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jeudi 2 février 2006

Tant-BourrinGogues, la galère...

Avez-vous lu cette dépêche ? Moi, ce genre d'information, ça me troue le cul (oui, bon, je sais, c'est facile comme humour à deux balles, mais je n'ai pas pu m'en empêcher)...

Ainsi, selon cette dépêche (je résume brièvement, vu que la durée de vie des pages d'info de Yahoo est limitée dans le temps), le marché des toilettes high tech japonaises est en train d'exploser littéralement aux Etats-Unis, et Toto, le fabricant de ces WC (c'est vraiment le nom de la firme), va ouvrir une usine au Mexique (main d'oeuvre bon marché, pas fou le Toto !) destinée à la production pour le marché américain.

Ces toilettes sont devenues des bijoux de technologie, dotés d'une lunette chauffante, de jets d'eau multidirectionnels (waouh !), de musique d'ambiance et de gazouillis d'oiseaux (histoire de couvrir les prouts sonores, les Japonais sont d'une pudeur !), d'un système d'analyse d'urine (Lance, fais gaffe !), d'un pèse-personne avec mesure de la masse graisseuse, et d'un système de mesure de la pression artérielle. Rien que ça.

Tout cela me laisse songeur. Encore quelques années d'évolution en ce sens, et la vie ne va pas devenir simple d'ici quelques années, quand nous aurons des besoins pressants. Voici ce que ça pourrait donner pour un humain quelconque après l'installation chez lui d'un WC de douzième génération.

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mercredi 1 février 2006

Saoul-FifreVnyz, la vénusienne

Ces nuits en wagon-lits sont toujours trépidantes et agitées, mais cette arrivée en Trans-Italie-Express vaut son pesant de rayons dorés grâce à la longue traversée du pont sur la lagune, à la petite aurore. Les détails se dévoilent, repoussant le drap de la nuit lentement, s'étirent, faisant craquer leur engourdissement et Venise, j'allais dire Vénuse, comme la déesse née des eaux, se redresse sur la brume de son sommeil.

Le terminus de Santa Lucia est un commencement. Après avoir acquis l'indispensable coupon qui permet de sillonner sans limite la Génialissime, ses îles vassales et la barrière littorale du Lido, à bord de ces véloces vaporetti, et s'être débarrassé de nos bagages à l'hôtel, nous avons entamé de dévorer des yeux cette ville intacte, entière, de l'arpenter, la sillonner, la ratisser. En Octobre, pas de Mostra, pas de Carnaval, pas de régates, pas de Biennales. Le nombre des sectateurs et des amoureux transis de la Bellissime a suivi un sévère régime amaigrissant. Tout est moins encombré, on arpente des fondamenti déserts, les queues sont inexistantes, les gens calmes, accueillants...

Venise est une ville sympa, vivante, bruyante, tapageuse, courageuse et bien réelle. Si côté musée il y a, il ne m'a pas gêné : Venise est belle, elle le sait, elle est fière et ça lui fait manifestement plaisir de montrer ses appâts. Mais sans affectation ni sophistication. Son maquillage reste discret, naturel . La beauté, oui, mais pas au prix de la vérité ! Ses tenues révèlent plus qu'elles ne cachent ses formes véritables, au risque (et à l'honneur !) d'en revendiquer les imperfections qui nous la rendent unique et touchante. Une grande fente dans le mur d'abside d'une église ? Elle pourrait la couvrir d'une de ces grandes toiles dont elle a à revendre au Maître ? Et bien non ! Voici ma fente, et prenez la comme vous le voulez...

Venise dont le travail est incontestablement de se vendre aux touristes. Mais il est tout aussi exact qu'elle accepte, si nous voulons bien nous en donner la peine, de nous laisser gracieusement toucher

"les p'tits bouts d'sa peau, bien cachés,
que les autres n'ont pas touché..."

Sa cuisse légère ne s'alanguit vénalement qu'entre San Marco et San Polo, en passant par le Rialto, finalement... Dans le Canareggio, le Dorsoduro, la pointe du Castello, qui représente en surface la grande majorité de Venise, la boutique de Max ou de "vétro c'est trop" se cantonne au rôle d'exception qui confirme la règle de son absence. Les prix y sont aussi beaucoup plus "per résidenti solamente" : j'ai été me faire recommander une bonne bouteille de "grappa vecchia" dans une boutique spécialisée du Rialto (affichée 29 €)... puis suis allé acheter sa jumelle dans une petite épicerie de quartier... à 17 € ! On a crapahuté comme des malades : tout ce qu'on peut voir en 3 jours on l'a vu. C'est un vrai labyrinthe, surtout la nuit où on a pas le soleil comme repère, on s'y paume très facilement mais ça fait partie du "giocho" ! 3/4 jours de plus et je pouvais m'installer comme guide, mais en fauteuil roulant...

Après un dernier petit aller-retour nocturne en vaporetto (dans les 2 places si convoitées du "nez" du bateau) pour rendre moins poignant l'arrachage à Venise, nous sommes enfin rentrés. Le serveur du dernier resto, qui nous avait visiblement à la bonne, nous a lancé "a domani" puis, devant nos airs contrits, "a Natale, allora...".

Le quai de départ de Santa Lucia n'est pas une fin. C'est une certitude de retour. On revient toujours à Venise, c'est "bateau" de le dire. On y revient en pensée, au pire, et cette infidélité sera la dernière à nous fouailler sur notre lit de remords.

Petite bibliographie sans importance :

"Fables de Venise", album de BD de Hugo Pratt (Corto Maltese)
"Voir Venise..." et "...et mourir", 2 tomes de la série BD des Largo Winch. (Franck/Van Hamme)
"La mort à Venise" de Thomas Mann
"La reine Albemarle, ou le dernier touriste" de Jean-Paul Sartre
"Le voyage en Italie", de Jean Giono...
"En observant Venise" de Mary Mc Carthy
"Voyages en Italie" de Chateaubriand
"Mémoires" de Casanova
"Venises" de Paul Morand

mardi 31 janvier 2006

Tant-BourrinUn monde pas frais

Peut-être vous souvenez-vous de la parodie que j'ai consacrée, il y a quelque temps, à mon émérite (agricole) co-blogueur ?

Eh bien, figurez-vous que la muse est venue à nouveau me taquiner sur le même sujet.

Bon, je le reconnais, il s'agissait d'une muse bien crottée et, plus que ma créativité, c'est surtout le museau qu'elle m'a taquiné.

Néanmoins (nez en moins ?), je vous vous invite à vous boucher le nez et à ouvrir les oreilles...

Les paroles originales sont ...

Prêts ? Alors, musique !...

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Tant-BourrinLe grand jeu-concours polychrome de l'hiver : l'homme en or

Comme promis, voici les résultats et les réponses du grand jeu-concours polychrome de l'hiver. Bravo à toutes celles et ceux qui ont participé, même à certains qui ont a pris la peine de m'écrire pour m'annoncer un score nul !

Voici donc le podium.

Le grand vainqueur incontesté est.... Procrastin, avec un score remarquable (compte tenu de la difficulté) de 12/20 !!! Un grand bravo à lui !

La deuxième, handicapée par des problèmes d'envoi de mail, est.... Anne, avec un score correct, mais insuffisant, de 10/20.

Enfin, se partageant la troisième marche du podium,.... Twig et Matthieu, avec un score limite risible de 6/20.

Félicitations malgré tout aux suivants que ne je vais pas citer par charité, au vu de leur prestation... Oh, et puis si, finalement : Byalpel et Pascal avec un score de... mmmmmmouhahaha... 2/20, et Lalune avec le zéro parfait (respect !).

Et enfin, voilà ce que vous attendez tous : les bonnes réponses ! Les plus perspicaces d'entre vous (tout du moins, ceux qui ont trouvé au moins deux bonnes réponses) auront compris que le point commun entre toutes les chansons était... la couleur !

  1. Serge Lama - Toute blanche
  2. Luis Mariano - L'amour est un bouquet de violettes
  3. Jean-Michel Gascuel - Le chien aux yeux jaunes
  4. Adamo - J'avais oublié que les roses sont roses
  5. Lynda Lemay - Les souliers verts
  6. Berthe Sylva - Du gris
  7. Michel Jonasz - L'homme orange
  8. Christophe - Les mots bleus
  9. Léo Ferré - L'affiche rouge
  10. Johnny Hallyday - Noir c'est noir

Et voilà ! C'est tout pour cette fois !

lundi 30 janvier 2006

Saoul-FifreMa dernière séance

Nous ne sommes pas des fanas de cinéma, nous voyons grand max cinq ou six films par an. Je déteste sortir de la salle en pensant "Bof...", donc on sélectionne. Le grand écran est super, mais je préfère encore repérer sur un programme télé un film mythique, un film qui a résisté au temps, et filer le voir chez ma belle-mère...

Bon, faut dire qu'en province, les salles ne prennent aucun risque. Ce sont des américanades qui sont sûres de faire du chiffre, les quelques sorties matraquées à la télé, soutenues par la promotion de grandes vedettes. Pas question de programmer de temps à autre des auteurs à la rentabilité non garantie ou des rediffusions. En plus, à Salon-de-Provence, qui est notre ville de proximité et le siège de l'Ecole de l'Air, c'est "films de pilotes avec des conflits internationaux avec Tom Cruise ou Schwarzennegger obligatoires".

À Paris et dans les grandes villes, j'imagine que le concept de salles d'Art et d'Essai existe encore, non ?

En plus, ce qu'est devenue l'ambiance des salles obscures a plutôt un effet repoussoir sur un garçon bien élevé comme je le suis. Le papier-cristal qui enveloppe les bonbons "Mi-cho-ko" ou "La pie qui chante", c'est fait exprès pour me faire crisser les dents, ou je suis parano ? Les gros porcs qui mangent leurs pop-corns la bouche ouverte, en en faisant tomber sur vous ? Ceux qui s'amusent à souffler dans la paille de leur coca pour faire des bulles, au lieu d'aspirer ? Ceux qui commentent ? Ceux qui racontent la suite aux copains, vu qu'ils l'ont vu déjà trois fois ? Les soupirs des anges ? Vous avouerez que, sans être misanthrope (et je le suis), ya de quoi préférer rester chez soi devant un bon livre...

En ce moment, je suis dans "Comment je suis devenu stupide", de Martin Page, que nous avait conseillé Audalie. Excellent. Merci du tuyau, Audalie !

D'abord, dès l'entrée dans la salle, je flippe. A l'allure dingue où il surfe sur son ticket, tout le long de son étroite pellicule qui plonge dans un cinéma, j'ai toujours la trouille qu'il se casse la gueule, l'autre Jean Mineur, là !!

Enfin, je finis par surmonter mes phobies, et, suivant les avis éclairés de Byalpel , on est allé voir "Je vous trouve très beau". Et ben, David, je te remercie du bon plan ! Profondément. Merveilleuse histoire qui finit bien, mais de justesse. J'ai pleuré deux fois : à la scène de la cabine téléphonique, et à la fin. Qu'est-ce qu'elle joue bien, la Eléna !! Ça, c'est un prix d'interprétation féminine crédible. Pas comme Valérie Lemercier dans "Palais Royal" (il paraît qu'elle est nominée ! J'adore Lemercier, mais pas dans "Palais Royal" !). Michel Blanc est très bien aussi. Il a la sobriété de jeu des vrais grands.

Je relaie donc la chaîne et conseille ce super film très émouvant à tous. Et particulièrement à Anténor . Cela peut sembler paradoxal, puisque l'histoire se termine bien, mais il lui suffira de partir cinq minutes avant la fin, et ses sado-tendances seront comblées. Par contre, peu après le début, il va y trouver une scène du plus pur anténoresque. Je suis bien certain qu'il achètera le DVD dès sa sortie pour se passer l'extrait en boucle. Le plouc se retrouve veuf, et n'a bien sûr jamais daigné jeter un œil sur la machine à laver. Le CHAT se retrouve enfermé par erreur dans la machine à laver à HUBLOT FRONTAL. Une dose trop importante de POUDRE À LAVER y est versée, et un mauvais PROGRAMME est lancé. La MOUSSE envahit la BUANDERIE, et le chat MEURT.

Notre Maréchal (que son nom et sa descendance - non, pas sa descendance - soit béni mille fois) aurait-il participé à l'écriture du scénario ?

dimanche 29 janvier 2006

Tant-BourrinLe grand jeu-concours polychrome de l'hiver

Tiens, me disais-je tantôt, cela fait un certain temps, pour ne pas dire un temps certain, que je n'ai pas proposé ici un de ces quiz musicaux qui ont bâti la renommée internationale de ce blog...

Le fait que je n'ai aucune idée de billet digne de ce nom n'entre bien évidemment absolument pas en compte dans le fait que je me répondis in petto : "banco ! allons-y, et en avant la zizique !"

N'ayant aucune envie de perturber mon cher lectorat (et accessoirement de me casser le cul), j'ai repris strictement le même principe que pour les jeux-concours précédents. Je refais néanmoins un copier-coller du réglement...

Ecoutez le fichier ci-dessous, composé de 10 intros de chansons enchaînées, essayez d'identifier le maximum de chansons, et envoyez-moi par mail (histoire de laisser tout le monde jouer) vos réponses sous la forme :

1 : nom de l'artiste - titre du morceau
2 : nom de l'artiste - titre du morceau
3 : nom de l'artiste - titre du morceau
etc.

Un nom d'artiste correct rapporte un point, un titre correct rapporte également un point. Je donnerai dans les commentaires les scores réalisés par les uns et les autres au fur et à mesure de l'arrivée des réponses. Le gagnant sera celui qui atteindra le plus grand score ou qui obtiendra le premier la note parfaite de 20. Il gagnera un cadeau d'une valeur inestimable : la publication de son nom dans un billet spécialement consacré aux résultats (amour, gloire et beauté assurés !). La date limite de participation ? Seules seront validées les réponses envoyées avant le lundi 30 janvier 2006 à 21h18 précises.

A noter, cette fois-ci, deux nouvelles, une bonne et une mauvaise. La mauvaise, c'est que le niveau de difficulté est sûrement plus élevé que les fois précédentes. N'hésitez donc pas à participer, même si vous n'avez que peu de réponses, cela pourra peut-être suffire. La bonne, c'est que j'ai introduit un fil conducteur parmi les morceaux, un point commun entre toutes les chansons qui, une fois identifié, pourra vous aider à orienter les recherches pour les morceaux suivants.

Allez, on y va... A vos marques... Prêts ?... Ecoutez !

(nb : pour ceux qui le souhaitent, le fichier mp3 peut être directement téléchargé ici)

samedi 28 janvier 2006

Saoul-FifreT'en mets trop, Paul !

La ferme était complètement perdue dans la jungle périgourdine. Celle où tous les étangs se ressemblent et ne peuvent servir de points de repère. Celle où les frondaisons des grands chênes cachent le soleil et font tourner le pauvre gars égaré en cercles concentriques. Ce qui n'est pas une mauvaise technique pour trouver les cèpes. Celle où les sangliers descendent la nuit en bande vers les habitations, juste pour faire du dégât, parce qu'ils s'ennuient, mais aussi un peu pour se nourrir. Celle où les anglois viennent disputer aux indigènes les gentilhommières, granges et autres anciennes maisons de serfs, en faisant monter les prix, dans l'unique but de venger le roi Richard Cœur-de-lion. Celle où les oies et les canards se mettent à claquer des dents quand arrive la froidure de décembre et les odeurs de cuisine.

Enfin, c'était une ferme "paumée de la vie", comme dit ma fille. C'était notre île déserte, et je la parcourais dans tous les sens, ivre d'odeurs, de sensations, d'images, de bruits. L'été, je squattais l'étang, en améliorant d'une année sur l'autre le modèle de mon radeau, en bois, avec des bidons vides comme flotteurs, et je me baignais. Ou j'organisais des courses entre des bateaux-bouts-de-bois dans le lit du ruisseau. L'hiver, si il gelait, on allait y glisser, avec cette pointe de nervosité à l'idée de la glace à l'épaisseur aléatoire. Le reste du temps, je m'enfonçais dans les bois, je construisais des cabanes dans les arbres, je faisais du vélo pour aller voir les potes, jusqu'à des quarante bornes aller-retour. On glanait, on glanait un max : des champignons, des châtaignes, des fraises des bois, des poires sauvages, des raisins, des mûres, des fleurs de sureau, de chèvre-feuille... J'étais capable de rester une heure immobile, à contempler le trafic d'une fourmilière, ou de mettre au point des tests de QI pour dindes. Je me dilatais la rate à les regarder tendre le cou dans un trou de grillage, essayant d'atteindre un tas de maïs proprement inaccessible, alors que la porte était grande ouverte, à vingt centimètres sur leur droite...

Je me suis gorgé de senteurs, j'ai stocké des couleurs, des bruissements, des appels au plaisir. La Nature m'a hypnotisé et m'a dit : "Tu m'appartiens.". Dans les lacs de ma maîtresse, j'étais un esclave heureux.

C'est dans ces eaux-là que mon père est mort, que ma mère a bradé la luxuriance et qu'elle nous a emmené dans ses bagages à la grande ville. J'ai envahi cette ville à la "donc il rotait" . Ce miracle immobilier m'était personnellement réservé de toute éternité. Je l'ai découverte comme un jeune enfant encore endormi se jette sur ses cadeaux sous le sapin. Ça réveille brutalement. Cette complexité des plantes et des bêtes, qui m'était fraternelle, je la retrouvais ici. La ville est aussi une jungle et la Vie est partout. À la Grande Bibliothèque du centre, tous les livres du monde m'attendaient, et tous les quotidiens, hebdos, mensuels, en lecture gratuite ! Déjà à l'époque, une discothèque de prêt existait... La ville regorgeait de Galeries de peinture. Comme il y avait marqué "Entrée libre", j'entrais. Quand je tombais à l'heure du vernissage, ça me faisait mon goûter. J'épluchais tous les entrefilets de "Sud-Ouest" et je me pointais à l'assemblée générale des cinéastes du Dimanche ou des potiers d'Art et d'essais, et partout où était précisé "Ouvert à tous". Une fois par an, le Grand Théâtre faisait "Portes Ouvertes" pour un de ses opéras. J'ai squatté les permanences rupines ou turlupines de tout l'éventail des partis politiques. Je m'infiltrais dans des réunions anarchistes où l'on voulait tout casser, en force, à sec, et chez les non-violents qui préféraient y mettre une noisette de vaseline. J'allais frapper aux portes des sectes, j'assistais à leurs sabbats, à leur "parlers en langues", à leurs baptêmes/concours de tee-shirts mouillés. J'acceptais des invitations dans des familles de barjots qui ont sûrement dû faire la Une quelques années plus tard. Je m'asseyais rue Ste Catherine et je regardais le défilé de mode de l'humanité, fasciné par tous ces visages, et avide de saisir comment se goupillaient les connexions dans nos crânes condamnés d'avance. Je rencontrais mes semblables et ils se demandaient après quoi ce gosse de 14/15 ans plutôt silencieux pouvait bien courir.

Puis j'ai fait la connaissance de Toulouse, cette porte de l'Espagne et du Sud, avec ses patios, ses repas de quartiers dans la rue et le rythme lent de ses quais. Je suis monté à la capitale, si belle, si nerveuse et si diverse. Si grande que le moindre déplacement prend un temps fou, et si grande gueule que les politiques y ont élu domicile. Je suis à l'aise à Marseille, où mijote à gros bouillons l'énergie de ceux qui y arrivent plein d'espoir, où la Bonne Mère couve de son regard protecteur tous ses petits, tout autour. Ou à Limoges, où les maisons de granit, et leurs habitants du même, résistent courageusement aux gels, à la gnole-maison et aux mini-déluges quotidiens.

La ville m'épate, m'embrouille et me refile ce qu'elle veut. Et j'adore me laisser faire. Si j'ai choisi de travailler à la campagne, c'est aussi pour le plaisir de retrouver la ville comme au premier jour, la redécouvrir sans me lasser, prendre mon bain de foule et repartir sans déception. Sur le long terme, je sais que je craquerais. Au jour d'aujourd'hui, il y a une seule ville dans laquelle j'accepterais l'immersion à plein temps, et je vous en parlerai une autre fois.

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