Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 24 mars 2008

ManouDu dépouillement et de la prière (Courrier international n°907)





Des sites d'information de la presse iranienne s'étonnaient dernièrement du soudain remplacement du chef de la police de la province de Téhéran. Le général Reza Zarei, fidèle du président Mahmoud Ahmadinejad, n'avait pourtant pas manqué de zèle. Depuis le durcissement des lois morales, il y a un an, ce gardien de la révolution multipliait les arrestations, notamment de femmes et d'étudiants, faisant activement régner la 'moralité' dans la capitale iranienne. Mais, voilà, le chef de la police lui-même a été arrêté en compagnie de six prostituées à qui il avait demandé de se déshabiller pour prier, comme le révélaient mardi 10 mars les très sérieux sites Farda News et Gooya News. L'ayatollah Mahmoud Hachemi Chahroudi, chef du pouvoir judiciaire iranien, a ordonné il y a trois semaines l'arrestation du général, court-circuitant le procureur de Téhéran Said Mortazavi, un proche de Zarei. La presse, soumise à l'autorité de ce même procureur, a pudiquement tu ce scandale embarrassant. Le sulfureux général a été libéré sous caution trois jours après son arrestation. A la veille des élections du 14 mars, l'affaire illustrait bien les tensions entre conservateurs, les religieux comme l'ayatollah Chahroudi cherchant à discréditer le camp des proches du président iranien.


Dans un tout autre registre, je vous conseille ce billet.

samedi 22 mars 2008

Tant-BourrinLa soupe

- Rends-toi, Graisseron, tu n’as aucune chance ! Rends-toi et tout va bien se passer ! Nous ne te ferons auc…
- Jamais !

La voix du Commissaire Lecarchaire, portée par un mégaphone, avait été brusquement interrompue par la réponse du forcené qui avait claqué dans l’air. Et, accessoirement, par le coup de feu qui avait également claqué au même instant et avait fait exploser le rétroviseur de la voiture derrière laquelle le Commissaire était accroupi.

En se débarrassant des débris de verre dans ses cheveux, Lecarchaire se demandait que faire. Oui, comment agir face à un tel coup de folie d’un homme pourtant jusque-là sans éclat ?

Toutes les informations qui lui avaient été transmises sur celui-ci, alors qu’il roulait, sirène hurlante, vers le siège social de Tartichou & Fils, lui avaient décrit un être falot et sans consistance, expert-comptable au sein de cette entreprise depuis près de trente ans, transparent, pas revendicatif pour un sou, timide et renfermé. Qu’est-ce qui avait donc pu le pousser à péter ainsi un câble, à débarquer dans sa boîte avec un fusil et à tirer dans le tas ?

La clé de l’énigme lui échappait et il lui fallait la trouver vite, Lecarchaire le sentait bien. Oui, qu’est-ce qui avait bien pu se passer dans la tête d’Anselme Graisseron ?

Lire la suite

jeudi 20 mars 2008

BofKamasoutra culinaire


Chez La poule avant hier c'était boudin. M'en est venue une idée de billet, et c'est tant mieux, je craignais de congeler le lectorat à force de récit québécois.

Depuis la nuit des temps, la pomme et le boudin ont uni leur destin pour substanter les affamés, les gourmets, et même certaines gallinacées.

Comme tout bon couple qui se respecte, pour briser la monotonie de la monogamie, ils ont tenté d'élaborer différents modes d'accouplement, réveillant ainsi nos papilles par d'audacieuses acrobaties culinaires. Certaines vous sont sans doute connues, comme l'union dans une poêle brûlante, en quelque sorte le missionnaire du boudin/pomme. Ou en levrette express, dans le sifflement aigu de la cocotte-minute.

Mais aujourd'hui, foin de ces amours convenues ! Aujourd'hui, cheminons de concert sur le chemin du tantrisme culinaire.

Tout d'abord, épluchons quelques pommes, à choisir suivant affinités, une petite note acidulée ne gâchera rien, au contraire. On les coupe en quartiers, pour les caraméliser ensuite dans un mélange beurre et sucre. Joliment disposés en rosace au fond d'un moule à tarte, on recouvre d'une pâte brisée, avant de cuire environ 15mn à 190°C. Oui, vous venez de faire une tarte Tatin, et le plus dur est derrière vous.

Maintenant, il vous faut du boudin. La simplicité apparente du produit cachant en fait d'énormes disparités gustatives suivant l'endroit où vous l'achèterez, je vous invite à une exceptionnelle vigilance. N'hésitez pas à tuer le boucher si vous n'êtes pas satisfaits : avec le boudin, on plaisante pas.

Ce boudin vous allez le poêler, et là deux options vont s'offrir: le couper en rondelles (très délicat) qu'on dispose sur la rosace, ou l'éclater complètement (ça défoule), pour pouvoir en tartiner votre Tatin démoulée juste tiède. Ayé, c'est déjà fini, facile non ?



Normalement, vous devriez subir quelques regards inquiets le jour où vous présenterez ça à vos invités. Mais ensuite, ils (exceptés ceux qui prétexteront un régime spécifique, une lâcheté gustative congénitale ou une solidarité sans faille avec le mouvement de libération de la pomme) en reprendront, je vous le garantis.

mardi 18 mars 2008

AndiamoL'effet papillon

Depuis quinze jours les chaînes de télévision, les stations radios, les journaux, internet, tout ce qui touchait de près ou de loin à l'information, suivaient, minute par minute, l'actualité brûlante en ce début de juillet 2030.

Aurons-nous la guerre ? Le Kamtchatka territoire indépendant depuis 2025, menaçait de balancer tous ses missiles à têtes nucléaires sur les Etats-Unis et ses alliés, si ces derniers continuaient à soutenir la Sibérie orientale, indépendante elle aussi, sur laquelle le Kamtchatka, en raison de sa situation géographique, réclamait l'annexion.

Et puis, fin Août, le président du Kamtchatka (élu avec 98,5% des voix) ! Avait fait brusquement volte-face, on murmurait à titre officieux que la Chine aurait menacé le président Ralliouchine des pires sévices, si ce dernier ne se calmait pas.

Le calme était revenu, et pour longtemps. Un matin, on avait retrouvé le bouillant et très démocratique président Ralliouchine, pendu dans sa datcha, située dans la banlieue de Petropavslovsk-Kamcatskij, la capitale !

Rodolphe Mézières, planté devant l'affiche en 3D 4x3, lisait la pub de la très sérieuse agence "RETRO-TEMPO" : de la reine Margot à Mao, rien n'est impossible pour RETRO-TEMPO ! Un peu débile, leur slogan qui proposait pour 2000 "Mondos" seulement un voyage dans le passé (le Mondo était devenu la monnaie internationale officielle en 2014, après le crack de Wall Street, tous les pays l'avaient adopté, sauf bien sûr ceux en voie de développement qui avaient été écartés, trop pauvres pour partager le gâteau, comme d'habitude !). Quant aux Suisses : ils n'étaient ni pour ni contre, bien au contraire !

Deux mois plus tôt, Rodolphe avait gagné 2000 Mondos au grand jeu Internet-Bol, l'animateur demandait le nom de la capitale du Kamtchatka et, bizarrement, il venait tout juste de l'écrire à l'ancienne sur une feuille de papier, aussi avait-il été le premier à faire courir ses doigts sur le clavier : Petropavslovsk-Kamcatskij, et avait gagné, devançant de deux centièmes de seconde son plus proche concurrent.

Ayant pris rendez-vous via Internet, Rodolphe se rendit dans l'immeuble cossu de l'avenue d'Iena, qui abritait les luxueux bureaux et laboratoires de Rétro-Tempo. Là, une hôtesse genre "top-modèle", tailleur bleu pétrole, escarpins assortis, décolleté vertigineux, l'accueillit, sourire "Ultra-Brite" sur ses dents carnassières.

-Bonjour Monsieur, vous désirez ?

-Euh...Bonjour Mademoiselle, je suis Monsieur Mézières, j'ai rendez-vous aujourd'hui avec Monsieur Dampierre.

L'hôtesse coiffée de son casque-micro, manipula un minuscule interrupteur placé à son poignet.

-Monsieur Dampierre ? Pouvez-vous venir un instant, votre rendez-vous vient d'arriver, merci.

Un homme d'une quarantaine d'années s'avança, main tendue, sourire éclatant sur un visage légèrement hâlé, poignée de main virile : Monsieur Mézières ?

-Oui

-Si vous voulez bien me suivre...

Après s'être calé dans un profond fauteuil, Rodolphe, un peu gêné, expliqua à son interlocuteur que son fantasme absolu serait de voir Marilyn Monroe, pouvoir respirer son parfum, juste humer le numéro 5 de Chanel laissé dans son sillage !

Dampierre sourit : je vous comprends parfaitement Monsieur Mézières, moi-même, voyez-vous...

- Ah bon vous aussi ? Et les voilà partis à se rappeler : 7 ans de réflexion, Bus-Stop, Comment épouser un millionnaire, The misfits, etc, etc.

Monsieur Mézières, rien de plus facile, nous pouvons parfaitement satisfaire votre désir, toutefois, vous devrez nous laisser un petit délai : juste le temps de nous assurer que votre petit séjour dans le passé, ne risque pas, et ce en aucune manière, d'influer sur l'avenir. Le fameux "effet papillon".

L'effet papillon ? interrogea Rodolphe. Dampierre lui sourit, puis calmement lui expliqua : un battement d'aile de papillon au Chili, peut-il provoquer une tornade au Texas ? Cela vous fait sourire Monsieur Mézières, mais écoutez ceci :

A cause d'un embouteillage, une voiture dut s'arrêter.

A cause du passager qui se trouvait à bord, un homme s'approcha.

A cause de sa haine pour l'homme qui se trouvait à bord, l'homme sortit un pistolet de sa poche, et tira.

A cause de la mort du passager, un pays entra en guerre contre un autre pays.

A cause des alliances internationales de ces deux pays, le continent s'embrasa.

A cause de l'importance du continent sur la scène mondiale, la terre entière bascula dans la guerre.

Tout cela au départ, à cause d'un embouteillage !

Comme vous l'avez compris Monsieur Mézières, ça s'est passé le 28 Juin 1914 à Sarajevo, Gravilo Princip venait d'assassiner François-Ferdinand, héritier de l'empire Austro-Hongrois, cet assassinat a déclenché la guerre de 14-18.

Un embouteillage, Monsieur Mézières, un simple embouteillage, vous comprenez maintenant notre prudence, il nous FAUT prendre toutes les précautions possibles et imaginables avant votre "télé-portation".

Deux semaines plus tard, Rodolphe reçut dans sa boîte à mails, un message lui donnant rendez-vous pour le lendemain. Munissez-vous de votre carte de crédit, était-il mentionné à la fin du message !

Même accueil que précédemment, sauf que l'hôtesse avait troqué son tailleur bleu pétrole, pour une tenue hyper sexy : pull jersey beige moulant, ne cachant pas grand-chose de son anatomie, micro-jupe brun de madère, et enfin bottes cuissardes en box-calf, assorties au pull complétaient la tenue de la jeune femme.

Rodolphe, après avoir acquitté la totalité de son "transfert", fut conduit dans la partie laboratoire de l'établissement, cette pièce était située au sixième et dernier sous-sol de l'immeuble. Serré contre l'hôtesse dans l'étroit ascenseur, il louchait sans vergogne sur les courbes généreuses de la bimbo.

L'ascenseur s'immobilisa, la jeune femme sortit la première, large sourire à l'adresse de Rodolphe, puis elle s'engouffra dans l'étroite cabine et disparut.

Dans la grande salle aux murs en inox "brossés", étaient présents : Monsieur Dampierre, portant une blouse blanche, ainsi qu'un assistant habillé de blanc également, le long du mur une rangée d'ordinateurs, au centre de la pièce un grand fauteuil métallique.

L'assistant conduisit Mézières jusqu'à une cabine d'essayage placée dans un des coins de la pièce : "Monsieur Mézières, je vous prie de vous changer, vous trouverez dans cette cabine les vêtements que nous vous avons préparés, quand vous serez prêt, venez nous rejoindre s'il vous plaît".

Voilà un "machino" plus vrai que nature ! s'écria Dampierre en voyant arriver Rodolphe dans sa combinaison grise, avec dans le dos écrit en lettres rouges : 20th Century Fox.

Vous allez être heureux, Monsieur Mézières ! Nous allons vous transporter à Hollywood, dans les studios de la 20th Century Fox, sur le tournage de "Sept ans de réflexion" ! Vous assisterez à la "mise en boîte" de la scène culte sur la bouche de métro !

Alors Monsieur Mézières, heureux ?

-Ah oui alors, plus que ça même, c'est comment dire... WAOUH !

Mais je vous rappelle que vous ne devrez toucher à rien, ne pas vous faire remarquer, on vous a habillé en "machino", vous passerez inaperçu, votre séjour sera bref, cinq minutes à peine, mais de grâce pas d'incidents, l'effet "papillon" n'oubliez pas !

Dites voir, s'il se produisait une panne de courant interroge le futur "voyageur" ? Aucun risque, cher Monsieur, nous sommes alimentés par deux groupes électrogènes, eux-mêmes fonctionnant grâce à une pile à combustible, autonomie totale, allons détendez-vous, tout ira bien. Et puis une fois le processus enclenché, tout est automatiquement géré par notre batterie de supers ordinateurs, connectés entre eux. Si, par le plus grand des hasards, l'un d'eux tombait en panne, les autres le relairaient, et puis que voulez-vous qui arrive de fâcheux ? Nous sommes bien protégés au sixième sous-sol. Allez, keep cool, comme on dit en Auvergne, ah ah ah !

Rodolphe n'en mène pas large, malgré les efforts de Dampierre pour détendre l'athmosphère. Ce dernier s'affaire sur le clavier, l'assistant, lui, est aux manettes.

Léger bourdonnement, une petite sensation d'apesanteur, l'odeur d'ozone qui lui pique légèrement les narines, sensation de vertige...

Soudain, Rodolphe plisse les yeux, un énorme projecteur l'aveugle, il porte la main à son front, pour en faire une visière. Et là, au milieu du plateau, il aperçoit son idole, elle est debout sur une grille, un énorme ventilo est placé dessous, le courant d'air soulève sa jolie robe blanche. Marilyn a beaucoup de mal à retenir le tissu qui virevolte dans tous les sens, elle rit de bon coeur : "Oh my God" ! lâche-t-elle à tout instant.

Calé dans un fauteuil de toile, Billy Wilder observe la scène. A coté de la belle Marilyn, Tom Ewell sourit, l'air goguenard, les caméras ne tournent pas encore, une répétition en somme. La jolie blonde sort de son décolleté un Kleenex et s'essuie les yeux, le courant d'air lui a fait couler une petite larme.

Action ! hurle Wilder. Marilyn lâche le petit mouchoir, celui-ci, porté par le courant d'air, atterrit aux pieds de Rodolphe, il hésite un instant, puis n'y tenant plus, il se baisse, le ramasse et le glisse rapidement dans sa poche.

Le parfum de Marilyn, porté par l'air brassé grâce au ventilo, vient réjouir l'odorat du faux machino, il s'en gave les fosses nasales, quel spectacle ! La robe blanche se soulevant, découvrant les jambes de Norma Jean, le numéro 5 lui parvenant en pleine face,et puis ce plus qu'il serre dans sa main, le petit mouchoir de papier qui a essuyé une larme de Marilyn, peut-être sera-t-il imprégné de SON parfum ?

Sans transition, l'ôdeur d'ozone remplace le numéro 5, la désagréable sensation d'apesanteur, les légers picotements, puis Rodolphe se retrouve dans le labo, il est vide, personne pour l'accueillir, il descend du fauteuil métallique, appelle : oh ! il y a quelqu'un ? Personne, sa voix résonne contre les murs en inox.

Il se dirige vers le petit ascenseur, appuie sur le bouton d'appel, rien ne se produit. Alors il emprunte l'escalier. Merde, songe-t-il, 2000 Mondos, bonjour la technique !

Il traverse le hall, vide lui aussi, l'hôtesse n'y est plus, pourtant mon "voyage" n'a duré que cinq minutes, songe-t-il, que s'est-il passé ?

Il se retrouve sur l'avenue... Le chaos, des immeubles en ruines, les voitures enchevêtrées, des cadavres jonchent les trottoirs, façades noircies...Rodolphe se dirige vers la place de l'Etoile, même spectacle de désolation.

Puis il commence à descendre les Champs Elysées, un homme hagard surgit du Drugstore Publicis, des boîtes de conserves plein les bras, putain de Ralliouchine grommelle-t-il !

Il l'a fait, songe Rodolphe, il l'a fait, comment est-ce-possible ? Pourtant il est mort : PENDU !

Alors, il plonge la main dans la poche de la combinaison grise, sort le petit Kleenex, le porte à son visage, identifie immédiatement la fragance : Numéro 5 de CHANEL.



dessin Andiamo 2008

dimanche 16 mars 2008

Saoul-FifreL'arche moi la grappe

J'étais dans une de ces périodes sympathiques de mon existence où, mon compte en banque présentant des formes avenantes, les joues remplies et le sourire repu, je n'éprouvais pas la nécessité de descendre à la mine gagner de quoi saupoudrer de parmesan mes spaghettis.

Ma lucidité n'ayant pas encore atteint le niveau élevé de compétence où elle s'ébroue depuis, gaiement, entre sagesse et modestie, je pris la saugrenue décision de travailler sur mes tendances artistes. Je sais, je sais, j'étais jeune, c'est la seule excuse qui me vient à l'esprit pour expliquer un tel manque d'auto-clairvoyance.

Mais ne riez pas tout votre saoul, réservez-en un peu pour la suite, le meilleur est à venir. Je feuilletai donc les pages jaunes de l'annuaire et finis par trouver une adresse semblant correspondre à ce que je cherchais. Je suis malheureux comme les pierres d'avoir perdu ma carte de membre et d'avoir la mémoire qui perd ses planches, car l'intitulé de cet attrape-gogo était un nom ridiculement ronflant qui aurait dû éveiller ma méfiance, mais je me répète : "Ah, si jeunesse savait...". Un nom du genre "institut des hautes études artistiques" ou "académie supérieure des arts plastiques" ou "œuvre didactique au service de l'art" ou bien "cercle des artistes en devenir", enfin un truc qui m'aurait fait fuir si j'avais été en possession de la plus petite parcelle de sens critique. Seule avait dû m'hypnotiser la longue liste des techniques dont il était soi disant possible d'apprendre la maîtrise.

Je me présentai donc. Ah tiens : anecdote qui me revient ! Devant le "temple de l'Art", une sirène de police se met à hululer très fort, tout contre moi. Je vois un type sortir à toute berzingue du Bar du coin et se précipiter vers moi, l'air ravi comme tout. J'entends les mots "alarme" "dernier cri" et je comprends enfin que je m'étais négligemment appuyé sur sa voiture. C'étaient les premières alarmes, je ne savais même pas que ça existait et je constate que le mec ne m'en veut pas du tout : ça lui a permis de faire son show devant tous ses potes du Bar et je lui apporte la preuve que son système est réglé fin-fin-fin. Je décline son offre de l'accompagner boire un coup.

La secrétaire me jette un regard suspicieux. Suis-je envoyé par un ancien élève, comment ai-je connu leur existence ? Ah oui, l'annuaire, c'est vrai : nous sommes dans l'annuaire... Cela ne paraît pas lui présenter de garanties bien sécurisantes, mais enfin, le refus de vente est un délit et comme je paye un trimestre d'avance, bast, elle passera sur l'absence de recommandation.

J'ai choisi d'attaquer par la poterie et dès le lundi suivant, je me retrouve dans un atelier tristounet où l'on m'explique les règles locales. En fait, je n'ai payé que le droit de mettre les pieds dans cette prestigieuse maison séculaire qui a vu passer tant de génies. Le prix de cet honneur si convoité a été calculé au plus juste. Tout le reste est payant : la terre utilisée, l'utilisation du four... Je me suis amusé pendant quelques semaines, mais mes pétrissages n'étant pas folichons, je n'ai pas eu à emporter mon boulot, donc rien eu à raquer. Le prof était jamais là, mais par voie de conséquence m'a laissé tranquille, ce qui d'une manière générale me convient au plus haut point.

J'ai commencé à piger l'esprit de la boutique en écoutant minauder les deux minettes qui "s'exprimaient" à mes côtés. Enguenillées de haute couture, ces écervelées au vocabulaire approximatif s'étaient sans doute faites éjecter du cursus normal et attendaient là, échouées sur une voie, de garage certes, mais noble et valorisante, que leurs parents leur élisent un prince charmant de haut-vol, haut fonctionnaire ou capitaine d'industrie.

C'est là que les connaissances artistiques qu'elles étaient en train d'acquérir s'avéreraient utiles pour superviser la décoration du home de leurs grands hommes. Mais il faudra également qu'elles leur donnent des héritiers.

Putain, j'étais tombé dans un nid de bourges ! Le quartier aurait dû me mettre la puce à l'oreille : l'école était à deux pas du Parc Bordelais !! Mais qu'est-ce que je foutais dans cette galère ? Et j'avais payé d'avance ! Le directeur de cette mascarade superficielle était un lécheur de cul de la plus belle eau. Jamais vu un gonze qui donnait l'impression d'aimer ce goût à ce point là. Il salivait, il en redemandait, du jus de fesses de ses clients-vaches-à-lait ! Il ne me restait plus qu'à prendre mon mal en patience : je m'inscrivis un peu à toutes les matières, à part la peinture. La règle était stricte, avant de touiller le pot, il fallait passer par la case "Dessin".

Qu'à cela ne tienne, j'avais réussi à me décrisper et à prendre ça comme une expérience rigolote. Je me mis à dessiner, mais dans le but de faire une sérigraphie. La sérigraphie, c'est gai, c'est pas cher et ça permet de tirer des affiches assez chiadées dans un fond de grange. En cas de conflit je trouvais que ça le faisait, pour faire chier les cons ou les envahisseurs. Un simple cadre de bois, une toile à maille fine agrafée sur les bords, de la gomme arabique pour boucher les trous là où on ne veut pas que la peinture traverse... Hop, on verse la peinture dedans, on glisse une feuille dessous, un coup de raclette, on récupère la feuille imprimée, on la met à sécher et on continue avec d'autres.

Et on peut pourrir une ville avec des slogans comme :

inactifs aujourd'hui
radioactifs demain

que m'avait repris la Fédération Anarchiste en 77 à Malville.

Bon, là, Avenue d'Eysines, j'avais fait soft. J'ai repris un des mythes qui me parlent, tels l'île, l'arche... Tant-Bourrin, lui, il idolâtre des personnages, Don Quichotte, Cyrano de Bergerac, Oui-Oui... mais il écrit bien quand même, le sujet n'est pas là, j'ai fait une embardée dans la phrase mais je me suis repris à la sortie de la locution adverbiale. Oui, j'ai donc choisi d'illustrer ce verset aussi biblique que sémantico-alcoolique, et néanmoins beau :

L'arche avait pour voilure une vigne

En voici le crayonné, sur calque :

vendredi 14 mars 2008

ManouLe lama soutra

Est un animal vivant exclusivement dans la steppe caillouteuse du volcan Tanzanien Ol Doinyo Lengaï où quelques moutons paissent également en liberté. La décoration du lieu témoigne de l’influence arabe dans l’islam chinois. Contrairement aux girafes, le lama soutra ne se nourrit pas du feuillage des cimes.

La période du rut se déroule selon un rite immuable. le mâle déclare d’abord sa flamme à la femelle par de longues plaintes stridentes entrecoupées de petits pets malodorants. La femelle marque son approbation par un sirtaki rapide (aussi appelé pidikhtós) .

Si la femelle se désintéresse de la bagatelle, si elle préfère les femelles ou si elle vient justement de copuler sauvagement avec un autre lama soutra, elle peut refuser la proposition. Son corps se recouvre alors de boutons purulents à l’activité explosive engendrant d’importantes retombées visqueuses.

Au cas improbable mais courageux où la femelle n’a pas d’avis définitif sur le sujet, elle prend sa carte au MODEM et attend le second tour pour prendre position.

Des positions, nous en reparlerons lors d’un prochain billet car l’acte sexuel du lama soutra n’a rien à envier aux meilleurs films X. Et c’est pas dommage.






mercredi 12 mars 2008

Tant-BourrinLes cerisiers blancs

Aujourd'hui, repos : j'ai décidé de faire mon Saoul-Fifre en vous pondant un billet qui ne m'aura pas coûté beaucoup d'effort.

En l'occurrence, je fais chanter Tant-Bourrine et, ma foi, je trouve cela fort reposant de glander de superviser le travail.

Rendez-vous dans dix jours pour un "vrai" billet.

Enfin, peut-être...



Tant-Bourrine - Les cerisiers blancs

(Paroles : Tant-Bourrin / Musique : “Sakura”, traditionnel japonais)

Téléchargeable directement ici

Paroles (© Tant-Bourrin)

La rizière
La misère
Voilà tout ce que je connais
Un destin au riz cantonné
Ma vie s'en va au ras du riz
Aux reflets de l'eau assoupie
Et je rêve
D'une trêve
Sous des cerisiers blancs

Une envie
D'infini
Contempler le soleil levant
Ecouter l'esprit dans le vent
Mais, hélas, mon sort, c'est le riz
Le labeur, la peine et l'ennui
La rizière
La misère
Loin des cerisiers blancs

Lire la suite

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 253 254 255 256 >