Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 3 septembre 2006

Tant-BourrinFragrances seine-et-marnaises

En ouvrant un vieil album de photos, je suis reparti, l'autre jour, une vingtaine d'années en arrière, à cette époque où je découvris pour la première fois le monde professionnel dans le fin fond du Sud seine-et-marnais.

Trois années exaltantes à vivre des expériences humaines inédites et à profiter, jeune célibataire que j'étais, de la vie culturelle foisonnante de Montrou-Bouillonne (nom de ville légèrement maquillé, les connaisseurs auront reconnu de quel bled il s'agit).

Bon, je débranche le générateur d'ironie. Je me suis fait chier comme un ragondin crevé pendant trois ans dans un trou désespérant cerné de champs de betteraves et de corbacs, à faire un boulot tout aussi désespérant.

Et comme il fallait bien occuper les week-ends, il m'arrivait de me balader dans les villages alentours avec mon vieil appareil photo et d'immotaliser en noir et blanc la sublime beauté qui constituait alors mon environnement quotidien.

Voici une petite sélection de clichés. Je les avais proposés au Syndicat d'initiatives de Montrou-Bouillonne mais, mystérieusement, ils avaient été refusés. Bizarre, non ?


Cliquez sur les images pour les agrandir


Le monument aux morts de je ne sais plus où par grand beau temps. Youpi, y'a d'la joie !


Un pittoresque petit café et sa terrasse bondée. Ça donne envie de s'arrêter, non ?


Waterloo et sa morne plaine sont enfoncés !


Avec des tas d'bett'raves pour uniques montagnes, et de noirs poteaux comme mâts de cocagne...


Un microclimat exceptionnel !


Des sites touristiques à vous couper le souffle !


Profitez de l'offre exceptionnelle d'abonnement à Canal moins !


Le plus dur est de résister à l'envie de se jeter à l'eau...


Un environnement préservé !


Service de location de voiture envisageable...


Mais au milieu de ce noir et blanc grisailleux, c'est aussi pendant ces trois années que j'ai rencontré Tant-Bourrine...

Tant-Bourrine sur fond de Seine-et-Marne paradisiaque...

... et depuis, je ne prends plus que des photos en couleur ! :~)

samedi 2 septembre 2006

Saoul-FifreLa craie et le crayon

Une vie tirée à la règle
Un corps dessiné sans passion
Des lunettes sur l'œil d'un aigle
À midi, chacun sa ration

Mais..., un tracé file à la fenêtre
Le compas ne fait plus de ronds
Un feutre a enjolivé l'être
Il grave aux ciseaux leurs deux noms

Un bonheur fixé à l'équerre
Des yeux dont on connaît le fond
Le tableau noir de ses paupières
Sous un front tendu de carton

Mais..., les fougères ont de ces caresses
Et le dessin a fait un bond
Il continue par politesse
Mais il a changé sa façon

Un sourire un peu à la traîne
Dans le style gond de prison
Mais la pelote en pure laine
Ne fait pas de nœuds sans raisons

Et..., l'oubli était fait pour la peine
Comme la gomme, à effacer
Le rideau tombe sur la scène
Le décor va être changé

vendredi 1 septembre 2006

EpicteteReflexion du 1 Septembre

Personne ne peut me déranger, il n’y a que moi qui puisse me déranger. Quand je ne supporte pas un événement, c’est parce qu’il réveille en moi des choses que je ne supporte pas. Chacun a son petit lot d’événements qu’il ne supporte pas, parce qu’il a un lot de peurs qu’il ne supporte pas. Certains ne supportent pas la vue du sang, d’autres la violence, d’autres la pauvreté, d’autres de voir mourir des gens, de vieillir, peu importe. Ce que je ne supporte pas, ce sont les coups que cela crée en moi. Je me rends compte de cela, je suis attentif à la sensation……..Et je n’ai pas de réflexion proprement dite sur la pensée ; seulement me rendre compte que je suis l’auteur de mon propre dérangement.

jeudi 31 août 2006

ManouPremier nu

Dans le cadre de la journée mégalomaniaque sponsorisée par BYALPEL le 22 août, je vous présente également une des premières photos de moi, nue. Je n’ai rien flouté. Mon père s’en était chargé lors de la prise de vue.


A ma naissance je pesais 2 kilos, vomissais régulièrement en exhibant un splendide teint jaune. « Quel gros pigeon malingre ! » s’extasiait le pédiatre à ma mère. 44 années et 50 kilos plus tard, que dire ?
Je vomis moins, mais il m’arrive d’avoir le teint terreux.

Appliquons la méthode de « littérature définitionnelle » (*) à :« Je vomis moins, mais il m’arrive d’avoir le teint terreux ».

1 ) Je rejette brutalement par la bouche modérément, néanmoins il a lieu que la carnation de mon visage soit couleur de la terre.

2 ) Je repousse avec violence par la cavité de la partie inférieure du visage en communication avec l’appareil digestif d’une retenue qui porte à garder en toutes choses une certaine mesure, malgré cela il se produit que la couleur de la chair de la partie antérieure de ma tête se présente d’une impression produite par les diverses radiations constitutives de la lumière, en l’occurrence de la troisième planète du système solaire.

3 ) ...

Stop ! J’ai des carottes sur le feu, des courses à faire, une bibliothèque à vider …

(*) Trouvée dans « Abrégé de littérature potentielle » : à partir d'un énoncé donné, on remplace chaque vocable signifiant par une de ses définitions d'un dictionnaire donné. On réitère l’opération sur le nouvel énoncé obtenu, et ainsi de suite.

mercredi 30 août 2006

Tant-BourrinLooping

Tchic... tchic... tchic... tchic...

La main araignée se déplace sur la table et s'approche du regard qui brille, au-dessus d'un grand sourire qui anticipe.

Qui anticipe quoi ?

Bin, le saut de la main araignée, pardi !

Et d'ailleurs, hop, la main araignée, suffisamment proche de sa proie, a bondi et la pique de furieux guili-guili dans une déflagration de rires enfantins.

Prends garde, car l'araignée est lààààà !

Les rires enfantins de Tant-Bourriquet - car vous l'avez déjà deviné, c'était lui la proie - qui résonnent et réveillent tout à coup un écho sur les parois osseuses de mon crâne. Un écho vieux de quarante ans. Un écho de mes propres rires, quand j'avais à peu près l'âge de Tant-Bourriquet.

Et je revois la main araignée qui me tournait autour, s'approchait et me sautait dessus. La même main araignée à laquelle j'ai redonné vie spontanément, simplement, sans calculer, pour faire rire Tant-Bourriquet autant qu'elle m'avait fait rire à son âge.

La même main araignée ?

Non, en fait, pas tout à fait : la mienne était boiteuse, elle avait une patte coupée, deux phalanges de l'annulaire que mon père avait perdues au boulot, bien des années plus tôt.

Une main araignée boiteuse mais tellement aimante et chatouillante. Une main araignée qui avait dû faire rire mes frères et ma soeur autant que moi. Et puis qui est entrée en hibernation : nous étions grands, et on ne fait plus rire les grands avec une main araignée. Alors elle a dormi, dormi...

Et la main araignée boiteuse, plus flétrie, plus tachetée de brun, est sortie un jour de sa torpeur. Une main araignée boiteuse et vieillie, mais toujours hilarogène pour mes neveux et nièce.

Mais les petits-enfants grandissent aussi, et la vieille main araignée boiteuse se trouva bientôt fort désoeuvrée. Alors elle repartit se plonger dans le sommeil.

Et puis vient Tant-Bourriquet, le petit-fils qu'on n'attendait plus, le petit retardataire de la vie.

Mais la main araignée boiteuse, plus ridée que jamais, ne se réveilla pas. Elle resta inerte, paralysée sur le bras d'un fauteuil d'une maison de retraite, au-dessous d'un regard qui brillait pourtant d'amour.

Et un jour de novembre, on sut qu'elle ne se réveillerait définitivement plus. Tant-Bourriquet sera le seul petit-fils a n'avoir pas connu la main araignée boiteuse.

Araignée du matin, chagrin...


En fait, je n'avais jamais repensé au jeu de la main araignée depuis des décennies.

Et puis ça m'est juste revenu comme ça, d'un seul coup. J'ai fait tchic, tchic, tchic et ma main s'est métamorphosée dans les yeux de Tant-Bourriquet. J'ai fait guili-guili et le rire a explosé dans sa gorge.

La boucle est bouclée : voilà, Tant-Bourriquet arrive à peu près à l'âge de mes premiers souvenirs, et je sais que tout ce qu'il vivra projettera de-ci de-là en filigrane de vieilles images enfouies, en un immense looping de quarante ans.

Mais un looping qui n'existera que dans ma tête, la vie de Tant-Bourriquet n'appartient qu'à lui et son chemin sera forcément - et c'est tant mieux - différent du mien.

Allez, viens, Tant-Bourriquet, je vais te refaire la main araignée !

Araignée du soir...

mardi 29 août 2006

Saoul-FifreEpictete

On ne sait même pas s'il s'appelle vraiment comme ça. Certains exégètes le font naître en Phrygie, sans doute parce qu'il reste stoïque sous les caresses, qu'il ne se laisse pas aller au plaisir, qu'il semble en quelque sorte phrygide ? La Phrygie, plus connue actuellement sous le nom de "Turquie", la modification du nom s'étant faite progressivement, mais l'unanimité étymologique se faisant sur le phonème original "question sexe, j'ai un TRUC QUI tourne pas rond"... D'autres savants font provenir le célèbre philosophe de Toulouse, avançant comme argumentation principale que, quel que soit le mal qu'on lui faisait, il continuait à voir la vie en rose. Mais ils forment une minorité dans le monde des lettres. La rumeur semblant venir d'un blog prenant la tombe comme symbole du détachement et même du mépris que nous devrions avoir face à tout ce qu'il n'est pas en notre pouvoir de changer, la mort en étant l'exemple le plus éblouissant et le plus évident.

Il se retrouve avec un nom grec, Epiktêtos, qui a le sens de "acquis", "non inné", chez Platon et Aristote. Nom qui lui va pas mal, puisque pour démêler ce qui est mien (mes actions, mes désirs, mes opinions...) de ce qui est étranger, en moi (les événements extérieurs, la réputation, la recherche de la gloire, les autres...), il faut bosser, se battre avec courage contre la souffrance, la peur, pour gagner SA LIBERTÉ. Et s'y cramponner mordicus.

Pourquoi un nom grec, puisqu'il se retrouve à Rome, esclave ? Epic vient peut-être de "épi" (spicum) et tete de "testa", tête, têtu..., un esclave, c'est pas bien peigné ? Toujours est-il qu'après bien des souffrances qu'il surmonte et qui lui donnent son brevet de stoïcien, il est affranchi, enseigne un moment, et puis fuit les ordonnances du tyran Domitien et se réfugie dans la cité libre de Nicopolis, en Epire, où il crée son école. C'est grâce aux notes de son meilleur élève, le bon Arrien, que quelques bribes de son enseignement nous sont parvenues. Et en Epire que le vieux sage, traumatisé par une vie de privations de nénettes et de refus du confort, s'oublia dans la boisson en grommelant ses revendications d'ivrogne.

D'où la 3ième hypothèse sur la provenance de son nom : Épire qui tête.

Et pour ceux qui veulent se pencher sur sa pensée ...

lundi 28 août 2006

EpicteteRéflexion du 28 Aout 2006

Si je veux diriger et donner forme à ma vie, ce sera toujours selon un modèle qui est fonction du passé. Ou alors, étant incapable de cette modification, je vais me laisser flotter par réaction. Mais la compréhension de la totalité de la vie porte en soi sa propre action, dans laquelle n’entre ni le fait de se laisser aller, ni celui d’imposer un modèle. Cette totalité doit être comprise d’instant en instant, sans cesse. Il faut que sonne le glas du moment passé.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 253 254 255 256 257 258 259 260 261 262 263 264 >