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jeudi 20 juin 2013

AndiamoEt pour vous une tite côte ?

Non, il ne s’agit pas d’une côte du Rhône, quoique au casse-croûte, le matin, avec un jambonneau…

Non, ce matin, je vous emmène en Picardie, à Mers-les bains, sur la côte d'Albâtre. Une jolie petite ville typique à la frontière de la Normandie : la Bresles, petit fleuve côtier, sert de « frontière ».

Cette charmante ville possède l’architecture typique des villas de la fin du XIXème, début XXème siècle. Elles servaient de résidences secondaires aux riches bourgeois parisiens en mal d’iode et de bains de mer forts à la mode à cette époque.

Les trains de plaisir ainsi nommés, car ils emportaient ces riches bourgeois vers leurs chères « villégiatures » - c’est ainsi qu’on les nommait - venaient tout juste de voir le jour.

La gare du Tréport les accueillait et, de là, un fiacre les conduisait jusque devant leur chère propriété.

Construites en style Picard-Normand, elles avaient fière allure. Dans les années soixante, elles étaient devenues minables , façades lépreuses, colombages aux peintures écaillées, alors la région a décidé de les remettre en valeur !

Tons pastel, mélange subtil des teintes, harmonie des nuances, cette « promenade » est devenue une splendeur, et je n’exagère pas.

Allez, suivez onc’ Andiamo, il vous emmène le long de cette plage… Vous avez vu ? On y pratique le surf ! Ce jour-là, les rouleaux étaient modestes, mais il est des jours où ils sont bien plus importants ! Et tout au bout, Mesdames (et vous aussi Messieurs), la récompense : un bar-restaurant monté chaque année sur la plage et démonté fin septembre, car ici les tempêtes de l’hiver ne lui laisseraient aucune chance. Il vous accueillera, on y sert des glaces… HUMMM !








(et là au fond le bar-restaurant aux gelati golosi)



(Daguerréotypes Andiamo)

vendredi 14 juin 2013

Tant-BourrinAnselme Lagravelle (1) : le gang des post-it

Connaissez-vous une situation plus jouissive que de voir un connard, la bouche en cul de poule, toquer timidement à la porte de votre burlingue pour vous implorer de venir à son secours ? Non ? Moi si : c’est voir Martin Crogouillon agir ainsi. Parce que là, avec le Crogouillon (dit « le contrepet ambulant »), ce n’est pas à un connard que j’ai affaire, c’est à un champion toute catégorie du neurone valétudinaire ! Le parfait trouduc (contrairement au prince Phillip qui, lui, est un true duc), un emmerdeur en chie majeur, un emplâtre (de Paris), un morbaque en complet-veston, un abruti de troisième (il n’a jamais pu passer en seconde, en encore moins en première) doté d’un encéphalogramme si plat qu’il ferait passer Jane Birkin pour Lolo Ferrari (paix à son mamelon !), un adipeux gluant qui, alors que la Grèce est en crise économique, passe son temps à économiser sa graisse. Bref, vous aurez compris que je ne le porte pas particulièrement dans mon cœur, ne serait-ce que parce que mon palpitant n’a rien d’une grue de manutention.

Or donc, voilà que mon charmant voisin de bureau, responsable du service achats et fournitures, la mine penaude et déconfite d’un canard, vient me souhaiter le bonjour, lui qui d’ordinaire m’ignore avec morgue. Vous me direz, avoir de la morgue quand on bosse chez Charnier & Co., leader mondial des pompes funèbres, c’est avoir l'esprit d'entreprise !

- Heu… Salut, Lagravelle ! Tu vas bien ?

STOP !

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lundi 10 juin 2013

celestineVroum Vroum

J’ai toujours pensé, comme Maurice*, que « les idées toutes faites étaient généralement des idées mal faites ». Aussi ai-je mis un point d’honneur, (qui est la version polie du doigt du même nom) pendant des années, à m’intéresser à des sujets que le sens commun réserve habituellement aux garçons, et ce depuis le premier cadeau trouvé au pied du sapin. Juste pour prouver que les filles aussi, ça en a sous le capot. Parmi eux, en bonne place, se trouvent le foot et les bagnoles.

La vie a fait fortuitement que je sois l’aînée d’une famille de quatre garçons (dans le vent) et que très tôt, il m’ait fallu partager leurs jeux si je ne voulais pas me retrouver toute seule dans ma chambre à enfiler des perles. Ma petite sœur-miracle est venue bien trop tard… J’étais déjà presque partie du nid.

Les parties de billes ou de ballon, dans le long couloir du F5 que louaient mes parents, m’ont laissé des souvenirs impérissables. Du coup, il me fut quasiment impossible d’intéresser mes frangins à mes premières poupées mannequin (on ne l’appelait pas encore par son prénom aux consonances homophoniques et germaniques de triste mémoire). Moman et moi étions en infériorité numérique.

Et puis, ce n’était pas l’époque, en plus… Il était clairement établi que la layette était rose bonbon sucé pour les filles et bleu fadasse pour les garçons. Dans cette joyeuse ambiance, mon père croyait me faire plaisir en m’achetant des voitures NOREV dont l’odeur de plastique est restée à tout jamais gravée dans ma mémoire olfactive. Et le premier jour où je suis arrivée à table maquillée et en robe, mon père s’est aperçu avec une surprise non feinte que j’étais une fille. Pis que ça, que je devenais une femme et que personne ne l’en avait informé dans cette baraque !

Il est d’ailleurs étonnant de constater une fois de plus la remarquable supériorité des filles sur les garçons. Personne, même encore de nos jours, ne trouve à redire au fait que les filles jouent aux petites voitures ou aux indiens. Personne ne se dit que ce n’est pas normal. Ma féminité n’a jamais souffert d’avoir monté des châteaux en Légo ou joué aux fléchettes. Mais qu’un garçon montre de manière un peu trop appuyée son goût pour la dînette ou les poupées, et aussitôt l’on s’inquiète de sa future identité sexuelle, et on envisage déjà une thérapie au CMPP** tout en imaginant avec dépit une vie entière de lazzi et de quolibets, et la fin du patronyme par un tarissement inéluctable de la descendance.

Le foot était une seconde religion à la maison. Ma pauvre mère aurait bien aimé suivre son feuilleton favori, mais par malheur, si un épisode tombait un soir de foot, c’en était fini du suspense. Il y aurait à tout jamais un trou noir dans le destin de la Dame de Montsoreau… car évidemment, il n’y avait que trois chaînes, nationales, un seul poste de TV pour sept, et pas d’internet, d’ordi, de tablette, de smartphone, de replay, de mp3, de mp4, de dvd, de streaming et de vidéo à la demande…

- Maman, tu vivais vraiment comme ça ?
- Eh oui, mon fils. C’était la préhistoire du numérique, à tel point que je me demande toujours avec inquiétude si mon dos ne se recouvre pas subrepticement d’écailles quand j’en parle…

C’était la grande époque des Verts, (qui c’est les champions évidemment c’est les Verts) qui a laissé une empreinte tenace dans ma mémoire, et je suis capable d’énumérer quasiment toute l’équipe, en commençant par Rocheteau et Bathenay, que je trouvais craquants, l’un avec ses bouclettes et l’autre avec sa petite gueule d’ange. Mon père nous emmenait dans le Chaudron, et nous revenions des soirées de match enhardis et joyeux. Et même pas bourrés. Et on pouvait encore se risquer à aller en famille voir un derby Saint-Etienne-Lyon, sans risquer de se retrouver aux urgences avec dix points de suture à l’arcade, ou la bagnole défoncée à la barre à mines. Parallèlement, les voitures nous permettaient de passer de bons moments de jeu sur le chemin du retour. On jouait « aux départements » (impossible de nos jours avec les nouvelles plaques) Et on jouait « aux marques ». Je connaissais les modèles par cœur, et je pouvais rivaliser avec mes frérots sur n’importe quelle marque. Les bagnoles avaient de la gueule, mieux que ça, elles avaient « une » gueule. La deuche, cultissime avatar d’une société libre et insouciante, parenthèse enchantée, baise et union libre à tous les étages, haschich, hippies et peace and love, à égalité avec le minibus Volkswagen orange à fleurs. Ah la la ! pffioouuu, j’aurais presque un début de petit semblant d’orgasme à cette pensée.

L’Ami 6 et sa tête d’ahurie, la DS au long museau de requin, L’aronde… la Simca 1000, le pou du ciel (la fiat 500), la Coccinelle…la traction avant (avant quoi, je me suis toujours posé la question !) J’en oublie, bien sûr !

Je ne me trompais jamais dans la série des « R ». Elles étaient toutes mythiques ! la R4 ou 4L (dans ma tête, je disais 4 ailes, déjà poète à mes heures) avec son levier de vitesse perpendiculaire au tableau de bord; la R 8, surtout la Gordini, bleue avec des bandes blanches et les roues légèrement penchées pour la tenue de route (J’ai d’ailleurs compris plus tard pourquoi mon père disait que le chien avait les pattes « gordini ») …Et la R 14 et sa forme en poire…

Mon père, lui, ne jurait que par Peugeot, il avait possédé successivement la 203, la 403, (celle de Columbo) la 404 et la 504…avec le zéro qui symbolisait soi-disant le trou de la manivelle… On installait aussi de temps en temps le circuit avec les manettes et les petites voitures qui avançaient dessus grâce à des patins de cuivre qui faisaient contact dans des gerbes d’étincelles. Les sorties de route étaient nombreuses, et les disputes fournies ! On revivait les 24 heures, et le couloir prenait alors toute sa dimension de ligne droite des Hunaudières…

Et puis je ne sais pas ce qui s’est passé. Je me suis laissé déborder, à l’époque des premières expériences de flirt où ce qui importait était surtout d’avoir assez de place dans les voitures pour s’embrasser sans être gênés aux entournures. La vie m’a embarquée, études, boulot, enfants… Profitant de mon inadvertance, le foot et les bagnoles sont partis dans tous les sens. Je suis donc obligée, moult années plus tard, d’avouer ma crassitude ignorantissime dans ces deux matières qui permettent pourtant tellement de briller en société !

Le foot est devenu la jungle que l’on sait : un immense lupanar du ballon rond dédié au dieu Argent. Une entreprise lucrative pour les annonceurs et les Princes du Qatar avides de se la faire briller à coups de pétro-dollars. L’idole du moment, Zlatan Trucmuchovitch, a la grâce singulière d’un videur de boîte décérébré. Même pas j’en voudrais après deux ans de disette.

Les bagnoles, elles, se ressemblent toutes, maintenant, les Renault se sont mises à porter des noms de filles, les Peugeot je ne sais plus du tout à quel numéro elles en sont, et puis l’invasion des japonaises, des allemandes, des slaves a multiplié les occurrences et la concurrence…les « petites gueules » ont été sacrifiées sur l’autel de la pénétration dans l’air et de la ligne épurée. Les 4x4, les hummer, les pick-up ressemblent à d’énormes signes extérieurs de puissance écrasant sur leur passage les petites berlines de monsieur tout le monde. Les breaks ont été supplantés par des monospaces monomaniaques faisant le pari de trimballer sans encombre 7 gosses, 14 valises et une table de ping-pong. Je suis incapable de distinguer une marque ou un modèle.

Non, il y a quand même une exception. Grâce à ma mémoire visuelle, je reconnais encore les symboles éternels, chevaux cabrés, ailes déployées, taureaux furieux, fauves bondissants, RR entrelacés, des voitures que même de prononcer leur nom déjà tu as mal au portefeuille…A croire que la constance soit réservée aux produits de luxe.

Bref, voilà où j’en suis. Je ne parviens plus, malgré tous mes efforts, à soutenir une conversation correcte sur ces deux sujets, au grand dam de mon unique collègue masculin pour lequel je tente, ponctuellement, de faire quelque effort, mais ça se résume souvent à : « Qui a gagné le match hier soir ? » Ce qui me donne droit à un résumé circonstancié que je ponctue de « Ah ! » et de « Oh » bigrement intéressés.

Ou bien « Alors, c’était comment, le Monte-Carlo au Burzet ? » A l’énoncé de cette simple question, son regard s’illumine, et le voilà parti à me raconter l’étape, comme si j’étais à même de saisir les finesses de la conduite sur neige ou sur gravier, et les difficultés techniques de la spéciale ardéchoise. Mais je n’ose lui dire que si par miracle je peux citer Sébastien Loeb, c’est qu’il porte le même nom qu’une chanteuse des années 80 qui se vautrait dans le coton. Ben quoi, on a les procédés mnémotechniques qu’on peut…



* Maurice Druon in "Tistou les pouces verts"
**Centre Médico-Psycho-Pédagogique


lundi 3 juin 2013

AndiamoL'ange (d'après une blagounette)

(ch'tiot crobard Andiamo)


Elle était là, face à la mer, sa brune chevelure flottant au vent, ses yeux d’un vert profond reflétaient la furie des vagues battant les falaises blanches.

Elle était nue et ne semblait nullement souffrir du froid accentué par le Noroît, ce vent qui comme son nom l’indique souffle du nord et quasiment en permanence sur cette côte de la Manche.

Je ne voyais aucun vêtements posés près d’elle.

- Vous n’avez pas froid ? demandais-je bêtement, histoire d’engager la conversation.

- Non, je suis habituée, je viens très souvent ici, me répondit-elle en me gratifiant d’un généreux sourire.

Le grain de sa peau était magnifique, je pensais qu’elle aurait eue la chair de poule à cause du froid. J’adore quand, sortant de la douche, une femme présente cette particularité, j’aimais avant l’amour faire prendre une douche à mes jolies fiancées afin de me régaler de leur peau ainsi légèrement granuleuse.

Elle suivait du regard, vert son regard… Ah ! Je vous l’ai déjà dit ? Pardon, je me répète, à mon âge rien d’étonnant ! Elle suivait, disais-je, le vol de deux goélands cendrés nombreux dans cette région. Ils s’amusaient, leurs ailes largement déployées, à suivre les courants ascendants dus à l’effet dynamique du souffle contre la falaise. Les vélivolistes et parapentistes connaissent bien ce phénomène.

Elle les regardait un léger sourire sur ses lèvres à peine rosées, les mains croisées sur ses genoux.

- Il est facile d’en faire autant, me dit-elle en se retournant et me fixant droit dans les yeux.

Par ce mouvement, elle fit bouger légèrement sa poitrine, ce qui eût pour effet de me mettre dans un état proche de l’Ohio !

- Car l’effet dynamique est tellement violent que quiconque peut planer un instant : il suffit de bien écarter les bras et les jambes !

En disant cela, elle rosit légèrement, ce qui ajouta à ma confusion.

- Vous avez l’air dubitatif ? m’interrogea-t-elle en secouant sa jolie tête, faisant virevolter son épaisse chevelure noire comme les abysses.

- Ben oui !

Lentement, elle se leva, dévoilant une partie de sa personne qui ne laissait aucun doute quant à la naturelle noirceur de sa chevelure !

Elle s’approcha au plus près du vide, je lui bredouillais quelque chose comme :

- Attention, vous pourriez glisser !

Elle se retourna, me dédia un sourire à faire fondre un Bouddhiste même endurci (sans allusion aucune), elle écarta ses bras et bascula en avant !

Je ne pus retenir un cri !

Précautionneusement, je m’approchais du bord de la falaise, prenant garde aux éboulis pouvant se produire à tous moments... Elle était là, deux ou trois mètres plus bas, bras et jambes écartés, puis elle remonta, profitant de l’effet de pente, et atterrit avec une grande maestria quatre ou cinq mètres derrière moi.

- Alors ? interrogea-t-elle.

- Incroyable ! Vous avez réellement volé !

- Oh, voleter plutôt, soyons modeste ! Mais vous pouvez en faire autant, vous savez ?

- Moi… Moi ? Vous plaisantez ?

- Pas du tout ! Allez-y, je vous accompagne afin de vous rassurer. Quoi qu’il arrive, je serai là.

Je m’approchais du bord de la falaise, au plus près même. Elle m’avait précédée : bras et jambes écartés, elle flottait en contrebas. Elle était vraiment splendide, et l’envie de la rejoindre et de flotter ainsi à ses côtés fut la plus forte…

Je m’élançais dans le vide, bras et jambes largement ouverts, et bien sûr je chutais ! Au passage, j’ai eu le temps de l’entendre dire :

- Je suis un ange… Mais une belle salope tout de même…

Depuis je suis assis à côté d’elle au bord de la falaise, et nous attendons des gogos !

lundi 27 mai 2013

AndiamoJ'ai vu pleurer un homme

C’était il y a peu… Cet homme avait été pêcheur.

Pêcheur, un vrai, un mec qui se lève au gré des marées, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente…

Pêcheur sur une mer pas facile, toujours froide toujours houleuse, avec des courants entre mer du Nord et Manche, du vent, toujours du vent, ce vent glacial que l’on nomme Noroît.

Il faut bien gagner sa croûte, alors tous les jours on désamarre les haussières, on quitte le quai, on emprunte le sas qui vous mettra à niveau avec l’avant-port, un petit bonjour à l’éclusier et on embarque, le patron pécheur et un matelot à bord, pas plus.

Ce sont des petits bateaux, pas des navires usines qui saccagent tout. Ces bateaux-là pratiquent une pêche respectueuse le long de la frange côtière, ramenant selon l’époque de l’année, harengs, coquilles Saint-Jacques, lottes, cabillauds ou tourteaux…

Aussitôt débarqué, le poisson est vendu par leurs épouses sur le quai ! Soles, carrelets, harengs frétillent encore ! D’autres s’en vont pour Rungis où ils seront dispatchés, et enfin quelques-uns alimentent les restaurants de la ville.

Entre les pêcheurs et leur bateau, c’est une histoire d’amour, je n’exagère pas. Quand ils passent plus de vingt ans sur un barlu, ils en connaissent les moindres recoins, ils se souviennent de toutes ses avaries. Ils connaissent ses faiblesses, ses points forts. Parfois ils l’ont poussé dans ses derniers retranchements afin d’affronter une tempête et rentrer sains et saufs au port.

Il faut sauver les hommes mais aussi le bateau, c’est leur vie, leur survie même, c’est le ch’tiot Pierre, la Maryse, l’Etoile du matin, la Fée des mers : tous ces jolis noms qu’ils donnent à leur bateau, le cajolant comme ils le feraient avec une jolie femme.

Et puis, un jour, c’est la catastrophe, pour une raison inconnue se déclare une voie d’eau !

Que s’est-il passé ? Le presse-étoupe de l’arbre d’étambeau qui a lâché ? A-t-on heurté quelque chose qui aurait occasionné une déchirure dans la coque ? On ne le saura jamais.

C’est le naufrage, on jette le « Bombard » à la mer, le patron pêcheur veille avant tout à sauver son matelot, c’est son devoir, il y parvient, le temps de déclencher la balise de détresse, les secours arrivent rapidement.

Les hommes sont saufs, c’est l’essentiel direz-vous ? Bien sûr, mais lorsque le père apprend que le bateau qu’il avait offert à son fils quand il a pris sa retraite est au fond… Il n’a pu retenir ses larmes !

J’ai vu pleurer un homme…

(Ch'tiots crobards Andiamo, photos itou )

mercredi 22 mai 2013

AndiamoGood luck (la suite par BLUTCH)

Préambule : Il y a quelques temps, Blutch m'a fait parvenir une suite à l'histoire que je vous avais contée ici même. L'ayant trouvé fort savoureuse j'ai pensé en accord avec les "Boss" qu'on pourrait la publier.... Voilà c'est fait.



- Non, Francis, on reste là. Ces Messieurs-Dames veulent du gibier, pas des bêtes d’abattoir. Ça ne va pas les intéresser de nous flinguer à bout portant. Ils veulent des sensations fortes, il y a moyen de leur en donner. On va être descendu, c’est certain. Comment pourraient-ils nous remettre dans la nature après ça. Ils auront leurs sensations fortes, mais ce sera selon mes règles du jeu. Messieurs-Dames, on va partir depuis le centre du parc, de façon à ce que vous non plus ne puissiez avoir une assistance, OK ? Maintenant qu’on est loin de tout, je veux au minimum une heure d’avance sur vous, OK ?

Se saisissant d’un fusil par surprise, Aline pose ses conditions :

- Soit, alors pour être certain d’avoir ce laps de temps, je vais démonter vos fusils. Vous êtes chasseurs, vous devriez savoir les remonter, non ? Alors où est le problème ? Francis, tiens le flingue s’il y en a un qui bouge tu tires. Bon, là, j’ai eu peu mélangé les pièces pour mettre un peu plus d’ambiance. Et pour les sensations fortes, je garde le dixième flingue. Un d’entre-vous va aussi caner aujourd’hui. Avouez qu’ainsi, ça met plus de suspens. Ceux qui en réchapperont ne pourront plus se passer de ce petit plus qui fait le sel de la mort… Francis, tu vides leurs sacs, tu bousilles les ravitaillements et les boissons, sauf deux rations qu’on embarque. Maintenant, Messieurs-Dames, que la chasse commence…. Si d’aventure vous envisagez de réclamer de l’assistance technique, vous risquez de trouver ce flingue en face de vous, alors vous vous démerdez en mode survie.

Aline et Francis sont partis d’un pas souple et rapide en direction de la partie haute de l’île.

- Putain, t’y va pas de main morte, mais tant qu’à faire, on aurait pu quitter le parc… Non, là, je crois que j’ai dit une connerie... On pourra jamais repartir de l’île, c’est ça ? Mais je ne sais pas si c’est vraiment mieux que la situation initiale. On a un flingue avec une balle, mais ils en ont encore neuf…

- Ouais, mais neuf flingues non-violents. Les axes des percuteurs sont là. Ils peuvent se douter qu’on va les attendre vers la porte s’ils y retournent, donc ils vont se démerder pour bricoler. Ça risque d’être long… Les mémères n’ont pas forcément les aiguilles à tricoter du bon diamètre. Tu sais qu’on va devoir en tuer un max… tous, ça serait génial, mais faut pas rêver ! En attendant, on prépare un piège.

- Aline, fais comme moi, enlève tes fringues.

- Tu crois que c’est le moment pour la bagatelle ?

- T’as vu les panneaux de signalisation qu’on a sur le dos ? Orange fluo, il ne manque plus que de dessiner la cible… A loilpé et badigeon de boue pour faire couleur locale. J’ai vu un arbre impec, j’y accroche mes fringues et un bâton pour faire croire que je suis en position de tir. J’ai fait de la déco de théâtre, ça devrait faire illusion. Mais explique-moi ce putain de pari que tu as fait.

- Soit : mon père est complètement ravagé du citron, Il était militaire de carrière dans les commandos. Ses dimanches de perm. On les passait à faire du biribi dans les bois. Sa fierté était de pouvoir démonter et remonter son flingue les yeux bandés, alors je t’explique pas les maniements d’armes le soir à la veillée pendant que je rêvais de pouvoir jouer avec mes barbies… Un ravagé pire qu’un beauf ricain. Ça m’a fait acquérir quelques compétences particulières, même si ça va pas nous sauver la mise pour autant, on va tout de même pouvoir s’amuser la moindre. Crever d’accord, puisqu’il semble que ce soit l’heure, mais pas comme des perdreaux d’élevage. Dans l’arène, le taureau a des cornes, même si ce n’est pas souvent lui qui gagne…

Aline se cache dans la faille d’un rocher à proximité de l’arbre où Francis a accroché son mannequin. Avec une liane, il peut l’agiter ou faire tomber une pierre pour attirer l’attention.

Après deux heures d’attente, une femme arrive, attentive, regardant partout. Elle a vu le tireur, elle épaule son fusil et se fait éclater la tête par un vigoureux gourdin. Francis la déshabille rapidement et cache son corps sous des fourrés. Il récupère la balle du fusil en admirant le bricolage sur le percuteur avec une épingle à cheveu.

Le temps pour Aline de s’habiller et des bruits de voix se font entendre. Ils sont deux, marchant de conserve. La femme n’a pas de fusil.

Sans la chute d’une pierre, Ils n’auraient pas vu le tireur embusqué dans son arbre.

Tournant le dos à Aline, l’homme épaule et - PAN ! - sa tête éclate. La femme a juste le temps d’apercevoir un homme de cromagnon nu comme un ver qui lui éclate la tête d’un moulinet avec son gourdin. Il prend les habits de la femme qui sont plus dans son gabarit et il cache aussi son corps. Il laisse l’homme là, bien visible.

- Donne-moi son flingue, que je lui remette l’axe d’origine du percuteur, on sera ainsi armés les deux. Leurs bricolages à la con leur donnait une chance sur dix de toucher l’amorce. On n’a pas grand risque avec leurs pétoires.

Ce premier tir d’Aline avait recentré les recherches dans ce petit secteur. Le premier arrivé, voyant l’homme à terre et la tronche éclatée avait juste eu le temps de dire à mi-voix :

- Bien content que ce ne soit pas moi, maintenant qu’ils ont tiré leur cartouche, la chasse va changer de style.

Un coup de feu a ponctué sa phrase.

A la tombée de la nuit, Aline et Francis en étaient à cinq partout. Plus de chasseurs et encore cinq balles de rab.

- Les dix petits nègres d’Agatha… Je n’imaginais pas la chose possible, notre cote remonte, il ne reste plus qu’une formalité : quitter l’île.

Leur chapeau enfoncé sur la tête, ils ont été résolument vers la porte cadenassée. Au coup de sonnette, un loufiat est venu leur ouvrir, croyant à l’arrivée de deux chasseurs.

- Les autres sont déjà arrivés ? Le directeur est encore là ? Mais qui reste-t-il donc ici ?

- Le directeur est au bureau, Monsieur Dangleau est déjà reparti car il ne pensait pas que la chasse serait si longue. Il reste encore le personnel de l’hôtel et moi. C’est prévu que je vous ramène avec le bateau dès que les autres seront là.

- Les clefs du bateau sont où ? Discute pas, y a personne qui ressortira de cet enclos, ils sont morts et toi aussi, tiens….

Dans son bureau, le directeur s’est un peu fait prié avant de se montrer coopératif. Une balle dans le genou lui a fait retrouver la combinaison du coffre où il y avait 500 000 dollars, prix de la chasse pour ces 10 hôtes de marque…. Une magnifique navaja incrustée de nacre qui traînait là en guise de coupe-papier se retrouva entre les côtes du directeur de l’hôtel.

- Putain, ça fait du bien de se poser. Sur ce rafiot, j’ai une chanson de Philippe Lavil qui me trotte en tête, t’es pour ?

Deux mois plus tard, au deuxième droite du 16 boulevard Haussmann, un quinquagénaire finit de se vider de son sang, victime de 52 coups de couteau, tous mortels… Une liste de 50 « disparus sans laisser de traces » est en évidence sur le bureau. La feuille est coupée, comme si on avait voulu enlever deux noms.

Ça fait maintenant trois plombes que le commissaire Julien Dugland tourne et retourne les paperasses étalées sur le bureau. L’identité judiciaire est repartie et il est perplexe.

Merde, il aurait fait quoi, beau-papa, avec ça ?

jeudi 16 mai 2013

Tant-BourrinHuit ans et déjà bouffé par les vers

J’aurais pu l’annoncer, il est vrai, en twittant
Plutôt que de fienter quelques strophes verbeuses,
Mais cela n’aurait pas, je le crains, fait le buzz :
En ce laid jour de mai, notre blog a huit ans !

Un tel âge avancé ne doit pas se fêter :
Point ne faut vénérer ce qui est vénérable !
Les années sont un bât qui pèse sur le râble
Et notre corbillard est déjà affrété.

Sur un morne océan, privés d'inspiration,
Sans cesse nous ramons sur notre frêle esquif
Pour tirer au lecteur un maigrelet "je kiffe"
En guise de frichti : quelle maigre ration !

Le cerveau de Saoul-Fifre est déjà tout cramé
Tel un steak oublié dans une poêle à frire,
Et tout donne à penser qu'il ne sait plus écrire :
Il préfère à coup sûr faire du macramé.

L'allant de Tant-Bourrin est tel Chantal Goya :
Il s’avachit à donf. Il faudrait un grand gite
Pour pouvoir y loger sa méga-flemmingite
Et son poil dans la main ressemble au séquoia.

Andiamo reste seul, notre dernier gratteur.
Son visage est flapi, que les rides décorent,
Oui, mais il n'est pas mort car il avance encore,
Même s'il a besoin d'un déambulateur.

Et ainsi va Blogbo dans sa neuvième année :
Ça sent plus le sapin que l'odeur de la rose,
Et si vous désirez lire encor notre prose,
Pour trouver des idées, il faut nous trépaner.

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