Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 4 novembre 2009

Saoul-FifreGaston Couté

Si vous aimez les poètes maudits, vous allez vous en lécher les oreilles ! Il démarre très fort, puisqu'il est de Meung-sur-loire, où François Villon a fait de la prison. Fils de meunier, il n'a pas vraiment envie de reprendre l'affaire de son père. Il a le regard inquisiteur et critique envers toutes les petitesses et les égoïsmes de notre bas-monde. Précoce, à 17 ans, il a déjà accouché de son "Champ de naviot", un texte époustouflant de maturité. Poussé par un ami, il monte le dire sur les tréteaux d'une compagnie de théatreux itinérants. Le patron le félicite et l'encourage à monter à la capitale. Nous sommes en pleine Belle Époque, les cabarets pullulent, il a 18 ans, un emploi d'apprenti journaliste dans le journal local, mais il ne fait ni une, ni deux, un petit mois plus tard, il marche sur la route de Paris. Son père lui donnera un billet en lui disant : "Tu n'auras rien d'autre, mais notre porte te sera toujours ouverte".

Ses débuts sont difficiles. Il commence par déclamer ses quelques poèmes dans un café, contre un café-crème gratuit, puis se fait des amis, et sa notoriété se répand. Il passe dans plusieurs cabarets par soir, ses chansons sont reprises par d'autres, ses "petits formats" plaisent, et se vendent. Mais les droits d'auteur n'existent pas. Un éditeur peut venir, vous proposer 20 francs de votre chanson comme solde de tout compte, et faire fortune en l'éditant.

Il travaille beaucoup, sa plume précise et émouvante a du succès, son style de poète beauceron plait à ces snobs de parisiens, mais bon, même célèbre, même à cette époque, l'état de poète ne nourrit pas son homme. Couté mange mal, boit beaucoup, dort dehors dans un tuyau quand il n'arrive pas à payer son terme, cette vie dissolue n'arrange pas sa santé. Quand il est au bout du rouleau, il trouve la force de retourner au moulin paternel. Cela donne des chansons fortes comme La lessive . À Paris, il participe à "La guerre sociale", un journal antimilitariste qui ne lui remplira pas les poches, ne le payant jamais. Il y publie Le fondeur de canons , La Marseillaise des requins ou la bien envoyée Pour faire plaisir au colon

Il n'aura pas à aller dans les tranchées puisque son foie, trop fortement sollicité par l'absinthe, ne dépassera pas 1911. Il n'avait que 31 ans.

Dans 2 ans nous fêterons le siècle anniversaire de sa mort. Ça va guincher à Meung-sur-Loire mais Couté n'est jamais mort. Son tube Va danser a été repris par plein de monde : Piaf, Patachou... La version de Jacques Douai m'avait tapé dans le tympan au début des seventies. C'est à cette période également que Gérard Pierron le met en musique avec beaucoup de sensibilité et obtient ainsi un grand prix de l'académie Charles Cros mérité. J'ai le vinyle à la maison et je ne saurais trop vous conseiller d'acquérir "Les mangeux de terre". C'est un bijou à avoir impérativement dans sa discothèque.

Gaston Couté est le chéri des conteurs, de tous les chanteurs intimistes à message . Assez récemment, La Tordue a sorti une magnifique version de son Pressoir .

Ça fait plaisir de voir Couté toujours vivant, n'ayant pas pris une ride.

Vous pouvez aller aussi sur le site qui lui est consacré , très beau, très exhaustif, il y a une très chouette Radiogizz spéciale Gaston Couté et plein d'enregistrements gratuits.

Merci à Line Sionneau pour ce portrait si "coutesque", trouvé dans "Les mangeux de terre", sélection de poèmes publiée chez Christian Pirot.

dimanche 1 novembre 2009

Tant-BourrinUn petit éclat lumineux au milieu des herbes folles

Un petit éclat lumineux au milieu des herbes folles.

Quelques photons réfléchis par le métal avaient soudain attiré l'oeil d'Eustache Lamouillette. Il lâcha la tondeuse qu'il n'osait qualifier de tondeuse "à gazon", vue la végétation improbable à laquelle elle avait à faire face, se dirigea vers la source lumineuse et écarta le rideau végétal qui l'en séparait.

Lire la suite

jeudi 29 octobre 2009

AndiamoLe fécaloscope

- Où ça ?

- ………….

- 12 rue du ruisseau ?

- ........

- Oui, je sais que c’est dans le XVIIIème, j’suis pas né à la cambrousse Bérinelle, on y va !

- Crafougnard ! Prends ta fouillase, on sort !

- Oui patron, j’arrive…

Lire la suite

lundi 26 octobre 2009

Saoul-FifreLe gland

C'est l'histoire d'un gland qui est tombé par terre.

Une poignée de feuilles le recouvre, la pluie humidifie et ramollit le sol, le gland s'y enfonce de son propre poids, s'y fait son petit nid qui le protègera du froid. Il va s'y gonfler d'eau, les premiers beaux jours l'auront vu germer, lancer en premier vers les profondeurs du sol sa racine maitresse à la recherche de l'eau indispensable et des principaux éléments nutritifs, puis, quand le soleil sera assez fort, sa tige qui deviendra tronc, ses feuilles qui deviendront branches, dardant elles-mêmes d'autres feuilles faisant de l'ombre aux autres espèces voisines, les faisant même mourir de trop de ténèbres, devenant, sans plus avoir conscience d'être cruel, le roi de la forêt.

Un jour, alors qu'il avait déjà connu bien des saisons dans son havre de paix, des êtres bruyants et malodorants envahirent son domaine, armés d'outils faits pour mordre sa chair. L'un deux s'attaqua à lui, il essaya de se durcir mais la lame s'enfonçait profondément en lui sans faiblir, copeau après copeau. Lui qui était la force, la stabilité, l'équilibre absolu, qui avait résisté aux plus gros orages et aux vents les plus impétueux, il ressentit pour la première fois cette horrible sensation de ne plus s'appuyer à rien, de ne plus pouvoir se retenir à ce sol si solide qui lui avait toujours été fidèle compagnon.

Il sentait qu'il allait, dans quelques secondes, être le jouet d'un souffle, avoir à obéir à une grande force païenne qui le mettrait à bas, oui, lui, le roi de la forêt, avachi par terre avec sa sève, son eau de vie se répandant au sol sans rémission possible.

Au moment précis où cette aberration, ce déséquilibre à l'odeur menaçante et inconnue s'empara de lui, il fit appel aux ultimes forces de ses fibres, se dressa, se vrilla sur lui-même et s'effondra dans un grand fracas de branches fracturées, droit sur cet hommoncule, son petit tortionnaire qui essayait en vain de lui échapper, de sauver sa vie.

Il arrive que l'arbre se rebelle, et ne tombe pas où la hache du bucheron lui dit de tomber. En ces temps reculés, l'usage était de scier aussitôt dans l'arbre coupable les planches du cercueil, pour l'ouvrier maladroit, malchanceux ou trop lent à la course.

C'est l'histoire d'un gland que l'on a mis en terre.

Sur ce : une petite bière, mes neveux ! Vous dire cette histoire m'a asséché la glotte.

vendredi 23 octobre 2009

Tant-BourrinDétritus (à la décharge)

Un petit mouchoir en papier
Avec des fleurs bleues imprimées
A côté d’un vieux pneu crevé
Tout crevé d’avoir trop roulé
Vieux nounours, oreille déchirée
Enfants grandis, plus de bébé
Canette de bière écrasée
Bouts de plastiqu’ cassés, craqués

Un bouquet de roses, tout fané
Amour fini, tout oublier
Un vieux paquet de clop’ vidé
Une boîte de conserve éventrée
Une carcass’ d’auto, toute rouillée
Fin du voyage, fini d’rouler
Des papiers gras éparpillés
Désolation et saleté

Moi aussi j’suis crevé
Déchiré, écrasé
Cassé, craqué, fané
Tout rouillé, oublié
Je n’me sens bien qu’ici
Quand j’serai mort, amis
Enterrez-moi à la décharge
A la décharge

Vieux habits troués, tout usés
Chiffons démodés, trop portés
Un poste d’radio détraqué
Plus d’antenn’, boutons arrachés
Un pauvr’ vélo rouillé, coincé
Mêm’ plus de chaîne au pédalier
Une télé démantibulée
Fin du programme, écran crevé

Moi aussi j’suis usé
Démodé, trop porté
Détraqué, arraché
Rouillé, coincé, crevé
Je n’me sens bien qu’ici
Quand j’serai mort, amis
Enterrez-moi à la décharge
A la décharge

Un petit mouchoir en papier
Avec des fleurs bleues imprimées
A côté d’un vieux pneu crevé
Tout crevé d’avoir trop roulé
Vieux nounours, oreille déchirée
Enfants grandis, plus de bébé
Canette de bière écrasée
Bouts de plastiqu’ cassés, craqués

Moi aussi j’suis crevé
Déchiré, écrasé
Cassé, craqué, fané
Tout rouillé, oublié
Je n’me sens bien qu’ici
Quand j’serai mort, amis
Enterrez-moi à la décharge
A la décharge




Les lecteurs les plus perspicaces l'auront déjà deviné : je suis encore allé gratté mes fonds de tiroir pour pallier un manque d'idée et de temps pour alimenter le blog. C'est donc une vieillerie que je vous ai servie, datant du temps où j'étais un adolescent plein d'allant et d'optimisme ! :~)

mardi 20 octobre 2009

AndiamoUne belle rencontre

Il y a parfois, au cours d’une vie, de jolies rencontres que vous faites. Rien ne vous destinait à rencontrer telle ou telle personne, et puis une passion ou un hobby commun ont fait que vous vous êtes trouvés.

C’est ainsi qu’à cinquante ans je me suis (re)pris de passion pour le modélisme aéronautique. Tout naturellement, je me suis inscrit dans un club afin de m’initier aux joies du pilotage….

C’est dans ce club que j’ai rencontré René Lombard. C’était il y a une vingtaine d’années, il était alors en retraite et construisait pour son fils Laurent de magnifiques MULTIS (avions réservés à la voltige aérienne, ainsi nommés car ils sont capables de "passer" toutes les figures de la voltige... Multis figures) et autres machines volantes. Laurent m’avouait dernièrement que son père avait sans doute construit cent cinquante avions au cours de sa vie !

Laurent a été durant de nombreuses années champion de France hélicos (F3C), il était autrefois en équipe de France voltige avions (F3 A) et il est passé avec maestria à l’hélico où il brille tout autant !

René un homme discret, ingénieur chez Citroën, capable de concevoir, dessiner puis exécuter des ensembles complexes. Un homme effacé, mais lorsque vous abordiez une discussion technique avec lui, vous vous rendiez compte immédiatement des compétences du Monsieur, et ceci sans fanfaronnade, naturellement. La précision, la technologie : sa tasse de thé !

René nous a quitté un triste matin, discrètement, sans bruit, sur la pointe des pieds oserais-je écrire, il ne s’est pas réveillé. Je ne dirai pas qu’il a eu une belle mort, la mort n’est jamais belle, mais il a eu une mort douce.

Quand la camarde ne prévient pas, c’est dur, très dur. Son épouse Monique et son fils Laurent ont eu beaucoup de courage.

Le voici en compagnie de son fils Laurent, il était son coach comme on dit de nos jours, c'est-à-dire qu’il lui annonçait par avance les figures du programme à exécuter. Il était également son conseiller et son soutien, il n’y a pas de hasard, un champion c’est avant tout un noyau familial solide.


AVION : EXTRA 350 S, Envergure 3 mètres, Poids 17Kgs, Motorisation 150cc. Flat-Twin 2 temps. Carburant : essence.


Sur cette photo, Laurent répétait un programme de voltige grands modèles car il était invité au T.O.C (Trophy Of Champions) une compétition qui se déroulait aux Etats- Unis et à laquelle étaient conviés les meilleurs pilotes mondiaux. Sur cette photo il exécute un : TORQUE ROLL. Laurent avait réalisé cette fois-là le meilleur programme libre, accompagné par la musique "unchained melody", un programme magnifique ! La descente en vol "tranche", c'est-à-dire les ailes à la verticale, et ce en spirale descendante parfaite… Une figure qui n’est pas à la portée de n’importe qui, surtout avec un avion de trois mètres d’envergure pesant dix-sept kilos.




Concevoir et construire des avions n’étaient pas les seuls talents de René. Deux ans avant de nous quitter il s’était pris de passion pour le modélisme ferroviaire !

Voici quelques photos des motrices qui avaient été réalisées par ses soins, il en avait tracé les plans, puis exécuté toutes les pièces. Les métaux employés : cuivre, laiton et bronze, c’est ce que nous appelons des métaux nobles. Certaines pièces ne mesurent qu'un millimètre de diamètre. Il m’avouait avoir été contraint d’en refaire plusieurs, car celles-ci parfois se perdaient, s’échappant du mandrin du tour !






La plus grande des motrices mesure : 340 millimètres.


Quelle patience ! Et quelle compétence aussi ! Ayant tâté de la machine-outil pour les besoins de mon métier, je vous assure qu’à ce niveau c’est du grand art.

Et pour conclure je dirai que ce fut vraiment une belle rencontre.

samedi 17 octobre 2009

Saoul-FifreL'inédit retrouvé

D'après mes estimations, andiamo et moi avons pensé à ce cher Daudet au même moment et, comme je ne crois pas au hasard, j'y vois plutôt le signe d'une communauté d'esprit, d'une transmission de pensée entre frères de hauteurs de vue similaires, Blogbo fonctionnant comme une ruche ou une fourmilière, capteurs bloqués sur la même longueur d'ondes. Toujours est-il que je considère moi aussi que les Lettres de mon moulin sont un must parmi les bijoux de la littérature. Je les relis souvent, les vois comme un but inaccessible à atteindre et bien sûr je n'accorde aucun crédit à ces bruits de chiottes qui osent insinuer que les 3/4 de ces merveilles ont été écrites par ce @#%£?§X* de Paul Arène, vil imposteur, voleur, faquin, vampire parmi les pires...

Je me régale avec "Les vieux", ou "Les étoiles", je frissonne encore avec "L'homme à la cervelle d'or" ou "Les trois messes basses".

Et puis, c'est pas de blague, j'habite pas loin du tout de Pampérigouste. Alors je suis un peu au courant de ce qui se trame dans la provensphère et justement, dans un vieux mas pas loin, dans le grenier, un paysan a retrouvé une nouvelle que personne ne connaissait. Les spécialistes sont venus vérifier, l'écriture, le papier, l'encre, tout est d'origine et elle est bien de ce sacré Alphonse, estampillée et tout. Si vous ne me croyez pas, vous n'avez qu'à venir en Arles, elle est exposée au Muséon Arlaten.

Alors voilà, puisque vous avez été sages et que vous aimez bien Daudet, je vous l'ai recopiée.

Lire la suite

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 >