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vendredi 2 juin 2006

Saoul-FifreSerge Rezvani

Mais si. Vous ne connaissez que lui : c'est le gonze qui a écrit "Elle avait des bagues à cha-aque doigt...", et puis "J'ai la mémoire qui flanche...", pour Jeanne Moreau. Vous voyez bien que vous le connaissiez ? Peut-être pas les très jeunes, et c'est pour eux que j'écris ce genre de billet. La culture, merde ? Moins on en a et plus on l'étale, ça rime avec confiture...

Mais Rezvani, ce n'est pas de la culture, c'est du plaisir à l'état pur. Ses chansons sont pleines de gaieté, de légèreté, elles s'envolent, virent sur l'aile, planent un moment et on les fixe, fascinés : on aimerait être là-haut, avec elles, mais nous sommes des plus lourds que l'air, grossiers et impotents...

Des kyrielles de nanas se sont ruées sur les dentelles de mots de Rezvani pour les interpréter. Jeanne Moreau, bien sûr, avec sa voix bandante mais un peu trop métallique pour être émouvante, Francesca Solleville, Anna Karina, Vanessa Paradis et puis récemment, Mona Heftre, qui a ridiculisé toutes ses précédeuses en pressant et en nous donnant à déguster le jus même, la magie, l'émotion, les frissons dont sont pétries ces chansons miraculeuses.

Mais là où elles retrouvent leur jeunesse, c'est quand elles sont interprétées par le Patron en personne, celui-là même qui a su arrêter le tic-tac des horloges, saisir ces instantanés intemporels, ces moments de grâce pure, ces mélodies simples et rares, la plupart inspirées par l'Amour qu'il portait à sa femme Danièle.

La passion fusionnelle qu'il a vécue avec Danièle/Lula, est racontée dans son autobiographie "Le testament amoureux". Leur vie en quasi ermites dans leur vallon de la Béate , à La Garde-Freinet , s'est terminée douloureusement voici quelques années avec L'Alzeimer puis la mort de Daniele.

Rezvani est aujourd'hui à Paris, il a entrepris d'enregistrer l'intégrale de ses chansons et s'est marié en Octobre 2005 avec Marie-José Nat. Comme il dit : "Je suis amputé. Je ne refais pas ma vie, je la continue autrement..."

Rezvani n'a pas chanté son dernier mot.

À titre d'illustration, je vous ai mis un truc culte assez introuvable, c'est à mon avis sa chanson la plus extraordinaire, la plus originale. Dans le film "Les dragées au poivre", elle est interprétée, et avec quel talent, par le petit Philippe, le fils de Sophie Daumier. Mais censure de ce que Rezvani avait mis de sombre dans la chanson, puisque dans le dernier couplet, qui est passé à la trappe, l'enfant tue Lili Gribouille, puisqu'elle le "trompe" en épousant son père ! Nous sommes en 1963, et il faut éviter le scabreux, quand même ?

jeudi 1 juin 2006

Tant-BourrinLa très aventureuse vie du Chevalier de Tant-Bourrin et de son écuyer Saoul-Fifre (Chapitre IX)

(lecture préalable des chapitres I, II, III, IV, V, VI, VII et VIII conseillée - Test de connaissances optionnel)

Où le Chevalier de Tant-Bourrin la joue comme Bèquamme

XIIIème siècle après Jésus-Christ - Quelque part dans le Royaume de France

L'étrange équipage cheminait sur la route qui s'empoussiérait sous le doux soleil d'un mois de juin médiéval.

En tête chevauchait le Chevalier Hippobert Canasson de Tant-Bourrin, dos voûté, mine déconfite, l'aura tellement atone qu'un ver luisant eût paru en comparaison plus flamboyant que le phare d'Alexandrie. Derrière lui bourriquait miteusement son écuyer Saoul-Fifre, la face rubiconde et avinée, cuvant son pinard tranquillement à l'abri des regards, protégé qu'il était par une aura de mouches d'une densité impressionnante.

Or il advint que nos deux compères - enfin, tout du moins celui qui ne dormait pas - virent bientôt un paisible village se dessiner sur l'horizon. Mais, fait étrange, plus ils approchaient de ce village, plus le caractère paisible de celui-ci apparaissait douteux. Des cris, des hurlements, des vociférations s'élevaient en effet en une clameur croissante.

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mercredi 31 mai 2006

Saoul-FifreCadeau de mariage

Le cadeau, c'est la très belle mélodie qu'un ami a déposé sur mes mots, pour nous interprêter le tout le jour de notre mariage...

Seuls sur le Grand Chemin , un jour sommes partis,
Le sol était tout blanc et doux comme un jeudi
Et le soleil si chaud que vite nous avons
Enlevé tout ce que sur la peau nous avions...

Nous partions pour savoir, ta main dedans ma main
Si les couleurs brillaient au bout du Grand Chemin,
Si le ciel était d'or, si les arbres étaient bleus
Ou bien si la lumière se séparait en deux ?

Nous partions pour savoir, mes cheveux dans ton cou
Si nos deux libertés se donneraient des coups
Et si l'Amour valait la peine qu'on le prenne
Avec la jalousie à travers les persiennes...

Nous partions pour savoir, ta bouche sur ma bouche
Si nos graines d'Amour pourraient y prendre souche
Si l'on pouvait donner, avec nos petits cœurs,
À cet autre, une vie sans haine et sans rancœur...

Nous partions pour savoir, mon corps contre ton corps
Si le bonheur à deux était possible encore
Si le désir de l'autre résisterait longtemps
À la course incertaine sur les chemins du temps ...

Le sable était tout blanc et le soleil très chaud,
Nous avons fait l'amour tout au fond d'un cachot,
Dans la neige, au sommet d'un pic d'Himalaya,
Au large, dans la mer ou plus d'un se noya ...

Nous sommes seuls sur ce chemin.
Nous sommes seuls dans ce grand lit.
Nous y marchons avec les mains,
Nous y vivons de nos folies.
Nous avons tant et tant marché,
Ne cherchons pas plus loin l'ourlet.
Le vent du soir s'est ramolli,
Nous passerons ici la nuit .

mardi 30 mai 2006

Tant-BourrinPeau d'âne

Le vieil ânier en pleurs, usé par la famine,
Dut hélas à la fin manger son bourricot,
Mais mon dieu qu'elle est âcre de goût, sous les chicots,
La peau de son grison bouffé par la vermine !

Moralité :
Couenne d'âne amère, ah !
Ma vile couenne d'âne amère, ah !
Couenne d'âne amère, ah !
Ma vile couenne d'âne amère, ah !

lundi 29 mai 2006

Saoul-FifreSi tu es gai, ris donc...

Dans la grande tradition des gags relous en une image que l'on trouvait à la grande époque, dans des journaux comme Jours de France, Ici-Paris, France-Dimanche, Le Rire... etc, et pour qu'il soit bien clair pour tout le monde que je ne suis pas nul QUE en dessin, voici de quoi alimenter en Gros Rire Gras et Beauf ce blog.

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dimanche 28 mai 2006

Tant-BourrinLa positive attitude

Tout a commencé sans qu'on n'y prête la moindre attention. Nous voulions acheter un petit siège pour que Tant-Bourriquet ait une assise à sa taille, et nous avions trouvé ce petit fauteuil de mousse particulièrement approprié.


D'ailleurs, Tant-Bourriquet l'adopta bien vite, indépendamment du fait qu'il soit décoré de petits Oui-Oui.

Et puis il y eut un cadeau d'une belle-soeur, une petite peluche de Oui-Oui. Il ne se passa rien dans les premiers temps, mais peu à peu, il apparut de façon claire que Tant-Bourriquet, qui avait passé près de vingt mois sans éprouver le besoin d'avoir un doudou, s'entichait du gnome à grelot.

Soit.

Mais hélas, un jour, le Oui-Oui fut égaré sans espoir de le retrouver, et il fallut en acheter un autre, plus grand, plus beau. Et par souci d'éviter le trauma d'une nouvelle perte, nous en avons acheter un second, histoire d'avoir un doudou de secours. Mais notre discrétion fut mise à mal : Tant-Bourriquet réussit à voir les deux Oui-Oui en même temps et les adopta derechef, ainsi que, quelque temps plus tard, un mini Oui-Oui en peluche.

La famille Oui-Oui ressemblait alors à cela...


A partir de là, ce fut l'escalade, la fuite en avant... Tant-Bourriquet n'avait plus que "Oui-Oui" à la bouche. Il y eut bientôt les livres de Oui-Oui,...


...la voiture de Oui-Oui,...


...puis une trentaine de divX de Oui-Oui...


...et même les chaussures de Oui-Oui !


Anténor verrait dans cette monomanie galopante de la graine de client pour le Docteur Schneider.

Personnellement, je ne le pense pas. D'ailleurs, malgré ce flux de Oui-Oui qui constitue aujourd'houi-oui mon environnement, je garde ma bouille réjoui-ouie et épanoui-ouie. Je laisse donc coui-ouiner les béni-oui-oui à la mine chafoui-ouine, je n'oui-ouis que coui-ouic de ce qu'ils baragoui-ouinent. Leurs affirmations gratui-ouites s'évanoui-ouissent dans le brui-ouit ambiant. Et pui-ouis je n'en sui-ouis pas rédui-ouit à prendre des cui-ouites inoui-ouïes au oui-whisky dans des bouis-bouis pour oui-ouiblier Oui-Oui.

Oui, oui, je vous ai assez ennui-ouyés avec Oui-Oui pour ce oui-week-end... Un bon sandwi-ouich, un petit chewi-ouing-gum, je me foui-ouis dans mon swea-ouiter, et je serai prêt à joui-ouir d'une bonne nui-ouit !

samedi 27 mai 2006

Saoul-FifreAmis de la poésie et des poueteurs, re-bonjour !

J'ai les noms. Et les IP correspondantes. Et les adresses mail. Je viens d'acquérir d'autre part un petit bijou de spammeur automatique, qui couplé à un générateur d'injures, vous sulfatent les blogs non dans la ligne du 25 ième congrès, avec des mots doux qui piquent les yeux. Quand il lance ses rafales de nuisances, mon disque dur émet un adorable petit ronron, très doux à mes oreilles et qui m'enchante.

Oui j'ai les noms de celles et ceux souhaitant à toute force se gausser à mes dépends. S'agissant de ceux qui ont joué le jeu, et participé au concours, je conçois qu'ils souhaitent être récompensés à la hauteur de l'effort fourni, mais que dire de ces ..., ha, la langue française est décidément trop pauvre, il faudrait inventer un mot, de ces ... marmolachons vlurpicieux, refusant de partager convivialement leurs propres premiers écrits, aux imperfections touchantes, mais se délectant en ricanant de ceux des autres, dissimulés derrière leurs moucharabiehs de voyeurs ?

Rien. Je n'en dirais rien, pas plus, et j'en ai déjà trop dit, mais ce n'est pas l'envie qui me manque de vilipender ces viles vilenies plus avant.

Bon, qui se sentent morveuses, qu'elles se mouchent.

En attendant, faute d'avoir installé un filtre à lecteur sur ce blog, ouais, un truc avec un monnayeur, par exemple, comme sur les machines à café, pour financer notre Société d'encouragement de la race bourrine et fifrisée, tout le monde va pouvoir se marrer tout son saoul.

Mon premier poème d'Amuuur, dis donc ? Ha, je sens un frémissement dans la foule, une houle s'installe, les sourires s'affichent, j'en vois qui s'excitent, des séances de masturbations impromptues et incontrolables démarrent, mais Nom de Dionysos, je vous parle de sentiments, là, vous êtes vraiment pas sérieux, je vous parle d'un amour d'enfant, pur, naïf, total ... ?

Je parle à des murs, oui !

Mais des murs qui aiment rigoler !

Et là, vous allez être servis, bande de "pour qui rien n'est sacré"... Pour ceux qui aiment les dates et les chiffres, cette histoire s'est passée en 4ième. Le texte a dû être écrit 1 an plus tard ...

Chanson triste

La fille brune, rappelle-toi,
Tu n'as rien vu de sa beauté
Et elle n'avait d'yeux que pour toi,
Tu n'as pas compris qu'elle t'aimait.

Elle s'est tournée pour te parler,
Tu n'as rien vu de son sourire,
Tu avais le chemin tout tracé,
Tu n'as trouvé rien à lui dire.

Elle te passait des petits papiers
Remplis de douces confidences,
Tu as joué les étonnés,
Tu n'as pas su saisir ta chance.

Un jour, elle t'a donné la main,
Tu n'as rien vu de sa douceur,
Tu l'as lâchée, t'es pas malin,
T'es passé tout près du bonheur.

Un soir, elle voulut un baiser,
Tu n'as rien vu de sa paleur
Quand, cruel, tu as refusé,
Tu lui as déchiré le cœur.

Dans ses yeux noirs souvent mouillés,
Tu n'as rien vu de son Amour,
C'est à cause de toi qu'elle pleurait,
Maintenant tu souffres, c'est ton tour...

Amis de la pleurésie et des saules pleureurs, à bientôt !

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