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samedi 14 avril 2007

Tant-BourrinLes grosses têtes

Qui a osé dire que les Blogbos avaient chopé la grosse tête, hein ?





Photos shootées le 7 avril 2008
à "Incredible India", au Jardin d'acclimatation à Paris.
Et ça dure jusqu'au 8 mai 2007.





Deux petites précisions :

  • à l'heure où vous lirez ce billet, je serai en goguette dans mon Sud-Ouest natal. Je ne pourrai donc pas réagir à vos commentaires avant quelques jours. Patience !
  • oui, c'est un billet de remplissage, ET ALORS ?

vendredi 13 avril 2007

Saoul-FifreLe Dedans et le Dehors

Il s'agit d'un concept inventé par Lanza del Vasto, et en usage au sein de la Communauté de l'Arche. Le Dedans de quelqu'un, c'est sa personnalité intérieure, ce qu'il a dans le ventre, ce qu'il croit, ses valeurs... Son Dehors, c'est son look, son apparence. Selon Lanza, il convient que le Dehors soit l'expression du Dedans, qu'à une force de caractère corresponde une tenue impeccable.

À une soirée autour du feu, où Lanza nous avait régalé de sa "Légende de Saint Christophe", long poème déclamé et rythmé au tambourin, une jeune stagiaire s'avança au centre du cercle et nous dit un poème de son cru qui parlait des liens passionnés qui l'unissaient au barbu stigmatisé. À la fin, un des Compagnons de l'Arche se pencha vers un de ses collègues et lui murmura : "Son dedans vaut mieux que son dehors", et je me fis in petto la réflexion que tous les goûts étaient dans la nature, et que cela était bel et bon, car ainsi tout le monde avait une chance de trouver chaussure à son vié.

Moi, la petite brunette poétesse, je la trouvais bien gironde avec son jean moulant et son tee-shirt laissant deviner ses œufs d'autruche au plat. Son Dehors, j'y serais bien rentré dedans, mais je préférais qu'elle me laisse en dehors de son Dedans, ne me sentant pas de taille devant la grosse épine charismatique du qui a cru s'y fier.

Mon dehors, je ne crains pas de le dire, je m'en suis toujours désintéressé. Jusqu'à l'adolescence, ma mère ayant la haute main sur mon aspect extérieur, j'arborais un look classique, simple mais digne : chemise, pull ras de cou, pantalon à pli, et elle m'envoyait à rythme fixe me faire raccourcir les tifs chez un professionnel du ciseau. Ce jour là, j'avais environ 14/15 ans et je bavais devant la vitrine d'Au Vieux Campeur, à Bordeaux, dans l'uniforme sus-décrit. Pour ceux qui ne connaissent pas, le trottoir ne fait pas plus de 40 centimètres, devant le Vieux Campeur. Arrive en face de moi un prolo, l'archétype, le prolo-mannequin de base, la gapette vissée sur le crâne, petit, rond, voûté, toute la fatigue du monde sur le visage, et, cerise sur le gâteau, tenant à la main un tout petit sac de sport, du genre qui se ferme en tirant sur une ficelle qui coulisse dans des œillets, qui devait contenir sa gamelle de midi.

Le trottoir étant trop étroit, la politesse eut voulu que j'en descende pour laisser le "haut du pavé" à plus âgé que moi, oui, je n'ai pas reçu une éducation de racaille, moaaa, mais il fut plus rapide, sauta dans la rue, et en me croisant m'asséna un coup moral d'une force extraordinaire. Sans élever la voix, sans agressivité, d'un ton plutôt plein de regret, de déception, il me lança distinctement : "Fils de bourgeois".

Et il fila sans se retourner.

Je trouve qu'il est bon que quelqu'un d'extérieur vous renvoie votre image ainsi. Sur le moment, j'ai été knocked out : j'étais fils de paysan récemment débarqué à la ville, ma veuve de mère faisait des ménages pour nous nourrir, je ne me voyais pas trop dans la peau d'un bourge ? J'étais hyper vexé, en plus, car nous avions "Les bourgeois" de Brel dans nos vinyles, et je me retrouvais associé à ces notaires ridicules ! Mais ce gars a eu, sans le savoir, une influence énorme sur mon avenir. J'ai entamé une réflexion sur le paraître et l'embourgeoisement. Compris que ce n'était pas une question d'argent mais plutôt de sclérose intellectuelle, de posture méprisante, d'acceptation de l'existence de classes. Autant dire tout de suite que je n'ai pas adopté l'attitude de mon prolo déclencheur de prise de conscience. Mais mon premier boulot a été l'usine, j'ai connu le paiement au rendement, le travail a la chaîne, et, moi qui ne connaissais pas les ouvriers, je me suis régalé. J'étais plus à l'aise à beugler des chansons à boire avec eux dans un bal popu qu'à un apéritif dînatoire pincé entre cadres supérieurs grignotant les 2/3 canapés par convive, pas plus, car ils viennent du traiteur le plus cher de la ville...

Bien plus tard, j'ai connu un peu la même expérience. J'aime les vêtements en coton, agréables à porter, et on m'avait donné une chemisette kaki que j'avais adoptée et que je portais quasi en permanence. Elle avait des poches de poitrine, c'était pratique. J'habitais en Ariège à la grand époque où les hippies l'avaient envahie et y vivaient dans des tipis, des huttes gauloises ou les premières maisons solaires et un soir, pour un anniversaire, je fus invité dans une communauté voisine. Plutôt timide, je regarde plus que je ne parle, et cette attitude réservée, sans doute interprétée comme une critique de leur mode de vie, fit qu'une des nanas s'en prit à ma chemise, qu'elle qualifia de "militaire", et qui voulait que je l'enlève, et tout... Pour l'insoumis au service national que j'étais, ça fout un choc, aussi, mais surtout de voir de soi-disant libertaires voulant m'empêcher de porter ce que je veux !

Je n'ai vraiment pas de succès, et dans tous les milieux, avec ma façon de m'habiller.

jeudi 12 avril 2007

ManouL'AVARICE - Christian BOBIN -





L'ironie est une manifestation de l'avarice, une crispation de l'intelligence serrant les dents plutôt que de lâcher un seul mot de louange. L'humour, à l'inverse, est une manifestation de la générosité : sourire de ce qu'on aime c'est l'aimer deux fois plus.

Christian BOBIN (L'éloignement du monde)

mercredi 11 avril 2007

Tant-BourrinMon prochain album

A force d'aligner des tubes interplanétaires ("Chopin", "Boîtes", "Aquarium",...), la demande était forte, de la part des fans en délire d'avoir un vrai album signé Tant-Bourrin à se mettre sous les oreilles. Comme on les comprend !

Eh bien, ça sera bientôt chose faite : je suis actuellement en studio en Californie où j'enregistre l'album qui va assurément pulvériser le box-office d'ici quelques mois.

Ne pouvant rien refuser aux chers lecteurs de Blogborygmes, je vous offre ici en avant-première mondiale le premier projet de pochette ainsi qu'un petit extrait de morceau-titre de l'album. N'est-ce pas que c'est trop top de la mort qui déchire grave ?




Cliquez sur l'image pour voir la pochette en grand


Tant-Bourrin - Born in Bourrinville (extrait)

Play it loud !

Téléchargeable directement ici

Bref, je suis hyper confiant sur cet album, et ce malgré les méchantes langues qui osent prétendre qu'il ressemble un peu trop à ça...

Pfff, les gens sont d'un médisant !

mardi 10 avril 2007

Saoul-FifreTempus fugit

Le temps s'enfuit, le pleutre. Drôle d'expression. De quoi, de qui peut bien avoir peur le temps ?

De ne pas avoir le temps ?
De la vitesse, qui pourrait le raccourcir, selon Einstein ?
De se faire remonter par une machine ?
Que l'on colporte des légendes sur ses siècles ?
Que les couleurs du passé "passent" au soleil et tournent sépia ?
Que le magazine Actuel soit mort de trop d'anachronisme ?
De ce chien grondant après son kros nosse ?

De tous ces fugitifs fugaces et fébriles qui le talonnent sans se douter une seconde que le temps ne se rattrape pas.

Non, le temps ne craint rien. Ni de se faire dépasser, ni de se faire étaler d'un croche-pied dans la poussière, son pas est sûr, solide, et toutes nos petites agitations zélées, nos fougues, nos soi-disant urgences, ne lui tirent qu'un demi-sourire ironique.

Ce temps qui fuyait comme du sable sec et fin, de doigts écartés, n'était que la métaphore de ma propre fuite, faisant suite et corps à celle de mes parents. Nous avons fui la ferme trop isolée pour le village, le village pour la ville, la ville pour le village, le village pour le bâteau, un continent pour un autre, qu'on nous disait le nôtre, mais que nous n'avions jamais vu, de mémoire d'ancêtres, et où personne ne nous a reconnu.

Nous avons fui la mort, tout en sachant pertinemment qu'on ne lui échappe pas, que, sans hâter le pas, elle ramène son épaule à votre épaule et que son calme vous gagne, à jamais.

Peu importait. La mort ne s'attend pas bras ballants. Tant que je me sentais bouillonner d'un peu de vie, je filais dans mes nuages, me cacher au delà de l'horizon, derrière la courbure de la terre. Mes démons à mes trousses, j'avais beau les prendre à contre-pied, m'en ébrouer, ils me serraient en ricanant, m'obligeant à repartir, précipiter l'allure, sans reprendre haleine...

Je faisais tout avec brusquerie, dans la boulimie. Avec l'impatience d'arriver au bout du tunnel avant que le train ne te roule dessus, de préférence ? Je mordais dans le présent sans retenue, je courrais en tous sens, quadrillant les possibles, avec en tous lieux ces formes haineuses du passé qui s'agrippaient à mes paupières et me criaient :

- "Cours, cours, devant est autre chose, devant est différent, pédale de toutes tes forces : le pire est déjà advenu."

Et puis les battements de mon cœur, rythmés par le tempo furioso de mes pas, me firent m'accrocher à ce rocher.

Et j'y appris patiemment que le temps pouvait être immobile.

Enfin : presque immobile...

lundi 9 avril 2007

Manou(Vive) LA PARESSE - Pierre-Jean BERANGER-





Le roi d'Yvetot

Il était un roi d'Yvetot
Peu connu dans l'histoire ;
Se levant tard, se couchant tôt,
Dormant fort bien sans gloire,
Et couronné par Jeanneton
D'un simple bonnet de coton,
Dit-on.
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah !
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.

Il faisait ses quatre repas
Dans son palais de chaume,
Et sur un âne, pas à pas,
Parcourait son royaume.
Joyeux, simple et croyant le bien,
Pour toute garde il n'avait rien
Qu'un chien.
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.

Il n'avait de goût onéreux
Qu'une soif un peu vive ;
Mais en rendant son peuple heureux,
Il faut bien qu'un roi vive.
Lui-même, à table et sans suppôt,
Sur chaque muid levait un pot
D'impôt.
Oh ! oh !oh !oh ! ah ! ah ! ah ! ah !
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.

Aux filles de bonnes maisons
Comme il avait su plaire,
Ses sujets avaient cent raisons
De le nommer leur père
D'ailleurs il ne levait de ban
Que pour tirer quatre fois l'an
Au blanc.
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah !
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.

Il n'agrandit point ses états,
Fut un voisin commode,
Et, modèle des potentats,
Prit le plaisir pour code.
Ce n'est que lorsqu'il expira
Que le peuple qui l'enterra
Pleura.
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah !
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.

On conserve encor le portrait
De ce digne et bon prince ;
C'est l'enseigne d'un cabaret
Fameux dans la province.
Les jours de fête, bien souvent,
La foule s'écrie en buvant
Devant :
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah !
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.

Pierre-Jean BERANGER

samedi 7 avril 2007

Tant-BourrinAu pupitre, le chef d'orchestre...

A force de voir Oncle Dan s'offrir des coitus à répétition, ça m'a donné envie d'y goûter à mon tour. Voici donc ma première contribution à un Coitus Impromptus ! :~)


Au pupitre, le chef d'orchestre, comme à son habitude, se concentra un instant en fermant les yeux avant d'attaquer la "Symphonie pour l'amour et la paix universelle" de Jemlheby Zunurtz.

Suite à un vieux contentieux entre les percussions et les seconds violons, le joueur de timbale en profita pour asséner un violent coup de baguette sur la tête du violoniste placé devant lui. Celui-ci, après avoir frotté le sommet de son crâne endolori, riposta vivement : il saisit un archet dans son carquois, en banda son violon et décocha un tir tendu en direction de son agresseur. Enfin, presque dans la bonne direction : son tir dévissa légèrement et l'archet alla se ficher dans l'oeil d'un trompettiste qui s'effondra parmi les joueurs de cor. Face à cette agression sans sommation, les trompettistes se ruèrent vers les premiers violons - car ils n'avaient pas vu la provenance exacte du tir - et commencèrent à les tabasser avec leur instrument en guise de matraque.

Voyant cela, les violoncellistes, qui avaient conclu une alliance avec les violonistes - solidarité de cordes armées oblige - déclenchèrent un feu nourri sur les trompettistes dont le sang se mêla bientôt à celui des violonistes. Les flûtistes, relativement passifs jusque-là, se mêlèrent sournoisement à la bataille : n'ayant aucune sympathie pour les cordes frottées, ils utilisèrent leur instrument comme une sarbacane pour projeter des fléchettes enduites de curare en direction des violoncellistes, dégommant en sus dans leur élan plusieurs altistes et contrebassistes.

L'entrée des contrebasses dans la bataille eut un effet ravageur, car le calibre des archets augmentait sensiblement. Ceux-ci causèrent de lourdes pertes dans les rangs adverses, y compris, du fait de quelques archets perdus, chez les percussionnistes.

Le claveciniste, neutre jusque-là, jugea que sa sécurité n'était plus assurée et décida d'instaurer un espace vital autour de lui : il prit une pince, coupa une corde de son instrument et s'en servit pour étrangler proprement tous les musiciens à sa portée, jusqu'à ce qu'il tombe lui-même à terre, décapité par une cymbale lancée tel un shuriken.

Le tuba fracassa bientôt une contrebasse, privant les cordes frottées d'une partie de leur force de frappe, et ce d'autant plus que plusieurs altistes avaient succombé sous des coups de hautbois et de bassons. Les alliances se dénouaient, se recomposaient avant d'être de nouveau trahies et, dans la confusion générale, on finit même par voir des combats de cor à cor.

Et puis, peu à peu, le silence se fit de nouveau.

Au pupitre, le chef d'orchestre, se sentit enfin prêt. Il sortit de son introspection et leva sa baguette pour libérer la formidable puissance de son orchestre symphonique.

"Ting" fit le joueur de triangle.

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