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lundi 10 août 2009

Saoul-FifreLes Français ont du cœur

2008

Sa présidence est en pleine forme. On le voit taquiner le braquet avec Drucker, Virenque, travailler son souffle lors de longs joggings. Il se paye une coach pour fignoler son image de gagneur et se marie avec Carla pour booster le rythme de sa libido, à moins que ce ne soit l’inverse.

Par contre, ses sondages, même ceux d’OpinionWay, c’est dire, font grise mine. Il plafonne à 31% d’opinions favorables.

Début 2009

La crise internationale jette les Français au chômage, le système qui a porté Sarko au pouvoir est bien malade. Ses « solutions » sont cyniques et ne profitent qu’aux nantis.

Mais le petit Nicolas a l’air si triste et si plein de bonne volonté que le peuple plébiscite les listes présentées par l’UMP aux élections européennes : 44% !

Eté 2009

Sarko, qui a adopté le régime grain de raisin/feuille de salade sans sauce de Carla, a les guibolles un peu flageolantes. Son médecin personnel le suit d’autre part et de près avec sa seringue à remonter le moral. Et il a la paume un peu lourde.

C’était à prévoir : en courant sous le plein cagnard devant la « Lanterne », une des résidences de la République qu’il a piquée à « Sang-froid » Fillon, notre Présiprince tombe dans les pommes-vapeurs et se réveille entouré de mandarins au teint terreux, inquiets pour leur place.

Quand il sort du Val-de-Grâce, quelques jours plus tard, amaigri, main dans la main avec sa Carla, le sourire convalescent du cocu qui a eu chaud aux fesses, il cote 56% dans les sondages. Il n’a jamais été perché aussi haut depuis son élection.

2010

Les trente Glorieuses sont vraiment loin derrière nous. Jean-Marc Sylvestre ne nous bassine plus avec des « croissances négatives » ou des « stagnations » ni même de simples « freins ». C’est la débandade, tous les paramètres sont en chute libre.

Mais les communicants attachés à l’Elysée (leur effectif a doublé) ont remarqué cette tendance des Français à être attendris par les petits chatons abandonnés. Ils jouent de plus en plus sur la corde sensible et exploitent la moindre baisse d’énergie du Président ou la plus anodine des pertes blanches de Carla. Une grosse fièvre avec courbatures est requalifiée systématiquement en grippe ovine carabinée. Un Tamiflu et hop ! Nicou le chouchou cartonne à 74% !

2011

Le monde capitaliste est au plus mal. Tous les pays du tiers-monde ont nationalisé leurs matières premières. Lassés d’attendre des gestes positifs et d’être considérés comme un « immense marché » par les pays riches, ils ont verrouillé leurs frontières et tout misé sur l’autosuffisance dans le respect de la nature.

La riposte de Sarkozy a été foudroyante : glissant sur une peau de banane (la plupart des observateurs soupçonnent un leader de centre gauche), il s’est retrouvé paralysé du bas dans un fauteuil roulant. Révélant ainsi sa duplicité et la tyrannie de son obsession sexuelle, la cruelle Carla décide de le quitter.

Des millions de messages de soutien parviennent à l’Elysée. La France pleure. Elle est solidaire. Elle ne lâchera pas son chef bien aimé. Le boycott des bananes lancé par Daniel Cohn-Bendit, le meilleur ami du Président, est suivi par 81% de la population.

2012

La situation économique est catastrophique. Le secteur tertiaire est raplapla. Seules résistent encore les quelques entreprises rendant un service réel, indispensable. Le chômage est endémique, exponentiel. La sécurité des biens et des personnes n’est plus assurée. Les caisses de l’Etat sont vides.

Le bulletin de santé mensuel du Président confirme la rumeur persistante de ces derniers jours : son Alzheimer n’a plus aucune chance de régresser malgré les techniques de pointe qui ont été utilisées.

Le courage de Nicolas Sarkozy emporte l’enthousiasme des Français. Il est réélu avec un score digne d’un dictateur africain.

vendredi 7 août 2009

AndiamoWarum ?


Le champagne lui a embué sa jolie tête, elle est nue, allongée sur le lit, les poignets noués aux barreaux du lit, elle rit, la cinquantaine épanouie, magnifiquement conservée : du sport, un régime assez strict, les kilos superflus qu’on laisse de côté, à cet âge, c’est au prix d’efforts démesurés.

Elle est complètement écartelée, impudique, elle sait que l’homme qui la regarde et qui l’a ainsi attachée est gonflé de désir.

Il est un peu plus jeune qu’elle, quarante ans ou à peine plus, ça la flatte de provoquer le désir chez des hommes plus jeunes qu’elle.

Grand, beau, le corps musclé, il n’a conservé que son pantalon de toile blanche. Lentement, l’homme s’approche. Il tient quelque chose dans sa main droite, il se penche vers elle, elle rit, il déroule ce qu’il tient dans sa main : c’est un sac en plastique, dessus est imprimée une pub pour une grande enseigne.

La femme cesse de rire, un regard interrogateur scrute les yeux bleus qui la fixent.

Alors le beau brun extirpe un objet de sa poche et lui colle sous les yeux.

Puis, brusquement, le sac est venu coiffer le visage aux cheveux blonds décolorés, les anses ont été nouées sous le menton.

Sans regarder, l’homme a remis sa chemise, blanche la chemise, a calmement ouvert la porte et s’en est allé tandis que, sur le lit, le corps d’une femme, la cinquantaine épanouie, s’agite en vains soubresauts.

Juillet 1960, Michel sur sa Vespa, a déjà la tête en vacances, trois semaines aux frais "de la princesse", une aubaine, quand il songe à son père qui au même âge n’avait que dalle !

Ils ont eu bien fait les anciens de se bagarrer, afin que eux puissent profiter un peu.

Si tout va bien, ce soir il aura passé Lyon. Depuis trois heures du mat’, il a le cul sur son scooter, et neuf heures plus tard, ses noix commencent à le chauffer sévère !

Mais bon, à la clef, seize jours de vacances sur la côte. Se dégoter un petit camping près de La Napoule, il en avait repéré les années précédentes alors qu’il était en vacances chez une tante qui habitait Cannes.

C’était bien les vacances à Cannes, mais la tantine est décédée, alors il a décidé d’y retourner sur cette Côte d’Azur, mais, à scooter, deux jours de route, c’est un minimum.

Après cet harassant voyage, il a planté sa canadienne au bord de la Siagne, au camping "les Mimosas", près de La Napoule. La tente à peine montée, il s’est écroulé à même le tapis de sol, épuisé.

Point de sortie ce soir-là, trop vanné !

Le lendemain, après un rapide passage aux douches, des courses pour célibataire : saucisson, sardines à l’huile, melon, tomates, fruits, et bien sûr du Nescafé, ainsi que l’indispensable baguette qui a fait notre réputation mondiale.

Un déjeuner vite expédié, et la plage, le sable, la grande bleue, le rêve…

Le soir, Michel est allé au p’tit guinche près du camping. Point d’orchestre, des disques, le grand tube de cette année soixante : SAG WARUM par Camillo Felgen, un slow d'enfer propre à faire chanstiquer les minettes.




Nachts geh ich dahin, ich bin allein, und frag : Warum ?

Dans un coin, près du bar, Michel a repéré une jolie brunette, c’est la fille des patrons du camping, il l’a vue en allant s’inscrire à l’accueil, mignonne, jolie même. Il s’approche, l’invite, un slow pareil, tu penses !

La jeune fille le suit jusqu’à la piste, ils commencent plus à se trémousser qu’à danser…

Die Tage gehen mir nicht aus dem Sinn.

La musique coule, ils se serrent davantage, leurs joues se rejoignent, cela va très vite…

Und Ich frag mich : Warum ?

A la fin du slow, ils s’embrassent, l’éclair, le coup de foudre ! Sylvette l’avait déjà remarqué lorsqu’il était passé à l’accueil, elle l’avait trouvé mignon, maintenant elle le trouve franchement beau, même si il est un peu pâlot à son goût, mais ça devrait s’arranger dans les jours à venir !

Ils sont restés un bon moment à s’embrasser, avant que Sylvette à regrets lui dise : tu me raccompagnes ?

Un dernier bisou, puis : à demain.

Michel est rentré seul sous sa canadienne, les bras en croix sur son matelas pneumatique, il a la tête pleine de la jolie brune.

- Merde ! C’est pas vrai, me v’là amoureux, murmure-t-il.

Lui, d’ordinaire assez dragueur, s’est fait accrocher le premier soir, c’est quoi ce truc ? songe-t-il.

De son coté, Sylvette est dans le même état. Pourtant, des types, elle en voit défiler au camping, l’été sur la Côte, c’est plutôt gavé !

Bien sûr, elle a déjà flirté, mais jamais elle n’a été "accrochée" comme ce soir.

Le lendemain, après son "Nès", Michel est allé à l’accueil. Sylvette est là, sa mère aussi, le père vaque dans le camp, ça n’est pas le boulot qui manque l’été : lavabos bouchés… ou pire ! Porte de douche dégondée, les poubelles à collecter, etc.

- Tu peux sortir ? demande-t-il.
- Non, je dois aider mes parents, j’ai fait une année pas terrible, l’an prochain c’est le bac, alors ils me serrent un peu. On se verra ce soir, promis !

De temps en temps, la Maman observe le manège, mi-sourire, mi-gros yeux.

Un bisou à la dérobée, et Michel s’en va à contre-cœur.

Une journée coeur de plomb pour nos deux tourtereaux, puis le p’tit guinche au bord de la Siagne, la soirée est douce, Michel est allé chercher Sylvette, la Maman a dit avant de partir :

- Ne rentre pas tard !
- Non M’man, promis.

La belle Sylvette en amazone sur le scooter, c’est défendu, mais froisser la jolie robe blanche, avec tous ses jupons qui la gonflent si joliment… Ah non !

Ils se sont enlacés, Camillo et sa voix profonde.

Du gingst fort, wohin ? Ich rief dich oft, doch du bliebst stumm.

Comment résister ?

Du fühlst es nicht, wie einsam Ich bin
Und Ich frag mich : Warum ?

Alors ils ont quitté la piste, Sylvette s’est de nouveau juchée sur la selle de la Vespa, en route pour un endroit plus tranquille, longer la plage en direction de Cannes, le phare et son long faisceau, le Suquet éclairé, au loin les feux des bateaux de la flotte Américaine, comme des lampions au quatorze juillet.

Le scooter s’est arrêté. Ils se sont tenus la main, ont roulés sur le sable en riant, sont devenus graves.

Pour elle c’était la première fois, pour lui guère plus.

- Je t’aime, a-t-elle dit la première.
- Moi aussi, a-t-il murmuré.

Sag : Warum ?

Le chemin du retour, heureux. Elle a Michel dans son corps, c’est ce qu’elle pense au moment où, à la sortie d’un virage, une décapotable surgit, pleins phares, elle empiète largement sur la partie gauche de la chaussée. Michel veut l’éviter. Trop tard : le pare-chocs accroche le tablier du scooter, et c’est la chute.

Roulé-boulé pour Michel, sa ceinture marron de judo lui a laissé des bons réflexes. Un peu sonné, il se relève, une grande tache blanche au milieu de la route, la robe de Sylvette, il s’approche, la jeune fille ne bouge pas.

Alors il lève les yeux, la décapotable est arrêtée, moteur tournant.

- Hep ! a hurlé Michel tout en se dirigeant vers la voiture rouge.

Au moment où il s’approche, il distingue une femme au volant. Dans le hurlement des pneus, le cabriolet redémarre et disparait.

Michel a couru pour le rattraper, en vain.

Son pied a heurté quelque chose, il se baisse, c’est un logo il le met dans la poche de son blouson sans le regarder, se préoccuper de Sylvette d’abord.

ENFIN un automobiliste s’arrêtera et conduira la jeune fille à l’hôpital, elle sera transférée à Marseille où elle décèdera trois jours plus tard.

Bien sûr les gendarmes ont enquêté, mais cela n’a pas abouti.

Michel est rentré à Paris, dans sa valise, le blouson déchiré qu’il portait le soir….

Avant de le jeter il a "fait" ses poches, il en a sorti un logo, celui qu’il avait ramassé le soir de l’accident, il l’avait oublié, un truc en métal nickelé : OCEANE écrit en lettres découpées.

Près de vingt ans ont passés, Michel ne s’est jamais marié. Il a connu des aventures, bien sûr, mais rien qui ne le retînt.

Chaque année : direction la Côte d’Azur, chercher, parler, interroger l’air de rien, le vide, le bide, le néant, au début les gens se souvenaient un peu de l’accident, tu penses, Sylvette la fille Escouffier, voui, la pitchoune du campinge, qué malheur ! Oh fan !

Et puis les souvenirs se sont fait plus rares, et plus rien jusqu’à ce soir.

Michel entre dans un bistro de Pégomas, un petit village situé dans l’arrière-pays, au dessus d’Auribeau sur Siagne, se pose le fion sur un haut tabouret, et commande un demi.

La patronne la cinquantaine alerte, je dirais même bandante, le sert et engage la conversation, ses yeux se sont allumés à la vue du beau quadra.

Michel sourit, il est assez fier d’être dragué, ça le flatte !

Tandis qu’il discute avec la patronne, son regard se promène sur le grand miroir placé derrière les bouteilles, des cartes postales et des photos en délimitent le périmètre.

Soudain, une photo attire son regard, elle représente une jeune femme, négligemment assise sur le capot d’une voiture rouge décapotable. Michel reconnait la patronne, elle a guère changée songe-t-il, il avance un peu la tête afin de mieux voir.

- Qu’est-ce que vous regardez ? demande la femme.
- Cette photo-là, c’est vous ?
- Oui, oui, mais il y a bien longtemps, j’ai changé n’est-ce pas ?
- En mieux, oui !
- Flatteur !
- Je pourrais la voir d’un peu plus près ?

La femme s’est retournée a saisi la photo, puis l’a tendue à Michel.

- C’est quoi cette voiture ?
- Une Océane, une Simca Océane, je l’ai eue en avril 1960.

Puis elle ajoute dans un murmure :

- Je m’en suis séparée, je ne l’aimais plus.

Michel a regardé la photo de plus près, elle est suffisamment grande pour qu’il distingue nettement sur l’aile gauche de la voiture, une éraflure et deux petits trous, là où aurait dû se trouver le logo.

Alors Michel retourne la photo, derrière une date : septembre 1960, mon Océane et moi.

Quand les policiers arriveront dans la triste chambre où gisait Mariette la patronne du bar l’oustaou, ligotée aux barreaux du lit, un sac plastique sur son visage bleui, ils ne trouveront comme indice qu’un logo de Simca Océane, posé entre les seins de la morte.

SAG WARUM ?

mardi 4 août 2009

Tant-BourrinPique-nique

- Bon, tu surveilles les fils pendant qu’ils vont faire pipi ? Moi, je prends les affaires et je vais chercher un coin d’herbe où s’installer pour pique-niquer.

Il tira le frein à main, descendit, ouvrit le coffre et prit la glacière ainsi qu’un plaid à carreaux rouges et blancs. Pendant que ses deux fils allaient adopter la position du mictionnaire dans les sous-bois et humidifier l’humus, il enjamba le fossé et chemina vers un grand chêne isolé à l’ombre duquel il ferait sûrement bon s’offrir une petite sieste après le repas.

Le coin était parfait : une herbe épaisse et accueillante pour les fessiers, à l’abri des rayons dardés par le soleil. Il posa la glacière, saisit deux coins du plaid puis, tout en surveillant l’arrivée éventuelle de nuages, fit claquer celui-ci dans l’air pour bien l’étendre sur le sol. Pas de souci céleste à court terme : malgré un risque d’orages localisés annoncé par la météo, le ciel demeurait pour l'heure aussi bleu qu’un papier d’huissier.

Son regard put donc redescendre sur terre. Et ce qu’il aperçut alors fit jouer à son cœur un solo de batterie digne d’un morceau de trash-speed-metal. Le terrain sur lequel il avait étendu le plaid était parfaitement dégagé, il en était sûr. Et pourtant, il semblait que la couverture reposât sur quelque chose, dont on ne pouvait que deviner la forme sous les plis à carreaux rouges et blancs. Quelque chose d’environ un mètre quatre-vingt de long, de cinquante centimètres de large, quelque chose qui ressemblait à…

Non, ce n’était pas possible !

D’un geste parkinsonien, il souleva prudemment un coin du plaid, jusqu’à découvrir… un visage ! Un cadavre ! Il y avait un cadavre sous le plaid, là où un instant plus tôt il n’y avait absolument rien !

Et, malgré ses traits révulsés, ce visage lui disait quelque chose. Quelque chose qui ressemblait à ce qu’il voyait chaque fois qu’il passait devant son miroir.

Il sentit ses jambes se transmuter en guimauve et ses intestins en corde à nœuds. Un macchabée surgi on ne sait d’où et qui lui ressemblait trait pour trait !

Il ferma les yeux et secoua la tête. Non, ce n’était pas possible !

Quand il rouvrit ses paupières, une fraction de seconde plus tard, il n’y avait plus rien à ses pieds, ni cadavre, ni plaid.

Ses yeux s’écarquillèrent d'une stupeur renouvelée, et ce d’autant plus qu’il ressentit simultanément une violente déchirure dans sa poitrine. Son cœur fragile de cadre sur-stressé pétait une durite sous un trop-plein d'émotion.

Il grimaça, gémit et, brutalement, chut dans l’herbe.

Une fraction de seconde plus tard, un type apparut soudain de nulle part, dressé au-dessus de lui, qui étendait un plaid en regardant les nuages. Un type qui lui ressemblait trait pour trait.

La dernière vision qu’il emporta du monde fut celle de carreaux rouges et blancs qui descendaient mollement sur lui jusqu’à l’engloutir.

vendredi 31 juillet 2009

Saoul-FifreTu ne sais pas zéééméééé

J'ai une petite passion pour les chansons d'avant 1950, avec un petit coup au cœur supplémentaire pour les années folles, cette période compliquée d'entre-deux-guerres où l'ambiance voyagea du grand OUF de soulagement avec les débordements de liberté que cela a suscité, au serrage de fesses le plus musclé qui soit quand on comprit que la paix était un état instable.

L'époque était manichéenne à choix multiples et parallèles. Le café-concert avait cédé sa place au music-hall où l'on allait se gorger les oreilles de rêves, de rires et de pleurs. Certains spectateurs se spécialisent, préférant l'humour et la distance, la "superficialité", la détente, croient-ils, à une vision plus sombre, plus austère de la vie ; sans voir que la comédie et le drame sont les deux faces du même Janus, les masques qui, de toute éternité ont permis de mettre en scène l'angoisse existentielle et métaphysique commune à tout être humain.

En écoutant Constantin le rieur par exemple, on sent bien l'odeur de la poudre et de la guerre qui s'approche. Par la suite, Georgius et sa chanson sur Hitler , Ouvrard ou la phénoménale Elle était souriante ont bien exprimé le sérieux sous-jaçant le comique.

Mais j'aimais également les grandes lyriques nous racontant des histoires terribles, dramatiques, des sentiments passionnés. Et la reine du drame, bien sûr, c'est la Grande Damia. Aujourd'hui, nous dirions qu'elle se la pétait grave, mais la jeune génération ne respecte plus rien.

Moi je gobais ses attitudes grandiloquentes à la limite du ridicule comme un petit verre de bonne mirabelle. Et je faisais sa publicité autour de moi.

J'avais 19 ans, j'étais timide, pas très sûr de moi et je dormais ce soir là chez mon oncle et ma tante de Sceaux qui avaient justement un invité-surprise. La conversation vint sur les lignes de la main et j'avouai que je tâtais de cette sorte de jeu de société. L'invité se montra intéressé et je me retrouvai dans sa chambre après le repas pour une lecture approfondie des plis de sa paume. Comme souvent et comme d'autres , il fut étonné par ce que j'ai pu dire sur lui sans le connaitre, il me posa des questions précises auxquelles je répondis du mieux que je pus et commença à me parler de lui plus intimement. L'ambigüité de la position, main dans la main tard dans la nuit avec un grand bel homme aux cheveux grisonnants commença à m'apparaitre. Nous étions en été, sous les toits, et de grosses gouttes me coulaient sur le front. Je lui parlai de ma passion pour Damia. Comme il ne connaissait rien d'elle, je lui ai fredonné le refrain de "Tu ne sais pas aimer". Je ne crois pas que quelqu'un d'autre m'ait depuis regardé avec un regard si ouvert, si respectueux, si ébloui.

Son interprétation à elle est ici

Je regagnai ma chambre.

Et le lendemain, le monsieur parti, comme je racontais à ma tante ma soirée, elle me regarda avec un drôle d'air et m'apprit qu'il était effectivement homosexuel.

mardi 28 juillet 2009

AndiamoSeptante

Je ne vais pas vous la jouer façon Gabin : JE SAIS QU’ON NE SAIT JAMAIS !

D’abord parce que c’est vrai et puis où serait la surprise, hein ?

Alors je préfère la jouer façon nostalgie, tout en douceur, j’ai choisi une bien jolie musique, signée Monsieur GAINSBOURG, et interprétée par une bien jolie personne, c’est vrai que JANE BIRKIN était magnifique !

Je les entends déjà les amateurs de bien nichonnées : elle est comme les cathédrales, ses saints sont à l’intérieur !

Quel vilain jeu de mots ! Quelle horreur, je leur réponds aux ceusses en manque de mamelles maternelles : quand la poitrine est menue, nous sommes plus près du cœur.

Et puis quand elles sont plutôt gâtées, je leur dis : abondance de biens ne nuit pas !

Je fayote ? Bien sûr, Mesdames je vous aime toutes… ou presque.


Ch'tiot crobard : Andiamo 2009


Cette chanson me rappelle si bien les chanteurs des années soixante, les années "vingtaine" pour moi, alors bien sûr il est toujours joli le temps passé !

Quand j’avais dix ans, je ne savais pas ce que ça représentait dix ans, j’étais un môme et je resterais toujours un môme.

Tout au long de sa vie, on a l’impression de vivre des moments figés, on n’a pas l’impression qu’un jour on sera grand, encore moins que l’on sera papa, quant à grand-père, alors là carrément de la science-fiction !

Et puis, et puis, on est arrière-grand-père sans savoir pourquoi (j’ai bien une petite idée tout de même).

Vingt ans…

Pour tout bagage on a vingt ans
On a l’expérience des parents
On se fout du tiers comme du quart
On prend la vie toujours en r’tard…. ETC

LÉO FERRÉ bien entendu !

Alors là ! On a tout vu tout connu, si, si je vous assure, on a vu : le triangle d’or, les bas jetés sur un fauteuil, une fille sans son soutif, on l’a envoyée en l’air (du moins le croit-on), on sait tout, vous dis-je !

On a le cul sur une Vespa ou une moto, on est le roi, quelques sacotins dans les glaudes pour te payer une placarde dans un guinche à rombières, le tango, la rumba, les slows, les mimis humides, la roucoulade à trois thunes, et c’est le grand amour d’une soirée ou deux, les virons aux halles, la tronche embuée par le muscadet sur lie, l’haleine de cow-boy après la soupe à l’oignon et les gauldos, un « WRIGLEYS » à suçailler, et tu retrouves ton souffle de bébé !

La vie est belle, Pimprenelle !

Soixante-huit, personne ne s’y attendait, surtout pas moi, Paris désert, sans voitures, les gens à pied ou à vélo, on parle à des inconnus… Etrange : serait-on devenus civilisés ?

Bref interlude, puis le coup de génie : on réapprovisionne les pompes à essence, et HOP tout l’monde à la campagne, un Grenelle pagaille, un p’tit coup de rallonge pour tout le monde, vite rattrapée par l’inflation la rallonge !

On déverrouille les turnes à chagrin, les salopards en casquette : AU TAF !

Trente berges : le poil dru, les cheveux coupe « afro » les moustaches style Jean Ferrat, la barbe, du poil partout, un abomifreux homme des neiges, cols « pelles à tarte », pat’ d’eph’, CLARKS aux pieds, il n'a pas encore neigé sur yesterday, sur mes ronces ça commence ! Marié, deux mômes, j’suis responsable moi, Môssieur.

Quarante balais : on recommence, autre vie, j’suis tout neuf ou presque, j’ai rasé ma moustache, plus de barbe, une coupe de douilles "raisonnable", non mais je ne vais pas jouer les soixante-huitards attardés, des fois !

Cinquante, j’en ai pris un coup, un demi-siècle !

Ca fout la pétoche ! Les premiers copains de mon âge qui s’en vont, trop tôt, trop vite, des précurseurs, des pionniers en quelque sorte.

Peut–être, en tout cas ça me fait prendre vraiment conscience de ma précarité, un funambule qui a paumé son balancier, un mort à crédit comme l’a écrit Céline.

Soixante ?

Alors on maquille le problème.
On s' dit qu'y'a pas d'âge pour qui s'aime.
Et en cherchant son coeur d'enfant.
On dit qu'on a toujours vingt ans !

Et toujours LÉO.

J’ai eu beau chercher mon cœur d’enfant, le mien était bien nase déjà ! Je me suis rendu compte que je n’aurais plus jamais vingt berges…. Et puis merde !

Des petits enfants tout megnons megnons, qui te font oublier que tu n’as plus l’âge de jouer aux osselets, ou au jeu des sept familles.

Dans la famille Petits Pois je voudrais…

Encore une décennie, non, non j'voulais pas ça !

Alors maintenant : I AM THE SURVIVOR !

J’ai un copain qui, afin de me rassurer, sort un mètre à ruban de sa poche, l’étire, pose l’ongle de son pouce gauche sur soixante dix, pose l’ongle de son pouce droit sur soixante dix sept (moyenne de vie pour un homme) et déclare : t’as vu ce qu’il te reste ?

Entre les deux ça ne fait pas lourd, faites-le, surtout pour les anciens, vous verrez c’est impressionnant !

Il a dépassé les soixante-dix sept, il fait du rab mon Pierrot, et tant mieux.

Mais bon, c’est comme ça, la camarde, je l’emmerde, elle est la plus costaud, elle le sait, moi aussi, elle sait que je le sais, si elle pouvait rater un train ou deux avant de venir me cueillir, je ne m’en porterais pas plus mal, et elle non plus !

Allez une dernière poilade, à soixante balais on se dit : TAMALOU ?

A soixante dix : TUSAIKICÉKÈMORT ?

NON NON NON, Andiamo n’est pas mort
Car il déconne encore !

Bon anniversaire à TANT-BOURRIN : ^@}%¤¤!!/;? ans aujourd'hui (ou presque)

samedi 25 juillet 2009

Mam'zelle KesskadieDes résolutions qui ne sont pas au point

Les bonnes résolutions se ramassent-à-la pelle, disait la chanson.

À moins que ça soit les feuilles d'automne.

Mais c'est pas encore la saison, donc, faut se contenter des bonnes résolutions. Entre autres, je me suis promis de maigrir pour mes cinquante ans. J'ai un peu de retard sur le calendrier, mais c'est quand même pas ma faute si les jours filent plus vite que mes efforts, n'est-il pas ?

Et je me suis également promis, cette année, de faire un effort pour l'environnement. À commencer, les fameux sacs de plastique. J'apporte mon sac recyclable partout, chez Jean Coutu, partout, je vous dis. Quand j'oublie, eh bien je refuse le sac.

Dommage collatéral : pour l'auto, n'est-ce pas, rien de plus pratique que le sac de plastique. J'en manque. Alors, il y a quelques petites choses qui traînent dans le fond de l'auto, dont les bouteilles d'eau en plastique que je veux mettre dans le bac de récupération à mon arrivée.

Or, à mon arrivée, je dois aussi emporter ma sacoche, les sacs d'épicerie recyclables, et autre menus objets. En général, je sors vite de l'auto parce qu'il est cinq heures (17:00 pour les européens, ici, le soir, on mange tôt. Ceux qui prennent le repas du soir à 20"00, on dit qu'ils mangent à l'heure des français. c'est tout vous dire). Et qu'il faut faire le souper. Vous voyez le topo ?

Bref, il devrait y avoir un drive-in pour les trucs à recycler. Ça serait chouette, han ?

Autre considération pour l'environnement, les cordes à linge reviennent à la mode. Ça tombe mal, j'en ai une. J'haguis étendre le linge. Ouiiiiiii, je sais, ça sent siiiiiiiiiiiii bon et tralalallllaaaaaaa. Moi, je trouve que la marque en vente d'assouplissant fait aussi bien l'odeur, mais c'est pas bon chic bon genre de dire ça.

Alors, j'ai décidé d'au moins commencer par les draps. J'ai donc étendu mon couvre-matelas, qui prend du temps à sécher dans le sèche-linge (c'est le français de France pour sécheuse). Après trois semaines, j'ai conclu qu'il avait eu le temps de sécher, de se faire relaver à l'eau de pluie (il parait que c'est très doux) et de ressécher. Bref, je suis allée le récupérer et diantre... il me semblait un peu gris. Je l'ai donc repassé à la laveuse et, comme il pleuvait, mis dans la sécheuse. Il me semble ici que pour l'environnement, je n'avais pas très progressé.

Mais perdre une bataille, ce n'est pas perdre la guerre ! Donc, je lave les draps de mon lit. Mes beaux draps rouge sang. sont assez beaux ! Et ils restent beaux. je vous dis les filles, pas une tache ne parait sur cette qualité de couleur. ok, les gars, faites pas cette tête là, de toute façon, c'est pas vous qui lavez. Donc, ça ne me fait rien de les montrer aux voisins. Mais je m'abstiens encore pour mes soutiens gorges, j'ai peur que le vent qui s'engouffrerait dans les bonnets DDD vainquisse les écrous qui retiennent vaillamment la dite corde à linge.

Eh bien, au bout de quatre jours, j'ai pris mon courage à quatre mains, et je suis allée ramasser le drap contour qui était tombé, la tête d'oreiller qui l'avait suivi, le drap plat qui avait résisté et j'ai tout remis dans la laveuse. Comme j'étions songeuse sur ma capacité de gérer les draps et la corde à linge en même temps, j'ai mis le savon dans le même récipient que l'assouplisseur. Pas grave, j'ai mis la laveuse à deux cycles de rinçage au lieu d'un seul.

Le doute m'assaille. Devrais-je choisir une autre bataille pour l'environnement ?

Heu, pour les sacs de plastique, ça va assez bien sauf quand ils proviennent du frigo. C'est qu'ils servent de suaire à des aliments, qui fussent jadis vivants, mais là, l'état de décomposition des végétaux me fait douter de la vie après la mort. N'osant troubler le repos de ces êtres, je n'ouvre pas leur tombeau. Donc, tout à la poubelle.

Le compost ? Ah ! j'y songe aussi ! Surtout que je pourrais faire un beau compost à l'aubergine. Oui, oui, j'ai une fixation. j'achète régulièrement des aubergines, c'est si joli. Et je les jette aussi régulièrement. Je ne douterais point qu'à la fin, ce soit un compost auvergnat.

Mais nooooooooonnnnn, j'en ai déjà fait du compost, vous saurez ! D'ailleurs, il est dans le fond de la cour, en arrière du jardin dont les mauvaises herbes témoignent de la fertilité indubitable de la terre. J'oserais pas y ajouter le compost, de peur de faire pousser une espèce végétale mutante qui envahirait la planète. Et comme dans les films, le mutant écrase la première maison venue parce que le héros sauveur est pas encore mis au courant qu'il a quelque chose à sauver, soyons précautionneux.

Avez-vous vu le film, Men in black ? la Coquerellet géante envahit le corps du fermier propriétaire du champ dans lequel il atterrit . Il se promène donc, comme s'il était le fermier, mais en réalité, c'est pas lui. Vous suivez ? Donc, si vous me rencontrez et que je vous parle d'autre chose que de mes malheurs, que je vous annonce que j'ai réussi à faire des économies, que je suis bien dans ma peau de célibataire, n'hésitez pas, flinguez-moi !

Par contre, si j'ai des trucs dans un sac de plastique, attendez un peu, c'est peut-être une mini-bataille perdue pour l'environnement.

mercredi 22 juillet 2009

Tant-BourrinProduits dérivés (5)

Il vient un temps où il faut savoir reconnaître ses échecs : nos précédentes tentatives de diversification, que ce soit dans le domaine de l'hygiène dentaire, de la santé, de la beauté ou de la propreté des sanitaires, ont été relativement décevantes en terme de résultats. Les 380 millions d'euros investis dans la recherche pour développer nos produits dérivés n'ont à ce jour engendré que 8 euros et 43 centimes de chiffres d'affaires, ce qui laisse les comptes du Groupe Blogbo SA Inc. Ltd. légèrement dans le rouge cramoisi.

La situation est d'autant plus préoccupante que nous avons une douzaine de procès en perspectives, du fait de quelques clients pinailleurs qui s'offusqueraient de la piètre qualité de nos produits et de quelques décès inopportuns liés à leur utilisation. Les gens cherchent vraiment la petite bête de nos jours !

Mais comme nous ne sommes pas du genre, dans les laboratoires Blogbo, à nous laisser abattre par de telles pécadilles, nous nous sommes remis au travail d'arrache-pied pour concevoir LE produit dérivé qui boostera nos comptes. Mais pour limiter les risques, nous avons cherché à copier trouver l'inspiration du côté des produits qui marchent très fort en ce moment.

Et nous avons trouvé !

Vous avez sans doute entendu parler de cette boisson à base de taurine qui a un très grand succès parmi les jeunes : elle équivaut à une bonne vingtaine de tasses de café et leur donne l'énergie de gesticuler danser toute la nuit sans ressentir la moindre fatigue.

Eh bien nous avons senti qu'il y avait un créneau à prendre chez les vieux, chez ceux qui ne vont pas danser mais préfère aller se coucher à 9h30 après avoir somnolé devant un épisode de Derrick.

Nous avons donc conçu "GREY SNAIL", la boisson du troisième âge, à base de snailine, dont la consommation équivaut à celle d'une vingtaine de camomilles !





Avec Grey Snail, plus besoin d'attendre Derrick pour trouver le sommeil, vous piquerez du nez pendant votre partie de dominos de l'après-midi, sous l'oeil admiratif de vos compagnons de maison de retraite !

Oui, avec Grey Snail, hibernez, même en été !

Merci qui ?

Merci Blogborygmes !

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