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samedi 9 septembre 2006

Saoul-FifreManne, ondée, source...

En Juin, ils étaient en fleurs et aujourd'hui, la récolte s'annonce prometteuse. En Juin, je plaisantais à demi, mais aujourd'hui, je me demande si il ne faut pas que je songe sérieusement à une reconversion dans les figuiers de Barbarie.

Nous avons eu une sécheresse de printemps incroyable, du jamais vu, et les céréales n'ont rien donné. Certains de mes voisins ont même estimé que la récolte ne payerait pas la moissonneuse, et ils n'ont pas appelé l'entrepreneur. La récolte moyenne dans mon quartier a été de 1 Tonne à l'hectare. Le prix de la semence traitée, certifiée, étant plus de 3 fois supérieur à celui de sa sœur destinée à la consommation humaine, cela revient, en valeur, à semer 650 kg pour en récolter 1000... Même au Moyen-Age, les serfs avec leur araire en bois faisaient plus efficace. Bon, y avait les périodes de famine. Disons que nous sortons d'une année de disette, comme en 1788, et n'en parlons plus. Sans aller jusqu'à prendre l'opéra Bastille, on va juste tous voter José Bové et nous torcher avec les rideaux de la république jusqu'à ce qu'on s'occupe un peu sérieusement de cette histoire de réchauffement de la planète qui commence à nous chauffer les oreilles.

Mais putain, ceux qui ne pensent qu'au fric et à leurs petits intérêts minables peuvent comprendre qu'il y a un paquet d'investissements les pieds dans l'eau, et que si le niveau des mers monte, va falloir de sacrément grandes bottes pour aller encaisser les bénéfices ?

L'eau, y aura toujours la même quantité d'eau sur la planète, c'est pas ça le problème. Elle va pas s'envoler dans l'espace comme les bulles de whisky du capitaine Haddock. Mais si elle est en majorité sous forme salée, l'addition aussi va être salée, quand on va vouloir la boire ? Nous autres, on boira du pinard, on se fera une tendre violence, mais les anciens alcoolos encore fragiles et les musulmans, les pauvres ?

En attendant, ici, la pluviométrie s'installe dans un statut virtuel. Oui, les vieux s'en souviennent, il existait "dans les temps" un phénomène météo appelé "pluie", une espèce d'eau humide qui mouillait en tombant du ciel, d'accord, ça me dit vaguement quelque chose, mais là, niet, kaputt, fini, a plus du tout la ... "pluie", comme vous dites, vous les gros malins.

Ici, les arbres et les plantes sont courageux, ils creusent profond pour trouver l'humidité, et ils ont la patience d'attendre le jour où la pluie viendra . Ouais, mais il faut que la pluie vienne, ya un minimum, quand même. Aujourd'hui, j'ai attaqué la récolte des amandes. Au printemps, j'avais une quantité d'amandons que je qualifiais de moyenne. La moitié n'ont pas réussi à se nourrir. Ils sont restés secs, tout plats à l'intérieur de la coquille... Deux arbres supplémentaires n'ont pas passé l'été, définitivement morts. Cinq ou six ont les feuilles rouges, n'allez pas me dire que c'est signe d'une santé de fer ? Des arbres que Margotte et moi avons planté de nos propres et douces mains, positivement mis au monde, si c'est pas un crêve-cœur, de voir ça ? Ils sont costauds, ils en veulent, nos arbres, je connais un amandier qui a poussé tout seul en haut d'un gros rocher. Patiemment, sa racine a foré la pierre jusqu'à trouver un peu de sol. Un jour en labourant, j'ai soulevé une grosse dalle de calcaire de 40 cm d'épaisseur. Un plant de luzerne avait fait son trou à travers ! Sa racine n'a pas calé, pas cherché à faire le tour, elle s'est mise à sécréter des acides de son invention et a choisi la voie la plus courte : la ligne droite jusqu'au centre de la terre.

Ils sont durs à la tâche, sobres, mais il leur faut un peu d'eau. Pas beaucoup, mais un peu, un petit peu d'H2O pour s'amuser avec leur boite de Petit Chimiste Organique. C'est trop demander, ça, merde ?

Là, je crois vraiment qu'il faut aller chercher du côté des plantes-chameaux. Celles qui stockent le peu d'eau qui tombe encore dans un réservoir vraiment fait pour, thermo-isolé, imperméable, genre cactus, plantes succulentes, figuiers de Barbarie... S'adapter ou crever. Je sens un gros con de maillon sur la grande chaîne de l'évolution qui est comme qui dirait en train de salement se fragiliser.

Et le désert avance, sans prêter l'oreille à la dure-amère chanson d'Azima

vendredi 8 septembre 2006

ManouPetite suée


08h03m02s Je franchis le seuil du bureau.
08h03m08s Je hisse mon sac à main sur le caisson.
08h03m12s J’allume le PC.
08h03m58s Mon PC plante.
08h04m00s Je sue.
08h04m15s J’éteins et rallume mon PC.
08h04m37s Mon PC plante.
08h04m38s Je me décompose calmement.
08h07m04s En réponse à mon appel, la hot line informatique me donne généreusement un numéro de dossier.
08h10m11s J’opte pour le tri drastique de mes dossiers papier.
09h01m07s Un collègue bricoleur propose une manipulation du disque dur.
09h05m22°C Téméraires, nous démontons le PC puis tentons de multiples combinaisons avec un autre PC, sans succès.
09h47m178s La hot line personnifiée en la personne de Mr L prend en charge mon micro significativement décoiffé.
10h91m@2s D'un autre poste, j’entreprends de m’informer de la dernière sauvegarde effectuée sur serveur. Comme je le crains, elle date de juin. Je me liquéfie sans un mot. Mes voisins ne profiteront pas de mon profond désarroi.
12h44cts A l'instant où je me convaincs qu’il n’y a pas mort d’homme, Mr L appelle :
- Mme Manou ?
- Oui ?
- Je vous appelle à propos de votre disque dur.
- O … u … i …?
- On a tout perdu.
- Quelle horreur !
- Non, c’est une blague (excellente au demeurant), je vous ramène votre micro en début d’après-midi.
15h0007 J'allume un cierge à Mr L, bénis la hot line et entame une longue série de sauvegarde, de gravage de CD, etc….
La journée peut commencer.

jeudi 7 septembre 2006

Tant-BourrinGrosse patate pourrie

Je l'aime pas, ma nouvelle maîtresse, c'est une grosse patate pourrie.

Je l'aime pas depuis le premier jour de la rentrée où elle m'a punie parce que je chahutais avec Khalil et Dylan. "J'exige de vous que vous ayez une conduite irréprochable", qu'elle a dit. J'l'aime pas, elle est vieille, elle est moche et pas gentille.

Le jour d'après la rentrée, elle m'a chopé en train d'envoyer une boulette de papier mâché en soufflant dans mon stylo bic et elle s'est mise à me gronder. Elle m'a filé cent lignes à faire et m'a amené chez le dirlo. C'est une grosse patate pourrie.

En plus, elle s'appelle Mme Duchon. C'est moche comme nom ! Moi, je l'appelle Mme Dunichon ou Mme Cochon pour faire marrer les copains. Elle, par contre, ça l'a fait pas rire : elle m'a entendu l'autre jour et là, ça a sacrément gueulé et j'ai dû passer la fin de la matinée dans le coin de la classe. Et depuis, je l'aime encore moins que pas du tout.

Et hier, quand j'ai levé le doigt et que j'ai dit que j'avais envie d'aller pisser, elle est devenue toute rouge et m'a fait tout un cinéma, comme quoi il faut pas dire "pisser" mais "aller aux toilettes" en ajoutant "s'il vous plaît Madame". Comme si c'était à elle que ça plaît quand j'ai envie de pisser ! Et puis elle a ajouté que ça allait pour cette fois mais que c'était la dernière, que je n'avais qu'à prendre mes précautions et que la prochaine fois, elle me laisserait me faire pipi dessus et que ça m'apprendrait. Je suis sorti de la classe et les copains se foutaient de moi et ça m'a pas plu du tout.

Une fois dans les chiottes, j'ai eu le temps de réfléchir à la façon de me venger de Dunichon, surtout qu'en fait j'avais pas du tout envie de pisser, c'était juste histoire de sortir de la classe. J'ai regardé autour de moi pour trouver une idée. Dans le bâtiment des chiottes, à côté des trois cabines, j'ai vu la porte du placard à balais de Momo.

Momo, c'est celui qui travaille à nettoyer les salles de classe. Comme il est à moitié débile, je pense qu'il coûte moins cher et d'ailleurs, avec les copains, on passe notre temps à se fiche de lui. Enfin, un peu et pas de trop près, parce que le Momo, il peut devenir méchant : l'autre jour, il a couru avec son balai après Lucas qui l'avait traité, et Lucas, il en menait pas large.

Le truc cool avec Momo, c'est que la moitié du temps, il oublie de fermer à clé son placard à balais et qu'avec les copains, on vient s'y amuser à la récré avec tout le fourbi qu'il y a dedans.

Et là, justement, j'ai vu que le placard était ouvert, et j'ai regardé dedans. Et là, j'ai trouvé une super idée en voyant le seau en plastique de Momo : j'allais faire à la maîtresse le coup du saut sur la porte !

J'ai pris le seau, j'ai versé dedans les deux bouteilles d'eau qu'il y avait dans le placard, et j'ai réussi à mettre le seau en équilibre sur la porte entrouverte en montant sur le lavabo. Cinq minutes après, j'ai vu la Dunichon qui sortait de la classe et se dirigeait vers les toilettes, l'air très en colère. Faut dire que ça faisait un bon quart d'heure que j'étais sorti et qu'elle devait se demander ce que je faisais. Je suis sorti par la petite fenêtre sur le côté du bâtiment des chiottes, histoire qu'elle ne me voit pas, et j'ai attendu le bon moment pour courir vers la classe pour aller me rasseoir, histoire que personne sache que c'était moi qu'avais fait le coup.

J'étais en train de courir quand j'ai entendu le cri de la maîtresse derrière moi. C'était un drôle de cri, comme si elle avait très mal. Elle devait être sacrément en pétard pour hurler comme ça, je me suis dit.

Quand je suis rentré dans la classe, tous les copains étaient le nez à la fenêtre, à regarder pourquoi la maîtresse hurlait en courant et en se tenant le visage dans les mains. Et puis les autres maîtres et maîtresses sont sortis, tout le monde avait l'air de s'affoler. Et puis un peu plus tard, les pompiers sont arrivés et ont emmené la maîtresse dans leur camionnette. Les copains étaient vachement contents : c'est pas souvent qu'on voit les pompiers d'aussi près. Et en plus, il n'y avait plus de maîtresse et on pouvait faire le chahut !

Par contre, ça s'est gâté pour moi après : la police est venue à l'école et ils ont posés des questions aux copains. Il y en a qui ont dû cafter et dire que c'était moi, et, après ça, je me suis fait gronder très très fort, comme jamais je m'étais fait gronder.

Et puis on m'a amené chez les policiers, ma mère est venue, elle a pleuré et m'a grondé très très fort elle aussi. Et on m'a dit que demain je vais voir le juge pour enfant.

Il paraît que ce n'était pas de l'eau qu'il y avait dans les bouteilles, mais de la soude post-it ou quelque chose comme ça, un truc à Momo qu'il utilise pour déboucher les chiottes quand y'en a besoin. Et il paraît aussi que la maîtresse, elle serait toute défigurée, mais j'ai pas pu voir encore.

De toute façon, je m'en fous, je l'aime pas. C'est juste une grosse patate pourrie.

mercredi 6 septembre 2006

EpicteteRéflexion du 6 Septembre 2006

Se livrer à une pratique spirituelle, c’est forcer son esprit à obéir à un modèle imposé par un autre.

mardi 5 septembre 2006

Saoul-FifreSi

Si la médecine
Faisait moins de bruit,
La pénicilline
Mourrait dans la nuit.

Si les pénélopes
Allaient au bordel,
Le mot de "salope"
Les mettrait hors d'elles.

Si les véhicules
Faisaient de la bile,
Toutes les vésicules
Quitteraient la ville.

Si les canonnières
Buvaient des canons,
Les marchants de bière
Seraient au cabanon.

Si la présidente
Était fille publique,
J'irais lire Dante
Dans sa raie publique.

Si les mecs en taule
Ont capitulé,
C'est qu'au Capitole,
Eux, ils ont du lait.

Si l'œuf de colombe
Était trop opale,
Ce serait une bombe
Sur le Christ au bal.

Si la clarinette
Jouait plus obscur,
La petite rainette
Partirait en cure.

Si l'électrophone
Chantait Giraudoux,
Chez ma nièce aphone,
Moi, j'irais tout doux.

Si la Forêt noire
Couvait des grizzlis,
Adolf, en peignoir,
Resterait au lit.

Si purpre la gourme
Rovait l'agre tulne,
garsinnate l'ourme
Soulanerait l'ulne.

Si les couvertures
Demain faisaient grève,
Chérie, la toiture
Verrait tous nos rêves.

Si la camelote
Était interdite,
Certain que sa côte
Monterait très vite.

Si la marguerite
Perdait ses pétales,
Riraient les guérites
Connes et génitales.

Si son frigidaire
Avait des orgasmes,
Ce vieux milliardaire
Aurait bien moins d'asthme.

Si l'hebdomadaire
reçoit quelques bosses,
C'est le ministère
Qui le trouve trop rosse.

Si la poésie
Rendait l'âme en teigne,
Par La Boëtie,
Je prendrais une beigne.

Et si Tant-Bourrin
S'inscrit à Vincennes,
C'est la course obcène
D'un grand broute-en-train !

lundi 4 septembre 2006

ManouINDE 1991 (1)

Pour contourner l'inhibition psychomotrice, accompagnée de dégoût de la vie, de tristesse, de sentiments de culpabilité, d'idées de suicide (cf dépression -Dictionnaires SUCCES 1987-), je me suis offert un scanner permettant de numériser les diapositives.

1991. Retour en Inde, au Rajasthan plus exactement. Le pays est pauvre. J’ai ressenti le même choc qu’au GUATEMALA devant le dénuement, les couleurs, les odeurs prégnantes. Quelques photos (à vous de trouver l'intrus) :










dimanche 3 septembre 2006

Tant-BourrinFragrances seine-et-marnaises

En ouvrant un vieil album de photos, je suis reparti, l'autre jour, une vingtaine d'années en arrière, à cette époque où je découvris pour la première fois le monde professionnel dans le fin fond du Sud seine-et-marnais.

Trois années exaltantes à vivre des expériences humaines inédites et à profiter, jeune célibataire que j'étais, de la vie culturelle foisonnante de Montrou-Bouillonne (nom de ville légèrement maquillé, les connaisseurs auront reconnu de quel bled il s'agit).

Bon, je débranche le générateur d'ironie. Je me suis fait chier comme un ragondin crevé pendant trois ans dans un trou désespérant cerné de champs de betteraves et de corbacs, à faire un boulot tout aussi désespérant.

Et comme il fallait bien occuper les week-ends, il m'arrivait de me balader dans les villages alentours avec mon vieil appareil photo et d'immotaliser en noir et blanc la sublime beauté qui constituait alors mon environnement quotidien.

Voici une petite sélection de clichés. Je les avais proposés au Syndicat d'initiatives de Montrou-Bouillonne mais, mystérieusement, ils avaient été refusés. Bizarre, non ?


Cliquez sur les images pour les agrandir


Le monument aux morts de je ne sais plus où par grand beau temps. Youpi, y'a d'la joie !


Un pittoresque petit café et sa terrasse bondée. Ça donne envie de s'arrêter, non ?


Waterloo et sa morne plaine sont enfoncés !


Avec des tas d'bett'raves pour uniques montagnes, et de noirs poteaux comme mâts de cocagne...


Un microclimat exceptionnel !


Des sites touristiques à vous couper le souffle !


Profitez de l'offre exceptionnelle d'abonnement à Canal moins !


Le plus dur est de résister à l'envie de se jeter à l'eau...


Un environnement préservé !


Service de location de voiture envisageable...


Mais au milieu de ce noir et blanc grisailleux, c'est aussi pendant ces trois années que j'ai rencontré Tant-Bourrine...

Tant-Bourrine sur fond de Seine-et-Marne paradisiaque...

... et depuis, je ne prends plus que des photos en couleur ! :~)

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