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jeudi 1 juin 2006

Tant-BourrinLa très aventureuse vie du Chevalier de Tant-Bourrin et de son écuyer Saoul-Fifre (Chapitre IX)

(lecture préalable des chapitres I, II, III, IV, V, VI, VII et VIII conseillée - Test de connaissances optionnel)

Où le Chevalier de Tant-Bourrin la joue comme Bèquamme

XIIIème siècle après Jésus-Christ - Quelque part dans le Royaume de France

L'étrange équipage cheminait sur la route qui s'empoussiérait sous le doux soleil d'un mois de juin médiéval.

En tête chevauchait le Chevalier Hippobert Canasson de Tant-Bourrin, dos voûté, mine déconfite, l'aura tellement atone qu'un ver luisant eût paru en comparaison plus flamboyant que le phare d'Alexandrie. Derrière lui bourriquait miteusement son écuyer Saoul-Fifre, la face rubiconde et avinée, cuvant son pinard tranquillement à l'abri des regards, protégé qu'il était par une aura de mouches d'une densité impressionnante.

Or il advint que nos deux compères - enfin, tout du moins celui qui ne dormait pas - virent bientôt un paisible village se dessiner sur l'horizon. Mais, fait étrange, plus ils approchaient de ce village, plus le caractère paisible de celui-ci apparaissait douteux. Des cris, des hurlements, des vociférations s'élevaient en effet en une clameur croissante.

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mercredi 31 mai 2006

Saoul-FifreCadeau de mariage

Le cadeau, c'est la très belle mélodie qu'un ami a déposé sur mes mots, pour nous interprêter le tout le jour de notre mariage...

Seuls sur le Grand Chemin , un jour sommes partis,
Le sol était tout blanc et doux comme un jeudi
Et le soleil si chaud que vite nous avons
Enlevé tout ce que sur la peau nous avions...

Nous partions pour savoir, ta main dedans ma main
Si les couleurs brillaient au bout du Grand Chemin,
Si le ciel était d'or, si les arbres étaient bleus
Ou bien si la lumière se séparait en deux ?

Nous partions pour savoir, mes cheveux dans ton cou
Si nos deux libertés se donneraient des coups
Et si l'Amour valait la peine qu'on le prenne
Avec la jalousie à travers les persiennes...

Nous partions pour savoir, ta bouche sur ma bouche
Si nos graines d'Amour pourraient y prendre souche
Si l'on pouvait donner, avec nos petits cœurs,
À cet autre, une vie sans haine et sans rancœur...

Nous partions pour savoir, mon corps contre ton corps
Si le bonheur à deux était possible encore
Si le désir de l'autre résisterait longtemps
À la course incertaine sur les chemins du temps ...

Le sable était tout blanc et le soleil très chaud,
Nous avons fait l'amour tout au fond d'un cachot,
Dans la neige, au sommet d'un pic d'Himalaya,
Au large, dans la mer ou plus d'un se noya ...

Nous sommes seuls sur ce chemin.
Nous sommes seuls dans ce grand lit.
Nous y marchons avec les mains,
Nous y vivons de nos folies.
Nous avons tant et tant marché,
Ne cherchons pas plus loin l'ourlet.
Le vent du soir s'est ramolli,
Nous passerons ici la nuit .

mardi 30 mai 2006

Tant-BourrinPeau d'âne

Le vieil ânier en pleurs, usé par la famine,
Dut hélas à la fin manger son bourricot,
Mais mon dieu qu'elle est âcre de goût, sous les chicots,
La peau de son grison bouffé par la vermine !

Moralité :
Couenne d'âne amère, ah !
Ma vile couenne d'âne amère, ah !
Couenne d'âne amère, ah !
Ma vile couenne d'âne amère, ah !

lundi 29 mai 2006

Saoul-FifreSi tu es gai, ris donc...

Dans la grande tradition des gags relous en une image que l'on trouvait à la grande époque, dans des journaux comme Jours de France, Ici-Paris, France-Dimanche, Le Rire... etc, et pour qu'il soit bien clair pour tout le monde que je ne suis pas nul QUE en dessin, voici de quoi alimenter en Gros Rire Gras et Beauf ce blog.

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dimanche 28 mai 2006

Tant-BourrinLa positive attitude

Tout a commencé sans qu'on n'y prête la moindre attention. Nous voulions acheter un petit siège pour que Tant-Bourriquet ait une assise à sa taille, et nous avions trouvé ce petit fauteuil de mousse particulièrement approprié.


D'ailleurs, Tant-Bourriquet l'adopta bien vite, indépendamment du fait qu'il soit décoré de petits Oui-Oui.

Et puis il y eut un cadeau d'une belle-soeur, une petite peluche de Oui-Oui. Il ne se passa rien dans les premiers temps, mais peu à peu, il apparut de façon claire que Tant-Bourriquet, qui avait passé près de vingt mois sans éprouver le besoin d'avoir un doudou, s'entichait du gnome à grelot.

Soit.

Mais hélas, un jour, le Oui-Oui fut égaré sans espoir de le retrouver, et il fallut en acheter un autre, plus grand, plus beau. Et par souci d'éviter le trauma d'une nouvelle perte, nous en avons acheter un second, histoire d'avoir un doudou de secours. Mais notre discrétion fut mise à mal : Tant-Bourriquet réussit à voir les deux Oui-Oui en même temps et les adopta derechef, ainsi que, quelque temps plus tard, un mini Oui-Oui en peluche.

La famille Oui-Oui ressemblait alors à cela...


A partir de là, ce fut l'escalade, la fuite en avant... Tant-Bourriquet n'avait plus que "Oui-Oui" à la bouche. Il y eut bientôt les livres de Oui-Oui,...


...la voiture de Oui-Oui,...


...puis une trentaine de divX de Oui-Oui...


...et même les chaussures de Oui-Oui !


Anténor verrait dans cette monomanie galopante de la graine de client pour le Docteur Schneider.

Personnellement, je ne le pense pas. D'ailleurs, malgré ce flux de Oui-Oui qui constitue aujourd'houi-oui mon environnement, je garde ma bouille réjoui-ouie et épanoui-ouie. Je laisse donc coui-ouiner les béni-oui-oui à la mine chafoui-ouine, je n'oui-ouis que coui-ouic de ce qu'ils baragoui-ouinent. Leurs affirmations gratui-ouites s'évanoui-ouissent dans le brui-ouit ambiant. Et pui-ouis je n'en sui-ouis pas rédui-ouit à prendre des cui-ouites inoui-ouïes au oui-whisky dans des bouis-bouis pour oui-ouiblier Oui-Oui.

Oui, oui, je vous ai assez ennui-ouyés avec Oui-Oui pour ce oui-week-end... Un bon sandwi-ouich, un petit chewi-ouing-gum, je me foui-ouis dans mon swea-ouiter, et je serai prêt à joui-ouir d'une bonne nui-ouit !

samedi 27 mai 2006

Saoul-FifreAmis de la poésie et des poueteurs, re-bonjour !

J'ai les noms. Et les IP correspondantes. Et les adresses mail. Je viens d'acquérir d'autre part un petit bijou de spammeur automatique, qui couplé à un générateur d'injures, vous sulfatent les blogs non dans la ligne du 25 ième congrès, avec des mots doux qui piquent les yeux. Quand il lance ses rafales de nuisances, mon disque dur émet un adorable petit ronron, très doux à mes oreilles et qui m'enchante.

Oui j'ai les noms de celles et ceux souhaitant à toute force se gausser à mes dépends. S'agissant de ceux qui ont joué le jeu, et participé au concours, je conçois qu'ils souhaitent être récompensés à la hauteur de l'effort fourni, mais que dire de ces ..., ha, la langue française est décidément trop pauvre, il faudrait inventer un mot, de ces ... marmolachons vlurpicieux, refusant de partager convivialement leurs propres premiers écrits, aux imperfections touchantes, mais se délectant en ricanant de ceux des autres, dissimulés derrière leurs moucharabiehs de voyeurs ?

Rien. Je n'en dirais rien, pas plus, et j'en ai déjà trop dit, mais ce n'est pas l'envie qui me manque de vilipender ces viles vilenies plus avant.

Bon, qui se sentent morveuses, qu'elles se mouchent.

En attendant, faute d'avoir installé un filtre à lecteur sur ce blog, ouais, un truc avec un monnayeur, par exemple, comme sur les machines à café, pour financer notre Société d'encouragement de la race bourrine et fifrisée, tout le monde va pouvoir se marrer tout son saoul.

Mon premier poème d'Amuuur, dis donc ? Ha, je sens un frémissement dans la foule, une houle s'installe, les sourires s'affichent, j'en vois qui s'excitent, des séances de masturbations impromptues et incontrolables démarrent, mais Nom de Dionysos, je vous parle de sentiments, là, vous êtes vraiment pas sérieux, je vous parle d'un amour d'enfant, pur, naïf, total ... ?

Je parle à des murs, oui !

Mais des murs qui aiment rigoler !

Et là, vous allez être servis, bande de "pour qui rien n'est sacré"... Pour ceux qui aiment les dates et les chiffres, cette histoire s'est passée en 4ième. Le texte a dû être écrit 1 an plus tard ...

Chanson triste

La fille brune, rappelle-toi,
Tu n'as rien vu de sa beauté
Et elle n'avait d'yeux que pour toi,
Tu n'as pas compris qu'elle t'aimait.

Elle s'est tournée pour te parler,
Tu n'as rien vu de son sourire,
Tu avais le chemin tout tracé,
Tu n'as trouvé rien à lui dire.

Elle te passait des petits papiers
Remplis de douces confidences,
Tu as joué les étonnés,
Tu n'as pas su saisir ta chance.

Un jour, elle t'a donné la main,
Tu n'as rien vu de sa douceur,
Tu l'as lâchée, t'es pas malin,
T'es passé tout près du bonheur.

Un soir, elle voulut un baiser,
Tu n'as rien vu de sa paleur
Quand, cruel, tu as refusé,
Tu lui as déchiré le cœur.

Dans ses yeux noirs souvent mouillés,
Tu n'as rien vu de son Amour,
C'est à cause de toi qu'elle pleurait,
Maintenant tu souffres, c'est ton tour...

Amis de la pleurésie et des saules pleureurs, à bientôt !

vendredi 26 mai 2006

Tant-BourrinPour un peu de silence

Allongé dans le noir, il soupira profondément. Encore ces bruits de pas chez les voisins. il épongea la moiteur de son front d'un revers de main. Le bruit, le bruit, le bruit...

Il ne pourrait pas se rendormir de sitôt, il le sentait bien. Assis maintenant sur le bord du matelas, il entendait des bruits de chaises déplacées. Les voisins du dessus qui déjeunaient, sans doute. Et puis le bruit de la rue, incessant. Et celui d'un poste de radio qui grésillait quelque part dans l'immeuble.

La tête entre les mains, comme pour amortir la résonance du vacarme dans son crâne, il sentait ses pensées se muer en vermine. Une vermine qui lui bouffait définitivement son énergie vitale, ses espoirs et sa raison.

Un chien aboyait à présent. Le choc d'un objet lourd tombé sur le sol, quelque part dans les étages supérieurs. Des coups de marteau. Les postes de télévisions qui s'allumaient et hurlaient dans les appartements alentours.

Le brouhaha était désormais féroce et le violentait physiquement. Ses muscles se raidissaient, comme pour essayer d'encaisser les coups.

Depuis quand ne supportait-il plus ainsi le bruit ? Depuis... depuis... sa mémoire douloureuse s'encotonnait de flou. Il se souvenait seulement du cri primal, de ce cri de métal qui rebondissait encore, des années plus tard, sur les parois de sa boîte crânienne... Et ce cri se fondait en harmoniques dissonantes avec le boucan alentours, dans la salinité des larmes qui lui coulaient maintenant sur les joues.

Une perceuse à percussion se mit à faire trembler l'immeuble. Des rires d'enfants résonnaient. Une scène de ménage dans l'appartement voisin. Un bruit d'essorage de machine à laver. Une seconde perceuse.

Il se leva, en proie à des affres insupportables, tambourina sur le mur en hurlant "Assez ! Assez ! Silence !"

Mais rien ne semblait devoir faire cesser l'agressive clameur de vie de l'immeuble. Et rien non plus ne paraissait pouvoir apaiser la folle rage qui l'animait maintenant, lui qui cognait dans les murs à s'en fracasser les phalanges, éructait, pleurait, suppliait pour que cesse l'épouvantable fracas, pour que s'éteigne enfin le cri de métal.

Une vitre explosa sous son poing. Sang. Eclats. Il prit un morceau de verre et s'en entailla profondément les veines de ses poignets.


- Pas beau à voir, le macchabée, hein ?
- Tu parles, vu ce qu'il en reste, ça doit faire au moins trois mois qu'il traînait là ! Le légiste confirmera ça... Faut dire que le coin n'est pas très fréquenté, ce n'est pas étonnant qu'on ne l'ait pas trouvé plus tôt... T'as reçu les infos sur lui ?
- Oui, si les papiers sont bien à lui, c'est un type qui avait disparu complètement de la circulation depuis trois ans. Veuf. Femme et deux gamins morts dans un accident de bagnole dont il a été le seul survivant. Très gros problèmes psychiques suite à ça : plusieurs séjours en HP et tout le tintouin, jusqu'à ce qu'un jour il parte sans laisser d'adresse...
- Mouais, un louf, quoi !... Ça devait faire plusieurs mois qu'il squattait ici... Plutôt glauque, comme environnement. Et il devait pas trop être dérangé par les voisins, ça fait au moins un an que le quartier à été vidé de ses derniers habitants... Je me demande d'ailleurs qu'est-ce qu'ils attendent pour raser enfin ces vielles masures et lancer le chantier du nouveau centre d'affaires...
- Sûr qu'il devait être tranquille ! Ç'en est même oppressant, ce silence... Enfin bon, apparemment, un suicide de marginal... On va sans doute pouvoir vite classer le dossier...
- Oui... Pauvre type, quand même ! Crever comme ça, tout seul, sans un bruit...

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