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lundi 18 avril 2011

Mam'zelle KesskadieFaut c'qui faut

Faut c'qui faut, écrivais-je donc.

Ma silhouette s'est encore arrondie avec les bancs de neige (congères), le printemps fait tout fondre, hélas, tout fondre la neige et force est de croire que je ne suis pas faite de glace.

Signal d'alarme : initiative requise, qui flashe rouge non pas sur le pèse-personne, je n'en ai plus. En effet, dans un suprême effort pour tenter de contrôler ma sempiternelle dépression, j'ai renoncé aux négatifs inputs de ma vie : une ou deux copines, le téléjournal, toute autre page du journal que les sports et les arts et spectacles et la balance (dite pèse-personne). Donc, le flash rouge se dévoile quand j'enlève le seul pantalon que je réussis encore à enfiler et que la trace laissée par mes crimes alimentaires est rouge et en plein dans la ceinture.

Merde, comme qui diraient mes copains français.

Alors, on remets ça comme en quarante, toujours comme disent les copains français et je songe à l'exercice physique. Oui, c'est une entorse à ma résolution de ne pas contempler du négatif, mais c'est une mesure d'urgence.

Une copine vient me proposer la piscine. Au moins, on est au frais. Ouais.

Première étape: le maillot de bain. Or, si l'achat d'un maillot est une torture mentale pour l'homo sapiens de taille moyenne, imaginez la taille plus que supérieure.

N'écoutant que mon courage, et regrettant la burka que je n'ai pas, je vais au magasin spécialisé dans les tailles fortes.

Ciel, le premier modèle essayé me va. Je peux coincer tous les amas de chair, supérieurs, médians et inférieurs. Même pas un poil qui dépasse, au propre comme au figuré. Le hic, il est en trois ou quatre épaisseurs, possède une gaine incorporée, des élastiques à l'épreuve d'une pression des hauts fonds pour retenir tous bas fonds, bref, il rajoute un ou deux kilos au poids total que j'apporte à la couche terrestre. Vous connaissez le principe d'Archimède ? Achille Talon ? Et bien, haute probabilité que je fasse le même effet à la piscine, avec la même verve.

Il est hors de prix ? Qui a dit que c'était un argument valable ?

Donc, premier matin. Je veux dire, première aurore.

Je veux bien croire que des milliers de gens se lèvent avant moi, cependant, concernant le 5h30 AM, si j'ai 51 ans et que je n'ai jamais fait partie de cette populace, c'est qu'il y a anguille sous l'oreiller, n'est=il pas ?

Sonnez les matines, Frère Toque, s'il a réussi à se lever, je peux, moi aussi. Sœur Kesskadie, roulez en bas de votre lit et enrobez-vous dans ce très b.. dans votre maillot et continuez la roulade jusqu'à votre auto.

Même le chien est resté couché. C'est vrai que lui, il est poilu, et personne ne lui dit rien sur sa pilosité, on n'a pas la même description de tâche dans la vie.

Je passe prendre la copine qui entre sans dire un mot dans l'auto. Une fonction cérébrale qui se réveille à la fois, l'aire de Broca était pas encore à "on", pas un mot, mais l'hypothalamus et la rate fonctionnant, nous sommes parties en rire comme des folles. Ce qu'il faut être, n'est-il pas, pour ...

La piscine est de longueur olympique. Savez-vous c'est long combien long une longueur olympique? Long comme un jour sans pain pour une grosse madame. Long, longtemps, m'a vous dire. J'ai eu le temps d'épuiser toutes les nages de repos que je connaissais entrecoupées de trois ou quatre brasses de crawl et le temps également de revoir ma vie au complet avant de terminer la première longueur. Il fallait revenir. Heureusement que la graisse aide à flotter et qu'il n'y a pas de temps limite pour la traversée de l'océan du retour.

L'image se coupe.

On voit la même scène de réveil, mais c'est le lendemain matin. Le maillot n'a pas eu le temps de sécher les nombreuses épaisseurs de tissus en 22 heures. Avril canadien, on ne sort pas mouillé dehors. Il faudra enfiler la choses trempée dans le vestiaire à la piscine. Le froid raffermit les chairs, réveille l'esprit rapidement, c'est pourquoi l'hypothalamus et l'aire de Broca ensemble ont fait que le cortex auditif s'est mis à vibrer aux sons gutturaux de Tabarnak d'estie d'câlisse que c'est frette.

Et on remets ça comme en quarante, comme disent les copains français.

Quatre matins sur cinq.

La prochaine fois : l'entrevue pour une job. (en québécois, job est féminin, et repos masculin. On est réalistes par icitte).

mardi 12 avril 2011

AndiamoVenezia




Ça n’est pas tous les jours que l’on fête un anniversaire de mariage, alors ne mégotons pas ! Choisissons la ville la plus romantique qui soit… Mais non pas Hénin-Liétard !


Venezia la bellissima !

Tout d’abord : le voyage ! J’ai beau avoir pris maint fois l’avion, je suis toujours émerveillé !

J’ai horreur des gens blasés, c’est toujours un moment magique, lorsque un appareil de plusieurs tonnes prend son envol !

De même pour mes modèles réduits, je suis toujours étonné de les voir voler, j’en parlais récemment avec le vice-champion du monde de voltige (F3A) Benoit Paysant-Leroux : eh bien, pour lui, c’est la même chose, il a su garder ses yeux d’enfant !

Donc ce joli voyage, temps splendide et survol des Alpes encore enneigées à cette époque de l’année.


Un bel hôtel avec vue sur le palais des doges et la place Saint Marc….


Allez je suis sympa, je vais vous épargner la place Saint Marc et ses pigeons à la con (tiens au fait il y en a beaucoup moins). Une petite partie du palais des doges, entièrement nettoyé, fera l’affaire !


Un petit contre-jour sur l’église de la Salute, un soir en rentrant à notre hôtel, après une journée bien fatigante, à Venise on marche BEAUCOUP, et de plus des centaines de ponts à gravir… Bien sûr ! Rien à dire, on admire…


Je vous le disais plus haut, on marche beaucoup dans Venise, des endroits plus calmes, des petits canaux, des ponts bien romantiques... Ben oui, je suis romantique... Parfois !


Allez un autre !


Au détour d’une ruelle, une boutique…


Ne pas oublier Murano et Burano.

Cette photo je l’ai prise à Burano justement, je n’étais pas “boraccio”, mais je pense sincèrement que les maçons Italiens devraient arrêter le lacrima christi quand ils construisent un campanile !


Les voici les jolies petites maisons multicolores de Burano.



Arrivederci Venezia….

Devant l’hôtel, nous attendons la vedette qui nous reconduira à l’aéroport, quatre jours c’est bien court !

A l’arrière-plan, San Georgio….

mardi 5 avril 2011

Tant-BourrinL'interrogatoire

- Vous ne pouvez pas faire ça, je connais mes droits ! J'exige la présence d'un avocat !

- T'entends ça, Riton ? Monsieur a des droits ! Mais s'il n'y a que ça pour te faire plaisir, je peux t'y faire goûter, à mon droit ! Et à mon gauche aussi en prime !

- C'est... c'est scandaleux ! Je... je... je vais porter plainte et vous entendrez parler de moi !

- Oh mon dieu ! (voix de fausset sur un ton affecté) Monsieur va porter plainte, hou la laaa ! J'ai peuuuur ! Je ne sais pas si je vais en dormir cette nuit ! (reprenant un ton normal) Bon, fini de déconner ! T'as peut-être oublié pourquoi t'es ici ? Tu crois que t'es en position d'exiger quoi que ce soit ?

- Mais... heu... je... je n'ai rien fait !

- Mais ouais, gars, t'as rien fait ! Et on est juste là entre amis pour s'offrir une petite sauterie ! Tu te fous de nous ?

- Non, non ! Et d'abord, arrêtez de me tutoyer, je vous prie, c'est très inconvenant !

- Du calme, Ton Altesse ! Garde tes grandes envolées pour le juge d'instruction ! Et maintenant, tu vas tout nous raconter, bien sagement, et après on pourra aller tranquillement faire dodo !

- Raconter ?... Mais quoi ? Je n'ai rien fait !

- Dis donc, tu manques sérieusement d'imagination dans tes réponses, j'ai déjà entendu ça ! Tu veux vraiment qu'on te rafraichisse la mémoire ?

- ...

- Tu sais combien ça peut te coûter de produire et d'écouler des faux billets ?... Vingt ans ferme ! Alors, si tu veux que le juge soit clément, t'as plutôt intérêt à la jouer conciliante !

- Des... des faux billets ?

- Oui, des faux billets ! Regarde ça ! Et ça ! Et ça ! Et encore ça ! Ça ne te dit rien, Monsieur Tant-Bourrin ?

- Mais... heu...

- Et le fait qu'on t'ait pris en flag', en train de fabriquer le présent billet pour ton blog subversif, ça ne te dit rien non plus, hein ?

- Mais... mais...

- Bon, puisque t'es pas du genre loquace, on va tout te rappeler, et puis après tu vas gentiment signer tes aveux complets ! Alors, depuis bientôt six ans, camouflé derrière une activité de blogueur, tu fabriques et écoules régulièrement de faux billets, prétextant un manque d'inspiration ou dieu sait quoi. Correct ?

- Bin... heu...

- OK ! Note, Riton : Monsieur est d'accord !... Bon, plus de cinq ans qu'on est sur ta trace, mais, à chaque fois, tu la jouais fine et on arrivait trop tard : le faux billet était déjà en circulation et toi, t'étais Sainte-Nitouche-j'y-suis-pour-rien ! Mais là, depuis quelques jours, on sentait que t'allais faire la connerie qu'on attendait : trois semaines sans rien produire sur ton blog, ça crevait les yeux que t'allais te sentir obligé de lâcher un faux billet dans la nature !

- ...

- Rien à objecter ? Et ce faux billet, nous y sommes en plein dedans, hein ? Mais on t'a enfin pris sur le fait, mon salaud ! Il nous reste plus qu'à choper le receleur... A qui tu les refiles, tes faux biftons, hein ?

- Bin... heu... à mes lecteurs, quoi !

- Tes lecteurs ? Ils sont plusieurs, en plus ? Et ils sont où, tes lecteurs ?

- Bin... là ! Regardez : vous voyez ce mur blanc translucide avec des grosses lettres écrites à l'envers ? C'est l'envers de l'écran : les lecteurs sont de l'autre côté.

- Ah ouais ? Tiens, c'est vrai, j'avais pas fait gaffe ! On devine même un peu la forme de leur tête par transparence !

- Heu... vous allez les arrêter eux aussi ?

- Un peu, mon neveu, que je vais les arrêter ! Recel de faux billets, ça va leur coûter cher à eux aussi ! (se tournant vers l'écran et pointant un doigt menaçant) Hep, vous, le lecteur qui êtes en train de lire ce faux billet ! Au nom de la loi, je vous arrête dans votre lecture !

mardi 29 mars 2011

AndiamoLe huitième nain

Blanche-Neige et les sept nains… Foutaise !

Après bien des recherches : j’ai enfin trouvé !

Blanche-Neige dans la forêt avait bien découvert la maisonnette abritant les nains sodomites…

Cela vous surprend ? Allons vous avez grandi ! Sept mecs qui vivent et dorment ensemble, ça ne vous semble pas suce-pets ?... Pardon, suspect ?

A moi, OUI ! Et le plus fort, c’est qu’après moult recherches, aussi opiniâtres que désintéressées, j’ai trouvé ce qu’on nous a toujours caché !

Le huitième nain ! Mais non, vous ne rêvez pas ! Ils étaient huit au départ, quand les Grimm's brothers ont écrit leurs contes à la con !

Seulement, les traducteurs se sont dégonflés !

Récapitulons, comptez avec moi :

1) Prof

2) Timide

3) Atchoum

4) Dormeur

5) Simplet

6) Joyeux

7) Grincheux

Et enfin : Péteux ! Le nain dont même Blanche-Neige avait honte….

Le huitième nain, c’était lui ! Magnanimes toujours, chez Blogbo ! C’est notre sacerdoce, notre Graal, mais aussi notre chemin de croix !

J’en ai compulsé des ouvrages, et enfin j’ai trouvé LE dessin représentant le pauvre paria, j’en ai fait une reproduction aussi fidèle que possible.

(ch'tiot crobard Andiamo 2011)

mercredi 23 mars 2011

AndiamoRoswell

4 Juillet 1947 : 2 heures du matin, un ranch paumé près de la ville de ROSWELL (Nouveau Mexique)

- Merde de merde de merde ! Vraiment, quels bons à rien ces cons de « gris », pas même foutus de piloter correctement un « strump » ! C’est ma faute, je n’aurais pas dû me shooter à la décoction de coquelicots, moi !

Mais c’est vrai que sur cette putain de planète, ils en sont gavés ! J’ai dû m’endormir, et ces nases de gris ont ENCORE fait joujou avec l’inverseur anti-gravitationnel à double pénétration axiale.

On ne peut rien leur confier de sérieux, ça va pour les corvées, vider les gogues, récurer la douche... Mais les trucs délicats : ZÉRO, triple ZÉRO même !

Putain, j’ai pris un sacré coup sur la tronche, moi ! Tous les « gris » sont morts : forcément, ils étaient à l’avant dans le poste de commande, moi bien peinard à cuver ma décoction de coquelicots dans la soute !

C’est quoi ce truc jaune qui nous tourne au-dessus ?

J’y suis : c’est un de leurs « Piper J 3 », une espèce de brouette volante, complètement archaïque, qui leur sert d’avion de reconnaissance, comme ils disent.

Vite, vite, programme de mimétisme ! Voilà, j’ai la couleur de la roche, impossible d’être aperçu.

Ils ont tout ramassé, ces cons de « Terriens ». Quand je pense qu’ils croient dur comme fer que ce sont ces ignares de « gris » qui ont construit le « strump » ! Faut être con tout de même ! S’ils savaient que les gris ne trouveraient pas leur cul, même avec une lampe électrique !

J’ai pu prendre le contrôle de celui qu’ils nomment : Général. Me voilà bien inconfortablement installé à l’avant de leur « command car », direction une vaste zone militaire dénommée : ZONE 51.

Bon… Ne pas paniquer, personne sur Alfolab ne sait où je suis, je me suis éclipsé en douce, afin de me gaver de coquelicots, substance prohibée chez nous ! D’ici à ce qu’on me retrouve, il risque de s’écouler pas mal de décennies (en temps terrestre) !

La vache ! Ils ont fait déplacer LE PRÉSIDENT en personne : Harry Truman ! Quel honneur ! Il me vient une petite idée…

Ça y est, Harry Truman, c’est moi ! Facile, trop facile, ni vu ni connu j’t’embrouille, et ce con de Général qui se met à brailler que LE Président c’est lui !

Il a fallu 4 GI pour le maîtriser, allez HOP, direction l’hôpital psychiatrique… HI HI HI.

Me voilà investi de pleins de pouvoirs, moi, c’est marrant ça ! Je vais m’amuser comme un p’tit fou ! J'vais pouvoir jouer à la guèguerre ! Chez nous, il y a belle lurette qu’il n’y a plus de conflits… Qu’est-ce qu’on s’emmerde ! Tandis qu’ici, putain, ils sont nerveux les garennes ! Pour un oui ou pour un non, c’est bourre-pifs et coups d’satons !

Leur guerre du Pacifique est terminée, tiens au fait : guerre et pacifique sont deux mots qui vont pas bien ensemble… On pourrait en faire une chanson ! J’aurais aimé y participer, deux belles explosions atomiques… Putain, le pétard ! Ils ne mégotent pas ici, il faut tout de même le reconnaitre, tu parles d'un méga barbecue !

Bon voyons, étudions… La Corée, voilà un pays où ça bouillonne, entre les « rouges » d’un coté et les bons « libéraux » de l’autre... Bon, je m’en occupe !


Ça fait déjà 15 ans (terrestre) que je suis là ! Appelez-moi JFK ! La vache, qu’est-ce qu’elle est bonne la blonde rebondie, gaulée comme un paquet de pétards ! Des rotondités partout, fessue à souhait...Pou pou pi dou !

Jackie a bien fait la gueule au début, mais bon…

Ce qu’elle n’a pas su, en 1961, lors de ma visite en France : j’ai pu m’éclipser sous les traits d’ un playboy de l’époque, qui « flirtait » avec la magnifique B B, THE morceau ! Une nuit d’enfer, ah la vache ! Cette planète est formidable, je ne veux plus partir, d’autant que nous, nous pouvons vivre indéfiniment : il nous suffit de changer de corps !

Merdum ! J’ai échoué de peu, ces putains de Russkofs se sont déballonnés devant Cuba ! Dommage, je leur avais préparé un chouette feu d’artifice…

Je les ai un tout petit peu aidés dans la conquête de leur pauvre satellite, je me suis glissé dans la peau de Von Braun, histoire de leur filer un « coup d’pouce », sinon ils en seraient encore à fabriquer des pétards !


Et voilà, ça fait 63 de leurs années que je vis sur cette planète, et franchement il y a de quoi faire, je n’ai pas le temps de m’emmerder !

Et puis le meilleur pour la fin… Je suis venu en France en juin 2008, j’occupais le corps de l’autre instruit : Georges W. Bush, le fils de son Papa. J’ai voulu terminer ce que Papa avait commencé en Irak... Putain, la boulette ! Alors j’ai rencontré en France un petit agité, excité comme une puce, et quand j’ai vu sa moitié… Euh... Je devrais dire son double, vu qu’elle est plus grande que lui, beaucoup plus grande ! J’ai sauté à pieds joints dans la carcasse du nervous garenne, et depuis... Qu’est-ce que je me marre !

Pour les conneries, je vais être honnête : il n’ y avait pas besoin de le pousser beaucoup !




Je pars pour quelques jours à Venise... C'est BIEN la retraite ! Si vous laissez des commentaires, j'y répondrai dès mon retour... Merci !

jeudi 17 mars 2011

AndiamoLa comtoise

François Barroz, bien campé sur ses jambes musclées de montagnard endurci par les années de dur labeur, scrute l’horizon. Il voit monter derrière le pic de la Belle étoile de gros cumulonimbus annonciateurs d’orages, et ici, dans cette vallée du haut Bréda, ça n’est pas bon signe.

Dans le massif de Belledonne, quand l’orage éclate, ça ne fait pas semblant !

Les blés sont mûrs, songe-t-il, je devais moissonner demain avec Etienne, qui sera là avec son mulet… Cet orage va tout foutre en l’air ! Alors, lentement, il lève les bras vers le ciel, après s’être assuré que personne ne passait sur le chemin caillouteux en contrebas.

Ses yeux se révulsent, puis il marmonne une étrange litanie. Un éclair zèbre le ciel au dessus de « Roche noire », puis, lentement, comme aspirés par eux-mêmes, les nuages menaçants se résorbent et disparaissent tout à fait.

Un petit sourire satisfait au coin des lèvres, François rentre chez lui.

En ce début du vingtième siècle, le mobilier est modeste : une grande table, deux bancs, un bahut surmonté d’une crédence dans laquelle sont rangés la vaisselle et quelques ustensiles. Dans le fond de la pièce, une porte donnant sur la chambre, chichement meublée elle aussi.

Seul « luxe », près de la grande cheminée constamment alimentée, trône une horloge : une comtoise.

Ses flancs, en bois de châtaignier, sont généreux comme ceux d’une paysanne ayant mis au monde plusieurs enfants.

Elle est couronnée comme on dit, c'est-à-dire que le sommet n’est pas plat, mais comporte un chapiteau. La sculpture qui l’orne représente un bouc, cornes torsadées comme il se doit, et les pattes antérieures descendent de chaque coté de l’horloge.

Les lourds contrepoids, eux, sont en fonte, ils représentent une pomme de pin, et le joli balancier en bronze oscille au rythme des secondes qu’il égrène.

Ce qui surprend, c’est le silence ! Aucun tic-tac n’accompagne la danse régulière du disque doré.

Cette horloge ne varie pas d’une seconde, se plaît à dire François. L’horloger qui l’a fabriquée, voici plus d’un siècle, a eu les yeux crevés… afin qu’il ne puisse en faire une semblable. Cette horloge a appartenu aux Ducs de Savoie, ajoute-t-il avec un petit sourire narquois !

Bien sûr, aujourd’hui, on dirait : « encore une légende urbaine » ! La plupart des belles horloges présentes dans les grandes villes rapportent toutes la même légende !

Dans ce village blotti dans la vallée qui domine Allevard, on apprécie beaucoup François, un grand gaillard, costaud, toujours prêt à rendre service, souriant, et vaillant comme un mulet !

A son arrivée ici, il y a maintenant une quinzaine d’années, on se méfiait un peu.

Pensez donc ! Un bel homme dans la force de l’âge… Célibataire !

Quelques jeunes filles hardies avaient bien tenté de le séduire, lors des fêtes des moissons, ou de la Saint-Jean. Peine perdue ! Il dansait bien un peu, histoire de ne pas les vexer, mais il préférait s’attabler avec quelques bûcherons, ou paysans comme lui, et discuter de cette république qui décidément n’allait pas très fort, en éclusant quelques chopines d’un blanc de pays, fort âcre et piquant à souhait !

Quand, passant sur le chemin qui longeait sa maison, il apercevait un homme rentrant des champs situés plus haut, il ne manquait jamais de l’inviter à venir prendre un « canon ».

Une étrange impression de malaise saisissait l’invité dès qu’il entrait dans la grande pièce, et tout d’abord cette grande comtoise qui n’émettait aucun tic-tac !

C’est de la très grande précision, expliquait-il, les rouages sont si finement usinés qu’ils ne font aucun bruit, ce qui ne l’empêche nullement de bien fonctionner.

En effet, quand l’œil s’attardait un peu, on remarquait que la grande aiguille sautait d’un coup sur la minute suivante…. L’horloge fonctionnait parfaitement !

Un joli matin de mai, nul ne vit François. C’était un dimanche et, chaque dimanche matin à la sortie de la messe, François rappliquait dans l’unique café du village, s’attablait, alors en compagnie de Joseph, de Pierre, de Félix ou autre, il commandait une bouteille de vin bouché, c’était toujours lui qui régalait.

- Bah ! J’n’ai point d’bonne femme qui m’bouffe mes sous, alors j’peux ben vous en faire profiter, disait-il immanquablement !

On riait de bon cœur, puis on trinquait à la bonne santé.

Donc ce dimanche-là : point de François !

On s’interroge ; on s’inquiète ; on se met en route pour son logis.

La grande pièce est meublée, rien n’y manque, le balancier de la belle comtoise oscille comme à son habitude… Dans le silence.

Les jours ont passés, François n’est jamais reparu. Les gendarmes sont « montés » depuis Allevard, ils ont interrogé les habitants, nul n’a su dire ce que François était devenu.

L’enquête a conclu à un accident.

- Bah ! Il aura voulu aller taquiner la truite, aura glissé, puis se sera noyé dans le Bréda !

Le Bréda c’est le torrent qui descend la vallée à laquelle il a donné son nom, puis va se jeter dans l’Isère, à proximité de Pontcharra, dans la riante vallée du Grésivaudan. Cette généreuse vallée circule entre les massifs de Belledonne, Chartreuse et Vercors.

Certes la mairie n’est pas bien grande, a déclaré Antoine Ruaz le maire, mais ce serait bien de récupérer l’horloge, puisque ça fait maintenant deux ans que François a disparu, ainsi elle servirait à tout le monde ! Et puis, si par hasard un héritier se présentait, on la lui rendrait !

Cette proposition fit l’unanimité. Sans perdre de temps, deux hommes forts de la commune partirent chercher la comtoise.

Ils la soulevèrent, encouragés en cela par quelques curieux venus assister au spectacle.

Bien que personne ne s’en occupât depuis deux ans, elle fonctionnait toujours !

Charles et Félix soulèvent à grand peine la belle horloge, puis la portent comme on le ferait pour un cercueil. Charles descend le perron à reculons… Soudain son pied manque une marche, il titube, perd pied, part à la renverse, n’a que le temps de s’agripper à la rambarde pour ne pas s’affaler !

La comtoise choit lourdement, le bois éclate, le balancier se décroche, émet un bruit cristallin en heurtant une marche, le boîtier contenant le mécanisme s’ouvre…

Il est vide ! Aucun rouage, aucun ressort, nulle trace de pivots ou d’axes… Rien !


Mars deux mille onze, tout en haut d’une tour de la Défense, François Barroz, P.D.G de la « Time box corporation Ltd. » regarde Paris qui s’embrase dans le couchant, un spectacle qui l’enchante, et dont il ne se lasse pas.

Dans son dos, une pendule « design », comme on dit aujourd’hui, affiche l’heure d’une manière très « digitale ». Au-dessus, juste au-dessus, une tête de bouc très stylisée, en inox brossé du plus bel effet….




Marie de cabardouche avait publié, il y a un petit moment, un billet relatif aux comtoises. Ce billet m’a inspiré cette petite histoire.

samedi 12 mars 2011

Tant-BourrinLes Blogbobandes dessinées (5)

Quand on a la main, on ne lâche pas l'affaire : voici déjà la suite des aventures de nos petits miquets de service ! Pour les retardataires, le début des aventures peut être lu , , et itou...

Le tout, je le rappelle, est réalisé sous assistance respiratoire informatique sur

Allez, on se fait un petit strip !




Saoul-Fifre : tout ça, c'est que du vent !


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Tant-Bourrin : des vers de mille étrons


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Andiamo : gagnant de l'auto


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Mam'zelle Kesskadie : intérêt à long terme


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Saoul-Fifre : Râ pas lovely


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Tant-Bourrin : c'est la chute finale


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Andiamo : rabbit ? rap it !


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Mam'zelle Kesskadie : sleeping beautyron


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