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vendredi 10 février 2012

Saoul-FifreDe quel bois je me chauffe

Des appels angoissés me parviennent des quatre coins de l'hexagone, de son centre, voire même de terres sauvages l'environnant, encore mal explorées.

- Saoul-Fifre ? J'ai froid...

L'appel est identique, quel que soit l'appelant. Là, malgré l'enchifrènement, j'ai bien reconnu la voix, pâteuse à cette heure tardive, de ce bon Bof.

- Ne me dis pas que tu as encore spéculé, pariant sur une peu probable baisse du prix du fioul en plein hiver, et que ta chaudière s'est éteinte, faute de carburant ??? L'erreur est humaine, certes, mais la persévérance dans sa connerie est diabolique. Ce n'est pas à un petit chanteur à la bite en bois comme toi, spécialiste des cantiques en latin, que je vais l'apprendre ?

- Non, la chaudière marche mais tu comprends, la source a gelé ! Elle ne coule plus et ça, c'est un signe qui ne trompe pas : le thermomètre est passé au dessous de zéro !!

- Oui figure-toi que je lis les journaux. Le froid a fait 500 morts en Europe, - 25 ° en Italie, le Danube gelé, plus personne aux balcons dans les Balkans... Tu serais pas en train d'essayer de me faire pleurer sur ton sort ? Comme quoi les routes glissantes t'obligeraient à aller à petons jusqu'au bar du village, qui est bien à 800 mètres, genre ? Je te signale que les algériens se caillent les glaouis sous la neige et que chez nous, au pays du soleil, je n'arrive pas à faire monter la pièce à vivre au dessus de 9° et que les canalisations d'eau ont gelé entre le RC et le premier étage. Est-ce qu'on se plaint ?

Enfin : si. Je me plains du traitement de cette vague de froid tout à fait de saison par les médias (les copains à Sarko : Bouygues, Lagardère, Hees etc...). Aaargh, on va mourir, alerte rouge, on va manquer d'électricité pour se chauffer, on est obligé d'en acheter aux allemands (Tiens je croyais que c'était eux qui nous en achetaient depuis qu'ils sont sortis du nucléaire ? C'est un peu comme ça vous arrange, hein, les journaleux ?)

Vraiment, le but des médias est on ne peut plus clair : il faut bien faire flipper les français pour qu'ils votent pour le seul qui a des couilles, le héros qui ne tremble pas devant Fukushima : Zébulon 1er !

IRRADIER PLUS POUR CHAUFFER PLUS

HYPER-ACTIF AUJOURD'HUI RADIOACTIF DEMAIN

Tous les autres candidats n'ont qu'un seul programme : vous faire crever de froid ! Seul le nucléaire peut vous fournir les précieuses calories qui vous permettront, en petite tenue et en plein hiver, de regarder sur TF1 un reportage objectif et édifiant (sponsorisé par AREVA) sur les japonais courageux, pas pleurnichards et de plus en plus majoritairement pro-centrales atomiques.

Les hommes politiques véreux et responsables ironisent sur les énergies renouvelables qui ne seraient pas "rentables". J'ai un peu de mal à croire leurs chiffres. Le rapport de la cour des comptes sur le sujet reconnait déjà la compétitivité de l'énergie hydraulique et l'éolienne ne serait guère plus chère que le nucléaire. Pour le solaire, il se trouve qu'un ami agriculteur a fait construire un hangar couvert de photopiles. Avant, il recevait comme tout le monde sa facture EDF tous les deux mois. Maintenant, EDF lui envoie un chèque en rachat de sa production électrique, la somme correspondant à sa consommation est bien sûr déduite. Ce chèque suffit à rembourser le crédit qu'il a été obligé de faire, n'ayant pas le premier sou pour cette opération. Dans sept ans, le crédit sera remboursé et le chèque d'EDF sera donc son bénéfice net.

Dans ces conditions, et par rapport à sa situation antérieure, j'aimerais bien qu'on m'explique cette assertion :

"Le solaire n'est pas rentable"

mardi 7 février 2012

Tant-BourrinComment survivre en temps de crise

Que vous le vouliez ou non, 2012 sera l'année de la crise. Et pas une petite crisounette de rien du tout, non : la big crise, bien maousse et poisseuse, le merdier absolu, quoi !

Dans ces conditions, plus d'un risque de voir sa situation personnelle se détériorer sévèrement et de ne plus pouvoir profiter du haut niveau de vie que lui offrait jusque-là notre brillante civilisation occidentale.

Vous-même, peut-être, êtes-vous inquiet pour votre avenir ? Que faire si vous vous retrouvez, du jour au lendemain, sans emploi, sans revenu, démuni de tout, pour conserver un train de vie plus proche du TGV que du vieux tortillard poussif ?

Pas de panique : Blogborygmes est là pour vous aider !

Voici quelques exemples de situations auxquelles vous pourriez être confronté et les réponses à y apporter...

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samedi 4 février 2012

Scout toujoursJennifer

Jennifer est une jeune antillaise plutôt jolie. Je l'ai rencontrée pour la première fois il y a un peu moins d'un an. Sa voix était tellement entrecoupée de sanglots qu'elle ne parvenait pas à terminer ses phrases. J'ai dû lui demander d'arrêter de parler, de s'étendre sur le divan et de fermer les yeux pour reprendre son souffle. Je lui ai dit de parler calmement, sans se précipiter, prenant le soin de l'interrompre à chaque fois que les sanglots la submergeaient. Elle m'a raconté son histoire : son enfance passée à Paris, sa mère dépressive qui l'emmenait tous les jours se promener au bord de la Seine, les bras chargés d'énormes sacs. Chaque jour la petite Jennifer aidait sa maman à remplir ces sacs d'objets lourds, bouteilles, statues en pierre, etc., et partait avec elle, portant héroïquement ces énormes fardeaux, pour la bonne cause, telle Cosette allant puiser son eau. Ces sacs, elle l'a compris au fil du temps n'étaient en fait destinés qu'à les maintenir toutes deux dans les profondeurs du fleuve lors de l'ultime plongeon. La pauvre enfant espérait que son calvaire allait finir, lorsque, à l'aube de ses dix ans, après s'être magnifiquement habillée et maquillée, sa maman lui apparut plus belle que jamais. Elle embrassa une dernière fois sa fille et se défenestra sous ses yeux.

Le choc émotionnel et l'immense déflagration qui s'en suivit déclencha chez l'enfant un diabète grave accompagné d'une maladie inflammatoire appelée sarcoïdose et qui atteignit son foie, ses poumons et son estomac. Ajoutée à cela une grande instabilité émotionnelle qui la faisait fondre en larmes à la moindre émotion. Elle me raconta son parcours, la suite de son enfance passée chez une horrible grand-mère qui prenait plaisir à la torturer, l'accusant de la responsabilité de la mort de sa mère. Le viol qu'elle subit en voulant protéger une amie, l'enfant qu'elle perdit à cause de son diabète, ses quatre injections d'insuline qu'elle effectuait chaque jour elle-même, puis sa grande fierté, son diplôme de préparatrice en pharmacie, les problèmes qu'elle avait avec ses collègues de travail qui lui rendaient la vie impossible, puis sa brouille avec sa meilleure amie qui repoussait toutes ses tentatives de réconciliation, sa logeuse qui la mettait à la rue, et surtout son ex-compagnon, un parasite vivant à ses crochets dont elle avait dû se séparer après qu'il lui ait mis en pièces une voiture qu'elle n'avait même pas fini de payer, mais qui continuait quand même à la harceler.

Cette extraordinaire cascade de catastrophes l'avait réduite au point de ne plus pouvoir travailler, elle craignait à présent pour son emploi. Je la voyais chaque semaine, et la redécouvrais chaque jour encore un peu plus mal en point qu'avant.

Ce jour-là, Jennifer était seule, et véritablement au bout du rouleau. Ses petits yeux d'oiseau blessé et ses paroles suppliantes m'indiquaient qu'un geste sans cesse repoussé s'imposait à moi à présent ; geste sans lequel il y aurait eu véritablement non assistance à personne en danger. N'y tenant plus, et au risque des conséquences, je la pris dans mes bras comme on prend un enfant. Elle me serra convulsivement. Ses sanglots étaient entrecoupés de "Merci". L'étreinte était intense, j'en restai totalement pétrifié, comme si cette extraordinaire accumulation de souffrances qu'elle portait en elle, me traversait le corps, j'étais dans un état de compassion extrême, le moment était très fort. Nous restâmes enlacés elle et moi plusieurs minutes jusqu'à ce que je sente son étreinte se relâcher. Elle avait enfin retrouvé son sourire et se mit à me parler à nouveau. Mais rapidement son émotion l'envahit et je vis qu'elle avait à nouveau besoin d'une accolade. Je tiens à préciser que ces étreintes, même si elles n'étaient pas très conventionnelles, n'avaient absolument rien d'embrassades amoureuses.

Plus tard, Jennifer a rencontré un compagnon plus digne d'elle et a pu retrouver un peu plus d'autonomie, au moins sur le plan affectif. Notre dernière rencontre a eu lieu lorsqu'elle est venue m'annoncer éplorée que la Sécurité Sociale venait de refuser la prise en charge de son billet d'avion pour Paris. Un geste vital devait être fait d'urgence sur son estomac qui saignait. La pauvre malheureuse, se vidait de son sang et avait déjà reçu deux transfusions sanguines. Deux solutions s'offraient à elle pour survivre : soit l'ablation de l'estomac, soit une électrocoagulation qui ne pouvait s'effectuer en Guyane. J'ai dû la faire hospitaliser d'urgence et donner de la voix dans les bureaux des ronds de cuir de la sécu pour qu'elle obtienne gain de cause.

Aujourd'hui Jennifer a enfin pu prendre son avion. Elle est en ce moment hospitalisée à Paris, près de chez vous, et se débat corps et âme pour sauver son estomac.

Prions pour qu'elle puisse y parvenir.

mercredi 1 février 2012

AndiamoVacances de gamin

J’avais neuf ans, la guerre était finie depuis trois ans. Les « vieux » en parlaient encore, pour moi ça remontait à Mathusalem !

Vous l’avez sans doute remarqué : le temps ne s’écoule pas de la même manière quand on a neuf ans et quand on en a quarante. Ouais, je vous vois venir, tas d’hypocrites : le doyen, avec ses soixante-douze balais, qu’est-ce que ça doit filer… Ben oui : ça file !

Donc j’avais neuf ans et, après une année scolaire brillante (hi hi), ma mère nous dégotte par l’intermédiaire d’une grand-tante religieuse (vous marrez pas, elle était ADORABLE, ma tata !) une pension pour les vacances.

Elle servait (et le terme convient parfaitement) chez les filles de la charité. Mais oui, les sœurs en cornettes ! L’ordre de Saint Vincent de Paul. Elle faisait partie de la communauté basée à Clermont-Ferrand et comme la tantine était issue d’un milieu plus que modeste, n’ayant pas apporté de dot… qu’est-ce qu’elle a gratté ! D’ailleurs elle répétait souvent à ma mère : " la plus grande peine que me ferait ta fille serait qu’elle entre en religion !" C’est dire….

Donc ma brave tantine nous avait dégotté une pension pour ma mère, mon frère (12 ans), ma sœur (10 ans) et moi, un hébergement dans un hospice pour vieillards, tenu par des religieuses bien sûr, à Cunlhat (prononcez KIN YA), petite bourgade Auvergnate située non loin de Clermont-Ferrand.

Il s’agissait d’une grande chambre dans laquelle avait été dressés deux grands lits. Ma mère occupait l’un d’eux avec ma sœur, et moi je partageais l’autre avec le frangin, ça ne nous changeait pas, vu qu’à la maison nous partagions déjà le même pieu… Je ne te raconte pas les bagarres, mais j’en garde un excellent souvenir !

Mon père, lui, était resté à Paris, il travaillait durant ses vacances afin de nous permettre de partir. Pas riches certes, mais nous n’avons jamais manqué de quoi que ce soit.

Tous quatre nous prenons le train à la gare d’Austerlitz. Mon père nous conduisait toujours jusqu’à l’avant du convoi, afin de nous faire admirer la locomotive : une énorme machine noire, fumant de toutes parts, laissant échapper des jets de vapeur, des roues énormes, les immenses bielles et contre-bielles. La noble race des trains qui fument !

C’était sans doute, je l’ai appris plus tard, une « Pacific », ces locos vendues par les Américains après la guerre, dans le cadre du plan Marshall.

Les compartiments desservis par un couloir, nous voyagions en troisième classe (elles n’existent plus), huit personnes par compartiment, des sièges de moleskine… Verte la moleskine, les filets à bagages tendus au-dessus des places assises et, juste en dessous, des photos en noir et blanc, représentant des paysages de notre beau pays de France !

Bien sûr, nous avions emporté un peu de lecture, quelques illustrés, ou un livre ou deux de la comtesse de Ségur (née Rostopchine… t’as vu je m’en souviens encore !).

Pas le droit de parcourir le couloir, nous devions rester bien en vue quand nous nous y rendions, histoire de se dégourdir les guibolles !

Pour le casse-croûte, point de wagon-restaurant pour nous, le budget maternel ne le permettait pas. Le préposé passait avec sa clochette qu’il faisait allégrement carillonner, afin d’annoncer les différents services.

Ma mère déballait quand il était l’heure : sandwichs au pâté, au fromage, des œufs durs, sans oublier le dessert, quelques biscuits secs. En guise de boisson : de l’eau, précieusement contenue dans une bouteille de verre soigneusement « entortillée » dans un torchon humide, pour la conservation de la fraîcheur !

Tout le monde faisait de même, les conversations allaient bon train, les langues se déliaient au bout d’un moment, les trajets étaient longs. Après guerre, certains ponts et viaducs étaient encore en réfection. Ils avaient souffert des bombardements, le convoi roulait au pas au moment de la traversée et, j’avoue, mais je n’étais pas le seul… nous n’en menions pas large !

Enfin après mille tortures et de longues heures à se chamailler, rire aussi, nous arrivions en gare de Clermont. Tantine nous attendait, embrassades (pas fastoche avec la cornette !) et larmes de joie pour elle, qui ne nous voyait pas souvent :

- Comme ils ont grandi ! Toi, tu n’es toujours pas très gros ! Si tu avais autant de kilos que de frisettes !

Elle nous accompagnait jusqu’à la gare routière, et là nous prenions après mille embrassades un antique autocar ! J’ai revu les mêmes dans le film de Pierre Granier Deferre, "la veuve Couderc", et aussi dans celui de Jean-Loup Hubert, "le grand chemin"… Tu vois ?

Alors là, je ne me souviens plus si le trajet était long ou pas, nous arrivions épuisés, c’est sûr !

Repas pris dans un grand réfectoire en compagnie de quelques pensionnaires comme nous, puis dodo !

Le lendemain, un copieux petit déjeuner : chocolat et gros pain de campagne frais, beurre et confitures maison, la bouffe était bonne, j’en garde un bon souvenir.

Nous descendions au village, le vrai patelin auvergnat années quarante, les bouses de vaches partout, la grand’rue pavée, les autres remblayées avec de la caillasse, ça ne nous gênait pas, à Drancy dans ma rue c’était kif-kif !

Une grande place accueillait une foire toutes les semaines, un peu marché aux bestiaux et marché tout court.

Mais ce qui nous attirait le plus, c’était l’échoppe du sabotier située juste au pied de l’hospice.

Un tout petit atelier partagé par un père et son fils, un grand et fort gaillard le fiston !

Il était « monté » à Paris pour faire son régiment, et il en parlait ! A l’entendre, toutes les gonzesses de Pigalle portaient le deuil depuis son départ !

Nous le regardions tailler la bûche de bois, d’abord à l’aide d’un genre de massicot, puis avec des tarières, gouges et autres engins tranchants forts impressionnants pour un gamin, nous voyions les copeaux odorants voler sous ses mains habiles, et le bois informe prenait petit à petit l’allure d’un « esclop » !

Et je vous assure que cela allait très vite, il devait fabriquer si ma mémoire est bonne au moins une paire de sabots par jour, si ce n’est plus.

Il coulait en contrebas du village un ruisseau. Dans mes souvenirs de gamin, il était large, mais lorsque je l’ai revu une vingtaine d’années plus tard, il ne mesurait en fait que trois mètres de large à tout casser !

Nous nous y baignions, ou plutôt nous y pataugions, dans nos maillots de bains « tricotés main » par ma mère, ça ne sèche jamais ces saloperies de maillots !

Presque tous les jours, nous pêchions des vairons, que les sœurs nous faisaient cuire ! C’est amer comme tout, mais nous ne l’avouions pas, trop fiers de déguster notre pêche ! Parfois, nous allions tenter d'attraper des écrevisses, et là... c’était une autre affaire !

Tout d’abord, nous demandions bien poliment, tu penses, au boucher de nous mettre de coté quelques têtes de moutons. Dans ces villages, à l’époque, les petits commerces étaient encore bien présents : boucherie, boulangerie, mercerie, et même un casino, ou familistère je ne sais plus très bien.

Nous laissions dans un coin du grand jardin "faisander" les têtes de moutons, puis armés de balances toutes neuves nous partions à la pêche !

Les têtes disposées au fond des balances que nous mettions à l’eau. Il faut attendre deux bonnes heures au moins, nous recommandait notre mère, mais va faire comprendre la patience à des gamins !

Toutes les cinq minutes, nous relevions les balances, faisant fuir les bestiaux ! Le soir, c’est avec quelques dépressives écrevisses candidates au suicide que nous rentrions, priant les sœurs de bien vouloir nous les passer au court-bouillon !

Cette campagne était truffée de petits chemins coupant la route en plusieurs endroits. Point de tracteurs en 48, tu penses, en Auvergne les vaches servaient de bêtes de trait. Les paysans n’étaient pas bien riches, ils tenaient des fermes et non des exploitations agricoles ! Ils étaient paysans et non exploitants !

Quel noble mot que : paysan. Nous avons TOUS, j’en suis certain un paysan accroché à la boue de nos chaussures, et ça nous l’avons oublié.

Quand je suis retourné plus de vingt ans plus tard dans ce joli village, le casino avait disparu, le boucher aussi, les chemins sont envahis par les ronces, les tracteurs empruntent la route, laissant les vaches profiter, et donner beaucoup de bon lait que l’on ne pourra pas vendre ou alors à des prix…

Ah oui, l’échoppe du sabotier ? Fermée bien entendu, mais qui porterait des sabots aujourd’hui ?

Allez, on s’est bien fait NIKER !

Cette photo je l'ai chopé sur le net.

samedi 28 janvier 2012

Saoul-FifreLe journal de Ploux IV

Y'avait un bail. Les trop récents nouveaux commentateurs ne l'ont pas connue, mais j'avais amorcé il y a plus de six ans une série rurale genre "Le grogneur est dans le pré" dont vous pouvez trouver les premiers épisodes ici et puis là aussi

Sacré Ploux.

Hier soir, donc, c'était "Apéro des voisins".

Je me rappelle plus quel est le grand couillon qui en a eu l'idée en premier mais c'est le Jacquot de la Bastidonne qui m'a téléphoné la date, la semaine dernière. "Tu comprends, Ploux, on se voit qu'aux réunions professionnelles et aux enterrements, on pourrait essayer un truc plus sympa", qu'il a dit, "... et nos bazarettes pourront tchatcher ensemble, qu'elles se voient jamais ?"

Présenté comme ça, c'était tentant, mais... bon.

On devait s'amener avec "quelque chose" et j'avais choisi un beau Mathusalem de notre vin de garage. Cette bouteille de six litres étant appelée ainsi car qui en boit un par jour vivra très âgé. Et comme on est pas des rats, on avait dépendu deux, non : trois beaux saucissons, secs à point. On débarque, tous les consanguins et guines étaient arrivés, l'œil déjà bien allumé et le verbe fort. Sans perdre de temps en salamalékoums inutiles, je sors mon Laguiole "sommelier" et je fais retentir le doux bruit du bouchon qui n'en peut plus de se retenir de péter. Je remplis "pas plus haut que le bord" quelques verres qui se tendent, puis les nôtres, et, tout en me bourrant le pif d'odeurs puissantes et pinardières, je tends l'oreille aux avis des collègues dégustateurs.

'tain, les nuls ! Les opinions vont de "Je recrache aussi sec" à "Je vide mon verre dans le bac à fleurs" en passant par "C'est gentil d'avoir porté la vinaigrette" ! Je le crois pas. Un vin élevé avec tant d'Amour, objet de tant d'attentions ? Un nez époustouflant, une bouche épatante, un fond de gorge hallucinant...

"Vous n'y connaissez que dalle, bande d'assassins ; ah, passer le pulvérisateur quand le conseiller viticole vous téléphone de le faire, c'est à dire quarante fois la saison, ça : d'accord ! Facile : il est toujours attelé et avec vos rampes qui prennent dix rangées à la fois, c'est vite fait... Désherbants, engrais en pagaille, anti-ci, anti-ça, quand vous amenez vos raisins à la coopé, le jus il mousse comme si on avait trop mis de mini Mir ! Votre copain l'œnologue en remet une couche avec ses analyses, ses mixtures, ses cocktails du diable à odeur de soufre et voilà : un verre du résultat me donne la cagagne pour la semaine..."

"En fait : toutes vos drogues chimiques, vous y êtes accros et avec mon vin entièrement naturel, vous vous retrouvez en manque !"

L'ambiance était lancée, les regards se durcirent et ils se resservirent tous un jaune, couleur fédératrice entre toutes, dans notre beau pays du soleil. Ma douce coupa fin-fin un des saucissons et fit tourner la planche.

"Ho Robert", attaqua le Titin, un des viticulteurs les plus "modernes", "c'est bien ton mâle reproducteur, qu'on est en train de manger en tranches, là ? Tu me disais l'autre jour que tu savais pas quoi en faire, que la viande d'un mâle entier aussi vieux était immangeable et que personne en voulait ? Je suis content pour toi : tu as réussi à trouver un pigeon qui aime l'odeur de pisse !"

"Ah Titin mon Titin, tu ne sais pas tout ! Je vais rester discret sur le prix ridicule que je l'ai payé mais je peux te dire que je suis content de l'affaire : il n'était pas gras du tout et pour le goût, nous les Ploux on aime les produits qui ont de la personnalité. On est pas des chochottes citadines comme j'en connais..."

"Là, c'est vraiment les mouches à merde qui se moquent de l'écurie ! C'est pas toi, Ploux, le plus beau néo-rural bobo du canton, qui cherche à te faire passer pour un vrai paysousse, quand même ? Tu sais peut-être pas qu'on t'appelle "Monsieur le Marquis", dans le quartier ??"

"Mais, Noun de pas dieu, regarde comme tu te nourris, Titin ! Ta grand-mère doit se retourner dans sa tombe à chaque fois que t'ouvres une boite de cassoulet ! Ton congélateur est plein de plats cuisinés Agrigel et ton apéro, c'est "cacahouètes et Bâton de berger" ! Tu fais plus ton jardin, t'élèves plus ni poules, ni lapins et même l'amandier de ta cour, tu le récoltes pas car il faudrait casser les coquilles ? T'es devenu un gars de la ville et pis c'est tout."

"Même le thym et le romarin, tu les prends chez Ducros !"

Bon, c'est là qu'on a commencé à s'attraper par le pull et à se secouer, que les autres s'en sont mêlés, un peu pour aider l'un ou l'autre, un peu pour nous séparer, et puis tout le monde est parti chacun de son côté dans son chez soi en se lançant divers noms d'oiseaux pas valorisants.

Attendez, ça va me revenir, le nom du génie hors-concours qui a eu cette sublime idée d"apéro des voisins" !

mercredi 25 janvier 2012

Tant-BourrinTares trek (épisode 2)

An 2562. La Terre a, depuis près de trois siècles, intégré la Fédération intergalactique, regroupant des civilisations issues de milliers de galaxies différentes. Paix, connaissances et progrès règnent désormais en maîtres sur une immense partie de l’univers. Et chaque jour, des pionniers, à bord de leurs vaisseaux supraluminiques, explorent des espaces inconnus en quête de nouvelles planètes à pacifier.

Suite de l'épisode 1


A bord du Blogborygmus, le lieutenant Taanb-Ourhin, officier navigant issu de la galaxie Strictéraide, s'efforçait depuis des jours et des jours de réparer l'ordinateur de bord. Tout d'abord parce qu'il considérait que leur dernière chance de salut (même s'il estimait grossièrement leur probabilité de survie au-delà de six mois à 2,472 puissance moins 9613) passait plus par là que par les capacités de pilotage du caporal Andy Amo. Et ensuite pour occuper son esprit et en chasser les pensées capitainicides qui, malgré l'immense respect de la hiérarchie qui lui avait été inculqué depuis le plus jeune âge, avaient tendance à l'envahir.

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samedi 21 janvier 2012

La PouleUn détail de l'histoire

planche-poule-detail-de-lhistoire

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