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vendredi 24 février 2006

Saoul-FifreDivine tragédie

Je l'ai déjà dit, mais un bon slogan publicitaire doit être rabâché pour pénétrer dans les cervelles malléables : "Ma foi, connais pas...". J'ai l'esprit beaucoup trop pinailleur, critiquard, coupeur de poils de cul en quatre, pour aller croire en un barbu au sujet de l'existence duquel les témoignages manquent cruellement, sont le fait de personnes peu fiables et de mauvaise foi, ou bien décédées de si longue date que leur existence même s'en trouve controversée.

Ceci dit, le fait religieux est une constante chez l'être humain. Dans la plus petite île, la jungle la plus profonde, les Hommes, loin de toute influence missionnaire, se sont inventés des Dieux, des cultes autour de la Mort, des prières au ciel, aux astres.

La science a reculé les limites de la connaissance, la civilisation s'est affinée (?), les techniques nous ouvrent des portes sur l'onirisme le plus fou, et les religions sont toujours là. Plus que jamais. Les esprits forts parlent de forme primitive de l'intelligence, d'étape juvénile dans toute civilisation, de la pensée magique nécessaire dans la formation de l'enfant, et qu'il convient d'abandonner à l'âge adulte. Mais le rationnel et l'irrationnel ont toujours coexisté à l'intérieur d'un même cerveau. Mais ce n'est pas un enfant qui a inventé le Père Noël. Mais les grandes gueules donneurs de leçons de liberté de penser sont eux aussi capables de comportements irresponsables et illogiques.

Tant-Bourrin a raison quand il souligne que la Science n'a pas pour but de calmer nos angoisses métaphysiques. En bon Dupon D, je dirais même plus qu'elle les exacerbe en repoussant et en complexifiant de plus en plus les questions. Mais certains esprits simples se contentent de ces explications mécaniques à la "six-quatre-deux". La Science leur devient un objet consolant et sécurisant. La Science leur remplace Dieu.

Dans ces référentiels de compensation de la peur face au divin, règne bien sûr en maître, à c'tt' heure, le Veau d'Or, qui a bien du boulot sur la planche (à billets). Le Pouvoir, le Pèze, la Possession, le "toujours Plus", dont parlait finement François de Closets, peut effectivement donner une idée de l'Infini. "L'Homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais de toute parole divine", tentait d'aphorismer un optimiste. Mais pour arriver à rassasier Bill Gates et ses dents longues, il faut pas lui en promettre ! Quand lui et ses semblables boivent, c'est au tonneau des Danaïdes...

Les gens qui se réclament de Dieu ne lui font pas forcément de la réclame. Ces sous-fifres (tout lien de parenté entre eux et mézigue est à exclure sans pitié) peuvent aussi avoir, par la mauvaise image qu'ils en donnent, une responsabilité dans la désaffection de certains spectateurs face à l'Idole Absolue. Le résumé de cette histoire qui fait beaucoup de bruit en ce moment, c'est un peu celui-là : Dieu est innocent. Moi, je te l'acquitte d'entrée, en première instance, sans prendre la peine de consulter les experts psychiatriques. Par contre je me méfie salement de ses missi dominici, qui lui font dire un peu ce qu'ils ont envie qu'Il dise. Dans la même religion, ils sont pas d'accord entre eux. Dieu leur a pas dit la même chose à chacun, dis donc ! C'est dingue, non ? Moi je crois surtout que quand tu les vois les yeux fermés et les mains jointes, ils disent qu'ils prient, qu'ils sont en liaison satellite simultanée avec le créateur de toutes choses, mais ils réfléchissent surtout à ce qu'ils vont dire aux crédules, pour renforcer leur influence sur eux.

J'ai rencontré de vrais croyants. On les reconnaît à leurs fruits, dit-on... Et c'est vrai que les fruits étaient beaux. Un en particulier, qui était très attaché au sens étymologique du mot religion, qui vient de religere, relier. Relier les hommes. Dit comme ça, cela ressemble à un gag. Il n'échappe à personne que la différence de religion est un facteur aggravant, pour ne pas dire suffisant, à une bonne guerre de derrière les fagots ? En tout cas, les dirigeants, les chefs, les rois, se sont très souvent servis de cet argument, souvent soufflé sur les braises de cette différence, pour galvaniser le moral de la chair à canon éternelle : le peuple. Sus à l'infidèle.

Lanza del Vasto, catholique "critique", dirais-je, est allé prendre des leçons de non-violence auprès d'un hindouiste, Gandhi. Il a considéré qu'un hindou était le plus à même de lui enseigner à approfondir le message de paix et de pauvreté du Christ. Ce en quoi il n'avait pas tout à fait tort, les cardinaux aux dorures chamarrées du Vatican étant assez nuls en la matière. Quand il a fondé sa, puis ses communautés de vie, il a écrit de très beaux textes : "Les prières pour ceux qui prient autrement". Chacun des jours de la semaine est consacré à une religion, et la prière correspondante est dite par tous les présents. Comme ils reçoivent des visiteurs de toutes confessions, cet œcuménisme vécu quotidiennement est la meilleure carte de visite de leurs convictions de paix.

Le lundi, prière pour les hindous.
Le mardi, pour les musulmans.
Le mercredi, pour les hermétiques.
Le jeudi, pour les boudhiques.
Le vendredi, pour les églises séparées.
Le samedi, pour Israël.
et le dimanche, jour du Seigneur, on mange des patates au beurre q:^) !

L'introduction a été un peu longuette, mais je voulais juste partager avec vous le plus beau poème que je connaisse, c'est de Lanza, bien sûr, Gilles, un ami, nous l'a lu dans l'église, le jour de notre mariage. Je sais pas si c'est ce texte qui lui a fait de l'effet, mais quelques années plus tard, il a trouvé la Foi. Plus calotin que lui, tu meurs ! Et depuis, il nous emmerde avec ses histoires de la Sainte Vierge et de ses saints...

LE VITRAIL

Nous verrons brûler l'être et l'apparence tels
Que leur étreinte brûle en cette rose ronde,
Quand morts et revêtus de nos corps immortels
Nous remonterons blancs comme un prêtre à l'autel
Les degrés de ce monde,

Quand nos corps décantés, nos corps de verre
Frappés de ciel et de splendeur sévère
Trahiront la couleur dont notre âme est chargée,
Quand nous verrons la vie en un cercle figée,
Et la matière hors d'elle-même sortie,
Et la terre allégée
Comme le pain transparent d'une hostie,

Quand le vide se peuplera de ponts et d'ailes,
Quand nous déchiffrerons le vol de l'hirondelle,
Quand nous saurons par cœur la mer, verbe de marbre,
Et quels longs souvenirs persuadent les arbres
De mener, par d'ambigus rameaux, jusqu'au bout,
Vers l'impassible ciel leurs fleurs fidèles,
Quand nous saurons pourquoi les saints poussent debout
Selon la loi des blés et la ligne des lis,
Et ce qui lie
Les vierges folles aux filets de leur folie,
Quand s'illuminera toute similitude
Comme lumière prise aux rayons de la pluie,
Comme l'étoile à la nuit se dénude,

Quand nous saurons le chat, le serpent et l'ibis,
Comment les rocs profonds méditent leurs rubis,
Ce que cherche le porc dans l'entonnoir du groin,
Et le jour que la limace crée avec sa bave,
Quand se détacheront, colombes dans le loin,
Du bord du dernier ciel des spirales, des cônes,
Trois triangles, un cube et deux dodécagones,
Pour choir et se résoudre en musiques suaves,

Quand tous nos pas portés çà et là, et leur route
Soudée derrière nous par le plomb de l'oubli
Se dresseront soudain dans nos yeux avec toutes
Nos tristesses, tous nos désirs et tous nos doutes
Perdus, et l'entrelac des actes accomplis,
Quand nous saurons pourquoi notre destin
Fut coupé par un autre, ou le coupe,
D'où vint le vin qui réjouit nos coupes,
Miracle inaperçu dans le bruit du festin,

Que le joug qui nous courbe le cou,
Que l'erreur qui nous roula si loin,
Que les deuils endurés coup sur coup
Ouvraient un trèfle et le bouclaient à point,

Quand s'épanouira notre passé
Lumineux de douleur et brodé de désastres,
Quoiqu'un rire distrait, au centre, l'ait cassé,

Quand notre esprit saura, comme ce vitrail sait,
Pourquoi l'éternité tourne en usant les astres,
Pourquoi Dieu, débordant de sa forme parfaite,
A fait ce monde et voulu nos défaites.

jeudi 23 février 2006

Tant-BourrinLe label est cahin-caha

Le label musical "duck records" périclite.
Il est lourd à gérer, et Daisy est bien seule
Car son Donald est mort et les créanciers gueulent :
Chaque paiement de plus la mène à la faillite !

Moralité : Le label décati à Daisy, veuve, est lourd
(c'est que d'chèque en chèque... aïe, aïe, aïe !)

mercredi 22 février 2006

Saoul-FifreLe romancier

Pour nos 10 ans de mariage, un couple d'amis "de mon côté", sachant que j'aimais les vieilles choses, m'a offert un adorable Romancier, très beau, qui m'a donné beaucoup de plaisir. Je sens un frémissement de la foule, et des murmures, là-bas sur la gauche, dans le coin des anti-esclagistes, mais je vous jure qu'ils n'ont pas lieu d'être. Le propriétaire initial de ce "Romancier" ne lui donnait pas le même sens que vous. Son Romancier est un carnet de format A5, à la couverture cartonnée et joliment relié. Ses feuillets étaient vierges, sans carreaux, et il y fut écrit sur la page de garde, dans une police bigrement bizzaroïde, sans doute de son cru :

ROMANCIER
DU
SIEUR LESTANG

Le dit Sieur Lestang y ayant copié à la plume, jour après jour, les paroles des "romances" qui lui plaisaient ou qu'il avait l'habitude de fredonner, et dont il trouvait pratique de conserver le texte à portée d'œil. La calligraphie en est classique, telle que toute personne un peu éduquée la pratiquait à cette époque, mais les enluminures qui décorent chaque texte dénotent un sens esthétique certain. Le bougre avait un bon coup de crayon de couleur.

Chose qui m'a fait tiquer dès l'abord : aucun auteur n'est cité. Ce monsieur Lestang serait-il poète à ses heures, et ces "romances" seraient-elles ses œuvres ? Certaines inélégances, des naïvetés, un lyrisme outrancier dans la facture me l'ont fait croire au début, jusqu'à ce que j'identifie formellement un des textes : "La légende de la nonne", du grand Hugo. Une romance, assurément, mais que venait faire cette belle histoire racontée de main de maître, au milieu de ce fatras d'envolées patriotiques, de bouts-rimés gnangnans, et de cantilènes bien-pensantes ? Car si les dessins prouvent une application sympathique et non dénuée de talent, les textes, remplis de poncifs et de sentiments à l'eau de rose, sont clairement datés "14-18" !

Une certitude, néanmoins : Lestang, l'ami des poètes, a eu une note déplorable, en dictée, à son certificat d'études !

Fleur des champs, brune moissonneuse
aimait le fils d'un laboureur.
Par malheur, la pauvre glaneuse
n'avait à donner que son cœur.
Elle pleurait. Un jour, le père
lui dit : "Fauche ce pré pour moi.
Si dans trois jours, il est par terre,
dans trois jours, mon fils est à toi !"

Refrain
Le doux récit que je vous chante
est un simple récit de cœur,
ou une histoire bien touchante
que m'apprit un moissonneur.

En l'écoutant, la pauvre fille,
crut mourir de joie et d'Amour.
À l'instant, prenant sa faucille,
elle travaille nuit et jour,
prête à défaillir à l'ouvrage,
elle priait avec ferveur.
Dans la prière, du courage,
la prière donne du cœur.

Sur ses pas, une marguerite
jette des regards attendris.
Il faut tomber, pauvre petite,
car mon bonheur est à ce prix.
Prête à tomber, la fleur naissante
jette des regards si touchants
qu'elle fit pleurer l'innocente
comme une simple fleur des champs.

Le troisième jour dans la plaine,
parait le riche laboureur.
La pauvre fille, pâle, hors d'haleine,
ses yeux respirent le bonheur.
"Je t'ai trompé, dit-il, ma fille,
mais pour toi, voilà dix écus...

Et le soir, sous la faucille,
Expirait une fleur de plus.

mardi 21 février 2006

Tant-BourrinLa très aventureuse vie du Chevalier de Tant-Bourrin et de son écuyer Saoul-Fifre (Chapitre VII)

(lecture préalable des chapitres I, II, III, IV, V et VI conseillée - Test de connaissances optionnel)

Où il est question d'amour courtois

XIIIème siècle après Jésus-Christ - Quelque part dans le Royaume de France

L'étrange cortège cheminait sur la route qui se volutait en poussière.

A sa tête, chevauchait le Chevalier Hippobert Canasson de Tant-Bourrin, arborant les anneaux clinqueballants de son armure déstructurée et désarticulée. A quelques coudées derrière lui bourriquait miteusement Saoul-Fifre son écuyer, arborant une épaisse nuée de mouches.

Le Chevalier semblait quelque peu soucieux. Son regard était comme perdu dans le vague, absent. Il chevauchait son blanc destrier, mais c'était le blanc destrier qui menait la course : le Chevalier paraissait ruminer quelque triste langueur.

- Oh, Messyre, regardesz doncques ! N'estoit-ce poinct là-bas un malandrin quy venoit de marauder une poularde ? s'exclama soudainement Saoul-Fifre qui, pour une fois (et la chose était suffisamment rare pour être signalée), ne s'était pas assoupi en cuvant son vin sur le dos de sa bourrique miteuse.

- Un malandrin, disois-tu ?... Bah, grand bien luy fassoit. J'estois las de trucider les malandrins...

Saoul-Fifre fut estomaqué par la réponse de son Maître. Lui qui n'avait jamais besoin d'être poussé pour aller passer par le fil de son épée tout ce qui pouvait être assimilé aux forces du Mal, voilà qu'il faisait la fine bouche devant un maraudeur.

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lundi 20 février 2006

Saoul-Fifre39°2, le soir

Marc (par respect pour les protagonistes, les prénoms ont été modifiés), notre fils de 17 ans, a été fiévreux samedi soir. Ouais, Saturday night fever, mais nous, ça nous fait pas du tout rigoler, c'est notre enfant, on est inquiet, quoi... En pleine nuit, Margotte l'entend tousser comme un malade, et puis délirer en dormant. Elle va voir ce qu'il en est, et voilà le dialogue (elle a tout marqué car notre homéopathe est friand de nos rêves...) :

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dimanche 19 février 2006

Tant-BourrinUne médaille d'argent de plus pour la France...

Non, malgré le titre de ce billet digne de l'Equipe, il ne sera pas question ici de jeux olympiques, mais plutôt de quelque chose qui m'est arrivé cette semaine au boulot. Quelque chose d'inattendu et d'assez violent.

Voilà, mardi dernier, je bossais, comme à mon habitude, d'arrache-pied et générais par mon travail, au bas mot, un million d'euros de chiffre d'affaires à l'heure pour mon employeur (par commodité, j'ai arrondi au million d'euros supérieur).

Et puis, au milieu de la matinée, j'ai eu l'idée d'aller vérifier dans ma case à courrier s'il n'y avait rien pour moi.

Une grande enveloppe à mon nom m'y attendait bien sagement. Je l'ouvrais. Une lettre. M'informant que...

Et là, ce fut comme une gigantesque mandale dans la gueule. Comme un direct du droit que je n'aurais pas vu arriver. Boum. Sonné pour le compte, compté par l'arbitre dans les cordes.

L'arbitre : le temps.

"Et le direct du droit en question, c'est quoi ?" me demanderez-vous...

Eh bien, c'est ça !


Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Oui, vous avez bien lu : 20 ans !!!

Punaise... En un éclair aveuglant je me suis revu, timide et emprunté, passant mes entretiens d'embauche. Et d'un seul coup, je me retrouve avec vingt balais de taf dans le placard, sans m'en être rendu compte... Et je vois défiler devant mes yeux les contrats d'assurance-vie, les couches Confiance, les clubs du troisième âge, les contrats obsèques, les problèmes de prostate, les prothèses auditives, les cartes vermeil, les dentiers mis à tremper le soir...

C'est fou ce que je me sens vieux, tout d'un coup ! Je vais aller me préparer une camomille...

samedi 18 février 2006

Saoul-FifreCe coin

J'avais 20 ans, je travaillais dans une imprimerie, à me colleter avec de gros monstres de machines, des contre-colleuses, des ensacheuses thermiques, des massicots... J'aime bien les machines, c'est fiable, faut juste pas laisser traîner ses doigts là ou il faut pas, et ça, je sais faire. Une infime partie du cerveau bosse pour gérer sans faille les quelques automatismes nécessaires, mais l'esprit reste libre de vagabonder où il veut. Bon, le travail à la chaîne, je n'aurais pas fait ça toute ma vie, mais là, ça me convenait à la perfection. J'écrivais mes chansons dans la tête, et le soir, je les recopiais au propre.

Patrice, un pote musicien qui était encore en terminale, m'en a habillé quelques unes de musique. On en a même envoyé une à un concours, sur cassette. Elle n'a bien sûr pas été retenue, mais, 30 ans plus tard, je trouve que je mériterais bien le 1er prix de la prophétie réalisée q:^) ! Je ne pense pas un traître mot de cette plaisanterie, mais quand même, on dirait bien que je savais déjà à cette époque ce que je voulais !

Vous serez étonnés
des précisions
qui vous seront
divulguées !

Amour, beauté et gloire,
quels que soient vos espoirs,
de la voyance pure
en direct-live du futur <8^D !!

Tous ces Marabouts-arnaqueurs peuvent aller réenfiler leurs boubous ! Voici le Docteur Saoul-Fifre, le seul dont les prédictions se réalisent à 112 % !!!

Je connais bien ce coin :
je l'ai vu dans mes rêves,
au flanc d'une colline,
dans cette terre ferme
où le soleil qui point
a la force des Hommes libres,
et où le vent qui souffle
nettoie notre regard.

Je sais où il se cache
des riches jeunes filles
qui vivent sans soucis,
sans violence, sans cris.
Elles mangent leurs sardines,
s'allongent nues à son ciel bleu
et laissent en partant
des odeurs de la ville.

Je connais cet endroit
et j'irai droit sur lui
sans me tromper d'une herbe.
En cueillant des couleurs,
épinglant mon regard
à un jupon de toile brune,
en demandant chemin
à l'écorce du chêne.

Je le reconnaîtrai
et il me sourira,
m'offrira ses amandes
à croquer dans le foin,
et puis tous ses oiseaux
mettront leurs notes à ma musique...
Son sol me soufflera
des vers d'un autre siècle...

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