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samedi 10 mars 2012

Scout toujoursMon repas de Noël

- 1ère ENTREE : escalopes de foie gras frais poêlées aux raisins

- 2ème ENTREE : gambas grillées sauce Montbazillac

- PLAT DE RESISTANCE : Beignets de magrets de canard

- DESSERT : bûche aux fraises

D'abord dans une bassine, préparer une marinade avec 3/4 de Montbazillac, un jus de citron, poivre, sel, oignons hachés, thym, laurier, herbes de Provence, et un peu de piment. Y plonger les gambas décongelées, couvrir avec un torchon, laisser mariner 1 heure ou 2. (compter 3 à 4 gambas par personne). Installer un barbecue électrique dans la pièce où l'on sert l'apéro, le mieux est sur une terrasse. (l'avantage du barbecue électrique, c'est qu'on peut récupérer le jus et que ça dégage moins de fumée. Le Montbazillac peut être remplacé par du Jurançon ou tout autre vin liquoreux, les plus nantis peuvent même utiliser du Sauternes. En tout cas, surtout pas de blanc sec).

Compter 1 foie gras frais pour 4 personnes. Si le foie est congelé, le faire décongeler au frigo 24 à 48 heures avant, puis éveiner les foies en les partageant en petits morceaux (escalopes). Les saler modérément et les poivrer abondamment des 2 côtés avec un poivre de très bonne qualité (très important la qualité du poivre : le poivre noir en grains de Ducros fait très bien l'affaire). Laver et égrainer les raisins : si les grains sont gros, on les coupe en 2.

Salez et poivrez abondamment les magrets eux aussi et les garder au frigo. Pelez des patates et mettez les dans une cocotte-minute, position vapeur, n'allumez qu'à la dernière minute.

Attendre les invités....

Lorsque les invités arrivent, installez les gambas sur le barbecue et buvez l'apéro avec eux tout en surveillant vos grillades. Déposez 1 tranche de beurre sur chaque crevette puis les arroser avec le reste de la marinade. Servez beaucoup de champagne à vos convives et engagez des conversations sur des sujets polémiques : le choix du vin est excellent pour commencer. Annoncez le menu, effet garanti : certains préfèreront du rouge, d'autres du rosé, d'autres du blanc doux, du blanc sec, du champagne. La discussion sera très courtoise au début, mais ne tardera pas à s'enflammer. Si ça ne marche pas, abordez la politique, dites que vous votez FN, ça mettra tout de suite l'ambiance. Ne manquez pas d'évoquer la supériorité des hommes sur les femmes, ou le contraire, ça marche très bien aussi. En dernier recours, parlez de Dieudonné, mais là je garantis rien. Si toutes ces tentatives échouent, exhibez vos derniers sex-toys, ça fait toujours son petit effet : dans le pire des cas l'un ou l'une des convives vous en empruntera un, et au mieux, votre soirée peut virer à quelque chose de plus convivial style orgies romaines...

En fin d'apéro, lorsque vos invités seront bien secoués et occupés à s'étriper dans leur guerre des sexes, prétextez un besoin pressant pour les abandonner et préparer du pain de mie grillé dans le four. Jetez les foie gras dans une poêle avec les raisins. Encore une fois, salez modérément, poivrez abondamment. Les foies vont cuire, réduire et se vider de leur graisse. Ne pas les laisser devenir trop durs ou trop secs. Lorsqu'ils sont moelleux à point, les retirer et laisser les raisins mijoter seuls dans la graisse. Lorsque les raisins sont réduits à l'état de confiture, remettre les foies quelques secondes dans la poêle pour les réchauffer, et servir aussitôt avec le pain grillé. Crier "A TAAAAABLE"

Là, devant ce mets, un silence religieux s'installera dans la pièce. Finie la guerre des sexes, l'ambiance est dans l'assiette. Le foie gras frais poêlé aux raisins est un sujet très consensuel, presque mystique. Là, parlez leur de religion. Le Requiem de Mozart est très approprié comme musique d'accompagnement.

Avant de cuire les magrets, simulez une improvisation et racontez à vos invités que vous aviez prévu de cuire ces magrets au barbecue mais faites mine de changer d'avis au dernier moment "Si je les mets sur le barbecue, ils vont prendre le gout des crevettes, pourquoi ne pas utiliser le jus des foie gras pour les cuire ? Allez je fais un petit essai pour vous, ça sera une nouvelle recette !" La classe ! Vous offrez à vos convives la création en direct d'une nouvelle recette. Ils vont être les témoins visuels de la naissance d'une œuvre culinaire, rien de plus jouissif pour eux ! Jetez donc ces magrets négligemment dans la graisse du foie gras et faites frire.

Lorsque tous les convives vous auront tous félicité pour l'excellence du foie gras, servez les gambas après avoir récupéré le jus (primordial le jus). Pas besoin de mayonnaise, accompagnez avec une salade et le jus dans un bol. La, vous croulez déjà sous les applaudissements. Les convives du sexe opposé commencent à vous faire les yeux doux. Foie gras plus gambas égal plan-cul assuré.

Pendant ce temps, vos magrets mijotent dans la graisse et prennent le goût du foie gras, du poivre et des raisins à la fois. On atteint le sublime... La cuisson dépend de chacun, compter 1/2 magret par personne, servez les magrets avec leur jus, accompagnés des pommes vapeur coupées en fines tranches, nappées dans le reste du jus et poivrées : là, passez leur du Wagner : en ingérant ce mets, la jouissance arrive à son comble, c'est l'apothéose, l'euphorie est générale. Telles des Walkyries, les femmes arracheront leurs soutien-gorges pour vous et les hommes pousseront des hurlement d'admiration, style "le loup de Tex Avery" .

Mais ça n'est pas fini, achevez les avec la bûche. Pour ça, faites confiance au pâtissier (manquerait plus que ça qu'en plus on se fasse chier à cuisiner les desserts). Placez la bûche à la fraise dans un plat allongé, et disposez des boules de glace à la vanille tout autour, qui simuleront des fleurs que vous centrez d'une demi-fraise, et dessinez autour les pétales avec de la chantilly en bombe. Là, vous aurez droit à un triomphe d'Empereur romain, vous serez porté en triomphe et aurez droit de cuissage sur tous les individus du sexe opposé (prévoyez un casque pour ne pas heurter le plafond de la tête).

Bon, maintenant, ça commence à bien faire, foutez tout le monde dehors et décrochez votre téléphone pendant 15 jours, car vous allez être harcelé de coups de fils admiratifs pendant un bon moment. Certains iront même jusqu'à essayer de s'introduire chez vous pour vous signifier une dernière fois leur admiration. Mais ne vous laissez pas faire, jouez la vous blasé, voire désabusé. Dites leur que c'était raté, que vous n'aviez rien préparé, et que vous avez bâclé ça vite fait avec des vieux restes, par manque de temps. Bon à présent ça y est, vous savez tout, à vous de jouer...

Si vous êtes satisfaits du résultat, envoyez vos dons à Scouttoujours, membre d'honneur de la confrérie épicurienne de Blogborygmus. Je décline toute responsabilité concernant toute mauvaise interprétation de cette recette. En cas d'échec, de réclamation, ou de dommages corporels, adressez vos requêtes à Paris, au bureau des basses besognes et rafistolages en tout genre de Blogborygmes géré par Lt. Tambourrin.

mardi 6 mars 2012

AndiamoMadame Rodatti

C’était une « petite vieille » bien comme il faut, Madame Rodatti. Elle habitait un petit pavillon, situé dans une petite rue d’une petite banlieue à vingt minutes d’autobus tout au plus du grand Paris.

Un petit jardin entourait le petit pavillon, une petite allée de ciment lui permettait depuis la petite rue d’accéder à sa petite maison sans crotter ses petits pieds.

Une petite vieille bien comme il faut, vous dis-je. Elle avait gardé de sa Toscana natale un petit accent chantant, et quelques mots d’italien émaillaient sa conversation, surtout quand les paroles sortaient un peu vite de sa bouche. Elle n’était pas peu fière de répéter qu’elle avait vu le jour à Firenze, Florence comme vous dites, vous les Français.

Madame Rodatti tout habillée de noir était veuve. Son Mario était parti depuis deux ans maintenant, emporté d'urgence à l'hôpital un soir du mois d'août, il n'en était pas revenu.

Elle n’aimait pas les conflits Madame Rodatti. Ainsi, un jour, son plus proche voisin se plaignit que la branche de son cerisier dépassait largement la limite de propriété, occasionnant par le fait une ombre préjudiciable à la bonne pousse de ses tomates. Il la pria un peu vertement, il est vrai, de bien vouloir faire pratiquer l’ablation pure et simple de la branche « ombragère ».

Madame Rodatti le gratifia de son désarmant sourire et l’invita à venir réfléchir au problème devant un verre de « Marsala all’uovo ».

- C’est moi-même qué jé lé fabrique, assura-t-elle, j’achète solamente lé vino, dou « Marsala » un vino de Sicilia sussurait-elle sur le ton du secret, et lé reste c’est oune preparazione, qué jé garde, elle se transmet dans la mia famiglia dépouis lontane... Lontane.

S’en suivait un sourire à liquéfier le pire des querelleurs.

Monsieur Pierron, le voisin un peu colérique accepta l’invitation, un verre puis deux…

- Hummm ! Il est bon, votre apéritif, Madame Rodatti, toutes mes félicitations ! Et puis, vous savez, pour la branche, rien ne presse, nous verrons cela en novembre ou en décembre... Si vous voulez je pourrai le faire, ainsi il ne vous en coûtera rien, un p’tit apéro peut-être ?

- Que felice ! C’est trop gentil, signore Pierron, grazie mile.

Chacun rentra chez soi. Les journées d’été passaient tranquilles, les grandes vacances étaient arrivées. La rue, pourtant calme d’ordinaire, semblait en ces temps de chaleur encore plus endormie.

On était aux environs du 14 juillet, la lourde chaleur de la journée n’était pas encore dissipée. Madame Rodatti, qui sommeillait plus qu’elle dormait, entendit, par sa fenêtre laissée ouverte à cause de la chaleur, un remue-ménage insolite. Machinalement, elle regarda l’heure : l’antique réveil aux aiguilles phosphorescentes indiquait une heure trente.

Elle se leva, se tenant le dos, puis alla ouvrir sa porte. Une ambulance était garée devant la maison de Monsieur Pierron. Tout en claudiquant à cause de ses vieilles douleurs, elle alla jusqu’à la porte du jardin.

- Ma qué passa, Madame Pierron ? demanda-t-elle à l’épouse de son voisin qui se tordait nerveusement les mains en voyant son pauvre mari écumant, gémissant et tordu par la douleur, se débattre sur la civière que l’on chargeait dans le mille kilos Renault servant d’ambulance.

- C’est mon Claude, il a été pris de violentes douleurs au ventre, le médecin de garde a fait venir une ambulance, « on » l’emmène à l’hôpital !

- Mamma mia, pauvre Monsieur Pierron, jé vais dire ouna prière à la Madonne per lui.

Deux jours plus tard, le bon Monsieur Pierron décédait. Les médecins de l’hôpital Saint Louis, n’avaient pas su identifier le mal qui avait emporté leur patient.

Madame Pierron leur avait expliqué que la veille il avait simplement mangé des tomates de leur jardin, les premières de la saison, et tous deux s’étaient régalés. Avaient suivi des œufs sur le plat, ces œufs provenaient de leurs poules, des « extra frais ». Non, vraiment, elle ne voyait pas ce qui avait pu le rendre malade au point de le faire mourir.

Quelques semaines passèrent. Son voisin d’en face, Monsieur Chapuis, venait de s’acheter une automobile, une quatre chevaux Renault grise toute neuve, la première voiture de la rue et sans doute du quartier. Il l’avait garée devant la porte de Madame Rodatti. La rue étant étroite, il avait arrêté sa voiture à cheval sur la rue et le trottoir.

Si près de la porte de Madame Rodatti que cette dernière eût toutes les peines du monde à sortir de chez elle afin de se rendre au marché. Mais au retour chargée d’un grand cabas rempli de ses provisions, elle fut encore plus embétée, elle ne réussissait pas à faire glisser son sac entre l’auto et sa clôture.

Elle traversa, sonna à la grille de Monsieur Chapuis. Ce dernier déboula avec sa mine des mauvais jours…

- Ben quoi, qu’est-ce que tu veux, la vieille ?

- Monsieur Chapouis, pouvez-vous pousser votre macchina, perqué jé né peux pas rentrer à la casa !

- Vieille peau, tu peux pas « causer » français comme tout le monde ? Et puis j’espère que tu n’as pas rayé « ma » peinture avec ton cabas pourri.

- Vous fachez pas, Monsieur Chapouis, vénez plutôt prendre l’apéritif, on sé calméra un peu ! Madame elle peut vénir anche ?

- Non, elle a du boulot !

Après avoir poussé sa voiture, c’est en grognant qu’il entra chez Madame Rodatti.

- Allons, détendez-vous, Signore Chapouis ! Tenez, buvez et donnez-moi des nouvelles comme on dit chez vous.

- MMMH ! Effectivement, c’est bon, c’est quoi au juste ?

- Du « Marsala all ‘uovo » qué jé prépare moi-même.

- Je me suis un peu emporté tout à l’heure, mais que voulez-vous je suis un sanguin.

- Un autre ?

- C’est pas d’refus…

Quelques jours plus tard, on emportait Signore Chapuis à l’hôpital. Une ambulance était venue le prendre sur son lieu de travail, il était tourneur chez « Cazeneuve » une usine dans laquelle on fabriquait des machines-outils, cette usine était située à la Plaine Saint-Denis.

L’hôpital Bichat tout proche l’avait accueilli. Trois jours plus tard, il y décédait.

Les médecins avaient interrogé ses collègues : qu’avaient-ils mangé le midi à la cantine ?

- Des tomates en salade, puis du boudin aux pommes... Mais vous savez, à part Paulo, personne n’a été malade, c’est pas là qu’il faut chercher !

Novembre, puis décembre ont passés. La branche du cerisier est toujours là. Il n’y a désormais plus de voiture garée devant chez Madame Rodatti, sa veuve l’a vendue, qu’en ferait-elle ? Elle ne sait pas conduire !

Madame Rodatti, ce matin-là, se rend à la sécurité sociale, elle va se faire rembourser une visite chez « son » rhumatologue .

- Votre nom Madame ? demande l’employée au guichet.

- Madame Rodatti.

- Nom de jeune fille s’il vous plaît ?

- Borgia, Gabriella Borgia….

Il est des poisons comme ça qui, une fois absorbés, sont parfaitement inoffensifs, mais associés à un autre produit, ils deviennent foudroyants… Le double effet kiss cool en quelque sorte!

samedi 3 mars 2012

Tant-BourrinChat - rat - deux (9)

Oups, je m'aperçois tout soudainement que cela va bientôt faire un an que vous n'avez pas eu votre ration de charades foireuses et certains (et certaines surtout) parmi les plus acharné(e)s d'entre vous risquent d'être dans un état de manque et de désespoir à même de provoquer des maladies graves, comme la lecture de l'almanach Vermot !

Ne souhaitant pas être à l'origine de séquelles neurologiques irréversibles chez mon lectorat favori (quoi que, quand je vois l'état de certains, je me dis qu'il n'ont plus rien à craindre !), voici donc une nouvelle cuvée de ces charades faites maison qui ont la renommée intergalactique de ce site. Et après avoir exploré des thématiques un peu complexes qui en ont déboussolé plus d'un, je reviens à un sujet simple, à la portée des neuneus lecteurs fins et cultivés que vous êtes : les grands artistes de le chanson française ! Elle est pas belle, la vie ?

Avant de vous lancer à corps perdu dans la résolution des énigmes, je vous rappelle juste que le ciment de mes charades est l'à-peu-près infâme et qu'il va donc vous falloir faire preuve de créativité. Pour vous en convaincre définitivement, rafraichissez-vous donc la mémoire en allant relire les éditions précédentes, , , , , , , et itou...

Petite précision : à l'heure de la mise en ligne de ce billet, je serai en goguette et donc pas en mesure de guetter vos réponses par mail... Je vous propose donc de poster vos propositions de réponses directement dans les commentaires et de vous entraider (traduction : démerdez-vous !). Si vous ne trouvez pas tout, je posterai la solution complète à une date non fixée, selon mon bon vouloir.

Bon, assez jacassé : à vous de jouer maintenant !

A vos marques ! Prêts ? Partez !



Charade n°1

Mon premier est une façon de qualifier des transactions particulièrement répugnantes et amorales
Mon tout est un ou une artiste qui a apporté énormément à la chanson française



Charade n°2

Mon premier est la question que l'on se pose lorsque l'on aperçoit une tâche rougeâtre sur une enveloppe et que l'on se demande si c'est un cachet de cire ou si c'est simplement le facteur qui l'a souillée en mangeant son sandwich
Mon tout est un ou une artiste qui a apporté énormément à la chanson française



Charade n°3

Mon premier est au-delà d'un bonheur suprême particulièrement réjouissant
Mon tout est un ou une artiste qui a apporté énormément à la chanson française



Charade n°4

Mon premier est une devise qu'aurait pu faire leur les Romains antiques pour exprimer que tout repas doit nécessairement être accompagné de boisson
Mon tout est un ou une artiste qui a apporté énormément à la chanson française



Charade n°5

Mon premier est ce que l'on dit pour enjoindre quelqu'un de s'habiller très chichement
Mon tout est un ou une artiste qui a apporté énormément à la chanson française



Charade n°6

Mon premier est une exclamation pour signifier que le cheval que l'on vient d'essayer n'est pas un foudre de guerre
Mon tout est un ou une artiste qui a apporté énormément à la chanson française



Charade n°7

Mon premier est un amas de fruit tropicaux dont la décomposition finit par être gênante pour le voisinage
Mon tout est un ou une artiste qui a apporté énormément à la chanson française



Charade n°8

Mon premier est ce que disaient les Viennois en constatant que Schubert pratiquait sans vergogne des fellations zoophiles dans les rues de Vienne
Mon tout est un ou une artiste qui a apporté énormément à la chanson française



Charade n°9

Mon premier est ce que l'on répond sèchement lorsque l'on est en train de forniquer tranquillement et que l'on vient vous dire que le client suivant est pressé et aimerait que vous vous activiez
Mon tout est un ou une artiste qui a apporté énormément à la chanson française



Charade n°10

Mon premier est une préparation culinaire subtile à base de viande et de poisson mélangés
Mon tout est un ou une artiste qui a apporté énormément à la chanson française

mercredi 29 février 2012

Scout toujoursLe scandale du siècle

J'espère que ce billet n'attirera pas d'ennuis à votre blog, car les révélations qu'il contient sont de nature à déranger pas mal de monde. Cependant, lorsque l'on voit et qu'on entend certaines choses, il est impossible de ne pas en parler.

J'ai rencontré B... il y a une dizaine d'années, il avait à peu près mon âge et travaillait à St Laurent en Guyane. Il était remarquablement cultivé, c'était un passionné d'Histoire lui aussi, et nous avons tout de suite sympathisé. Il savait tout sur la guerre des Gaules et était capable de me décrire à quelques kilomètres près par quel chemin et dans quels villages les armées romaines étaient passées, et où avaient eu lieu les affrontements. La conversation était passionnante et dura une soirée entière. Il me parla de sa famille. Pendant l'occupation, son père avait été maire d'un village dont je ne citerai pas le nom, près de Vichy, et avait conservé son mandat jusqu'à à sa mort dans les années 80. Le médecin avait conclu à un arrêt cardiaque, mais plus tard il avait fini par l'avouer à B..., les vomissements qui avaient suivi son dernier repas qu'il avait pris avec des inconnus, lui avaient fait suspecter un empoisonnement. Peu avant sa mort, le vieux maire avait fait part à sa famille des révélations qu'il comptait faire aux médias, concernant la conduite de François Mitterrand pendant l'occupation.

Voulant en savoir plus, j'interrogeai B... qui m'avoua que l'affaire était très grave puisque sont père détenait des preuves écrites de la participation de Mitterrand à la déportation et à la mort de nombreuses personnes. Je n'ignorais rien du passé Vichyssois de l'ancien président, et me remémorai les phrases accusatrices d'Elkabach, lui reprochant d'avoir travaillé dans une administration où l'on fichait les juifs, et du silence gêné de son interlocuteur face à ces accusations. Mitterrand avait travaillé au commissariat général aux prisonniers. S'il avait été décoré de la Francisque, c'est bien qu'il y avait effectué son travail avec zèle, mais de là à faire déporter des gens, l'affaire était énorme. Je savais que Mitterrand n'avait pas abandonné ses méthodes cagoulardes, beaucoup de gens mouillés dans ses "affaires" avaient disparu de façon très suspecte, et leurs bureaux avaient été "nettoyés"peu après, j'avais d'ailleurs vu là dessus des dossiers qui étaient édifiants.

Ici aussi, les bureaux de la mairie où avait travaillé le père de B... furent cambriolés juste après sa mort. Voulant en savoir plus, son fils avait interrogé tous les collaborateurs de son père, mais en vain. L'Omerta régnait dans les bureaux. Il prit son courage à deux mains et décida d'aller lui-même fouiller dans ce qui restait des archives de la mairie, et constata que tout ce qui concernait la période de l'occupation avait disparu. Mais son manège avait été repéré, et dès ce jour, des gendarmes firent les plantons nuit et jour devant la mairie, ne laissant plus personne approcher. Peu après, ce fut au tour de l'appartement de B... d'être cambriolé, ses papiers avaient été fouillés, mais rien n'avait été volé. Peu de temps après, B... ne tarda pas à s'apercevoir qu'il était surveillé. Des inconnus interrogeaient ses voisins, des véhicules bizarres stationnaient devant chez lui. Mais ne se décourageant pas, il reprit son enquête et eut confirmation par un ami de son père que l'affaire était sérieuse, mais qu'il valait mieux ne pas trop s'y intéresser. C'était plus fort que lui, B... voulait savoir pourquoi son père était mort et s'acharna. Il ne tarda pas à recevoir des lettres anonymes, de plus en plus menaçantes.Le harcèlement fut tel qu'il décida de déménager.

J'aurais voulu en savoir plus, mais il était tard. J'avais à traverser la frontière le lendemain aux aurores et devais me coucher tôt, je dus donc rester sur ma faim et quittai mon ami. J'avoue avoir eu du mal à dormir, cette nuit là : toutes ces révélations s'aggloméraient dans mon esprit avec une logique implacable. Je savais que Mitterrand était indirectement responsable de la torture en Algérie, puisque c'était lui, garde des sceaux qui avait abdiqué ses pouvoirs en faveur de l"armée. Il avait d'ailleurs approuvé directement l'exécution de 32 Algériens et avait carrément ordonné l'élimination de Ben M'hidi, le héros de l'indépendance Algérienne, et qui plus est, ancien résistant. Alors Papon-Mitterrand, même combat ? D'autre part beaucoup de gens dans l'entourage immédiat de Mitterrand avaient été retrouvés "suicidés" dans des conditions plus que douteuses : Guézou, impliqué directement dans l'affaires des écoutes de l'Elysée, retrouvé pendu; Grossouvre "suicidé" avec 2 balles dans le crâne et son bureau nettoyé; Bérégovoy avec une balle rentrée par le haut du crâne, et auquel on avait subtilisé son carnet d'adresse, mais tout ceci, je l'avais lu ou regardé à la télé. Là, c'était autrement plus impressionnant, j'avais face à moi un témoin direct, quelqu'un qui avait vu, quelqu'un qui savait. Mais il me manquait un détail, Il me fallait en savoir plus, B... en avait trop dit ou pas assez. J'allais quitter la Guyane pour plusieurs mois et ne reverrais probablement jamais B... Il me fallait des noms, des lieux et des détails supplémentaires pour me faire une opinion. Je décidai donc de me lever une heure plus tôt et d'avoir une dernière conversation avec lui.

Le lendemain, nous déjeunâmes ensemble et je pus reprendre mon interrogatoire. B... me raconta qu'il avait fini par renoncer à son enquête et qu'il s'était décidé à oublier tout cela mais qu'il recevait toujours des lettres anonymes. Un jour, il faillit avoir un accident mortel : la durite de freins de sa voiture avait été retrouvée percée alors que le véhicule venait d'être révisé la veille, il soupçonnait le garagiste. Effrayé, il avait décidé de déménager à nouveau. Dans sa conversation, je saisis une phrase qui me révéla enfin la clef de l'énigme. Il me dit : "Il m'a fallu attendre la mort de Mitterrand pour qu'on me fiche enfin la paix !" Dans ces mots je reconnus les structures d'un délire paranoïde : je compris que notre ami B... était vraiment dérangé et que c'était sa durite à lui, qui avait pété.

Et vous, à quel moment l'avez-vous compris?

dimanche 26 février 2012

Saoul-FifreIrène et Georges

Ils habitaient le Couserans.

La vraie montagne, celle où il caillait sec, où les voitures n'arrivaient pas à monter les chemins. La neige était chez eux comme chez elle et tous leurs terrains étaient en pente raide. J'aurais eu à opter pour un animal d'élevage, j'aurais bien évidemment choisi le dahu mais la difficulté ne leur répugnant pas, ils avaient préféré acclimater en Ariège la petite Bretonne, cette merveilleuse vache laitière noire et blanche , très productive au regard de son format. La Bretonne est un produit d'exportation. Beaucoup de fermes dans les coins les plus reculés de France possédaient une "Brette". La race à viande locale, d'accord, mais une Brette, c'est bien pratique pour faire téter un veau délaissé par sa mère ou pour fournir le beurre et la crème pour la famille. Courageuse, la brette, et n'ayant pas peur de s'expatrier dans des hauteurs et des frimas très éloignés de la douceur de leur climat océanique natal.

La première fois que j'ai vu Georges, c'était lors d'une journée de formation à la traction animale. Nous avions tous les deux un Mérens que nous voulions mettre au travail et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il était difficile de passer à côté de Georges sans le remarquer. Grand, mince, hirsute, le visage viril taillé à la serpe, il portait ce jour là un pantalon de cuir noir avec lequel il semblait être né. J'appris par la suite qu'il en était l'artisan, voire l'artiste et que le travail du cuir était une de ses compétences.

On se revit dans d'autres réunions professionnelles et puis, un jour rare où Margotte me rendit visite, nous décidâmes de faire l'ascension de leur nid d'aigle. Pas de téléphone, pas de portables, les visites sont forcément des surprises impromptues, entre montagnards. J'avais juste quelques indications verbales pour les trouver. La Coccinelle renâcle bien sûr au premier virage en épingle à cheveux sur leur chemin taillé dans le rocher. On l'abandonne pour finir à pieds. Il fait nuit, je ne suis pas très sûr d'être au bon endroit mais une lueur tremblotte là-haut, il me semble. Le feu de la cheminée, oui, on nous ouvre et on s'installe tous devant le seul point de chaleur et de lumière. Dans ces terres de haute solitude, surtout par temps de neige, le visiteur est forcément bien accueilli, nourri et logé. Nous ne sommes donc pas venus les mains vides et nous sortons victuailles et boissons aptes à délier les langues.

Georges est un taiseux mais Irène veut bien parler pour deux. Ce sont des intellectuels parisiens pur souche. Hautes études, fonctionnaires, ils ont fricoté avec le mouvement Panique de Topor. Et puis comme tant d'autres à cette époque, ils ont tout quitté, la grande ville et ses folies, pour faire leur retour à la nature. Sans faire dans la demi-mesure : l'eau est captée là-haut à la source, aucun tracteur, aucun outil à moteur, traite des Bretonnes à la main, le bois est fait à la scie et à la hache... Hasard, leur coin paumé est célèbre. Un des best-sellers alternatifs des années soixante dix, "Notes de ma grange", raconte justement la vie que Michel et Sylvia Jourdan ont vécu dans cette maison . Irène et Georges en sont les dignes héritiers, les mainteneurs de la pureté de l'Esprit du Lieu. Irène, qui est astrologue kabbaliste, se voit régulièrement avec ce cher Dan Giraud, son quasi-voisin . Georges a un ricanement rationaliste quand je me lance dans des disputes d'écoles avec Irène. Margotte en profite pour abandonner lâchement le camp des poètes crédules et rejoindre celui des gens sérieux à qui on ne la fait pas.

Après une nuit dans le petit grenier-bibliothèque au dessus de la cheminée, avec les trous dans le plancher pour faire monter la chaleur du feu mourant, nous découvrîmes cet endroit magnifique se réveiller sous les caresses des rayons du soleil levant.

Nous sommes souvent remonté rendre visite à Irène et Georges, tout en haut de leur sente à Mérens. Ils sont descendus aussi quelques fois nous voir en Provence. Et puis qui peut empêcher la roue de tourner ? Ils se sont séparés, Irène a succombé à une longue maladie, comme on dit, puis ce fut le tour de Georges.

Mais je le reverrai toujours, droit comme un I dans son étonnant pantalon de cuir, et lui le sagittaire incrédule, s'entrainer paradoxalement au tir instinctif avec un des arcs de sa fabrication, activité dont il fera son dernier métier. Et je reverrai toujours la souriante Irène lançant des regards énamourés à son "grand homme" de mari.

jeudi 23 février 2012

AndiamoAvoir huit ans en 1947

J’ai huit ans. La guerre s’est terminée il y a tout juste deux ans. Je traîne mes guibolles de flamand rose dans les rues de mon quartier, quand je croise François.

J’aime bien François, c’est un « vieux » : il a au moins douze ans ! Dans deux ans, après son certif', il ira bosser. Il est costaud, il veut être maçon comme son père. François, il en sait des trucs ! Surtout sur les filles. Tiens, l’aut’ jour, il m’a dit que les filles, elles avaient des règles tous les mois. Moi, comme un con, je lui ai répondu : « Ben, elles ont de la chance : moi, faut que j’fasse un an avec ma règle en bois, celle qui est dans mon "carton" ».

- Mais non, t’es bête ! Les règles, chez les filles, c’est quand elles ont du sang qui sort par leur nénette…

- Putain, ça doit faire vachtément mal !

- Ben… ça j’sais pas, faudra que j’me rencarde.

- Pendant les vacances, elles ont aussi des règles ?

- Ouais, j’crois bien.

- Putain, j’suis content d’être un garçon !

Et puis on a continué à parler comme ça. Lui, il est en CM2 : encore le fin d’études 1 et le fin d’études 2 et il ira bosser. Son père le fera engager comme « mousse » sur un chantier, c’est lui qui ira au ravitaillement, principalement des douze trous, du rouge de déménageurs pour les compagnons maçons, ça lichetronnait sévère à l’époque !

Un autre jour, alors qu’on jouait aux billes, il s’est ramené avec sa belle tronche fendue d’un large sourire.

- Hé les mômes, suivez-moi, j’vais vous montrer quéque chose, mais faut la boucler, hein ?

Nous, on l’a suivi jusqu’au terrain du père « la Cerise ». Ce terrain faisait l’angle de deux rues. Il y poussait un magnifique cerisier qui donnait, chaque année et en abondance, des cerises un peu aigrelettes que l’on nomme ici : « Montmorency », ailleurs c’est peut-être bien des guignes. C’est bon la Montmorency quand, après une chaude journée d’été, encore gorgée de soleil, vous la faites craquer sous la dent, puis en faisant la bouche en cul de poule, vous envoyez valdinguer le noyau dans la tronche du copain !

Le proprio, un p’tit vieux, nous autorisait à cueillir des cerises pour notre consommation personnelle, à condition qu’on lui remplisse trois ou quatre paniers auparavant.

On s’approche en catimini de la haie de troènes, servant de clôture, et là on entend des sortes de gloussements.

En écartant un peu les branchages, j’aperçois la mère Sureau en compagnie de Mimile, un veuf qui passait la majorité de ses soirées à l’épicerie buvette, située face au terrain du père la Cerise.

Il lui avait relevé sa jupe à la mère Sureau, dévoilant sous ses bas vachement bien filés et titre-bouchonnés des cuisses énormes dignes des jambons qui sont en vitrine chez la mère Fallard, la charcutière de la route des petits ponts.

Elle gloussait, la mèmère, se trémoussait. Moi, j’avais jamais vu ça, je n’en perdais pas une broque….

- Hein mon Mimile, t’as jamais vu une belle femme comme moi ? disait-elle en frappant sur ses cuisses.

Et l’autre pochtron qui balbutiait : ben non, retire ton corsage que je « voye » tes nichons… Et puis quand ça devenait intéressant, y’a la mère de mon pote Roland qui rentrait de « ses ménages », alors on s’est tirés, rapport à l’avoinée qu’on aurait pris si elle nous avait surpris à mater.

Pour en revenir à la mère Fallard, la charcutière, on aimait bien venir « lécher » sa vitrine au moment de Noël. Son mari le charcutier confectionnait un énorme château en saindoux !

Ah ! Comme il était beau ce château, avec son donjon carré, ses créneaux ornant le chemin de ronde. Il poussait le détail jusqu’à agrémenter son chef-d’œuvre de quelques soldats réquisitionnés sans doute dans le coffre à jouets de son gamin.

On voyait un poilu côtoyer un soldat de l’empire, suivi lui-même d’un centurion Romain… Bonjour les anachronismes, le père Fallard, il en avait rien à secouer !

Un jour, on était restés plus longtemps qu’à l’habitude à contempler et commenter ce trésor de l’architecture médiévale en miniature, quand tout à coup la mère Fallard déboule, nichons ballotants, double menton frémissant :

- Tirez-vous, tas de salopiots !

Salopiots, nous ? Alors on est revenus un moment plus tard et on a glavioté sur sa putain de vitrine, à la mère Fallard. Des cachous mortels, bien gras, qu’on est allé chercher bien profond, ça dégoulinait vilain, et puis on s’est tirés. Elle a bien dû se douter d’où venait la vacherie mais : pas vu, pas pris !

C’est encore François qui nous avait appris qu’en devenant « grand », ben… on aurait du poil à la zézette ! Moi, ça m’avait un peu foutu l’trac : j’me voyais déjà avec la quéquette toute poilue comme la queue de mon chien, les battements en moins quand je serai content !

Je n’avais pas osé poser de questions, j’aurais passé pour un con, mes potes n’en savaient pas plus que moi, chacun restait dans son coin faisant comme si « il savait ». Enfin, à partir de ce jour, j’ai guetté l’apparition des frisottements, et je ne devais pas être le seul !

Et puis y’en a qui disaient : « ben quand les filles elles ont fini de voir pousser leurs nichons, elles sont bonnes à marier ». Déduction faisant office de sentence, alors chacun guettait les nichons de sa ou ses frangines afin de voir si la date du mariage approchait.

Y’avait pas un jeudi sans qu’on organise un concours de : celui qui pisse le plus loin ou le plus haut ! Parfois, en voulant arroser plus haut que le pote, on arrivait à se pisser dessus ! Mais bon, ça nous faisait marrer, y’a pas de petit plaisir.

Et pis t’as vu : y’avait pô d’quilles avec nous ! A l’époque, les gisquettes ne jouaient pas avec les garçons dans la rue, ou pas trop, les Mamans les gardaient à la maison. Les « bandes » de copains étaient composées de cinq ou six galopins, pas plus, et ça suffisait largement à notre bonheur.

dimanche 19 février 2012

Tant-BourrinTares trek (épisode 3)

An 2562. La Terre a, depuis près de trois siècles, intégré la Fédération intergalactique, regroupant des civilisations issues de milliers de galaxies différentes. Paix, connaissances et progrès règnent désormais en maîtres sur une immense partie de l’univers. Et chaque jour, des pionniers, à bord de leurs vaisseaux supraluminiques, explorent des espaces inconnus en quête de nouvelles planètes à pacifier.

Suite des épisodes 1 et 2



- C'est bon, caporal, je viens prendre la relève, vous pouvez disposer et aller vous reposer.
- Rrrrrr.... Zzzzz....

Le caporal Andy Amo, visiblement, n'avait rien entendu de la proposition du Lieutenant Taanb-Ouhrin : les mains crispées - du fait de son arthrose - sur le palonnier, sa tête ensommeillée dodelinait au gré des soubresauts de la trajectoire du Blogborygmus, faisant exécuter un fascinant ballet au filet de bave qui pendait au coin de sa bouche.

Le lieutenant mit ses mains en porte-voix et s'approcha à quelques centimètres de l'oreille (gauche, car il savait la droite hors d'usage) du caporal.

- CA-PO-RAAAL ! JE VOUS RELÈVE ! ALLEZ DORMIR !!!
- Hein ?... Heu... Bonvour Lieudenant !... Heu... Oui, v'est bas de revus !
- Pardon ?
- Ah, oui, efgusez-moi...

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