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lundi 19 octobre 2015

Saoul-FifreFais donc un saut à la droguerie

Allez, je reviens vous raconter des bribes de ma vie passionnante. Ma boite mail étant saturée de commandes pour le produit "La vraie vie", faut peut-être que je les transmette au service "Livraisons". Mais on va lisser les expéditions, hein, trop d'un coup, le service "Production" risque de ne pas suivre, ça va pas fort en ce moment, machines obsolètes, grèves à répétition, départs en retraite massifs, bugs informatiques intempestifs, la rentabilité n'est pas au top, moi je vous le dis et c'est pas la peine de leur mettre la pression, ils s'aplatissent et pis c'est tout.

Hier la belle-doche est revenue de la clinique, ça c'est plutôt une info pour Anne. Anne ? C'est une de nos fidèles commentatrices. Oui bon je vous parle d'un temps que les moins de trente mille ans ne peuvent pas connaitre, on peut pas dire que nos réponses à ses interventions actuelles nous bouffent trop de temps de loisir mais c'est une ancienne et puis elle a un espion, le bon Bof, qui la prévient dès qu'on tape ici le mot "chèvre" et là elle rapplique illico, assimilez cette attitude zarbi à de la formation professionnelle continue, en gros.

Donc Ma'ame Denise se fait ramener au château (en ruine) par le carrosse (l'ambulance) et princesse Margotte m'envoie au burg, muni des derniers parchemins de son mire, pour l'approvisionnement en onguents et décoctions diverses, chez la pote Hicaire. Je dis la pote car un large sourire éclaire son visage à chacune de mes entrées dans son officine, on est dans son trombinoscope des bons clients.

J'aime pas les pharmaciens. Et je déteste aller dans une pharmacie. Margotte le sait très bien et si elle m'y envoie quand même, je suppose que c'est dans un but thérapeutique, pour me faire "travailler" sur cette obsession peu constructive en espérant qu'un jour elle se débloque ? Je n'envisage aucune autre explication. Non ? Vous croyez vraiment qu'elle me demande d'y aller par pur vice, juste pour me faire chier

Rhoooooo laaa ssaaa looo peu ...

Enfin : j'avance et sans besoin de sésame (mais ils doivent en vendre du bio dans leur espèce d'épicerie pour malades) la porte en verre s'ouvre toute seule, il faut dire que ceux qui viennent ici sont tous de grands fragiles à qui il faut éviter tout effort.

Mon nom est "sobriété" quand j'entre chez ces empoisonneurs légaux. Je tends les ordonnances de Denise et sa carte "Indispensable" sans prononcer un seul mot. Mais la commerçante ne l'entend point de cette oreille et m'abreuve de questions auxquelles je ne pige que pouic et me noie sous des précisions dont je n'ai rien à fiche. Elle cherche à me faire compatir à ses petits soucis d'approvisionnement, je la dévalise semble t-il, pourvu qu'elle n'appelle pas les flics, elle me parle de génériques, sans doute une cinéphile, de doses, elle en tient une bonne, c'est certain, de gratuité possible en s'attachant plus à l'esprit qu'à la lettre de l'ordonnance et là je hausse légèrement le sourcil pour l'encourager dans cette direction, conscient d'être le dépositaire momentané des intérêts de ma belle-mère.

Elle disparait longuement dans l'arrière boutique, pour se tripoter la pastille, j'imagine, et revient avec une tripotée de boites de médocs haute comme le Ventoux d'un air de dire "Voilà ce que je branlais, espèce d'obsédé..." et c'est vrai que j'en avais jamais vu autant d'un coup sur son comptoir, de boites, un quart de son stock, à vue de nez.

La belle-doche va vraiment pas bien, j'ai l'impression.

Pendant que j'attendais ma commande, une dame rentre avec un bébé. Le bébé est à califourchon sur un horrible camion en plastique flashy emmanché d'une canne que pousse la mère. Au centre du volant ya un klaxon deux tons et le bébé appuie dessus sans se lasser. Le son est insupportable, vrillant, mais pas un client ni aucun vendeur ne bronche. On est polis, c'est un gosse, on prend sur nous, on n'en pense pas moins, on zieute quand même du côté de la mère qui pourrait s'en occuper, quand même, cette grosse conasse, non mais tu crois que ton gnome va devenir Arthur Rubinstein en lui faisant écouter deux notes en boucle ???

Le gosse s'éclate vraiment à appuyer sur son bouton, nous avons affaire à un authentique sérial pousseur, il est concentré sur son étude de Sor mais une étude à deux notes, vous voyez ? Ce môme joue avec nos nerfs donc avec sa vie, l'ambiance devient crispée, on se supplie des yeux pour savoir qui va intervenir, l'emplafonner, étrangler sa mère enfin il faut absolument que l'un des deux paye pour cette torture que nous subissons.

Et puis entre deux bla-blas de ma potarde, je baisse à nouveau le regard vers le Mozart en herbe : parti, le virtuose ! Je cherche la mère, on a fini de la servir et elle est sortie elle aussi !

MAIS LE BRUIT CONTINUAIT !!!!

Alors là je peux vous dire que la parole trop longtemps contenue s'est libérée dans la pharmacie !

- Mais où il est le petit ?
- Et la mère ?
- Mais alors d'où vient ce bruit qui nous casse les oreilles depuis dix minutes ??
- Il faut absolument le faire cesser de suite ! Mais c'est dingue, ça !
- Mais je vais craquer, je supporte plus !

Et là, une dame a fouillé calmement son sac, en a sorti son portable en disant : "Oups, c'est le mien, il est nouveau et je ne suis pas encore habituée à la sonnerie..."

Le pauvre gosse appuyait effectivement sur son klaxon, je le voyais bien, il était juste à côté de moi, mais aucun son n'en sortait ...

'tain, c'est la dernière fois que Margotte m'envoie à la droguerie !

mercredi 14 octobre 2015

AndiamoLa rentrée... (selon Anatole France)

Autrefois, il y a longtemps, et c'est si loin, mais je m'en souviens comme si c'était hier.

La rentrée se faisait le 1er octobre, après deux mois et demi de grandes vacances... Point de mixité à l'époque tu penses : d'un côté les filles, de l'autre les garçons !

Dans la cour ceinte des murs de classes tout gris, déjà les feuilles des catalpas jonchaient le sol, et cet arbre nous offrait de jolis "casse-têtes". Mais oui tu sais ces grands trucs durs (là j'en vois qui se marrent) qui ressemblent à des haricots verts ! Et bien c'est le "fruit" du catalpa, un don du ciel, les bagarres à coups de casse-têtes, nous étions les Sioux défendant leur peau contre les Yankees.

Dans cette cour nous retrouvions les copains de l'année précédente, à l'époque à l'école nous nous appelions par notre patronyme, et non par le prénom, les instits aussi nous appelaient par notre nom, lui c'était M'sieur ou M'dame si c'était une Dame bien entendu.

Je n'aimais pas la rentrée, je n'aimais pas l'école d'une façon générale ! Pas plus que le caté ou le patronage, fusse t-il curé ou laïque, je préfèrais la rue et mes copains, ceux avec les genoux cagneux, et des lance pierres dans les poches, ceux avec des billes, et des pauvres colts de cow-boys faits de bric et de broc, des traîneaux avec quatre roulements à billes en guise de roues (pas des Timken, les roulements), enfin la vraie vie, celle de l'immédiat après guerre (la seconde bande de nazes, je vous vois venir).

J'en ai noirci des pages de :"je ne dois pas bavarder en classe", "je ne dois pas apporter de billes en classe" quand par malheur en tirant un tire moelle de ma glaude, je faisais tomber la bille qui me vaudrait la crampe de l'écrivain ! Et les potes qui s'esclaffaient...

Dans la cour on s'inquiétait : "tu crois Martin qu'on aura le père Patard ? C'est une peau d'vache ! Ou la mère Brindille quelle fumelarde ! J'aimerais bien avoir M'sieur Duglot il est gentil...

Le dirlo sifflait la rentrée des classes, silence religieux, t'avais pas intérêt à moufter ! Tous alignés dans la cour il énonçait les noms des élèves, ainsi que l'instit qu'ils auraient à supporter durant une longue, longue année.

Nous rentrions en rang par deux, avant d'entrer on prenait "les distances", un bras tendu nous séparait du pote de devant, un autre bras à gauche pour celui d'à côté ! Ben oui je vous vois écarquiller les gobilles, ça rigolait pas à l'époque.

En entrant, on restait debout, bousculade afin de se placer à côté de son pote, des équipes se formaient,je n'aimais pas trop "le calcul" alors je me collais près d'un costaud en divisions, et je lui permettais de copier ma dictée, OH ! Je n'étais pas un foudre, mais je n'étais pas trop mauvais, il y avait pire !

Enfin l'instit nous demandait de nous asseoir, puis c'était la leçon de morale, suivie d'un commentaire que nous devions écrire juste sous la date du jour.

Immanquablement le premier jour de la rentrée nous avions une dictée... Toujours la même ! Un extrait d'un texte d'Anatole France : "Le livre de mon ami", l'extrait s'appelle LA RENTREE.

Je vais vous dire ce que me rappellent, tous les ans, le ciel agité de l'automne et les feuilles qui jaunissent dans les arbres qui frissonnent, je vais vous dire ce que je vois quand je traverse le Luxembourg dans les premiers jours d'octobre, alors qu'il est un peu triste et plus beau que jamais, car c'est le temps où les feuilles tombent une à une sur les blanches épaules des statues. Ce que je vois dans ce jardin, c'est un petit bonhomme qui, les mains dans ses poches et sa gibecière au dos, s'en va au collège en sautillant comme un oiseau. Ma pensée seule le voit, car ce petit bonhomme est une ombre : c'est l'ombre du moi que j'étais il y a vingt cinq ans.

Voyez vous Anatole France était né en 1844, vraisemblablement il traversait le jardin du Luxembourg étant enfant vers 1854 soit 95 ans avant moi ! Et bien nos rentrées des classes n'étaient sans doute pas très différentes à près d'un siècle d'écart ! Aujourd'hui entre mes enfants et leur rentrée, et les minots d'aujourd'hui, il y a un monde ! Et pourtant seulement 34 ans les séparent.

Cherchez bien je suis sur le Daguerréotype !

Petite remarque : sur cette photo nous sommes 41, et il y avait des absents !

vendredi 9 octobre 2015

FrançoisePetites scènes d'un monde très con...necté

Déjeuner avec une amie. Son bureau m'envoie un mail de confirmation : date, heure, lieu du rendez-vous. Fabuleuse organisation ! Le jour dit, j'attends au resto, patiente vingt minutes, puis lui envoie un SMS.

Son téléphone est sur messagerie. Une demi-heure plus tard, texto navré : « Je suis atterrée, je t'ai complètement zappée, mon smartphone ne m'a pas envoyé le rappel de RV et je suis à l'autre bout de Paris !»

Finalement, les trous de mémoire dont se plaignent tant de gens en redoutant la maladie d'Alzheimer viennent peut-être seulement de cette habitude de confier leur agenda à des machines, en oubliant d'exercer leur propre mémoire, qui mollit faute de servir. Comme les muscles...

Arrêt dans une supérette à la recherche d'un en-cas rapide. J'opte pour le plus basique, a priori sans surprise : « mini-sandwich jambon/emmental pour enfant ». Je m'attends à y découvrir malgré tout de l'amidon, des exhausteurs de goût, du sucre inutile, quelques E... quelque chose, mais suis tout de même restée rêveuse devant l'avertissement : « Peut contenir des traces de poisson, crustacés, céleri et sésame. Ils les préparent sur des couvercles de poubelle, les sandwiches ?

File d'attente au cinéma. Devant moi, un homme donne à une amie des nouvelles de ses enfants : « Mon fils aîné est designer, le second graphiste et le dernier fait des études de photographie ». L'amie révèle que sa fille est elle-même infographiste et son fils apprenti-comédien. Allons-nous vers un monde exclusivement artistique et culturel ? Joli rêve- make art, not war- qui se heurtera au mur du réel s'il n'y a plus d'ouvriers pour fabriquer les ordinateurs, appareils photos ou pigments pour la peinture nécessaires aux artistes, ni de médecins pour soigner leur dépression existentielle, ou de paysans pour leur permettre de se remonter le moral devant une bonne bouffe arrosée de bon vin, vu que ces choses là ne poussent pas spontanément.

Guichet de banque : « Je viens chercher mon chéquier, j'ai reçu un mail disant qu'il est à l'agence. » La préposée scrute son écran : « Ah non, il n'est pas arrivé » -Pourriez-vous regarder tout de même ? - Ben non, puisqu'il n'est pas arrivé... -Ben si, puisque on m'a annoncé sa mise à disposition. » De mauvaise grâce, elle ouvre un tiroir, et y trouve le chéquier. La confiance aveugle dans l'informatique « plus fiable que l'esprit des hommes » a eu des conséquences autrement plus graves dans les années 1990, provoquant trois crashs aériens... là où l'avionneur promettait facilité et fiabilité.

Une Fbookeuse, comblée sur sa page de « like », «t'es sublime », « je t'M », « Superbe ! » « bisous ma chérie » et autres louanges dithyrambiques, et qui distribue elle-même des mots doux en pagaille, se demande dans la vraie vie si ses a-mis/mants/moureux l'aiment vraiment tant ils lui accordent peu de tendresse. J'ai alors pensé à cette jolie phrase du dessinateur Gébé : « Les femmes débordent de tendresse, alors les hommes oublient souvent de leur en donner. Penserais-tu à donner à boire à une source ? » et je me suis demandé si FB, en débordant de superlatifs positifs et « likeux » ne crée pas l'illusion d'un monde aimant, qui débouche au réel sur de vraies solitudes...

(Ch'tiot crobard Andiamo)

dimanche 4 octobre 2015

BlutchAutour d'une petite chapelle

La toute petite chapelle de Célestine m’a donné l’idée d’un billet sérieux (pour une fois j’implore votre grande Clémence (si ce n’est pas son jour de congé)).

Pourquoi les églises nous provoquent-elles des émotions qu’on ne retrouve dans aucun autre bâtiment laïque, si grandiose peut-il être ?
Pour répondre à cette question, il faut faire un saut de 10 mille ans à peu près, c'est-à-dire aller au début du Néolithique.

Qu’est-il passé dans la tête de ces gens pour déplacer des pierres énormes comme par exemple le menhir de Lokmariaker avec ces 20 mètres de longueur et pesant 347 tonnes. Il y a peu de chance qu’il ait été dressé en guise de porte étendard ou comme borne géométrique…

Alors….

Il y a manifestement des raisons ésotériques pour l’avoir fait, puisque c’est bien connu que la foi déplace des montagnes…

Sous les menhirs isolés, on trouve (presque) toujours une faille géologique et un courant d’eau souterraine qui se croisent. En géobiologie, on remarque, à proximité des menhirs, des accidents dans les mailles du réseau Hartmann (réseau d’énergie qui quadrille la terre comme une grille géante de mots croisés), une énergie dans le lieu qui peut être forte, faible, négative ou positive, mais jamais « normale ».



C’est que ces menhirs ont été posés là dans des buts précis.

- Soit ils épinglent une énergie pathogène afin de circonscrire ses nuisances.

- Soit ils excitent l’énergie du lieu pour en augmenter l’amplitude.

- Soit ils sont des points sur une ligne géodésique qui traversent l’Europe et dont on n’a pas la moindre idée de leur méthode de calcul pour avoir ainsi tracé une ligne droite sur des centaines de km et toujours sur la même latitude.

- D’autres fonctions, dont on a perdu la trace, pouvant encore y être associée.

On ne s'approche pas d'un menhir comme d'une table de bistrot. Je connais un menhir vers Bevaix (Suisse) qui a une énergie très dévitalisante lorsqu'on l'approche sans précaution, mais lorsqu'on respecte un rituel, un chemin à parcourir, il nous donne une toute autre énergie.

Certains menhirs entraient dans les rituels du culte aux divinités de l’époque, dont Gaïa (ou Ge), la déesse mère de tous les dieux qui lui ont succédé. Certains pisse-froid des religions actuelles feraient bien de se rappeler que le Dieu primitif était une femme :-). Chez les catholiques, c’est Marie qui occupe la place de Gaïa au Panthéon chrétien.

Mais ne brûlons pas les étapes, au temps du Néolithique, Marie n’avait pas encore reçu sa maison de poupées des mains d’Andiamo, c’est dire si elle était encore loin de pouvoir tourmenter Bernadette Scoubidou.

C’est pas le tout des choux, mais parler d’énergie tellurique, cosmique et pire encore, cosmo-tellurique sans la moindre explication, c’est parler chinois à un inuit sourd-muet sans le Larousse des signes adéquat.

Leçon de géologie (là, je marche sur les plates-bandes d’Allègre, mais c’est lui qui a commencé à marcher sur les miennes pour y dire des conneries). La terre n’est pas une sphère homogène.

photo du net

Elle est formée de :

- un noyau central métallique et solide.

- un noyau extérieur métallique et liquide

- le manteau de magma, pâteux et agité de mouvements du centre vers la surface et de la surface vers le centre, au gré des échanges de températures.

- De la croûte terrestre (découpées en diverses plaques tectoniques), qui à l’échelle d’un œuf, n’est pas plus épaisse que sa coquille.

Depuis que la Terre n’est plus ce plateau immobile qui voit tourner l'Univers autour de lui on s'aperçoit qu'elle remue passablement : un humain immobile sur Terre se déplace dans l’espace à la vitesse de 1674 km/h pour ce qui est de la rotation de la Terre, et de 107'218 km/h pour la vitesse orbitale, tout ça, sans se faire décoiffer... En plus, la Terre se paie le luxe d’avoir une oscillation circulaire de son axe de rotation. C’est vous dire à quel point on vit sur un shaker agité par un parkinsonien.

Tous les éléments formants la Terre sont mobiles entre eux : les mouvements entre les deux composants du noyau induisent le champ magnétique terrestre et le brassage du manteau dégage vers la surface une quantité d’énergie dont une petite partie s’évacue par les volcans, une autre part sert à réchauffer la croûte terrestre, et le reste est ce que l'on nomme l’énergie tellurique qui se traduit par les réseaux telluriques (Hartmann et Cury).. Le seul instrument de mesure apte à évaluer cette énergie est le corps humain (pour qui a le mode d'emploi).

Pour l’énergie cosmique, je crois qu’en regardant les marées on se fait une idée assez juste de l’existence de cette énergie. La géobiologie ne fait pas de discrimination entre les planètes, astres ou satellites. C’est un mixte d’énergies qui arrivent sur Terre, il est traité comme tel dans l’énergie cosmique. Ce qui vit sur Terre étant pris en sandwich entre l’énergie tellurique et l’énergie cosmique, on parle alors d’énergie cosmo-tellurique. C’est l’équilibre de ce mélange qui crée les conditions de vie sur Terre.

Cette énergie cosmo-tellurique (CT) a un taux vibratoire qui varie avec le lieu. Quelques chiffres dont l'unité de mesure est le Bovis. On peut joyeusement se foutre de son origine et son mode de calcul, puisque sa seule utilité ici est de servir d'échelle comparative. Donc une énergie CT favorable à l'humain dans sa vie courante est à 7000 unités Bovis (uB), ce qui, le hasard faisant bien les choses, est le taux vibratoire moyen de la Terre. Un taux plus faible dévitalise et peut rendre malade. Pour les taux plus élevés: à 8000, on est dynamisé pour agir, 9000, on arrive dans le mental et la méditation. A partir de 13000 uB on atteint le spirituel.

On ne peut pas l’influencer l'énergie cosmique, hormis de faire des sortes de parapluies. Par contre, ce qui a intéressé l’homme depuis le début du Néolithique, c’est l’énergie tellurique car elle fluctue au gré de la composition du sol et qu’ils ont su la manipuler pour en dégager la substantifique moelle. Ils ont découvert des lieux de haute énergie dont ils ont fait des lieux de culte (hauts-lieux cosmo-telluriques (plus de 12000 uB)). Plus le taux vibratoire d’un lieu est élevé, plus il stimule les stades élevés de l’esprit. Ils savaient renforcer ces énergies en plaçant des menhirs là où il faut.

Mais l'énergie d'un lieu peut être négative, elle favorise alors les problèmes de santé et peut même être très "corrosive" si son taux vibratoire est élevé.

Le site de Carnac a été corrompu en perdant plus de 1000 menhirs, il est dès lors impossible de savoir à quoi il servait exactement. Tout porte à croire que c’était comme une gigantesque pile énergétique. Pour Stonehenge, C’est un truc hyper complexe, puisque ce site devait servir de calendrier perpétuel, de lieu de culte, de sépulture aussi (mais sans savoir pour quelles raisons). Bref, la culture celte étant exclusivement orale, on ne peut que supputer ce qu’elle fut. Parce que c'est pas pour dire, mais les écrits de Jules ne sont pas forcément parole d'évangiles...

photo du net

Mais qu’est-ce que tout ça vient faire dans l’histoire d’une toute petite chapelle ? Patienza, j’y viens.

Du néolithique on passe au celtisme (bien que je ne sois pas convaincu qu’il s’agisse de deux cultures différentes).

Non! les Celtes ne viennent pas d’Irlande, mais de l’Inde. Ils ont profité de leur transhumance pour répandre, au passage, leur savoir sur le tellurisme en Egypte et on en retrouve des traces dans leurs temples. Ils ont investi toute l’Europe, l’Angleterre et ont fini leur périple en Irlande. Le savoir de ces hommes du Néolithique s’est donc transmis aux Druides celtes qui ont continué d’utiliser ces hauts-lieux et ont perfectionné l’art de manipuler les énergies telluriques.

Une religion chasse l’autre, les Romains ont investi ces lieux de cultes pour y établir les leurs, sans toute fois atteindre l’Irlande, mais en épargnant la culture des celtes, tant et aussi longtemps que celle-ci ne nuisait pas aux intérêts de Rome.

Les chrétiens ont fait pareil et le savoir druidique est passé dans les mains d’initiés de l’Eglise catholique. Outre l'Irlande qui n'a jamais connu la sandale romaine, un haut-lieu celte est passé directement des druides au curés: Chartres (plus connue dans les BD d'Astérix sous le nom de lieu secret dans la forêt des Carnutes.) Chose pratiquement unique, Chartres se revendique de son passé druidique.

En construisant sur des hauts-lieux cosmo-telluriques les Francs-Maçons initiés par les Druides ont manipulés avec tant de finesse les énergies de certaines églises qu’il est possible de retrouver le rite spécifique et la dédicace de celles-ci en étudiant ses énergies (pour autant que cette église soit restée « vivante ». (l’homme a maintenant un génie assez prononcé pour casser l’énergie des églises en les modifiant (ou en les restaurant))). Et c’est là qu’on rejoint la petite chapelle de Célestine. Vous prenez un Haut-lieu cosmo-tellurique celte, vous y construisez une chapelle en stimulant l’énergie du lieu et Célestine se retrouve dans un endroit paisible et régénérant…

Cette science tellurique est morte maintenant, tuée par le pape Paul III, qui bien que chef de l’Eglise n’avait pas été intronisé chez les initiés. Ne pouvant contrôler à son profit les connaissances ésotériques de l’Eglise, il décida de toutes les détruire, d’où l’Inquisition. Nostradamus sorti alors l’astrologie des monastères pour la diffuser dans le peuple. Dans l’Eglise, l’astrologie était un cadeau de Dieu, devenant laïque, elle est devenue satanique. La défiance presque superstitieuse de la société actuelle à l’encontre de l’astrologie date de cette condamnation papale.

La toute petite chapelle de Célestine fait probablement partie de ces lieux de culte anciens et préservés. Comme elle garde jalousement le secret de sa position GPS, je ne peux pas dire en quoi, ni pourquoi il s’y dégage un sentiment de sérénité, mais à l’origine, les lieux de cultes étaient faits pour ça.

Promis juré, lorsque j'aurai visité cette chapelle avec Célestine, on en fera un billet commun (heu........ oui, bien sûr, si elle est d'accord).

Blutch

lundi 28 septembre 2015

Oncle DanLe passé pas si simple

Avant propos par Andiamo :

Ou l'art de recycler un commentaire en billet jouissif... (Tonton Dan avait posté ce commentaire, je le publie, ce sera un chouette billet) !


- J’ai bien fait le tour de la question. Je l’ai examinée sous toutes les coutures.

Dans le petit commissariat de quartier, tous les inspecteurs étaient là et entouraient le commissaire en retenant leur souffle.

- Je ne sais pas qui l’a posée sur le tapis, mais ce qui est certain, c’est que plusieurs réponses sont possibles, parmi lesquelles l’une d’entre elles me paraît être la bonne.

- Si je procède par élimination, ajouta-t-il, après un temps de réflexion.

Le pouvoir de déduction du commissaire était reconnu de tous, et il ne faisait plus de doute que cette énigme qui les avait tenus en échec depuis des mois, allait enfin être résolue.

- Vous avez trouvé Madame Jeanine Romanet à coté du cadavre, les mains pleines de sang, un rictus énigmatique au coin des lèvres, commença-t-il, et vous en avez déduit qu'elle était l'auteure du crime.

- Ben ouais, dit Robert pour réaffirmer cette évidence.

- Elle a juste dit "J'aime le passé simple", poursuivit le commissaire sans faire cas de cette approbation. Vous avez tous entendu ? "J'aime le passé simple".

- Oui, oui, répondit l’inspecteur Marfau, avec la mine tragique d'un personnage d'Edgar Poe, elle a dit "J'aime le passé simple". On a tous entendu. "J'aime le passé simple", mais vous savez, commissaire, elle n'était pas dans son état normal. Elle était sous le choc.

Comme sourd à toute objection, le commissaire ajouta : Elle n'a pas dit "J'aime le futur" ou "J'aime l'imparfait". Ah, si elle avait dit "J'aime l'imparfait", elle aurait signé son crime, mais elle a dit "J'aime le passé simple"

- Oui, oui, elle a dit "J'aime le passé simple", répondit encore l’inspecteur sur un ton légèrement agacé. Où voulez-vous en venir, commissaire ?

- Au fait que vous pouvez supprimer immédiatement Madame Jeanine Romanet de la liste de vos suspects. Madame Jeanine Romanet est innocente.

Cette affirmation, et Dieu sait que le commissaire n’affirmait jamais à la légère, fit l’effet d’une bombe dans le petit commissariat. Madame Jeanine Romanet, innocente ? C'était une plaisanterie. Les mains pleines de sang, le coffre-fort ouvert, le rictus, c'était pas les conjugaisons qui allaient y changer quelque chose.

- Mais commissaire, osa le petit Robert, c'est ennuyeux, elle est seule sur notre liste de suspects.

- Je me fous de votre liste, hurla le commissaire, en tapant violemment des deux poings sur son bureau.

Au bout d’un moment la poussière se redéposa, le plâtre cessa de tomber du plafond et il poursuivit en détachant chaque mot : Pourquoi voudriez-vous qu'une personne qui aime le passé simple pourrisse le reste de son existence en volant et assassinant un écrivain médiocre et sans le sou ?

Cela n'a aucun sens. Non, Madame Jeanine Romanet est une personne intègre et rigoureuse, dont même les textes tapés à la machine doivent être justifiés.

L'inspecteur Marfau se demandait où voulait en venir le boss et regardait sa montre avec impatience. Le commissaire avait tout à fait le droit d’agiter tous les poings qu’il désirait agiter, mais pour quelqu'un qui n'avait pas l’habitude de dire des bêtises, il fallait reconnaître que pour un débutant, il se débrouillait rudement bien.

On plaça Madame Jeanine Romanet en détention provisoire.

Peu de jours après, on enferma le commissaire dans un établissement spécialisé pour personnes surmenées. Il n’était plus que l’ombre de lui-même.

L'enquête révéla que la victime était son propre assassin. En proie à une violente crise d'angoisse devant la page blanche – le mobile – elle se suicida avec un stylo à pompe – l'arme – On retrouva son téléphone - le mobile - où il exposait en pleurant les raisons de son geste - larmes -. Son tricot de corps lui donnait des démangeaisons. Aussi, avait-il décidé d'en finir avec la vie. C'était un mensonge, évidemment. Il ne pouvait avouer son manque d'inspiration.

Madame Jeanine Romanet put reprendre sans délai ses exercices d'écriture dans lesquels régnait en maître le passé simple.

A l'heure où ces lignes sont écrites, le commissaire est toujours sous tranquillisants. Toutes les imbécillités qu’il aurait dû sortir petit à petit au cours de sa carrière avaient certainement été comprimées trop longtemps et jaillissaient brusquement.

Toute ressemblance avec des personnes, des noms ou des événements existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.

mercredi 23 septembre 2015

AndiamoLa maison de poupées

Il y a pas mal d'années, j'étais en pleine période "modéliste" : je construisais beaucoup d'avions, que je faisais voler (enfin...) ensuite. Pas facile de piloter ces engins de 2m20 d'envergure et d'un poids moyen de 4kg5, tractés par un moteur thermique de 18-C. Bon, les clubs sont là pour vous initier au pilotage et aux joies de la casse qui en découle !

Ça vole très vite, environ 100 km/heure. Aujourd'hui, les jets ont envahis les terrains, et là il s'agit de 200 à 250 km/heure ! Il faut une sacrée vue et une sacrée maîtrise.

Alors, ayant tout le matériel à ma disposition, quelques mois avant Noël (il y a fort longtemps), j'ai eu envie de faire plaisir à mes petites fillottes : j'ai entrepris de leur construire une maison de poupées.

Cela m'a pris trois mois environ. J'ai fabriqué les meubles, bibliothèque, commode "régence", canapé recouvert de velours s'il vous plaît, chaises, tables, lits, etc.

Et même une terrasse devant la maison ! Ah oui, j'ai construit une jeep, soyons smart ! Pour les déplacements des habitants !

Leur joie en découvrant la maison m'a payé de mes efforts.

Ma petite fillotte présente sur cette photo a aujourd'hui 18 ans !

vendredi 18 septembre 2015

FrançoiseLa disparition du passé simple

Dans les années 80/90, j'ai adoré les "Chroniques de San Francisco" de Armistead Maupin. Plaisir addictif car au fur et à mesure des volumes, je m'attachais aux personnages, avec une affection toute particulière pour Michaël Tolliver, le gay qui a plein d'amies femmes. Pourtant, dès cette époque, je constatai que certains titres me scotchaient à la lecture tandis que j'avais du mal à persévérer avec d'autres. Rien à voir avec le fond, avec l'histoire, mais avec la forme: certaines traductions étaient parfaites, d'autres maladroites pour ne pas dire suprêmement agaçantes quand le traducteur ne se foulait pas les neurones et traduisait "How are you?" he says par "Comment vas-tu", il dit. Dit-il eut nécessité un effort intellectuel trop considérable sans doute...

Des années ont passé, plus de titres nouveaux. Jusqu'à ce que la manie des séries survienne et que d'avisés producteurs décident d'adapter les Chroniques pour la TV et de les rééditer sous forme de "saisons". Du coup, nous eûmes droit à des épisodes complémentaires "Michaël Tolliver est vivant" qui me rassura sur la santé de ce gentil garçon séropo mais solide, "Mary-Ann en automne", poétique et plein de nostalgie qui fait du bien.

J'attaquai donc "Anna Madrigal, saison 9" avec l'enthousiasme de la petite-nièce qui retrouve sa grand tante comme si c'était la veille et là, impossible de lire. J'avais l'impression de buter sur des phrases mal foutues, et j'en compris la raison quand mon cerveau, spontanément et sans rien me demander, remplaça systématiquement le passé composé de certaines phrases par le passé simple, rendant à l'action une souplesse et une fluidité que le passé composé heurtait. Le même phénomène de substitution du passé composé au passé simple s'est d'ailleurs produit avec les "Club des Cinq" revus et corrigés par des éditeurs et des traducteurs condescendants, persuadés que nos chères têtes brunes (j'en ai marre des têtes toujours blondes) ne peuvent pas lire du passé simple, comme si simple était forcément compliqué, paradoxe moderne qui complique tout et d'ailleurs parle aujourd'hui de complexifier et non pas de compliquer.

Quelle importance? diront certains.

L'importance du passé simple versus le passé composé est que ce n'est pas du tout le même temps.

"Il l'embrassa passionnément": il est en train de l'embrasser, on visualise le baiser, on est en pleine action. "Il l'a embrassée passionnément": zut, on arrive trop tard, le baiser est déjà terminé, peut-être l'amoureux est-il déjà rentré chez lui.

Il visa l'homme et fit feu. On est là, témoin du crime, le cœur battant de ce qu'on voit...

Il a visé l'homme et a fait feu: rapport de police après coup, plus d'action, on est dans un bureau poussiéreux où un fonctionnaire tape laborieusement sur son clavier.

Anna Madrigal aspira voluptueusement la fumée: la vieille dame est en plein plaisir, on y participe et on se réjouit de sa vitalité octogénaire.

Anna Madrigal a aspiré voluptueusement la fumée: ben ça y est, elle a fini, peut-être même s'est-elle endormie...

Vous saisissez la différence? Avec le passé simple, on participe à l'action, on est dedans à fond. Avec le passé composé, on nous la raconte après coup, on arrive comme les carabiniers, raison pour laquelle il est difficile de se passionner pour un roman au passé composé où on a l'impression de lire un rapport fastidieux.

L'emploi du temps juste est un des soucis permanent de l'écriture, un outil merveilleux pour lui donner du rythme, rythme au moins aussi important que l'histoire elle-même. Un chapitre peut se dynamiser en étant rédigé au présent, on peut ralentir l'action ou créer un climat d'angoisse avec l'imparfait, susciter la surprise avec des subjonctifs bien venus... Frédéric Dard alias San Antonio, était un virtuose de l'emploi des temps- à ne pas confondre avec l'emploi du temps- et j'ai beaucoup appris en le lisant, sous son vrai nom ou son pseudo.

Alors, traducteurs, ne soyez pas traître à la langue française, gardez lui les nuances qui en font la richesse et ne confondez plus le mouvement en train de s'accomplir du passé simple (un peu comme la forme progressive anglaise) et le mouvement achevé, l'irrémédiable accompli du passé composé.

Ainsi parla Zarathoustra...

(ch'tiot crobard Andiamo)

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