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samedi 28 mars 2009

Saoul-FifreMirjam

La bruine nationale faisait reluire chaque pavé, chaque poignée de porte. Les feuilles des grands arbres le long des canaux faisaient un brin de toilette. Les nuages esquissés à la mine de plomb se mélangeaient à la lumière rasante pour nous brosser une dernière matinée à Amsterdam d'un classicisme flamboyant. Nous commencions à appréhender le clair-obscur des grands maîtres.

Nul besoin d'équipements anti-pluie, un bonnet suffit, mais nous sommes étrangers et nous supportons stoïquement les quelques gouttelettes piégées par nos cheveux. Un simple bonnet tricoté, comme en portait Mirjam ce matin là.

Nous menions nos pas rendus guillerets par ce temps si vraiment amstellodamois vers le marché aux puces de Waterlooplein mais l'ambiance était à la morosité chez les rares commerçants.

Excepté chez les vendeurs de parapluies et autres cirés, dont le sourire jovial faisait plaisir à voir, le malheur des uns, n'est-ce pas ... ?

Nous le traversâmes donc assez rapidement, sans rien voir de bien enthousiasmant, et c'est arrivé à son extrémité que je l'aperçus, la statue. Par delà l'avenue, à coté d'une zone de travaux, au milieu d'une place déserte.

Regarde, Margotte : la statue du docker ! Nous l'avons oubliée et nous tombons dessus par hasard !

Deux jours avant, nous avions prévu d'aller à la grande cérémonie consensuelle qui réunit autour de ce bonhomme de bronze tous les amis de la liberté de penser et de vivre en paix quelle que soit sa religion, sa couleur ou sa sexualité. Et puis, peur de la foule ou mauvaise organisation, nous avions raté ce RV et fait autre chose.

Notre train est dans deux heures mais nous sommes là devant ce sacré docker, tout émus.

Ha tiens, la place n'est pas complètement déserte, il y a là une dame sans âge, mise très simplement, qui se balance d'un pied sur l'autre, qui s'avance pour lire les rubans sur les couronnes de fleurs déposées là en hommage, qui grommelle, qui parle dans sa moustache. Nous, vous nous connaissez, on se fait tout petits, on respecte, on essaye de faire oublier qu'on est des touristes, malgré nos appareils photos.

Elle en a visiblement gros sur la patate, il faut qu'elle s'exprime. Comme tout le monde à Amsterdam, elle nous aborde en anglais : Did you know what happened here...? Notre réponse coassée de froggies lui annonce notre nationalité et elle se met à nous parler un français de haut niveau qui nous époustoufle.

Elle a les boules de voir les partis politiques de tous bords venir lécher consciencieusement le cul du docker. Nous comprenons à demi-mot qu'elle en veut surtout au parti communiste du pacte de non-intervention germano-russe. Et puis aussi un peu de l'attitude des soviétiques envers leurs juifs. Enfin, elle voit surtout beaucoup d'hypocrisie dans cette récupération politique à peu de frais : présence, bouquet de fleurs, mots-valises.

Nous sommes un tantinet déçus et nous le lui disons. Voilà notre beau symbole de solidarité par delà les communautarismes et les corporatismes, trainé dans la boue ? Elle redémarre, attaque la famille royale, traite le Prince Bernhartd d'ami des nazis, le reste de pétochards.

Je lui demande d'où lui vient la perfection de son français. Elle répond que c'est une longue histoire de famille, que ses parents ont habité Nice, dont ils ont dû partir suite à des revers de fortune lors du Krach de 29. Que chez elle, à table, on parlait français. Elle se met à nous réciter une ode à nos hommes politiques si brillants, aux discours si lyriques, dont l'art oratoire est si plein d'éloquence, comparés aux élus néerlandais si rustauds, si brutaux dans leur expression.

Mais mais mais, nos politicards parisiens nous bourrent le mou, ils n'arrêtent pas de mentir, ils nous promettent le lendemain l'inverse de ce qu'ils nous ont promis la veille ! On préfèrerait peut-être un langage plus direct, sans tourner autour du pot ?

Ouais, bof, on ne va pas non plus lui détruire son rêve d'une douce France, à cette marrante Mirjam ?

Elle nous raconte sa vie, et ses morts, restés dans les camps d'extermination. Elle se méfie d'internet, du téléphone, vous savez, avec mes idées révolutionnaires, ils me surveillent !

Elle se moque d'elle même : ma paranoïa s'explique aisément par mon histoire, je pense ? Elle se méfie un peu de nous, aussi : vous êtes bien des touristes, hein ?

Elle nous a définitivement adopté car elle nous parle de sa compagne. Mirjam est artiste peintre. Elle s'inquiète de nos horaires, s'excuse d'être bavarde, mais c'est qu'elle est si contente de pouvoir utiliser notre langue ? Je lui demande si elle voyage et, sur sa réponse affirmative, l'invite chez nous. Nous échangeons nos adresses. Je connais la route mais elle tient absolument à nous accompagner. Nous sommes dans son quartier, elle connait chaque magasin, nous raconte plein d'anecdotes. Nous montre la maison de Pinto, celle de Rembrandt... S'excuse presque de nous faire traverser le quartier rouge, mais c'est le chemin le plus court.

Elle accepte de nous quitter quand je lui jure que je sais précisément où nous sommes (au bout de cette rue, il y a un poste de police).

Chouette nous nous sommes dégottés la guide absolue, idéale.

Mais la loco de notre Thalys est déjà sur le départ, en train de chauffer, c'est ballot ?

jeudi 26 mars 2009

Tant-BourrinClasse de neige

Dernière image. La frimousse de Tant-Bourriquet, un bonnet bleu enfoncé sur les oreilles, qui nous fait un bisou volant à travers la vitre de l'autobus, juste avant que celui-ci ne démarre. Le bus tourne au coin de la rue. Coup de klaxon du chauffeur comme un ultime adieu. Les gorges sont serrées. Des larmes coulent encore sur les joues de quelques mamans. Tant-bourriquet, comme ses camarades de classe, vient de nous quitter pour deux semaines de classe de neige.

Deux longues semaines pour un tout petit bonhomme de cinq ans à peine, loin, si loin de nous, là-bas, en Haute-Savoie.

Retour dans l'appartement, si silencieux soudain, comme privé subitement de vie.

Reprendre le cours normal des choses, chasser les questions de sa tête, se dire que tout se passera bien.

Mais tout dans l'appartement me parle de lui.

Sa chambre. Le petit lit qu'il aime tant. Les draps à l'effigie des héros de Cars, son film préféré.




Et puis, passant dans la salle de bain, trois regards me scrutent, comme chargés de reproches : ceux de trois petites voitures qu'il avait alignées hier avec soin sur le bord du lavabo et qui sont restées là.




Sur l'ordinateur, je revisionne les petits fragments de sa vie passés dans l'oeil du caméscope : du nourisson si fragile sur je tenais hier encore dans mes bras au petit bonhomme qui, l'été dernier, nous avait donné un mémorable concert sur le piano de sa mamie dans un yaourth japonisant.

Tant-Bourriquet - Impromptu

Téléchargeable directement ici



Et là, sur le bord du bureau, le petit dessin qu'il m'a fait, le matin même, en écrivant amoureusement "papa" dessus...



Ma gorge se serre.

J'écoute de nouveau le calme silence qui flotte alentours. Ce silence assourdissant.

Et alors monte soudain en moi le cri.

Le cri instinctif. Primal. Venu des noires profondeurs de mon âme. Pétri d'émotion trop lourde. Le cri du sang. Le cri d'un père loin de son fils...







YEEPEEEEEEEEH

YAAAAAH !!!



Heu....... Excusez-moi, je me suis un peu oublié... mais ça fait tellement de bien : c'est pas tous les jours qu'on a quinze jours de vacances, hein ! :~)

mardi 24 mars 2009

Mam'zelle KesskadieDevinettes et plus

Chanceux et chanceuses, j'ai du temps disponible pour écrire un de ces courriels tant appréciés et qui sont ma thérapie hebdomadaire.

Comment je fais pour trouver du temps libre ? Plutôt comment je ne fais pas.

Les moutons de poussière, en troupeau, dorment paisiblement au chaud dans les vêtements sous le lit, le panier à linge sale déborde parce que la laveuse, elle-même, déborde. C'est-à-dire ? Que le cauchemar de toute ménagère est devenu ma réalité, le tuyau de renvoi d'eau de ma laveuse est très bloqué partiellement. Autrement dit, je peux vider ma laveuse une tasse à la fois. J'ai déjà conçu l'enfer comme un lieu brûlant, maintenant, je le vois avec plein de linge sale, une longue rangée de laveuses en panne et de renvois d'eau qui ne laissent passer qu'une tasse d'eau sale à la fois.

Bref, je choisis le paradis. L'Homme n'est pas fait pour contempler l'enfer, a dit un sage dont je n'ai pas oublié le nom, mais que j'ignore sciemment, il était aussi misogyne.

Donc.

J'ai du temps pour mes loisirs, jouons ensemble, si vous voulez bien, aux devinettes ! Étant donné que mon emploi du temps ne me permet pas de cultiver mon savoir sur l'actualité internationale ni sur l'histoire médiévale de la lavandière, concentrons-nous sur le quotidien.


Devinette no. 1.

Que dit un adolescent de 16 ans, à 22:00 un vendredi soir, dans l'auto de sa mère qui est restée debout juste pour aller le chercher à son activité de loisir, pour la remercier ?

a) Maman, je sais tous les sacrifices que tu fais pour moi, je t'en remercie du fond du coeur.
b) Un jour, maman, je serai reconnaissant et je te paierai la croisière dont tu rêves en Alaska.
c) On sait ben, toi, tu te fous bien de nous.

C comme dans Clissssssssssse vendredi prochain, tu vas marcher!

Oui, je l'ai laissé vivant. Que voulez-vous, je suis une optimiste née et j'ai espoir qu'un jour, il change pour le b).


Combien de garagistes ça prend pour réparer un auto accidentée?

Aucun, comme dans ôôô que ça va aller mal !

Ça prend un inspecteur qui le menace de ne pas le payer parce que c'est la deuxième fois que la madame ramène son auto au garage pour qu'il fasse sa job.


Jean-François, 9 ans, vient faire dodo avec maman. Qu'est-ce qui peut réveiller Jean-François ?

a) La lumière allumée parce que maman cherche sa robe de chambre ?
b) Le son du séchoir à cheveux quand maman sèche ses cheveux avant d'aller dormir ?
c) Le son de l'ordinateur, situé dans le sous-sol, quand son frère de onze ans se lève et pèse sur le bouton On ?

C comme dans C'est à mon tour de prendre l'ordi, tasse-toé de là, maaaaaaaaaaaammmmmmmmmmmmannnnnnnnnnnnn, Alexxiiiiiiiiiis veut pas me laisser mon tour. C'est pas son tour, hier c'est lui qui aaaaaaaaaaaaaa finiiiiiiiiiiiii. (voix d'ado mutante) Taisez-vous les petits sinon je vous frappe (voix d'enfants indignés) Mammmmmmmnnnnnnnnnn Jérémie veux nous faire mal. (pensée de mère endormie) : faut-tu vraiment que je fasse de l'écoute active, du recadrage ou je peux les frapper ?


Combien coûte une amende quand on se fait rentrer dedans parce qu'on a pas vu l'auto qui s'en venait à cause du gros banc de neige ?

a) $100
b) $100 plus $48 de frais administratifs
c) $100 plus $48 de frais administratifs plus $10 de contribution.

Non, non, j'ai pas oublié d'écrire à quoi sert la contribution. Il n'y a aucune explication à la contribution. Nul besoin de vous dire que la réponse ne s'envoie pas par courriel de peur que les polices interpol, CiA et Gendarmerie royale du Canada viennent m'enlever mon permis de conduire.


Donc, prochaine devinette.

D'après vous, à quoi sert ma contribution après avoir payé les frais administratifs, une amende, le déductible de mon assurance, mes primes d'assurances, le cipralex pour endurer tout ça, la pizza parce que j'avais pu de nerfs à la fin de la journée pour faire à souper ?

a) à payer l'enlèvement de la neige. On comprends que s'ils amassent les $10.00 par accident, on est pas prêts de voir le camion qui va faire la job.
b) à payer les avocats pour défendre la ville qui n'enlève pas la neige au-cas-où les accidentés les poursuivraient.
c) à payer la publicité pour dire que la ville s'occupe de bien enlever les bancs de neige.
d) au voyage dans le sud du responsable de l'enlèvement de la neige.

Si vous trouvez la réponse, pour la sécurité du personnel de la ville de Gatineau, n'en soufflez mot.


Dernière devinette.

Quel est la plus belle chose qu'une divorcée, monoparentale de cinq enfants, dont trois adolescents qui ont l'intensité d'émotions d'un des parents, la répartie d'un des parents, le goût pour le ménage d'un des parents, la patience d'un des parents, aime entendre

a) le son d'un amant qui ronfle dans son lit ?
b) Le son de la balayeuse quand ce n'est pas elle qui la passe ?
c) la voix du professeur qui dit que son fils est tellement assidu, attentif, à ses affaires ?
d) la voix de son comptable qui dit qu'elle a un retour d'impôt équivalent à tout l'impôt qu'elle payé cette année ?
e) aucune de ses réponses.

Après une semaine pas de laveuse, le plus beau bruit à entendre, c'est définitivement le bruit de l'eau sale qui s'écoule gaiement dans le tuyau de renvoi de la laveuse.

Sur ce, je vous quitte, j'ai une semaine de lavages pour six personnes, dont trois ados, à faire.

Et la voici, ma réponse à tous les maux de la terre.

dimanche 22 mars 2009

AndiamoJulie

Le samedi 22 mars 2008, Julie nous quittait, une glissade fatale, dont nous ne nous sommes jamais remis.

Bien sûr j’ai joué les durs, j’ai même plaisanté en envoyant ceci à Saoul-Fifre :

Je n’en suis pas fier, j’ai obéi à mes plus vils instincts : ceux de la gaudriole !

L’heure est à la repentance : nous ouvrons une souscription afin que soit immortalisée notre truie préférée.

Nous coulerons un bronze, la représentant, dans sa position favorite : couchée !

Tous les dons sont acceptés en numéraire bien sûr, mais en nature aussi.

Ainsi, si vous possédez chez vous des bronzes coulés de fraîche date, faites les parvenir chez Saoul-Fifre, ce dernier ne manquera pas j’en suis sûr de vous communiquer son adresse.

Il en fera le meilleur usage j’en suis sûr, du volume des bronzes coulés dépendra l’importance de la statue !

Soyez généreux, ne vous ménagez pas, "FUCALISEZ" vous s’il le faut, la plus modeste contribution en nature apportera son bronze à l’édifice.

N’oubliez jamais : Le bronze est à Julie ce que l’étron est à la cloche (ou l’inverse je ne sais plus).

Voici le projet, il vaut la peine que l’on se force un peu NON ?

vendredi 20 mars 2009

CaluneMa référence à moi

Le 25 janvier 2009, on s'en souvient tous. Bon, bien sûr, c'était le lendemain de la petite tempête du 24 (qui n'a pas abattu le moindre arbuste dans les jardins du château de Versailles, alors hein) - mais surtout, l'Olympia ce dimanche-là faisait salle comble, avec le "rendez-vous annuel" (depuis 2008) de Georges Chelon avec ses fans !



Pour évoquer ce grand moment de bonheur, un chanteur que TiBi qualifie, bizarrement, de "normal" (mais est-il vraiment "normal" d'avoir un charme pareil ?!) a accepté de venir exprimer ici, sur Blogbo, toute son mon admiration pour Chelon. Mesdames et messieurs, voici, pour la première fois sur blogborygmes.fr : Julien Clerc !!! (himself)


Ma référence

Musique : Julien Clerc
Paroles : Calune d'après Jean-Loup Dabadie
Dans le rôle de la doublure de Julien Clerc, vous reconnaîtrez (ou pas) l'ex-doublure de Johnny... Billy ! (himself aussi - enfin, un peu plus, même...)



Téléchargeable directement ici

      On le sait
      Il a refait un Olympia
      Et c'était
      Pour nous les groupies un immense succès
      Oui il est
      Ma référence à moi

      Oui on sait
      Il a ma préférence et c'est
      Plus qu'intense
      Car enfin quand on pense
      Que le dadais
      Est devenu grand de silence
      En silence un chanteur d'excellence

      Oh je sais
      Si je continue comme ça
      Sans arrêt
      A la longue on me rabattra
      Le caquet
      Mais il est
      Ma référence à moi

      Fallait voir
      L'homme en violet avec sa voix
      Sa guitare acclamé comme un roi
      Petits veinards ne faites pas preuve d'ingratitude
      Cette histoire, ce n'était qu'un prélude*
      (bis)

      On le sait
      Il a refait un Olympia
      Et c'était
      Pour nous les groupies un immense succès
      Oui il est
      Il est ma transe à moi
      Ma référence à moi
      Ma référence à moi


*Conclusion : vous n'avez bien sûr pas fini d'en entendre parler, de Chelon !


Découvrez Georges Chelon!

mardi 17 mars 2009

Saoul-FifreEt merde !

Tant-Bourrin nous ayant mouisé le début de semaine avec l'efficacité coutumière qu'il met dans tout ce qu'il touche, qui qui se retrouve avec la corvée, qui qui doit éponger par derrière les pleurs du lectorat sensible, qui qui doit vous consoler, offrir son épaule, tapoter votre dos, tenter de vous redonner le goût de vivre, le goût du vin, le goût du boudin et celui du perlinpinpin, comme chantait l'élégante Barbara ?

Mézigo, comme de juste, toujours le même, toujours prêt, comme au bon vieux temps scout !

Allez va-z-y, fais les rire, chatouille leur les zygomatiques.

C'est pas que je veuille pas, mais ça ne se fait pas en claquant des doigts, mes chéris.

Et pi j'aime pas me forcer. Alors j'ai fouillé dans nos vieilles photos et j'en ai trouvé des que j'aime bien. J'en ai même trouvé une de moi à poils mais bon la vie est assez difficile comme ça pour certains et je ne voudrais pas leur y rajouter des complexes. Ni déclencher des maelströms hormonaux chez d'aucunes.

Non, nos gosses qui s'amusent, ça ira très bien, c'est assez drôle en général. En tout cas, ils nous font rire et c'est le principal.

Les citadins inscrivent leurs mioches au judo, eux, ils s'inscrivent tout seuls aux jeux d'eau. Nul besoin de les pousser à boue.

Je précise que ça ne se passait pas chez nous, mais chez la petite voisine de gauche, que le tablier ne nous appartient pas et que nous n'étions pas là quand la photo a été prise. On peut y voir M., au milieu, oui, celui-là des rédactions, en train d'assumer sa part féminine et en obtenir un franc succès.

lundi 16 mars 2009

Tant-BourrinMalgré...

Tous ceux qui ont un jour gratté des paroles de chanson sur une feuille sans savoir gratter une guitare savent le poids de la frustration qui peut en résulter : on imagine, pour structurer son texte, une mélodie que l'on joue dans sa tête et dans laquelle se glissent les mots. Mais voilà, quand on ne sait pas jouer du moindre instrument (malgré quelques tentatives d'apprentissage désespérées), on n'a plus qu'à chanter "avec mon petit texte, j'avais l'air d'un con, ma mère" quand vient l'heure où l'on aimerait partager le fruit de sa créativité avec le reste de l'humanité.

Heureusement, la technique fait parfois des progrès immenses : grâce à un logiciel récent baptisé Songsmith, les handicapés de la musique comme moi peuvent enfin exfiltrer les mélodies de leur tête sans trop de difficulté. Il suffit de chanter (en mesure si possible) et le logiciel bâtit lui-même un accompagnement en proposant des accords à peu près cohérents avec la mélodie. Bon, dans mon cas, mes capacités vocales relativement limitées ont dû perturber légèrement l'algorithme, et j'ai dû, en tâtonnant, retoucher un chouia les accords proposés jusqu'à obtenir un résultat à peu près à mon goût. Ça ne remplacera bien sûr jamais de vrais musiciens mais, pour se faire plaisir, c'est bien suffisant.

Je peux donc enfin vous proposer une chanson dont je suis l'ACI (auteur, compositeur, interprête). Les mauvaises langues diront qu'AC eût été assez, mais je n'ai pas encore de logiciel qui corrige les fausses notes lorsque je me risque à chanter.

Voici donc la chose, guillerette comme il se doit pour un début de semaine... Les jeux de mots sur "malgré de canard" ou sur les différents sens du mot "canard" sont tout à fait dispensables, hein ! :~)




Malgré...

Paroles & Musique : Tant-Bourrin


Téléchargeable directement ici

     Malgré la gueule dans la glace
     Qui me suivra, quoi que je fasse
     Malgré les ravins, les crevasses
     Qu'a laissés le temps sur ma face

     Malgré le poids de ma carcasse
     Bouffée des vers sous la cuirasse
     Malgré le coeur pris dans la nasse
     Sans éclat d'une vie fadasse

     Je continue sur mon chemin
     Goudronné de fatalité
     Je déambule vers demain
     Comme un canard décapité

     Malgré le bourbier des angoisses
     Malgré les peurs, les guerres lasses
     Et ces envies de volte-face
     Où s’engloutissent mes audaces

     Malgré les chagrins si tenaces
     Bien trop pesants dans la besace
     Malgré ces idées que je chasse
     Mais qui s’accrochent à ma tignasse

     Je continue sur mon chemin
     Goudronné de fatalité
     Je déambule vers demain
     Comme un canard décapité

     Malgré la bêtise vorace
     Et la raison mise à la casse
     Malgré la haine qui grimace
     Qui se bouffit, qui devient masse

     Malgré les apprentis-Midas
     Qui changent les rêves en mélasse
     Malgré les fléaux qui menacent
     Malgré les nuées de rapaces

     Je continue sur mon chemin
     Goudronné de fatalité
     Je déambule vers demain
     Comme un canard décapité

     Malgré ces putains de caillasses
     Qui font souffrir dans les godasses

     Je continue sur mon chemin
     Goudronné de fatalité
     Je déambule vers demain
     Comme un canard décapité
     Comme un canard décapité
     Comme un canard décapité

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