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mercredi 11 mars 2009

AndiamoLe beau Georges

Il avait toujours été beau. Bébé, déjà, les femmes dans la rue s’arrêtaient, se penchaient sur le grand landau style "British" et s’exclamaient :

- Dieu qu’il est beau !

Marguerite, la maman, se redressait alors et bafouillait un merci, en rougissant de confusion, puis immanquablement leur répondait :

- Ne le dites pas trop fort, il va finir par le croire !

En grandissant, cela se confirma, Georges devenait de plus en plus beau, cheveux blonds, yeux bleus, bien bâti, déjà beau parleur, gentil, aimable, un amour d’enfant ! Quand dans la rue les fillettes jouaient à la corde en récitant des comptines :

- Le Palais Royal est un beau quartier.

- Toutes les jeunes filles sont à marier.

- Mademoiselle Nicole est la préférée...

- De Monsieur GEORGES qui veut l’épouser !

Elles se mettaient à glousser. Georges souriait gentiment à la petite Nicole ou une autre interpellée dans la comptine, les petites rougissaient, minaudaient, dansant d’un pied sur l’autre.

A l’école, il était le "chouchou". Irrésistiblement, ses institutrices, à la moindre occasion, lui passaient la main dans les cheveux. Charmeur, Georges était charmeur, chaque année il obtenait le prix de camaraderie (autrefois ce prix était décerné, par un vote à bulletin secret, à celui qui avait été le meilleur camarade, et ce dans chacune des classes du primaire).

Son premier "vrai" baiser, Georges le reçut à l’âge de onze ans, donné par la fille d’une fermière de l’Aveyron, où ses parents passaient des vacances.

La fille, une brunette alors âgée de quatorze ans, un tantinet délurée, l’avait attiré dans un endroit tranquille, loin du regard maternel, et au prétexte d’un jeu de devinettes du style : "petite grange pleine de nourriture, sans portes ni fenêtres, qui suis-je ?"

- Ben, j’sais pas, avait-il répondu.

- Un œuf ! S’était écrié la jolie Catherine, tu me dois un gage.

- Ah bon, lequel ?

- Un baiser ! Puis elle s’était littéralement jetée sur lui, collant ses lèvres sur les siennes en tentant d’insinuer sa langue entre ses dents serrés.

Georges avait rapidement compris ce qu’elle cherchait et avait répondu à son invite.

Au cours des années qui suivirent, le beau gosse avait accumulé les conquêtes, emballant tout et n’importe quoi, à croire que seule la quantité comptait pour lui, un peu comme les cow-boys de nos westerns qui crantent le manche de leur colt après avoir abattu un homme, lui se vantait de ses bonnes fortunes, faisant baver d’envie ses copains qui ramaient comme des malades, sans arriver à conclure !

Il faut dire que dans les années cinquante, ça n’était pas facile, c’était pour ainsi dire mission quasi impossible. Le mariage ou rien !

Comme tous les jeunes de cette époque, Georges fut appelé sous les drapeaux. D’abord, les classes à Lunéville. Même là, il fit des ravages, et pourtant les jeunes filles du crû étaient averties, et se méfiaient des militaires comme de la vérole !

Il avait laissé à Paris deux "fiancées", voyant parfois l’une, parfois l’autre, au gré de ses permissions, il les recevait chez ses parents ! Les braves gens n’osaient pas trop lui faire des réflexions. Ils n’approuvaient pas, non, mais faisaient preuve de complaisance.

Un jour, recevant l’une de ses conquêtes suite à une "quarante huit heures", l’autre, avertie par un copain qui avait aperçu Georges débarquant chez lui, se pointe : le drame, un Vaudeville, une pièce de Boulevard :

- L'une : je suis la fiancée de Georges !

- L'autre : moi aussi !

- On se marie à Pâques.

- Nous, cet été !

Les parents : dans leurs souliers qui avaient perdus deux pointures d’un coup, et le beau Georges au milieu, l’air goguenard, petit sourire. Bien sûr, ce jour-là, il perdit ses deux fiancées.

Mais aucune ne résistait au charme du beau blond. Puis, après ses classes, il partit pour l’Algérie : Fort de l’eau.

Il faut savoir qu’à l’époque les "pieds noirs" se méfiaient des militaires Français, bon nombre d’entre eux ayant pris la tangente, dès leurs vingt-huit mois terminés, les laissant avec un souvenir, qui allait grandissant dans le fond de leur ventre !

Eh bien Georges, toujours aussi séducteur, trouvait encore des bonnes fortunes ! Libéré de ses obligations militaires, il continua ses frasques, jusqu’au jour où la jolie Michèle se retrouva enceinte.

Michèle, une jolie fille, vingt ans, dactylo dans une compagnie d’assurances à Paris, c’est en bredouillant qu’elle lui apprit la nouvelle.

Georges l’aimait bien, mais de là à l’épouser… Toutefois à cette époque, il était très rare que les couples vivent maritalement, il y avait une horrible expression désignant cet état de fait : à la colle, "ces gens là" sont à la colle ! Alors un beau matin de Juin, Georges et Michèle s’unirent selon l’expression consacrée : pour le meilleur et….

Au début, tout alla bien, Georges se tenait, la naissance de Francis, leur petit garçon, semblait avoir assagi le papa. Semblait seulement, car ses vieux démons ressurgirent rapidement : une collègue un jour, une compagne de voyage un autre, le trajet Mitry-Paris était suffisamment long pour donner le temps de faire connaissance.

Il y eût aussi la voisine : au début des petites phrases échangées par-dessus la clôture et puis…

Une pas farouche, la voisine, divorcée, trois enfants, levant aussi bien le coude que la jambe !

Cela ne trompait pas Michèle, chacun des écarts de son époux lui était une torture, elle se résignait, mais rien ne lui échappait : un parfum sur sa veste, des jours et des jours sans lui faire l’amour... Une fois, même, alors qu’il se déshabillait, elle s’aperçut qu’il avait mis son slip le devant derrière, sans doute un habillage à la hâte, après un p’tit coup à la sauvette, songea-t-elle tristement.

Un matin d’automne, elle reçut un télégramme, très peu de foyer possédant le téléphone, en cas d'urgence on envoyait un télégramme, via la poste.

Papa au plus mal STOP t'attendons STOP bises Maman STOP.

Michèle mit à la hâte quelques affaires dans une valise, confia Francis à la garde de son amie, puis acheta un billet pour Limoges, ville dans laquelle ses parents s’étaient installés depuis peu, ils y avaient acheté une petite maison pour leur retraite.

Georges n’était pas ravi, certes, mais cela ne l’affectait pas beaucoup, il en profita pour faire venir chez lui, afin d’occuper ses nuits, Jeanine, une brunette assez gironde, qui possédait des talents de chevaucheuse de guignols assez exceptionnels !

Bah ! Songeait-il, Michèle est absente pour plusieurs jours, autant en profiter !

Ce dimanche matin, Georges se leva, laissant Jeanine paresser au lit. La veille, il avait reçu une lettre de sa femme, postée le jeudi, dans laquelle elle le rassurait sur l’état de santé de son père. Certes il était hospitalisé, suite à un malaise cardiaque, mais rien de très grave, beaucoup de repos, plus un suivi médical. Elle lui disait aussi qu’elle rentrerait sans doute le lundi, ou plutôt le mardi suivant, sa présence rassurant ses parents.

Tout en sifflotant, Georges partit faire un tour sur son vélo tout neuf, acheté trois mois auparavant à la manufacture de Saint-Etienne.

Jeanine, encore endormie, ouvre péniblement un œil, dans un brouillard elle aperçoit une silhouette, celle d’une femme…

- Salope ! Hurle cette dernière, un éclair, la lame du large couteau de boucher plonge dans l’abdomen, tranchant net l’aorte abdominale !

Le vélo appuyé au mur de la maison, le polo trempé de sueur, Georges monte les marches du perron en haletant un peu, après les soixante-dix kilomètres avalés bon train… Normal.

La porte n’est pas fermée à clef.

J'étais pourtant sûr de l’avoir fait, pense-t-il. Il pénètre dans le hall puis, passant devant la cuisine, il aperçoit, assise sur un tabouret, sa femme.

- T’es …T’es déjà rentrée ?

- Ça se voit, non ?

- Et ton père comm... Comment va-t-il ?

- Qu’est-ce-que ça peut t’foutre ? C’est qui la poufiasse dans MON lit ?

- La quoi ?

- Fais pas l’ignorant, suis-moi !

Michèle s’est levée, Georges la suit les boyaux noués, il transpire mais, cette fois, la sueur est froide, il n’en mène pas large. Michèle s’arrête devant la porte de la chambre, pâle, déterminée, elle ouvre largement le battant, s’efface, Georges fait un pas, recule, porte les deux poings à sa bouche, il hoquète puis vomit sur le mur, vomit encore, s’essuie la bouche du revers de la main.

- Non, ça n’est pas possible, pas ça ! Pas TOI ! Dis-moi que ça n’est pas toi qui as fait ça !

- Oh que si, j’en ai plus que marre de toutes tes pouffes, cette salope a payé pour TOUTES les autres, tu m’as prise pour une conne durant toutes ces années, j’ai fermé les yeux, encaissé… Mais là !

- Profiter de mon absence, et pour quel motif ! Et toi, mon salaud, tu ramènes la première pute venue dans notre lit !

- Ne reste pas figé comme un con, maintenant il va falloir s’en débarrasser.

Où est la petite Michèle timide, effacée, réservée que j’ai connue ?

Georges est abasourdi, un direct dans l’estomac ne lui aurait pas davantage coupé les pattes.

Alors ils ont roulé le corps dans le drap maculé de sang puis l’ont traîné jusque dans la cave, ensuite chacun est remonté afin de rapporter des bêches.

Georges devant, Michèle trois marches plus haut.

- Nous allons creuser sa tombe dans la cave ?

- VOS TOMBES !

Ce furent les derniers mots que le beau Georges entendit, quand la bêche dans un large mouvement semi-circulaire vînt lui trancher la tête au niveau de la troisième cervicale, KLONG, KLONG, KLONG, fit-elle en roulant jusqu’au bas des marches, avant de s’arrêter contre celle de sa dernière maîtresse… Pour un ultime baiser.

lundi 9 mars 2009

CaluneChoufifrounet, son anniversaire et moi

L'autre jour, alors que je fredonnais distraitement une vieille chanson de Vincent Delerm que j'aimais bien quand j'étais jeune (si si j'ai été jeune un jour), à savoir "Fanny Ardant et moi", je me suis rendue compte, je ne sais pas pourquoi (mais alors, vraiment pas), qu'on pouvait en fait remplacer "Fanny Ardant" par "Choufifrounet".

Si si.

Ben oui, ça va vous en boucher un coin mais il faut bien regarder la réalité en face : Fanny Ardant et Choufifrounet ont le même nombre de pieds. %+&

Et puis voilà.

Choufifrounet et moi
Paroles : Calune d'après Vincent Delerm
Musique : Vincent Delerm, adaptation à la guitare sommaire par Calune
avec la participation "exxconelle" (sic) de Calunette


Téléchargeable directement ici

      On partage pas le quotidien
      Faut dire qu'il habite plutôt loin
      On a une relation comme ça
      Choufifrounet et moi

      Il a bien voulu être parrain
      Enfin, quand même, républicain
      De Calunette, nous voilà liés
      Moi et Choufifrounet

      Il est un peu comme un grand frère
      Et puis c'est son anniversaire
      Allons mon vieux je ne l'oublie pas
      Et je te promets qu'on l'arrosera

      Tu as vu ça, dis, comme je planche
      Alors qu'aujourd'hui c'est dimanche
      C'est vraiment parce que t'es âgé
      Sans te vexer Choufifrounet

      Il a un penchant licencieux
      Et moi un petit côté sérieux
      Mais on évite d'en faire un plat
      Choufifrounet et moi

      Au téléphone il est bavard
      Il raconte toujours plein d'histoires
      Et quant à écrire des billets
      Il est doué Choufifrounet

      Il est un peu comme un grand frère
      Et puis c'est son anniversaire
      Allons mon vieux je ne l'oublie pas
      Et je te promets qu'on l'arrosera

      Tu as vu ça, dis, comme je planche
      Alors qu'aujourd'hui c'est dimanche
      C'est vraiment parce que t'es âgé
      Sans te vexer Choufifrounet


PS: je préfère prévenir tout de suite, je ne relèverai même pas les remarques du type "ah tiens, c'est héréditaire" :-)

samedi 7 mars 2009

Tant-BourrinLa discothèque imaginaire (addendum)

Mon billet d'hier étant particulièrement léger, j'ai imaginé une variante de la chaîne que m'a refilé la Trollette, laissant une plus grande place à un chouille de créativité...

1 - Choisir un blog dans votre blogroll

Etrangement, ma souris a été comme hypnotisé par celui de notre cher Maréchal.

2 - Choisir le titre d'un de ses cinq derniers billets

Je n'ai pas hésité longtemps : j'ai flashé sur séance ordinaire chez ma psy, je ne saurais pas dire pourquoi !

3 - Mettre une jolie photo et composer la pochette de l'album imaginaire que vous rêveriez d'écouter

Voilà, c'est fait...



Ça ne donne pas envie de se précipiter chez son disquaire, ça ? :~)


PS : s'il y en a qui sont prêt à reprendre cette nouvelle chaîne, faut pas hésiter, servez-vous ! :~)

vendredi 6 mars 2009

Tant-BourrinLa discothèque imaginaire

Vous savez quoi ? La Trollette m'a tagué (ici) !

En temps ordinaires, les chaînes me font partir en courant (je ne suis pas très bondage), mais là, vu que, absorbé ces derniers jours par une activité professionnelle tendance "lavabo bouché" (en d'autres mots : débordante) qui ne m'a pas beaucoup laissé de temps pour cogiter un beau billet fin et sophistiqué comme vous les aimez, je me rue dessus comme le Souf' sur une bouteille de gros rouge. Voilà l'occasion de faire un billet à très peu de frais sans se casser la tête !

Allons-y, je suis fidèlement la procédure imposée...


Etape 1 : le nom d'artiste

Cliquer sur http://en.wikipedia.org/wiki/Special:Random et prendre le titre ou les premiers mots.

Je procède procédurièrement et j'atterris sur ceci. Ulugh Kun, ma foi, voilà un nom d'artiste qui déchire bien !


Etape 2 : le titre de l'album

Cliquer sur http://www.quotationspage.com/random.php3 et prendre les 4 ou 5 derniers mots de la dernière citation.

Je scrupule scrupuleusement le mode d'emploi. Je tombe sur une citation de Norman Thomas (1884-1968) : "The secret of a good life is to have the right loyalties and to hold them in the right scale of values". Bon, c'est donc dit, le titre de mon album imaginaire sera "the right scale of values". J'ai encore de la chance, ça a de la gueule !


Etape 3 : le visuel

Cliquer sur http://www.flickr.com/explore/interesting/7days et choisir une des photos.

Je consciencise consciencieusement les indications et je choisis la photo de Maïté d'un gros pachyderme assoupi qui, je trouve, colle bien avec le titre de l'album...


Etape 4 : le résultat

Le bloguer ou le poster sur Fesse d'bouc.

Kif-kif la Trollette : je n'ai jamais compris ni le fonctionnement, ni l'intérêt de Fesse d'bouc, alors j'en fais un billet ici... Voici donc en première mondiale (et en dernière par la même occasion) la pochette de l'album imaginaire que vous ne pourrez jamais écouter hormis dans vos rêves....



Etape 5 : taguer à son tour

Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à faire aux truies ce que je n'aimerais pas confit de canard. Alors je laisse la chaîne ouverte car, ayant "the right scale of values", je sais le prix de la liberté !

Mais que ceusses qui ont envie de s'y risquer s'y risquent, ça enrichira toujours un peu plus la discothèque imaginaire ! :~)

mercredi 4 mars 2009

Saoul-FifreLa discute salutaire de Madame Cyclopède

Je le savais, que je n'aurais pas dû aller à Amsterdam avec une nana qui ne sait pas monter en vélo.

Le loueur se mit à blêmir en assistant à la démonstration par Margotte de ses compétences en la matière. On sentait le gars soigneux craignant pour son matériel, dans l'angoisse qui transpirait de sa voix quand il aboya en anglais quelque chose que je traduisis à la louche par : "Je crois que ça ne va pas être possible..."

Je reconnais humblement que mon célèbre calme olympien fut pris en défaut lui aussi ce jour là. Je poussai également ma goualante rageuse :

- "Bordel, tu l'as fait exprès, j'en suis sûr : tu as refusé de t'entraîner tranquillement chez nous avec le vélo de Zoé sous de fallacieux prétextes, tu avais décidé dès le début que tu ne ferais pas de vélo !!"

- "Mais prends-en un, toi, moi j'irai à pieds, on se donne rendez-vous quelque part..."

- "Il n'en est pas question ! On est à Amsterdam, et à Amsterdam, on fait du vélo. Ensemble !"

Le loueur me regardait, l'œil sombre. De un : nous étions au pays de la discrimination positive envers le sexe faible et autres visiblement minorisés et mon ton manquait de correction politique. Et de deux : il devait se dire "Mais en insistant comme ça, il va finir par me la faire changer d'avis, ce danger ambulant sur deux-roues. Je prévois pour les heures à venir de la roue vrillée en pagaille, du pédalier faussé et du cadre dessoudé. Mon corps-au-pied sensible me ment rarement."

Le sourire revint sur son visage quand il vit Margotte s'accrocher mordicus à son refus de poser ses fesses sur un biclou instable. Je pris celui qu'il me proposa et sortis. La place de la Bourse, grand espace plat et vide à cette heure trop matinale pour l'amstellodamois fripon (nous étions en limite du quartier rouge), se trouvait juste devant le magasin.

- Bon maintenant, tu vas arrêter d'être négative. Tu as de l'espace, personne pour t'emmerder (à part moi), tu vas t'entraîner pendant 1/4 d'heure avec mon vélo, et puis après, tu t'en loues un et on fait ce qu'on avait prévu de faire. Tu as le vélo simple que tu voulais, sans vitesses, sans freins au guidon, ya pas un câble qui traîne, on peut difficilement faire plus basique. Allez ouste !

Margotte se lance, fait 3 mètres, stoppe, redémarre, fait un cercle à peine ovalisé...

- "Tu vois que tu y arrives."

- "Oui mais non, je ne peux tourner que sur la droite..."

- "Arrête de dire des conneries, tu me feras plaisir. Fais des huit, maintenant, et puis après, entraine-toi à passer dans des endroits plus étroits, car leurs pistes cyclables, elles sont pas trop larges. Oui, là, entre le banc et l'arbre. Et puis fais des cercles de plus en plus petits, à faible vitesse, tu ne crains rien, tu peux mettre pied à terre quand tu veux..."

Cette petite révision des notions de base effectuée, elle retourna louer son vélo chez le mec qui en menait toujours aussi peu large, son espoir de revoir son engin en bon état suite à son passage par les douces mains de Margotte étant assez proche de zéro.

- Allez hop, en route, et n'oublie pas que le vélo est roi ici, et qu'il a toujours priorité !

Bon, ce fut dur, très dur, il a fallu que je m'arrête souvent pour l'attendre, j'ai même eu le temps de me faire de petites siestes. Mais enfin on a fait un grand tour dans les îles, dans le Vodelpark, et puis 2 grands marchés de plein air dont les locaux se régalent, et puis le soir, quand on a ramené les bécanes, le loueur a eu l'élégance de ne pas vérifier à la loupe l'état du souffre-douleur-à-roues de Margotte.

Ces Néerlandais sont adorables.

Et de retour en Provence, Margotte m'a demandé de réviser son vélo.

Le début d'une grande aventure sportive et amoureuse ??

lundi 2 mars 2009

Mam'zelle KesskadieHonte sur moi pour pas grand chose

Devant mon célibat qui devient plus chaste d'heure en heures sans hommes dans ma vie et avec cinq enfants à temps plein (imaginez comment je trouve le temps long. mais ça pourrait être pire, je pourrais compter en minutes), je pris de fermes résolutions, à défaut de fermes bâtons.

J'ai décidé de m'abonner à Illico, un truc qui, moyennant des sous durement gagnés et déjà engagés mais détournés, permet de choisir des films de chez soi. De un, ça évite d'aller courir le louer, de deux, comme j'oublie toujours d'aller le reporter à temps, de payers moults amendes. Les enfants sont très contents, on a vu Narnia 2, je compte voir Bienvenue chez les ch'tis, mais ce n'est pas de ces films catégorie générale dont je veux vous entretenir.

Non.

Je veux vous prévenir contre les méfaits de la catégorie adulte. Car, évidement, là, où on peut faire de l'argent, il y a du sexe, il y a des films de cul qu'on peut se commander dans le confort et, on aura deviné, la discrétion de son salon.

Justement, les enfants sont partis chez leur père pour un des rarissimes week-ends. Je n'ai aucun plombier (plombier : qui entretient la plomberie, les tuyaux internes, quoi) dont je veux les services, il me reste le faites-le soi-même en trois leçons télévisées. Bon, pas que je n'ai pas d'idées quoi faire, mais c'est comme la cuisine, une bonne recette fait toujours des heureux-ses.

Donc, les enfants partis, je descends au sous-sol avec mon bol de pop-corn dans l'intention coquine et délinquante d'aller voir un film XXX. Le choix, ma chère ! Je vois que la littérature n'a pas beaucoup évolué en regardant les titres. Vais-je commander Cochonnes dans le salon ou Salopes au bureau ? Dilemme. Je me demande, le temps de la réflexion, pourquoi ce sont toujours des féminins dans les titres, pourquoi ça ne serait pas : Cochon dans mon salon ou Salaud au bureau.

Ouais.

Restons-en aux classiques, ça sonne la bonne cloche.

Donc, je choisis Salopes au bureau. Synopsis : après une dure journée, les employés d'une agence de marketing se détendent en compagnie des secrétaires. C'est ça, toujours les femmes qui font la job. Mais bon, pourvu que l'homme participe minimalement en restant branché, je veux dire bandé, c'est tout ce qui compte, n'est-ce pas ?

Alors, pour commander, on me demande mon mot de passe, remot de passe, ce qui me fait bien rire, Comme je suis vieille et n'ai pas de mémoire, j'ai toujours le même mot de passe. Et quand, par malheur, je l'oublie, je demande aux enfants de me le rappeler. Ça augure mal pour la surveillance parentale. Ensuite, mettre la télécommande en mode VOD.

Ah.

VOD.

Il y a un os sur VOD.

Dommage que j'ai jeté le livre d'instructions, comment on met l'estifie de commande en VOD ???

Ah, oui, en voyant les boutons, c'est-à-dire, en mettant mes lunettes de lecture, je vois ledit truc à presser. Ok. VOD mon amie.

Et silence, ça tourne, en fait, ça f..... mais............

Déçue, que je fus, déçue, mais plus déçue encore qu'avec un éjaculateur précoce rencontré à mon adolescence.

D'abord parce que c'est d'une longueur, (non pas le pénis de l'acteur) éprouvante, ensuite, parce que c'est plus répétitif qu'une mère de famille qui crie à son plus vieux qui a les écouteurs de son IPOD dans les oreilles de ramasser les chaussettes sales.

J'ai, déjà dans ma jeunesse, écouté un film dit de cul. Dans mon temps, la langue servait AUSSI à parler. Et bien, croyez-le ou pas, de tout le film, aucun son, aucune parole, ils ont économisé sur le dialoguiste.

RIEN. PAS UN MOT.

On voie que c'est un film fait pour les hommes. Femme, tais-toi et suce. Tu n'ouvriras que les jambes et ce genre de directives.

Bon, va pour pas de dialogues. Va pour la fille qui dit : oui, oui, non, non, oui oui, non , non, ahhhhhhh, mmmmmmmmmmmm, oui, oui, non , non, ahhhhhhhhhhhhh mmmmmmmmmmm, mais après dix minutes, je me suis doutée qu'ils repassaient la bande sonore en boucle quand la fille avait le clapet fermé et qu'on entendait encore oui oui, non, non, etc. À moins, évidement, que j'eusse omis de noter une troisième actrice dans un rôle de soutien hors caméra. Tout se peut dans le merveilleux monde de la porno.

Le scénario varie un tantinet. Des fois, c'est le gars qui fait l'oral en premier, des fois c'est la fille. Après, c'est assez conventionnel, un tit peu de derrière, un tit peu d'avant, oups, sur le côté, on finit par la tartine à la crème dans le visage de la douce (avec sur fond sonore oui oui, non, non,ahhhhhhh, hummmmmmmmmm, pourquoi changer une si bonne répartie ?).

Cinq ou six fois de file, on refait l'histoire en changeant les costumes ou les acteurs, je ne saurais dire étant donné qu'on voit le visage de la fille rien qu'en dernier et qui plus est, il est vite recouvert. On pourrait toujours essayer de voir si le pénis est différent, mais il est toujours fourré dans quelque chose et en dernier, il a la main dessus. Par contre, je note qu'on change les souliers de la fille. J'ai jamais vu d'aussi laides galoches et elle ne les enlève jamais. C'est un truc érotique, bondage. Elle ne peut s'enfuir avec ces souliers-là, impossible de marcher avec cette hauteur de talon aiguilles. Les souliers sont à la fille, ce que le........... est au garçon. Remplissez le vide par vous-mêmes, je ne remarque rien de particulier sur le gars, il est tout nu. Pas d'accessoires. Rien. Il baise à poil, l'autre à talons. Fin de l'étude sociologique de l'accessoire pornographique de la salope du bureau.

Au fait, croyez-le ou non, j'ai jamais vu un seul pupitre, pas un seul bureau. Il y a eu un matelas de sports, une chaise, un sofa, ensuite... me souviens plus.

Mais Sabrina avait la plus jolie robe de bal très moderne et vous auriez dû voir le chic de Bogart qui s'amène avec la bouteille de champagne. Ça, monsieur, c'est de l'accessoire !

Heu, c'est qu'entre-temps... je zappais pour aller voir sur les autres chaînes de télé s'il n'y avait pas quelque chose de plus grand intérêt jusqu'à ce que je tombe sur le premier Sabrina avec Audrey Hepburn et Bogart.

Une fois Audrey et son prince charmant partis en France, je me suis dit que le film porno désastreux et désespérant que j'avais vu était peut-être de la malchance.

Fais que je regarde de nouveau la sélection et je me réessaie. J'ai choisi : Party de filles.

Histoire : à l'occasion de l'anniversaire de Sharon, ses copines lui préparent un surprise-party.

Mon imagination s'emballe. Les gars vont arriver et ça va être le partouze du siècle. Au pire, elles invitent un strip-teaser qui va devoir satisfaire Sharon et cie.

Innocente, mais que je peux être innocente.

Bon, il y a eu plus de dialogues. Je retiens un : Vous avez commencé sans moi, petites cochonnes (troisième amie) et : Surprise surprise !

J'ai compris que je m'étais encore fait des accroires et je m'ennuyais ferme quand j'ai mis le bouton à MUTE et que je lus un excellent article sur le refroidissement de la planète tout en jetant un regard toujours ennuyé sur l'action.

Et pourtant, me semble que ça ne doit pas être si compliqué écrire une histoire, baise inclue. Genre, il la rencontre, elle ne veut rien savoir. Elle change d'idée, lui aussi. Un malheur arrive, ou une tempête de pluie, de neige ou un déluge et ils sont coincés en montagne, en campagne, au refuge, au choix. Ils baisent. Ils se marient.

Voilà. c'est pourtant si simple.

Je m'interroge. La simplicité aurait-elle une allure différente selon l'homme et la femme ?

Zut, alors, voilà pourquoi l'amour est compliqué.

Mademoizelle Keskadie, toujours célibataire et chaste, par manque de matériels, de temps et de candidats.

Pour ce qui est de l'imagination, par contre, je vous écrirai un autre billet, un jour.

samedi 28 février 2009

AndiamoLa recherche fondamentale.

Je vais commencer par une petite histoire...

Nous sommes en 1196, sur une île située au milieu d’un fleuve qui coule en Amérique du nord, plus tard les colons l’appelleront Hudson. Sur cette île vit une tribu de nobles guerriers : les Algonquins. Leur île s’appelle Manna-Hata, l’île aux multiples collines.

Le chef de cette noble tribu, demande un jour à son plus valeureux guerrier :

- Crois-tu qu’au-delà de la grande rivière salée il y ait d’autres hommes ?

- Je ne sais pas répond le guerrier, mais nous pourrions envoyer des signaux de fumée et attendre une réponse, ainsi nous serions fixés.

- Tu as bien parlé rétorque le chef, demain nous apporterons du bois, puis nous allumerons un grand feu et enverrons des signaux.

Le lendemain, toute la tribu a préparé un immense bûcher. Le chef y met le feu et, lorsque la fumée est bien épaisse, à l’aide de couvertures cousues entre elles, on commence à envoyer des signaux.

On recommence l’opération le lendemain et ainsi de suite durant quatre jours. N’obtenant pas de réponses, le chef se tourne vers son valeureux guerrier et lui déclare :

- Voilà, maintenant, nous sommes certains qu’au-delà de la rivière salée il n’y a personne, HUGH !

Où je voulais en venir ? A ceci :

Le S.E.T.I., Search for Extra Terrestre Intelligence, est un organisme dont Carl Sagan est l’un des initiateurs. Cet organisme est chargé de rechercher des traces de vie extra-terrestres dans l’univers, car, si notre univers compte 200 milliards de galaxies, chacune contenant environ 200 milliards de soleils. C’est bien le diable si on ne trouve pas dans tout ça une ch’tiote planète pouvant accueillir la vie, voire une vie intelligente, non ?

Or les fonds du SETI ne sont plus alimentés, sauf par des dons privés, et, vraisemblablement, tout cela cessera un jour.


Où sont-ils nos Vasco De Gama, nos Christophe Colomb, où sont nos Docteur Livingstone I presume ? Nos conquérants de l’inutile ? Ceux qui, penchés à l’avant des blanches caravelles, voyaient monter des étoiles nouvelles ? Ceux qui comme Ulysse avaient fait un beau voyage ? Les Argonautes qui s’emparèrent de la toison d’or ? Où sont-ils donc ?


Vive l’inutile, ces fous qui inventent des choses qui ne servent à rien. Pensez donc, deux frangins, en Amérique, veulent faire voler un plus lourd que l’air ! I M PO S S I B L E ! Et pourtant, en 1903, ils y parviendront ! Oh, un saut de puce bien sûr, quelques mètres….

Soixante-six ans plus tard, l’homme pose le pied sur la Lune ! Soixante-six ans seulement séparent le saut de puce des frères Wright du pas de Neil Armstrong !

Et depuis, plus rien ou si peu, quelle frilosité ! Ça ne sert à rien, les voyages spatiaux, il faut chercher utile !

Regardez ce Monsieur Cugnot... Nous sommes en 1770. Un hurluberlu, ce Joseph Cugnot : il vient de mettre au point un engin à vapeur, "le fardier", cet engin serait, je dis bien "serait", capable de remplacer les véhicules hippomobiles !

AH ! AH ! Je me marre, "ON" ferait mieux de financer des recherches utiles, par exemple aider les chercheurs qui souhaitent améliorer la race chevaline.

Imaginez : si par le truchement de quelques habiles croisements, on obtenait une nouvelle race de chevaux capables de parcourir une lieue supplémentaire dans la journée, voilà une recherche qui serait bien utile.

Mais un chariot à vapeur… Quelle idée farfelue !

Rouler dans un tunnel à plus de quarante kilomètres / heure ? Impossible, la pression induite sera telle que les corps seront broyés, c’est ce que pensaient des savants forts respectables à la fin du XIXème siècle. Aujourd’hui, nous traversons ces tunnels à plus de 300Kms/h, avec seulement une petite gêne au niveau des tympans !

Et que penser de ce malade mental : un Suisse, François Isaac de Rivaz, nous sommes en 1807 et il vient de déposer un brevet concernant un engin qu’il appelle "moteur à explosion interne" et qui fonctionne au pétrole, ce produit juste bon à brûler dans les lampes, et malodorant avec ça, POUAH !

Si les hommes avaient rondement mené la conquête spatiale, il y a belle lurette que des astronautes auraient posé le pied sur Mars ! Que dis-je le pied, les deux tant qu’à faire ! On nous rétorque :

- Oui, mais le voyage, c’est au bas mot, un an et demi ! Vous vous rendez-compte ? C’est long un an et demi !

Amundsen resta absent près de huit mois, pour aller conquérir le pôle nord, laissant son navire hiverner six mois. Pourquoi ? Pour être le premier !

Et puis si l’on désire voyager vers d’autres étoiles, les distances sont si colossales qu’il faudra bien inventer "autre chose" qu’une fusée, si rapide soit-elle ! On aurait dit à Christophe Colomb, voici cinq siècles, "un jour, l’homme mettra trois heures pour traverser l’Atlantique", impossible aurait-il répondu, jamais un navire ne pourra se déplacer à une telle vitesse. C’est toujours vrai, même aujourd’hui, alors les hommes ont inventé l’avion.

Aller sur la lune ? Impossible, aucun avion ne peut atteindre l’espace, et encore moins s’y déplacer, les hommes ont construit des fusées !

Les étoiles sont trop lointaines ? Alpha du Centaure : quatre années lumière ! Quatre ans de voyage à raison de 300.000 km à la seconde ! Sept fois le tour de la terre en une seconde, on ferait mieux de tourner sept fois sa langue dans la bouche d’une jolie femme, oui !

Reste aux hommes à inventer autre chose que des malheureuses fusées se traînant à 11 km/seconde. Allons, Messieurs les savants, penchez vos têtes chenues, afin que vos deux neurones entrent en contact !

Les hommes ont toujours relevés les défis. Ce que l’homme rêve, l’homme le réalise un jour !


Aujourd’hui, on dit : ça coûte cher ! Une guerre en Irak, c’est donné, et puis ça servirait à quoi ? A rien, assurément, aujourd’hui, tout comme l’invention de Nicéphore Niepce, ou celle de Daguerre, ou encore celle des Lyonnais, des grands enfants, ces frères Lumière ! Filmer un train entrant en gare, à La Ciotat en plus ! C’eût été à St Lazare, passe encore, mais en province, a-t-on idée ?

Monsieur Bell et son … téléphone ? Oui, c’est ça, un téléphone, un gadget, voilà c’est ça un gadget ! Tandis qu’un bon vieux sémaphore, çà c’est du solide, du concret !

Je pense très sincèrement que le jour ou l’homme ne rêvera plus, le jour où il n’y aura plus de Cyrano pour s’envoler dans les airs grâce à des ballonnets remplis de rosée que l’ardeur du soleil évapore, eh bien ce jour-là l’homme sera vraiment de trop sur terre !

La recherche fondamentale, ce qui a permis à l’homme d’ avancer, ne pas attendre que tombe la foudre tombe pour avoir du feu, regarder au-delà des mers et des continents, chercher à comprendre, à expliquer, sortir de notre planète, la course aux étoiles, ça coûte cher peut-être, mais le rêve n’a pas de prix, sinon pas de livres, pas de films ni de musique, pas de poèmes non plus.

Il n’y a que le rêve qui vaille, aidons les doux farfelus qui veulent voler, traverser les océans sur des bateaux de plus en plus rapides, envoyer des images à travers l’espace afin que nous puissions nous émerveiller, écrire des musiques sur des supports de plastique, afin que chacun les écoute encore et encore, Construire des vaisseaux gigantesques qui nous ouvriront la porte des étoiles.

Rêvons… Le rêve ? Un peu de miel au fond d’un verre de cyanure.

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