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mardi 11 mai 2010

Tant-BourrinLa rubrique à beeks

Sûrement, au cours de vos pérégrinations internautiques, êtes-vous tombé un jour sur un blog de geek - ou plutôt, en bon français, de technophile - tant il est vrai que ce type de blog abonde sur la toile.

Si ce n'est pas encore le cas :

1°) mettez-vous à jour.

2°) soyez rassurés : vous n'êtes pas un geek.

Un geek est un passionné de nouvelles technologies : téléphones, ordinateurs, internet... Tout, pourvu que ce soit à la pointe du progrès.

Toute cette longue introduction pour vous présenter un concept légèrement différent de la chose, étrangement absent, pour l'heure, de la toile, et ce billet est là pour y remédier : les péquenauphiles, que nous pourrons également appeler, pour faire djeun's, les beeks (contraction de bouseux et de geek).

Les beeks sont des ploucs culs-terreux nobles représentants de la gent agreste qui ne vivent que pour les nouvelles technologies agricoles, de fervents adeptes d'une campagne high-tech.

Voilà donc le premier tome d'une "rubrique à beeks" avec, pour inaugurer la série, quelques produits in-dis-pen-sables à tout beek qui se respecte...



La bouse USB

Cette clé USB follement originale, en forme de déjection bovine, est un signe de reconnaissance entre beeks. D'une capacité de 64 Go, elle fait en outre office de diffuseur de parfum d'ambiance et répand alentour une bonne odeur d'étable.

Une version "crotte de bique USB" existe également, mais sa capacité de stockage n'est que de 16 ko.



Le tee-shirt de beek

Le paysan beek est fier de l'être et se doit donc de le faire savoir haut et fort. Quoi de mieux donc qu'un beau tee-shirt pour une beek pride permanente ?

Ce modèle existe en tailles XXL, XXXL et XXXXL.

Merci à notre ami Souf' pour la séance de pose !



Le tracteur 3G

Summum de la technologie de pointe pour lequel tout bon beek serait prêt à se damner, voici le tracteur 3G, équipé en internet 3G, Wifi, en GPS, en TNT et en tout ce qui se fait de mieux. Bref, le matos idéal pour labourer son champs en bénéficiant du minimum vital pour un beek.

Mieux : grâce au guidage laser satellitaire intégré, il est désormais possible de piloter son tracteur 3G à distance depuis son PC, en passant par internet !



Les ruines de ferme 3G

Allant de pair avec le tracteur 3G, le fin du fin pour les beeks : les ruines de ferme 3G, résultant de l'inévitable perte de contrôle du tracteur 3G lors de la première tentative de pilotage à distance sur internet via le guidage laser satellitaire intégré.


Eh oui, les nouvelles technologies, c'est bien, mais il y a forcément quelques loupés. Mais quand on a la beek attitude, on ne va pas s'arrêter à d'aussi menus détails, hein !

samedi 8 mai 2010

Saoul-FifreMourir au Printemps

Il y a 15 jours, nous sommes allés à la messe anniversaire de la mort de mon frère ainé . Il faisait beau, les vieilles pierres étaient touristiques en diable, prenaient bien la lumière, et puis une occasion de revoir la famille, ça ne se refuse pas. Même ma mère, quatre vingt cinq ans aux truffes, avait fait le voyage, huit cent bornes, une paille, pour cette grande nomade.

Pour faire un deuil, mon dieu que c'est long ! Ma belle-sœur n'a pas encore trouvé la force d'ouvrir l'armoire aux vêtements de mon frère. La porte coince. Elle repousse à plus tard un acte symbolique fort, jeter ou donner ses affaires, qui rejetterait un peu plus mon frère dans son absence. Comme j'ai à peu de chose près la même corpulence que lui, elle m'en a proposé. Cette idée de me glisser dans les vêtements de l'absent me semble écologique et le fera revivre, remuer autour de moi encore un moment. Et s'il faut faire un régime pour réussir à y rentrer, et bien cela me motivera !

Rien ne presse. Range ses affaires comme s'il devait revenir demain ; mais le chagrin, laisse-le couler, ne le garde pas à l'intérieur. Cette année fut froide, triste et pluvieuse. Que celle qui arrive voie percer ton sourire derrière les nuages.

Mourir au Printemps
Mourir au Printemps
Mourir au Printemps, la bonne idée !
Mourir au Printemps, c'est plus gai !

Mourir au Printemps quand les p'tit's fleurs
Éclosent en un' demi-heure
Quand les plant's grimpant's lanc'nt leurs vrilles
À l'assaut de la charmille
Quand les poitrin's de tout's les mamans
Se gonflent de vivant
Quand les abeill's font leur trafic de miel
À travers le ciel.

Mourir au Printemps
Mourir au Printemps
Mourir au Printemps, la bonne idée !
Mourir au Printemps, c'est plus gai !

Mourir au Printemps quand les cabris
Organis'nt leurs saut'ries
Quand les hirondelles sont les champions
Du gobag' de mouch'rons
Quand les poul's s'exhum'nt de leur trou
Avec leurs quinze pioupious
Quand les tondeuses de tout l' canton
Chantent leur chanson.

Mourir au Printemps
Mourir au Printemps
Mourir au Printemps, la bonne idée !
Mourir au Printemps, c'est plus gai !

Mourir au Printemps quand les drageons
Bourgeonnent à foison
Quand les mortels épilés ou à poils
N'ont qu'une idée dans la moelle
Quand le soleil appointe son dard
S' lève tôt et se couch' tard
Quand les jupes et les shorts se raccourcissent
Dévoilent les cuisses.

Mourir au Printemps
Mourir au Printemps
Mourir au Printemps, la bonne idée !
Mourir au Printemps, c'est plus gai !

mercredi 5 mai 2010

AndiamoL'amiral Tortonov

Cette petite histoire, ou plutôt ce monologue m’a été récité deux fois par un copain, il y a fort longtemps.

Je ne pourrai pas vous restituer le texte original, et vous le comprendrez aisément. Toutefois j’en ai retenu l’essentiel et c’est bien ce qui compte n’est-ce-pas ?

Si un de nos lecteurs le connaît dans son intégralité, il peut le faire parvenir à BLOGBO… Merci.


Nous sommes en mai 1919, le Tsar Nicolas II a été exécuté voici dix mois.

Sa cousine Germaine, la Princesse Sonia, fort jolie veuve du colonel Bourbaski, assassiné lui aussi par les troupes Bolchéviques, reçoit, dans son grand salon de l’avenue Malakoff, l’Amiral Tortonov.

L’amiral Tortonov était grand amiral en chef de la flotte impériale de Nicolas II, Tsar de toutes les Russies. Il a miraculeusement échappé au massacre, et comme grand nombre de ses concitoyens il s’est réfugié en France, plus précisément à Paris.

Si il est là aujourd’hui, c’est pour être présenté aux filles de la Princesse Sonia, ceci afin d’en choisir une et l’épouser.

Le grand samovar d’argent encore fumant trône sur un guéridon aux incrustations d’ivoire. Le thé a été servi dans un délicat service de porcelaine aux armes de la famille Romanof.

Alors, pour la première fois de sa vie, la Princesse Sonia frappa dans ses mains.

Apparût une jeune fille aussi douce que belle, qui s’exprima en ces termes :

- Bonjour Amiral ! Amiral bonjour ! J’ai dix-sept ans, je suis vierge, je joue de la canne et du chapeau, je culotte admirablement les pipes, et je possède en outre quelques talents de société dont je vais vous donner la primeur.

S’étant placée face à la porte, puis s’étant reculée de cinq pas, elle se retroussa par devant, et là… D’un jet aussi fin que bien ajusté, elle urina à travers le trou de la serrure et ce… sans en mouiller les bords !

- KARACHO ! KARACHO ! s’écria l’Amiral : jeune fille, vous serez ma femme !

- Du calme Amiral, Amiral du calme : vitesse et précipitation sont souvent sources de déboires et de désillusions.

Alors pour la seconde fois de sa vie, la Princesse Sonia frappa dans ses mains.

Apparût une jeune fille aussi douce que belle, qui s’exprima en ces termes :

- Bonjour Amiral ! Amiral bonjour ! J’ai dix-huit ans, je suis vierge, je joue de la canne et du chapeau, je culotte admirablement les pipes, et je possède en outre quelques talents de société dont je vais vous donner la primeur.

Ayant disposé aux quatre coins du billard quatre bougies allumées, elle se retroussa par derrière, puis s’éloigna de six pas, et là d’un pet aussi magistral que bien ajusté : elle souffla les quatre bougies d’un coup, d’un seul, et ce… sans utiliser les bandes !

- KARACHO ! KARACHO ! s’écria l’Amiral : jeune fille, vous serez ma femme !

- Du calme Amiral, Amiral du calme : vitesse et précipitation sont souvent sources de déboires et de désillusions.

Alors, pour la troisième fois de sa vie, la Princesse Sonia frappa dans ses mains.

Apparût une jeune fille aussi douce que belle qui s’exprima en ces termes :

- Bonjour Amiral ! Amiral bonjour ! J’ai dix-neuf ans, je suis vierge, je joue de la canne et du chapeau, je culotte admirablement les pipes, et je possède en outre quelques talents de société, dont je vais vous donner la primeur.

Ayant saisi dans la grande coupe d’argent une noisette, elle s’allongea sur le dos, après s’être retroussée par devant, puis elle lança le fruit en l’air et le recueillit avec la partie la plus intime de son individu et là, d’un ciseau aussi violent que bien ajusté, elle fendit la coque en deux et ce… sans en esquinter l’amande !

- KARACHO ! KARACHO ! s’écria l’Amiral : jeune fille, vous serez ma femme !

Ils se marièrent, le temps passa, l’Amiral Tortonov n’est plus, quant à sa jolie veuve, il lui arrive encore de faire montre de ses talents de société.

Mais ça n’est plus avec une noisette qu’elle se met sur le dos… C’est avec une noix de coco !

dimanche 2 mai 2010

Tant-BourrinSex toy

Ah, mon Dieu, quel émoi au pays des jouets !
Car Mirou vit tantôt son ami le pantin
Se promener gaiement, la culotte trouée,
Qui laissait entrevoir un peu son popotin.

A force de marcher, son accroc s'élargit
Et chacun put mirer ses bijoux de famille.
Quand il s'en aperçut, le pantin en rougit
Et s'en alla quérir du fil et une aiguille.



Moralité :



Oui-Oui, Oui-Oui l'recoud...
Oui-Oui, Oui-Oui l'recoud...

jeudi 29 avril 2010

Saoul-FifreEve-ligne

Mais où est Evelyne ?

Dès qu'elle s'éloigne un peu de lui, il répète cette question "Mais où est passée Evelyne ?". C'est un évelino-dépendant. Quand elle se rapproche, il est rassuré. Elle a une importance énorme dans sa vie. Il s'approprie son travail. Il a besoin de son écoute. Que ferait-il sans aide, sans elle, sans cette femme qu'il veut là, à son côté, disponible, heureuse même, au besoin ?

C'est un nombril énorme, bourré de neurones très intelligents et de compétences raffinées. Mais c'est un enfant, perdu sans sa présence féminine. Sa colonne vertébrale, c'est elle. Sa stature debout, c'est grâce à elle. S'en désincarcerait-elle qu'il se répandrait, liquide, sur le sol.

C'est une responsabilité.

Elle se tracasse du bruit que produirait son envol. Elle a peur d'être désignée comme seule coupable par l'enfant commun. Elle est peut-être émue, aussi, par toute cette fragilité ? Ou solidaire, consœur d'inquiétude ?

Mais qui est Evelyne, hors de ce rôle qu'on lui a tendu ?

Elle est Elle, pleine d'espérance et de génialogies qui n'appartiennent qu'à Elle. Elle est celle, en tout cas, qui a su aligner sur du papier les beaux vers libres qui suivent :

Je remplirai ma vie mon amour étoilé
De cieux qui n'auront pas la couleur de tes yeux
Et de gestes parfaits où tu n'entreras point

J'inventerai pour moi des pays inconnus
Des hommes à me donner de nouvelles images
Des hommes à me rêver un monde sans mémoire

Je ferai de ma vie une belle moisson
Et je partirai seule dans le blé et les fleurs
Et je partirai seule et sans t'imaginer

Les gares porteront d'autres noms que le tien
Les rues ignoreront le bruit même de tes pas
La fontaine jamais n'aura vu ton visage

Je ferai de ma vie un grand jardin sonore
Les oiseaux oublieront ta voix dans leur chanson
Les roses brûleront sans connaître ton rire

L'herbe sera douce sans caresser tes mains
Et l'eau murmurera sans savoir tes paroles
Les allées partiront en voyage loin de toi

Une aurore de mai où le ciel sera vert
Je chanterai pour moi un refrain d'étrangère
Je me reconnaîtrai au miroir des regards

Et j'oublierai ton nom en voyant le soleil

dimanche 25 avril 2010

AndiamoHanami

Avant d'écrire ce petit billet, je veux adresser un grand merci à Cassandre qui m'a fourni quelques renseignements sur les moeurs des Japonais. Ce qui m'a permis d'agrémenter un peu mon récit.


Shirô Nakamura marchait d’un bon pas, il s’agissait de ne pas arriver en retard. Monsieur Tanaka, le professeur d’histoire, ne supportait pas le moindre retard, ni le moindre manquement aux règles élémentaires de la bienséance.

L’air était doux en ce matin d’Avril, les sakuras (cerisiers) commençaient à fleurir. Dans deux jours, ce serait la fête. Kasumi irait avec sa famille pique-niquer, sous les arbres en fleurs.

Parfois et par chance, une brise printanière se levait, faisant voltiger les pétales, ajoutant un nuage virevoltant au bonheur de la journée.

Deux mois plus tôt, Shirô avait osé aborder Kasumi. La douce et timide jeune fille l’avait impressionné par la perfection de son visage aux traits si fins. Ses cheveux coupés courts, avec une frange bien délimitée, juste au-dessus de ses yeux à peine bridés, en soulignaient la beauté.

Un soir après les cours, il lui avait proposé de la raccompagner chez elle, afin de lui porter ses livres !

Futile prétexte, arguant que les professeurs perdaient la raison : obliger de frêles jeunes filles à trimballer pareil fardeau !

Kasumi avait souri, elle n’était pas dupe, Shirô lui plaisait bien, il était gai et enjoué, alors elle accepta.

Tout au long du trajet, Shirô se moquait gentiment en voyant les « Teru-Teru Bouzu », ces petites poupées de papier pendues aux fenêtres et censées éloigner la pluie ! Mais le Dieu Suijin, le maître de la pluie, n’en avait cure et agissait à sa guise. Kasumi souriait à chacune de ses moqueries, fort discrètement, pratiquant à merveille l’enryo (la retenue) comme il sied à une jeune fille bien élevée.

Pas question non plus de se tenir par la main, ce serait inconvenant. Il leur arrivait d’aller se promener au bord du fleuve Ota, restant de longues minutes à contempler les vaguelettes, échangeant un regard, un sourire. A ses cotés, il était bien loin le Shirô un peu fanfaron, voulant épater ses copains !

Dimanche serait la fête appelée ici : « Hanami » (regarder les fleurs). Kasumi et Shirô avait mis au point un stratagème afin que leurs familles respectives se rencontrent.

Chacun de leur côté, ils tenteraient de convaincre leurs parents d’aller pique-niquer dans le joli parc, situé près du siège du commerce et de l’industrie : Genbaku dôme.

Le Mercredi, ils s’étaient retrouvés près du fleuve complice de leurs moments de plénitude.

- Ils sont d’accord, Kasumi, tu entends : d’accord !

- Les miens aussi, avait ajouté Kasumi en même temps que ses joues prenaient une jolie teinte rosée.

Alors dans un élan, Shirô avait déposé un baiser sur la joue de la jeune fille. Surprise, sa bouche s’était arrondie, puis la stupeur avait laissée place à un large sourire.

Maintenant Shirô en était sûr : elle l’aimait !

Le lendemain, Kasumi avait préparé les « bentô » (le repas du midi, une collation) pour eux deux, les Kappamaki, ces petits rouleaux de riz remplis de concombres, avec une feuille de Noki autour. Lui signifiant ainsi qu’elle saurait le moment venu bien s’occuper de lui, élever les enfants et tenir une maison : tels étaient les devoirs de l’épouse Japonaise en ces temps.

Bien sûr, le jeune homme l’avait vivement complimenté, en rajoutant même, roulant les yeux de plaisir à chacune des bouchées avalées. Kasumi le gratifiait d’un sourire à chacune de ses facéties.

Le dimanche, Madame et Monsieur Kimura, les parents de Kasumi, s’étaient installés pour le traditionnel pique-nique de Hanami, sous un très joli cerisier en fleurs. Le ciel était radieux et l’ombre qu’il dispensait était la bienvenue.

A peine installés, Shirô arriva, suivit de ses parents ainsi que de son jeune frère. En passant devant Kasumi, il feignit la surprise, s’inclina pour un salut très respectueux.

- C’est un camarade de classe, balbutia Kasumi…

Si vous voulez vous joindre à nous, proposa Monsieur Kimura en s’inclinant également devant Monsieur Nakamura et en désignant la place vacante près de la leur, car je crois qu’il y a beaucoup de monde ici, et que les places sont rares.

- Avec grand plaisir, et ce sera un honneur, répondit Monsieur Nakamura, en se pliant littéralement en deux. Nous partagerons les « dango » (boulettes de riz que l’on partage lors de la fête des cerisiers).

Ainsi, la ruse grossière dont personne n’était dupe fonctionna à merveille.

Les deux jeunes gens se virent de plus en plus fréquemment. Les présentations avaient été faites, les parents de Shirô s’étaient rendus chez ceux de Kasumi.

En guise de présent, quelques oranges soigneusement emballées. Au pays du soleil levant, ces quelques fruits étaient hors de prix et représentaient une marque d’attention exceptionnelle.

Près de quatre mois s’étaient écoulés depuis que Shirô avait raccompagné la douce Kasumi pour la première fois. Le mois d’Août commençait. La chaleur n’était pas trop accablante sur l’île de Honshû, baignée par la mer intérieure. Leurs longues promenades le long du grand fleuve Ota, leur apportait fraîcheur et détente à l’ombre des vieux saules.

Loin des regards, ils s’étaient embrassés, prenant garde à ce que personne ne les voient !

Ce lundi d’août, Shiro avait donné rendez-vous à Kasumi, ainsi qu’à une bande d’amis. C’étaient les vacances, le soleil radieux commençait à chauffer malgré l’heure matinale, ils devaient se retrouver dans le parc dans lequel ils avaient pique-niqués quelques temps auparavant.

Shirô arriva le premier, il était huit heures. Quelques minutes plus tard, ce fut Kasumi. Il la vit de loin avec son corsage blanc et sa jupe plissée bleu marine, de fines sandales aux pieds, elle courait en agitant les bras, insouciante des regards qu’on aurait pu lui porter, elle ne voyait à cet instant que son amour, elle entendit à peine le vrombissement de l’avion très haut dans le ciel radieux.

Tous deux ne levèrent pas les yeux, habitués de voir passer depuis quelques années, de nombreux bombardiers.

Celui-ci était pourtant différent : il s’appelait Enola Gay, il portait dans ses flancs un « little boy » couvert d’injures à leur encontre, et lui-même portait dans son ventre les mille soleils d’Hiroshima.



PS : Je serai absent une partie de la semaine, et je me ferai un plaisir de répondre aux commentaires... Si toutefois vous en laissez !

jeudi 22 avril 2010

Tant-BourrinBrouillon de culture (8)

A peine sept numéros de "Brouillon de culture" (que l'on peut visionner ici : 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7) et voilà que notre émission est déjà devenue une véritable institution, le phare de la culture au milieu de la tempête de la médiocrité ambiante, le must du bon goût pour toute l'intelligentsia parisienne.

Autant dire que ce huitième numéro, consacré aujourd'hui aux séries télévisées, ne devrait qu'enfoncer le clou...

Voici donc quelques chefs-d'oeuvre télévisuels que je suis allé exhumer rien que pour vous de ma vidéothèque. Non, ne me remerciez pas, c'est un apostolat pour moi que de laver la crasse des masses ignorantes...





L'homme duplique, hardi

Ce feuilleton mythique de la télévision française narre l'histoire de Joseph Durtol, un batelier un peu bourru et dont toute l'ambition dans la vie se résume à faire du transport de marchandises diverses à bord de la péniche. Hélas, les conditions de la batellerie sont très difficiles dans les années 60 : Durtol et sa famille en sont réduits à vivre d'expédients, tant et si bien que sa fille Yvette n'entend pas mener le même genre de vie que son père, au grand dam de celui-ci.

C'est alors que Joseph Durtol a une idée de génie : plutôt que de transporter des céréales ou de la houille pour des tarifs de misère, il décide de se livrer à un trafic de DVD piratés, qu'il duplique lui-même hardiment en série sur son ordinateur de bord. Hélas pour lui, être en avance sur son temps peut s'avérer désastreux : les lecteurs de DVD n'existent pas à cette époque et Durtol garde son stock sur les bras, ce qui entraîne au final sa faillite et la vente forcée de sa péniche.





La petite prison dans la mairie

Cette série raconte l'histoire d'une famille de fermiers, les Ingallshiev, venus clandestinement d'Azerbaïdjan pour tenter sa chance en France, à Plume-Crique, non loin d'un village nommé Houalneute-Grove. Ils y mènent pendant une dizaine d'années une vie tout aussi miséreuse que celle qu'ils ont quittée, sous le joug de patrons peu scrupuleux qui les exploitent. Hélas, tout se gâte le jour où Karl Ingallshiev, croyant naïvement à de vagues promesses de régularisation de sans-papiers, se rend avec toute sa famille à la mairie de Houalneute-Grove pour se faire connaître des services administratifs. Toute la famille finit alors derrière les barreaux, dans l'attente d'un charter vers Bakou.





Delanhoé

Cette superbe série télévisée conte les aventures du célèbre chevalier justicier Delanhoé sous le règne de l'infâme Prince Nicolas, dit Nicolas le petit. Aidé par les hommes de Dany des bois, Delanhoé chevauche les rues sur son fidèle Vélib et boute, lors de joutes mémorables, les automobilistes parisiens hors de la voirie, tout en oeuvrant pour le retour d'un prince socialiste (lui-même si possible) sur le trône de France.





Belle fait gore

Ce feuilleton télévisuel, hélas trop méconnu, aurait dû constituer la suite de "Belle et Sébastien".

Sébastien, grisé par le succès de ses premières aventures, devient un gamin déluré, capricieux et violent, y compris envers Belle, la grande chienne blanche avec laquelle il a pourtant vécu de si belles aventures. Un jour, dans un accès de violence incontrôlée, Sébastien se saisit d'une hache et fracasse le crâne de Belle. Celle-ci, blessée, parvient toutefois à s'enfuir. Affectée psychologiquement par les séquelles de son agression, elle devient un monstre sanguinaire qui attaque et égorge les villageois isolés.

Le tournage du feuilleton ne put toutefois être mené à terme : la scène du coup de hache ayant dû être tournée plus d'une cinquantaine de fois avant d'atteindre un résultat satisfaisant, le budget "chiens" mit les comptes de la production dans le rouge.





Le manège désenchanté

Cette série animée met en scène le manège du Père Pivoine sur lequel s'amuse la petite Margotte. Zarkobulon, un petit personnage monté sur ressort, la transporte au pays du Gagner plus grâce à une formule magique : "Travaillepôvqui, travaillepôvcon" ! Hélas, à l'instar de tous ses amis, Pollux le chien, Azalée la vache, Ambroise l’escargot, Flappy le lapin et le Bonhomme Jouvence, elle comprend vite que derrière l'agitation frénétique de Zarkobulon, il n'y a que du vent et que la vie ne cesse d'être de plus en plus dure pour elle. Le désenchantement se révèle terrible pour ceux qui ont cru trop vite au flot ininterrompu de promesses... Une série essentielle pour l'édification des jeunes générations !

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