Blogborygmes

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mardi 5 février 2008

Saoul-FifreCarla

Andiamo nous a gentiment dessiné Carla. Comme il dit : "Mieux vaut tout de même sauter sur elle, plutôt que sur une MINE !"

Calune m'a demandé cet été, et comment peut-on refuser quelque chose à Calune, moi je n'y arrive pas, en tout cas, une interprétation de la magnifique chanson de Jean Ferrat l'Amour est cerise

Mais ya des petits trucs qui me déplaisent dans les paroles, sans que je puisse vraiment dire quoi, je sais pas, un côté trop travaillé à fond ou pas assez bien léché, vous voyez, ma gêne est floue et j'ai du mal à l'argumenter ? Toujours est-il que, n'osant bien sûr pas toucher à un seul mot écrit par le maître, j'ai choisi la dure voie de tout changer, de tout envoyer valser.

Le bon dieu me le pardonne, je suis un voyou.

Ses bretell's sont mises
Sa ceinture, bouclée
Boutonne ta chemise :
On voit tes nénés
L'amour est sottise
Le travail, pressé
Vraiment tu l'épuises
Faut qu’il aille bosser

De colère, tu trembles
De le voir tout mou
Tu trouves son membre
Au dessous de tout
Même dans ta bouche
Il reste piteux
Normal que tu louches
Vers tant d'autres queues

Pour te voir éteinte
Il est prêt à tout :
Te rendre enceinte
Pratiquer l'vaudou
Ne porte pas plainte
Les flics, il connait
Une bonne verveine-menthe
Saura te calmer.

Tu deviendras ronde
T'auras des envies
De fraises en Novembre
Mais plus de son vit
Que tes draps s'inondent
Car dans son ennui
Ton petit immonde
appuie ta vessie.

Allez, sans rancune
Il va à l'Elysée
Gagner plus de thunes
Rentrer plus usé
Taper dans ta lune
Là, faut plus rêver
Tu sais ses lacunes
Il va t’épouser

Ses bretell's sont mises
Sa ceinture bouclée
Boutonne ta chemise :
On voit tes nénés
L'amour est sottise
Le travail pressé
Vraiment tu l'épuises
Faut qu’il aille bosser !

Et pour les réclamations sur la qualité de l'interprète, adressez-vous à Calune et à sa Calunette, les vraies coupables !

dimanche 3 février 2008

ManouMioule et foutrix : février 2058





Mioule et Foutrix coulent des jours heureux en maison de retraite, sur Mars, planète colonisée en 2035. Des greffes d’organe ont permis de remplacer leurs systèmes digestifs par un ingénieux mécanisme de photo-synthèse prélevé sur des fleurs de tournesol génétiquement modifié (le tournesol pousse dorénavant sans eau). Ainsi la nourriture n’est pas un souci pour Mioule et Foutrix.

Ils n’ont plus, non plus, aucun besoin de recherche spirituelle depuis que l’existence de Dieu a été formellement démentie. En l’an de grâce 2008, sur la base du postulat qu’un religieux vaut mieux que tous les laïcs, le prophète ZORSAKY 1 invoqua la puissance divine pour remédier à la baisse du pouvoir d’achat. Devant l’absence de réponse, impuissants, les mécréants au pouvoir assistèrent à la chute irrémédiable de la société moderne. Ils furent même contraints de porter le voile pour éviter d’être reconnus et lapidés en place publique. De quoi supposer, s'il existait, que Dieu a bien créé l'homme à son image.

Mioule et Foutrix ont aussi fait une croix sur leurs petites virées en voiture avec Séraphin. Séraphin s’est mis en ménage avec Hi. Hi ubiquite tandis que Séraphin cherche sans fin le meilleur chemin pour le rejoindre. Voilà pourquoi leur relation ne connait pas les affres de l’immobilisme.

Mioule et Foutrix se contrefichent également de l’amour du prochain. Leur prochain le plus proche était leur fille Mioulefritx, cette fantastique tradeuse qui fit gagner (par une erreur de manipulation) 100 milliards d’euros à l’ONG MEDECINS du CŒUR. MEDECINS du CŒUR s’est reconvertie en organisme de crédit à court terme tandis que Mioulefritx passe son temps entre un yatch supersonique et un ashram dernier cri. Elle n’a guère de temps a consacrer à ses végétaux de parents.

D’ailleurs, Mioule et Foutrix n’ont tellement plus besoin de rien qu’ils sont morts, en fait, voici plusieurs années.

Mais pour l’instant nous sommes en 2008. Mioule et Foutrix ont un moral d’acier.

vendredi 1 février 2008

Tant-BourrinLe blogbodico (5)

Vous l'avez déjà compris à la lecture du titre du billet : j'ai replongé dans l'enfer du Blogbodico. Après m'être crâmé par plaisir la santé en écrivant les tomes un, deux, trois et quatre, voilà que, dans le stress de l'urgence de pondre mon billet du jour, l'envie irrépressible d'en griller un cinquième m'a saisi.

Il faut dire que je m'amuse tellement à forger ces mots nouveaux que je n'arrive pas à m'en lasser, même si je sais que je risque à terme de choper un cancer du cerveau à cause de cette sale manie.

Dites, ça existe, les patchs anti-Blogbodico ?

Des psychopatchs, en quelque sorte ?




Accordéontologie : (n.f.) Règles et devoir qui régissent une profession, susceptibles de s'adapter toutefois aux circonstances et intérêts en jeu. La belle déontologie des journalistes est devenue de l'accordéontologie après un coup de fil de l'Elysée au directeur du journal. Elle est retombée comme un soufflet !


Amourroïde : (n.f.) Varice des veines de l'anus consécutives à une pratique abusive de la sodomie. - Ce soir, je me sens en pleine forme, je vais te faire goûter de ma bombe H ! - Heu, non, désolée, ça sera plutôt de la préparation H pour moi : j'ai des amourroïdes.


Bathyscafetière : (n.f.) Cafetière produisant un café très concentré et permettant de remonter à la surface les personnes mal réveillées, encore en plongée dans les grandes profondeurs nocturnes. Punaise ! Ce matin, j'avais la tête dans le cul. Il m'a fallu une bathyscafetière pour m'en sortir !


Bibiothèque : (n.f.) Edifice destiné à recevoir une collection d'objets et de photos à vocation narcissique. Bienvenue dans ma bibiothèque : voici mes dents de lait, puis des mèches de mes cheveux recueillies à différents âges, puis une collection de mes meilleures rognures d'ongle. Et dans la salle suivante, vous allez pouvoir admirer mes plus belles déjections... (syn. : l'ego-land)


Cache-noisettes : (n.m.) Sous-vêtement masculin de taille très réduite destiné à masquer le strict minimum. L'équivalent féminin du cache-noisettes est le masque-à-ras.


Castring : (n.m. angl.) Ensemble des acteurs et actrices jouant dans un film pornographique. Par extension, test d'évaluation visant à sélectionner des acteurs et actrices pour un film pornographique. Allez, à poil, montre-nous un peu tes fesses ! Quoi ? Tu ne savais pas que c'était pour un castring ? Arrête, la ficelle est un peu grosse !


Cérhumaine : (adj.) Qualifie une personne à l'écoute des autres, bien que souffrant d'un problème d'audition. Mamie est très cérhumaine : gentille, mais dure de la feuille !


Colloquinte : (n.f.) Accès de toux violent survenant pendant un colloque, généralement au moment le plus intéressant d'un exposé. Une grosse colloquinte est souvent suivie d'une colloration rouge du visage.


Conquéquette : (n.f.) Personne du sexe opposé que l'on a séduite dans le seul et unique but de pratiquer l'acte sexuel. Nota bene : si les rapports sont homosexuels, on parle alors plutôt de con-con ou de noeud-noeud.


Coucouroucoucou niet : (loc.) Interjection exprimant une exaspération à l'écoute de chansons d'amour langoureuses et autres roucoulades. Coucouroucoucou niet ! Eteins-moi cette radio, ça me les brise !


Crottinette : (n.f.) Jouet d'enfant consistant en une planchette montée sur deux roues et dont l'utilisation par les parents finit généralement en vol plané après un dérapage sur une déjection canine. (syn. : pas-tout-net)


Diarrhéopage : (n.m.) Réunion de gens savants qui dégoisent pendant des heures et des heures leur diarrhée verbale. Punaise, je me suis tapé cinq heures de réunion hier. Un vrai diarrhéopage ! Qu'est-ce que je me suis fais chier !


Excaliburnes : (n. propre) Burnes légendaires encastrées dans la roche que seul le jeune Artorthur réussit à arracher à la tenaille, ce qui fit de lui le Roi des bourreaux et des tortionnaires.


Founambule : (n.m.) Homme allant de conquêtes féminines en conquêtes féminines. Les gynécologues sont parfois, par abus de langage, considérés comme des founambules.


Hiérarchierie : (n.f.) Organisation sociale qui fait que chaque individu est subordonné à un autre qui le fait profondément chier. La hiérarchierie est souvent l'un des constituants essentiels des diarrhéopages (voir ce mot).


Maltouffe : (n.f.) Toison pubienne féminine infestée de morpions. José Beau-Vit combat sans relâche le fast-foutre et la maltouffe.


Merlancolique : (n.f.) Diarrhée provoquée par une consommation excessive de poisson. J'ai connu un maquereau qui a dû se recycler : les morues lui filaient une putain de merlancolique chronique.


Précis-pisse : (n.m.) Jeu typiquement masculin consistant a essayer d'atteindre une mouche en plein vol alors qu'on urine aux toilettes. Y'a de la pisse partout dans les chiottes ! Quel est l'enfant de salaud qui s'est lancé dans le précis-pisse ?


TeeBee r'nâcle ! : (interj.) Juron courant chez les lecteurs québécois de Blogborygmes, exprimant un vif mécontentement. TeeBee r'nâcle ! C'maudit criss de Souf' a incor pondu un cré mardeux billet sur son ostie de câlice de saint-ciboère de truie !


Trompétomane : (n.m.) Amateur d'instruments à vents. Le trompétomane, après avoir goûté aux flageolets, s'essaya aux trompettes sonores.


Urino-pharyngite : (n.f.) Infection urinaire pouvant s'étendre jusqu'au pharynx chez les personnes qui ont les boules. Peace ! Peace ! Tu n'as que ce mot-là à la bouche ! Tu vas finir par choper une urino-pharyngite !

mercredi 30 janvier 2008

BofVacherie

La semaine passée, entre deux déclarations d'amour Tant-Bourrinesques, Saoul-fifre a attiré mon attention sur un évènement majeur de ce 21ème siècle. Un évènement qui pourtant n'avait pas attiré mon attention, honte sur moi, alors que tant de mes aïeux se sont échinés dans le bocage percheron.

Bocage et percheron, déjà ça se précise un peu, du moins pour ceux et celles qui situent l'endroit ;)

Dans le bocage donc, il y a des prés. Dans le pré, y'a de l'herbe et des vaches qui la broutent. Le hasard faisant bien les choses, caché derrière un brin d'herbe, souvent, la vache trouve un taureau. Et là, un phénomême bien connu depuis l'antiquité se produit : la vache et le taureau se mettent à parler de choses et d'autres. Parfois même ils préfèrent les faire qu'en parler. Neuf mois plus tard, de cette causerie naîtra un veau et la vache, dans un élan bien compréhensible d'instinct nourricier, verra son pis se gonfler outrageusement. Sur le sort du veau, on ne s'appesantira pas, à moins que quelqu'un ne soit intéressé par ma recette de rôti de veau grand-mère. On pourrait par contre se pencher sur le phénomène qui voit nos paysans abandonner les anciens patronymes bovinesques de Pâquerette ou Marguerite, pour désormais utiliser Carmen, Pamela ou Emmanuelle. On gardera toutefois le sujet sous le coude pour un prochain exposé sur la vie des seins et de leur aréoles.

Le veau cuit et digéré, que se passe-t-il ? Eh bien la vache continuera à donner du lait quelques mois, sauf quelques récalcitrantes sur le sort desquelles je ne m'appesantirai pas non plus, à moins que quelqu'un ne soit intéressé par un bon pot au feu.

Vous voilà donc à la tête d'un cheptel bovin qui, entre deux œillades langoureuses dues à votre habileté à lui tripoter les nichons, vous gratifie matin et soir d'un torrent lacté de qualité supérieure. Gloire et fortune, vous dites-vous, on va en faire du fromage, et pas n'importe quel fromage, du CA-MEM-BERT ! Que celui qui a pensé du gruyère, même si la rime est acceptable, se dénonce. Bien entendu, lecteur de blogbo diplômé, vous êtes quelqu'un de bien qui, à la facilité des méthodes industrielles, préfèrera soigner son camembert, le bichonner, et SURTOUT, SURTOUT, ne fera pas chauffer le lait servant à sa confection sous le fallacieux prétexte d'en tuer les bactéries, vilaines bactéries qui risqueraient de rendre des gens malades et par là-même de faire bobo au chiffre d'affaires après campagne de presse et dépréciation journalistique. Votre camembert si bien traité peut désormais afficher fièrement son AOC, signe distinctif réservé aux bons élèves qui ont respecté un processus très précis, incluant le terroir, la qualité de la matière première et une méthode de fabrication plus proche de l'artisanat que de la production en chaîne.

Tout va pour le mieux dans le plus vert des prés quand débarque le méchant de l'histoire : Lactalis. Grosse grosse boite Lactalis, succes story d'un petit paysan qui a fondé un groupe devenu aujourd'hui un des leaders mondiaux du fromage, produisant les célèbres "Président" et, en prime, pour la vitrine, repreneuse de quelques AOC prestigieuses : Lanquetot et Lepetit entre autres.

Jusque-là, tout va toujours bien. Sauf que.

Lactalis, l'an passé, dans un soudain souci de santé publique, a décrété qu'il était trop dangereux de continuer à faire du fromage au lait cru et qu'il fallait changer les régles du jeu de l'AOC. Vous, lecteurs de Blogbo et producteurs du meilleur des camemberts, vous avez bien sûr fait front pour dénoncer un diktat industriel prenant prétexte de salubrité pour produire à moindre coût, au détriment du goût. Pour l'instant, vous avez gagné et le géant Lactalis a préféré sortir de l'AOC pour employer non pas la pasteurisation, oh le vilain mot, mais la THER-MI-SA-TION. En gros, tu chauffes un peu, mais juste juste un peu pour tuer les méchantes bactéries, tout en gardant toutes les spécificités du lait cru. Regardez bien sur les boites, vous allez rigoler, en attendant la prochaine offensive, car j'ai idée qu'ils laisseront pas tomber comme ça.

Ici dans le sud, des producteurs de camembert y en a pas, alors je remercie Catherine qui, en dépit de sa propension à la grasse matinée, fabrique un excellent fromage de brebis, pour m'avoir éclairé sur la franche rigolade qu'est la thermisation, sur les effets bénéfiques des bactéries et sur le risque à long terme d'une alimentation aseptisée, empêchant nos défenses immunitaires de s'exercer, nous rendant ainsi de plus en plus vulnérables au moindre petit crobe.

En résumé, plus c'est bon au goût, meilleur c'est pour la santé, choisis ton camp camarade.



Vivent les vaches, vive Catherine et vive le camembert !

lundi 28 janvier 2008

AndiamoMa p'tite école

Huit heures moins le quart. Depuis le bas de l'escalier qui mène aux chambres, ma mère crie : "debout, c'est l'heure !" Je me lève, encore "ensuqué", descend, "b'jour m'man", bisou, le chocolat m'attend, bien chaud, le pain posé sur la table, je m'en coupe deux belles tranches dans le sens de la longueur, du beurre étalé généreusement, et je mâche consciencieusement, j'ai la dalle comme tous les matins.

Un coup de gant de toilette sur le museau, la brosse à dents pour le principe, je m'habille. Le vieux Godin ronfle bien, douce chaleur... Je lace mes galoches, laçage vite fait, pas d'oeillets dans ces pompes, des crochets ! J'enquille mon cartable, une "gibecière", pour avoir les mains libres.

Vachement esquintée cette gibecière ! Pourtant, chaque fin d'année, elle passait à la remise en état chez le "bouif", on ne gaspillait pas, ce sac c'était aussi un "de mon frère", la seule marque que j'ai eue étant mino.

"Au revoir m'man", re-bisou, je tire la porte d'entrée, le froid me pique le visage, la porte reste ouverte un petit moment. "Ferme vite, crie ma mère, je ne chauffe pas pour la rue !"

Après avoir descendu la volée de marches du perron, je me retrouve dehors. Le portillon ne ferme pas à clé, inutile à cette époque.

Je passe chercher un copain, histoire de jouer aux billes en chemin. Pour s'amuser tout en avançant, on faisait une partie de "tique et patte". Ce jeu consiste à lancer une bille, le copain lance la sienne, s'il touche la vôtre, il la gagne, par contre, s'il ne la touche pas, mais qu'entre sa bille et la tienne il y a une patte, c'est à dire la distance qui sépare l'extrémité de ton pouce de celle de ton auriculaire, c'est gagné !

J'peux te dire qu'on les a écarté les pattes, à s'en péter les jointures ! Ça permettait de jouer tout en marchant et de se distribuer quelques marrons quand y'avait contestation !

Nous arrivons devant l'école après être passés devant le déballage du brocanteur. Wah, tous ces trésors ! De la vis de trois en passant par le couteau Suisse un peu ébréché, le cheval à bascule tenant sur trois pattes, jusqu'au vieux vélo vachement bien rouillé, la caverne d'Ali Baba ! Plus loin, le charcutier. Chaque année, il édifiait un château de saindoux pour les fêtes de Noël, je trouvais ça vachement beau, le Michel-Ange de la charcutaille, le Rodin de la matière grasse, le Bourdelle de la cochonaille !

Un peu plus haut encore, la boulangerie, avec ses confiseries. J'vais pas parler des "mistrals gagnants" : à cette époque y'en avait pas encore ! Par contre, les rouleaux de "zan" avec la perle dragée au centre, rouge, verte, bleue, ou blanche, et les "couilles d'âne" - nous on les appelait ainsi -, c'était des confiseries à la noix de coco, une petite "chapelure" de sucre de différentes couleurs sur le dessus, elles se présentaient sous forme de boules de la grosseur d'une balle de ping-pong, vachement bon.

En face, l'herboristerie. Il n'y en a pratiquement plus. En entrant... le parfum : la réglisse, l'anis, le tilleul, la verveine... Quel bouquet ! Fascinants, tous ces bocaux en faïence, alignés, avec les plantes dessinées dessus, et le nom latin du contenu.

Nous, on achetait, rarement toutefois, un bâton de réglisse, c'était un morceau de bois de la taille d'un crayon, on suçait cette "racine", mélangée à la salive, la réglisse présente dans le bois, nous parfumait agréablement la bouche, ça n'était pas excellent, mais ça ne coûtait pas cher, et puis des petites esquilles se fichaient entre deux dents, alors à l'aide de la plume "Sergent-Major" on retirait l'intruse, puis on crachait copieusement.

Ecole JEAN JAURES, une petite pancarte, à droite de la porte, indique le nom de l'établissement. Deux corps de bâtiments : à droite, les filles, à gauche, les garçons, pas de mixité, années quarante obligent.

Une grande cour, plantée de platanes, toutes les classes en enfilade, pas d'étages. Pour accéder aux salles, un petit perron, quatre ou cinq marches. Au fond, le préau. En entrant, tout de suite à droite, le bureau de Monsieur le Directeur ! Ça ne plaisantait pas, t'aurais vu l'allure, kif-kif Basil Basaroff, le marchand d'armes dans Tintin "l'oreille cassée" tu veux la page ? Bon, la 33, feignasse !, copie conforme ormis le bada, mon Basil à moi portait un chapeau mou.

Tous les instituteurs possédaient un sifflet à roulette pour rappeler à l'ordre, au cours des récrés, le dirlo, lui, un sifflet en laiton, au son aigu et strident. Il sifflait le début et la fin des récrés, le début et la fin des classes, et ne laissait à personne cette prérogative. Quand il entrait en classe, debout, garde à vous ! Même l'instit n'en menait pas large : le patron c'était lui ! En cours d'année, il faisait même des contrôles de connaissances, histoire de voir si les enseignants faisaient bien leur boulot.

Fin de récré, coup de sifflet, tous les mômes STOP !, des clébards à l'arrêt, en rangs par deux, devant les classes, les distances, mais si, un bras entre toi et le voisin situé devant, un bras avec le voisin de gauche.

Avancez ! Nous montons les marches du perron et entrons en classe. L'odeur de la craie, du charbon. On se chauffait à l'aide d'un énorme poële, l'encre dans les petits encriers de faïence, inclus dans les pupitres à deux places, noirs, avec gravés au couteau, tous les noms des générations de cancres qui s'étaient succédés. A chaque extrémité de la salle, une porte vitrée ouvrant sur la classe voisine, en face, l'estrade, le grand bureau du maître, et derrière, le tableau noir.

Aux murs, des cartes immenses, les sympathiques, avec les noms des montagnes. C'est nous qu'on avait le plus haut sommet d'Europe na! 4807 mètres le Mont-Blanc (c'est nous qu'on : pas Français ? et alors...). Dans l'cul les autres pays avec leurs collines à la con ! Les fleuves et leurs affluents avec leurs jolis noms : Garonne, Loire, Rhône, Ardêche...

Et puis la carte vacharde, flippante, la MUETTE ! Plus rien, nada, le désert ! C'est où l'Allier ? Le Mont Gerbier des Joncs ? De quoi gerber, oui ! Ah putain, les engins de torture, j'le prenais quand il voulait aux osselets ou à tique et patte, ce con ! Il m'aurait d'mandé le blase du pote de Mandrake, illico j'répondais Lauthar ! L'ennemi juré de Pif le chien : Hercule ! Le traître dans Blake et Mortimer, sans hésitation : Olrik ! Ça j'savais, mais jamais d'interros sur des sujets intéressants !

La classe commençait par la leçon de "morale". Pas si con que ça, cette leçon, car l'instit lisait une petite histoire, de laquelle nous devions tirer une "morale", résumée en une phrase, que l'on écrivait sous la date du jour. Je pense que la journée commençait plutôt bien, une histoire, ça calmait les gamins, les assagissait, ensuite, arithmétique, dictée, les réjouissances...

Dans les plumiers en bois, vachement bien déglingués, tu penses, le porte-plumes et la "Sergent-Major", quelle saloperie ! Déjà, dans les encriers, on y trouvait des morceaux de buvard, des bouts de craie, etc. Quand tu f'sais pas gaffe, tu piquais l'un de ces morceaux indésirables, et PAN sur le cahier, putain le paté, l'engueulade ! Et puis, après la guerre, le papier des cahiers était pourri, des bûches dans le papelard, alors quand la plume refusait l'obstacle, une magnifique trainée, une rafale de taches. Moi je trouvais ça joli, mon côté artiste en somme, mais pas au goût du maître : réprimande, punition, je n'ai pas eu d'instits frappeurs, juste une grosse gomme qui volait parfois.

L'heure du déjeûner arrivait, je mangeais à la cantoche, il fallait apporter son pain et sa serviette, souvent le premier roulé dans la seconde et bouffé avant midi, dans la case, en loucedé, ne pas se faire gauler ! Des grandes tables, cinq d'un coté, cinq de l'autre, des bancs. Malheur au dernier, assis au bout, en "porte à faux", car parfois, avec un synchronisme parfait, quatre gamins se levaient d'un coup, et le malheureux assis en bout, basculait et se retrouvait le cul par terre !

Tous les jours : la soupe, vachement consistante, ça t'nait au corps, ça tenait la cuillère debout aussi ! Le meilleur jour, celui des petits suisses, les catapultes ! On plaçait le petit fromage sur le manche de la cuillère, creux de l'icelle tourné vers soi, s'écarter légèrement, baisser la tête, puis avec le poing, frapper vigoureusement : le suisse part comme un V2, magnifique parabole, avec un peu de bol il finit sa course sur la tronche du premier de la classe ! Aucun danger pour moi, j'étais peinard de ce côté-là !

L'été, quand tu avais soif, pas de robinets, ni de quoi s'abreuver dans la cour, alors on se rendait aux pissotières, c'était une grande ardoise, sans séparations, on se voyait pisser, on pouvait voir celle du voisin, on jouait à "qui pisse le plus haut", tous les garçons ont fait ça ! On voulait tellement être le plus haut, que parfois le jet te retombait dessus, mouillant le tablier, noir bien sûr, ou les godasses.

Au-dessus de la pissotière, une rigole en ardoise dans laquelle coulait en permanence de l'eau, comme nous étions trop petits pour atteindre la rigole avec notre bouche, nous mettions deux doigts dans "l'abreuvoir", l'eau coulait le long de notre main, puis du bras. Nous avions pris la précaution de retrousser une manche, alors nous pouvions boire, aspirant la flotte qui coulait sur nous. Fallait être blindé, parce que t'aurais vu la mousse bien verte qui poussait là-dedans, plus toutes les saloperies que les mômes balançaient !

Je ne sais pas vous, mais nous, à l'école, on s'appelait par nos patronymes, même les instits. Jamais à l'école on ne m'a appelé par mon prénom ! Dans la cour, quand on s'interpellait, c'étaient des : "Ho Durand ! Ho Dagonio ! Ferrand !" Ça a changé ?

A quatre heures trente, la classe s'achevait, je rentrais, parfois un peu inquiet, des lignes à faire signer, pour "bavardage" intempestif, AIE AIE AIE ! Les devoirs du soir, un p'tit exercice du "BLED", un p'tit problême, vite expédié tout ça, tu penses !

Le quatre heures dans une main, morceau de pain de deux livres, du beurre, quatre ou cinq morceaux de sucre ou du chocolat en poudre, parfois de la confiture "maison", ou encore, vachement bon, une banane écrasée sur le beurre, MMMHHH ! Dans l'autre main, des billes ou mon lance-pierres, des fois qu'un piaf suicidaire passe à proximité ! Rassure-toi, j'en ai pas beaucoup mouché !

On se retrouvait encore dans notre rue, pas bien longtemps, hélas, en semaine, ma mère ne me laissait pas trop traîner...

Ma p'tite école ? Rasée ! Laminée ! Seuls les platanes subsistent encore. En lieu et place... un jardin d'enfants. Les mômes occupent toujours le terrain !


Petit jeu Blogbo : Je figure sur cette photo, trouvez où !
Le premier qui enverra une bonne réponse se verra offrir un voyage TERRE-LUNE (aller)

samedi 26 janvier 2008

Saoul-FifreEt c'est ainsi que Tant-Bourrin est grand

Tant-Bourrin naquit à Nagasaki un matin de Février embaumé de ces fleurs d'amandiers dont le blanc juste titillé de rose affole les abeilles au sortir de l'hiver.

Oui non mais là, je regrette, mais les faits renâclaient à se soumettre à l'épreuve de la poésie. L'espèce des abeilles s'était éteinte depuis lurette et les troncs noirs et secs des amandiers se découpaient, minéraux, sur fond de volutes de fumées en niveaux de gris. Un air vicié, huileux, chargé de molécules teigneuses aux effets couvrant le spectre de tous les délires progressistes, et d'une teneur en éléments radioactifs apte à faire flipper grave les os de la mort de sa mère, lui défripa sauvagement les alvéoles pulmonaires et lui arracha un long cri démuni de toute harmonie tandis que son anus égrenait un chapelet de miconium à l'aspect désopilant.

Notre Tant-Bourrin était à pied d'œuvre, déjà tout nanti des atouts qui devaient nous le rendre si attachant, notre attaché-culturel-au-fond-de-la-casserole, en quelque sorte...

Sa mère exhuma un sein bien nourri d'un bon vieux soutif des familles à froufrous, spécialement acheté pour faire baver le personnel médical de la maternité. Elle en présenta la turgescence humide au bébé braillard qui louchait dessus avec un air inquiétant de sérial téteur, mais dès qu'il fit mine d'attaquer la mise en bouche, elle remballa son pack de lait cru en lui disant : "T'es pas ouf ? Mais c'est qu'il me mordrait, ce chiard ! T'auras ton bib de bouillie fayots / topinambour et c'est tout !"

Ce qui nous donne une sérieuse piste explicative sur sa future sexualité exclusivement oro / anale

À l'âge où les porteurs de couches s'adonnent à leurs odieux gazouillis, le petit Tant-Bourrin avait déjà trouvé son concept-maître des "Blogborygmes" à base d'onomatopées baragouinées

Dans les bacs à sable, son charisme inexistant et sa tronche binoclarde de premier de la crêche en fit le souffre-douleur idéal. Ha il en a pris des coups de râteau et des entailles au tesson de bouteille ! Sont-ce ces expériences qui lui ont donné ce style incisif, cette tendance à la taquinerie et cet humour en demi-teinte rouge sombre ?

Ayant mis de longues années à maîtriser son transit intestinal, et n'arrivant d'ailleurs pas à éviter quelques rechutes, et les mictions nocturnes ou impromptues suite à un trop plein émotionnel faisant partie d'un quotidien lourd à assumer, les quolibets de ses camarades tortionnaires ne lui manquèrent pas. Il sublima par la suite ces souvenirs dévalorisants dans un opus sentant fort le vécu

La maturité venant, les miasmes nucléaires ayant entouré sa naissance semblèrent s'être trouvé des petits gênes à faire muter. Tant-Bourrin se transforma en monstre littéraire. Un mutant de la plume. Hosannah, un poète nous est donné ! Enfoncé, Queneau le mesquin, avec ses ridicules cent mille milliards de poèmes

Il nous fit ce cadeau inestimable dont on ne peut se lasser...

Régulièrement, quand le moral est au plus bas, qu'on ne sait plus à quel sein se nouer, quel chemin emprunter, la médication que je conseillerais, au risque de me voir poursuivi pour exercice illégal de l'hilarité, et ce, sans limitation aucune dans la posologie, serait de vous replonger dans ses "Leçons de vie", par exemple celle-ci ?

Car c'est ainsi que Tant-Bourrin est grand

jeudi 24 janvier 2008

ManouLe miroir aux alouettes






Ingrédients :

- 1 canapé
- 1 télévision
- 1 voisin patriote
- 1 pizza hut
- 2 rosiers


Préparation :

Ce soir, la femme/l’homme de votre morceau de vie vous a promis la lune. Non seulement il/elle rentre les mains vides, sans la moindre petite place eurodisney, mais il/elle s’écroule sur le canapé devant la télévision, victime, comme vous, de sa pratique épuisante du mouvement perpétuel.

Ne vous laissez pas abattre. Inspirez profondément puis effectuez 3 roulades avant. Vous être à présent devant la porte de la cuisine. Posez la main sur la poignée de la porte et entrez. Inspirez à nouveau profondément pour vous rendre compte que la poubelle a besoin d'être sortie. Sortez la donc et croisez votre voisin patriote, celui qui chante la marseillaise en pédalant sur son vélo d’appartement. Gratifiez-le d’un roucoulement en guise de salut. N’allez pas jusqu’à lui picorer dans la main.

De retour dans votre salle à manger, vérifiez l’incapacité manifeste de la femme/l’homme de votre morceau de vie ne serait-ce qu’à manipuler la télé-commande. Constatez votre propre déliquescence. Ecoutez les cris affamés de votre progéniture commune (ou non,…avec la prolifération des morceaux de vie tout cela devient très compliqué) Il ne reste qu’une solution : vous rendre au pizza hut du coin de la rue.

Contrairement à la fois précédente, ne revenez pas avec une mobylette mais avec deux pizzas. Ouvrez la porte-fenêtre qui donne sur votre jardin de 33 m2 et, d’un magnifique mouvement de lancer de disque, projeter la pizza (face ingrédients vers la ciel) contre les rosiers du mur d’en face. Procéder de la même façon avec la seconde pizza, cette fois en la lançant à l’envers (face ingrédients vers le sol). Vous vérifierez ainsi que la face ingrédients bénéficie d'une meilleure adhérence. Vous vous en doutiez un peu. Rien de mieux qu’une bonne méthode empirique.

Vous pouvez maintenant vous asseoir sur le canapé, aux côtés de la femme/l’homme de votre morceau de vie, et profiter pleinement d'un agréable sentiment du devoir accompli.


Suggestions :

- Vous pouvez remplacer votre voisin patriote par Georges Clooney, la poubelle n'en sentira pas davantage le café.
- En cas de grosse, grosse fatigue, je m’intéresse à la mécanique quantique et je vérifie qu’une pizza peut se trouver sur 2 rosiers différents au même moment.

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