Blogborygmes

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vendredi 22 août 2008

Tant-BourrinProvidence

Ce soir, ma page restait blanche. Obstinément blanche. D'une blancheur comme on n'en voit que dans les spots de publicité pour les lessives. Bref, je n'avais pas la moindre idée de billet pour le blog.

Alors j'ai décidé de tout laisser en plan, de sortir prendre l'air et de marcher sans but dans les rues de la ville, en espérant que la Providence, ma belle Providence, dealeuse d'imprévu qui surgit quand on ne l'attend pas, viendrait semer ses graines de hasard sur le bitume et me fournirait matière à écrire quelques lignes.

Ami lecteur, puisque tu lis ce billet, tu te doutes bien que j'ai été exaucé. Mais je l'ai été de bien sombre façon. Et "sombre" est en vérité un bien pâle qualificatif : il faudrait forger de toutes pièces de nouveaux adjectifs pour décrire les abysses terrifiants de l'âme humaine dans lesquels je me suis, bien malgré moi, trouvé plongé ce soir.

Peut-être avez-vous entendu les toutes dernières informations et frémi en apprenant ce crime horrible, stigmate hélas presque banal d'une société en pleine déliquescence : un quidam, père de famille apparemment sans histoire, lardé sauvagement d'une dizaine de coups de couteau en pleine rue.

Eh bien la Providence a voulu que je passe à proximité du lieu du crime quelques minutes à peine après que celui-ci ait eu lieu. On n'a pas tous les jours l'occasion de se retrouver ainsi aux premières loges d'un fait divers sanglant mais, croyez-moi, je me serais bien volontiers passé du spectacle.

La police venait à peine d'arriver sur les lieux, commençait à établir un périmètre de sécurité et invitait sans trop de ménagement les badauds, dont je faisais tristement partie, à s'éloigner.

Ce que je fis, bien sûr. Mais un épais brouillard noirâtre descendait déjà sur mes pensées. Car j'avais eu le temps, l'espace d'une seconde, d'une infime mais pourtant interminable seconde, d'entr'apercevoir le corps de la victime, baignant dans le marigot de son propre sang.

Un homme banal, dans la trentaine, déjà livide, le visage tordu par l'épouvante et la douleur qui avaient dû accompagner ses derniers instants.

Un homme qui avait dû aimer et être aimé, un homme qui avait ri, pleuré, rêvé, désiré, un homme pétri, comme tous les autres, dans cet étrange magma d'émois, de doutes, de souffrances... Réduit subitement à l'état de charogne sur le trottoir désespéré d'une rue blafarde parce qu'un autre homme en a décidé ainsi dans la folie destructrice de son âme.

J'ai traversé les rues, les yeux rougis, jusqu'à mon domicile sans ne plus pouvoir détacher mon esprit de cette image obsédante, comme marquée au fer rouge dans mes circonvolutions cérébrales. Ce visage tordu que je verrai encore jusqu'à ma mort. Et cette question qui me hantera encore longtemps : pourquoi, pourquoi cette haine déferlante, pourquoi cette furie mortifère ? Oui, pourquoi ?

Je sais hélas que la question restera à jamais sans réponse, car il faudrait pour cela pouvoir sonder l'âme humaine et en traduire les tréfonds bestiaux en langage humain. Peine perdue.

Mon dieu, pourquoi n'ai-je pas eu l'inspiration ce soir et ne suis-je pas resté tranquillement chez moi ? Cela m'aurait évité tout ce tourment...




Basile Gallipec sourit en relisant le texte de son billet, avant de le mettre en ligne sur son blog. Assurément un texte bien accrocheur sur un sujet brûlant d'actualité qui lui vaudrait quelques dizaines de commentaires et lui permettrait d'accroître encore son audience.

Car Basile ne rêvait que d'une chose : que son blog devienne l'un des plus couru et que Roubantin, son pseudonyme, brille au firmament de la blogeoisie. Et pour cela, il lui fallait écrire, écrire, écrire, un billet par jour au moins, que l'inspiration soit là ou pas.

Basile s'étira, se leva. Une bonne chose de faite ! Il allait pouvoir se coucher la paix dans l'âme. Mais auparavant, il lui restait une chose à faire.

Il ramassa sa gabardine qu'il avait jetée négligemment sur le parquet en revenant de sa promenade nocturne et plongea la main dans la poche de celle-ci.

Il en ressortit un couteau ensanglanté.

Et, portant les lèvres sur la lame rougie pour y déposer un baiser, il murmura : "et maintenant, je vais te nettoyer, ma Providence, ma belle Providence"...

mercredi 20 août 2008

Mam'zelle KesskadieMénopause-café

Quels sont les symptômes de la ménopause chez la femme ?

Ne quittez pas immédiatement, le billet deviendra intéressant dans deux lignes.

Entre autres choses, l'insomnie et les variations d'humeur vers le maussade.

Or, bien qu'encore très jeune, je souffre de symptômes pré-ménopause. Donc, je pleure pour un rien, pour trois fois rien, et encore pour rien, et je ne dors pas. Ça me fait du temps supplémentaires pour verser des larmes. Que la nature est bien faite !

Le matin, donc, j’enligne le café comme la bouée essentielle à ma journée. Je mouds les grains avant de faire le café, c’est ben meilleur de même, et surtout, pour être dans ma philosophie de vie, j’ai rien qu’une vie à vivre, autant la compliquer un peu.

Je mets donc les grains dans la moulin à café et j’appuie sur le bouton.

Rien.

Seul mon acouphène siffle dans mon oreille endormie.

J’ouvre le couvert, je vois que le déclancheur est sale. Une lumière s’allume faiblement dans mon esprit. La dernière fois que j’ai nettoyé la chose avec un cure-dents, je n’avais pas enlevé les grains. Où avait été le problème ? Ah oui. Les lames se sont remises en marche et le broyeur n’ayant pas de couvert, les grains sont partis dans les airs et le plancher fut couvert de grains de café.

La solution ? Je regarde les grains à travers mes paupières mi-closes…..

Vous voyez le tableau ? La bonne femme en jaquette de flanalette qui date de la première grossesse (on se souvient que son aîné est majeur et vacciné), les yeux petits et rouges, le teint blafard, le cheveu pas reposé lui non plus, debout dans la cuisine en vacillant légèrement dû au manque de café et de sommeil, qui regarde son moulin à café d’un air dubitatif.

Il y a une solution, laquelle…. La lumière clignote dans ma tête, signe que le neurone de service va s’éteindre bientôt. Ah oui ! Débrancher le moulin avant de nettoyer.

Dire que ça a son diplôme universitaire et que ça vote !

Bof, tant qu’il y aura du café, il y aura de l’espoir.

En parlant de café, j’ai espoir d’en arrêter la consommation.

Je suis allée aux aliments naturels, voir s’il n’existe pas une patch, style nicorette pour la cigarette, là, ça serait Caféirette. Ben non. Y a du café biologique, organique, équitable, importé, moulu, décaféiné, vert, brun, noir, mais pas de patches.

Il faut boire un truc cher style tisane, accompagné d’un autre truc très aussi cher, pour se défaire de la caféine.

Et pourquoi arrêter ?

Parce que il paraît que c’est pas bon pour les types thyroîdiens, dont je fais partie, les gens qui ont des problèmes d’hypoglycémie, dont je fais partie, les gens du groupe sanguin O-, dont je fais partie, que ça flushe tous les bons enzymes de notre corps, que ça augmente les chaleurs de pré-ménopause, etc.

Le seul avantage, voyez-vous, c’est qu’on encourage l’économie tiers-mondiale en achetant équitable… Vous me connaissez, quand il s’agit de faire une bonne action…

Ok, charité bien ordonnée commence par soi-même.

Bref, c’est mon dernier sac de café en grains.

Si je faisais une diète à la place ??? Ah oui, j’en fais déjà une….

J’aimerais ça arrêter de fumer à la place, mais je ne fume pas.

Si j’arrêtais de mémérer ? Que je ne dise que l’essentiel et rien d’autre ?

Ben là, je prendrais du café, mais toute seule, personne avec qui jaser.

Bof, il me reste du café pour au moins une semaine, d’ici là, ou j’ai trouvé une raison de ne pas arrêter, ou j’ai trouvé la motivation pour le faire.

À suivre…

lundi 18 août 2008

Saoul-FifreJe l'jure

Hauts Elfes !

Ô Élite des lecteurs !

Par respect pour vous dont la pertinence des commentaires n'a d'égale que l'acuité de vos analyses, il est temps pour nous d'arrêter de vous beurrer des mouillettes et de vous les tremper dans les œufs-coque de vos fondements.

L'heure de la franchise a sonné, éclatante comme sur le parvis de Notre Dame, ou humblement, dans la plus discrète des chapelles oubliées. La vérité a ses exigences de clarté et se rit des grilles et des serrures verrouillées. Il arrive un moment, nécessaire et constructif, où les obstacles doivent voler en éclat devant l'exigence du vraiment vrai et ce moment est là, accroupi à nos pieds, bavant comme un crapaud fidèle.

Nous ne pouvons taire plus longtemps cette bulle de pulsion qui nous sature insidieusement, gonflant la moindre de nos veinules, nous mettant la pression, cherchant une sortie par où s'exprimer. La chasse à toutes les hypocrisies est lancée, nulle trêve ne saura être exigée tant que l'hallali n'aura pas sonné sur la comédie épuisée de toutes nos grimaces.

Vous avez gagné le droit, par votre constance, d'obtenir de nous les certitudes consolantes qui conforteront et donneront de la densité à votre tendance naïve à faire confiance a priori et à n'importe qui. Démêler ensemble les nœuds que nous avons laissé se créer entre le solide câble véridique et les malingres fils mités de la fausseté, s'entortillant à leur gré tous azimuts, peut-on rêver plus noble but ?

Juge sainement celui qui a en main, probatoires, les comptes-rendus exacts de faits réels, éprouvés, marqués du sceau de la justesse, et non des interprétations tendancieuses, viciées par le subjectivisme le moins mathématique qui soit. Fuyons la poésie déliquescente, voire délictueuse, qui noie sous un brouillamini mystificateur la réalité réunifiante et vise à vider de leur substance des choses pourtant dûment tirées au clair.

Exactitude ! En ton nom je vous fais la promesse à tous, ici et maintenant de ne rien vous celer, rien camoufler, oublier l'idée même du mensonge, vous accueillir au cœur même de notre véridicité afin que vos yeux se dessillent sous les ciseaux de notre sincérité retrouvée.

Mais là, il est deux heures moins cinq du matin et, si vous le permettez, j'aimerais bien aller me coucher.

samedi 16 août 2008

AndiamoDélicieux délirium

Depuis le temps que j'en rêvais : je l'ai fait !

Après avoir récupéré une LAVO 1200 SPEED (à chargement frontal), balancée comme ça sur le trottoir, comme une fille de petite vertu, abandonnée par un malotru au profit d'une plus jeune (LAVO 1000 SIM K), n'ayant pas même la reconnaissance de trente ans de bons et loyaux services.

Des milliers de slips innommables, décrassés, démerdés par ses soins, de chaussettes encore fumantes, jetées au travers de son hublot.

Elle a résisté, bouché son odorat si délicat, accompli sa tâche, sans rechigner, sans broncher, en bon petit soldat.

Je l'ai emportée dans mon atelier, nettoyée, rénovée, entièrement transformée, puis équipée d'un moteur de ma conception : un six cylindres "en vrac" alimentation à la louche, cybrocoque étoilé en tête, double injection simultanée et concomitante, carburant au lisier de truie.

Notre "cher" S-F avait conservé quelques barils du précieux liquide, fruit des épanchements de notre regrettée Julie, merci à lui pour ce geste alTRUIste (150 € tout de même !).

Ce moteur qui je le répète est entièrement de ma conception, équipe également mon automobile : une Caïffa trois chiens.

Cela m'a pris quelques semaines d'un travail acharné et opiniâtre, mais quel résultat ! Qui n'a pas vu une "LAVO 1200 SPEED" entièrement remaniée n'a rien vu, les voisins en bavaient de jalousie !

L'ancien propriétaire... Non je le nommerai pas (vous l'avez tous reconnu) aurait sans doute aimé la récupérer, tant pis pour lui : donné c'est donné, repris c'est... Gna, gna, gna, gna.

Voici d'ailleurs le meilleur croquis que j'ai réalisé de mon fabuleux engin.



Installé dans mon vaisseau spatial et spécial, mirettes face au hublot, j'ai actionné le starter... Démarrage fulgurant, le six cylindres "en vrac" tourne comme une horloge, GPS calé sur Vénus, normal, honneur aux Dames.

Vénus n'est pas du tout la planète hostile décrite par les sondes soviétiques Vénéra, et Magellan, la sonde Américaine, elle est même très accueillante, verdoyante, et tout, et tout. Je subodore que les Russkoffs et les Amerloques veuillent se la garder à des fins mercantiles !

Et que dire des Vénusiennes ?



Voyez-les ! Sveltes, gracieuses, elles ont les seins dans le dos ! Comment c'est tarte ? Au contraire, cela présente un avantage majeur, ainsi quand on les invite à danser...

L'une d'elles s'est approchée de moi, la lippe gourmande, l'oeil coquin, la collerette frémissante, mais quand j'ai vu ses mandibules s'agiter, j'ai eu comme un doute...

Alors j'ai bondi dans mon engin interplanétaire, ayant pris la précaution de laisser le hublot de ma "LAVO 1200 SPEED" (je la cite le plus souvent possible, 100€ à chaque fois, merci Madame LAVO) grand ouvert, puis j'ai règlé le GPS sur la planète Mars.

La planète MARS, voilà une planète colorée, toute rouge, on y a tous la même couleur !

Quoique... Il y aura toujours des rouge clairs et des rouge foncés, mais bon.

J'étais donc là, dans le fond de ce que l'on nomme "Valles Marineris", un canyon de 4000 Kms de long, 700 Kms de large, et 10 de profondeur !

Au fond de cette immense vallée, l'air y est assez dense, et donc respirable, allez voir si vous doutez !

Tout à coup, j'ai vu arriver du fond de l'horizon un troupeau pachydermique, c'est le nom qui m'est venu à l'esprit, quand j'ai aperçu ces êtres d'un autre monde.



Magnifiques, ils sont magnifiques, avec leur double trompe, celle de droite leur sert à s'alimenter, tandis que celle de gauche ?

Ils ne m'en ont pas donné l'usage, j'ai eu beau leur expliquer (ils parlent très bien le sino-coréo-indoustanais), ça tombait à pic, moi aussi, que ce serait fort intéressant pour un esprit ouvert comme le mien, de connaître leurs us et coutumes.

Ils ont eu l'air embarrassé, mais lorsque j'ai vu la trompe sénèstre de l'un d'entre eux se dresser soudain, tandis qu'il louchait sur la partie inférieure de mon individu, là où le dos ressemble à la lune comme le chantait Brassens, j'ai senti le doute s'insinuer en moi (à défaut d'autre chose) d'autant qu'il fut immédiatement imité par le reste du troupeau !

Fichtre me suis-je écrié, et non pas foutre, ils auraient pu se méprendre !

J'ai sauté derechef dans ma "LAVO 1200 SPEED"... GLING ! (c'est le bruit du tiroir-caisse), GPS pointé en direction d'Europe l'un des satellites de Jupiter.

ENORME Jupiter ! Quand j'ai atterri sur le satellite de cette planète géante, je me suis senti tout petit, y'a vraiment pas d'quoi rouler not' caisse avec not' cht'iote planète !

Accueillant ce satellite, des arbres à nougats, du miel dans les ruisseaux, des sucres d'orges dans les champs, comme dans Hansel et Gretel.

Et les habitants ? Vous avez vu leurs gueules ? Ils m'ont l'air d'être un peu farfelus de la touffe !



Que nenni ! Leur chef (ou celui qui semblait l'être) m'a expliqué en transylvanien du nord, langue que je pratique couramment, qu'il était LE président de ce monde, et qu'il se nommait : YSOKRAS, son épouse quant à elle répondait au doux nom d'ATILRAC.

Il m'a plu tout de suite ce petit bonhomme ! Pas si différent de nous, avec même un petit tic : sans cesse il haussait l'épaule droite, un peu comme le père Le Quesnoy dans le film de Chatiliez.

Il m'a expliqué qu'il voulait tout réformer : faire d'Europe un modèle de la galaxie, que l'Europe d'en bas ne regarderait plus la Jupiter d'en haut avec un complexe d'infériorité ! Qu'il allait soumettre à son parlement une réforme capitale (c'est le mot qui convient), que sa charmante épouse, un TOP en la matière, avait même composé une ode à sa gloire, intitulée "si tu n'en veux pas j'la remets dans ma roulotte".

Pourquoi une roulotte, lui demandai-je ? A cause des minorités itinérantes... Les gens du voyage !

Je serais bien resté un peu plus longtemps, d'autant que j'avais remarqué que la charmante Atilrac, lorgnait souvent dans ma direction, et qu'elle tripotait nerveusement les cordes en poil de XCVHTREINSSE de sa guitare à trois roues.

Mais son président de mari ayant repéré le manège, me pria de regagner au plus vite mon véhicule, d'autant qu'il attendait la visite du président Dassa La Rahsab, et que ça n'était pas au goût de tout le monde !

Après une dernière oeillade lancée par la belle guitariste, j'ai mis le cap sur URANUS.

Uranus, voilà une planète digne de figurer au Panthéon de BLOGBORYGMES, un blase pareil tu penses !

Je suis même surpris qu'il ne soit pas notre astre fétiche, notre mascotte. Ah ! Je vois bien sur les lettres à en-tête : sous la haute protection d'urANUS notre bienveillante mascotte !

Ça en aurait de la gueule, les autres avec leur crocodile à la con, leur espèce de virgule... NIKES ! Quant aux trois bandes, pas de quoi bander, ah non !

Pour en revenir à cette douce planète au si joli nom, quelle surprise ! Elle est couverte d'excréments, de déjections en tous genres ! Tous les déchets de l'univers s'y déposent.

Uranus la bien nommée, pas sûr que ce soit un hasard, je pencherais plutôt pour une intuition.

Quant aux habitants : coprophages bien entendu ! Regardez les avec leurs petites ventouses, le sol est très glissant, il convenait de s'adapter, leurs bouches gourmandes au ras du sol, SLURP, SLURP !



Dès qu'ils m'ont aperçu, ils ont immédiatement émis le désir de me donner un baiser de pet, pardon : de paix. J'ai décliné l'offre, arguant que chez nous on ne s'embrassait pas aussi facilement. Ils ont insisté, alors, bon gré, mal gré, je me suis acquitté ! Depuis ce jour, ma femme, mes amies rechignent à m'embrasser, va savoir pourquoi ?

Après leur avoir prodigué moultes civilités, j'ai récupéré ma "LAVO 1200 SPEED" (re-gling) et je suis rentré chez nous.

En atterrissant dans une jolie clairière, j'ai vu, se baignant dans l'eau d'une claire fontaine, ceci...



Et aussi cela :



Elle n'est pas si mal que ça notre ch'tiote planète, non ?


Délires et dessins Andiamo 2008

mercredi 13 août 2008

Tant-BourrinCroisez-vous les méninges ! (5)

Je sais que cela va tout au plus arracher un vague bâillement à ceux qui zappent dès qu'un billet nécessite le moindre effort intellectuel mais tant pis : pour rester dans la tonalité ludique qui sied à toute période estivale, fût-elle pourrie tant climatiquement que géopolitiquement, je vous ai concocté une petite blogbogrille de mots croisés, juste histoire de vérifier s'il nous reste au moins un(e) lecteur(rice) doté d'un ou deux neurones en état de fonctionnement. Si ce n'est pas le cas, inutile de continuer à se casser le fion pour rien : il sera toujours temps de reconvertir ce blog en recueil de blagues Carambar ou en page de programmes TV.

Bref, voici la grille en question. Je n'ai pas été trop méchant, pour ne pas dire carrément gentil. Ceux qui arriveront à la résoudre prouveront qu'ils ont autre chose que du lisier de porc dans le crâne et gagneront l'admiration de tous sous les vivats de la foule ! Réponses par mail uniquement.

Je publierai le tableau d'honneur au fur et à mesure que les bonnes réponses arriveront... ou le tableau d'horreur si vous restez secs ! :~)



Horizontalement :

  1. Ils réclament juste leurs droits d’ôteurs
  2. Partisan de la politique de l’autruche - Qui a le sang à fleur de peau… ou bien semble de bois
  3. Petit rosbif - Chauffard des autoroutes de l’information
  4. Par terre ou dans les airs - Prélude de Stravinsky - Queue de cheval
  5. Incite à faire un piqué
  6. L'Iran en pleine anarchie - Le chemin des dames
  7. Agit avec mesure - Hors hors - Toute une époque !
  8. En anglais - Bas de gamme - Donne à voir ou empêche de voir
  9. Faisait des lassés

Verticalement :

  1. Oh, la belle bleue !
  2. Aidions à passer au feu
  3. Ils auraient leur place dans la "Vie du rail"
  4. A souscrit une assurance-vide - Confus panda
  5. Permet de faire des sommes et parfois des multiplications - Bien présent dans le milieu de la drogue
  6. Variété de prune - Il donne une certaine forme d’autonomie
  7. En voilà qui jouent vraiment avec leurs tripes !
  8. Toute retournée, et même plutôt deux fois qu'une - C'est comme ça que finissent toujours les escrocs
  9. Fiat, mais pas luxe - Jouera à super nenni
  10. M'installerai dans une suite
  11. Habillèrent Tant-Bourrin


Et pour ceux qui n'ont pas envie d'écrire au stylo-feutre sur leur écran, voilà un beau fichier pdf avec la grille et les définitions prêtes à l'impression... Vous ne pourrez pas dire que je ne vous gâte pas, hein ?

lundi 11 août 2008

Saoul-FifreBon ça c'est fait (2)

Ce qu'il faut retenir de ce bonhomme, c'est que malgré les obstacles, les trucs à escalader, les parois démoralisantes, Marcel aimait.

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samedi 9 août 2008

Mam'zelle KesskadieLe roi est mort, vive le roi

« C’est qu’il t’a bien eu, ce salaud »

Françoise se délectait d’entendre les qualificatifs nouveaux pour décrire son ancien mari. Les anglais le disent bien, aucune furie de l’enfer n’est comparable à une femme trompée. Quand elle est trompée et divorcée, les quatre chevaliers de l’apocalypse et leurs fléaux chevauchent pour le mécréant ex-époux.

Mais François est si bonne. Sa vengeance n’est que d’entendre ses amies, cousines, connaissances, collègues, parentes éloignées, boulangère, épicière, laitière, voisines, bref, la gente femme-qui-comprend-la-vie-et-les-maris-particulièrement-ceux-des-autres au complet lui redire comment elle est magnanime de ne pas médire sur son divorce.

Le silence appelant la revanche solidaire, Marcel est un filou, un con merdique, un putois crevé, un coureur de jupons cul-de jatte (personne n’a demandé de précisions sur l’exploit de courir dans cet état), un éjaculateur précoce (dixit la secrétaire de Dr Labranche, source on ne peut plus crédible), un demeuré patenté (voilà probablement ce qui lui a donné les sous pour payer sa Porshe, sa villa, sa maîtresse, le face-lift de Françoise, les études des enfants, longues et récalcitrantes et ses nombreux dons à un organisme pour la protection du chi-hua-hua et les soins particuliers à son chi-hua-hua préféré), un pécheur (ça, c’est monsieur le curé) et un pauvre homme (sa propre mère, pauvre dans le sens figuré, on aura compris), un emmerdeur téteux (sa sœur qui a un peu de culture québécoise), un suceur de bite (la petite amie de sa sœur, américaine, d’où la traduction cock sucker, NDLR), un enculé (Gérard, le coiffeur, on ne sait pas si c’est un compliment dans sa bouche, ou un pied au cul).

Françoise ne s’ennuie donc pas dans son petit appartement parisien, loin du magnifique loft de son ex. Oh, il a quand même été un peu magnanime, elle a gardé son matériel informatique, son mobilier personnel, et un modeste compte ouvert chez un antiquaire pour agrémenter son salon, salle à dîner, et tutti quanti.

N’empêche que c’est l’autre blonde qui va hériter. Ah, parce que Marcel a une pauvre santé. Il est sur ses derniers jours, d’après la secrétaire de Dr Labranche, et se paye le luxe d’une poupée infirmière masseuse et pas chiante.

Mais c’est que la masseuse va avoir aussi une petite surprise, lui annonça la secrétaire du notaire, en toute confidence, bien sûr, secret professionnel oblige, mais dans le cas de la pauvre Françoise, si bonne, si présente pour tous et toutes, les œuvres charitables, l’école, l’église, elle était de toutes les bontés, de tous les secours, jamais un mot contre son prochain, qui pourtant, en méritait bien, spécialement son mari.

La secrétaire du notaire, donc, lui avoua en toute confidence que sa fortune était divisée entre les enfants, dont elle sera la tutrice, évidement mais aussi à une fondation nommée « Chi-hua-hua, le roi ».

Françoise sourit. Elle ne savait si elle devait se réjouir de ce revers de fortune pour l’autre, mais elle était un peu désolée pour les enfants. Françoise était une bonne âme.

Au décès, hâté ou pas par les bons soins de l’infirmière, le notaire lu le testament et effectivement, la dernière flamme de Marcel brûla de dépit devant les cendres qui restaient de son investissement.

Elle manifesta son dépit bien haut et bien fort, menaça de faire réviser le testament, pointa du doigt Françoise, le notaire, mais ne fit rien.

On en conclut que la garce avait pris son parti et s’en était allé chercher la fortune d’un autre moribond.

Les enfants ne savaient pas s’ils devaient se réjouir pour leur mère, sachant que dans quelques années, à leur majorité, elle serait sans le sou.

Françoise ne perdait pas son sourire patient. Quelle sainte femme !

Dis donc, c’était pas trop dur de t’occuper de cette petit merde en phase de pourriture ? avait dit Françoise.

Pas du tout, répondit l’autre, tu sais comme moi qu’il fait ça vite. Pis avec la médoc, ça accélérait la descente à la tombe. Françoise, tu es trop bonne de lui avoir donné une fin si agréable et rapide. T’as eu le chèque de la fondation ?

Pas encore, ça ne devrait pas tarder, dit cette toujours si généreuse Françoise en donnant un os au chihuahua : tiens, tu l’as bien mérité.

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