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mardi 10 janvier 2012

Saoul-FifreArriver à bon porc

D'aucuns, nouveaux ou peu attentifs lecteurs du dernier billet de Taanb-Ourhin , ont pris cette histoire de cochons embarqués dans un voyage interstellaire mal barré pour un délire névrotique aigu mais il n'en est rien : ce texte eut presque pu avoir sa place dans notre catégorie "La vraie vie", n'eut été (et non : "nus tétés", n'est-ce pas, Andiamo ?) son style nettement connoté futuriste.

Ce que j'aimerais que vous compreniez, c'est qu'emporter un cochon pour un long voyage n'est pas du tout une idée idiote. Même les amis des bêtes se refusant à tout sacrifice animal pourront, en toute bonne éthique, s'adresser à la générosité naturelle au cochon qui se rendra gentiment à leur convocation du "Don du sang". Un bon litre toutes les 3 semaines est un bon rythme qui permet une reconstitution correcte de son capital sang. Un peu de lard inutile lipposucé aux endroits disgracieux, quelques kilos d'oignons finement hachés, du 4 épices et voici de quoi manger pour tout l'équipage le mardi, jour du boudin.

Et vos petits Porcinets, animaux propres sur eux, conviviaux et sympathiques, restent ainsi les bons vivants que vous appréciez, tout en vous remboursant en nature de boudin noir la farine d'orge et les restes de votre table dont ils font leurs délices.

Bien sûr, si le voyage s'éternise, comme dans le cas précité dans le billet de TB, il est bien plaisant de n'avoir pas à tirer à la courte paille pour savoir "qui, qui, qui... qui serait mangé ?". L'un des Porcinets s'auto-désignera naturellement, dans un bel élan atavique dû aux habitudes congénitales de son Espèce, appréciée par la bouche dont la main l'a de tout temps nourrie.

La Céleste Inn, je veux bien, mais ça fait un sacré détour, ça nous oblige à nous arrêter et je vous dis pas les prix ! Céleste, elle en profite, de pas avoir de concurrence à plusieurs milliers d'années-lumières alentour !

Non : embarquer quelques cochonailles sur pattes, c'est vraiment la solution soies-soies idéale. L'en-cas pour les cas graves non-prévus. Et même les sensibles, les adorateurs de BB deuxième version, les ceusses qui balancent des pavés dans les vitrines de charcuterie ? Ils ont cette attitude désinvolte car ils savent que trois numéros plus loin dans la rue ils vont trouver un bel étal coloré de fruits et légumes ?

Mais quand arrive la faim, la vraie faim qui te fait baver en zieutant le fauteuil en daim défroissé et le mec assis dessus, ben tu ne fais plus la fine bouche devant un sandwich jambon-saindoux ! C'est-y pas bon ? On dit merci qui ? Hein ? Fais rillette à papa Saoul-Fifre ?

Etudions le paradoxe. Il y a des animaux non consommés mais certains par respect : la vache sacrée ou bien la jument de Margotte (On ne mange pas sur qui l'on monte. Voire) et d'autres par dégoût. Vous avez d'un côté deux parmi les trois religions abrahamiques qui crient haro sur le goret/nourriture et de l'autre, la troisième qui lui est plutôt sympathisante (relire "Les trois messes basses" de Daudet). Ajoutez-y les Sikhs, les Adventistes du Septième jour et bien d'autres mouvements protestants, les Messianniques... Les nombreux Hindouistes et Boudhistes sont bien sûr également partisans de le laisser gambader en dehors de sa terrine et les végétariens "sanitaires", dirais-je : aussi. Cela fait déjà beaucoup de monde mais quand arrivent les photos ou les films, on voit rappliquer en renfort les "sentimentaux".

Jean-Luc Godard, qui a filmé une scène où un cochon saignait du groin dans son film "Week-End", a vu débarquer en hurlant la dernière caste citée, offusquée.

- "Je voulais juste démontrer ceci :" leur répondit-il, "vous tuez un cochon à l'écran, un millier de personnes crient leur horreur. Vous tuez un soldat au Vietnam, personne ne réagit."

En hommage à Godard, que Blanche aimait beaucoup, entre parenthèses, je vous ai donc filmé l'égorgement de notre dernier cochon charcuté, Naaaaaannn, je décoooooonne, vous n'aurez droit qu'à un extrait du résultat :

Juste un hommage, pour la forme, à des passionnés qui consomment religieusement le porc par amour, dans sa mûre perfection, pour lui éviter les pitoyables affres de la déchéance dans un mouroir. Ce beau mâle pesait 380 Kgs vivant, il s'agissait d'une espèce de chippendale porcin et j'imagine bien d'ici les sifflements jaloux des scorpions limousins se suicidant par dépit sous cette nouvelle gifle provençale reçue. Faudra que je leur envoie aussi des photos de silures pêchés dans les étangs de par chez nous.

Toujours est-il que nous voilà suffisamment achalandés en sauciflards et autres confits pour atteindre la prochaine planète habitable.

Mais y trouverons-nous du réseau ? De l'ADSL et du WIFI pour vous tenir au courant de nos prochaines aventures ? Clystèreetboules.com ! Vous le saurez en restant à l'écoute, grâce à votre agrégateur, de l'Univers Blogbo !

samedi 7 janvier 2012

Tant-BourrinTares trek (épisode 1)

An 2562. La Terre a, depuis près de trois siècles, intégré la Fédération intergalactique, regroupant des civilisations issues de milliers de galaxies différentes. Paix, connaissances et progrès règnent désormais en maîtres sur une immense partie de l’univers. Et chaque jour, des pionniers, à bord de leurs vaisseaux supraluminiques, explorent des espaces inconnus en quête de nouvelles planètes à pacifier.

A bord du Blogborygmus, le lieutenant Taanb-Ourhin, officier navigant issu de la galaxie Strictéraide, poussa un juron en consultant les cartes célestes. Alors que le vaisseau aurait dû depuis des semaines avoir regagné la Voie lactée et être en approche de la Terre, son regard ne détectait rien de connu parmi les amas stellaires alentours. Cette mission, décidément, virait au fiasco !

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mardi 3 janvier 2012

Scout toujours14 Juillet 1790, la fête de la Fédération

La fête de la Fédération fut incontestablement le plus grand rassemblement populaire de toute notre Histoire. Cet évènement a tellement marqué les esprits, que lorsque en 1880, nos députés eurent à choisir une date pour notre fête nationale, ils optèrent pour le 14 juillet en mémoire de cette extraordinaire journée (1). En 1790, il fut décidé d'organiser une grande cérémonie pour fêter le premier anniversaire de la prise de La Bastille et par là-même clôturer notre Révolution. Des délégations avaient été invitées venant de tous les départements Français, on attendait pas moins de 500.000 personnes.

Le seul endroit assez spacieux pour un tel évènement était le Champ de Mars (2). Douze mille ouvriers furent employés pour transformer ce terrain vague en une gigantesque arène. Les travaux commencèrent en juin. Mais étant donnée l'ampleur du chantier, on vit rapidement qu'on ne pourrait l'achever avant 4 mois. Un appel fut alors lancé aux gardes nationales pour contribuer aux travaux... Paris y répondit avec un tel enthousiasme que non seulement les gardes s'y rendirent en masse tambour battant, mais la population tout entière voulut participer : des gens de tout rang, de tout âge, de tout sexe et de toute opinion affluèrent vers le Champ de Mars. On vit même des moines et les femmes les plus élégantes de Paris arriver en voitures et en calèches de toutes les avenues de la ville, chacun et chacune venant avec sa pelle et sa pioche. En peu de jours, tout le monde eut son costume de travail et son bonnet phrygien. Les dames issues de la noblesse s'en firent confectionner de très élégants qui leur seyaient à merveille (3). Jamais on ne vendit autant de ces étoffes, et jamais on ne confectionna plus de ces accoutrements. Sur le terrain, l'exaltation et l'euphorie étaient à leur comble. Les travaux allaient bon train et chacun rivalisait d'ardeur et de gaieté. Les marquises travaillaient et buvaient avec les ribaudes. Le Roi lui-même vint donner son coup de pioche, et on dit même que Saint Just poussant une brouette y croisa la Du Barry une pelle à la main (4). Le travail était rythmé par les rires et les chants, jamais on n'avait vu et on ne reverra en France un tel élan de bonnes volontés, tant et si bien que l'ouvrage fut terminé bien avant le 14 juillet.

Les 60 000 fédérés venus des quatre coins de France furent hébergés avec la plus grande hospitalité : chaque parisien s'empressait de soins pour eux et ils furent royalement accueillis.

Le jour venu, la cérémonie fut grandiose, Le cortège partit de La Bastille en longeant la Seine jusqu'au pont construit pour la circonstance et qu'on avait entièrement garni de fleurs (5). Un triple arc de triomphe avait été édifié et chacun se rangea à sa place sous les acclamations et les vivats. Plus de 600 000 personnes étaient là. De toute notre Histoire, on n'avait jamais vu un tel rassemblement. Un détail pittoresque agrémenta la journée : le temps ne cessait de changer, alternant entre soleil et averses ; et cette immense population, en apparaissant tout à coup ou en disparaissant sous cent mille parapluies de toutes couleurs, offrait les multiples tableaux d'immenses champs de fleurs multicolores tantôt s'épanouissant, tantôt se refermant suivant que les averses mouillaient l'une ou l'autre partie de l'esplanade. L'effet en était vraiment fantastique.

Chacun prêta serment de fidélité à la constitution avec une euphorie, un enthousiasme que nul ne peut imaginer. "Oui, nous le jurons !" s'écriait-on en chœur. La Fayette était là, magnifique, sur son cheval blanc, mais l'homme qui retint l'attention de tous fut le Roi : son serment et celui de la Reine déclenchèrent une ovation formidable qui se mêla aux nombreuses musiques des fanfares, aux roulements de mille tambours et au fracas de 100 canons. Le peuple était transporté de joie de voir Louis XVI accepter notre constitution (6). C'est que ce jour-là, chacun considérait que la révolution était bien terminée, on croyait enfin pouvoir vivre en paix.

Au sortir de la cérémonie, tous les gens se félicitaient, s'agrémentant de politesses et de signes confraternels, jamais la population parisienne ne se conduisit avec autant d'égard et de civilité, c'était à qui ferait place à ceux que l'on croisait. Si cet excès de politesse fut poussé à l'extrême, ce fut surtout par les gens de la dernière classe. Cet excès de dévouement était touchant chez eux, trop heureux qu'ils étaient que leur roi leur accorde un tel privilège, eux qui n'avaient connu jusqu'ici que les humiliations. Chacun d'entre eux se promenait avec délice, cherchant à procurer aux autres le charme qu'il goûtait. L'euphorie gagna toute la ville, on s'embrassait dans les rues, on se fût cru dans un monde irréel, et jamais le mot fraternité n'eut pu être aussi bien employé. Des montgolfières furent lâchées et un formidable feu d'artifice fut tiré de la place de l'Etoile. Les rues de Paris étaient ornées de millions de lampions multicolores qui scintillaient joyeusement dans la nuit. Les jardins et les bois étaient garnis d'orchestres, de spectacles et de salles de bal dont les flon-flons agrémentèrent les soirées, les réjouissances durèrent pendant plusieurs jours. Dieu que la France était belle en ces beaux jours de juillet, tous les cœurs n'étaient animés que d'un seul sentiment : l'amour du bien commun.

Hélas, hélas, l'euphorie sera de courte durée. Pourtant le Roi était sincère, mais à l'image de son peuple, il était impressionnable et versatile (7).

Il oubliera ses beaux serments, et Mirabeau, l'agent double, n'aura aucun mal à le convaincre de fuir à l'étranger. Dès lors la France sera engagée malgré elle dans les guerres de la première coalition, et la spirale sanglante suivra : les massacres de Septembre, le "génocide" des chouans, la Terreur, Thermidor... Les guerres dureront jusqu'à l'effondrement de la France en 1815. Et pourtant, tout ce déferlement de sang eut pu être évité...


(1) Lorsque nous fêtons le 14 juillet, c'est bien la Fête de la Fédération que nous commémorons et non pas la prise de La Bastille, contrairement aux idées reçues. Certains députés refusèrent en effet de commémorer la prise de La Bastille en raison des scènes de lynchage et des victimes innocentes qu'elle avait occasionnées.
(2) Le Champ de Mars est dans le prolongement de l'emplacement de la Tour Eiffel.
(3) Beaucoup de nobles étaient désireux d'en finir avec l'ancien régime qui leur interdisait de mener une quelconque activité autre que la carrière militaire, et les empêchait donc de s'enrichir.
(4) Saint Just était un ami de Robespierre qui gouverna sous la Terreur, ils furent guillotinés tous les deux lors de la réaction de Thermidor. Mme Du Barry était l'ancienne maitresse de Louis XV, elle fut guillotinée sous la Terreur.
(5) Ce pont était à l'emplacement de l'actuel pont d'Iena.
(6) La constitution en question était une monarchie constitutionnelle.
(7) Louis XVI était très influençable : avec lui, c'était souvent le dernier conseiller qui parlait qui avait raison.

dimanche 1 janvier 2012

AndiamoAu gui l'an neuf !

Ils sont partis... Abandonnant la boutique... Pas un p'tit bifton posté... J'ai honte !!!

Alors je m'y suis mis, malgré mes vieilles douleurs : le doyen au taf ! "Ils" me la font payer cher ma retraite...

Toujours soucieux de "coller" au plus près à l'actualité, j'ai voulu marquer la nouvelle année en évoquant le scandale des prothèses à mèmère... Pardon mammaires, les fameuses "P.I.P".

Encore une fois c'est tout en finesse et sous-entendus !


A toutes et à tous je vous souhaite une BONNE ANNEE (à la manière du chat)

samedi 24 décembre 2011

AndiamoLa saga Chauguise

Mine de rien, ça fait tout de même neuf fois que je vous raconte des « Chauguiseries ». Fufutes comme vous l’êtes, vous avez deviné que celui-ci est le dixième, ben tiens !

Ce qui m’a le plus surpris, c’est qu’aucun de vous ne m’a fait une remarque sur le patronyme de notre commissaire !

CHAUGUISE ! En argot un peu ancien, un « guise », ou « guisot », était un sexe masculin, alors Chauguise… Vous devinez ?

J’ai voulu modestement, bien sûr, vous offrir la galerie de portraits de mes protagonistes.

A tout seigneur tout honneur :

Chauguise. Ah ! Vous trouvez qu’il a des faux-airs de… Tiens, tiens ?




Bien sûr, son adjoint (de culasse aurait ajouté Saoul-Fifre) Julien Crafougnard, son patron l’appelle « Dugland », il l’aime bien mais ne le lui montre pas, et puis surtout il va bientôt devenir son gendre !




Il vous plaît Mesdames ? Tant mieux, en tout cas il plaît beaucoup à « Juju » Elle n’aime pas beaucoup que son Papa l’appelle ainsi, mais vous savez comment sont les pères avec fifille, alors Juliette devra faire avec !




Vous la trouvez comment Messieurs ?

Bien sûr, il y a aussi Bourrieux dit « Couillette », et vous savez pourquoi on le nomme ainsi ?

Il raffole des pastilles « Valda », les p’tits bonbecs verts à la menthe, et il les appelle des couillettes de Martiens ! Alors le sobriquet lui est resté !

C’est l’homme à tout faire du quai des orfèvres : médecin légiste de formation, mais il peut aussi, à partir d’un poil de cul, reconstituer le menu de la veille ! Entièrement dévoué à son « patron », il est un élément indispensable.

Lui aussi ressemble à… Mais chuuuut !




Mais non, je ne l’ai pas oubliée, celle qui partage la vedette avec l’équipe du 36 !

La traction avant Citroën 15 chevaux six cylindres, avec suspension « Grégoire » (elle a réellement existé).




Il fallait un décor à mes petites histoires, je n’ai pas choisi le plus moche, Chauguise vit à l’ombre du « sactos » comme il le nomme familièrement.

(Ch'tiots crobards Andiamo)




Ce soir on réveillonne
Alors à toutes et à tous
JOYEUX NOËL !

mardi 20 décembre 2011

La PouleL'envers du décor

planche-poule-envers-du-decor

Cliquez sur l'image pour voir la planche dans un nouvel onglet
puis zoomez en cliquant dessus pour la voir en vraie grandeur.

jeudi 15 décembre 2011

Saoul-FifreBlanche

Saoul-Fifre

Blanche a passé l'âme à gauche ce 8 décembre 2011 et est redevenue poussière, selon sa demande, hier Mercredi.

Blanche, c'était notre Calune, commentatrice fidèle devenue billetiste puis amie. Nous lui devons, à elle et à son compagnon Billy, quelques billets et plein de chansons. Pour se rendre compte de son influence au sein de Blogbo, vous pouvez taper "Calune" dans notre fenêtre de recherche ou cliquer sur ce lien. Nous passions notre temps à la citer, à la prendre à partie, à la taquiner, à lui dédier des chansons, à elle ou à sa fille, la Calunette.

Et elle n'est plus là. Elle ne fera plus de recherches Google, elle n'écoutera plus Jean Ferrat, ne lira plus Aragon, ne crispera plus les poings en pensant à Sarko, ne regardera plus de films d'art et essai...

Elle s'appelait Blanche... Je me suis donc servi de cette mélodie pour lui faire un de ces pastiches où elle était passée maitresse. Même si Pierre Perret ne faisait pas du tout partie de son Panthéon personnel. Elle était plutôt Ferrat, Rezvani, Chelon, sans oublier les Poppies.


Blanche

(Téléchargeable directement ici)

Blanche, notre Blanche...
A peine es-tu venue
Que tu nous abandonnes
Sur un malentendu...

La confiance est de mise devant la jeunesse
Et nous comptions sur toi, question longévité
D'autant que tu n'avais rien d'une pècheresse
Ni en alcoolémie ni en trucs à fumer...
On dit : "les maladies aiment les malheureuses"
Mais là tu rayonnais, pouponnant ton bébé
Nageant dans le bonheur, tu étais amoureuse
Du papa du petit, qui lui aussi t'aimait.

Blanche, notre Blanche...
A peine es-tu venue
Que tu nous abandonnes
Sur un malentendu...

Tu m'as fait un sacré cadeau d'anniversaire
En m'annonçant, en Mars : "Le crabe m'a pincé
Les meilleurs professeurs savent pas trop quoi faire
Même l'ami Google, grimaçant, m'a glacé."
Quand la réalité devient inadmissible
On s'accroche, assommé, même au fil du hasard
Mais la flèche têtue n'a d'yeux que pour sa cible
Malgré les rémissions, la morphine et l'espoir.

Blanche, notre Blanche...
A peine es-tu venue
Que tu nous abandonnes
Sur un malentendu...

Tu as tenu le coup tant que ce fut possible
Ta fille et ton petiot, tu les a protégés
Difficile souvent de paraitre paisible
Mais tu nous régalais de ton humour léger
Un mot de toi, un rire, et puis c'était la fête
On savait, oui mais on préférait se leurrer
De nuit, tu as filé, un peu comme en cachette
Et nous restons ici, démunis, à pleurer.

Blanche, notre Blanche...
A peine es-tu venue
Que tu nous abandonnes
Va, Blanche... On te salue.


Tant-Bourrin

Il y a quelques jours, l'aube ne s'est pas levée. Ou plutôt, devrais-je dire, le simulateur d'aube, qui m'assure des réveils en douceur depuis bien des années sans jamais faillir, ne s'est pas déclenché, ce qui m'a valu un réveil tardif avec une heure de retard.

Etrange, me suis-je dit : après vérification, tout était bien réglé pour fonctionner et, d'ailleurs, le très infime grésillement de l'appareil indiquait bien qu'il était en phase de fonctionnement. Ampoule grillée ?

Toujours est-il que je partis ce jour-là bosser avec ce sombre pressentiment qui s'insinuait insidieusement en moi : Blanche n'était plus.

C'est presque sans surprise que j'en reçus la triste confirmation quelques heures plus tard via un mail de Saoul-Fifre.

Bien sûr on savait le dénouement inévitable, bien sûr ses chairs meurtries par le crabe la martyrisaient depuis des mois, bien sûr c'était sûrement mieux que cet océan de souffrance que les soins palliatifs peinaient à endiguer, bien sûr... Mais putain, qu'est-ce que ça a fait mal !

Blanche, c'est un vent d'énergie, de subtilité et d'humour qui s'est mis à souffler sur Blogbo en janvier 2007, lorsqu'elle a posé son premier commentaire sur ce billet. Quatre années ou presque d'une fidélité indéfectible, qui mit beaucoup d'essence dans le moteur poussif de notre créativité déclinante. Quatre années qui la virent se joindre à nous pour quelques billets que je ne peux aujourd'hui plus lire où écouter sans qu'un rideau mouillé ne tombe sur mes yeux...

Et puis vint cet été et le choc, quand je la revis au pique-nique Blogbo. Les ravages du mal étaient déjà visibles. Tout, d'un seul coup, se déchirait : les rires, les pensées, les cœurs...

Dans les semaines qui ont suivi, malgré la douleur, malgré ses secondes qui devenaient si précieuses, elle a tenu à continuer à échanger par mails, jusqu'au bout.

Elle m'y a conté la douleur, la nausée, l'horreur de la chimiothérapie et son refus final de poursuivre le traitement pour profiter du peu de temps qu'il lui restait.

Quand elle me parlait de Blogbo et que je lui confiais en retour que, pour le coup, je n'avais plus aucune envie d'écrire, elle me répondit :

Mais j'espère que ce que tu m'écris là, c'est seulement sous le coup de l'émotion. Quand je serai partie, ce sera pareil qu'avant, hein. Il y aura toujours des lecteurs, des gens qui seront heureux de passer sur blogbo et de s'y marrer, le matin au début de leur journée de boulot plus ou moins tristounette, enfin quoi, la vie continuera - comme dit Saoul-Fifre (et sûrement d'autres avant lui ;-)) : "la mort, c'est la vie !" C'est si vrai... Je fais tous les efforts possibles pour convaincre Billy de tout faire pour conserver sa bonne humeur, sa joie de vivre, et être heureux, même "après", pour que les enfants puissent grandir en ayant ce droit, pour que mon absence ne les empêche surtout pas de rigoler et de croquer la vie à belles dents ! Je sais bien que ce ne sera pas facile, mais j'ai besoin de penser qu'ils pourront continuer à vivre heureux, et le reste du monde avec - blogbo par exemple.
J'espère donc que, ne serait-ce que pour me faire plaisir, tu continueras à bloguer dans la légèreté, l'insouciance et la bonne humeur qui font le sel de Blogbo - sans déconner, si tu savais ce que mon arrivée par hasard sur votre blog m'a apporté... des amis comme une vraie famille, plein de belles choses, de chansons, de rires, de ce qui fait la vie belle ! Toutes ces journées de boulot pénibles que j'ai supportées grâce au billet du matin..."
[nb : j'ai remplacé les vrais prénoms par leur pseudo sur Blogbo]

Puis elle enchaînait sur des choses plus légères, demandait des nouvelles de la famille, du prochain billet, plaisantait sur tout (pour ne pas pleurer, je le crains).

Et puis vinrent ses tous derniers messages :

Un petit coup de mou qui s'accélère (non, s'il te plaît, ne me demande pas ce que c'est que du mou qui s'accélère... :-§)

Après avoir finement détecté que mon dernier billet lui était dédié ("Dis donc tu m'as gâtée, pour ce tour de billet ! On le croirait tricoté pour moi, sans blague..."), elle me conta l'arrivée prochaine du poêle dans la maison :

Je me demande si Gisèle ne pourrait pas faire un petit feu avec son ustensile, là, vu qu'il commence à faire frisquet ? Concours de circonstances, le gars mandaté par Leroy-Merlin pour nous installer un poêle arrive tout droit ici dans l'heure... quand je disais que je rêvais de le voir installé de mon vivant, misère, je ne pensais pas rater d'un cheveu, ce serait quand même dommage ! :-\

Et ce tout dernier message se concluait par ses quelques mots :

Allez, on croise les métacarpes et on y croit ! :-)

C'est toute Blanche qui est résumée dans cet ultime smiley final.

Aujourd'hui, je la pleure comme la pleurent tous ceux qui ont eu la chance de la connaître, et je pense très fort à Billy, à la Calunette et au petit Bilune...

Mais je ne peux m'empêcher d'imaginer, après avoir constaté, à mon retour, le soir, que l'ampoule n'était pas grillée et que le simulateur d'aube fonctionnait parfaitement, que Blanche a voulu m'adresser un ultime clin d’œil en mettant à mal mon esprit scientifique et qu'elle rirait bien de me voir aujourd'hui verser dans ces croyances, elle dont le rationalisme était à toute épreuve : "voyons, gros nigaud, tu savais que j'étais depuis peu dans le coma, que la fin était imminente, tu guettais juste le moindre incident pour y voir un signe, alors qu'en temps ordinaires tu n'y aurais même pas prêté attention !"

Oui, je sais, Blanche, c'est con. Mais punaise, qu'est-ce que j'ai envie d'y croire quand même !


Manou

Il m'a fallu lire plusieurs fois ton mail du 8 décembre, pour comprendre ton départ.

Plus tard, Saoul-Fifre m'a précisé que tu étais depuis un moment déjà en prise avec le crabe.


Il y a justement une dizaine de jours, je pensais à toi. Je me disais qu'il fallait que je t'écrive. Et tu vois, ce geste fut remis à plus tard, comme le sont tant de gestes destinés à ceux qui nous importent. Tu vois, c'est même toi qui as écrit la première...


La première image qui me vient, quand je pense à toi, est un ciel de nuit étoilé.

La seconde image, celle de ton visage au soleil, dans la cour d'une maison, chez Saoul-Fifre, à Saint Léo.

Je me souviens parfaitement de ce week-end que le Souf et Anne ont permis. Nous avons parlé photos et choses de la vie. Je me rappelle d'une jeune femme entière, naturelle, exigeante et curieuse.


Le dernier message que j'ai de toi, avant celui du 8 décembre, date de septembre 2011. Depuis nous n'avons plus échangé ni mots, ni photos.

Tu écrivais ceci : "J'espère qu'on aura l'occasion de se revoir un jour ! : ) ".

A bientôt, Blanche.


La Poule



Françoise

Pendant deux ans, je ne savais pas qui était Blanche, mais je lisais les commentaires de Calune sur Blogborygmes, comme un souffle de vie et d’humour. De tendresse aussi, transparaissant à travers les lignes. Pudique. Et puis il y a eu ce superbe billet , racontant comment, de Rezvani à Bilune, une série d’événements irrésistibles avaient conduit Calune vers Billy, et donné vie à leur magnifique petit garçon. Ce jour-là, sans l’avoir jamais vue, elle est devenue pour moi une fille réelle, débordant d’un tel bonheur que j’en avais été très émue, comme tous ceux qui ont lu ce billet, je crois.

L’été dernier à Meudon, lors du pique-nique Blogbo, Blanche était déjà malade, mais ni elle ni personne n’en a parlé. J’avoue m’être sentie tiraillée entre l’envie de la serrer dans mes bras et la discrétion qu’imposait son silence. J’ai admiré qu’elle ose affronter seule le cancer, à mains nues, en sachant qu’il finirait par gagner, tout en me demandant si j’avais bien fait de ne rien dire…

J’ai très souvent pensé à elle ces derniers mois. En lisant les commentaires qu’elle laissait sur tel ou tel billet, j’espérais un mieux, un répit dans la maladie. Ce n’était pas le cas, hélas… mais l’humour et l’énergie de ses derniers commentaires sont les mêmes que ceux qu’elle manifestait avant d’être malade. Le cancer a emporté Blanche trop tôt, bien trop tôt. Mais comme le sourire du chat de Cheshire, l’humour et la tendresse de Calune flotteront toujours dans l’air et dans nos cœurs.


Andiamo

Je viens de lire dans « l’interface » les jolis mots de : Françoise, Manou, La Poule, Saoul-Fifre, et Tant-Bourrin

Je ne voulais pas écrire, je ne sais pas bien faire ça, trop de pudeur sous des allures « d’affranchi ».

Je ne sais pas pleurer non plus, tant mieux ou tant pis, je ne sais. Mais, lorsque au cours du pique-nique « Blogbo », je t’ai vu, Blanche - Blanche la bien nommée hélas !

Pour la première fois depuis bien longtemps j’ai eu du mal à déglutir, la grosse boule au fond de ma gorge sans doute.

Et puis j’ai vu Billy et votre « Bilune », le premier bébé Blogbo, quel enfant magnifique ! Allons Blanche, tu laisses à ceux que tu aimes ce dernier et magnifique cadeau. Un petit garçon débordant d’énergie, que j’ai eu le plaisir de tenir par les mains pour lui faire faire quelques pas. Tu laisses aussi à ce petit garçon une "Calunette", sa grande sœur, et à ces deux enfants un Papa attentionné.

Blanche aimait la mer et les bateaux, elle me l’avait écrit dans un de ses commentaires en 2009.


Le lundi 4 mai 2009 à 09:30, par calune
Ah, tes bateaux ! Et cette façon que tu as de tracer les flots...
M'enfin c'est pas sympa de me redonner envie de vacances là tout de suite. :-s


Pour toi Blanche ces deux dessins :

- Le premier la mer que tu aimais tant !



- Le second, ce Clipper, le "CUTTY SARK", magnifique voilier. Qu'il t'accompagne au cours de ton long voyage...


(ch'tiots crobards Andiamo)

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