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mercredi 24 mars 2010

Saoul-FifreVéhicules auto et musculomobiles

Avec mes trois sœurs comme ainées directes, autant dire que j'étais seul au monde, dans notre ferme isolée. Bon, nous faisions des choses ensemble, c'est vrai, j'ai raconté ailleurs comment nous tricotions de concert, faisions du tricotin, et j'ai même appris la sténo avec elles.

Mais ça allait un moment, les filles. Sans parler de nos différences d'âge, nos centres d'intérêts n'étaient pas les mêmes, il faut se remettre dans le contexte de l'époque, les activités étaient très sexuées. Non, Françoise , je n'ai pas dit "sexuelles". Donc je filochais aussi souvent et aussi loin d'elles que je pouvais. À pied d'abord, puis en vélo, quand j'en eus un, ce qui ne tarda pas, car m'en offrir un pour mon anniversaire permit à mes parents de ne plus avoir à me mener à l'école primaire, à 6 kilomètres.

N'empêche que ça devait coûter bonbon, une bicyclette, car je me souviens d'une effervescence inaccoutumée, ce jour là, l'importance était palpable, la passion présente. Je peux aujourd'hui confirmer n'avoir pas déçu les attentes familiales. Le vélo a effectivement eu une importance envahissante dans ma vie. Le premier n'avait qu'une seule vitesse et pourtant, miladiou, que mon Périgo est vallonné !

Toujours est-il que le plaisir que je prenais quotidiennement à appuyer sur mes pédales me fit prendre en grippe les moteurs à explosions, ces machines dangereuses, bruyantes, coûteuses et malodorantes. Un jour mon oncle, qui devait démonter un moteur de tracteur, me proposa de le faire avec moi. À une offre qui aurait dû faire sauter de joie au plafond n'importe quel ado, je répondis "Niet" et je repense encore avec remords à son air triste et déçu, lui qui pensait me voir saisir cette occasion unique.

J'ai pris depuis, bien obligé, des cours de mécanique, mais je n'ai jamais ressenti bruler en moi cette étincelle que je voyais briller dans les yeux de mes camarades garçons quand on parlait voiture. J'ai continué à pédalouiller à mon rythme ou bien à prendre le train , ou bien à faire du stop . Puis j'ai rejoint la cohorte des pauvres mais travailleurs, tenaillé par la faim. J'allais au boulot en vélo, ou bien on faisait du co-voiturage. Quand je suis devenu monteur en téléphone, il fallait bien un véhicule de fonction, mais bon, on travaillait toujours à deux, alors il suffisait que mon collègue ait le permis, et ça roulait comme ça.

Mais un jour, le patron en eut marre. Ce n'était pas pratique. Si le collègue était malade, je bloquais tout, et puis il y avait des chantiers qui ne nécessitaient qu'un ouvrier... Ya pas d'bon dieu, faut qu'tu passes ton permis ou qu'tu prennes la porte !

Et merde. Je me suis inscrit aux cours, ça n'a pas trop mal marché et j'ai eu mon permis tout neuf à l'âge de 22 ans. Pour obéir aux statistiques des assurances (qui se méfient des jeunes conducteurs), j'ai eu mes deux seuls accidents la première année, un à cause de la neige, l'autre à cause du whisky, ou à cause des glaçons, je me souviens plus. Mais je l'jure, dès que j'ai su à peu près le mode d'emploi de ces jerricanes sur roues, j'ai toujours été sage au volant : le pied toujours au plancher, on oublie jusqu'à l'existence des freins et on terrorise tellement la voiture de devant qu'elle ralentit pour vous laisser passer. Y en a même qui s'arrêtent.

Non je déconne. Mais c'est vrai que je me suis un peu laissé embobiner par la voiture. Je suis passé de la position d'adversaire résolu à celle de compagnon de route complice. Par contre, les tendances de l'industrie automobile actuelle me dépassent complètement. Tous les gadgets, les trucs électroniques, ça me bloque. La clef qui refuse de démarrer le moteur car tu as tapé le code une fois de trop, je supporterais pas.

J'ai toujours conduit de vraies voitures. Des voitures mythiques, que l'on reconnait à 500 mètres sans lunettes. Avant, les voitures avaient des formes et chacune sa personnalité. Aujourd'hui, soi-disant pour des raisons d'aérodynamisme et de consommation, elles se ressemblent toutes. L'argument de la consommation est d'une hypocrisie rare puisqu'elles sont trop puissantes au vu des limitations de vitesse, de toute façon. Sans parler des mégalomanes complexés par leur petit zizi, accros aux 4 X 4.

Une des premières voitures que j'ai apprécié, c'était la R 12 break de mon frère. Sympa. Bon petit moteur qui nous a tracté une caravane dans des routes de montagne sans broncher. Élégante, simple, bien équilibrée, rien à dire. Ensuite, j'ai eu une 4 L, c'est solide, carré, volume intérieur optimisé, les PTT roulaient en 4 L, c'est vous dire le sérieux. Et puis j'ai conduit une deux-chevaux. Là c'est le top du fun : à 110 km/h grâce à une légère descente, on prend les virages à la corde, à deux doigts du tonneau. Si vous avez un équipier, enfin, un passager, vous le faites se pencher à l'extérieur en rappel, comme sur un dériveur au près. Waw, on est passé en frôlant la bouée ! Citroën était vraiment le roi des amortisseurs, mécaniques ou hydrauliques, avec les DS, ID, etc... .

Margotte aussi, fait dans les modèles à succès, vendus à beaucoup d'exemplaires. Hé, garantie de qualité ? Quand je l'ai rencontrée, son garagiste lui avait bricolé une Coccinelle bleu, jaune et orange, à partir de 3 carcasses. Ça roulait bien mais ce n'était pas destiné à passer inaperçus. Elle avait aussi une Traction Avant, une belle Onze légère noire de 1957, dans laquelle nous nous sommes mariés, snobs comme nous sommes.

Comme à la campagne, il faut des utilitaires, nous avons opté pour des Fiorinos de chez Fiat. Ouais Andiamo, crie avec moi : "Forza Italia !". Sincèrement, j'ai entendu des critiques, mais je ne les abonde pas : no souçaille, tellement que nous avons repiqué au même modèle quand elle fut trop vieille. Pas une option, tout mécanique, ça nous va impec. Puis le hasard nous a mis en présence d'un magnifique Volvo 240 break. Là aussi, comme avec la Coxx, on a vraiment l'impression d'être à l'abri dans ce genre de voiture. Que c'est celui qui va vous rentrer dedans qui va avoir mal. C'est sécurisant. Quand je vois les pare-chocs en fibre de verre des voitures modernes, je prends peur. Le 240, c'est un propulsion arrière, c'est la voiture préférée des norvégiens ou des suédois pour aller faire du gymkhana et des dérapages contrôlés sur les canaux ou les rivières gelées. Moi je contrôle rien. Sur une autoroute suisse enneigée, je me suis retrouvé coup sur coup à faire deux tête-à-queues avec réception dans les congères, depuis je fais gaffe.

Une chose me parait ici, certaine et évidente, c'est que sur l'échelle de la mort la plus nulle, celle dans un accident de la route tient le haut du pavé.

dimanche 21 mars 2010

Mam'zelle KesskadiePour José, animateur sur NRJ, qui essaye d'arrêter de fumer II

Rebonjour José,

Me revoici, Imelda, Veuve du curé de la paroisse des Saintes-Senteurs-des-pieds de Jésus, recyclée en tireuse de bonne aventure parce que tireuse de balle molle, j'ai pas la touche. Je suis plutôt flatteuse.

Me revoici, telle la promise terre élue dont parle l'évangile que tout le monde réclame ! Pas toi ? Ttttutttutttuttuttt. Pourtant, il n'y a que miel et lait sur ma langue ! Ok, ça a un peu suri, mais bon, c'est quoi, du yogourt pro-actif, tu penses ?

José, entrons tout de suite dans le sujet, tel un adolescent avide de venir aux faits.

La deuxième carte du tarot que j'ai tirée pour toi et ton cheminement dans la lumière de l'abstinence de la cigarette est... Je sens que tu frémis encore plus que le matin que tu shakes parce que tu veux une pof ! C'est le Jugement. Ok, tu aurais aimé mieux les amoureux ou quelque chose du gendre, mais l'univers te parle du Jugement !

Non, le jugement n'est pas pour le fumeur, mais bien pour le non-fumeur ! Non, ce n'est pas le célèbre préjugé qu'embrasser un fumeur est aussi pénible qu'embrasser un cendrier, même avec une gomme dedans ! En fait, embrasser un fumeur est assez intéressant vu qu'il a les lèvres en forme pour les avoir exercées mais bon... bon... je m'égare !

Je ne juge pas le fumeur. Souvent, il est le seul à prendre sa pause au bureau. Il regarde, d'un air effaré du mouton qui s'est échappé de l'abattoir, ses collègues se tuer à l'ouvrage sans arrêt. Il aime mieux se tuer en se faisant plaisir, qui peut le blâmer ? On a un regard méprisant pour lui parce qu'il est dehors en grelottant pour fumer, mais c'est le seul qui aura au moins deux poffes d'air pur parce que l'air du bureau est irrespirable. Et on veut qu'il arrête d'avoir du fun sous prétexte qu'on juge que c'est mauvais pour sa santé !!!!!!

Non-fumeurs, que le Jugement soit sur vous ! Avez-vous assez de fun dans la vie pour inciter un fumeur à joindre vos rangs ! C'est ce que se tuait à dire mon défunt mari-curé à ses paroissiens. Si les chrétiens avaient plus de fun à être vertueux, il manquerait de place dans les Églises. Il s'est tué à l'ouvrage d'ailleurs. Raide, mais heureux.

Encore pire, les professeurs et les parents. On dit qu'ils donnent le mauvais exemple, qu'ils rendent l'air autour des enfants mauvais pour leur pauvres petits poumons. Laissez-moi vous dire qu'à entendre les enfants hurler, se chicaner pis chiâler dans les catéchèses pourtant hautement instructives, j'aurais ben aimé ça que leurs tits poumons sont un peu plus maganés, que le ciel me pardonne !!!! Qui sommes-nous (oui, toi tu es José et moi Imelda, mais zencore), qui sommes-nous pour jeter la pierre aux pauvres adultes qui en tirent une en faisant une pause ? Mieux vaut encore qu'ils tirent une cigarette qu'ils tirent au pistolet sur une jeunesse !

Mais zalors, penseras-tu en te grattant le menton et en mâchouillant ton cure-dents à la menthe pour te distraire, comment aider ces pauvres êtres à traverser les difficultés inhérentes de la vie sur terre sans qu'ils s'envoient au paradis en se tirant dans la tête ou qu'ils préfèrent l'enfer de leur boucane ?

Toujours en suivant les conseils qui sont sur le site du défi j'arrête !

St-José-de-la-taquinerie-vache-et-écœurante, appelez les fidèles fumeurs aux plaisirs sans fumée.

Imelda, alias Mademoiselle Keskadie

jeudi 18 mars 2010

Tant-BourrinRecherche essentielle

Toute découverte scientifique majeure est généralement le fruit d'années d'études et de labeur, c'est un fait. Mais il advient parfois qu'un petit coup de pouce du hasard fait basculer un destin.

Prenons l'exemple d'Arno Trubint : qui aurait pu imaginer que ce chercheur insignifiant, qui s'échinait depuis près de dix ans à calibrer l'impact de différents régimes d'alimentation sur l'activité de la xanthine oxydase du foie du rat adulte, ferait un jour une découverte scientifique majeure, apte à bouleverser le paysage énergétique mondial ? Personne assurément, si le destin ne s'en était malicieusement mêlé.

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lundi 15 mars 2010

AndiamoMa France

Je dois porter la scoumoune !

Il y a quelque temps, j’écrivais un billet : jeux presque interdits, et paf !... dans la foulée, un tsunami aux îles Samoa !

Je prépare une série de cht’iots crobards et de photos (persos) afin d’illustrer la merveilleuse chanson de Jean Ferrat « ma France » et notre poète décède !

J’ai sollicité à nouveau l’aide de Tant-Bourrin afin de mettre en place la vidéo, regroupant des ch’tiots crobards que j’ai fait (à l’exception du marché qui est de Bill Marshall, une aquarelle que je lui avais acheté il y a fort longtemps).

Je dois avouer que T-B a fait fort comme d’hab, un grand merci à lui… Que serais-je sans toi ?

Les photos sont aussi les miennes, le dessin représentant un puits de mine, m’a été inspiré par une photo de GI, merci à elle, une grande photographe de talent, je vous invite à visiter son site.

Ce billet n’était pas « programmé » pour ce jour, ce sont les circonstances qui font que nous avons voulu rendre un petit hommage à ce grand poète.

ch'tiot crobard : Andiamo



samedi 13 mars 2010

AndiamoVous avez dit : conquête ?

Certes personne ne les attendaient… Surtout pas là !

Les Américains avaient posé les premiers le pied sur la Lune : un petit pas pour moi, un grand… Gna, gna, gna, gna !

Puis, en 2011, sans rien dire, ni effet d’annonce, ni quoi que ce soit, les Russes s’étaient posés sur Mars ! Et rebelote : un petit pas pour nous, un grand… Gna, gna, gna, gna !

Cinq ans plus tard, les Chinois explorent Vénus ! 450° à la surface tout de même, bel exploit technique.

Mais pas de : gna, gna, gna, gna... A la place : un grand pas pour nous, et rien que pour nous ! Et devant les écrans du monde entier… Un magnifique bras d’honneur !

Il n’y avait rien à glaner sur cette bouillante planète, seulement de l’esbroufe, du vent : montrer au monde entier de quoi ils étaient capables.

Seulement un petit hic… Tout petit hic : la firme chargée de fabriquer les plots d’atterrissage en matière à haute résistance aux températures élevées, pour d’obscures et mercantiles raisons de prix de revient, avait honteusement merdé sur la qualité du matériau !

Quelques secondes après avoir posé le module sur le sol vénusien, les plots se mirent à fondre !

Ils se liquéfièrent littéralement, se fondant en une osmose parfaite avec la roche. Si bien que lorsque l’équipage voulut repartir afin de rejoindre l’étage resté en orbite et dont la mission était de les ramener sur la Terre, le module fut incapable de décoller !

Le pauvre équipage périt sur le sol surchauffé. Quant au rescapé resté en orbite d’attente, il tenta de revenir sur terre, mais à la suite de manœuvres aussi hasardeuses que douteuses, il rata complètement son entrée dans l’atmosphère terrestre et fut propulsé quelque part entre Saturne et Neptune !

Quant au directeur de la firme auquel avait été confié la fabrication du train d’atterrissage, il fut livré à la vindicte populaire place Tian’ Anmen !

Et enfin, trois ans après les Chinois, les Français et leurs amis Belges posèrent le pied sur EUROPE, l’énoooorme satellite de Jupiter ! Personne ne les attendaient, surtout pas là !

Putain la gueule des Ricains, Russkofs et autres Tongs, même les Rosbifs, évincés. Toujours là pour prendre le meilleur, mais ne pas participer, indépendance oblige !

Ce 29 Juillet 2019, Gaston Bouchard, Maurice Beulmans, Philémon Chagneul et Gustave Heindrycx se posent sur Europe, après six mois, trois jours et sept heures d’un long mais pas trop chiant voyage. Ils avaient eu la sage précaution d’emporter des jeux de cartes. Dingues de belote, ils ont tout de même ruiné douze jeux de trente deux brèmes !

Gaston Bouchard, le capitaine, est le premier à ouvrir la porte du sas. CRRRR, fait-elle en pivotant sur ses gonds. Six mois dans le froid, ça mine un peu la mécanique tout de même.

Devant ses yeux incrédules s’ouvre un paysage paradisiaque, des arbres, une rivière, un ciel un peu chargé de nuages. Une douce température baigne ce petit Eden. Il lui faut prononcer une phrase, quelque chose qui restera dans les manuels d’histoire (remplacés depuis belle « burette » par des clés U.S.B.).

- Euh… Ben… J’pisserais bien un coup moi ! (surtout après le blanc de Graves que nous venons de boire afin d’immortaliser l’événement) se dit-il in petto.

Nos trois mousquetaires (qui étaient quatre comme nous le savons tous) descendent les barreaux de l’échelle de coupée et se retrouvent sur le sol Européen.

Le plus jeune de l’équipe, le Belge Maurice Beulmans, déroule le double drapeau Franco-Belge (comme les entremets d’autrefois, vous n’avez pas connu bien sûr !) dont l’emblème central représente un coq dressé fièrement sur une chope de bière. On avait pensé à mettre une grosse frite dans le bock mais ça n’aurait pas été sérieux.

- Au nom une fois, allez, allez, de nos deux grands pays, je déclare une fois, que ce stallelite… euh.. sallelite, ça est vexant une fois, ce satellite… ouf !... est annexé à compter d’aujourd’hui une fois, à nos deux pays, conjointement et réciproquement, dans un but d’équité par consentement mutuel, et en toute connaissance de cause ! Nous sommes là pour conquérir une fois, et nous le ferons, sais-tu ?

Une légère brise fait gracieusement onduler la bannière.

Nos quatre hommes s’avancent précautionneusement, quand soudain, écartant les hautes herbes, surgissent des êtres à l’apparence humaine. Pour toute parure, ils portent sur leurs bides un gland tressé, ils sont superbes, jeunes et beaux, les hommes comme les femmes sont parfaitement glabres, pas un poil ni un cheveu. Ils avancent les mains tendues en avant, en signe d’accueil.

Un peu interloqués, nos conquérants restent stoïques, ils tendent également leurs mains, le contact a lieu. Et là une foule de renseignements et de questions affluent dans leurs cerveaux, depuis l’étrange histoire des Klongs (c’est le nom qu’ils se donnent) à la demande de la recette des moules frites.

Les Klongs, d’aussi loin que l’histoire leur a été racontée, ont surgi comme ça, spontanément, sur ce monde où la technologie était à son comble, l’énergie à profusion sans que nul ne s’en occupât, des mégapoles, les voyages intersidéraux leur était communs, nul ne travaillait, la nourriture était présente dans leurs assiettes sans que l’on su comment elle y était parvenue.

Et puis, à l’inverse des humains, petit à petit, ils s’étaient débarrassés de toute cette technologie, patiemment, pas à pas, pour en arriver au dépouillement actuel. Exactement la démarche inverse de celle des humains.

Ils étaient végétariens, à une toute petite exception près toutefois, bah ! Il faut tout de même se faire plaisir de temps en temps, leur avaient-ils avoué.

Quelle bande de larves, songent nos pieds nickelés, voilà une conquête qui aura été bien facile !

Entourés par la tribu joyeuse et exubérante, nos astronautes sont entraînés vers le village fait de branches et de feuilles.

Tout n’est qu’harmonie : des enfants complètement rasés eux aussi jouent à même le sol, avec des petits cailloux ou des branchettes, d’autres jouent avec des piles de boîtes.

Au beau milieu du village trône une construction complètement anachronique : une sorte de pièce voûtée en matériau très dur, fermée par une lourde porte vitrée !

Étonnés, nos quatre hommes s’approchent, tâtent, hument, promènent leurs doigts sur la construction, un peu comme les singes dans "2001 odyssée de l’espace". Étonnant, étonnant, ne cessent-ils de répéter.

L’un des autochtones s’approche, prend la main de Gaston Bouchard. Ce dernier a aussitôt l’explication : voilà, cette salle sert pour nos petits plaisirs, seule construction que nous ayons conservée de notre ancienne technologie. Vous voyez nous sommes très proches, nous avons également nos faiblesses !

La nuit tombe, ça n’est pas la nuit noire, mais plutôt un clair obscur, l’immense disque de Jupiter, toujours visible, envahit tout l’horizon, la tache orangée en forme de ballon de rugby est bien visible.

Quatre femmes se sont approchées, superbes, minces, des hanches parfaites, une poitrine haut perchée…

- Si j’me penche un peu trop près, déclare Philémon Chagneul, j’vais m’crever un œil !

Gentiment, elles les conduisent vers l’étrange construction, en ouvrent la porte de verre. Malgré son poids, elle ne présente aucune résistance.

Plusieurs tables sont alignées. Les gracieuses sylphides invitent l’équipage à s’allonger, puis elles entreprennent de les déshabiller. Je passe sur les plaisanteries plus ou moins graveleuses de nos compères restés plusieurs mois sans présence féminine.

Ces gracieuses créatures sont allées chercher de grands rasoirs type coupe-choux. Peu rassurés, les hommes se sont assis. Un grand sourire, une douce pression de la main, les voilà à nouveau allongés. Avec une grande dextérité, nos quatre grâces commencent à raser les hommes, ceux-ci rient de bon cœur surtout lorsqu’elles attaquent les parties intimes, ce qui a pour effet de les mettre dans tous leurs états, petits gloussements des raseuses !

Le rasage terminé, les quatre jeunes femmes s’absentent un petit moment, puis reviennent chacune portant une petite calebasse. Dans ces récipients une sorte d’huile ou d’onguent. Soigneusement, langoureusement, elles oignent le corps des hommes, qui semblent apprécier hautement le traitement, au vu de la modification importante qu’une partie de leur individu a prise…

Elles se reculent, admirent leur travail. D’un sac en raphia tressé, elles extirpent des petites feuilles séchées, puis les disposent sur les corps nus, ce qui fait rire les hommes qui semblent beaucoup apprécier ces petits attouchements.

Elles se baissent et extirpent du dessous des tables des sortes de sangles faites d’un métal très souple, et commencent à ceinturer nos compères.

- Je sens que ça devient HARD, lâche Gaston Bouchard, une tite séance bondage ça va pas être dégueu.

Les autres se marrent, l’œil lubrique, la lippe gourmande.

Un petit baiser furtif sur les lèvres et les masseuses se retirent à reculons avec de grands sourires prometteurs.

La lourde porte se referme, les mains menottées sous la tête, Gaston, Maurice, Philémon et Gustave, observent la grande agitation qui tout à coup se déroule sous leurs yeux : de toutes parts des hommes et des femmes sont arrivés, ils ont dressé ce qui semble être des grandes tables, apporté des bancs en osier, alignés des écuelles taillées dans le bois, et surtout des grands couteaux en os.

Sur la porte, l’une des femmes, qui tout à l’heure s’était occupée d’eux, pose ses mains. Gaston la fixe intensément.

- Vous avez dit CONQUÊTE ? hurle la voix dans sa tête.

Le regard égrillard fait place à la panique, la sueur commence à ruisseler sur le torse des conquérants. Il est vrai que depuis le départ des jolies Dames, la température a augmenté… Fortement augmenté.

mercredi 10 mars 2010

Saoul-FifreLa traite des blanches

Oui, si on avait des Saanen , je pourrais faire ce mauvais jeu de mot mais là, avec nos vieilles alpino-nubiennes dont on peut compter les os, je vais plutôt parler de "traite des planches". Question d'étique. Les chèvres, ça a toujours eu cette dégaine de squelette qui pisse le lait. On a beau doubler les rations de foin, les laisser manger la "soupade" d'herbe le soir quand on les rentre, on entend leurs osselets qui cliquètent sous la peau, et tout le profit part dans les mamelles.

Ah ça, ya du monde au balcon ! Le chirurgien esthétique est passé par là, ou quoi ? C'est beau, c'est fier, comme dirait Bof, mais comme elles sont à quatre pattes, leurs pis trainent par terre, que leurs petits sont obligés de se coucher sur le dos pour pouvoir téter ! Et que bientôt va falloir y faire un nœud pour leur-z-y remonter un peu les trayons ! Quoique gonflés comme ils sont, ça va pas être commode. Pauvre d'eux, ya qu'à les voir stressés, tendus, revendicatifs, prêts à exploser, pour se dire qu'en période de crise on a vraiment du mal à joindre les deux bouts !

Cette année c'est la cata. On a du lait mammiteux, on a des orphelins, on a une mère qu'a perdu ses petits... Ben oui, ya pas de mot pour qualifier cette horreur ! T'as perdu ton mec, t'es veuve, t'as perdu ta mère, t'es orphelin, mais t'as perdu ton enfant ?? T'es rien ! Allez allez, ne restez pas là, vous gênez la circulation ! La langue française, si riche, n'a pas prévu votre cas. Allez je rédige illico ("d'abord", en patois limousin francisé) une requête à l'Académie, en leur proposant les néologismes lacrymère et lacrypère.

Du coup, c'est simple : on trait la lacrymère (qui braille tout ce qu'elle sait) et on donne son lait aux orphelins (qui chialent tout ce qu'ils peuvent). Comme ça les fait taire, c'est magique ? Le vieux bouc venant de mourir, il conviendrait aussi de consoler ses veuves, qui sont également ses filles, mais la veuve pleure peu. Elle souffre en silence, l'œil sec et retrouve son entrain rapidement.

L'heure de la traite est un moment consensuel merveilleux. Hop un petit morceau de pain rassis en remerciement pour le don futur de son lait car la chèvre sait que le pain frais est indigeste. Mes deux mains viennent se poser avec naturel sur ses rondeurs à la peau douce avec seul un petit tressaillement de sa part comme réaction. Assia a besoin d'être traite avec la même évidence que j'ai besoin de son lait : nous sommes faits pour nous entendre. Mes doigts pressés de faire jaillir les jets mousseux l'empoignent, appuient alternativement sur les deux mamelles et le lait gicle en continu dans le seau. Chaque main remonte au cœur du pis chercher le lait et l'accompagne dans sa descente vers la sortie. Le lait a le désir de s'échapper et je l'encourage de mes doigts. Le seau se gorge sur un rythme binaire et Assia me bredouille les yeux renversés un truc mi-prière mi-complainte, moitié encore, moitié plus fort. Désolé ma belle mais plus une goutte ne veut sortir, et le seau est plein. Encore un peu de ce délicieux pain rassis ?

Vite, il me faut amener ma récolte aux trois petits cabris avant que le lait ne refroidisse. Je transvase dans un biberon et le plus dégourdi attrape la tétine au vol. Les deux autres tentent de le plaquer. Prises vicieuses, coups de boule, aucune technique virile ne les rebute. Hey le bout lui a échappé et un autre le remplace. Le rythme se maintient et le niveau de lait baisse à vue d'œil dans le bibe. Top chrono, je crois bien que le record a été battu. Je recharge et essaye d'avantager celui qui n'a rien eu. Il a compris qu'il fallait struggler pour sa life et met les bouchées doubles. Il tient fort la tétine et ne donne pas l'impression d'être disposé à la lâcher. Les deux autres me tètent les doigts pour tromper le temps. Ah le plaisir ineffable de se faire tailler une pipe au petit doigt par un chevreau vorace ! Anne elle-même m'a confié un jour sous le sceau du secret n'être pas insensible aux fantaisies buccales de ses bicous. Elle savait la confiance absolue qu'elle pouvait m'accorder pour ce qui est de garder le silence au sujet de ses pratiques zoophiles. Je recharge et recharge encore les biberons, j'alterne en fonction des motivations, j'ai bien l'impression que chacun a eu son compte, ils ne font plus que chipoter avec le téton caoutchouteux.

C'est pas croyable d'aimer ça à ce point ! De vrais drogués de la tétée. Ils tueraient leurs frères pour une dose !

Que c'est lait, mon dieu que c'est lait.

dimanche 7 mars 2010

Mam'zelle KesskadieLa touche F11 du frigo

Qu'est-ce que le F11 ? Le F 11, mes chers amis, est la touche que l'on pèse subtilement en retenant sa respiration, car, telle une Déesse vengeresse dans un accès de SPM, cette touche remets votre ordinateur tel qu'il était lors de votre achat, seules les égratignures et les miettes de muffins restent.

C'est pourquoi l'écran nous demande quatre fois plutôt qu'une : voulez-vous vraiment remettre votre ordi à zéro ? Un vrai téléphoniste de Bell Canada ! Après qu’on les quitte pour une autre compagnie de téléphone, ils insistent : Vous ne voulez vraiment pas revenir avec nous ? Non. Zêtes certain, on promet qu'on va être fin. Non. On ne peut pas jeter aux poubelles tant de temps passé ensemble. Si.

Ce préambule pour vous informer que j'ai fait F11 sur mon ordi, donc, je n'ai plus vos adresses courriel, car, dans un excès de j'en-ai-ras-le-bol des plaintes des enfants, j'ai aussi fait F 11 sur les deux autres ordis familiaux. Tin Toé !

Hélas, comme dans tout mouvement intempestif, il y a un lendemain relatif.

Bref, je ne vous écris plus parce que je n'ai plus vos adresses.

J'en ai profité pour faire un F 11 sur mon frigo.

Voyons le bon côté des choses, le frigo ne m'a pas demandé quatre fois si je voulais vraiment procéder. C'est moi qui m'ai demandé toute seule pourquoi, diantre, avais-je voulu le effonzer.

J'aurais aimé poster une photo avant et après. Mais... l'internet étant accessible à tout le monde, je me suis méfiée. En effet, si chacune sait que le pompier qui viendra inspecter votre maison a le biceps formé et la face bronzée, nulle ne peut rien affirmer de l'inspecteur de la salubrité municipale. J'eus peur de voir arriver un petit bedonnant laid, pointilleux, du genre qui plie ses bas avant de se mettre au lit avec son caleçon blanc et sa camisole pour souhaiter bonne nuit à son cadran.

Mais j'ai confiance en votre imagination et votre expérience de la pustule et de la spore pour que vous vous imaginiez l'état de la chose.

As-tu eu des surprises ? me demanda une copine sur MSN. Pas du tout. Je dois avoir développé une indifférence à la spore qui n'égale que l'air blasé du restant de lasagne que j'ai fait quand j'étais encore mince, ce qui veut dire voilà longtemps.

Par contre, je me suis demandée si je n'inscrirais pas mon appareil sur un ebay pour une collection inédite de moisissure domestique moderne pré et post H1N1. Hélas, mon idée s'est effacée en même temps qu'une tache suspecte dont je me demandais si c'était de la rouille, dans lequel cas, vaut mieux ne pas insister à frotter, ou un liquide rougeâtre dont la liquorosité naturelle aurait fossilisé en ce tas caoutchouteux dont on pourrait faire, j'en suis certaine, une gomme pour pneu très résistante à l'hiver.

Mes efforts furent salués par Thomas, 15 ans, d'une tonitruante adolescente rouerie : Hé ! Est-ce bien un frigo de la famille ? Wow ! On devrait le nettoyer comme ça à tous les mois !

On, n'est-il pas, excluant la personne qui parle.

Mais, de tout événement de notre vie, fusse-t-il d'un banal quotidien, retenons des leçons salutaires et morales.

1. Le nettoyant pour céramique n'est pas efficace dans un frigo.

2. Prendre note de oucéquécé qu'on range les tablettes une fois lavées en attendant que le frigo lui-même soit débarrassé de ce coulis qui ferait pâlir d'envie tout CSI bien nommé, parce qu'éventuellement faut les retrouver dans la maison, à un endroit où personne ne risque de s'y accrocher, donc, de les retrouver.

3. Prendre note de quelle tablette s'accroche où dans le frigo. Un remaniement refrigéré se gère aussi bien qu'un remaniement ministériel.

4. Ne plus jamais acheter de Miso (pâte de soja japonaise). C'est le deuxième sac que je jette intact après un an de présence sur la tablette. J'haguis ça. Prendre la bonne résolution de maigrir à la place. Ça prend moins de place dans le frigo.

5. À défaut d'amant cochon, mettons la main sur un vaillant torchon.

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