Quant à la Flanche, son représentant aux Nations Démunis se lançait dans de grandes tirades enflammées mettant en avant les droits de l'homme (et laissant, plus discrètement, le droit de continuer à exploiter le sous-sol de la Mastoulie en arrière).

Dans ces conditions, inutile de préciser que toute recherche de consensus en vue de l'adoption d'une résolution était vouée à l'échec : les débats houleux s'engluèrent dans des postures irréconciliables, jusqu'au jour où le représentant amémèricain, par ailleurs membre actif de la NFA (National Flingot Association), excédé par une insulte du représentant rousse qui l'avait traité de "galopin" (à cause d'un accent tonique mal placé par le traducteur, le représentant rousse l'avait en fait qualifié de "gros enculé chiasseux"), dégaina un gros calibre et l'abattit en pleine séance.

Le garde du corps du représentant rousse, vexé de voir qu'il allait perdre son boulot, défourailla aussi sec et transforma le représentant amémèricain en enseigne publicitaire pour le ketchup. Accessoirement, dans son dépit, il avait arrosé un peu large et abattu quelques représentants de nations diverses, dont celui de la Choune.

Les premiers missiles intercontinentaux furent lancés dans l'heure qui suivit, transformant nombre de mégapoles en poussière grisâtre et fumante.

Heureusement, toutes les choses, même les pires ont une petite faim : quand il apparut à tous les dirigeants que les perspectives de croissance économique liées à la reconstruction seraient suffisantes pour générer une période faste d'activité et de commissions occultes, un bel armistice fut signé par tous les belligérants (dont aucun toutefois ne reconnut sa défaite, hormis la république de Tulavu, île du Pacifrique qui se trouvait désormais à 500 mètres sous la surface de l'océan) . Dans la foulée, on érigea partout de beaux monuments pour perpétuer le souvenir de ce terrible carnage (deux milliards et demi de morts), en se jurant "plus jamais ça".

En, de fait, une longue période de paix radieuse s'ouvrit enfin pour l'humanité.

Enfin, disons plutôt : une période modérément longue.

De trois mois environ.

Jusqu'au jour où Conchita Steinsteigger-Pichon, cantinière au poste frontière de Puerta del Schlumppsbrück, se dit : "tiens, au fait, ça fait bien longtemps que je n'en ai pas fait : si je préparait des haricots pour le repas de midi ?"

mercredi 6 février 2013

AndiamoGay gay marions-nous !

J’aurais pu vous parler du mariage pour tous mais rien à foutre : ça ne me sert pas de dentifrice ! Et puis j’ai le droit de le dire, quand je vois deux mecs se rouler une pelle ça me gêne, deux nanas aussi d’ailleurs ! Déjà faire la bise à un homme… Je ne fais pas, alors une pelle !

Vous imaginez, Gabin et Ventura se rencontrant sur un plateau et se faisant la bise !

Certains diront il veut casser du pédé, meuh non je ne casse pas des briques, ni quatre pattes à un canard alors….

En attendant Flamby au lieu de s’occuper des chomdus, du pouvoir becqueter de ses concitoyens… Il emmerde le monde avec le mariage pour tous, on n’en a rien à foutre gros plouc ! A propos on engraisse sa maîtresse à Culbuto ! Même pas pacsé, et Rotweiller a droit à un bureau avec secrétaire et tout le toutim, un président normal en somme !

Et encore, vous avez remarqué ? Il n’y a plus un téléfilm sans voir deux mecs se raboter la culasse ou deux gonzesses se tondre la pelouse. Comme disait Coluche :

-Ils ne se reproduisent pas mais il y en a de plus en plus !

Hè ! Debout les damnés de la terre ! On va pas se laisser emmerder avec de faux problèmes.

Voilà quand il faut il faut... AAAAH ça fait du bien ! Je ne suis pas politiquement correct ? Par contre l'industrie automobile se casse la gueule, des milliers d'emplois jetés à la rue ça c'est un VRAI problème. Je viens d'entendre à la radio que depuis quatre ans ce sont plus de mille usines qui ont fermé, ça c'est un problème de société, un vrai ! Pas de l'enfumage, d'ailleurs je ne suis pas convaincu que ça leur plaise aux homosexuels tout ce battage médiatique, il est par contre nécessaire de protéger vis à vis de la loi les couples hétéros ou homos vivant ensemble par un VRAI PACS... ça oui !

Habituellement l'hémicycle est quasiment vide au moment des débats.. Là il était gavé ! Même la nuit, vachement important le mariage homo. Citroën à Aulnay va fermer ? ça reste anecdotique.

-Debout les forçats de la faim !

Allez Culbuto retrousse tes manches... Ah ! C'est déjà fait avec tes costars trop courts.

Je n'ai pas l'habitude d'écrire des billets "politiques" mais là ça me gave... Mais ça me gave !

Un ch’tiot crobard pour illustrer, ch'tiot crobard que j'ai fait il y a au moins trois ans !

samedi 2 février 2013

celestineLe plus grand amour de ma vie

A quatorze ans, j’ai rencontré le plus grand amour de ma vie. Mon père, ce héros, venait de m’offrir mon premier vinyle de Georges Brassens. Un beau « trente-trois tours » ocre brun, avec un atelier de luthier en couverture.

Mon paternel, anar dans l’âme, avait dû penser que j’étais assez grande pour écouter des chansons sulfureuses ou considérées comme telles par les bigotes et les pisse-vinaigre… Ce fut un éblouissement. Si si, je vous assure ! Quelque chose de tellement impérieux, de tellement juste et évident que cet amour ne s’est jamais démenti depuis… un certain nombre d’années.

Je vais vous étonner sans doute, mais je crois qu’il ne se passe pas une seule journée sans que je pense à lui, soit que je le fredonne, soit que je cite un de ses bons mots. Brassens, comment vous dire ? C’est ma seconde nature. C’est ma référence, mon viatique, ma consolation par temps agité.

Brassens, c’est une écriture. Une éthique. Un regard. Une poésie. Et aussi une musique incroyablement universelle. Un peu jazz, un peu swing, un peu blues. Et pas si binaire que ça. A dix-sept ans, je me suis mise à la guitare, pour pouvoir jouer Brassens, me l’approprier. La tête de mon père la première fois que je lui ai chanté la mauvaise réputation ! Trois accords, la mineur, mi, fa… et toute la magie de l’univers de Brassens dans cet inénarrable façon de marquer le rythme en opposant le pouce aux quatre autres doigts : POUM PAPOUM PAPOUM… Après j’ai diversifié les accords et varié les arpèges… Tiens, rien que de vous en parler, là, j’ai des fourmis dans les doigts.

Brassens, quand j’étais encore pucelle, c’est lui qui m’a délurée en m’apprenant tout un tas de mots que je ne connaissais pas… Ne vous moquez pas, je suis allée chercher souvent dans le dictionnaire, à cette époque-là. Tout un florilège de vocables étranges qui éloignaient l’enfance que je perdais peu à peu comme un manteau trop petit. Les filles de joie, les proxénètes, les claques et les tapins, la bandaison (papa, ça ne se commande pas !), l’ultime érection de l’Ancêtre, faire la bête à deux dos, les pensées interlopes de Pénélope, et les trompes de Fallope de Mélanie, qui se faisait reluire la pastille avec un cierge consacré ; et bien avant de passer à la pratique, j’ai fait tranquillement mon éducation sexuelle de chanson en chanson, tandis que ma mère, cette sainte femme, me croyait sagement occupée à faire mes devoirs.

Son petit théâtre m’enchantait par ses personnages hauts en couleur. Je découvrais que son monde était rempli de voyous au grand cœur, de filles accortes et pas chiches de leurs charmes, de femmes mariées à la recherche du grand frisson, de cocus sympathiques et de flics débonnaires ou très cons. Je m’émerveillais de ces petites fables au décor si bien campé en quelques mots, l’Orage, la Fessée, le Mouton de Panurge…

Je pleurais sur les Passantes, et Jeanne, la taulière au grand cœur, qui n’a pas eu d’enfants, mais qui a tous les enfants de la terre de la mer et du ciel….

En arrivant à Paname, la première fois, quel ne fut pas mon émerveillement de découvrir les noms de rues mythiques (pour moi) qui avaient bercé mes jeunes années. La rue de Vanves, la Porte des lilas, la rue Froidevaux, la rue Didot, le Père Lachaise, Champerret, Charonne…

Comme je le disais récemment à Blutch, Brassens m’a aidée à apprivoiser la camarde, en semant des fleurs dans les trous de son nez… L’autodérision, l’humour noir, la tendresse, la liberté, l’irrévérence, la modestie, tellement de valeurs que ce père spirituel m’a apprises pour toujours.

Un été, à une terrasse de café, un chanteur de rue chantait Brassens. Voyant sur mes lèvres que je reprenais toutes les paroles, il s’approcha de moi à la fin du concert, et me dit qu’il avait apprécié que je sois « bon public ». Il ne pensait pas si bien dire. Il faut dire que nombre de spectateurs étaient hollandais ce soir-là, allez donc traduire « pour donner la gougoutte à son chat » dans la langue d’Erasme… Je lui répondis que je connaissais par cœur tous les textes de Brassens. Je vis à son air goguenard qu’il ne me croyait pas. S’asseyant alors à notre table, il dut vite se rendre à l’évidence : je les connaissais toutes, y compris les plus méconnues. Nous nous livrâmes à un bœuf mémorable.

Il y a une chanson de Brassens pour chaque situation de la vie. Tiens, vous avez remarqué que lorsqu’on annonce la mort d’Untel dans les journaux, tout à coup le voilà paré de toutes les qualités… C’était un homme exceptionnel, et patati, et patata… Moi je fredonne automatiquement la chanson du Temps Passé « Les morts sont tous des braves types… » Vous étonnerai-je si je vous dis que j’ai donné à ma fille le doux prénom de Margot ?

Et pour ceux qui auraient encore des doutes sur cet amour ravageur et inconditionnel, je vous invite à aller lire (ou relire) mon texte marathon construit à partir de ses titres… http://celestinetroussecotte.blogspot.fr/2012/02/la-lettre-n.html

Après ce tour d’horizon des mille et une raisons que j’ai de l’aimer, je vais, en bonne maîtresse d’école, vous rouler un patin à chacun, (euh, les filles c’est seulement si vous y tenez absolument…je sais bien que c’est à la mode mais bon, moi, je serais plutôt une hétéroïne de roman). C’est pour moi une façon de lui rendre hommage en appliquant par là un de ses plus jolis conseils:


Des grands aux p'tits en allant jusqu'aux Lilliputiens, embrasse-les tous, Dieu reconnaîtra le sien

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