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samedi 15 décembre 2012

Tant-BourrinBrouillon de culture (13)

Vos neurones s'encrassent de nouveau d'avoir passé trop d'heures devant la télé ? Il est grand temps de vaporiser dessus un petit coup de "Brouillon de culture", la soude caustique de l'intellect !

Pour les grosses tâches nouveaux sur ce blog qui n'en ont jamais entendu parlé (si, si, il paraît que ça existe, ces choses-là !), voici de quoi aller vite vous remettre à niveau (mais vu la profondeur de leur crasse, qu'ils n'oublient pas de respecter les paliers de décompressions !) : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11 et 12.

Ce treizième numéro va vous porter chance, puisque vous allez avoir le bonheur de découvrir quatre immenses chefs-d'oeuvre de la Littérature, piochés au hasard dans mon immense bibliothèque. Allez hop, tous chez vos libraires !





Trois zobs dans un Petit Bateau (sans parler d'Lucien)- Jezobe Q. Jezobe

Contrairement à ce que pourrait laisser penser son titre, ce roman comique n'a rien à voir avec un quelconque éloge de la pédophilie. Il narre les aventures cocasses de George-Harris-Jérôme, un jeune homme qui, en raison des radiations d'une centrale nucléaire proche, est né doté de trois pénis. Le héros a d'ailleurs non sans humour baptisé chacun d'eux à partir de son prénom multiple : George, Harris et Jérôme.

Ses pérégrinations pour trouver l'âme sœur donnent lieux a de nombreuses scènes comiques (le plus généralement : une fuite de la donzelle accompagnée de cris horrifiés quand celle-ci voit le loup... ou plutôt la meute de loups).

Un jour, coup de théâtre : lors d'un examen médical, on lui découvre un quatrième pénis, passé inaperçu jusque-là car il est nécrosé. Faute de rallonge à son prénom, il décide de l'appeler Lucien, en hommage à son grand-père Popaul.

Enfin, dans un ultime rebondissement, l'histoire se termine sur un happy end : George-Harris-Jérôme finit par découvrir la plénitude sexuelle avec une boule de bowling.





L'avis devant soi - Emile Acharge

Ce roman a marqué l'histoire de la littérature française, puisque son auteur, Emile Acharge, a été récompensé du prix Con gourd, alors qu'il l'avait déjà reçu vingt ans plus tôt sous son vrai nom de Romain Tarif.

Madame Imposa, une vieille perceptrice à la retraite, a ouvert une pension pour ses jeunes confrères qui se sont mis "à penser de travers", autrement dit des agents de recouvrement des impôts victimes de nervous breakdown à force de devoir ingurgiter des palanquées de réformes fiscales (généralement, la mise en place de nouvelles niches). Totaux, un jeune percepteur ébranlé par l'avis d'imposition modèle C141-6578b revu de fond en comble par rapport au modèle C141-6578a, raconte sa vie chez Madame Imposa, qui devient pour lui une vraie mère qu'il aime de tout son cœur. Il accompagnera celle-ci jusqu'à la fin de sa vie, sans oublier toutefois de prélever 40% sur la tranche supérieure de ses économies après sa mort.





Les porte-ukulélés m'enterrent - Michel Houellechèque

Ce roman raconte les destinées croisées de deux demi-frères, issus d'une mère permissive en matière musicale, puisqu'elle fait régulièrement des bœufs impromptus proches de la cacophonie avec des musiciens de passage.

L'un des demi-frères, Michel, a une vie musicale quasi-inexistante et n'a soufflé dans une flute à bec pour la première fois qu'à l'âge de trente ans. De fait, la chose le laisse froid. La seule émotion musicale profonde qu'il est jamais eue remonte à l'époque où sa défunte grand-mère adoptive jouait pour lui de son ukulélé.

L'autre demi-frère, Bruno, est au contraire un obsédé musical qui souffle et gratte sur tout ce qui fait de la musique. Apogée de cette vie musicale minable et sans relief, Bruno fait un séjour dans un camp new solfège et y rencontre Christiane. Ils font des duos à répétition, de façon mécanique et dépourvue d'émotion. Ils se lance ensuite dans une quête musicale effrénée en participant à des bœufs forcenés avec des musiciens allemands. Mais la maladie rattrape Christiane qui perd l'usage de ses doigts. Incapable de se servir d'un manche de guitare, elle préfère se donner la mort.

La frustration de Bruno le conduit aux confins de la folie et du suicide. Pendant ce temps, son demi-frère Michel, après avoir longuement réfléchi sur l'inanité de la musique, se lance dans des travaux scientifiques qui vont révolutionner à jamais le monde de la musique : il parvient à fabriquer des clones d'ukulélés à très bas coût. Le prix des instruments sur le marché devient si bas que les musiciens en viennent à les considérer comme des instruments jetables. Les porte-ukulélés, roadies qui accompagnent les musiciens dans leur déplacements en transportant leurs instruments, se retrouvent pour le coup au chômage. Un groupe d'entre eux se vengent en fracassant le crâne de Michel avec un hélicon, puis inhument discrètement son corps dans une fosse d'orchestre.





Les femmes, ça fiente - Molle-hier

Cette pièce en cinq actes et en alexandrins est l’œuvre de Jean-Baptiste Pot-Collant, mieux connu sous le surnom de Molle-Hier (surnom qui lui avait été donné de par son habitude de consigner par le détail l'état de ses déjections chaque fois qu'il allait à la selle).

La pièce narre les fortes dissensions au sein d'une famille apparues après que la mère (Philamotte), sa belle-sœur (Brènegrise) et sa fille aînée (Arimmonde) se soient entichées d'un faux savant ambitieux (Pticrottin).

Celui-ci a été introduit dans la famille sur un malentendu (un erreur dans la rédaction d'une petite annonce) : les femmes recherchaient un guide spirituel spécialisé en eschatologie, alors que Pticrottin est Docteur honoris causa es-scatologie. Malgré cela, Pticrottin a très vite subjugué les trois femmes par ses talents hors du commun : outre sa capacité à interpréter l'air d'au clair de la lune avec ses flatulences, il est surtout capable, par un contrôle millimétrique de ses sphincters de déféquer des étrons en forme de vierge Marie.

Le reste de la famille - à savoir Chissale (le mari de Philamotte), Arpic (le frère de ce dernier) et Henptipette (la cadette des filles) - est plus circonspect et le soupçonne surtout d'en vouloir à l'argent.

Henptipette est courtisée par Chitendre, après que le jeune homme se soit détournée de sa sœur Arimmonde, lassé par sa névrose obsessionnelle pour les matières fécales. Les deux amoureux souhaiteraient se marier. Chissale et Arpic sont favorables à ce mariage, mais les trois femmes de la famille, Philamotte en tête, s'y opposent : elles veulent d'Henptipette épouse Pticrottin, pour asseoir l'alliance avec le spécialiste de l'anneau.

Heureusement, Arpic parvient à démasquer la malhonnêteté de Pticrottin : celui-ci se promenait en permanence avec des crottes de chiens fraiches dans une poche et un moule de la vierge Marie dans l'autre ; ses sphincters n'étaient donc pour rien dans l'accomplissement du prétendu miracle.

Henptipette peut donc enfin se marier avec Chitendre et devenir son ébouse. On leur jette du riz à la sortie de l'église en raison de ses vertus constipantes.

mercredi 12 décembre 2012

Saoul-FifreLa Fête de la verge

M'enfin, Andiamo, j'ai pas dit "la fête à ma verge", nonon, une vraie fête, le long du quai (et non "le lait du con"), dans la belle ville de Sète (et non "dans l'eau d'vaisselle de bite"). C'est Croukougnouche, toujours fourrée dans les bons plans, qui nous a prévenus de ce coup-là, elle qui fait partie de longue date de la mouvance du Lieu noir et de la Compagnie Cacahuete . Et sincèrement, elle et son mari Vincent méritent vraiment la médaille des Relayeurs de Convivialité, je fais la grève de la faim tant qu'ils ne l'ont pas obtenue.

Enfin, non, juste un petit régime.

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samedi 8 décembre 2012

AndiamoMa communion solennelle

J’en vois qui se marrent déjà : l’autre mécréant qui va nous parler de sa communion ! Autrefois, quand t’étais minot, t’avais pas le choix : t’allais au caté, tu faisais ta communion et tu fermais ta gueule ! C’était comme ça pour la plupart d’entre nous ! Élevé dans la religion catholique, apostolique et romaine… Amen.

Ça me faisait carrément tartir, j’avais tout de même un pote ou deux dont les parents badigeonnaient les murs à la barbouille noire « US GO HOMME », c’était à la mode après la guerre, les Ricains étaient venus nous libérer, merci pour tout, mais maintenant : caltez ! Ils étaient comme ça, les cocos, reconnaissants… mais pas trop. Ben oui, y causaient pas patois les vieux de mes potes, alors des fois le « H » y restait dans l’pot, ou bien y’avait un « M » en trop ! Mais le pot, c’est eux qui l’avaient, mes potes, biscotte y z’allaient pas au caté le jeudi.

Putain, cavaler à l’aut’ bout de Drancy pour écouter le cureton me raconter des trucs incroyables ! Le p’tit Jésus qui marchait sur la baille, ou bien il levait les bras au ciel...

- Tu fais quoi seigneur ? demandait Saint Pierre.

- J’amorce, mon bon Pierre… J’amorce.

Et crac ! La pèche miraculeuse, les filets pleins à craquer d’ablettes et de goujons ! Plus que dalle à picter ? Une tite prière et HOP du pinard à la place de la flotte ! Il tombe sur un atigé des gambettes : un p’tit massage sur les rotules et le v’là qui cavale comme une autruche. C’est bien d’être le fiston de Dieu ! Et sa Maman toujours vierge ! Tu sais, moi, à dix ans, j’savais pas bien ce que ça voulait dire « vierge » ! T’as beau avoir fait ton éducation sexuelle dans la rue, à dix balais, on n’était pas encore bien fufute et puis y’avait pô internènette et « minous.com » pour te coller au parfum.

Bien sûr on avait des frangines, alors on n’ était pas tout à fait crétins, on avait bien vu qu’à la place de not’bout d’mastic elles avaient un joli sourire d’avril, en long le sourire, pas en large !

Et puis y’avait aussi le mec qui s’était mis face à la mer rouge ! Moi, j’imaginais une mer de résiné, ça m’foutait les j’tons, alors le curé il nous disait :

- Moïse, il écarta les bras et la mer s’ouvrit, alors les Hébreus traversèrent à pieds secs. Je soupçonnais un peu l’arnaque, ayant déjà pataugé au bord du canal de l’Ourcq où on allait se baquer étant minots, en cachette de Clémenceau bien sûr. Les bords du canal, c’était gadoue, tas d’boue et tout l’toutim ! Alors après avoir écarté la mer rouge, ça devait vachement patauger dans la vase, non mais des fois. J’étais pas costaud en histoire sainte, mais en baignades prohibées, fallait pas m’la faire, je suivais mon frangin qui n’avait peur de rien, alors j’me déballonnais pas, il m’aurait traité de chiasseux !

Donc je me prépare pour la communion, j’avais onze ans, j’avais tout fait ça comme y faut, j’étais le der à y passer, mon frangin, ma frangine y étaient passés avant, fallait pas que j’déconne, on comptait sur moi !

Le jour arrive, en juin comme toutes les communions. En juin à Pantruche, ça ressemble parfois à octobre ou novembre, si tu vois ce que je veux dire, c’est l’automne qui s’attarde ou qu’est en avance, c’est selon !

Il tombait des hallebardes, bien sûr toute la famille était là… Mais NON, y’avait pas Georgio le fils maudit, chez les Ritals la famiglia c’est sacré. Il ne fallait surtout pas bouffer car on communiait pour la première fois ! Va expliquer ça à un gamin de onze ans, je crevais la dalle ! Et dans un réflexe intempestif et blasphématoire, je chope un morceau de sucre et je l’engloutis ! Ma mère catastrophée, à l’époque elle croyait toutes les conneries ecclésiastiques apostoliques et romaines qu’on lui racontait, plus tard son fiston l’a fait changer d’avis.

Elle a tout raconté au curé, ma brave Maman. Ça l’a fait sourire, ce brave curé, il n’était pas trop borné et même plutôt sympa. Et puis il avait dû en voir d’autres le sapeur dans sa vie, quand les autres l’ont lâché il s’est retrouvé bien seulabre pour monter là haut ! Alors mariner un moment les ribouis dans le sucre, ça ne devait pas l’affoler.

Ils l’ont vachement lâché, Pierre, Paul, Jacques et les autres….

- KI Ksè KI CONNAÎT JESUS DE NAZARETH ? qui demandait le centurion en Araméen-Latino-Arabique à la sauce couscous.

- De Nazareth ? qui répond Pierre, faut changer où pour Nazareth ?

- Du Jésus, j’en ai vu à Lyon qui disait Paul, mais il était pas casher !

Et après ça on m’a fait gober que c’étaient des saints…

Enfin on part, on nous avait rassemblés sur la place de la mairie, face à l’église, chacun un cierge à la main. Au bout de trois pas, le mien se casse en deux ! Il pendait lamentablement comme une vieille quèquette… Désolée qu’elle était ma pauvre Maman, moi ça m’faisait marrer !

La flotte avait détrempé mes vêtements, mon premier costard et mon premier futale long, la veste était bleu marine, elle avait déteint sur le brassard… Faites pas des yeux de merlan frit, on portait un brassard blanc en forme de croix, le brassard commençait à se teinter de traînées bleuâtres… Ma-gni-fique !

Et puis c’était bien, tous ces communiants et ces communiantes, nous n’étions pas en aube alors, les mecs en pantalon, les filles en robe, et là tu voyais tout de suite le niveau social. Les riches avec des toilettes somptueuses, les petites ressemblaient toutes à des minis mariées, oui je t’assure. Vu que chez moi, pour passer ente deux feuilles de paye, fallait s’faire vachement mince, ma mère avait tout confectionné, pas maladroite, j’avais fière allure, à part le cierge à la con et la couleur qui dégueulait, mais ça allait bien avec moi qui n’en avait rien à foutre !

C’est ce jour là que ma grand’mère m’a offert ma première montre. Elle portait la boîte comme l’évèque le Saint sacrement, j’aurais préféré de la thune pour aller au cinoche avec mes potes ou acheter des ICHE LIFFE - on ne prononçait pas « High Life » -, des cibiches qui n’existent plus, vendues par paquet de dix clopes.

Et pis y’a eu l’hostie… C’est un peu dégueu au goût, et pis ça colle, ça adhère au palais, DÉFENSE de toucher avec les doigts ! Péché MORTEL, MORTEL le péché ! Alors tu joues des mandibules, tu ressembles à un Ricain en train de bouffer son sème sème gum, ou alors on dirait l’cul d’ta sœur quand elle monte une côte à vélo ! T’as les mandibules qui vont un coup à gauche, un coup à droite. Et puis une fois avalé, ça cale pas, t’as autant la dalle.

Chez nous, ça s’était bien passé, par contre chez la voisine…. Avant la communion, on faisait une retraite pendant deux ou trois jours. On partait de neuf heures à seize heures dans un joli parc où créchaient des frangines, celles avec des cornettes. Alors ce parc de Drancy il a changé de blase au gré des élections, mais oui, c’était un peu Clochemerle, Drancychovski…

D’abord le parc des sœurs, puis il s’est appelé Parc Jacques Duclos, un député Coco des années cinquante, z’avez pas connu, vous êtes trop petits. Et maintenant, c’est le parc « Ladoucette », du nom de la première occupante des lieux, une baronne qui soit dit en passant avait fait beaucoup pour la ville, quand c’est bien il faut le dire aussi.

Oh ! C’était plutôt marrant la retraite, on récitait bien quelques prières, on nous refaisait un peu de caté, le midi on bouffait son panier repas préparé par les Mamans, et l’après-midi on jouait dans ce grand parc.

Mais la voisine, elle avait fait « la bleue ». La retraite ? Lapuche ! Alors quand le matin elle est arrivée en tenue de communiante, le curé a refusé de lui faire faire la dite communion ! Putain le bordel, toute la famille était là ! Ils ont tout de même fait le repas mais sans la communiante qui s’était pris une avoinée de première. Confirmation et communion en même temps : le premier « kit » en somme !

(ch'tiot crobard Andiamo 2012)

mercredi 5 décembre 2012

Tant-BourrinTares trek (épisode 6)

An 2562. La Terre a, depuis près de trois siècles, intégré la Fédération intergalactique, regroupant des civilisations issues de milliers de galaxies différentes. Paix, connaissances et progrès règnent désormais en maîtres sur une immense partie de l’univers. Et chaque jour, des pionniers, à bord de leurs vaisseaux supraluminiques, explorent des espaces inconnus en quête de nouvelles planètes à pacifier.

Suite des épisodes 1, 2, 3, 4 et 5



La vie avait repris son cours normal à bord du Blogborygmus, morne et ennuyeux, pour ne pas dire aussi plat que le visage du Lieutenant Taanb-Ouhrin depuis sa dernière mésaventure. Les jours succèdaient à d'autres jours, tous photocopiés sur le même modèle : circulation fluide dans l'espace intersidéral, aucune planète en vue, aucun événement notable, RAS.

Ah, si, un fait insignifiant quand même : l'équipage comptait depuis la veille un membre en moins après la perte imprévue du docteur Scoot. Mais il est vrai que la perte d'un membre d'équipage était quasiment devenue monnaie courante sur ce vaisseau !

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dimanche 2 décembre 2012

Saoul-FifreLe régime Dukon

Régulièrement, j'entends le moteur à Margotte qui change de régime, elle cherche sans doute à perdre un os, quand elle explique devant moi, doctement, à un aréopage d'amies disons "bien enveloppées" qu'elle a deux-trois kilos à perdre, je sifflote en regardant ailleurs, j'ai honte de son manque de savoir-vivre. Ainsi touiller dans les plaies sanguinolentes de nos appâts rances !

Elle entraine souvent dans son sillage notre fille qui, entre un bol de mayo et un de Nutella se préoccupe soudain de son tour de taille alors qu'à son age on perd ou on gagne 10 kilos juste en fonction de la météo.

Je restai jusque là spectateur souriant de ces obsessions nutritionnistes bien que mon quintal eut eu bien besoin des mêmes attentions, mais le simple mot de régime me renvoyait à des souvenirs de pesage systématiques de denrées, de comptage de calories, en gros de systèmes très contraignants qui vous font passer auprès de vos proches ou de vos hôtes pour un emmerdeur mahoussement psycho-rigide et insupportable à table.

Et je tiens par dessus tout à mon image de bon vivant cool no souçaille.

Je l'ai lu donc, le livre du docteur Dukon, pas difficile : il était aux chiottes (le livre, pas le docteur). C'est un salmigondis de règles très précises, de phases à respecter, de jours spécialisés, enfin quoi, un système très dirigiste rempli de tabous et, au milieu de ces interdictions, des permissions bizarroïdes voire inquiétantes : l'aspartam, l'huile de paraffine (!), le chewing-gum, le son d'avoine, le médiator ...

Le principe de base de son régime a l'air frappé au coin du bon sens, aussi me suis-je lancé dans une imitation, éliminant tous les trucs zarbis, trop compliqués et surtout anti-conviviaux. Il faut avoir entendu un amalgame de dukonneurs échangeant leurs expériences, ça parle de "semaine protéines", de "phase de consolidation", de "chat-coaching", de "rentrée en stabilisation" (et non "en stabulation" comme j'en connais des bouseux qui pourraient confondre), d'"instinct-stockage" etc... Ce genre de lexique spécialisé met vite les boules aux braves personnes venues là pour se déstresser après une &$%WWWW§*£ de journée de labeur merdique en sirotant un ou plusieurs cognac-fizzs et en compensant par poignées de cacahuettes.

J'ai donc fait une criti-relecture de son livre à la sauce Saoul-Fifre, un gonze qui n'aime pas trop les contraintes extérieures. Et ce d'autant plus que le docteur a l'art de susciter les attaques de ses confrères , peut-être de gros jaloux, mais soyons prudents.

Quand il dit que l'ennemi, c'est le gras et le glucose, on ne peut que le suivre, tout ça se fixe autour du cœur, le ralentissant, encrasse les artères, enrobe les intestins, persille tous les muscles, n'en faut plus !

Enfin, je dirais qu'il ne faut pas en rajouter dans les aliments bruts qui en contiennent naturellement, bien sûr.

Pour les protéines, Dukon conseille une période "consommation à volonté" qui évitera le sentiment de manque et pendant lequel le corps sera obligé de "bruler" ses propres graisses, cholestérol et autres triglycérides. Ça parait logique mais ce côté "tout ou rien" me semble dangereux. Je crois d'ailleurs que c'est le danger potentiel de toutes ces protéines d'un seul coup que ses collègues lui reprochent (risque de blocage des reins, toxines...). Cette phase, très agréable pour un viandard (tartare, plateau de fruits de mer, poisson, fromage 0 %, œufs...) a donc été très courte chez moi et j'ai vite introduit des légumes crus ou cuits, des fruits (interdits par Dukon !), en bannissant bien entendu toutes les graisses, huile (même d'olive), beurre, charcuterie, fromages etc... et les sucres, confitures, miel, riz, pâtes, couscous, farine, pain, légumineuses, patates...

Ça nous donne ce genre de menus :

Petit déjeuner : eggs and bacon sur un chapati au son d'avoine, thé sans sucre, pomme.

Déjeuner : tartare de bœuf, salade de légumes crus à base de tomates ou carottes sauce yaourt vinaigre balsamique, fromage 0 % avec une giclée de sirop d'agave (faible indice glycémique)

Diner : soupe de légumes, truite ou saumon fumé, petit bout de fromage, mandarine, 2 carrés de chocolat 99 %...

Vous voyez, c'est sympathique, je n'hésite pas à faire de petits écarts par rapport à l'orthodoxie, je ne me refuse rien de bon mais je reste ferme sur le gras et attentif aux sucres. Ce régime agréable mais sévère par rapport à mon ancienne façon de me nourrir me permet je pense, les jours où nous avons des invités ou ceux où nous serons nous même de sortie, de manger de tout sans pousser des cris d'orfraie ni me mettre à l'abri derrière le sacro-saint régime puis chipoter ensuite avec une mine terrorisée.

C'est ce que Dukon appelle des "repas de gala", alors vous pensez, si j'ai en plus sa permission ?

mercredi 28 novembre 2012

AndiamoVive le réchauffement climatique !

Salut ! Alors ça chauffe ? Pas de panique, ça n'offre pas QUE des inconvénients...

Moi, ça m'a donné l'idée d'une chansonnette, il y a bien longtemps que l'on n'a pas chanté sur ce blog !

Sur une musique de ce vieux Léo (Chanson mécanisée)... Il ne m'en voudra pas, je l'espère !


Vive le réchauffement climatique
Y’a plus d’glace dans l’Arctique
Les pingouins font plus d’claquettes
Pour s’ réchauffer les roupettes
Qui gelaient sous l’tablier

Vive le réchauffement climatique
Y’a du pétrole dans l’Arctique
Ça f’ra ronfler nos mécaniques
Aux radars on f’ra la nique
Tant que l’on pourra rouler.

Y’a plus d’ours sur la banquise
Leurs peaux sont sur les marquises
Y’en a encore au zoo d’Vincennes
Tu veux les voir, viens je t’emmène
Papa paiera les billets.

Vive le réchauffement climatique
Je prends mes claques et mes cliques
J’pars bien loin de l'Armorique
Me baigner à Reykjavík
Et revenir tout bronzé.

Vive le réchauffement climatique
Au Qatar c’est la panique
Quand y’a plus d’nappe phréatique
Pour arroser la botanique
Il reste que les sabliers.

T’as écouté ma chansonnette
Sous la douche sans savonnette
Profite de ta douchette
Bientôt plus besoin d’serviette
Quand l’eau viendra à manquer.

La la la la la la la…..


Vive le réchauffement climatique !

par Andiamo


Un grand merci à TANT-BOURRIN qui s'est attelé à la technique

Alors à tous : le réchauffement climatique ? Cliquez sur le lien ci-dessous et regardez les TONNES de carburant qu'il faut emporter afin de soigner le confort des PÔÔÔVRES, obligés de voyager en first classe, car chaque kilo supplémentaire embarqué : ce sont des litres de kérosène qu'il faut brûler !

Et moi on m'emmerde avec ma p'tite auto qui ne brûle que 6 litres au 100 !!!

http://www.youtube.com/watch_popup?v=J1OqqQ8hBXk&vq=medium

dimanche 25 novembre 2012

Tant-BourrinUn vieux livre poussiéreux

Je le sais bien : je n'ai que trop remué la poussière du passé, trop provoqué ton ennui à essayer de faire revivre ce qui n'est plus, à vouloir rebâtir Resgaille, là-bas, entre Eauze et Gabarret, à rêver d'insuffler un souffle de chaleur là où ne règnent plus que délabrement et froide moisissure. Les portes du temps se sont à jamais refermées sur cette ruralité ancestrale, sur ces gestes millénaires rythmés par les saisons, sur cette terre oubliée où j'ai connu mes plus grands bonheurs d'enfant et l'on n'y peut plus rien.

Oh, je te devine bien qui souris à me voir m'enfoncer dans une vaine nostalgie, à imaginer que les souvenirs peuvent se transmettre par des mots. Non, rassure-toi, je continue à vivre ma vie sans marcher à reculons, à m'activer, à rire, à faire des projets, même englué dans la grisaille poussiéreuse de mes jours. Mais si j'ai un pied sur le bitume, Je conserve l'autre pied solidement planté dans la glaise, mon corps ici mais un peu de mon âme là-bas.

Cela te surprend, bien sûr, et tu as bien raison : malgré le magnétisme de ce coin de terre sur la moindre de mes cellules, je n'ai jamais vraiment été de là-bas et ne le serai jamais, moi, le cousin égaré de la ville, étranger à ce sol sur lequel tous mes ancêtres s'étaient escrimés, mais tout aussi étranger à la grand ville où je vivais en me sentant d'ailleurs. Finalement, tu sais, c'est dans l'anonymat de Paris qu'aujourd'hui j'ai trouvé un équilibre, étranger parmi des flots d'étrangers à cette ville ogresse qui n'est la terre nourricière de personne.

Dans cet univers minéral qui est aussi le tien, les hommes s'agitent dans une course effrénée, dans une vaine tentative de clamer leur caractère organique. Mais leurs yeux sont déjà morts de ne plus qu'entrapercevoir le soleil entre les buildings, leur sang se dessèche par manque d'humus. Et je suis des leurs désormais, tu sais.

Souvent, le soir, au coucher, après une journée de bruit et de stress, je songe à Resgaille, au silence seulement rompu par le craquement du bois ou le chant d'un grillon, j'imagine la cime des chênes ondulant sous la brise, je vois cette terre où plus personne ne veut vivre. Et je sais que cela ne sera plus. Toute chose est éphémère : les minutes, les journées, l'existence, les civilisations elles-mêmes. Nos vies ne sont rien d'autre qu'une infime tâche colorée sur une immense toile pointilliste : ma tâche sera juste dans des tons de gris et la tienne aussi, c'est tout.

Allez, c'est promis, je ne te rabâcherai plus ces vieilles histoires : il ne sera plus une fois Resgaille. Je vais laisser les morts, la Mamée, son Pierre et tous les autres, dormir tranquillement, là-bas, entre Eauze et Gabarret, refermer pour de bon ce vieux livre poussiéreux, puis j'irai le ranger soigneusement au grenier des souvenirs.

Oui : soigneusement.

Car qui sait ? Peut-être auras-tu un jour envie de le rouvrir pour savoir d'où tu viens, mon fils.

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