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samedi 20 février 2010

Tant-BourrinLe Blogbodico (11)

Après les tomes numéros 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10 du Blogbodico, devinez donc ce qui vous attend aujourd'hui !...

Oui, c'est ça, le tome n°11 ! Mais j'en ai vu qui ont triché en regardant le titre en loucedé !

Je vous laisse donc découvrir ces quelques nouvelles entrées dans le dictionnaire qui rend ses lecteurs plus cultivés ! :~)




Antrotromorphisme : (n.m.) Tendance naturelle, chez l'être humain de sexe masculin, à se croire monté comme un âne. (Etym. : l'âne Trotro était un personnage de dessin animé populaire au début du XXIème siècle). Mon René, il fait de l'antrotromorphisme mais, en fait, c'est plutôt Riquiqui !


Contrat-déception : (n.f.) Amer sentiment de désillusion qu'éprouve le signataire d'un contrat en déchiffrant a posteriori les clauses écrites en très petits caractères. Ma demande de remboursement auprès de mon assurance a capoté, quelle contrat-déception ! La pilule est dure à avaler !


Drozoophile : (n.f.) Personne ayant tendance à enculer les mouches, pinailleur. Mon chef de service est un vrai drozoophile, il commence à m'asticoter !


Effet de cire : (loc.) Réchauffement de l'atmosphère entre deux personnes dû au cirage par l'une des pompes de l'autre. La télévision provoque beaucoup d'émissions de gars à effet de cire.


Empire érottoman : (n.prop.) L'Empire érottoman est un empire multiethnique qui s'est développé à la fin du XIIIème siècle essentiellement au détriment de l'Empire baisantin, a atteint son apogée sous le règne de Soli-Onan le magnifique et a fini par se faire complètement défoncer au début du XXème siècle. L'Empire érottoman est également appelé l'Empire des sens.


Fesses-tifs : (adj. inv.) De nature à provoquer de fortes migraines le lendemain. - Pfff, j'ai fait un repas fesses-tifs hier au soir et, ce matin, j'ai la tête dans le cul ! - Oui, je vois ça : tu es coiffé avec la raie au milieu !


Gênée-ration : (n.f.) Portion d'un plat si réduite que l'invité auquel elle est servie en éprouve une vive gêne, car il reste sur sa faim mais n'ose pas par politesse en redemander. Quelle hôtesse chiche ! Elle nous a fait, d'un confit, des gênées-rations !


Ginettologue : (n.m.) Personne qui s'occupe de ginettologie, à savoir l'étude au point de vue morphologique, physiologique et pathologique des femmes prénommées Ginette. Le René vient de se remarier et sa nouvelle femme s'appelle également Ginette, un vrai ginettologue !


Incuriculum vitae : (n.m. inv.) Document indiquant l'état civil, les mauvaises études, les échecs professionnels, les principaux défauts de quelqu'un, en vue de décourager tout éventuel recrutement. Syn. : curriculum évitez.


Pisse-au-tiers : (n.m. inv.) Personne pratiquant la miction fractionnée. Par analogie, personne peu généreuse, qui donne peu. Arguant qu'il était pisse-au-tiers, il prétendait ne devoir donner que 33 centimes d'euros à la dame-pipi.


Séminerve : (n.f.) Dispositif servant à maintenir la tête droite durant des séminaires d'entreprise soporifiques et permettant ainsi à l'utilisateur de somnoler doucement sans que cela se remarque trop. Dans le cas de sémininaires interminables, l'usage de la séminerve peut être complété par celui d'un corséminaire, qui maintient également le buste en position droite.


Trématuré : (n.m.) Double point mis sur une voyelle alors qu'il aurait dû l'être sur la voyelle suivante. « Aigüe » ou « Cigüe » sont des exemples de trématurés.

mercredi 17 février 2010

AndiamoA la Saint Valentin...

A la Saint Valentin, on se serre la main. Vivement la Sainte Proserpine !

Je suis un peu en retard, mais c’est le hasard de la parution de nos billets.

C’est le jour des petits bouquets, des gros bisous. Un peu commercial ? Sans doute, mais c’est tout de même charmant, un peu de douceur, entre deux cataclysmes, au milieu de tant d’horreurs. Entre deux guerres, personnellement je préfère l’Entre-deux-Mers !

Enfin, fêter les amoureux, c'est croquignolet. Tous les jours on rouspète, si, si, parfaitement, je lis vos blogs ! Il y a de la matière à rouspétance, d'accord, mais de temps en temps, on peut aussi faire une pause... NON ?

Je ne vais pas vous la jouer violons et camélias, ça n’est pas mon genre, et puis ça sonnerait faux. Après toutes les horreurs que je vous ai dessinées ou racontées, vous n’y croiriez pas.

Plutôt que des vers, parce que dans ce domaine je ne touche pas une bille, quatre ch'tiots crobards, afin de vous démontrer que je peux aussi avoir une âme de midinette.






Dessins Andiamo

dimanche 14 février 2010

Saoul-FifreLe ciel en soit loué

..., je vis en bonne entente
Avec le Père Duval, la calotte chantante...

Un peu comme Brassens, je n'ai jamais eu de mauvais rapports avec la religion. Ma mère a une foi de charbonnier, bien noire et je suis entouré de croyants.

Ils me laissent dire "Merde", je les laisse dire "Amen"...

Ce n'est même pas une question de religion, j'ai une attitude dubitative envers toute foi, toute certitude, en un parti, un chef, un dieu. Il existe aussi un intégrisme athée, scientiste, et bien sûr, des croyants respectueux des doutes d'autrui. Moi, c'est pas mon truc de mettre toutes mes billes dans le même sac, de me restreindre, de me spécialiser.

C'est pas faute pourtant d'avoir essayé. Le digest de mes essais, et l'essence de mon opinion sur la question, je les ai déjà publiés ici mais j'ai eu envie de vous parler de mon curé. Je dis "mon curé", mais j'en ai connu d'autres, et puis des aumôniers au Lycée, et puis un leader charismatique en Fac, qui galvanisait les étudiants en leur faisant vibrer des gospels, et puis notre "chapelain", un prêtre-pêcheur, dans tous les sens du terme, qui nous a mariés et a baptisé les gosses...

Mais mon curé, c'était tout autre chose. C'était un curé de campagne rond de cœur et de corps, vraiment simple "en esprit". S'il y a un fond de vérité dans les Béatitudes, le bonhomme, à sa mort, a dû filer au ciel comme un V2.

En charge de nombreuses petites communes rurales, il avait investi dans un fourgon vitré aux formes rondes qu'il avait appelé "Obélix" et il faisait avec le ramassage pour le cathé. J'aimais bien, le cathé. Il nous expliquait des principes arides, complexes, avec des mots doux, chaleureux. Le mystère de la Sainte Trinité, sorti de ses lèvres, c'était naturel, logique, beau. Le coup de la vierge enceinte sans même un coup de goupillon, on avalait la fumée sans broncher.

J'étais enfant de Chœur et la race était déjà en voie d'extinction. Forcément : nous ne nous reproduisions pas ensemble. Pour nous remercier de ce service rendu au seigneur, mais en tout premier lieu à lui-même, le curé avait décidé que les quêtes des messes d'enterrement nous reviendraient. Je ne sais pas d'où il avait tiré ce trait de génie, mais mon regard envers les morts, et par extension, la Mort, changea du tout au tout. Ce qui était une sombre corvée pour nos jeunes années devint une occupation guillerette. Les décès étaient rares, malheureusement, dans notre mini-paroisse, mais le chrétien est généralement généreux, mis en face du Grand Mystère de la Mort.

Mon premier argent de poche fut en fait de l'argent de linceul. Il avait fallu venir en vélo, de 6 km, se déguiser, se retenir de rire, le plus dur, il fallait ensuite aller au cimetière à pied, marcher dans le crottin, j'ai connu, supporter les larmes des proches... Tout à fait entre nous, s'ils y croyaient vraiment, à cette histoire de vie éternelle et de retrouvailles "là-haut", ils ne devraient pas pleurer si fort.

Mon curé nous l'avait expliquée, l'éternité. Vous imaginez une grosse boule de fer, grosse comme mille fois la Terre. Ça oui, on la voyait bien, la boule. Tous les 1 million d'années, ya un petit oiseau qui vient et qui donne un coup d'aile sur la boule. Ouais l'oiseau aussi, on le voyait.

Et ben quand la boule sera toute usée, l'éternité aura à peine commencé.

jeudi 11 février 2010

Tant-BourrinDe grandes épreuves sportives trop méconnues

Vous connaissez tout de ces grands événements sportifs dont on nous rebat les oreilles : jeux olympiques, grands prix de formule 1, Super Bowl, etc.

Mais peut-être ignorez-vous qu'il existe de formidables compétitions qui se déroulent tous les ans dans une relative confidentialité ? Heureusement, Blogborygmes est là pour braquer ses projecteurs sur quelques-uns de ces événements sportifs, qui devraient ainsi enfin recueillir la renommée qu'ils méritent...



Le champignonnat de France


Organisé tous les ans à l'automne, le champignonnat de France est une compétition au cours de laquelle vingt équipes de onze joueurs s'affrontent successivement à la cueillette de champignons. Chaque équipe est composée de dix joueurs de champ (ainsi dénommés car ils parcourent un grand champ herbeux) muni d'un panier d'osier et d'un gardien qui, lui, garde les filets dans lesquels la récolte de l'équipe est assemblée.

Une joute sportive des plus palpitantes à suivre, hélas marquée depuis quelques années par des débordements de supporters incontrôlables qui trouvent parfois que leur équipe favorite n'appuie pas assez sur le champignon.




Le Drakkar


Initialement baptisée le Paris-Drakkar avant de devenir plus sobrement le Drakkar, ce grand rallye voit une flotte de drakkars s'affronter dans la traversée de territoires magnifiques. Le Drakkar avait autrefois l'Afrique pour terrain de jeu mais, suite à des menaces sur la compétition (des rebelles menaçaient de couler les drakkars en plein désert du Ténéré), celle-ci se déroule désormais en Amérique du Sud.

A noter que la compétition se révèle en général extrêmement longue, sauf en période de très fortes inondations.




La coupe de la mère Rika


Cette très ancienne compétition a plus de 150 ans d'âge. Elle voit s'affronter des coiffeurs challengers qui doivent faire la plus belle coupe de cheveux à Rika Zaraï, le vainqueur obtenant le droit d'affronter le tenant du titre dans une coupe de cheveux finale.

A noter la difficulté de l'épreuve lorsque les vents sont contraires, les coiffeurs recevant alors en plein dans les oreilles les chansons que Rika Zaraï ne cesse de fredonner.




La coupe d'Elvis


Cette épreuve plus que centenaire oppose elle aussi des coiffeurs qui doivent réaliser la plus belle coupe de cheveux à la Elvis Presley. Le trophée remis au vainqueur est un superbe saladier d'argent empli de beurre de cacahouète.

A noter que plus de 400 kg de gomina sont utilisés durant cette épreuve.




Les vingt cadreurs déments


Cette compétition, organisée dans les studio de la TSF, oppose vingt cadreurs névropathes munis chacun d'une caméra, que l'on laisse filmer sans contrainte pendant 24 heures. Est au final déclaré vainqueur celui dont le psychisme défaillant transparaît le plus dans la façon de cadrer ses sujets.


lundi 8 février 2010

AndiamoAm stram gram

Petit, plutôt chétif, les cheveux en bataille, pas plus con que la moyenne, pas plus malin non plus, Lulu détestait les jeux brutaux tels que le foot, la balle au prisonnier ou les bagarres, même "pour rire"…

Lulu préférait raconter les films qu’il n’avait pas vus, quelques photos en noir et blanc placardées sur la façade de ses cinémas de quartier, bien à l’abri dans leurs cadres fermés par une vitre.

Il rêvait devant les Jane Russel, Joan Crawford et autres Maureen O’Hara, ou Cyd Charriss et ses jambes interminables.

Il n’était pas le souffre-douleur de ses copains, loin de là, mais on ne le choisissait jamais pour être l’équipier lorsque se disputait une partie de gendarmes et de voleurs.

Alors, dans la cour de récré, il se calait dans un coin du perron menant aux classes et racontait à un copain aussi freluquet que lui le dernier film avec Lana Turner. L’autre l’écoutait, les yeux écarquillés, la bouche béante, admiratif de celui qui chaque semaine allait au cinoche !

Mensonge, bien sûr ! Il y allait parfois, mais pas aussi souvent qu’il voulait bien le raconter.

Celui qui l’agaçait le plus dans cette petite cour d’école de banlieue, avec ses platanes bien rangés comme à la parade, c’était Riton, le fils du bijoutier : un crâneur, comme on disait à l’époque. Aujourd’hui, on dirait : un bouffon !

Toujours un beau tablier noir avec un petit liseré bleu marquant le col, un joli cartable en cuir, impeccable, il n’allait pas chaque fin d’année chez le bouif pour se faire raccommoder. Non, un neuf à chaque rentrée des classes, et puis des bonbecs plein les glaudes, ça agaçait profondément Lulu.

Un matin, à la récré de dix heures, il se retrouva dans le coin près du préau en compagnie de Riton. Tous deux avaient été attirés par un petit morceau de papier jeté à terre. En s’approchant, ils virent que c’était une image : elle représentait Buffalo Bill chassant les bisons. Cette image faisait partie d’une collection que l’on se procurait en achetant des tablettes de chocolat "Delespaul Havez", une marque aujourd’hui disparue…

- Je l’ai vu en prem', s’écria Lulu.

- Non, c’est moi, répliqua Riton.

- On va pas s’ bagarrer pour une image, on va la jouer à la comptine, proposa Lulu.

- Ouais, acquiesça Riton.

Mais au lieu de la sempiternelle :

Une vache qui pisse dans un tonneau
C’est rigolo
Mais c’est salaud !

... Lulu, en fin stratège, proposa l’am stram gram, en prenant soin de commencer par lui : il savait d’expérience que lorsqu’ on est deux, le GRAM final tombait sur l’adversaire.

- Le dernier touché est éliminé, avait-il pris la précaution d’annoncer.

- D’ac’, avait rétorqué le nanti.

- Am stram gram
Pic et pic et colégram
Bour et bour et ratatam
Am stram gram.

A peine le doigt posé sur Riton, le GRAM prononcé, ce dernier dans un petit nuage bleuté disparût ! Volatilisé, désintégré, ventilé…

Lulu était là, planté dans le coin du perron, interloqué, il connaissait des rapides à la course à pied... Mais là !

Alors il se baissa, ramassa l’image, l’enfouit dans sa poche au moment où Monsieur le directeur sifflait la fin de la récré.

On l’a cherché, le fils du bijoutier ! Au début, on a cru à une fugue, même à un enlèvement par des Bohémiens, les légendes avaient la peau dure à cette époque, mais rien. Les flics sont venus enquêter, jamais on a interrogé Lulu. Personne ne l’avait vu coincé entre le perron et le préau en compagnie de Riton. Et puis, avec son air candide, nul ne l’aurait imaginé perpétrant un mauvais coup. Pas comme ce Camille ou ce Bébert, des durs, les terreurs de la cour de récré, on les a cuisiné le rouquin et le tondu… En vain.

Les parents ont beaucoup pleuré, le temps a passé, mais Lulu gardait enfoui, au creux de son estomac, le petit nuage bleuté.

A douze ans, il était au cours complémentaire - on ne parlait pas de collège alors -, en cinquième, une scolarité normale, sans éclats, piano, piano…

Ma che va piano va sano… Comme le disait son Rital de Papa. Les profs étaient plutôt sympas, à l’exception de cet enfoiré de "Néron". C’est ainsi qu’ils surnommaient le prof de maths, à cause d’un pébron de la taille d’une grosse fraise, fruit d’une longue et patiente métamorphose due au Beaujolpif dont il était friand !

Un beau matin, Néron, suite à un cours magistral sur les propriétés géométriques des parallélépipèdes rectangles, s’adressant à Lulu, lui demanda :

- Un quadrilatère qui a ses diagonales ayant le MÊME milieu est un…

- Euh… balbutia Lulu, la tête baissée sous le regard de Néron.

- C’est un parallélo… commença l’imposant prof, tandis que sa lourde main s’abaissait pour une pichenette sur le sommet du crâne ignorant de Lulu.

Dans un réflexe de protection, Lulu mis sa main sur sa tête tandis qu’il finissait le mot amorcé par Néron.

- GRAMME ! lâcha-t-il au moment où la lourde main touchait la sienne.

PFFTTT ! Un petit nuage bleuté et Néron disparut… Volatilisé, désintégré, ventilé…

Immédiatement, Lulu songea à Riton. Merde, ça recommençait ! Et là, toute la classe avait vu le prodige, le miracle.

Un immense fou rire agita la très sérieuse cinquième B, attirant "Bobosse", le prof de Français, qui donnait son cours dans la classe adjacente.

- Mais où est Monsieur Trouilland ? Vous avez Mathématiques à cette heure ?

- Ben, on sait pas, répondirent en chœur les angelots.

Une enquête fut menée et n’aboutit pas, bien sûr. De ce jour, les enfants regardèrent Lulu différemment : mi-crainte, mi-respect. Un mec capable de faire disparaître cent soixante-dix livres de barback bien fraîche, comme ça d’un coup, c’était louche… très louche.

Alors la vie a continué de couler tranquille pour Lulu, études arrêtées à la cinquième, puis une école de comptabilité. Un C.A.P. au bout de trois ans, pas glorieux, pas foireux non plus, le lot de beaucoup de jeunes de l’époque. Au boulot à dix-sept ans, juste assez d’argent pour une Vespa d’occasion, et quelques billets pour la gambille du samedi soir, et même parfois une soupe à l’oignon aux halles… La fête Elisabeth !

Ce bureau tristounet dans une boîte d’Aubervilliers, de grandes fenêtres grillagées, un chef de service qui fumaient des Boyards dégueulasses. Il rallumait ses clopes à longueur de journée et venait donner ses ordres sous le pif de Lulu. Il y a des matins où il lui aurait gerbé dans les bacchantes, tant le remugle lui soulevait le cœur.

Un lundi matin, encore fatigué par son week-end passé à gambiller, Lulu arrive au bureau. Le blaireau (c’est le surnom qu’il donnait à son chefaillon) se pointe, l’œil mauvais, le "boyard" humide à force d’être machouillé.

- Vous avez vu vot’boulot ? C’est quoi cette organisation ?

- Organigramme, rectifia Lulu en posant sa main sur l’avant-bras de son chef…

Petite fumée bleue et PFFFTTTT… plus de blaireau. Volatilisé, désintégré, ventilé…

Ils étaient seuls dans la pièce à ce moment-là, pas de témoins.

Encore une fois, une enquête qui se termina en eau de boudin. Il faut dire que se décarcasser pour retrouver un vieux garçon de cinquante-huit balais, fumant des boyards, n’avait rien d’excitant.

Lulu commençait sérieusement à croire en son super pouvoir, il s’en amusait même, car il avait testé sur une de ses petites amies, à l’occasion d’un jeu en dernière page d’un magazine : des mots étaient "emmêlés", il fallait en retrouver le bon sens.

- C’est quoi ce truc ? avait questionné Nicole.

- Une anaGRAMME, avait répondu Lulu en lui souriant, et en posant sa main sur son épaule.

Rien ne s’était produit, il en avait conclu que le phénomène ne se produisait qu’avec les gens qu’il détestait, cela le rassura.

Un dimanche matin, Lulu, la quarantaine, marié, deux enfants, garçon et fille, respectivement douze et huit ans, va faire son marché. Un mot aimable à son fruitier, un petit sourire à la crémière, et enfin la file d’attente devant l’étal du boucher. La mine renfrognée, Lulu attend.

Il observe son boucher, un gros rougeaud adipeux, qui lui coupe toujours des morceaux beaucoup plus gros que la quantité demandée.

- Alors, qu’est-ce que je lui sers au p’tit Monsieur ?

- Un rosbeef d’une livre, s’il vous plaît.

- Et ce sera TOUT ? interroge le louchébèm' avec un petit air de dédain.

- Ben oui…

La viande enveloppée dans son papier, le boucher la pose sans délicatesse sur la balance :

- Y’a six cent soixante-dix grammes… J’fais c’que j’peux hein ?

- Ouais, en attendant, c’est moi qui paye les GRAMMES supplémentaires, répond Lulu, en touchant la main qui lui tend le paquet…

Petite fumée bleue et PFFFTTT….Volatilisé, désintégré, ventilé…

La bouchère hurle, elle a tout vu, ses gros nichons ballottent tandis qu’elle se précipite là où était son boucher de mari trois secondes plus tôt.

- Qu’essse que vous lui avez fait à mon Maurice ? Hein ?

- Mais rien, je ne sais pas, il était là et puis PFFFTTT plus rien, vous avez vu n’est-ce pas ?

- Oui, j’ai vu et j’comprends pas.

Comme d’hab… L’enquête n’a pas aboutie.

Après avoir testé au cours des mois suivants, et toujours avec succès, les programmes, diagrammes, hologrammes et autres électrocardiogrammes, il s’était débarrassé d’un grand nombre de connards qui pourrissaient sa vie.

Un soir, un ultime audiogramme envoya ad patres une harangère qui l’avait vertement invectivé, à cause d’une bousculade dont il n’était pas responsable, et qui lui hurlait dans l’oreille des injures dignes d’une Madame Angot. Il lui avait saisi le bras en lui conseillant d’aller se soumettre à un audiogramme.

Petite fumée bleue et PFFFTTT… Volatilisée, désintégrée, ventilée…

Rentré chez lui, le sourire aux lèvres, heureux de son dernier "exploit", après avoir embrassé son épouse, il se rend dans la chambre de sa fillette, petit bisou, puis direction la chambre de Christian son fils.

Ce dernier, sagement installé devant son bureau, le "BLED" ouvert devant lui, peine laborieusement sur un exercice de grammaire.

- Alors garçon, ça va ?

- Ah non, pas du tout ! répond-il en posant sa main sur la main de son père. Fait ièch' le Deblè avec ses exercices de reGRAM' !

Petite fumée bleue et PFFFTTT…. Lulu : volatilisé, désintégré, ventilé…





Pour Françoise (et les autres), ce petit rajout suite à ton commentaire...

(ch'tiot crobard Andiamo pour blogbo)

vendredi 5 février 2010

Saoul-FifreRas l'blog

Vous me connaissez, je suis pas le genre à cracher dans la soupe, d'abord j'adore la soupe. Je suis pas comme mon second fils qui nous fait une crise de paranoïa aigüe chaque fois qu'il y en a sur la table, c'est à dire tous les soirs en hiver. Ce grand benêt (oui je trouve qu'on n'emploie pas assez le mot de "benêt") est persuadé qu'on le fait exprès pour l'embêter, c'est vous dire son niveau. Il croit qu'un régime à base de macaronis-rapé-beurre c'est équilibré si on fait glisser avec un cocktail de vitamines. Bon je vais arrêter de parler des maniaqueries gastronomiques de mes enfants sinon je vais encore mal digérer ma paella améliorée au restant de couscous.

Et le plus beau, c'est que, quand le sujet vient sur le tapis, toute la famille se retrouve pour dire que c'est de ma faute, que si quand ils étaient bébés je leur avais pas préparé amoureusement de tout mon cœur, des petits pots mixés "maison", à base de poivrons grillés, d'oignons revenus et d'aubergines à l'ail, hé ben ils seraient pas si dégoutés ???

Fouler ainsi au pied mes sentiments pas ternels du tout, qu'y disent, le perfectionnisme de mon projet éducatif, et je ne parlerai même pas de mes talents culinaires qui ont clafi des murs dans la France entière, jusqu'à ceux de notre soigneuse (et regrettée) Manou.

Je sais pas du tout pourquoi je vous parle de ces petits soucis domestiques, ce n'est pas du tout le sujet du jour.

Non je voulais vous dire que je vous aime bien, tous, non mais pas Pascal quand même, il m'angoisse trop avec ses histoires gore de mec qui court avec un pied fracturé, ça me rappelle "On achève bien les chevaux" et moi j'ai un auto-collant avec "Manger Crin-Blanc ou Tornado ... jamais !", ce qui n'a rien à voir, d'ailleurs.

Je vous aime tous, vous, les membres de la blogosphère, voilà mon sujet. J'aime cette grande idée de créer en public, en ayant des retours immédiats, j'aime ces aires de repos au bord des autoroutes de la communication, devant lesquelles des inconnus passent, et quelque fois s'arrêtent, jusqu'à y élire domicile, presque, quelquefois...

Les rencontres que le blog m'a permises, quand on passe de l'autre côté du miroir, quand le commentateur se fait chair, quand le pseudo bascule, fait un roulé-boulé et se relève en prénom, ont toutes un petit côté magique. Sans elles, dorénavant, je ne serais plus le même. Je ne citerai pas toutes les tronches croisées, découvertes, mais Manou, oui, la poète absolue. Je hais son job aux griffes possessives qui nous prive de ses fulgurances hilares et de son humanité rare.

Et plein d'autres, devenus de vrais amis. Mais vous êtes trop nombreux ! Je ne crache pas dans le potage mais qu'est-ce que ce web est chronophage ! En plus, comme une volée de moineaux dans les blés juste germés, venant de Blogspot, ont atterri chez nous plein de nouveaux, pleins de talents et bien polis ! Quand Épamin' et ses copines commentent, on se croirait téléporté dans ce Forum 1926 que nous avait présenté Tant-Bourrin il y a trois ans. C'est rafraichissant.

Alors je sais pas comment vous faites (je parle aux "actifs", là), mais je ne suis pas encore à la retraite, surtout s'ils nous l'annoncent pour nos soixante et dix ans, et j'ai du mal à assurer mon quota de commentaires, de billets, tout ça... Et puis Lundi, on part en congés, je sais pas si je vais prévoir un petit quelque chose. On verra.

Mais même avec des yeux dans le bouillon, je penserai très fort à vous, esclaves, galériens enchainés à vos blogs.

mardi 2 février 2010

Tant-BourrinUne histoire assez space

Une histoire assez space
Un récit podcast de Tant-Bourrin



téléchargeable directement ici


Avec les voix de :

Commandant Somuchnag : Tant-Bourrin
Drunkfife : Tant-Bourrin
Letsgo : Tant-Bourrin
Base terrestre : Tant-Bourrin
Tant-Bourrin : Tant-Bourrin
Tant-Bourriquet : Tant-Bourriquet

... et le concours de :

Ingénieur du son : Tant-Bourrin
Prise de son : Tant-Bourrin
Mixage : Tant-Bourrin
Post-production : Tant-Bourrin
Bruitages : Tant-Bourrin
Production : Tant-Bourrin

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