Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 12 mai 2014

BlutchDu temps ou j'étais bouèbe

Putain, ça m'inquiète, depuis quelques temps, je me mets souvent à faire de la marche arrière.

Un des chintoques de service disait que l'expérience est une lampe que l'on a dans le dos pour éclairer le chemin parcouru... J'ai comme l'impression que je vais devoir envisager des phares à longue-portée...


Ma famille n’a jamais milité dans quoi que ce soit, mais les informations coulaient naturellement. Ma mère avait cette sagesse naturelle qui lui faisait chercher ailleurs ce que la propagan…Rheum !  

L’information officielle voulait se faire passer comme vérité toute nue et virginale. Il faut dire qu’elle avait une confiance assez limitée dans le monde politique, peut-être depuis qu’elle avait entendu « sur le poste » le conseiller fédéral (ministre) Pillet-Golaz dire, lors d’un banquet pantagruélique, que l’ouvrier peut dîner avec une tranche de pain et un cervelas (charcuterie infâme surnommée la raclure de plot). Il avait beaucoup fait, ce jour-là, pour assurer sa non-réélection à la législature suivante.

Je ne sais pas comment elle faisait, mais durant la guerre 36-45, elle savait ce que tout le monde voulait ignorer. Elle savait pour la déportation des juifs, elle savait qu’ils n’en reviendraient pas. Elle savait que les « erreurs » de bombardements alliés (sur la Suisse) étaient des mises en garde pour ne pas (trop) collaborer avec le Reich.

Elle a gardé très longtemps ce recul avec l’actualité et ses fils en ont hérité.

A la maison, on écoutait Sottens.  Sottens : Petit village vaudois sans histoire, hormis que c’est là que Radio-Lausanne avait établi son antenne et que les radios étaient alors identifiées par le nom de l’émetteur.

Donc sur Sottens, nous avions le droit d’écouter quelques émissions, malgré l’heure tardive (pour l’époque !). Parmi elles l’incontournable "Enigmes et aventures" le lundi soir avec le commissaire Gallois, le détective Durtal et son aide à tout faire, Picoche. Une sorte de Chauguise en trio, d’avant mio Cugino.
Un petit coup de nostalgie à partager ...

Alors que Radio-Paris en était encore à : « Bonsoir chers zôditeurs » avec la bouche en cul de poule pour le dire… Heu oui, ça, c’était après 45, parce que je vais vous parler de 1943 comme le début d’une radio différente : espiègle, râleuse, moqueuse, revendicatrice. Et dans ce temps-là sur Radio-Paris, c’était encore : Guten Abend liebe Hörer que la valletaille à Pétain ânonnait dans le poste. Donc en 1943 Radio-Lausanne ouvre son micro à l’humoriste et pamphlétaire Jack Rollan pour ses « Bonjour ». C’est lui qui dénoncera le coup du cervelas de Pillet-Golaz. Terreur des magouilleurs et des politocards véreux (pléonasme), il était bien souvent l’ultime recours des petites gens écrasés par des procédures malhonnêtes.

A l’époque des ballets roses en France, la Suisse avait aussi connu ce genre de divertissement pour grandes personnes. Comme il était convenu dans la presse d’en parler le moins possible, Jack Rollan ne manquait pas une occasion d’assurer le suivi de l’enquête. Les protagonistes de l’affaire avaient pu ainsi passer à côté d’une amnésie judiciaire… 

Comme on l’a vu avec Coluche et ses restos, il faut toujours des gugusses pour faire les travaux sérieux, c’est lui qui fonda la Chaîne-du-Bonheur en 1946 avec un autre animateur de la Radio. Le concept était nouveau,  les besoins étaient énormes. Durant des années, c’était une émission hebdomadaire d’appels de fonds, d’informations et de divertissements.  Les Téléthon, Sidaction et consort ont repris le système…(le compteur de pognon, les objectifs à heures fixes, les fiches de promesses lues à l’antenne, la surenchère des entreprises, tout était déjà inventé en 1946…) Actuellement, elle fonctionne sur des événements ciblés.  

Trublion de la morale, le parcours médiatique de Jack Rollan fut (forcément) chaotique. La radio veut le contrôler, il part et fonde son journal « le Bonjour de Jack Rollan » (bien sûr). Pour vous situer le journal, c’était un peu comme un Canard enchaîné qui se serait marié avec l’Os à moelle.

Les médias et lui, c’était je te haime. Je pars – reviens… mais oui - mais non… jamais pour toujours.

Touche-à-tout, il a eu un cirque, il a monté des spectacles seul ou avec toute une troupe. Il a eu aussi de nombreuses occasions de faire faillite  avec ses productions. Il collabora longtemps avec le quotidien genevois « la Suisse », jusqu’au jour où le Cardinal Daniélou eut la bonne idée de passer l’arme à gauche en escaladant le Mont de Vénus d’une prostipute…

Le papier (introuvable) était drôle, mais le red en chef l’avait trouvé raide d’ironiser sur l’ecclésiastique macchabée. Le billet fut censuré, Jack est parti.

Quelques liens en cascades


Cet homme, connu du monde entier de la Suisse romande est parti sur la pointe des pieds.

Il tire sa révérence un jour de mai 2007, après une ultime consigne à ses amis :
«Je ne veux ni église, ni cathédrale, ni télévision, presse ou radio; je veux le Léman et surtout pas de faux-culs, ni d'emmerdeurs. Alors ne parlez pas de ma mort avant l'adieu final.»

Dans sa vie, il a tout fait et fait de tout : photo, journalisme, musique, chanson, mise en scène, comédie musicale, conférences, tout jvoudis ! Finalement, j’aurais pu aussi le caser parmi mes poètes de légende…

mercredi 7 mai 2014

AndiamoDialogue avec la Camarde

J'aurais pu commencer par :

Comme une femme de petite vertu
Elle arpentait le mur du...
Cimetière !

Mais bon c'eût été un horrible plagiat, et laissons à Georges ce qui appartient à Brassens.

Je l'ai vue ce matin-là, j'allais dire un petit coucou à quelqu'un que j'ai beaucoup aimé... Pourquoi l'imparfait ? Je l'aime toujours, en plus nous portons le même nom, ça se fait beaucoup dans les familles.

Elle était assise sur ce qu'il est convenu d'appeler une pierre tombale, sa faux posée à terre, grande lame d'acier un peu rouillée, son linceul un peu mité, ses longs cheveux "filasses" gras et emmêlés, le teint cireux, pas bandante du tout la Camarde !

Alors je me suis approché et nous avons un peu bavardé. Je la sentais déprimée, pas bien dans sa... j'allais écrire PEAU ! Ben non, c'est "pas bien dans ses os" qui me paraît mieux convenir.

- Alors ma grande, un coup d'mou ? (un peu familier ? Ouais, mais sept ans de Blogborygmes, en même temps, ça marque !)

Elle a levé vers moi ses grands yeux d'opale et là, TOC ! Illico le coup de foudre, putain ses yeux ! Moi, les yeux, c'est mon péché mignon... Je ne résiste pas, ou très mal !

- J'en ai marre de faucher, tailler à coups de serpe, massacre à la tronçonneuse, personne ne m'aime !!

Et là, je vous assure, j'ai vu une larme couler sur sa pauvre joue toute pâle ! Alors je me suis assis près d'elle, elle a obligeamment étalé son suaire, afin que mon cul ne reposât pas sur le marbre un peu froid de la pierre d'Eglantine Beaupré (le nom un peu effacé gravé sur la tombe). Familièrement, je lui ai passé le bras autour du cou et, naturellement, elle a posé sa tête sur mon épaule, j'en ai été tout émoustillé !

- Tu n'as pas peur de moi ? m'a t-elle dit entre deux sanglots.

- Euh non... Enfin pas trop, ai-je fanfaronné.

- Étonnant ! Habituellement tes contemporains flippent un peu en me voyant !

- Oui, je sais, mais tu sais belle gosse, j'ai déjà bien vécu ! J'ai bon nombre de proches et de copains qui sont déjà passés par la case oubliettes sans avoir touché 20 000 balles ! Tu fais fort tout de même, tu fauches comme une malade ! Exemple : dans la famille Dugland, je voudrais le grand-père, et PFIUUU, tu fauches, d'un grand coup de lame. Et tu t'en pètes des dommages collatéraux, même si c'est un môme qui est à côté ! A croire que tu le fais exprès !

- Oui, bien sûr, tu as raison, et c'est bien ce qui me désole, mais enfin ça ne me dit toujours pas pourquoi tu ne me crains pas ?

- Voilà, depuis un bon moment, j'ai accepté ma fin, je sais et c'est bien la seule chose dont je sois certain, c'est qu'un jour tout ça finira, et puis je me dis mais il ne faudra pas le répéter, hein ? Je me dis que s'il existe d'autres vies, et bien je rencontrerai peut-être des jolies personnes que j'ai croisé un peu trop tard dans cette vie-là, et là j'aurai toutes mes chances !

- Mais ça n'existe peut-être pas ce que tu me racontes ?

- Ouais, je sais bien que tu ne diras rien, mais tu vois belle gosse, même si ça n'existe pas, et bien ça n'est pas grave, car au cours de cette vie que j'ai vécue, j'ai été très heureux, j'y ai fait de fabuleuses rencontres. Des belles personnes vraiment, je t'assure, des êtres que je n'aurais jamais dû rencontrer et ce grâce ... à INTERNET ! Tu sais, belle môme, la toile c'est un peu comme la téloche, tout le monde critique, crache dessus, mais au fond le soir beaucoup, vraiment beaucoup de gens, sont scotchés devant leur bel écran plat à laides. Pardon : à leds ! Et en plus, à longueur de temps, ils tapent sur leurs claviers à s'en péter les phalanges, phalangines, phalangettes.

En disant cela, je lui comptais les siennes !

- Le net, c'est kif-kif, je me plais souvent à le dire, internet c'est comme l'auberge espagnole : tu trouves ce que tu y apportes ! Apporte de la merde, internet te rendra de la merde, apporte de belles choses et tu trouveras de jolies choses, des belles personnes.

- Et moi, tu me trouves comment, m'a-t-elle demandée à brûle-pourpoint ?

- Euh... Pas mal, pas mal du tout, tu vois un petit coup de peigne, un peu de rose sur tes lèvres, et je pourrais...

Elle ne m'a pas laissé finir ma phrase, elle m'a roulé une pelle ! Pas une pelle de fossoyeur, je vous vois venir, un patin, une galoche, une gamelle, pareille que dans "Tant qu'il y aura des hommes" avec Brut l'Encastré, tu te souviens ? Quand il roule dans les vagues avec Deborah Kerr ! Non ? Tu es trop jeune...

Quand nous nous sommes séparés, elle m'a demandé :

- Et toi, tu veux finir comment ?

- J'y ai songé, vois-tu, je veux être incinéré et que l'on prévienne tous ceux que j'aime en leur écrivant, ou plutôt en "textotant".. Tu sais ce que ça veut dire ?

- Dis donc, je suis vioc, m'a t-elle répondu, mais je ne suis pas un baltringue ni un goyo !

- Oh la, calmos ! Voilà ce que j'aimerais que l'on dise : "Andiamo ne fume plus depuis "X" années (on verra au moment opportun). Si vous voulez le voir refumer, rendez-vous au crématorium des Joncherolles le : tel jour, à telle heure" !

Sur ce, elle est partie dans un grand éclat de rire.



La Camarde telle que je l'ai vue (parole de scout)

(ch'tiot crobard Andiamo)

vendredi 2 mai 2014

Mam'zelle KesskadiePermis moto... Prise 2.

Comme je vous l’ai annoncé, publié, pancardé, mon activité printanière est de prendre des cours de moto. Pour ce faire, on suit un cours et on passe des examens.

J’ai un aveu à vous faire. J’ai la phobie des examens. Je tremble à la pensée d’un examen chez le dentiste. Je ne vous raconte pas mon examen gynécologique annuel. Je me demande quand mon doc va se décider à me prescrire un calmant avant l’examen. Je pense qu’il espère qu’un jour, je ne me rappelle plus que je déteste les examens. Mais c’est comme la tartine qui tombe du côté de la confiture, les souvenirs s’effacent aussi sur ce qu’il y a de bon avant.

J’ai donc fait mon examen théorique de conduite moto. 32 ou 36 questions, je ne me souviens plus, mais je me souviens qu’il ne faut pas faire plus de cinq erreurs, parce qu’à la sixième, nous échouons.

L’examen se passe à l’ordinateur. Un ordinateur, c’est neutre, mais neutre dans le sens que ça se fout assez de ton énervement. Donc,, il donne, sans s’énerver, le score au fur et à mesure. Après quatre questions, deux bonnes réponses et deux erreurs. Hiiiiiiiii que les statistiques étaient en ma défaveur pour le reste de l’examen. Mais les statistiques, c’est comme les sondages dans les élections, faut attendre le résultat final pour se prononcer. Donc, j’ai fait une remontée spectaculaire jusqu’à la question qui demandait : Vous stationnez votre moto à cinq mètres : d’un arrêt stop, d’une borne fontaine, ou d’un débarcadère.

C’est parce que je ne sais pas moi, où je vais stationner ma moto ?

Cinq mètres d’un arrêt stop, c’est cinq mètres entre ma moto et le panneau, ou la moto et le début du poteau qui tient le panneau? Cinq mètre à partir du tiers gauche de la route, ou du bord du trottoir? (J’’aurais quand même dû me méfier, on ne stationne pas une moto à un arrêt stop, on l’arrête. Oui, je sais, on peut faire un stationnement près d’un arrêt stop, mais là, le verbe était stationner à …. Tsé, quand tu veux faire échouer quelqu’un??)

La borne fontaine, elle est sur un parterre? Proche de la rue? Bof, peu importe, la réponse était cinq mètres du débarcadère. Avoir su que j’allais faire débarquer quelqu’un, je l’aurais stationné là, mais il me semble qu’ils auraient pu le mentionner dans la question. Une troisième erreur.

Pas grave, j’ai quand même répondu correctement à toutes les autres, ayant presqu’appris le livre par cœur. Je me suis dépêchée à tout oublier en sortant, parce que selon mon prof, si je conduis comme dans le livre, je me tue. Si je deviens suicidaire, je n’aurai qu’à réétudier. Le temps que je fasse ça, je serai peut-être de meilleure humeur.

Toute guillerette, je m’en vais donc voir la dame au guichet. J’ai un autre aveu à vous faire. Bien que je sois obèse (non pas enrobée, obèse, en dehors des chartes, même le site internet special K ne veut pas enregistrer mes progrès, il dit qu’il faut que j’aille consulter mon médecin) donc, bien que j’en sois une, j’ai horreur des obèses. La dame qui m’a servi au guichet de la SAAQ était obèse et avait les cheveux teints en blond, mais blond, pas beau. En plus, elle ne souriait pas. Je pense qu’elle avait les hémorroïdes ou les dents jaunes, mais elle parlait les lèvres presque fermées et le regard hautain. ( je me demande si elle avait vu que je n’avais pas stationné ma moto au débarcadère dans l’examen et qu’elle me jugeait pour ça..) (à moins qu’elle n’aime pas les obèses non plus).

En tout cas, c’est à cause d’elle que ma carte guichet ne voulait pas fonctionner. Le fait que je n’ai pas vérifié le solde avant de m’aventurer à dépenser n’est qu’un événement accessoire. Je suis certaine qu’elle lançait des ondes négatives qui ont gelé tout le crédit que je pouvais avoir. Pas grave, j’ai fait un chèque. Le temps que je m’éloigne de ces mauvaises vibrations, je suis certaine que mon compte bancaire va avoir les fonds suffisants.

Étape suivante, je téléphone donc à l’école de conduite pour m’inscrire au cours pratique, youpi, c’est samedi! Samedi, c’est après demain! Youpi! Heu… c’est parce que pour le cours pratique, ça prend un casque, pis un coat pis des gants pis des bottes pis en plus, ça prend qu’il faut s’asseoir sur la moto et la faire partir et, accessoirement, ne pas se tuer.

Ciel! Qu’ai-je fait ?

Trop tard, me dis-je, buvons la coupe, et procédons à la première chose : Téléphonons au magasin. Pourquoi téléphoner au magasin? Parce que je suis obèse, ne l’oublions pas. Donc, est-ce que pour une dame enrobée, ils vendent des manteaux qui pourraient être assez enrobants? Oui, qu’elle me dit.

Parfait. Je me présente donc, et elle me reconnait tout de suite : ah! C’est vous qui avez téléphoné!

Soyons humble. Je réponds : J’imagine que vous n’avez pas eu d’autre grosse madame aujourd’hui.

Diplomate, la vendeuse, : Non, je vous ai reconnue au timbre de votre voix. Me semble.

Elle s’en va donc chercher un manteau haut perché sur une pôle à manteaux avec l’étiquette qui comprend plusieurs X. Je l’enfile, mais hélas, il ne ferme pas. Il couvre à peine les côtés de ma poitrine.

Oh. Défi. Bref, Dieu merci, après trois manteaux qui refusaient de me couvrir, on trouve un manteau qui arrive à fermer complètement sur le devant en relâchant les bandes velcro sur le côté. J’ai pu aussi relâcher mon souffle. Et ma carte de crédit a relâché aussi le peu de lousse que j’avais.

Là, on passe au casque. Un full face, c’est une coque très rigide. Aucune d’elle n’arrivait à passer le dessus de ma calotte. J’avais l’air de Caliméro.

On change. Le spécialiste me regarde essayer un casque avec comme étiquette de grandeur beaucoup de X, et il dit : "ben non, c’est trop grand pour vous". Il sort son gallon à mesurer, l’enroule autour de ma tête, mesure. Heu… ça se peut. Humilité, quand tu nous tiens, tu nous en mets par-dessus la tête… M’enfin.

J’essaie donc d’attacher le casque devant le miroir. Pas capable, il faut même un cours pour attacher son casque!!! La dame dit : investissez donc un tit $15.00 pour une attache quick release. Le spécialiste approuve. Me l’installe. Je n’arrive toujours pas à la détacher en moins de trois minutes, mais mon chrono s’améliore. Il y a de l’espoir !

Bref, ainsi vêtue et ficelée, je me rends à mon premier cours.

Bonne nouvelle! Marianne, une collègue de travail est là aussi! Marianne est le type même de la fille de moto. Blonde, souriante, mince. Même le casque lui va bien, c’est tout dire. Pas grave, elle a aussi peur que moi. Je lui avoue que j’ai pensé à prendre des Ativan, elle, a pensé à prendre de la Valériane. On a toutes les deux renoncé à la médoc, il parait que conduire droguée ralentit les réflexes, déjà qu’on avait comme seul réflexe actif celui de vouloir s’évanouir, on a bien fait de rester sobres.

Les moniteurs nous expliquent tout de l’art de démarrer. Chacune son tour, le moniteur vient nous chercher pour faire nos débuts. Le beau grand jeune homme me demande : ai-je déjà fait de la moto? Non. De cyclo moteur? Non. Quelle est ma motivation à prendre un cours de moto? Ben, ma fille voulait faire une activité mère-fille. Entre jongler ou cracher du feu, j’ai opté pour le cours de moto.

Il a dit : Je vois.

Et rien d’autre.

La première étape, le gars pousse la moto et nous, on manipule les manettes. Pour de vrai, le moteur ne tourne pas, mais on aide un peu le prof, la moto est au neutre. Je regarde le pauvre petit pit qui va devoir pousser ma moto. J’ai cru l’entendre soupirer de soulagement quand j’ai réussi tout de suite à bien manipuler l’embrayage et le frein, il s’est dit qu’il devrait conserver l’usage de son dos encore quelques années.

Bref, non seulement j'ai réussi les exercices, mais j’ai adoré ça. On remet ça demain.

Demain, on apprend à changer les vitesses. Aujourd’hui, ils ne nous ont pas permis de rouler plus vite que la première vitesse. Mon objectif personnel ?  Défaire la courroie quick release de mon casque en trente secondes chrono.

dimanche 27 avril 2014

Saoul-FifreChacha

Tout le monde l'appelle Chacha. Il déteste son vrai prénom, Alexandre, trop péteux plus haut que son cul, empereur de quoi, bon dieu, de mes fesses ? Alexandre le gland, oui... non, ce coup là, il est pas près de le pardonner à sa brave femme de mère. C'est vrai qu'on demande rarement au bébé de se choisir un prénom, c'est dégueulasse, ça le concerne au premier chef, non, on ne consulte jamais les principaux intéressés, non mais quel monde de merde ?

Alors, de temps en temps, il part en vadrouille, il se prépare à la fête, il s'immerge dans des festivals de théâtre de rue en électron libre, il débarque dans des teufs organisées sous les étoiles, il s'arrache surtout du carcan de notre monde doux aux dominants et dur aux différents, il désenfile sa camisole quotidienne pour se glisser avec bonheur dans sa plus jolie robe rouge, brosser longuement sa perruque blonde, se couvrir de décorations, se maquiller avec soin tout en fredonnant "Ce soir je serai la plus belle pour aller danser, hé hé hé ...".

Oui il est né garçon mais ce soir il est sapin de Noël, feu d'artifices, défilé de mode à lui tout seul, boule à facettes, palette de peintre impressionniste, vitrine de la place Vendôme... Oui, il fait un peu pute, il le reconnait, mais pas plus que la plupart des filles "de sortie", mêmes accessoires, nœuds, pompons, résilles, talons-stylos, châles, paillettes, chouchous-cerises, il faut savoir lancer des messages clairs si l'on veut pêcho dès le premier soir.

La nuit tombe, Charlotte est enfin elle-même, excitée comme une puce, le rouge aux joues et elle est fin chaude pour s'éclater à donf. Tout à l'heure, elle va rencontrer son prince charmant à l'arrière d'une camionnette, elle en est sûre, elle le sait, il aura les couilles comme des citrouilles et lui murmurera des mots bleus pastels. C'est son souhait le plus cher depuis toujours, les muscles lui font mal tellement ils sont tendus vers ce but, combien de fois a t-elle composé le numéro de sa marraine la fée, pour toujours et encore tomber sur la nana-robot d'un répondeur impersonnel ? Mais où sont les hommes qui préfèrent les hommes ? Ha bien sûr, à la capitale, il suffit de se baisser ramasser une pièce pour se faire tâter le paquet mais en province ? Si tu manques de discrétion, ou si tu fais courageusement ton "comment-goutte", les "braves gens", les "épiciers" ou les "croquants" fustigés par Brassens transformeront ta vie en un tel calvaire que l'évidente solution te semblera d'aller te pendre à la branche de l'un d'eux, au croisement des destins impitoyables.

Chacha est un poète maudit, Chacha est un architecte fou, Lewis Caroll aurait sans problème rajouté quelques pages à la gloire de Chacha, un rôle peaufiné pour lui dans "De l'autre côté du miroir", s'ils avaient été contemporains. Chacha est notre enfant "cadeau-bonux", surprise, non-programmé et je reconnais la patte évidente, lumineuse de ma nièce Delphine dans l'atterrissage de Chacha ici. Nos enfants bios n'auraient pas l'esprit aussi ouvert et respectueux sans Chacha et son décapsuleur à mentalités. Chacha a le vin tendre et sentimental, Chacha est compatissant aux animaux, Chacha est amoureux des poussins et des canetons, il est le joyeux chevalier de son château de sable éphémère , il se réfugie dans d'héroïques fantaisies, il rassure et calme son cœur au rythme de l'eau qui douche les dytiques, les libellules et les poissons rouges, il joue à Copain des bois avec ma fille, il installe des roues à aubes en bois de cagette sur les rigoles d'arrosage du potager...

Surtout il a pris en charge ce que nous ne savons pas faire : il trie, il range, il jette, il répare, il nettoie, il brûle.

Son rôle ici est on ne peut plus clair : il nous décore la vie. Encore merci d'être ce que tu es.

dimanche 20 avril 2014

AndiamoTes châsses

T'as qu'une paire de mirettes au poker des conquêtes, jolie môme... Chantait Leo Ferre .

Les yeux d'une femme, bleus, verts, noisettes, voire noirs, m'ont toujours séduits.. Ouais je vous vois, ça yest le Doyen nous fait le coup du :

"La première chose que je regarde chez une femme ce sont ses yeux".

Et vous pensez tas d'hypocrites si je vous connais : "ouais il regarde d'abord le décolleté ou le valseur" ! Erreur ! Je ne suis pas comme ça... Bien sûr je ne dis pas qu'au bout d'un moment...

Mais bon, là n'est pas le sujet, je vous propose un petit jeu, il s'agit de reconnaître le regard des jolies Demoiselles que j'ai dessinées.

L'heureuse gagnante, ou l'heureux gagnant se verra offrir un séjour de six mois sur la planète Mars !

Etonnés ? Mais non : Saoul-Fifre et Tant-Bourrin se sont fendus et offrent le voyage, merci les Boss !

.



Quand j'vois tes châsses

Moi ça m'suffit

Pour imaginer l'paradis

J'me débine c'est étrange

avec les anges

(Colette Renard : "Irma la douce")

crobard numéro 1

.



Des yeux

On pourrait dire des mirettes

Ou des quinquets qui s'mettent en fête

On pourrait dire en tenue de soirée

Des yeux

On pourrait dire la taverne.

Où l'on s'enivre où l'on hiverne.

On pourrait dire les lanternes.

Où mon ombre s'en va gueusant.

Tellement... tellement.

(Leo Ferre "Ta parole")

Crobard numéro 2.

.



Tes yeux sont si profonds, qu'en me penchant pour boire

J'ai vu tous les soleils y venir s'y mirer.

S'y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire.

(Louis Aragon : "Les yeux d'Elsa")

Crobard numéro 3

.



Toréador en garde.

Toréador, Toréador.

Et songe bien, oui songe en combattant.

Qu'un œil noir te regarde

Et que l'amour t'attend Toréador.

(Georges Bizet : "Carmen")

Crobard numéro 4.

(Ch'tiots crobards Andiamo 2014 pour Blogbo)



Voilà mon bon BLUTCH tu as trouvé le crobard numéro 2!

Pour le 1 désolé, je n'ai pas le modèle ! (Célestoche si tu me lis...)



Voilà le crobard numéro 3, on dit merci Epamin' qui a trouvé Jane Birkin !

Alors Blutch et Bof, heureux ?

mardi 15 avril 2014

Mam'zelle KesskadiePremier cours de moto


Premier cours de moto

par Miss Kesskadie


Pour conduire une moto, il faut d’abord prendre un cours théorique. 9 heures dans une salle de classe, 20 gars, 5 filles, un prof, macho. Il faut bien, sinon, il ne serait pas crédible. Imaginez une dame de 50 ans, tailleur Chanel, collier de perles, souliers escarpins. Les gars n’écouteraient même pas son avis sur l’arrêt stop.

Ceci étant dit, je me suis inscrite parce que fifille chérie voulait faire une activité mère-fille. Oui, je le concède, nous aurions pu nous inscrire à un cours de tricot, de l’aquarelle, mais fifille chérie a des idées, style : elle jongle, s’est initiée au crachat (déjà c’est pas féminin) du feu (c’est encore plus cool, han ?). Le cours de moto ou jongler avec des torches, savez-vous, j’aime encore mieux les cours de moto.

Ça fait qu’on se retrouve en classe, avec un livre qui explique la conduite de la dite chose. Mise en garde du prof : « Apprenez ce qui est dans le livre pour l’examen, mais ne conduisez pas comme c’est écrit, vous aller vous tuer. »

Femme de 54 ans ici, présente, a des problèmes de mémoire. Me semble, oui, que lorsque mon pneu arrière va éclater (parce que c’est toujours à moi que ça arrive) que je vais me dire : coup donc, freiner avec un ou deux freins ? Laquelle des directives déjà était celle du prof ou celle du livre ?

J’anticipe donc la pratique avec un rien d’appréhension. Heureusement, les cours supplémentaires sont gratuits. Au pire, je graduerai en 2025, à temps pour ma retraite.

Discussion fort importante : que pense le professeur des motos à trois roues, genre deux roues à l’arrière un roue à l’avant, ou l’inverse. Ah! Mais c’est que le prof, petite barbe proprette, yeux bleus, jeans juste assez ajustés, musicien dans un band (vous voyez le genre) est un adepte inconditionnel de deux roues seulement. (J’imagine que les trios sont réservés à d’autres fins).

Bref, il nous décrit une sortie, assis sur une moto. Ben oui, il y a une moto dans la classe pour nous démontrer les différentes parties et leurs dénominations respectives.. «  Au printemps, quand tu prends la courbe, que tu te couches avec la moto dans un virage prononcé, pis que là, tu lui redonnes du gaz… pis tu l’entends râler de plaisir… ah ! c’est pas comparable. »

Pas un mot , pas une question, silence de testostérone dans la classe.

Silence d’œstrogène pour certaines.

Fifille chérie et moi, ce matin, nous nous motivons l’une et l’autre à nous rendre aux aurores pour la suite du cours en nous rappelant les hauts-faits de la veille. Quand elle me dit qu’elle trouve ça dur d’être dans une classe plein de mâles, je renchéris, pis le prof qui nous parle de faire râler la moto.

Fous rires.

Donc, évidement, dans le cours, à tout bout de champs, une rappelait à l’autre : « c’est tu le moment de râler là ? »

Quand le prof, alerté par nos fous-rires très discrets, veut savoir de quoi il retourne, je lui dis :

« Comment appelle-t-on un steak derrière un arbre? » Il hausse les épaules.

« Un steak haché. »

Je ne comprends pas pourquoi, il s’en est retourné dré là, et fifille et moi avons presque fait pipi dans nos culottes tellement on riait.

Pour ma part, j’aime mieux faire pipi de rire que de peur, j’en profite tant que je suis assise sur une chaise et non pas sur la moto, dite « La Râleuse ».

samedi 12 avril 2014

AndiamoLes rues du Tréport

Ce matin là, il ne faisait ni très beau ni très moche, la valse hésitation propre à la côte de la Manche.

La côte d'Albâtre ou la côte des falaises, nommée ainsi grâce aux falaises impressionnantes qui s'étendent de Ault l'Onival jusqu'à Etretat. Il faut voit le soleil blanchir ces falaises calcaires magnifiques. La mer qui s'y fracasse, le roulement des galets de granit noir ou gris, l'un des plus dur qui soit.

Mon appareil photo à la main, mon cousin, je suis parti au zazard. Depuis un certain temps j'ai la rame, je photographie à l'aide mon smartphone, mais je dois reconnaître que la qualité des images n'est pas du tout la même qu'avec mon APN !

Alors une ch'tiote balade dans les rues étroites, pittoresques, et colorées ?



Quand je dis :"ni très beau, ni très moche", c'est juste afin de me faire plaindre !



En fait il faisait très beau, un peu frisquet mais BOF !



Comme c'est touchant ces petites plaques de céramique, avec le nom de l'être aimé inscrit dessus... Faut pas changer de femme, c'est tout !



Plus prudents ceux là ! (ou plus expérimentés), des noms de fleurs .



So British ! Is not it ?



Un balcon sur la mer ?



Au détour d'une ruelle, ce joli triptyque peint sur un grand mur de soutien.

Je ferai une suite, bien sûr...

(Daguerréotypes Andiamo)

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 >