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samedi 19 décembre 2009

Tant-BourrinBrouillon de culture (6)

Après les premiers numéros (le 1, le 2, le 3, le 4 et le 5), il semble que vous n'êtes pas rassasiés et que vous en demandez encore.

Comme je ne sais pas résister à mes chers lecteurs et lectrices et que je sais que votre niveau culturel frise le néant et a cruellement besoin d'être élevé, voici donc un nouveau numéro de "Brouillon de culture", le billet qui fait briller les neurones !

Un "Brouillon de culture" aujourd'hui consacré aux séries de légende qui ont marqué l'histoire de la télévision...





Starsky et Hulk

Cette série mythique met en scène deux policiers californiens. L'un, Starsky, a grandi dans les rues de New-York et est très extraverti alors que son acolyte, Hulk, est généralement plus réservé, sauf quand il se met vraiment en colère.

Au cours des différents épisodes de la série, ils résolvent toutes les affaires qui leur sont confiées avec des méthodes peu conventionnelles et plutôt musclées. Ainsi, quand il s'agit de soutirer des aveux à un suspect, Starsky a-t-il l'habitude de glisser à l'oreille de Hulk que ledit suspect l'a traité de gros vilain, ce qui a pour effet de rendre Hulk vert de rage et lui donne l'énergie nécessaire pour la conduite de l'interrogatoire.

Malheureusement, leurs aventures s'achèvent quand Hulk est renvoyé de la police après qu'il lui ait été reproché d'avoir détérioré 214 uniformes au cours des six mois précédents.





Ma saucière bien aimée

Cette série culte était censée raconter sur plusieurs saisons la passion fétichiste d'un pervers, nommé Jean-Pierre, pour une saucière en porcelaine.

La série dut toutefois être réduite à un seul épisode après que Jean-Pierre, en voulant se gratter le nez, eût laissé choir la saucière vedette qui se brisa en mille morceaux. Craignant le courroux du réalisateur, l'acteur principal disparut immédiatement comme par magie, mettant définitivement fin au projet...





Julie l'escarre

Cette série phare entame sa quarante-troisième saison avec toujours autant de succès. Julie l'escarre, une femme commissaire de police essayait, lors des premières saisons, de concilier son métier stressant et sa vie de famille. Les années passant, les personnages et le cadre général ont peu à peu évolué : la plupart des enquêtes se déroulent désormais dans l'enceinte de la maison de retraite "les glaïeuls" où réside Julie. Elle y résoud toutes sortes d'affaires ténébreuses : vol de dentiers, contrefaçons de couches Confiance, traffic de camomille, etc.

La durée des épisodes a toutefois due être allongée à trois heures, les déplacements de Julie l'escarre n'étant plus aussi rapides qu'autrefois depuis qu'elle course les malfrats avec son déambulateur.





Zozo

Le jeune Don Sarko de la Vulga mène une double vie : anodine la plupart du temps sous sa vraie identité, mais héroïque quand il devient Zozo, l'injusticier masqué. Avec l'aide de son fidèle serviteur Fillono, que l'on n'entend jamais parler car Don Sarko le tient éloigné des micros, Zozo n'a de cesse d'aller combattre la justice sociale partout où il en reste quelques traces, en signant des textes de loi iniques d'un Z qui veut dire Zozo. A noter la présence dans la série d'un personnage grotesque, principale adversaire de Zozo : la sergente Ségo la Garcia, qui échoue dans toutes ses tentatives pour niquer Zozo.

mercredi 16 décembre 2009

Mam'zelle KesskadieUne semaine de folie pour une folle

La folle, c’est moi, qui d’autre ?

D’accord, mais je ne nommerai pas de noms, même sous la promesse d’une prime Lancôme.

Ceci étant dit, c’est la première semaine que je travaille à temps plein depuis mon congé pour maladie : mon Xème burn-out. Je commence à avoir quelques certitudes sur le temps qui passe. Un : il ne manque pas à passer. Deux : seul l’amour ne passera pas, c’est écrit dans l’évangile (cité hors contexte, mais on va pas se chercher noise au premier paragraphe, n’est-il pas ?). Annuellement, je fais un burn-out, cinq régimes, trois allers-retours sur les sites de rencontres en me promettant que c’est la dernière fois et quelques dépenses non prévues au budget. À noter que le terme "quelques" est vague intentionnellement.

Donc, je travaille à temps plein, ce qui fait que je m’absente que deux jours cette semaine. Le premier, sous prétexte non fallacieux que je dois aller consulter une psychologue avec mon fils dernier-né qui a fait deux crises de colère à l’école. Cette deuxième crise ayant duré la majeure partie de la journée et a été assez intense pour que les profs ferment leur porte de classe pour ne pas l’entendre du local de l’éducatrice, on m’a recommandé d’aller consulter.

Vous me connaissez, je veux faire plaisir, c’est bien pourquoi je l’ai fait. Et aussi pour que l’école le garde et que je ne sois pas obligée de le garder.

Donc, ça tombe mal, il a tombé 20 cm qui nous en paraissent le double, que dis-je, le triple, vu que c’est la première tempête de l’hiver, et je dois me rendre pour huit heures trente au rendez-vous. Du matin. Ben oui. Donc, la routine matinale voulant que tout le monde soit prêt à la dernière minute et demie, je hurle que nous partirons plus tôt ce matin (ce qui les laisse d’une froideur hivernale, je dois le dire) et je pars reconduire Ado-te à la Polyvalente Nicolas-Gatineau. Je compte bien, en revenant, que le reste de la gang sera prête pour le deuxième voyage qui mènera tout le monde et leur mère à leurs occupations quotidiennes.

J-F, ô miracle de décembre, est prêt ! Il a même enfilé son pantalon de neige ! A noter ici que je suis particulièrement fière parce que c’est le premier habit de neige neuf qu’il porte, le pôvre ayant toujours hérité de ceux de ses frères, fils des amies de maman, etc. On embarque et, comme prévu, je me trompe d’adresse et, comme prévu, on arrive en retard.

Sourire de la mère, on s’excuse, vite fiston, enlève tes pantalons.

Surprise !

Fiston n’avait pas trouvé de pantalons longs à se mettre et il a pris l’initiative de porter des culottes courtes.

En décembre.

Le jour de la première tempête de neige.

Pour aller voir la psychologue.

Hé.

C’est dans ces moments que j’en veux à leur père de ne pas être à ma place.

Re-sourire gêné.

La psy part avec le culotté court pour faire l’évaluation, je m’assieds dans la salle d’attente où la lecture sur les murs nous décrit les situations où les enfants doivent être signalés à la DPJ. Soulagement de la mère, la culotte courte en hiver n’y est pas mentionnée.

Tout n’est pas perdu, beaucoup d’autres suggestions y sont faites si on veut se débarrasser de nos marmots.

Vendredi, un jour de vacances. Je peux maintenant en prendre, je suis revenue à temps plein au travail. C’est la journée qui précède mon cours d’art–thérapie et faut bien que je fasse mon travail de session. Oups, j’ai un contrat en privé ! Yé ! Étant donné que c’est Noël, que j’ai acheté un char juste avant, quelle bonne idée ! (le contrat, pas le char).

La dame demeure l’autre bord de Buchkingham. (30 min de route)

Comme prévu, je me suis perdue et je suis arrivée en retard. Pour retrouver mon chemin, j’aperçois un type sur un quatre roues qui ouvre une entrée en haut d’un chemin privé. En haut, pour vous préciser que le chemin était en pente accentuée, mais j’ai un nouveau char, ne l’oublions pas, avec des pneus d’hiver, on s’en rappelle ! Donc, j’hèle le manant et il m’informe que je suis trop loin. J’avais deviné, et il m’explique en termes de villageois comme me retrouver, c’est à dire qu’il me nomme toutes les boutiques de la rue principale et me dit : tourne pas encore là. J’ai enregistré où je devais tourner pour reprendre le droit chemin et merci !

Par contre, ce qui monte, redescend, toutes les femmes mariées et un rien âgées vous le diront, et il n’y a pas de place pour faire demi-tour. J’entame donc la marche arrière dans un chemin étroit, entre deux bancs de neige.

Ben oui. Je suis restée prise. Je ne manque pas une occasion d’égayer une journée dans la vie d’un manant !

Et moi, qui m’égaye ?

Le cuisinier de chez Marroush qui m’a demandé si j’étais célibataire et intéressée à avoir un occasionnel. Y é beau comme un cœur et libanais comme un vrai immigré. J’ai décliné, j’aime trop être crusée par lui et comme on le sait, le fruit consommé perd beaucoup d’attraction.

Ensuite mon chien qui s’obstine à cacher des os, son lunch, des bouteilles d’eau vide, sous les nombreuses traîneries qui encombrent la maison. Comme il n’aura rien d’autre à manger, il retrouve ses morceaux de viande crue avant décomposition, que la vie est bien faite !

Et pour finir, je prends du Concerta. Qu’est-ce que le concerta ? C’est le médicament qui est supposé améliorer ma capacité attentionelle et, ainsi, diminuer les oublis. Effets secondaires : perte d’appétit (je peux supporter trèssssss stoîquement) et moins de sommeil, se peut-il ?

Donc, je n’ai oublié que d’acheter du café pour mon samedi matin. Pas de café samedi matin.

Ô drâââââme ! Ô désespoirEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !

Je pâtissais misérablement devant mon écran lorsque j’eus un souvenir (tiens, le concerta fait effet) d’un restant de décaféiné : le choix du président (il devait être avec sa belle-mère quand il a choisi ça pour elle, c’est brun et sans goût) que je passe au moulin à café, qui ce matin a daigné fonctionner, et mélangé avec la cuillère à thé de bonne poudre, j’obtins un café !

Yé!

Potable à ma grande déception, car je ne me sens pas encore justifiée de jeter la came de choix du président.

Pour faire mon déjeuner, je décide aussi de prendre un petit shake de mon régime aux protéines. Vous ne vous souvenez pas de mon régime aux protéines ? Bah, je ne vous en veux pas, je l’oublie également six jours sur sept, deux semaines sur trois. Je regarde, hagarde, le comptoir aux milles choses éparses, mille étant un chiffre approximatif, je n’ai pas pris mon café, je ne compterai quand même pas les traîneries ! Et je trouve le contenant pour shaker. Ô joie ! De courte durée, le couvercle est fendu. C’est un signe du destin, je ne suis pas faite pour les diètes protéinées en shake.

J’allais vous dire quelque chose de profond et de moralisateur suite à cet événement, mais comme je n’avais pas pris mon café, ni mon concerta, je ne m’en souviens pas.

Si ça revient, je vous promets que je ne vous ennuierai pas avec ça. Ce qui ne veut pas dire que je ne vous l’écrirai pas, mais que je vais essayer d’en rendre la lecture agréable.

Êtes-vous encore là ?

Pourquoi le silence agrémenté de la fan de mon laptop ne porte-t-il pas l’écho de vos voix chéries ? Seriez-vous en train de prendre un vrai café ?

Du bon temps ?

Je vous le souhaite !

dimanche 13 décembre 2009

AndiamoLa bergère

Ce qui est positif, quand t’es un môme qui a vécu son enfance après la guerre, c’est que tu t’amuses avec que dalle. Tu aurais aimé avoir un méccano ou les albums de Tintin. Seulement, Tintin, c’est toi qui le faisais, biscotte à la cambuse :

- Y’a autre chose à acheter que des conneries qui de toutes façons finiront dans l’fond du jardin, à pourrir avec un tas d’objets devenus inutiles (ma mère dixit).

Alors on récupérait tout, afin de se fabriquer des objets de première nécessité.

- Des lance-pierres : une fourche taillée dans une branche, des élastiques de bocaux de conserves, les rouges, tu vois ? La languette des galoches en guise de support pour les pierres.

- Des arcs avec leurs flèches.

- Des cerfs-volants : deux baguettes ligaturées en croix, un journal servait de revêtement, pour la queue une ficelle traînait derrière avec, tous les trois centimètres environ, une papillote en papier journal, et il n’y avait plus qu’à attendre le vent !

- Des traîneaux : deux planches maintenues entre elles par d’autres planches clouées en travers, on avait un pote dont le père, travailleur en usine, rapportait des roulements à billes usagés… Une aubaine !

Celui qui tirait les traîneaux, c’était toujours Coco, un pote dont les parents étaient Ritals. Ils avaient conservés de leur pays un accent à couper au couteau, et comme mon patronyme est Rital aussi, ils me parlaient en Italien, sauf que ma pomme il entravait lapuche !

Mais bon, dans mon quartier, il n’y avait pratiquement que des Ritals, tous maçons. A croire que là-bas les garçons naissaient avec une truelle à la main en guise de hochet ! Des Morcello, des Barbieri, Poletti, Gazzoli, et autre Ferrara. Je ne dis pas cela pour plagier Monsieur CAVANNA, mais dans ma banlieue, à l’époque, c’était comme ça.

Pour en revenir à notre cheval de trait, ce Coco-là était costaud, jamais il n’a rechigné à nous tracter à longueur d’après-midi, il poussait la conscience chevaline jusqu’à hennir pour notre plus grand plaisir.

Nous n’avions guère de jouets, par contre des décharges sauvages, que nous appelions des tas, fleurissaient à chaque coin de rue, sous le panneau bleu rectangulaire : Défense de déposer des ordures sous peine d’amende. Mais vu que les cognes ne passaient jamais dans mon quartier aux rues trop mal pavées, ça n’aurait pas arrangé leurs bécanes aux hirondelles… On était peinards !

Régulièrement, on fouillait ces îlots aux trésors et, un jeudi, là, sur le tas, une bécane, un clou, un spad, un biclo, en un mot : un vélo !

Dans un sale état, le spad : rouillé, déglingué, la moitié des rayons manquants, pas de pneus, plus de chaîne sur le pignon fixe, et pas de freins bien sûr. Quand je vois aujourd’hui les jours de ramassage des encombrants ce qui est jeté, des vélos quasiment neufs, mais oui, je ne peux m’empêcher de hocher la tête… Ô tempora, ô mores !

On ramène notre trésor à la maison, mes parents louaient un pavillon avec une CAVE ! C’était notre refuge, il y avait les outils du paternel, du fil de fer, des clous, des cordes, enfin : touçakifô !

Et au boulot : nettoyage du cadre, puis on se fait les poches afin d’acheter de la peinture aluminium. Les anciens ont connu ça, sur la boîte assez petite était écrit : chrome à froid ou chrome polonais, si, si, c’est vrai !

On passait généralement cette barbouille sur les tuyaux de poêle. Sur le coup, ça faisait un effet bœuf, puis, au bout de huit jours, la jolie peinture argentée s’était transformée en jaune pisseux du plus bel effet.

On barbouillait plus que l’on peignait, il y avait toujours un pote qui nous dégottait une chaîne à vélo et, pour les pneus, alors là… C’était la démerde.

D’abord, après guerre, on n’en trouvait pas ! Et puis c’était trop cher, tu penses ! Déjà, pour joindre les deux bouts, il fallait faire le grand écart, alors acheter des boudins pour un clou, pas question, et ça ne nous aurait même pas effleuré le caberlot : poser pareille demande, c’était l’engueulade assurée. Il y avait deux solutions...

Les bouchons de liège récupérés sur les boutanches de rouquin et patiemment accumulés. Enfin, quand je dis patiemment, j’exagère un chouille, parce que j’avais des copains dont le dab éclusait un douze trous en moins de temps qu’il en faut à ton percepteur pour enfouiller un bifton de cinquante sacs ! Disposés un par un dans la gorge de la jante puis maintenus en place à l’aide d’un morceau de fil de fer enroulé puis torsadé, tu parles d’un boulot ! Mais bon, pendant qu’on faisait ça on ne faisait pas de conneries, tout était pour le mieux.

L’autre solution consistait à récupérer un tuyau d’arrosage usagé, ou plus gonflé : en prélever un morceau sur le tuyau familial, moi pour la roue avant, et un pote prélevait chez lui pour la roue arrière, ainsi on partageait la raclée en cas de découverte ! Le tuyau d’arrosage maintenu lui aussi avec du fil de fer, quel matériau ce fil là … Bon à tout !

Quand ton dab, le soir au moment du sacro saint arrosage, s’apercevait que le beau tuyau en caoutchouc rouge pisseux, atteignait à grand peine la rangée de haricots verts, alors que la veille il allait allègrement jusqu’aux petits pois. Il se rendait immédiatement compte qu’il y avait eu un prélèvement, une dîme, la taille ou la gabelle. Enfin bref, tu te ramassais le coup d’pied au derche vite fait bien fait !

Un beau jeudi, le spad était fin prêt. Chacun l’essaie. Pignon fixe : faut avoir l’habitude avec ce truc à la con, pas moyen de t’arrêter de pédaler. Etant donné que notre fusée ne possédait pas de freins non plus, pour arrêter l’engin, la semelle de tes pompes frottant sur la jante faisait office de ralentisseur. J’ai écrit ralentisseur, car pour freiner la bécane avec ce système, c’était râpé !

Vient mon tour. Je monte sur l’engin infernal, la selle vachement bien rafistolée, rembourrée avec des morceaux de sacs, car la moitié du cuir initialement présent s’était fait la paire.

Je démarre, tu parles d’une secouade : ma rue empierrée, pas un soupçon de bitume. Ils s’en sont occupés beaucoup plus tard, je devais avoir dix-sept ou dix-huit ans ! Je roule jusqu’au bout de ma rue. Je mets le pied sur la jante afin de freiner la bête. Je n’étais déjà pas très habile avec mes mains, alors avec mes pieds ! Soudain, la galoche dérape, et v’là mon pied qui passe entre les rayons (ceux qui restaient) : putain la gamelle !

Encouragés par les essais de notre magnifique machine, on décide d’aller au cross le jeudi suivant.

Ce cross, qui s’appelait cross de la bergère, était situé le long du canal de l’Ourcq, près du pont de Bondy. En lieu et place aujourd’hui : la préfecture de Bobinchgrad (Bobigny), on l’appelait ainsi à cause de sa couleur politique ! C’était une succession de buttes plus ou moins escarpées, avec des trous remplis d’eau.

Nous voilà partis à trois ou quatre copains. Chacun notre tour, on descendait les buttes, rasant les flaques, puis de plus en plus fort : à deux sur la bécane. Claude pilotait, moi assis sur le cadre, on attaque la descente, mais à force de passer là, on avait quelque peu éclaboussé, le bord était devenu glissant.

On descend à fond : cris de joie, la roue avant dérape, et… SPLATCH ! On se vautre dans la mare boueuse. Putain, on était dans un état, moins gai le retour…

Raconter une salade à M’man :

- J’ai glissé dans la mare, celle qui est au bout d’la rue des cerisiers.

Car avouer que l’on était allé au bord du canal, c’était la volée grand large. Elle connaissait ses zèbres, et elle craignait toujours la baignade dans ce canal pas très ragoûtant.

Elle n’était pas dupe, mais elle faisait semblant de gober pour ne pas avoir à sévir, elles sont comme ça les mamans...

jeudi 10 décembre 2009

Saoul-FifreLe premier baiser II

Je fais tout comme vous, espèces de petits voyeurs nostalgiques, régulièrement, je clique sur nos rétroviseurs temporels, dans la colonne de droite, pour aller relire nos vieux billets. Et je suis tombé récemment sur le premier baiser d'Andiamo, remarquablement narré et sympathique en diable. Et bien entendu, comme il nous y invite en préalable à son propre retour vers le passé, mon esprit s'est mis à vagabonder dans mes souvenirs.

Par contre, j'étais loin d'être déluré comme cézigue. Des sentiments, des désirs, ouais, je veux, et des mahousses, mais pour le passage à l'acte, j'avais comme qui dirait des freins émotionnels tellement bien réglés que la mécanique pilait à peine j'effleurais la pédale. Et j'étais si timide qu'il était hors de question qu'il se passe quoi que ce soit avec une fille si je n'éprouvais pas de sentiments forts pour elle. Donc pas d'entrainements avec de simples copines, ou de gentilles cousines, ou carrément sa propre sœur, sur laquelle on peaufinerait "le brouillon de ses baisers", comme j'ai entendu dire que ça se pratiquait parfois.

Non, il me fallait l'Amour comme levier indispensable, comme motivation assez forte pour que la peur de laisser filer cette fille dépasse la simple trouille de faire le premier pas.

Votre inhibition, James Band 007, si vous l'acceptez, sera de la surmonter.

Pas évident, pas évident du tout. Et pourtant, en y repensant, les filles dont je suis tombé amoureux m'ont lancé des tas de signes, de messages codés, de clins d'yeux, de regards par en dessous, de caresses sensées s'être fourvoyées, enfin tous ces petits riens si féminins, mais avec un lourdaud comme moi, les allusions ne suffisaient pas, il leur aurait fallu prendre directement les choses en main, mais à mon époque, cela ne se faisait pas, quand on était une jeune fille bien comme il faut et tenant à sa réputation.

Il y en eut pourtant une assez moderne, non pour faire le soi disant "premier pas", mais tous les autres avant, et il en a fallu, des pas, avant que je me décoince ! On peut dire qu'elle s'est farci tous les préliminaires, comme une grande.

C'était vraiment un super petit lot, sincèrement, quand je l'ai vue la première fois, je risquais pas de ne serait-ce qu'envisager qu'une fille aussi mignonne puisse s'intéresser à ma gueule. Elle venait de se séparer d'un de mes meilleurs amis, ce qui collaborait à me la rendre un tantinet "tabou", mais bon, elle habitait dans une grande maison, siège d'une communauté désertée pendant les vacances. Chance pour moi, car j'appris par la suite qu'elle était hyper-convoitée par pas mal des membres titulaires en congés, mais tant pis pour ces langues pendantes, baveuses et absentes : qui va à la chasse perd sa place !

Je passais donc la voir tout le temps et, tous les deux seuls, nous avons eu le temps de bien discuter, de nous connaitre, de nous faire de bons petits plats. Elle m'entourait d'attentions, nous allions nous promener dans les bois tout proches. Je pense qu'elle mettait son plan de chasse au point.

Une après-midi, elle sortit de la douche enroulée dans une grande serviette nouée en paréo. "Tu ne veux pas m'aider à me couper la frange ? J'ai un peu de mal toute seule." Penché sur elle, au dessus de son décolleté, j'aurais dû lui dire : "Mais tu veux me rendre complice d'un crime, tu es très jolie comme ça !", et lui voler d'autorité ce premier baiser qu'elle attendait visiblement, mais je suis lent de la comprenette et renacleur devant l'obstacle, je crois vous l'avoir déjà dit.

Nous ne nous quittions quasiment plus, elle me présenta à sa meilleure amie, à sa famille. Quand nous faisions des choses séparément, nous nous prévenions avec de petits mots sur la table. À la toute fin d'une soirée bien arrosée, tôt le matin, elle laissa reposer sa tête endormie sur mon épaule. Nous nous endormîmes ainsi, mais je ne me permis là non plus aucune privauté.

Je sais, je suis bizarroïde, comme gars.

J'imagine, mais je n'en ai jamais demandé confirmation, que, son impatience grandissant, elle battit le rappel autour d'elle et demanda de l'aide à sa famille. J'étais devenu très ami avec son frère et celui-ci nous proposa un jour d'aller écouter un groupe de jazz qui jouait dans un bar, au bord de l'océan. Nous disons banco et nous nous entassons dans la deudeuche du frère, lui, ses deux sœurs et moi, avec la tente dans le coffre pour passer la nuit sur la plage après le concert.

Le frère, solidaire de sa sœur dans ce doux traquenard, avait prévu l'arme fatale : une bouteille d'un litre de whisky. Les boissons au bar étant hors de prix à cause du concert, il s'éclipsa pour nous chercher du remontant. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais la loi obligeait à avoir en permanence dans sa voiture une boite avec toutes les ampoules de rechange. C'était un genre de tupperware assez vaste. Il le remplit à ras-bord et me le ramena. Le sens profond du cadeau était clair : saoule-toi, tu seras moins con.

Effectivement, après quelques longues goulées désinhibitrices bues en cachette des garçons de café, mon esprit s'ouvrit à l'Amour, ma vue s'éclaircit et je vis que, de l'autre côté de la table, mon amie était belle, qu'elle m'aimait aussi et qu'elle me souriait d'un air malicieux. Je me levai d'un air que je voulais décidé, me cognai dans plusieurs chaises sans m'excuser auprès de leurs locataires, je lui saisis la main en lui disant un simple "Viens..." et je l'entrainai vers l'océan.

Là, devant la lune se reflétant sur la houle en mille fragments changeants, devant cette écume luminescente toujours renouvelée, les oreilles remplies de ce bruit de vagues primordial, de ce brouhaha nous remontant des grands fonds un vieux rythme aléatoire et lancinant, nous échangeâmes notre premier baiser et nos mains partirent à la découverte de la chaleur de l'autre.

lundi 7 décembre 2009

Tant-BourrinExercices de style audio

Vous avez sûrement déjà lu "Exercices de style", livre génial de l'inégalable Raymond Queneau, dans lequel celui-ci raconte 99 fois la même histoire banale (et sans intérêt) de 99 façons différentes. Si ce n'est pas le cas, je vous conseille de piquer un fard, de vous faire discret, d'aller vite suivre un cours de rattrapage et de revenir quand ça sera fait.

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vendredi 4 décembre 2009

AndiamoLes moulins à eau



Après les moulins à vent, j'ai voulu parler des moulins à eau... logique non ?


Qui n’a jamais rencontré, au détour d’un chemin, en longeant une rivière, ou un torrent, un moulin à eau ?

Peu de chance aujourd’hui de les voir fonctionner, comme leurs frères les moulins à vent : il y a belle lurette qu’ils se sont arrêtés de tourner, de moudre ou d’actionner des lames pour les petites scieries ainsi que des martinets, dont le martèlement rythmait la vie des petits hameaux de montagne.

Il subsiste dans le Haut Bréda, en Isère, une vallée qui au XIXème siècle abritait des gisements de minerai de fer, d’une très haute qualité. Ce minerai est encore exploité en petite quantité, il sert à l’élaboration des aimants de haute technologie.

Les moulins à eau actionnaient des martinets, qui ne sont autres que des marteaux pilons, servant à former l’acier, quand celui-ci a été porté au rouge. Ainsi trouve-t-on dans cette vallée, des villages, des hameaux aux noms évocateurs : La Ferrière, petit village proche d’Allevard ; Chinfert, un hameau ; et enfin La Martinière, un autre hameau qui devait héberger, en des temps lointains, un martinet. Et combien de lieux-dits du genre "La Martinette", croisés lors de randonnées dans ces magnifiques régions alpines.

Et pourtant, quel charme ! Ne sont-ils pas mignons et bucoliques à souhait ?

J’ai cherché des photos… Et j’en ai trouvé, je me suis amusé à dessiner ces jolis moulins, notamment ceux qui actionnaient des scieries, et des martinets.

Allez, un petit avant-goût de vacances montagnardes ! Personnellement, c’est à la montagne que je me sens le mieux, loin de la foule et de la "grouillerie".

Quand je pouvais encore pratiquer le ski, je m’offrais deux semaines de sports d’hiver, et l’été c’était les séjours dans le massif de Belledonne, les randonnées sur les sentiers, les cascades, et les lacs d’altitude, les cimes éternellement blanches.

J’aime bien aussi l’Ardèche, un joli compromis entre montagne et Provence, un climat propice aux longues baignades, dont je raffole, et aux descentes en canoë, dans des gorges vertigineuses.



Moulin de Vanneau (Yonne).

C'est un moulin de type "terrier" construit directement sur le cours d'eau. Si le site ne se prêtait pas à la construction, on établissait un canal de dérivation.



moulin de Saint Félix (Haute-Savoie)

Ce moulin actionnait un martinet.



Ancienne scierie Angon sur Talloires (Haute-Savoie)



Moulin des Germenais (Savoie)



Inconnu : I'm very sorry beaucoup ! Mais je l'ai trouvé tellement beau que je n'ai pas résisté à l'envie de le dessiner !



Moulin à La Thuile (Entrenant), Haute-Savoie.



Nettement moins bucoliques, mais redoutablement efficaces : les turbines à eau alimentées par des "conduites forcées". Ces longs tubes d'acier de gros diamètre qui captent l'eau dans des lacs d'altitude, artificiels ou naturels. L'eau ainsi captée arrive à grande vitesse et sous haute pression dans la turbine, la faisant tourner à grande vitesse.

La turbine est elle-même couplée à une génératrice qui fournira l'électricité. Voilà une énergie propre : ça c'est vrai, ça !

P-S : Pour tous ceux qui pensent que les éoliennes sont disgracieuses et bruyantes une solution : ENTERRONS-LES ! comme le dit Laurent Gerra.

(Cht'iots crobards Andiamo pour Blogbo. 2009)

mardi 1 décembre 2009

Saoul-FifrePlus c'est gros, mieux ça passe

Chirac citait cette phrase souvent, et avec un grand sourire, lui-même payé grassement pour savoir sa vérité profonde, mais il l'empruntait à ce bon docteur Goebbels, le ministre de la propagande de Hitler. Chirac ne se vantait guère de cette redoutable filiation, d'ailleurs.

La phrase a un énorme succès chez nos amis politiques. Ils s'en servent d'alibi, de justification, voire d'absolution pour leurs pires forfaits. Le cynisme nazi méprisant a été relooké aux couleurs de la bonne blague des familles. Pourquoi se priver ? Plus c'est gros, mieux ça passe, on vous dit.

Oui mais des fois, ça bloque. Et l'histoire récente du Prince Jean Sarkozy, qui a appris à la France d'en bas la signification du mot "népotisme", en est un bel exemple. D'accord, ils nous la mettent bien profond depuis un moment, c'est vrai, nous nous laissions faire, certains d'entre nous pouvaient même donner l'impression d'aimer ça, mais il arrive un diamètre, un volume au-delà duquel nous crions "Halte au feu, ça brûle, stop, machine arrière toute, n'en faut pus, Maman, c'est du XXL et je taille du deux ans, sans oublier que j'ai toujours été très douillet..."

Le moment est peut-être venu de lancer la nouvelle lapalissade pleine de vérité "Plus c'est gros, plus ça coince". On ne peut pas à la fois se faire élire avec un gros discours démago sur la méritocratie et l'égalité des chances... et pistonner à donf le fissou, cancre authentique qui est en train de tripler sa deuxième année de Droit ! Et que, si cette combinazione avait marché, nous retrouvions président de l'EPAD et du département des Hauts de Seine à 24 ans.

Comme le Prince Jean, le vrai, a trahi son père Henri II d'Angleterre (dont il était le préféré), je vous ai écrit cette comptine, sur l'air hyper connu de l'Empereur, sa femme et le p'tit Prince

Marché d'Neuilly
Nico, Carla et le p'tit Prince
Sont là pour sourire
Et pour serrer des pinces.

Comme c'est un beau quartier
Le prince Jean a fait :
Je suis d'l'UMP
Pour moi, il faut voter !

Au Département
Nico, Carla et le p'tit Prince
Sont là pour sourire
Et pour serrer des pinces.

Comme il est pistonné
Le Princ' Jean a crié :
Je f'rais un parfait
Chef de groupe UMP !

Quartier d'la Défense
Nico, Carla et le p'tit Prince
Sont là pour sourire
Et pour serrer des pinces.

Comme y avait à gratter
Le prince Jean a fait :
Élisez-moi là
Sinon P'pa vous tuera !

Palais d'l'Elysée
Sur le perron, ya le p'tit prince
Il a son grand sourire
Et il serre des pinces.

Le fiston a gagné
Papa, pris sa raclée
Bon sang ne saurait
Mentir dans ce foyer !

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