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vendredi 24 juillet 2015

celestineMes étoiles

Mon amour des étoiles est un secret de Polichinelle. Du moins pour ceux qui suivent mes pérégrinations bloguesques de l’autre côté de la toile. Chez moi, là-bas. Ou pour ceux (souvent les mêmes mais pas que) qui connaissent mes petites « funambulles », ces longues filles rêveuses qui traînent leur flemme sous les constellations. Et qui me ressemblent tellement…

Mon obstination à lever le nez vers la voûte enchantée pourra paraître un peu obsessionnelle. Et un rien déconnectée du monde réel. C’est à se demander si, tel E.T., le célèbre et sympathique avorton tout ridé qui fit les beaux soirs des années 80, je ne me sens pas un peu quelque part une extra-terrestre, par moments…

Et pourtant, je vous assure que l’on se sent terriblement ancré sur terre quand on porte les yeux vers l’infini et au-delà. Sans doute parce que l’on mesure sa propre insignifiance et la nécessité absolue de préserver notre bout de caillou et la vie qui s'y développe.

C’est beau, les étoiles. Croyez moi (ou pas), par des ciels comme ici, en ce moment (je suis à la montagne) on éprouve un petit orgasme intellectuel à se perdre chaque soir dans la Voie Lactée. Pourquoi petit, d’ailleurs? C’est de la balle, c’est de la jouissance à l’état pur, ce scintillement si vivant, ces connivences graphiques que les Grecs et les Arabes se sont appliqués à désigner de noms chatoyants qui font rêver… Deneb, Altaïr et Vega, ça ne vous fait pas grave rêver ? C’est mieux qu’un ticket pour la grande roue de la foire du Trône, cette affaire-là et c’est entièrement gratis. Antarès, Betelgeuse, Aldebaran, Cassiopée…quels noms prestigieux ! des héros fortiches, des reines déchues, des monstres mythologiques surgissent de la nuit et vous enveloppent de leur légende. Un bestiaire étrange, ourses, cygne, aigle, lièvre, chiens, serpent, dragon, et dont les plus connus sont ceux que vous consultez distraitement le matin, en buvant le café : bélier, taureau, lion, poissons, scorpion, bizarres bestioles prémonitoires égarées dans un monde trop pragmatique…l’horoscope, c’est la poésie du réveil.

Le ciel, la nuit, c’est le théâtre des mille et une nuits, la divine Comédie, le songe d’une nuit d’été. Un festival d’émotion concentrée.

Après cette mise en abîme céleste, cette contemplation muette des vertiges sidéraux, il devient évident que les frénésies de pouvoir et les violences haineuses de ce bas monde, orchestrées par les agités du bocal qui le gouvernent, ressemblent fort aux mouvements désordonnés d’amibes dans un tube à essai, ou de mouches à merde sur une bouse fraîche. Vu d'en haut, un ballet dérisoire et idiot.

¸¸.•*¨*• ☆

dimanche 19 juillet 2015

AndiamoUne ch'tiote balade en mer

Ce sont les vacances, ça ronronne doucement sur les blogs, les "Boss" de la Blogbo Star and co. : Saoul-Fifre et Tant-Bourrin sont carrément en léthargie profonde... Et irréversible ?

La semaine dernière, j'étais ENCORE sur les côtes de la Manche, au Tréport, nous devions faire une mini croisière départ Le Tréport jusqu'en baie de Somme, puis retour, 40 miles environ... (je me la pète je parle en miles)

Manque de bol, pas assez de participants, mini croisière annulée ! Alors grand seigneur le Capitaine nous a offert la visite des falaises du Tréport, et de Mers les Bains, avec un coup de cidre en plus ! Un Prince ce capitaine !

J'ai pris quelques photos depuis le bateau promenade, la vue est extraordinaire... Jugez vous même.



Nous sommes dans le nouveau port, le Capitaine fait le plein de pétrole



Vue d'ici l'eglise Saint Jacques, prend une autre dimension. On remarque l'écluse fermée au fond



Ce système d'écluse permet désormais aux bateaux d'être au niveau des quais, et au plus près pour expédier la pêche.



Nous atteignons le chenal d'accès au port.



Le phare et face à nous le large !



J'ai dit le large ! Restons modestes.. On vire tribord, puis nous longeons la côte direction Mers les Bains. Le temps est maussade... Dommage !



La MAGNIFIQUE falaise de Mers les Bains.



La côte d'Albâtre la bien nommée, les falaises bordent la côte jusqu'à Ault l'Onival au fond on aperçoit Saint Valéry sur Somme et Le Crotoy.



Un magnifique demi tour par babord, et c'est le retour au Tréport, impressionnantes montagnes de calcaire, constellées de silex.



Le phare, et l'entrée du port, le court voyage se termine... La foule massée sur la jetée, est venue nous acclamer !



Le chenal dans l'autre sens, à droite une jolie digue de bois permet une balade agréable... Quand le temps le permet, car ici ça souffle !...



Le voyage est terminé, Andiamette et moi sommes à nouveau sur le plancher des vaches. Une photo de notre joli bateau, son nom ? "L'EROS", ça ne s'invente pas !

Voilà c'était une petite balade, un peu d'air marin pour ceux qui restent, l'eau n'y est pas très chaude : 16°, je me baigne tout de même ! Courageux le Doyen !

(Daguerréotypes Andiamo pour Blogbo)

mardi 14 juillet 2015

Saoul-FifreLes boss ont calanché, vive le boss !

Andiamo, tu n'as pas encore compris que c'est toi le boss, dorénavant.

Tu nous fais force appel du pied pour nous remettre au boulot mais le bureau dictatorial t'ouvre grandes ses portes. T'as plus qu'à signer au bas de l'ECC, Échange Conventionnel de Contrat, nous ya belle lurette que nos paraphes y sont apposés et attendent le tien.

Mais tu insistes, mauvais bougre, alors ça c'est typique du gars qui a passé sa carrière comme salarié, salarié de haut niveau sans doute mais tu n'arrives pas à te visualiser comme nouveau patron de presse. Mais puisqu' on te dit qu'on te refile toutes les actions contre une drachme symbolique ? Un peu d'ambition, que diable !

Bon maintenant, tu te débrouilles, tu fais passer les entretiens d'embauche aux apprentis billetistes, aux photographes de chatons et de plantes en pot, enfin je dis ça mais si ton inclination naturelle te porte plus vers le style Françoise Hard-X Fillipachi ou Cloclo, te gêne pas. Tu leur donnes le moins possible en leur faisant miroiter une formation bidon et une possible évolution indexée sur le nombre de clics, tu inondes d'encarts publicitaires toute cette fucking place disponible inutile sur la gauche et aussi en bas à droite et t'es le roi du monde.

Et tu arrêtes les allusions lourdes comme quoi on serait des fainéants.

Mais on n'est pas encore à la retraite, nous ! La vraie vie à ses exigences et ses raisons ! Tu vois, sincèrement, je peux te parler sincèrement ? Je préfère passer un week-end à écouter Célestine imiter le rossignol, à discuter et rigoler avec des copains autour de plats faits maisons voire d'une omelette aux truffes blanches (oui je vous nargue tous) plutôt qu'à aller vérifier sur les blogs si tous les internautes sont pas en vacances !

Bon mais en plein cagnard, vas-tu me dire ? Oui, là je reste à l'ombre si possible mais je préfère lire, à tout prendre... Tiens : "Les mouchoirs rouges de Cholet", de Michel Ragon. Du souffle épique, du sang mouillé de poésie car oui le peuple rêve, espère, raconte, se bat pour ce à quoi il croit...

Allez, pleure pas... Tu l'as eu, ton billet ?

Et puis profite que personne nous regarde et fais-moi un bisou baveux, grand fou !

jeudi 9 juillet 2015

Oncle DanUn brin de muguet

Nous étions le 1er mai et, avec ma petite sœur Chloé, j'avais demandé à grand-père où nous pourrions trouver un brin de muguet pour maman.

Ah ! Petits facétieux ! s'exclama-t-il, on ne peut pas en trouver comme ça ! Une fois, j'en ai vu un. Je vais vous raconter. C'était en 1897, ou peut-être 1907, rectifia-t-il après un temps de réflexion, je ne me souviens plus très bien, mais cela n'a pas d'importance.

Nous nous approchâmes de son rocking-chair, car les histoires de grand-père étaient pleines de rebondissements et nous faisaient toujours emmagasiner de l'extase en grande quantité.

Nous étions partis d'Alexandrie, commenta-t-il, bien équipés, avec une dizaine de porteurs. J'étais accompagné de deux vieux briscards de l'exploration et de mon neveu Paul. Après plusieurs semaines d'une marche harassante sur les traces des pharaons, nous luttions à grands coups de machettes contre un inextricable enchevêtrement de lianes pour nous frayer un chemin au cœur de la forêt vierge. Nous étions, une fois encore, à la recherche des sources du Nil. C'est alors que mon neveu me dit : "Mon oncle, savez-vous pourquoi je n'irai jamais en Afrique ?".

"Jamais en Afrique", "jamais en Afrique", ânonna plusieurs fois grand père, pensivement . Et d'ajouter : Je me disais bien qu'il y avait quelque chose qui clochait dans cette histoire. Nous n'étions pas en Afrique et ce n'était pas le Nil. Peut-être le Brésil et l'Amazone, grogna-t-il dans un grincement de rocking-chair. Ah, mais ça, la forêt vierge, j'en suis sûr. La terrifiante et fabuleuse forêt. Ce n'était pas celle d'Afrique puisque mon neveu n'est jamais allé en Afrique.

Bien sûr! Suis-je bête ! Je lui ai même demandé pourquoi il n'irait jamais en Afrique, et il m'a répondu : "parce qu'il y a là-bas des Fermeurs d'Yeux".

- Des Fermeurs d'Yeux ? répétai-je en le regardant comme un chiffre premier qui s'afficherait avec une virgule. Et lui d'insister : "Oui, mon oncle, des Fermeurs d'Yeux".

Nous aurions pu ainsi répéter chacun à notre tour "des Fermeurs d'Yeux" encore une bonne douzaine de fois, lui avec une assurance granitique, et moi en me débattant dans le baquet du vif étonnement, lorsque s'apercevant que je haussais une épaule ou deux, il jugea utile d'expliquer : "certaines tribus africaines, particulièrement cruelles et superstitieuses, n'osent pas fermer les yeux de leurs morts, et font appel à des Fermeurs d'Yeux".

La nouvelle me transforma en grenouille empaillée atteinte de laryngite. Ah ça ! Je connaissais beaucoup de métiers de par le vaste monde que j'avais parcouru en long et en large, mais c'était bien la première fois que j'entendais parler de "Fermeurs d'Yeux".

Et pour accroitre l'écarquillement des miens, Paul ajouta : "un tueur professionnel aux narines incandescentes ferait figure d'enfant de cœur à côté de ces sauvages entièrement nus dont l'unique occupation est de fermer les yeux des autres, au point qu'ils sombrent rapidement dans l'accoutumance et la maniaquerie. Bien sûr ils effraient les femmes et, ne pouvant les approcher, ils sont tous homosexuels".

Paul termina sa phrase, la tête séparée de son corps, car il venait d'être coupé en deux par une antique épée récupérée par le chef d'une de ces communautés sanguinaires, postée là en embuscade.

Grâce à nos armes à feu, nous réussîmes à les faire tous prisonniers. On les enchaina, et on les mis dans un train en partance pour la prison la plus proche.

Ils étaient semblables en tous points aux Fermeurs d'yeux, et prétendaient que cette épée avait appartenu à Alexandre le Grand et avait servi à trancher le nœud gordien.

Pauvre Paul, c'est moi qui lui ai fermé les yeux, conclut grand-père en essuyant une larme.

Il était dur de la feuille et avait confondu "brin de muguet" avec "train de nus gays", mais il avait, en toutes circonstances, de belles histoires à nous raconter.

mercredi 1 juillet 2015

AndiamoLa Morgan

Avant propos :

Il y a deux jours, Petit Sucre m'a lancé un défi : sur son blog elle a posté la photo d'une "Morgan" en me demandant d'écrire un texte. Je me suis exécuté (je sais mon altruisme me perdra), elle a publié ce texte sur son blog.
Les BOSS bullent à donf, alors je me suis dit : tiens, tiens, ça ferait un p'tit billet... Pourquoi pas ?


Ah, la Morgan ! Elle en rêvait, la petite dactylo, modeste employée de chez GRATT'PLANCHES à La Courneuve !

Elle qui, au cours de ses soirées dans les p'tits guinches populaires de la banlieue parisienne, les sept îles à Montfermeil, ou chez Gègène à Nogent-sur-Marne, n'avait levé que des demi-sels, des marlous à la p'tite semaine, voire des Julots casse-croûtes !

Des michtons qui roulaient leurs caisses dans des similis Gordinis, ou des D.S rafistolées à la ficelle et au fil de fer.

Et puis, ce soir-là, avec sa copine Gigi, elles avaient décidé d'aller au "Royal Lieu", un dancing à rombières et à cousettes, situé sur le boulevard des Italiens.

Ambiance feutrée, roucoulade et patchouli, gomina à trois balles, fausses blondes et vrais maquereaux.

Une fausse brune, la bouche collée au micro qui en avait vu d'autres, sirupait (pas français ? M'en fous !) "ciao, ciao bambino" en tentant vainement d'imiter Dalida.

Nina (de son vrai blase Gilberte, personne n'est parfait) le vit arriver : grand, brun, la banane à la "Elvis Presley", la démarche chaloupée, une Marlboro, la clope des vrais cow-boys, collée à la lèvre supérieure. Au gargouillis qu'elle ressentit au plus profond de son ventre, elle sût qu'elle n'attendrait pas le deuxième soir pour lui dire "oui". Il y a des instants comme ça ou l'on voit en un éclair son avenir immédiat, et l'avenir immédiat de Nina, c'était une position à l'horizontale, dans le meilleur des cas !

Le beau ténébreux s'approcha, un sourire bref fit étinceler ses incisives comme dans les mauvaises pubs pour dentifrices bon marché, genre le mec qui s'éclate après un plongeon de trente mètres dans uns bassine, afin de plaire à une gonzesse qui porte une rose à la con entre ses quenottes.

- V'dansez ? murmura t-il en se penchant légèrement, ce qui lui permis d'admirer le panorama que son décolleté lui offrait.

Nina se leva d'un bond, elle qui d'habitude minaudait toujours un peu, afin de faire languir les mecs un peu trop pressés de vérifier si son décolleté était bidon ou pas !

La fausse brune avaleuse de micros attaqua "pour la dernière fois embrasse-moi", et le mec lui plaqua sa bouche sur la sienne...

Un "car wash", l'éléphant bleu, Karcher, patinage artistique, du grand art, un détartrage académique, les superlatifs s'entrechoquaient dans la pauvre tête de Nina, qui en moins de trente secondes avait ravagé sa petite culotte !

Sans un mot, le mec l'entraîna dehors, elle eût juste le temps de ramasser son manteau en vraie fausse fourrure, puis ils se retrouvèrent dehors dans les lumières vives du boulevard bondé comme tous les samedis soirs, à droite dans l'ombre, la vénérable façade de l'immeuble qui abritait à l'époque le journal "Le MONDE".

Elvis bis faisait tournoyer un petit porte-clés à l'effigie du symbole de l'Irlande : un trèfle à quatre feuilles.

Il s'approcha d'une petite voiture grise très basse, capot démesurément long, sièges en cuir rouges...

Nina ne pût s'empêcher de battre des mains : "une Morgan", s'écria t-elle !

Au sourire satisfait du mec, elle comprit que le "piège" avait fonctionné.

Alors, galant, il lui ouvrit la portière passager, puis s'installa au volant, petit sourire satisfait, premier tour de clé, la vaillant petit quatre cylindres hoquète, second tour de clé, le pot d'échappement émet un claquement sec.

Le faux Elvis se tourne vers Nina, sourire "Ulta Brite" signifiant : "t'inquiète, ça va le faire" !

Troisième tour de clé... TEUF, TEUF, TEUF, BANG !... suivi d'un bruit de métal tombant sur le sol, le mec sort précipitamment de la voiture se penche, se relève, livide...

- Putain le moteur est par terre !

- Et ta soirée aussi, lui murmure Nina, redevenue subitement Gilberte !


La Morgan (photo prise sur le web)

vendredi 26 juin 2015

AndiamoMon pou

Le pou, c'est ainsi que j'avais surnommé ma Fiat 500, la cinquecento. Je l'avais acheté suite à la mort (de profundis) de ma R8 kittée "Abarth". Dans les années 60 on avait coutume de dire : un lièvre ? C'est un lapin qui est passé chez Abarth !

En 1969, j'avais 30 ans ! j'étais parti explorer la France profonde avec une jolie fiancée... Qui a dit que je l'explorais aussi ? Elle ronflait bien, la R8, pas la jolie fiancée, puis à Châlons-sur-Marne, dans une côte, je rétrograde en troisième, je pousse le moteur dans ses derniers retranchements afin de doubler un bahut un peu trop limace à mon goût, et badaboum ! Les bielles, follement éprises d'indépendance, se mettent à cogner vilain, vilain...

Je me suis traîné jusqu'au garage le plus proche, et là, pour une poignée d'images à la tronche Bonapartiste, j'ai abandonné ma fidèle compagne.. La R8 hein, pas la jolie fiancée, nan mais !

Rentré à Paris par le premier train, je me suis mis en demeure de trouver une voiture, j'ai ameuté un peu tout le monde afin de remplacer ma vaillante Renault. Les fonds de tiroirs bien ratissés, j'ai réuni assez de thunes pour acheter une Fiat 500 : MON POU !

Rouge, il était rouge, le dernier des poux rouges ! Une boîte à crabots, c'est à dire que les vitesses n'étaient pas synchronisées, pour rétrograder : double débrayage impératif ! pour monter les vitesses double pédalage recommandé.

Un joli jour d'été, je roulais en ville avec ma jolie fiancée, quand tout à coup deux motards de la police nationale m'encadrent à un feu rouge.

Description de la jolie fiancée : 21 ans, brunette, mini jupette à ras du paradis, dans cette voiture très basse elle avait pratiquement les genoux sous le menton ! Si j'étais vulgaire, je dirais qu'on aurait pu lire le numéro de série du moteur, mais ça n'est pas mon genre, vous me connaissez !

Discrètement, je lui glisse à l'oreille : "ne bouge pas, ne change rien, ils se rincent l'œil, mais ça vaut mieux qu'une contredanse !"

L'un des deux lardus me demande de descendre, j'obtempère... Alors il fait le tour de la bagnole avec moi et déclare froidement :

- Si je voulais je me ferais un fric fou avec cette bagnole : pneus usés, un phare fracassé, un feu rouge nase ! Il se place face à la bagnole, et me dit en me faisant un clin d'œil : "mais j'en connais un qui ne va pas s'emmerder ce soir" !

Je l'ai regardé, on s'est marrés, et il arrêté la circulation afin de me laisser repartir !

L'histoire est vraie, un peu enjolivée par le souvenir, comme quoi moins les jolies Demoiselles ont de tissu sur elles, plus on fait des économies !

Fiat cinquecento, image internet.

samedi 20 juin 2015

AndiamoL'auto pop... L'auto populaire

Dans les années cinquante j'ai vu apparaître les premières voitures "populaires", celles que les ouvriers, les modestes employés, pouvaient enfin rêver d'acquérir. Jusque-là réservées à une élite (de rouge pour faire plaisir à Bof), l'auto c'était : "même pas en rêve" !

Et puis début des années cinquante, ma rue même pas goudronnée, encaillassée, parsemée de trous énormes, sans tout-à-l’égout, mais un "tout au caniveau", bien ! Sauf que l'été, bonjour la fragrance, ça schmouttait sévère dans les rigoles ! J'en avais tiré un ch'tiot billet d'ailleurs.

Dans cette rue, théâtre de nos jeux de gamins, tantôt grands espaces de l'ouest américain, ou champs de batailles dignes de celle d'Hasting, moi je l'aime bien celle-là, Guillaume le conquérant foutant une torchée aux rosbifs, ça me plaît bien !! Je ne les aime pas ? Ah vous l'aviez remarqué ?

Petit à petit, j'ai vu arriver, non pas des tractions avant 15 chevaux six cylindres comme la caisse de Chauguise, ni des frégates, encore moins des Cadillacs et autres Studebakers, mais bien sûr des quatre bœufs et des deuchs, la voiture du populo, enfin l'automobile se démocratisait, en même temps que commençaient à pousser d'étranges râteaux sur les toits des petits pavillons de MA banlieue.

Mes voisins, dont au sujet desquels j'vous ai déjà causé (j'ai été prof de français dans une autre vie) ont acquis au début années cinquante une quatre bœufs ! L'évènement, tu penses !

Cette famille bien d'chez nous, aurait dit le regretté Jean Nohain (vous n'avez pas connu "Jaboune" l'animateur de 36 chandelles ?), se composait : du père, de la mère, leur fils, un gamin formidable, qui possédait la collection complète de Tintin et Milou, la grand mère (une harengère) et le grand père, tous bien en chair ! Tout ce petit monde (enfin quand je dis petit, hein ?) s'entassait dans ce qui était le fleuron de la régie nationale.

Une galerie vissée sur le pavillon, afin de contenir les indispensables valdingues, biscotte le coffiot à l'avant quand tu y avais logé une brosse à dents, et un paquet de nouilles Rivoire et Carré, et bé il ne restait plus guère de place.

Imaginez-vous qu'à l'époque la quatre chevaux (chevaux fiscaux) ne possédait en fait que 17 chevaux réels ! Aujourd'hui la moindre caisse possède au moins 80 bourrins (j'ai pas dit Tant-Bourrins).

Alors je vous laisse imaginer pareil équipage dès la moindre côte ! Ah putain, fallait lui refroidir un bock à la tire arrivé en haut de la butte ! Elle transpirait sévère autant que la mémé à l'arrière, et mon pauvre petit copain coincé entre les énormes nichons de la mémé, et le fiacre opulent de pépé, oui mais c'est cette dure loi de la vie qui a fait ce que nous sommes aujourd'hui ! NAN j'déconne !

Mon copain Pierrot, un gaillard d'1 mètre 83, 86 kilos à l'époque s'était offert une 4 chevaux, alors : lui et sa femme à l'avant, leur minot à l'arrière, premières vacances : en voiture, direction Allevard les bains, magnifique petit bourg, situé dans le massif de Belledonne en Isère, entre Grenoble et Chambéry, à droite après la Porte d'Italie !

Imaginez la route de l'époque : pas d'autoroutes, traversée de toutes les villes , Sens, Auxerre, Avallon, et... Lyon, les premiers départs, des embouteillages monstrueux dans les grandes villes car pas adaptées du tout à la circulation automobile ! L'arrivée à Allevard après le col de l’Épine au dessus de Chambéry, pas de tunnels inaugurés seulement dans les années 80 ! Pierrot m'a raconté :

- Je suis arrivé, j'ai eu encore le courage de planter la tente, puis je me suis allongé à même le sol et j'ai roupillé !

Vous imaginez cette grande carcasse ? Pour entrer dans la voiture il lui fallait un chausse-pieds et un tube de vaseline, et le reste du tube pour en ressortir !

Ma première voiture a été une deuch. Je le confesse, je l'avoue, j'ai lâchement abandonné la moto, pour un maigre chauffage et des essuie-glaces !

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