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samedi 13 janvier 2007

Saoul-FifreUne réputation à tenir

La phrase que j'ai le plus entendu de la part de gens regardant ma bibliothèque est :

"Tu as lu tout ça ?"

Et la réponse est : "Non". Tout ça, c'est juste mon fond de roulement.

Le peu de livres que j'achète.
Les livres qu'on m'offre.
Les livres que des gens jettent, et qu'ils m'amènent à trier.
Ceux que nous avons ramassés à la poubelle.
Tout ceux que me ramenait Victorin , qui, ne sachant pas lire, me ramenait tout ce qui était "écrit", des livres de comptes, des lettres, des catalogues...

Et puis j'ai un tas de livres prêtés, lus ou pas lus. Ceux-là, je ne les mélange pas avec les miens. Si le propriétaire débarquait impromptument, je veux pouvoir tendre la main et lui rendre son livre. Par exemple "Les dossiers sur le gouvernement mondial", un ramassis de conneries mélangeant les extra-terrestres, la mafia, l'opus déi et les villes tibétaines souterraines, dont la lecture m'a été conseillée par Huguette et que je lui rendrais avec plaisir...

Donc, non, j'ai dû lire à peu près les 2 tiers de la bibliothèque. Mais une fois que j'ai dit ça, le problème reste entier car, ne roulant pas sur l'or, j'ai surtout été un écumeur de bibliothèques publiques, quelquefois inscrit à plusieurs à la fois, et si je compte ces livres empruntés, on doit atteindre des totaux conséquents dont je n'ai aucune idée. Là, ils sont 2500 à se serrer sur les rayonnages. Comme dit Anne, y en a plein qui attendent la place. On doit devoir multiplier ce chiffre par 10 pour s'approcher de la vérité, calcul qui n'a d'ailleurs aucun intérêt.

Je voulais juste dire que, ben depuis que je blogue, je lis nettement moins !

Alors, merde, ça la fout mal. L'autre jour, un autre gros lecteur est venu à la maison et m'a prêté 40 cm de livres. Je prends ça comme un signe, une incitation à m'y remettre. Surtout que ya du beau monde dans la liste, on dirait :

Jean-Paul Dubois - Une vie française
Pierre Assouline - Lutetia
Tom Wolfe - Le bûcher des vanités
Stéphane Osmond - Le capital
Martin Winckler - Le mensonge est ici
Un "Le poulpe" de Gérard Lefort
Et puis des trucs plus spirituels, dont la trilogie de Jacques Neyrinck...

Vous en connaissez ? Je peux y aller en confiance ?

vendredi 12 janvier 2007

ManouLe cercle rouge





Je n’aime ni les discours, ni les cocktails. Même si affinités. Alors je n’irai pas aux « vœux ». Je vais plutôt vous concocter une petite recette de galette dont vous me direz des nouvelles.

Ingrédients :

1 éphéméride protéiforme
3 kilos de farine
50 copies doubles
3 litres de rhum vieux
1 litre de sirop de grenadine
1 neuf telecom

Préparation :

Noël est passé. Vous avez pris un peu de poids. Pourquoi s’arrêter là ? (Hein, byby ?) Profitez d’un moment où vous vous beurrez une tartine au beurre demi-sel pour couper la motte de beurre en deux. Faites fondre au bain-marie la première moitié. Lancez la seconde moitié par la fenêtre le plus loin possible. Pensez à fermez aussitôt les volets car il n’est pas rare qu’une moitié de motte se comporte comme un boomerang.

Une fois le beurre fondu, mélangez-le aux trois kilos de farine préalablement extraits de leurs emballages. Bon courage pour éviter les grumeaux. Incorporez délicatement 50 copies doubles (c’est mon truc pour réussir la pâte feuilletée). Vous obtenez un tas compact d’une couleur indéfinissable.

Il vous reste certainement quelques marrons cuits avec la dinde de Noël. Ils remplaceront la pâte d’amande. D’ailleurs cela peut être l’occasion d’un moment de pur bonheur familial si chacun y va de sa technique de fourrage : l'attaque, la parade, la riposte ou la feinte. Assez proche du duel au fleuret, en fait …

Il manque l’essentiel. Versez le rhum et la grenadine dans une grande jatte. Plongez-y la chose informe et collante que vous avez obtenue et continuez à malaxer jusqu’à ce que vos bras ne soient plus que deux tendinites insupportables. Alors seulement, lancez la jatte dans le four à l’aide du pied gauche (avantage des talons hauts) en ayant soin de rouvrir les volets. La seconde moitié de motte de beurre devrait venir s’écraser impatiemment contre la jatte. Fermer le four toujours avec le pied gauche.

Ouvrez le robinet avec le pied droit (plus facile) et essayez de vous laver les mains. Au cas où l’eau ne suffirait pas, essuyez-vous aux feuilles de l’éphéméride puis choisissez votre mode de cuisson avec un doigt (si vos mains sont propres), un coude la langue, le nez ou … soyez joueur (se).

A cette étape, vous pouvez encore sélectionner les ami(e)s qui assisteront à l’explosion de votre four. En général, le premier cercle. Téléphonez avec un doigt (si vos mains sont propres), un coude ….etc.

Suggestions :

- Pour m’en dire des nouvelles, vous pouvez envoyer un mail à : yapadmais@hotmâle.fr. Mais je vous le déconseille car il ne s’agit pas de mon adresse.
- Remplacer les marrons par des truffes en chocolat c’est un peu comme donner de la confiture à des cochons.

jeudi 11 janvier 2007

Tant-BourrinPassager clandestin

De maigres applaudissements s'élevèrent dans la salle des fêtes après le tour, passablement laborieux, des foulards sortis du creux de la main. Nitro Turban les entendit à peine : il voyait surtout les bien plus nombreux bâillements qui trouaient les faces des spectateurs, leur bouche formant un zéro, comme une triste note infligée à son spectacle.

Hélas pour lui, Nitro Turban, de son vrai nom Louis Farfe, était un tâcheron de la prestidigitation qui peinait à gagner sa vie en décrochant de-ci de-là des contrats misérables pour des animations dans des salles minables, voire des maisons de retraite.

Son numéro de magie eût même été un bide sans nom s'il ne s'achevait à chaque fois sur son meilleur tour : celui de la femme coupée en morceaux. Un grand classique des numéros de prestidigitation, mais que Nitro Turban réalisait avec une incroyable maestria. Une maestria qui tranchait terriblement avec le reste de son spectacle.

Et ce soir-là, comme tous les soirs de spectacle, des "oh !" et des "ah !" s'élevèrent dans l'assistance quand il balada les jambes de Lucette, son épouse, à un bout de la scène et sa tête à l'autre bout, avant de les rabouter avec son tronc sous une salve enfin nourrie d'applaudissements.

Evidemment, le public n'était pas dupe, il y avait forcément un truc. D'ailleurs, c'est pour ça que la femme était dans une caisse en bois, pour qu'on ne voie pas le truc, se disaient les spectateurs.

Mais en fait, non.

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mercredi 10 janvier 2007

Saoul-FifreJe m'étonne moi-même

Dites donc, mais c'est que je suis super louette ! Malin comme le singe mon ancêtre ! Je vous le dis tout net : je n'ai absolument pas envie de pondre un œuf ou quelque texte que ce soit ce soir. C'est l'anniversaire d'un souvenir douloureux, j'ai un peu d'acné sénile au bout des doigts et pour couronner le tout, on vient de m'identifier une allergie à l'écriture impromptue de billets.

Non, n'insistez pas.

À la place, je vais emmener Margotte au restaurant. Et puis, soyons fous, tiens, je vais rester manger en sa compagnie ! La belle doche va garder les nains... Et qui qui va oser me faire la moindre remarque ? Personne, pas même ce garde-chiourme de Tant-Bourrin !

Bien joué, non ?

'tain, j'en reviens pas comme j'ai joué fin sur ce coup là.

Allez, une 'tite photo de consolation. C'est-y pas mignon des pomponettes qui co-couvent ?

mardi 9 janvier 2007

ManouInfo ou intox ? (2)




Il paraitrait que François De WITT (dans une émission radiophonique du 8 janvier) préconise la privatisation totale d’EDF sous prétexte d’un gain de 85 milliards d’euros pour la nation.

Bien sur, on peut vendre tout et n’importe quoi pour que la nation s’y retrouve. D’ailleurs, pourquoi ne pas tenter de vendre nos meilleurs conseillers financiers (dont François De WITT) ? Ce serait peut-être l’occasion pour eux de se rendre compte si, oui ou non, l’herbe est vraiment plus fraiche dans le champ du voisin. Il n'est pas certain qu'on en tire grand chose.

En attendant de rencontrer François de Witt au bord du canal Saint-Martin ou dans un champ irlandais, je me dis que:

- La nation se met le doigt dans l'oeil s'il elle imagine pouvoir continuer à proposer à ses particuliers des tarifs d’électricité parmi les plus bas d’Europe en cas de privatisation d’EDF.
- Abandonner les choix énergétiques à la seule sphère privée tient de l'obscène voire du grotesque particulièrement dans un contexte environnemental délicat.
- Le patrimoine professionnel des 10 familles les plus fortunées de France avoisine les 80 milliards d’euros. Voilà aussi une somme qui pourrait rendre d’importants services à la nation. Mais cela est une autre histoire.
Quoique.

Et je remets le son.

lundi 8 janvier 2007

Tant-BourrinAh bin, je comprends mieux !

Je vous avais parlé, dans un billet précédent, de l'incroyable prolifération des Oui-Oui dans notre appartement, prolifération d'autant plus inexplicable que j'avais mis en place un contrôle très strict pour éviter l'introduction clandestine de nouveaux Oui-Oui dans celui-ci.

Las, tous mes efforts se sont révélés vains : leur nombre ne cesse de croître, tant et tant que j'ai finalement dû renoncer à en tenir le décompte.

Ne pouvant toutefois me résoudre à cet échec et fermement décidé à en avoir le coeur net, j'ai eu la bonne idée d'installer une caméra de surveillance dans le salon, afin d'espionner la population ouiouiste en mon absence.

Bingo ! Regardez plutôt ce que j'ai découvert dans les enregistrements : c'est assez instructif !


Oui-Oui se tape Mirou, apparemment consentante, sous l'oeil
de Petit Ours Brun et de ses congénères, visiblement intéressés


Et ça y va à la manoeuvre !


Tsssss... toutes ces saletés devant des enfants
auxquels cela va donner de mauvaises pensées !


Et encore, je ne vous ai pas mis la bande-son ! Vous entendriez ça,
tous ces grognements de jouissance d'ourse en chaleur !


Toute la lubricité du monde dans ce regard torve !


Bien, je pense qu'il n'est pas utile de chercher plus avant pourquoi les Oui-Oui croissent et se multiplient, j'aurais dû prévoir un coffre à jouets masculins et un coffre à jouets féminins bien séparés et fermés à clé pour éviter ce genre de désagréments.

Dites, ça existe les pilules pour ourse ?

dimanche 7 janvier 2007

Saoul-FifrePleine puberté

C'était pas facile, dans les années 60, moi je vous dis que çà ! Pour obtenir des infos. Les copains, il fallait même pas y penser, ils étaient encore plus ignares que moi. Et personne t'aidait, hein ? Le système tout entier était d'une solidarité sans faille avec les parents. J'allais à la bibliothèque du collège, je repérais un livre au titre prometteur, je sais pas, moi, au hasard : "L'Éducation sentimentale", je le posais sur le bureau de la dame, avec ma carte, la dame levait les yeux, bon, c'est vrai, j'étais petit, ça mettait pas d'huile de couille dans la relation, et elle me lançait, condescendante :

- "Mais tu n'as pas vu la pastille "3 ième", mon petit ? Tu n'auras le droit de lire ce livre que dans 2 ans..."

- "Ha bon, et pourquoi ?

- "Tu n'as qu'à demander à ta maman..."

La honte, quoi ? Tous ligués contre les honnêtes chercheurs de connaissance sur le cul. Le Larousse. Ha, parlons en, du Larousse ! En te rapprochant discrètement d'un groupe de grands, t'as réussi à capter un mot potentiellement "sexe". L'air niaiseux du gars qui le prononce, le rire agricole qui secoue les copains, sont des signes qui ne trompent pas. Tu reviens à la maison, et tu cherches "masturbation" dans le pavé de celle qui sègue à tous vents (hein, Byalpel, qu'on se sent plus intelligent ?). n.f. Action de se masturber. D'accord. Et dessous, t'as "masturber". v. Se livrer à la masturbation. Et merde ! Tout est verrouillé, je vous dis.

À force d'astuce et d'observation, tu subodores que "baiser" fait partie de ce lexique dont tu souhaites pénétrer les arcanes. v. Embrasser. Baiser la main de la reine. Et re-merde ! Je les aurai, je les aurai... Ne pas se décourager. Je ne prévoyais pas du tout de me décourager, mais bon, la recherche stagnait. Comme disait de Gaulle, mais à l'époque, je ne risquais pas de citer de Gaulle à la maison, c'était encore plus connoté "foutre-pipi-caca" que Sœur Soupirs des Anges se faisant administrer le Saint Sacripant dans le Fondement de la Doctrine, enfin, comme disait Mongénéral :

- "Des chercheurs qui cherchent, on en trouve... Mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche !"

Nous avons d'ailleurs là une très belle antimétabole, c'est un traité de rhétorique par le sourire qui me l'a appris, mais revenons à notre compulsif goût bien adolescent pour les mots sales. Alors je me rabattais sur l'Encyclopédie Familiale Larousse. Encore elle. Antenor ne va pas faire long feu sur ce billet, mais non, c'est pas elle, il s'appelait Pierre, reviens ?

Hygiène de la femme. J'avais vaguement rêvé d'une photo de nénette à sa toilette, mais j'en ai été pour mes frais. Les fiançailles ? Hé hé, c'est émoustillant, ça, les fiançailles... Voyons voir.

"Acte grave entre tous, l'un de ceux qui réclament la liberté la plus entière, qui font appel à la volonté la plus précise, qui exigent la prise la plus nette de responsabilités. Il n'est guère que l'obéissance mûrement réfléchie à une vocation religieuse ou l'acceptation parfaitement lucide de la mort qui soient des actes aussi révélateurs de la noblesse de l'homme"

Bon ben tout ça n'apporte guère d'eau à mon moulin.

J'ai continué à feuilleter, mais le cœur n'y était pas. Et le cul non plus, d'ailleurs. Et puis j'ai fini par tomber là dessus, coincé entre un truc bien paranangoissant sur les maladies vénériennes et un couplet sur les méfaits de l'alcoolisme, passage qui, je me le rappelle et je m'en souviens, m'avait laissé complètement indifférent.

RÔÔÔÔ, bé ça aura été largement suffisant pour initialiser un beau petit rêve bien chaud pour le petit 6 ième que j'étais ?

Mais c'était pas très "sexe", les sisties... Un peu la dernière année, peut-être ?

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