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jeudi 8 janvier 2015

AndiamoNon Charlie n'est pas mort : car il bande encore !

J'ai toujours pensé qu'un ch'tiot crobard valait (beaucoup) mieux qu'un long discours...

(ch'tiot crobard Andiamo)





(ch'tiot crobard Célestine)





Un discours, Saoul-Fifre ! Un discours !! (Non mais ?)

En ces heures sombres où le spirituel a été remplacé par le consumérisme, où la foi aveugle, les convictions fortes, l'abnégation devant sa propre mort sont remisées dans le placard aux vieilles lunes, je vous propose de relever la tête et d'entonner avec moi ce cantique païen et laïque :

Je suis Charlie
Voilà ma gloire
Mon espérance
Et mon soutien !
Je suis Charlie !!
Je suis Charlie !!!

Oui je suis Charlie depuis mon plus jeune âge, qu'est-ce qu'elle était belle la fille du proviseur ? C'est sûr qu'elle était pas voilée et je vous parle même pas de "Catherine saute au paf" non mais ce Cabu, à toujours provoquer comme ça les fondamentalistes, tu crois qu'il va avoir droit à son paquetage de houris vierges en arrivant là où ils l'ont envoyé, toi ?

Mes rayonnages plient sous les vieux Pilote, les Charlie-Hebdo, les Charlie Mensuel, les Hara-Kiri, les Echo des savanes, les albums indispensables de tous ces génies, je les ai tous lus dans les bibliothèques et, de temps en temps je cassais ma tirelire pour m'en offrir un, pour rigoler un peu car, comme chantait Mano Solo, fils de Cabu : La vie c'est pas du gâteau.

Ceci dit, mes parents m'ont appris à ne pas croire mordicus tout ce qu'il y a dans les journaux.

Mais là, ya des analphabètes paumés de la vie, sans espoir, crédules... Ils ont rencontré un séducteur causant bien, qui leur a parlé du LIVRE (un vieux grimoire écrit au moyen-âge) avec des yeux énamourés et qui a réussi à les convaincre que le LIVRE disait que la mort de dessinateurs de petits mickeys c'était chouette et que la leur en fait ne valait guère mieux.

Et ils sont partis, la fleur à la Kalachnikov.

Je suis effondré.





Putain les mecs faut vous envoyer la cavalerie pour que vous vous décidiez à rappliquer ! Bordel, vous foutiez quoi ! C’est bien beau ici, mais ça manquait d’animation de ce côté du miroir et ça fait bonbon qu’on s’emmerde avec Choron et Reiser. Ici, il n’y a rien, pas un poivrot, pas de gonzesses pas un con, rien… Enfin rien, c’est pas tout à fait juste, on s’est fait trois potes sympas, de Dieu s’ils renaudent après les escrocs qui se réclament d’eux. Allez, grouillez-vous d’arriver que je vous présente Jésus, Mahomet et Karl.

François.

Retransmis à Blogbo par télégraphe visuel via Blutch.

dimanche 4 janvier 2015

BlutchGrand-père Emile

Je ne dénoncerai personne, mais j’en connais des qui me regardent d’un œil bizarre.

Il paraîtrait que Blutch n’est pas comme tout le monde et que lorsqu’il rouscaille, ce n’est pas seulement à l’apéro au bistrot du Père Tranquille. Ou que s’il joue les Saints-Bernard, c’est avec un tonneau de rhum comako ! Moi, j’sais pas, je me trouve normal.

Tiens, ça me rappelle une réflexion de Mouss Diouf (le flic noir de Julie Lescaut) :
- « Vous vous imaginez que les noirs en ont une grosse, mais ce n’est pas vrai…. Ce sont les blancs qui en ont une petite. »
Tout ça pour dire que la normalitude est toujours du côté de chez Swan… de chez soi.

Dans la Famille Blutch, en commençant par l’ancêtre, il y a le grand-père Emile. Il ne l’a pas fait exprès, mais il n’a pas eu le temps de s’emmerder dans sa vie.

Il débarque sur Terre vers la fin du 19ème avec un passeport qui n’est même pas du coin. Faut dire que son père avait refusé d’être bourgeois d’honneur (en raison des services rendus à la commune) dans le patelin valaisan où il habitait. « Je suis né rital, je mourrai rital. » qu’il avait dit ce loustic avant de laisser tomber la première tranche de sa descendance.
Manque de pot, Emile était dans cette première volée. Du coup il a dû se débrouiller très tôt pour ramener un peu de blé à la casa. Alors pour les diplômes et les certificats, il n’y avait même pas de quoi se rouler une clope avec.

Jeune arpète, il se fait écraser un pied dans un accident du travail. A l’époque, la chirurgie réparatrice consistait alors à greffer un sabot de bois après l’amputation du pied. Pas de chance, la gangrène s’en mêle et il y perd son tibia dans la 2ème opération. Re-gangrène et la coupe se fait à mi-cuisse au 3ème voyage sur le billard.
Emilio chope les foies, se barre de l’hosto, il noie son moignon dans de la graisse mécanique (à l’époque, du suif) et va se terrer comme un animal blessé. Il ré-apparaît guéri et commence sa vie d’indépendant, puisque personne n’engage un infirme et qu’il a eu cet accident 50 ans trop tôt pour bénéficier d’une assurance et d’une rente invalidité.
Dans la foulée de sa réinsertion individuelle, il s’accroche à une Louise fort avenante et lui fait cinq marmots.
Cordonnier dans le très catholique canton du Valais, il réparait, un dimanche, des souliers devant sa boutique lorsqu’une soutane se pointe. Pour ne pas choquer, il glisse le soulier sous son tablier et le curé lui dit : « Ne vous cachez pas Monsieur Emile, le travail est aussi une prière. » En 1920, ce n’était pas la norme dans la tolérance vaticane…
Il a tout fait grand-père au cours de ses pérégrinations : chiffonnier-ferrailleur, vendeur de glace ou de marrons chauds selon la saison (mettant en service sa progéniture pour tenir les étals au coin des rues), brocanteur, puis antiquaire.
C’est mon père qui se retrouve être son bras droit et accessoirement sa jambe manquante pour conduire le camion ou la bagnole lorsque dans les années de guerre, il se fait piquer trois fois dans la même journée pour excès de vitesse (plus de 35 km/heure…). Faut dire qu’avant les radars, la vitesse était calculée au pifochronomètre. Ce qui laisse une large place à la subjectivité du flic.
Trois amendes énormes pour l’époque. Grand-père pique la boule, il va chez le boulanger du coin acheter, au marché noir, trois pains frais de 2 kg (pendant la guerre, le pain devait avoir deux jours pour être mis en vente) . Il va au poste du quartier, pose les pains sur la banque avec les trois PV et dit au flic en poste que si la police crève de faim, il veut bien la nourrir, mais qu’il ne payera pas ces amendes. Les pains et les PV disparurent et mon père ne fut plus dénoncé pour excès de vitesse. Faut dire aussi que les colères du père Emile étaient… remarquables et il fallait d'autant moins lui marcher sur les pieds qu'il n'en avait plus qu'un.
La vie était si simple alors lorsqu'il fallait régler un différent.

Emile avait un problème. Il ne pouvait pas acheter une seule chaussure car personne n’acceptait de dépareiller une paire. Il avait eu connaissance d’un amputé, pauvre de son état qui vivait dans un asile de charité. Lors de chaque achat de godasses, il remettait dans le carton le soulier inutile et l’envoyait à cet asile tenu par des sœurs. Un jour, la mère supérieur lui écrit pour lui dire qu’il ne faut plus envoyer de souliers, car le monsieur est mort. Elle lui fait alors une confidence que le monsieur n’avait jamais osé dire : Il était amputé de la même jambe que grand-père…

Je vous ai parlé des colères d’Emile, en voici une belle.
Il avait son magasin à la limite du quartier des laborieuses du sexe (ce qui lui évitait parfois de grands déplacements).
Dans la brocante, on scelle une affaire devant un verre, enfin à l’époque d'avant les éthylotests. Sur les quatre bistrots qui cernaient son magasin, trois étaient plus ou moins dévolus au commerce de la chair. Ça resserre les liens et ça oblige aussi à des cohabitations pas toujours souhaitées. Pas que ces dames manquaient de savoir vivre, mais le travail à son compte n'était pas la règle dans ce turbin et grand-père avait une saine aversion pour les employeurs de ces dames...
Ainsi il assiste un jour à la correction d’une gagneuse par son mac, en plein bistrot.
Il interpelle le type pour lui dire d’arrêter.
Imprudemment, le mac rétorque :
- Oh toi l’infirme, ferme ta gueule.
Grand-père se lève, empoigne sa béquille comme une cognée, saute sur un pied vers le type et il lui plie sa béquille (en tube métallique SVP) sur la tête. Ben oui, faudrait voir à pas insulter les bons types, non mais des fois. L’enflure connaissait peut-être Raoul, mais pas suffisamment Mimile…
Ambulance, flics et tout le tralala
Au bilan :
- Coté marlou : deux jours de coma, une série de points de suture et des séquelles irréversibles pour son égo.
- Côté Emile : le retour dans sa boutique à cloche-pied et les félicitations du jury flicardier pour avoir donné une bonne leçon à ce salaud. C’était un temps où la poulaille savait vivre…

Emile a vécu ainsi 77 ans rythmés par son commerce six jours sur sept, et le dimanche sur son balcon à regarder sa devanture avec le gigantesque chaudron qui lui servait d’enseigne.
Puis un jour des toubibs l’entreprennent pour lui dire que sa Louise a un cancer du sein et que les pronostiques sont de l’ordre de six mois.
Ça lui a tourné la tête à Emile, il s’est fait un tel sang d’encre qu’il s’est fait péter des vaisseaux cérébraux. Ça ne s’appelait pas encore un AVC, mais c’était du même bois, sauf que les toubibs n’avaient pas encore le mode d’emploi.
C’était la première fois qu’il était malade à ne pas aller bosser. Il n’en avait pas l’habitude alors il en est mort en s’éteignant à petit feu. Perdant peu à peu ses facultés et sa mémoire. Ne reconnaissant plus personne, sauf sa belle-fille (ma mère) qu’il appelait toujours affectueusement « ma grosse toque ».

Mais Emile avait aussi des moments avec de meilleures connexions. Dans le personnel soignant, il y avait une jeune et jolie religieuse qui s’occupait de lui. Il lui faisait du rentre-dedans de première bourre.
- Vous et moi, on ferait de beaux enfants.
Elle n'a pas eu le temps de lui dire oui.
Il a finalement décaroché dix ans avant sa femme, dont le cœur avait juste un peu oublié de battre, puisque le cancer avait oublié de la tuer.
Quels cons ces toubibs, grand-père était bâti pour être centenaire…

Emile, somme toute, c’était un type... normal.

Blutch

jeudi 1 janvier 2015

AndiamoEt les vieux ?... Pardon les vœux !

Un petit entre deux vite fait afin de vous souhaiter à toutes et à tous une BONNE ANNEE

Alors voilà pour l'an neuf, tout neuf, je me suis mis au taf (encore) et je vous ai brossé une galerie de portraits : l'équipe BLOGBO; pour certains c'est carrément l'équipe des bras cassés !

Bonnes fêtes à tous.

Vous l'avez remarqué les Demoiselles sont super belles, chez Blogbo elles passent un casting avant d'être embauchées, et le recruteur c'est ma pomme !

(ch'tiots crobards Andiamo)

lundi 29 décembre 2014

AndiamoLe Père Noyel aime le Lagavulin

Il est passé ce con ! A la bourre mais il est passé, si, si (pas l'impératrice un peu chtarpée).

Je l'ai vu dans ma piaule, le pif cramoisi, le bénard descendu, laissant apparaître sa panse plus que rebondie, il s'est pris les ribouis dans les Gobelins, et s'est vautré vilain entre le Godin et le vase de nuit !

J'ai frotté le briquet (chez moi il n'y a pas l'électricouille de mes deux cités) et j'ai allumé la candella.

- Tain ! Késtufoulà ?

- Je livre, kimarépondu !

- T'es à la bourre (et bourré en plus).

- C'est encore la faute du Père Fouettard, il m 'a entraîné dans une virée infernale, et on a un peu lichtronné, mais moi tu m'connais habituellement je ne bois pas !

- En attendant il ne t'a pas pincé le tarbouif pour te faire écluser, t'as trouvé le chemin tout seul. C'est Noëlla qui va être contente !

- Bof ! Noëlla, elle s'est tirée avec un barbu...

- Un islamiste ?

- Nan ! Un éleveur de "culs noirs" dans le sud, un écolo façon José Bové, troupeau de chèvres, culs noirs, mulet pour tirer l'araire, une terre ingrate, en pleine moisson même les piafs crêvent de faim. On se lave avec une poignée de sable, et concernant les cagouinsses j'te raconte pas, quand tu lui demandes : "où sont les gogues" ? Il te répond : "t'as qu'à suivre les mouches" !

- Dis voir Nono, tu l'as un peu cherché ? Déjà il y a quelques années, tu t'étais torché, et t'avais fait n'importe nawoique ! Comme livrer des sex toys aux sœurs de la charité de la rue du Bac, ou des "Rumiskubs" aux petits aveugles ! Bon c'est pas le tout : tu m'as apporté quoi ?

- Ça, a t-il déclaré en extirpant de sa hotte une bouteille de "LAGAVULIN" certifiée 16 ans d'âge. (pub gratos, mais si monsieur Lagavulin veut m'envoyer une boutanche c'est pas de refus)

- Bon il te sera beaucoup pardonné mon Nono, et si on lui faisait une bise à ce Jacquot hein, KESTENDIT ?

Alors c'est pas une bise qu'on lui a fait au kilbut', mais une véritable pelle de voyou, et si vos cadeaux ne sont pas encore arrivés, c'est que ce brave Nono est en train de cuver quelque part le long du quai de la Marne, entre deux guitounes Quechua, sur le canal Saint Martin, pas loin du bassin de la Villette.

(ch'tiot crobard Andiamo)

mercredi 24 décembre 2014

FrançoiseTa bite où ?

Lassée de recevoir des mails de vœux collectifs, avec le même message adressé à 250 personnes (on se sent peu de chose…), submergée par les cartes de vœux en tous genres que m’offrent les assoces à qui j’envoie un chèque (feraient mieux de garder leur sous pour la cause, mais bon…), j’ai décidé cette année d’écrire sur ces cartes des vœux avec mon stylo à plume à vraie encre - j’adore ! - et de les envoyer dans une enveloppe en papier authentique assortie d’un réel et non virtuel timbre-poste.

Totale classe, plus personne ne fait cela. 

Je dresse donc la liste des heureux bénéficiaires, consulte mon répertoire papier et en extrait des coordonnées dont je ne suis pas sûre à 100% si je les ai notées il y a, 3, 5 ans ou plus.   Pani p’oblème, comme on dit aux Antilles, je vais sur pages jaunes.fr ! Et là, stupéfaction : « pas d’adresse à ce nom », « pas d’adresse à ce nom».  Où sont-ils passés, ces gens, pour que les pages jaunes ne les trouvent pas ? Morts ? Pas tous, quand même ! Déménagés ? Oui, mais avec une recherche France entière on ne les trouve pas davantage et je doute que tous aient fui à l’étranger. 

Seule hypothèse : la liste rouge. Autrefois, c’était l’exception : pour les célébrités ou en cas de harcèlement, de gros risques. Aujourd’hui, plein de gens sont en liste rouge. A priori méfiants, cachés… Quant aux moins de 40 ans, ils sont nombreux sans téléphone fixe, juste un numéro de mobile et une adresse de courriel. Impossible de trouver leurs coordonnées. Impossible d’envoyer une carte CHEZ EUX. D’ailleurs, ont-ils seulement un chez eux ? Existent-ils ou ne sont-ils que des humains virtuels, à qui il suffit de cliquer sur la souris pour disparaître à jamais? Tous ces commentateurs de blogs, ces gens rencontrés par hasard dans un café et qui vous laissent « leur imel » sont-ils des SDF, des avatars, ou des vrais gens chez qui on peut sonner pour boire un verre, bavarder et plus si affinités ? 

Que ces forums virtuels où on peut discuter sur écran avec cent potes comme si on les connaissait depuis l’enfance, mais frapper à la porte d’aucun me semblent tout soudain étranges. 

Comme disait Luchini dans « Confidences trop intimes » : « Je veux savoir où elle habite ! 
- Tout le monde veut savoir où est la bite. Les hommes comme les femmes. » répliquait le psychiatre. 

Eh bien la bite est en liste rouge, on n’est pas près de s’y amarrer.

JOYEUX NOËL !


jeudi 18 décembre 2014

celestineLes couilles bleues

Comme vous avez pu le constater de visu, le vénérable tenancier principal de ce blog, qui en assure la maintenance avec une constance qui force le respect, est vert de désespoir devant l’amorphe manque de réaction de ses acolytes plumitifs.

Peut-on leur en vouloir, alors qu’ils ont peut-être tout simplement l’angoisse de la page blanche? Ou bien nulle envie de faire carburer leur matière grise? Qui sait ce qui se passe dans les arcanes fumeux des connexions neuronales d’un blogueur lambda…

Je suis peut-être une oie blanche, mais quand je vois mon prochain dans le caca (d’oie, donc) mon sang ne fait qu’un tour, et puis il faut vous dire que je ne sais rien refuser à Tonton Andiamo, notre vert patriarche…

Chauffée à blanc par un ou deux petits verre de rouge (pas de petit jaune, malgré mes pénates méridionaux, ça me rend patraque) non, simplement et à la bonne franquette, un peu de Saint Joseph grand crû (juste de quoi apercevoir le bout de l’extrémité de la queue d’un éléphant rose) je me suis sentie pleine d’une inspiration à faire pâlir Michel Well Bec, le grand philosophe du XXI° siècle. Et dans ce monde gris pluie, sous un ciel d’orage tout noir, dû sans doute à l'inexorable réchauffement de notre planète bleue, je me suis dit que quelques touches de couleur, ça ferait bigrement joli par ici. Ça égaierait. Comme un pot de géranium vermillon sur l’appui de la fenêtre d’un deux pièces dans la ZEP de Bécon les Bruyères. Et que ça donnerait bonne mine à mon crayon. Enfin à ma plume. Enfin quoi, à mon clavier, vous avez pigé, vous n’êtes pas des bleu-bites, que je sache.

Il faut avouer qu’allumer la TSF ou l’étrange lucarne au moment des nouvelles semblerait presque destiné, comme toujours, à nous faire broyer du noir. Partout de grises et sombres perspectives, travail au noir, gens verts de peur, les Jabes et les Aruifs qui se tirent dessus à boulets rouges…Moi je dis que depuis le temps qu'ils s’arrachent mutuellement la bande de Gazon, ils doivent être épilés à force, non ?

… Et puis y’a la peste brune, la vague bleue marine, et en face la pitoyable valse des bonnets blancs et des blancs bonnets, la rose socialiste qui flétrit de jour en jour et Dany le rouge qui est devenu vert…Tout le monde se rend bien compte que nous sommes pris pour des bleus pour mieux être chocolat. La carte bleue, la carte orange, la carte verte font la farandole dans les larfeuilles, il y a de quoi s’emmêler les pinceaux. Surtout si on est dans le rouge. Etre à découvert à une époque où on nous demande constamment de sortir couverts, avouez que c’est une faute de goût. Ou de l'esprit de contradiction. Ou de la révolution permanente. Et le vote blanc qui compte toujours pour des prunes...

Bon, je m’emballe, là, moi qui voulais vous enluminer le moral, et tricoter des arcs-en-ciel à vos chaussettes…Je m’en vais éteindre la téloche, cultiver mon jardin, semer des roses blanches, des lys orangés et des lilas, tout plein de zolies fleurs multicolores, accrocher des ballons rouges à vos fenêtres, des guirlandes mauves, violettes et indigo …et couvrir vos corps d’or et de lumière…

…Hein ? j’ai oublié quelque chose ? ... Quoi les couilles bleues ? Ah, oui. Non, rien. Vous attendiez quoi? Quelle graveleuse idée vous étiez-vous grivoisement concoctée dans le citron à l'évocation improbable de ces pauvres valseuses cyanosées par les hydrocarbures ? Je voulais juste vous dire qu’en surfant sur internet, j’ai découvert qu'il existait une certaine race de singes affublés de parties génitales d’une seyante couleur azur ou même turquoise… J'en ai été passablement esbaudie. T’imagines, le macaque qui a un rencart, en train de chanter, en pensant à sa dulcinée, un bouquet de cacahuètes à la main … ♫Ce soir j’attends Méthylène♪♫… Cela dit, les couilles bleues c'est toujours plus joli que la bite au cirage, comme disait Confus Siusse. Allez bande de vous, à la revoyure.

Célestoche


samedi 13 décembre 2014

AndiamoNoëls

C'était hier, oui hier, ils préparaient dès la mi-décembre la maison, en vue des fêtes.

C'était hier, oui hier, ils descendaient tous les trois, le "grand" en tête dévalant les escaliers de la cave.

- Doucement, criait la Maman, tu vas te rompre le cou !

Derrière suivait la fille, longs cheveux châtains embroussaillés, et enfin mi-geignant, mi-riant le petit dernier du haut de ses trois ans, tête blonde frisée.

- 'Tendez moi, ze peux pas aller vite !

Ils ont ressorti les cartons poussiéreux rangés au sous-sol et contenant des trésors : la crèche avec son âne à trois pattes, l'ange "Bouffaréo" avé ses grosses joues gonflées comme celles de Dizzy Gillespie, le trompettiste, le bœuf "la vass" comme dit le dernier, bien écaillé par les longues années de service, les guirlandes dorées que l'on va étendre sur les étagères de la bibliothèque.

- Non, pas sur la cheminée ! C'est dangereux, ça pourrait prendre feu, a dit la Maman.

- Hein qu'après on s'ra brûlé de tout partout ? a dit le petit...

- Oui mon amour !

Et le baiser a claqué sur la joue rose.

- C'est quand qu'on achète le sapin ? demande cheveux châtains en bataille.

- Quand achètera-t-on le sapin ? rectifie Maman qui ne transige pas avec le français. Nous avons encore le temps, il va avoir trop chaud dans la maison, et il perdra toutes ses aiguilles.

- Moi z'aime pas les aiguilles, ça pique.

Et les deux "grands" se sont moqués de "tout p'tit".

C'était hier, oui hier ! Le samedi qui précédait Noël, ils allaient en famille acheter LE sapin ! Joyeuses disputes autour de l'enclos à "Normans"

- On prend ç'ui-là !

- Celui-là !

- Nan ! Il est moche comme toi, moi j'veux le gros là !

- Ze peux en soisir un petit pour moi ?

- Bon d'accord, c'est Papa qui choisit, comme ça tout le monde sera d'accord !

Ils sont rentrés, le sapin bien emmailloté remisé au fond du garage.

- Demain dimanche on décorera le sapin, a déclaré Maman le regard brillant.

Pas besoin de les réveiller, dès sept heures "ils" étaient tous les trois dans le grand lit.

Le sapin, on "fait" le sapin !

- MMMH on décore le sapin !

Le petit déjeuner avalé vite fait, les bols trainent encore sur la table, les trois "anges" sont déjà au garage, lorgnant, louchant, sur le bel arbre.

C'est Papa qui l'a dressé près du grand canapé, comme à l'habitude. Fébrilement les trois chamailleurs ont sorti les boules multicolores, et PAF la grosse bleue est tombée !

- Poussez-vous, Maman va ramasser, vous pourriez vous blesser.

- C'est Marie qui a cassé la boule !

- Même pas vrai, menteur !

- Moi ze l'aimais bien cette boule, SNIF !

Deux heures plus tard, le chef-d'œuvre est achevé, les guirlandes électriques fonctionnent, débauche de couleurs, un coup étoiles, un coup le noir, les trois enfants ont les yeux qui brillent.

- Qui va accrocher l'étoile tout en haut ? demande Papa.

Les trois "MOI" ont fusé ensemble !

- Eh bien ce sera Maman, parce que c'est notre fée, et que les fées ont toujours une étoile au bout de leur baguette magique.

Alors Maman est montée sur l'escabeau, avec d'infinies précautions elle a accroché l'étoile symbolique tout en haut du Norman.

C'était hier... Oui hier, aujourd'hui la grande pièce est vide, il n'y a plus ni guirlandes, ni sapin, ni étoile... Ni enfants !


Le petit dernier, tête blonde frisée...

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