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dimanche 23 septembre 2007

Tant-BourrinFaites passer l'émotion !

Nombreux sont les blogueurs amateurs qui m'ont un jour demandé : "Monsieur Tant-Bourrin, j'essaye de faire des podcasts, mais il n'y a rien à faire, à chaque fois que je m'écoute, c'est chiant comme la mort. Comment faites-vous donc, Maître, pour faire passer autant d'émotion lorsque vous parlez ou chantez sur votre blog ?"

Etant las de répéter sans cesse la même chose à tous ces jeunes blancs-becs inexpérimentés, je vais vous livrer ici une bonne fois pour toute le B-A BA de la transmission d'émotion, illustré par deux exemples.

Tout d'abord, le choix des textes. Primordial. Vous aurez beau avoir fait l'Actors Studio, vous aurez du mal à rendre palpitante la lecture d'un billet du genre : "G été ché Kevin tou ta leur. Il é cool. On a écouter de la muzic et pui on a jouer à la playstation. C mon meyeur cop1 ! lol !"

Non, non, soyez plus ambitieux : ciselez vos textes, visez haut, ou alors puisez dans les classiques de la littérature française. C'est ce que j'ai fait pour les deux exemples de ce billets : j'ai retenu deux oeuvres inégalées et inégalables, deux purs chefs-d'oeuvres du patromoine mondial, à savoir "le Cid" de Corneille et "le pipi de Trotro" de Bénédicte Guettier (que j'ai piqué pour l'occasion à Tant-Bourriquet). Mon choix s'est porté sur ces deux merveilles afin d'illustrer deux types d'émotions à faire passer dans un podcast : le côté dramatique avec "le Cid", le côté gai et enjoué avec "le pipi de Trotro". Une fois vos textes -de qualité- bien écrits ou sélectionnés, la moitié du travail est faite !

La seconde moitié va consister à en faire la lecture en mettant un maximum d'intonations, de conviction, de force dans votre voix. Pour cela, faites le vide dans votre tête cinq minutes (pour certains, ça ne réclamera aucun effort !), puis essayez de vous mettre dans le bon état d'esprit pour vivre intensément ce que vous allez lire.

Pour "le Cid" par exemple, j'ai intensément pensé à ma taxe d'habitation, à ma voiture à amener chez le garagiste, à ma belle-mère, à mon cor au pied, etc. A la fin de cette introspection, j'étais en larmes et prêt à faire pleurer également l'auditeur en transportant des brouettés de désespoir dans ma voix.

Pour "le pipi de Trotro", en revanche, j'ai essayé de visualiser des choses beaucoup plus légères et amusantes : une bonne mousse au chocolat, un match du PSG ou encore la tête du Souf' le jour où il a pris un laxatif en croyant prendre un sirop pour sa toux. Et, vu la nature du texte, il faut surtout se mettre dans la position de celui qui va s'adresser à des petits enfants naïfs et innocents (un peu comme Sarkozy quand il cause aux Français dans le poste de télé).

Reste la lecture à proprement parler, mais là, vous êtes déjà dans les bonnes conditions psychologiques pour casser la baraque et faire passer des kilotonnes d'émotion. En l'occurrence, deux trucs à ne pas oublier : les vibratos dans la voix pour "le Cid", la voix qui module beaucoup dans les aigus pour "le pipi de Trotro".

A ce stade, c'est déjà parfait : votre podcast va faire un malheur.

Vous pouvez en rester là. Mais comme je suis un puriste, j'ai toujours tendance à faire mieux que la parfection en ajoutant en sus la magic touch finale : un accompagnement musical choisi avec goût. Bien évidemment, le choix du fond sonore doit être en rapport avec la tonalité du billet. Dans le cas de nos deux exemples, j'ai choisi "l'Adagio" d'Albinoni pour magnifier "le Cid", et "Yaketi sax", le générique du Benny Hill show, pour donner une touche encore plus enlevée au "pipi de Trotro".

Mais bon, à l'heure où j'écris, il se fait tard. Je vais donc laisser mes consignes à l'ingénieur du son de Blogbo pour qu'il me trouve ces musiques, fasse le mixage sur mes deux podcasts et les mette en ligne à la suite de ce billet (eh oui, sur Blogborygmes, compte tenu de notre volume d'activité, on a engagé un ingénieur du son !). Et hop, le tour est joué ! Méditez bien ces deux exemples pour vos prochains podcasts !

Merci qui ?

Merci Blogborygmes !


Tant-Bourrin - Le pipi de Trotro



(Téléchargeable directement ici)


Tant-Bourrin - Le Cid



(Téléchargeable directement ici)





Edit du 23/09/2007 :

Je viens d'écouter les deux podcasts ci-dessus mixés et mis en ligne cette nuit par notre ingénieur du son.

Je vous informe que Blogborygmes est à la recherche d'un nouvel ingénieur du son, sérieux, appliqué et surtout très ordonné. Envoyez votre CV à Blogborygmes Inc. Ltd - 1 rue Canasson - 99000 Bourrinville.

samedi 22 septembre 2007

Saoul-FifreC'est une honte !

Récitant : Sale vieux bouc libidineux , t'as pas honte ? Tu pues, t'es borgne d'une corne, t'as les poils du ventre raides de sperme séché, t'as plein de légitimes qui demandent que ça, et tu t'attaques à cette mignonneumignonnette de Minette, une chevrette de l'année à peine pubère ?

Djedaï : Ben quoi ? J'y peux rien, moi, si ses hormones ont exactement l'odeur qui me rend sentimental ? Elles sont boooonnes, Simone, tes hormoooones ! Minette, ça va être bientôt la fête à ma queue sous la tienne !

Minette : T'as sauté ma mère, mes tantes, mes sœurs et même ma grand-mère, tu vas sans doute me dire que tu n'aimes que moi, c'est ça ?

Djedaï : Regarde, j'en bave des pleins seaux, c'est toi qui me fait cet effet là, c'est pas une autre, t'es bêêêêêêlle...

Minette : Ouais ben ton engin, Papa, tu te le trempes dans tes seaux pleins de salive jusqu'à ce que tu sois calmé. Et pis comme ça, ma future vie sexuelle de chèvre épanouie ne sera pas bousillée car ayant été déflorée par son géniteur.

Récitant : Hola hola, ta vie sexuelle, profite z-en car elle va pas être si longue que ça. Ici, les cabris, mâles ou femelles, on les zigouille à un an. C'est mieux que chez Anne où les bébés chevreaux vont chez le tueur à l'âge où elle portait encore des couches, mais ça ne laisse pas beaucoup le temps de faire des folies de son corps.

Djedaï : T'entends ce qu'il dit, le récitant ? Cueille dès aujourd'hui les ronces de la vie. Cueille, ouais ouais, et laisse toi cueillir, surtout !

Minette : Et bien moi, je ne suis pas pressée. Je suis persuadée que l'amour sans Amour, ça ne vaut pas tripette ni trempette, et je me réserve pour une personne qui m'aimera toute, et pas que mon corps. Et voilà.

Djedaï : Aaaaargh... Je comprends rien. C'est des poèmes que tu veux, c'est ça ? Moi je t'en fais à la mitrailleuse, si t'aimes les poèmes :

Je te broute
La filoute
Je te bouffe
La touffe
Je t'enlace
Face
Je t'enfile
Pile
Puis t'empapaoute
Avec ma biroute !

Minette : Beurk... Ce que tu peux être primaire, Papa ? Comment peut-ce se faire que nous soyons de la même famille ?

Djédaï : Béééé ?? Heureusement que ta mère était pas aussi compliquée, sinon tu la ramènerais moins : tu serais restée collée dans mes poils pectoraux

Minette : Je ne t'écoute plus, tu me donnes des nausées...

Djedaï : Mais j'y pense, ça ne serait pas ton puceau de Bouquetino qui t'aurait mis ces idées ridicules en tête ? Je vais me le faire, puisque tu fais des caprices. Si ça se trouve, prendre du rond va me plaire et me calmer.

Minette : Ne l'embête pas !

Djedaï : Mais pas du tout ! Viens ici mon petit Bouquetino... Papa va t'apprendre à faire des petits Bouquetinos, tourne-toi. Tu sors juste de l'œuf, t'y connais rien, laisse faire le pro. Elle te plaît, la Minette ? Va z-y, tu peux la toucher...

...mais uniquement avec les yeux ! Ha ha, quel con, ce bleubite, il s'est fait avoir ! T'as vu, petite, comme je l'ai mouché le téteux ? Regarde, il va essayer de téter sa mère, pour noyer son gros chagrin. Hin hin, mais regarde, elle veut pas de lui. Ha c'est pas son jour, personne veut de lui. Nous non plus on veut pas de lui, hein poulette ?

Minette : Moi je le trouve mignon et attendrissant.

Djedaï : Mignon ? Cet avorton ? Quand je t'aurai expliqué avec les gestes et tout, ce que c'est qu'un vrai mâle ?

Minette : Ho mais je sais déjà ! Hier, ya Bouquetino, qu'est-ce qu'il est malin, il a réussi à tirer la chevillette du cabanon, et à rentrer dedans... Et puis je l'ai suivi, et on s'en est donné à cœur joie, toute l'après-midi ...

Toi, on te connaît : t'es rien qu'un éjaculateur précoce !!

vendredi 21 septembre 2007

ManouMioule et Foutrix - Une journée du pâtre Hi moine -





Après ses mésaventures au parc accrobranche, Hi entre dans une phase de déprime aïgue. Il ne sort plus, n’ubiquite que rarement et médite toute la journée à côté de ses chèvres. Il a trouvé un emploi de berger à mi-temps qui lui permet de payer son obole au temple bouddhiste de Notre Dame de Bellecombe.

Par un beau jour de Septembre, Mioule et Foutrix rendent visite à Hi dans son petit village des Alpes.

Mioule : Quel plaisir de te revoir en pleine forme. Dis-moi, pourquoi portes-tu un chevreau en bandoulière ?

Hi : Cet animal souffre du syndrome du sac à main. Il est persuadé d’en être un. Ma nouvelle religion m’interdit de lui remettre les pieds sur terre trop brusquement. D’ailleurs il me sert également de réveil matin.

Foutrix : Ce chevreau parait quand même plus lourd et moins pratique que notre GPS. Et je suppose qu’il ne chante pas ?

Hi : Effectivement, tant que je n'essaie pas d'y ranger un document 21x29,7, il ne chante pas.

GPS : Comme un arbre dans la villeuuuuuuuu, je suis né dans le béton, coincé entre deux maisons, sans abri sans domicileuuuuuu, comme un arbre dans la villeuuuuuu.

Mioule : Soufi a appris tous les classiques des années 70 au GPS, plus quelques chansons paillardes. Il lui a aussi confectionné un ravissant étui en peau de léopard. Un vrai père.

Foutrix : Pourrions-nous poursuivre cette intéressante étude comparative chevreau/GPS en prenant le thé ?

Hi : J’ai des consignes très strictes du temple bouddhiste. Aucune dépense inutile. Ils vont même supprimer un moine sur deux pour la retraite au flambeau. Je ne peux que vous proposer d’aller nous désaltérer au ruisseau.

GPS : Serrez à droite!.

Mioule : J’ai comme l’impression que ton chevreau fuit.

Hi : Je sais. J’ai beau lui répéter qu’un sac à main ne se soulage pas.

GPS : Non, non, non, Saint Eloi n’est pas mort , car

Foutrix : Hi, il va falloir qu’on te laisse, le GPS chauffe un peu. Merci encore pour l’eau fraîche !

jeudi 20 septembre 2007

Tant-BourrinLes ondes µ

"Messieurs, l'instant est historique : nous allons procéder à la première expérimentation du rayon µ à l'échelle de la planète !"

Un infime tremblement dans la voix du professeur Burton Tarin trahissait son émotion. Le résultat de près de dix années de recherches intensives allait se jouer à quitte ou double devant les représentants du Pentagone et de l'US Army. Dix années de recherches dans le cadre d'un projet destiné à conférer un avantage décisif à la nation sur le reste du monde. Dix années de recherche engagées dans une voie qui avait paru insensée à tout le monde au départ. Et pourtant, le jour arrivait qui allait voir le triomphe du professeur Tarin. Tout du moins, ce dernier l'espérait-il : il fallait juste que l'expérimentation soit réussie.

"Vous connaissez tous plus ou moins la teneur de mes travaux, je vais toutefois vous en retracer les grandes lignes."

"Sans doute avez-vous entendu parler de la fameuse loi énoncée par le Capitaine Edward A. Murphy Jr, à savoir que si quelque chose peut mal tourner, alors ça tournera mal. Cette loi, aussi connue sous le nom trivial de loi de l'emmerdement maximal, a, pendant des décennies, paru appartenir à un gentil folklore de superstitions et de croyances non fondées. Certaines personnes, quand les choses tournaient vraiment mal, parlaient même de mauvaises ondes. Bref, de l'empirisme grossier basé sur des perceptions purement subjectives."

"Et pourtant, j'ai voulu creuser au-delà de l'apparence des choses et vérifier s'il n'y avait pas VRAIMENT de mauvaises ondes. Et, de fait, même si cela peut paraître fou, il y en avait bien. Ou, tout du moins, des ondes d'une nature inconnue à ce jour, dont j'ai pu mettre l'existence en évidence grâce à un capteur de mon invention."

"Pendant des jours et des mois, j'ai mesuré l'intensité de ce flux ondulatoire, et j'ai fini par observé une bien étrange corrélation : chaque fois que celui-ci augmentait, un incident, une gaffe, une erreur de manipulation se produisait dans les parages immédiats."

"Oui, je devine la question que vous allez poser : non, les auteurs de ces ratés n'étaient pas au courant des travaux sur lesquels je travaillais, ni même de l'évolution des mesures : leur comportement n'a pu être en aucune façon influencé de façon plus ou moins consciente."

"Ayant dès lors acquis quelques certitudes sur l'existence des mauvaises ondes et de leurs effets, je décidai de travailler d'arrache-pied à les recréer artificiellement en laboratoire. Ce fut la partie la plus ardue de mes recherches."

"J'ai fini par mettre au point mon premier prototype il y a six ans. Oh, bien sûr, sa portée était extrêmement réduite et, au-delà de la pièce dans laquelle on l'actionnait, nul effet n'était perceptible. Mais l'expérimentation fut convaincante, et d'ailleurs, certains d'entre vous étaient déjà là à l'époque et s'en souviennent peut-être : à peine avais-je mis mon générateur en marche que le Colonel Ouman, qui était légèrement enrhumé, éternua violemment, ce qui eut pour effet de projeter - excusez-moi des détails - une grosse giclée de morve sur l'uniforme du Général Leo Raffusi. Celui-ci eut un mouvement de recul qui fit s'effondrer sous son poids la chaise un peu branlante sur laquelle il était assis. Bref, une réussite totale : les ondes générées étaient bien des mauvaises ondes ! C'est d'ailleurs ce jour-là que j'ai eu l'idée de les appeler "ondes µ", les choix de la lettres grecque "mu" étant bien sûr un hommage discret au Capitaine Murphy."

"Partant de là, mesurant l'intérêt stratégique que pourrait procurer à notre pays cette invention, si tant est qu'on arrive à diriger les ondes sur le reste du monde, il a été décidé de passer à la phase suivante : la tester à grande échelle."

"J'ai, dans un premier temps, réussi à augmenter considérablement la puissance émettrice de mes générateurs d'ondes µ, puis, compte tenu de ce premier succès, des crédits secrets ont été alloués pour que chaque satellite militaire mis sur orbite ces dernières années embarque systématiquement émetteur µ un à bord."

"Et nous voilà rendu à aujourd'hui, en espérant ne pas vous avoir trop ennuyés avec ce petit rappel historique. La couverture satellitaire de la planète est maintenant complète. Il faudra, bien entendu, ultérieurement peaufiner le pilotage à distance des générateurs pour faire en sorte que seul le reste du monde soit plongé dans leur champ. Mais pour cette expérimentation, le champ couvrira également les USA : cela nous permettra de mieux mesurer l'impact sur notre territoire d'une courte période d'émission et d'extrapoler les effets potentiels que nous pourrons produire par la suite sur le reste du monde."

"Voilà, je n'ai plus qu'à actionner ce bouton du poste de commande pour déclencher l'émission d'ondes µ. Nous allons procéder à une expérimentation de courte durée, de trois minutes exactement."

Le professeur Burton Tarin, excité par la solennité du moment, enfonça le bouton. Là-haut, bien au-dessus de leur tête, les générateurs entrèrent en action et irriguèrent le monde entier de leurs ondes µ.


A Varsovie, Radoslaw Czetesky ouvrit par mégarde son porte-monnaie à l'envers : une pluie de pièces de monnaie chuta sur le sol, malheureusement à proximité d'une grille d'égout qui en avala la plupart.

A Libreville, Omar Nkogho fit un écart à vélo pour éviter une crotte de chien sur la chaussée et fut mortellement percutée par l'autocar qui arrivait en face.

A Reykjavik, Gunnar Jakob Karlson vissa la dernière cheville, accrocha son étagère au mur, mais celle-ci s'effondra par terre juste après qu'il y ait disposé ses précieux bibelots dessus.

A Osaka, Eichi Makimura renversa malencontreusement sa tasse de thé brûlant sur ses genoux et se brûla au troisième degré.

A Alice Springs, Tom Suttler, un employé de la société locale de chemins de fer, absorbé par un appel téléphonique de sa belle-mère, oublia de manoeuvrer un aiguillage et envoya un train de marchandise se fracasser sur un buttoir au bout d'une voie de garage.

A Coimbra, Nuno da Silva, dont le nez coulait, baissa son bras pour prendre un mouchoir dans sa poche et le bout de sa manche fut happé par la machine-outil sur laquelle il travaillait : son bras fut broyé.

A Guayaquil, Segundo Espinoza se cassa le petit orteil en heurtant violemment le pied d'une chaise alors qu'il marchait pieds nus dans son salon.

A Tallahassee, William Baker s'aperçut que son GPS l'avait orienté dans une mauvaise direction ; en voulant faire demi-tour, sa voiture fut pulvérisée par un poids lourd.

A Issy-les-Moulineaux, Patrick Lagueille oublia de remettre le tuyau d'évacuation d'eau de sa machine à laver dans l'évier, ce qui provoqua une inondation dans sa cuisine. L'écoulement d'eau dans l'appartement du dessous provoqua à son tour un court-circuit et un début d'incendie, avec deux victimes à la clé.

A Tananarive, Sariaka Randrianarisaina reçut une fiente de pigeon sur le sommet du crâne alors qu'elle s'était assise sur un banc pour se reposer.

Et, au même moment, des milliards d'autres événements malheureux tels que ceux-ci se produisirent dans le monde entier.


"Messieurs, les trois minutes se sont écoulées ! Je vais mettre fin à l'expérimentation, et il ne nous restera plus qu'à consulter les dépêches d'agence dans l'heure qui arrive pour mesurer l'efficacité de notre flux d'ondes µ !"

Le professeur Tarin appuya sur le bouton pour envoyer vers les satellites l'ordre de couper les générateurs d'ondes µ.

"Heu... C'est étrange, je ne reçois aucune confirmation... Je vais réessayer... Ah, c'est embêtant, on dirait qu'on a un tout petit problème..."

Il fallut vite s'en rendre compte : le dispositif de pilotage, lui-même soumis aux flux d'ondes µ et donc à la fameuse loi de Murphy, était devenu définitivement inopérant et ne put jamais être réparé.

La Terre continua donc d'être inondée d'ondes µ accidentogènes. Et, par conséquent, toutes les tentatives pour détruire les satellites émetteurs se soldèrent par des échecs cuisants, les fusées chargées de missiles restant clouées au sol ou explosant en plein vol. Il allait donc falloir apprendre à vivre dans un univers qui tourne mal en permanence...

La grande ère de Murphy commençait pour l'Humanité.

mercredi 19 septembre 2007

Saoul-FifreLe client est roi

Double plaisir, cette après-midi. J'étais dans ma librairie préférée, celle tenue par l'ours. Je l'appelle ainsi car il n'est pas du tout commercial et peu causant. Moi ça me convient tout à fait : je rentre, je lui fais un vague signe minimaliste de la main, il me grogne ou plutôt me murmure un bonjour inaudible, nous atteignons là le summum possible de nos manifestations en matière de politesse. Il me connaît, nous nous connaissons, nous savons que le livre est important et que tout le reste passe au second plan. Je survole des yeux les publications récentes qu'il est bien obligé de mettre en vue, son chiffre d'affaires est là et il faut bien vivre. Jamais il ne me viendrait à l'idée de mettre un € dans ces œuvres éphémères, ces mille-feuilles de saison. Je me tiens juste au courant, superficiellement...

Non, moi je file au fond du magasin, où il possède un fond de livres d'occasion impressionnant.

L'ours est à son bureau, avec un client, et ça discute ferme. Je comprends qu'il vient de lui faire une recherche sur internet et je sais d'expérience qu'il déteste se servir de cet engin moderne. Enfin, il a trouvé, et comme à son habitude, il demande des arrhes pour finaliser la commande. Le client refuse et là, mon ours pète un cable : il se met à gueuler au manque de confiance, au temps perdu à cause de connards qui vous prennent pour un con, qui vous font faire des recherches pendant des heures pour aller ensuite acheter dans les supermarchés, enfin il est très colère. Le client bégaye un truc, mais il lui coupe la parole : "On annule tout, rien à foutre, fichez-moi le camp !". Il déchire la fiche qu'il avait remplie et lui en jette les morceaux à la figure. Le gars cherche désespérément un truc pour ne pas partir comme un péteux et garder un semblant de dignité. Au lieu de se diriger vers la sortie comme il y a aimablement été invité, il fait un pas vers l'endroit où je suis. L'ours se déchaîne : "Non, mais vous m'avez pas bien compris ? Vous sortez de mon magasin et vous n'y remettez plus les pieds !!" L'autre tente un rappel à la loi. Il en est sûr, il l'a lu dans Que Choisir, un magasin est un lieu public et le refus de vente un délit ! Wo l'erreur ? L'ours, énervé comme si on lui piquait son miel, soulève l'homme à l'audition défaillante et le pousse jusqu'au trottoir en l'agonisant d'injures ursines.

Et revient à son bureau. Je réfléchis à toute allure. Le bonhomme a les boules et ce n'est pas très bon pour les négociations futures, ça, ne laissons pas de malaise s'installer. Je m'approche de lui comme si rien ne s'était passé et lui demande d'un ton neutre : "Et celui-ci, vous en voulez combien ?". Il jette un œil sur mon livre et son visage s'éclaire :

"Ha Raoul Ponchon ! Il est beau, hein ?"

"Oui, j'ai vu, il n'est pas encore coupé, ça se fait rare, dites donc, moi ça me va, j'adore couper les pages, j'aiguise impec mon Laguiole, c'est mon petit plaisir avant la lecture..."

"Vous avez vu qu'il y en a un autre ?"

"Oui, mais "La Muse au cabaret", je l'ai déjà, alors que celui-ci, c'est la première fois que je tombe dessus. Et dans un si bel état, en plus ?"

"Allez, puisque c'est vous, je vous le laisse à 10.

"Alors j'en prends 2, ha ha ! Merci, hein ?"

mardi 18 septembre 2007

ManouLe flan aux 5 parfums (goudron-vanille-moleskine-amande-madiran)





Recette de plein-air


Ingrédients :

- 1 marteau piqueur

- 1 gousse de vanille

- 1 petit carnet noir en moleskine

- 100 g d’amandes pillées

- 1 plaque de goudron

- 1 bouteille de Madiran


Préparation :

Sortez de chez vous muni d’un marteau-piqueur, d'une gousse de vanille, d’un sachet d’amandes pillées et d’une bouteille de Madiran. Prenez les transports en commun jusqu’à la Fnac la plus proche afin de vous procurer l’indispensable petit carnet noir en moleskine.

Rendez vous ensuite au jardin du Sacré-coeur. Choisissez un banc, posez-y vos affaires. Sortez quelques instants du jardin avec le marteau piqueur, et découpez sur la chaussée une plaque de goudron de 50 cm de côté que vous ramènerez devant votre banc.

Asseyez-vous confortablement, ouvrez le petit carnet noir, croisez les jambes. Regardez d’un œil torve votre voisin le plus proche puis écrivez frénétiquement ce qu’il vous inspire. Procédez de la même façon avec toutes les personnes à proximité. Peut-être vous ferez vous des ennemis. Peut-être pas. De toute façon vous n’êtes pas là pour ça : refusez avances et bastons. Buvez la moitié de la bouteille de Madiran. Vos arguments comme votre cœur à l’ouvrage n'en seront que meilleurs.

Tout risque d’idylle ou de bataille rangée écarté, arrachez une par une les pages du carnet (sans oublier la couverture) puis mâchez les jusqu’à obtenir une pâte onctueuse. Introduisez cette pâte ainsi que la gousse de vanille et l'amande pillée dans la bouteille à moitié vide. Secouez bien car le mélange doit devenir homogène.

Recouvrez délicatement la plaque de goudron avec cette mixture puis laissez chauffer au soleil. Déposez 3 feuilles de menthe au milieu de la composition. Enfin, engagez les enfants du bac à sable à venir déguster votre création non sans avoir effectué la traditionnelle Danse du Soleil des Indiens des Plaines.

Suggestion :

- Par temps pluvieux, il est possible de pratiquer cette recette en intérieur. Dans ce cas, découpez une plaque du carrelage de votre cuisine pour remplacer le goudron.

lundi 17 septembre 2007

Tant-BourrinBlogue

Que le blogueur qui ne s'est jamais posé de question sur son activité de blogage me jette la première pierre !... *aïeuuuh !*... Hé, Anténor, du calme !

Je voulais dire, via cette introduction douloureuse (*frottement de crâne endolori*), qu'il arrive un temps où le blogueur ressent inévitablement une certaine lassitude à pondre, sous la pression amicale de ses lecteurs adorés, des billets à la chaîne.

C'est ce sentiment que j'ai voulu mettre en chanson en détournant les paroles de "Rame", la sublime chanson d'Alain Souchon.

Initialement, j'avais eu l'intention de m'enregistrer chantant ces paroles, et puis j'ai reculé devant :
1°/ la difficulté d'enregistrer des choeurs en canon sur le final, comme dans l'original
2°/ la crainte de mettre subitement fin à la période de relatif beau temps que nous connaissons enfin
3°/ un gros coup de flemme, mais en parfaite cohérence avec le thème de la chanson

Bref, contents ou pas contents, vous n'aurez rien d'autre, na ! :~p

Allez, poussez à fond le son de vos enceintes ! Heu... enfin, pas trop, le fichier midi est vraiment pourri !

Musique !

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