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jeudi 29 juin 2006

ManouCOSET ou l’amour du ménage librement consenti



Pour de nombreux adolescents, la période de vacances correspond à un séjour en colonie. D’ailleurs je ne me rappelle plus comment ou pourquoi nous avons loupé le coche. V reste donc à la maison jusqu’à ce que mort s’en suive. Il réclame des activités ménagères… (ceci n’est pas une fiction). En mère compréhensive, je suis allée crescendo dans la difficulté des tâches à accomplir : vidage et remplissage du lave-vaisselle, utilisation complexe du lave-linge, du sèche-linge et de l’étendoir, changement des draps,…etc…

Le bougre a innové puisque l’autre soir il me présentait son air triomphant et les vitres du salon transparentes comme l’eau claire. J’ai marqué un sérieux temps d’arrêt devant ce que ma petite taille renâcle toujours à effectuer. Ne voulant pas paraître trop admirative, j’ai pointé le doigt vers un moucheron récalcitrant toujours collé aux carreaux. « Et ça ? », ai-je demandé. Las, de moucheron il n’y avait plus de trace quelques secondes plus tard. En m’écroulant, épuisée, sur le canapé, j’eus le temps de noter que la table était mise.

Je crois bien avoir poussé le vice jusqu’à introduire une pastille déodorante dans l’aspirateur afin de provoquer chez V une envie compulsive de l’utiliser. Ça marche. Il m’a téléphoné qu’il ne viendrait pas déjeuner avec moi. "L'aspirateur, c’est crevant". Ah, quand même! Je déprimais un peu, là.

Le cauchemar n’est pas terminé. Ce matin je me suis rendue compte que le MIROR trônait sur la table à côté d’un post-it : « Il faudrait du détachant. Mon tee-shirt ELU HOMME DE L’ANNEE est abîmé ». J’envisage de passer à la vitesse supérieure. Monter une armoire IKEA ? Tondre les 30 m² de pelouse ? Négocier le menu mac-do à 4 euros? Démontrer à Saoul-Fifrounet qu'il a un potentiel certain pour être dégusté en innocent ?

Il y a tout de même des limites au surréalisme. V a demandé la permission de se rendre à une soirée 12-17 ans de 17 à 23 h. quelque part entre le 28 et le 30 juin. Si je pouvais aussi lui laisser 10–20 euros, il serait au 7-8e ciel. « Ma chair, mon sang, ai-je répondu, si les 3-4 volets sont repeints, je n’y vois aucun inconvénient ».

PS : Le rapport entre la photo et le texte reste à établir. Je compte sur votre imagination.

mercredi 28 juin 2006

Saoul-FifreD'innocents, les mains pleines

Les innocents, c'est le nom donné aux jeunes pigeonneaux prêts à s'envoler du nid natal. Les parents s'en sont super bien occupés, ils les ont gavés de bonnes choses diététiquement adaptées au stade de leur croissance, genre pré-maché Guigoz, ont nettoyé le nid pour pas que le petit se sente mal à l'aise, tout bien, le bébé profite, il devient plus beau que celui des voisins, ces "marque-mal", il se remplit, devient un vrai bébé de publicité, bon, pour un pigeonneau, on peut pas parler de joues rebondies, mais le jabot est plein, les cuisses aussi, il a commencé à se muscler ses petites ailes avec des exercices appropriés pour pouvoir s'élancer dans les airs comme papa-maman, conquérir son indépendance, se draguer une petite au pubis bien accueillant qui lui fera de gros œufs...

Enfin, ça c'est le projet parental, les vieux espoirs bien classiques, bien bourgeois, une vie sans surprises, tracée d'avance à la règle, sans originalité, sans la moindre petite place laissée au rêve, à l'impondérable, au baroque ? Mais c'est compter sans Saoulfifre qui surveille le nid du coin de l'œil et qui constate avec un sourire béat les progrès gravifiques du fissou à sa môman, lequel s'obèsifie de manière sympathique.

Ma patte ongulée se pose sur l'innocent. Le nez sur son bec, je lui souffle : "Toi, je ne t'aime QUE avec des lardons, des oignons et des petits pois. Entre les tiens et mézigue, c'est une guerre larvée qui ne prendra fin qu'à la fonte lente et dorée de la dernière colombe de la paix d'un blanc virginal, sur son lit de pommes de terre primeurs, mijotée au four. Je sais, je sais : une injustice se perpétre... Tu es né au mauvais endroit, avec un karma court. Ta mère a fait un pacte diabolique avec moi : tu as mangé de mon blé et ta vie m'appartient. Quand ton âme s'envolera, qu'elle dise à ton peuple qu'il n'est le bienvenu ni sur cette feuille de cadastre, ni ailleurs

Et que j'aime le goût sauvage de l'innocence.

Avec des petits pois frais."

mardi 27 juin 2006

Tant-BourrinBoîtes

Grand Corps Malade a été pour moi une révélation. Une révélation parce qu'il a prouvé que la seule force des mots pouvait pallier l'absence de mélodie chantée. S'en chanter, il enchante.

Et ça ne peut que donner des idées à ceux qui n'ont pas été, comme moi, gâtés par la nature du côté des facultés vocales...

J'ai donc tenté moi aussi de faire un slam. Mais autant vous prévenir tout de suite, le résultat est loin d'atteindre le niveau de Grand Corps Malade : ma voix est beaucoup moins grave et moins bien placée, la prise de son est calamiteuse (mais je n'allais quand même pas acheter un studio d'enregistrement pour ça, hein), est mon articulation est poussive par endroit (mais à la douzième prise, je commençais à en avoir un chouia assez)...

Même si le vrai slam se fait seul dans des salles minuscules à deux mètres du public et sans le moindre artifice, j'ai, pour cet enregistrement trois pièces (désolé, je n'habite pas en studio), décidé de mettre un accompagnement musical, comme l'a d'ailleurs fait Grand Corps Malade sur son album.

En l'occurrence, l'accompagnement musical est la Gymnopédie n°2 d'Erik Satie. Les connaisseurs noteront d'ailleurs que j'ai allongé le morceau avec un discret copier/coller pour l'adapter à la longueur de mon texte.

Bien, ceci étant dit, il ne vous reste plus qu'à écouter... Attention, morceau déconseillé aux dépressifs !




Tant-Bourrin - Boîtes

(Paroles : Tant-Bourrin / Musique : Erik Satie)



[Edit de 2010] : un réenregistrement de ce morceau, de bien meilleure qualité, peut être écouté ici...

lundi 26 juin 2006

ManouRacines


Mes souvenirs les plus anciens sont ton odeur
Le rythme de ton cœur
Tes pas
Le bruissement de tes collants

Quand tu as accouché de ton dernier enfant
J’aperçus ton visage fatigué, tes rides plus marquées
J’en ai voulu à ce bébé

Par assimilation j’appris
Le travail éreintant
La limite physique de l’épuisement
Dont longtemps je n’ai su me défaire

Comme je n’ai su longtemps
M’exprimer qu’âprement

Mes enfants sont nés
Elever, Faire ce que je pouvais
Du mal à me défaire encore de tes façons de faire
Pour le meilleur comme pour le pire

Plus d’une fois tes colères m’ont réduite à néant
J’ai refusé tes haines et tes violences
Repoussé tes combats

Mais j’en reviens à toi
Ma mère
Te prendre dans mes bras

dimanche 25 juin 2006

Saoul-FifrePris en sandwich

Mes p'tits zombies, la feuille vierge, ça craint. Manou a déjà écrit son poème de demain. Je suis pris entre 2 feux. Condamné à écrire. En plus, elle le fait exprès : vous allez voir, ce poème sur sa mère est faramineux. Jamais j'arriverai à écrire sur ma mère comme ça. Avec des vrais morceaux de sentiments dedans. Surtout à l'heure qu'il est et dans l'état où je suis, avec pas la queue d'une idée ? Je rentre d'une vraie Fête de la Saint-Jean païenne, avec un grand bûcher où on aurait bien pu brûler 2, 3 Jeannes d'Arc, pas un feu de cagettes mesquin comme j'en ai vu des. C'est des écolos qui organisent ça, mais il faut reconnaître qu'ils font tout bien comme il faut. Ya un orchestre folqueux qui remue salement avec ses valses, ses cercles circassiens, ses bourrées. Ya de la bouffe super bonne, bio comme le premier matin du monde, et à si peu pas cher qu'on se demande si ils se sont pas trompés dans leurs calculs. Bon, le principe, c'est que ça paye les frais. Ya pas de parti politique qui se graisse les mimines en emportant la caisse à la fin de la soirée. Non, c'est des gens qui aiment s'amuser, et les choses bien faites. Cette année, c'était spécial "bières bretonnes". Y'en avait plein, des brunes, des blondes, des sur lies, sur levures, on a tout goûté, juste pour faire remarquer qu'on appréciait l'initiative. Y avait une sangria d'un autre monde, aussi. On en a pris par politesse, au début, et puis repris, car c'est rare, la sangria où on met des alcools forts plutôt que du sucre. Et puis c'est marrant, mais elle se laissait boire sans se débattre... À 1 € le verre, moi j'appelle ça de l'incitation à la débauche.

Bien sûr, ya eu la farandole, et le feu à sauter, et cette année, plein de djeunes qui jonglaient avec des torches. C'est joli, la nuit. Ya 20 ans, avec un copain, nous avions allumé le même feu, au même endroit, en crachant des flammes dessus. Ouais, j'ai fait pas mal de conneries dans ma vie, et celle-ci également. J'ai craché le feu pour la 1ère fois à 20 ans,

entraîné par un ami un peu ouf qui essayait tous les délires jusqu'à ce qu'un balcon d'immeuble lui rentre dans le torse alors qu'il était bêtement suspendu sous un deltaplane. Et puis à cette fête, avec ce nouvel ami que j'avais jugé assez déglingué pour accepter, et à qui j'avais appris la technique la veille. Le Mistral était assez fort ce jour là, et c'est pas terrible car les retours de flamme, il arrive que ça arrive, quoi ? Enfin ya de la chance pour la canaille puisque tout s'est bien passé. Et quinze jour plus tard, il a très bien craché son pétrole désaromatisé enflammé, sans plus de problème.

Mais moi, je ne l'accompagnais pas. C'était le jour de notre mariage, et Margotte m'a fait comprendre avec pédagogie qu'elle n'avait pas envie de se farcir "Le marié était en noir, carbonisé", comme navet... Mon pôte s'est donc tapé tout seul sa frime de cracheur de feu. J'étais de toute façon assez grillé comme ça dans l'opinion de mes beaux-parents.

samedi 24 juin 2006

Tant-BourrinSe faire la pelle...

Je propose à Nicole un petit déjeuner.
Elle agrée mais ne prend, pour toute nourriture,
Que la merde collée sur ma pelle à fumier,
A petits coups de langue - drôle de confiture !



Moralité :
Lêchant ma pelle, Nicole déjeûne


vendredi 23 juin 2006

ManouFête des paires

Dimanche dernier, j’ai téléphoné à mon père pour lui souhaiter toutes sortes de bonnes choses. Le malheureux se débat dans de sordides querelles de famille qu’il serait déplacé de vous narrer par le menu. Aussi je préfère vous proposer ma dernière recette, fort simple à réaliser puisqu’il vous suffit de disposer d’au moins une paire de couilles à portée de la main (évitez les vôtres).

Ingrédients

- 1 à 6 paires de couilles
- 1 filet à papillon
- 1 air de ne pas y toucher
- 1 paire de ciseaux à Bonzaï
- 1 à 6 bouteilles de bières
- 2 à 12 bougies d’ anniversaire
- 1 patinette

Préparation

Gageons que vous avez dans votre environnement direct un canapé. Et qu’en cette période de Coupe du Monde, il n’est certainement pas rare d’y trouver une, deux ou parfois 3 paires de roubignoles, sagement posées en attendant le coup de sifflet final tandis que bouches, mains et pieds s’en donnent à cœur joie.

Un soir, vers 21h14, sortez de votre antre (la cuisine) avec votre air habituel de ne pas y toucher. Faites mine d’aller promener le filet à papillon (que vous aurez engagé à piaffer d’impatience pour l’occasion) et dirigez-vous en ligne droite vers le canapé. Après un saut périlleux arrière de diversion, présentez au propriétaire de la première paire une bouteille de bière. Tandis que la bouteille est saisie, découpez à l’aide des ciseaux à bonzaï un cercle d’une quinzaine de centimètres dans le pantalon que le propriétaire ne manquera pas de porter (s’il n’a pas de pantalon, se reporter aux suggestions). Dégager délicatement les bijoux de famille.

Répétez les opérations précédentes autant fois qu’il y a de paires de burnes sur le canapé. Avant que les bouteilles de bière soient vides, effectuer un rapide aller-retour en cuisine pour récupérer les bougies. Revenir au salon en pas chassés. Poser une bougie sur chaque testicule dégagée. Allumez et retournez à la cuisine en patinette. Celui qui a la fève est le premier qui crie. Cette dernière décision est tout à fait arbitraire, nous sommes bien d’accord.

Suggestions

- Vous avez remarqué qu’il est tout à fait possible de se passer du filet à papillons. C’est bien.
- En cas de pouvoirs surnaturels, répétez la recette autant de fois qu’il y a de canapés dans le salon, autant de fois qu’il y a de salons dans l’immeuble, autant de ….
- Aucune paire de couilles n’est posée sur le canapé. S’y trouve seulement votre meilleure ennemie. Ne comptez pas sur moi pour vous dire quoi faire des bougies.

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