Blogborygmes

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mardi 18 août 2015

AndiamoFernand

- Tu prends les patins hein ?

- Oui, oui Simone.

- Et tu mets ton pébroque dans le bidule de l'entrée, que j'retrouve pas une goutte d'eau sur MON parquet ...

- Oui Simone.

Le bidule de l'entrée c'est le porte parapluie, elle est comme ça Simone, ses phrases sont ponctuées de "trucs", de "machins", de "bidules", et même de "bazars". Elle est bien loin la petite Simone rencontrée un Dimanche de juin au moulin de la galette rue Lepic.

Ce jour là c'était en 1958, il faisait beau, Fernand, "endimanché" était allé sur sa belle Vespa d'occasion, au moulin de la galette, des potes lui avaient chaudement recommandé l'endroit !

-Tu verras le dimanche y'a plein de bonniches qui viennent là pour se faire reluire !

L'expression était un peu triviale certes, mais elle avait le mérite d'être explicite !

Il avait repéré la petite blondinette sagement assise à une table, accompagnée d'une grande bringue aux cheveux "carotte" la face constellée de taches de rousseur... Elle a pris un coup d'fusil chargé à la merde, aurait dit Bébert un vieux compagnon de l'atelier où travaillait Fernand.

L'orchestre attaquait une série de Tangos... Adios muchachos, companeros de mi vida...

- Vous dansez Mad'moiselle ?

La blondinette s'est levée, et a gratifié Fernand d'un large sourire, trois tangos plus tard, ça n'est plus de la danse, mais du patinage artistique ! Le coup de foudre, tant pour Fernand que pour Simone.

Simone est assise en "amazone" sur la Vespa, Fernand s'arrête place des Abbesses, une petite terrasse avant de raccompagner sa belle rue Rambuteau dans le quartier des halles. Des baisers, encore des baisers, puis c'est à regret qu'ils se quittent avec la promesse d'un rendez vous dimanche prochain.

Fernand à dix neuf ans, Simone autant, ils se sont donnés comme on dit dans les romans, lui est parti 28 mois dans les Aurès, elle l'a attendu en prenant soin de leur bébé, ils avaient mis la charrue avant les bœufs selon l'expression consacrée de l'époque !

Ils se sont mariés à Saint Eustache, Fernand avait obtenu une permission exceptionnelle.

Un petit Francis est né, Fernand démobilisé, un petit pavillon acheté en banlieue, un crédit sur vingt berges, lui tourneur fraiseur, elle dactylo, la vie simple, les trente glorieuses, qui filent comme trente jours.

Francis est parti, il vit à Montréal, c'est loin le Canada, Fernand et Simone n 'y vont jamais, Francis ne revient pas en France non plus, il a fait de Fernand et Simone des grands parents qui voient leurs deux petites filles grandir... Sur photos seulement ! On téléphone parfois, parfois seulement, c'est si cher ! C'est d'une banalité déconcertante !

Les années ont filé vite, Fernand et Simone sont retraités, pas facile de se supporter tous les jours ! Quand ils bossaient, entre les courses, le ménage, les devoirs du gamin, ils se croisaient. Un ou deux p'tits coups par semaine, histoire d'entretenir la libido. Elles étaient loin les chevauchées fantastiques du début ! Les galipettes infernales... A bataille d'amour, champ de plumes ... Le champ de plumes était plutôt déplumé depuis pas mal de temps.

Fernand avait rêvé de voyages, pas l'aventure non, mais des petites escapades, les Antilles, l'Irlande, L'Italie, Venise surtout ! Il en rêvait d'une soirée à la Fénice... La Traviata... Libiamo, libiamo ne' lieti calci che la bellelleza inflora...

''-T'es pas fou ? Tu sais combien ça nous coûterait ? NAN Fernand on ira chez ma sœur Suzanne à Avallon, comme d'habitude, ça ne nous coûte pas cher, on partage les frais, on les invite au restaurant un soir, et ça fait la rue Michel ! Tu t'entends bien avec Roger en plus, vous allez pécher dans l'Yonne tous les deux, boire des p'tits coups, tu t'entends bien avec ton beau frère ?

- Mouais.

L'écureuil était gavé de noisettes, livret "A", livret "B" pleins à craquer, plus des "CODEVI", et toujours la même robe de chambre délavée, les charentaises percées, faut surtout pas "dépenser" !

- M'sieur Fenand ça fait un bout d'temps qu'on n'a pas vu M'Dame Simone ! Interroge Lilliane Boulard la voisine, alors que Fernand revient du marché un cabas à chaque main.

- Euh... Elle est allée voir sa sœur dans l'Yonne, elle était pas bien, vous savez à nos âges !

- A qui l'dites vous M'Sieur Fernand ? Tenez pas plus tard qu'hier... S'en suivait une pénible description par le menu d'une chiasse carabinée consécutive à un "coup d' froid" attrapé en faisant la queue au marché dimanche dernier !!

- Ah ben M'sieur Fernand elle revient plus vot' Simone ! Elle serait pas barrée par hasard ? Avait demandé la mère Boulard quelques semaines plus tard.

- Ben si Madame Boulard, elle a trouvé "quelqu'un" à son âge ! Vous vous rendez compte ? Le démon de midi comme on dit !

- Chez elle ce serait plutôt le démon de minuit, vu qu'elle a déroulé pas mal de câble M'sieur Fernand, vot' régulière.!

Fernand a esquissé un pâle sourire, et a recommandé à la mère Boulard de ne pas ébruiter l'affaire, connaissant la bignole, autant pisser dans un Stradivarius !

Installé devant la paillasse de l'évier, Fernand prépare de la viande, il détache les bons morceaux de la belle tranche de joue de bœuf achetée le matin même chez monsieur Sanzot, le boucher bien connu !

Chaque morceau est placé dans une jolie assiette en faïence, dernière rescapée du service offert lors de leur mariage par Suzanne et Roger. Les déchets, gras, nerfs etc... Sont déposés dans une écuelle en tôle émaillée vachement bien amochée !

Le travail terminé, Fernand saisit l'assiette en faîence et la dépose devant Vanille son chat angora.

-Tiens régale toi mon pèpère...

Puis il saisit l'écuelle et se dirige vers la porte de la cave, ouvre cette dernière à l'aide d'une grosse clef à l'ancienne, allume la lumière qui dispense une chiche clarté dans l'escalier assez raide, une ampoule de 25 watts seulement, toujours par souci d'économie !

Au fond de la pièce humide, au sol en terre battue, Simone n'a jamais voulu que l'on bétonne au motif : "ça va coûter combien c'te connerie" ?

Au fond une lourde porte de bois fermée par un cadenas, entre le bas de la porte et le sol, un espace asse grand, permettant le passage de l'écuelle sans que Fernand ait à ouvrir la porte. L'homme dépose le plat devant la porte cadenassée.

Fernand fait demi tour remonte l'escalier, verrouille la porte...

Une main décharnée sort lentement sous la porte cadenassée, saisit l'écuelle, et la ramène doucement à l 'intérieur...

(Cette histoire m'a été inspirée par un court métrage vu au cinoche il y a bien longtemps) !

jeudi 13 août 2015

Oncle DanLa croix et la tanière

Au collège, je me sentais plus proche de la première partie de la vie d'Ignace de Loyola (fondateur de la compgnie de Jésus en 1540) que des suivantes.

N'oublions pas que le jeune Ignace, alors qu'il était page, ou secrétaire, ou encore écuyer, était un joyeux luron. Page, oui, sage, non. Là où il passait, il scandalisait les gens par ses dérèglements. Il s'adonnait davantage aux jeux, aux rixes et aux femmes qu'à la prière. C'était un habitué des endroits malfamés, hantés de rôdeurs, de pillards et de paillards. Etudiant, il vivait dans un véritable labyrinthe de ruelles infestées d'immondices, de bordels et de petite vérole. Finalement, ce Loyola était un bien mauvais sujet. On dit même qu'à l'âge de vingt-quatre ans, il s'est trouvé impliqué dans une affaire d'assassinat. On veut bien admettre que ça n'était pas lui le meurtrier, mais il est passé en jugement, le bougre ! Il a fait de la prison ! Dans le genre "jeunesse tumultueuse" (on ne dira pas "tueuse"), voilà un courtisan qui pouvait en parler.

Tiens, c'était comme ce bon Père Charles de Foucauld. Encore un Saint qui avait fait des siennes. Pour les Jésuites, il était à classer dans la catégorie: Cachez ce saint que je ne saurais voir. Cela suffisait pour me le rendre sympathique. Cet officier fatigué d'avoir fait des frasques avec les femmes de mauvaise vie, lassé de s'enivrer de champagne qu'il buvait dans leurs chaussures, s'était fait missionnaire malgré les objurgations de son ami le général Laperrine, qui n'était encore que capitaine, et qui arrivait trop tard avec son goum pour le sauver des méchants Touareg qui assiegeaient son bordj. Selon une version, dont l'authenticité n'est pas encore tout à fait démontrée, il aurait dit "mon oeil" sur un ton pétri d'incrédulité, à l'un d'eux qui manifestait un désir évident de le tuer sans les sommations d'usage, et ceci pour une raison qui m'échappe aujourd'hui. Cet individu basané, dénué de savoir-vivre et d'imagination, mais cependant adroit, lui aurait alors tiré dans l'oeil. Le bon père Charles de Foucauld met les pouces. Il ne joue plus. Le sang coule sur sa joue. Il meurt. C'est triste, mais c'est beau.

J’avais découvert toutes ces aventures dans un bel ouvrage à la tranche dorée et à la couverture de cuir sur l'étagère d'une bibliothèque de couvent.

Cela me rappele le temps des récollections qu'il était d'usage de faire au début de chaque année scolaire.

Lorsqu'ils ne priaient pas, la principale occupation des moines était autrefois la transcription des Ecritures Saintes et de divers ouvrages pseudo-scientifiques. Sans doute, faut-il trouver dans cette réalité historique l'origine des magnifiques bibliothèques généreusement garnies qui constituaient toujours, avec les objets du culte, l'essentiel des meubles meublants de ces monastères et abbayes.

Inutile de préciser que dans ces ouvrages, nous étions davantage à l'affût de l'homme et de ses faiblesses, que du Saint et de ses miracles. Lorsque nous l'avions découvert, il était d'autant plus facile d'en faire profiter les petits copains que le livre bénéficiait d'une aura de sainteté qui le dispensait de circuler sous le manteau. Sa lecture se résumait alors au chapitre signalé par une image pieuse de première communion.

samedi 8 août 2015

BlutchVous les attendiez depuis 112 ans: voici..... les Culs noirs

Tel un Messie sortant des eaux à la nuit tombante parce qu'il a soif et pris d'une culpabilité familiale intense à cause du silence assourdissant de Saoul Fifre concernant les culs noirs, Bof m'a remis en courriel propre (ben oui, il n'avait pas le bras assez long pour que ce soit sa main) une affiche de la foire annuelle des culs noirs. Petite mise en garde tout de même, les culs noirs sont une variété de porcidés il n'y a donc aucune allusion désobligeante envers les Limousines qui, dans le cas d'espèce, ne sont ni des chiottes, des bagnoles, des tires, des chars ou des minounes, pas plus d'ailleurs que des vaches, mais des dames de bonne convenance habitant le Limiousin. (là, si vous avez suivi, vous avez de la chance parce que j'ai du repasser par le start pour m'y retrouver...) Donc, a défaut d'un article circonstancié sur l'élevage des culs noirs (que je serais bien incapable de pondre), je vous transmets l'affiche de la foire en question (dont il est déjà inutile de vouloir faire le déplacement autrement que dans une machine à remonter le temps (si tant est qu'un mécano maladroit l'ait préalablement démonté (peut-être en même temps que la mer de Raymond Devos (trois parenthèses gigognes je trouvais ça un peu court)))). On y apprend, entre autre, que les Limousins mangent au moins deux fois par jour et qu'une partie des participants ne pourront pas raconter la fin de la fête, puisqu'ils auront été mangés avant. Mais clore la fête à 23 heures, je suis perplexe.... Est-ce parce qu'ils doivent gouverner tôt ou à cause du gouvernement? traduction vaudoiso-française: Est-ce à cause de la traite du lendemain ou à cause de bobonne?

Blutch

lundi 3 août 2015

AndiamoMemory

La première fois que j'ai entendu BARBRA STREISAND... Non je n'ai pas oublié le "A" c'est la seule concession qu'elle ait faite à son imprésario, retirer le "A" de BARBARA pour devenir BARBRA, ce con lui avait demandé de faire retoucher son nez ! Elle a refusé bien entendu, et a eu raison.

Madame Streisand monte sur scène pour chanter et non se trémousser ! Et quelle voix ! la première fois que j'ai entendu cette chanson interprétée par elle, disais je, j'ai eu des frissons... Pas vous ?

J'ai risqué un ch'tiot crobard, et je vais vous faire marrer je l'avais réhaussé à l'aquarelle, mais n'ayant pas utilisé le bon papier 140 grammes au lieu de 240, la feuille a ondulée ! Alors heureusement j'avais scanné la version noir et blanc... Enfin !

Pour ceux qui voudraient écouter la version complète c'est là !

https://youtu.be/78Ruh0ewBVo

(ch'tiot crobard Andiamo)

mercredi 29 juillet 2015

BlutchLa famille Martignier

Je sens qu’il est temps de lever une interrogation lancinante qui vous torture depuis belle lurette :

- Comment un fils de citadins pur sucre peut-il être pareillement pris dans une phobie de cambrousse et aller s’enterrer au fin fond du trou du cul de la France ?

La terre de mes ancêtres, c’est de l’asphalte. Le parcours santé de ma mère, sa tournée des grands Ducs, c’était de faire du lèche-vitrine. Le seul à avoir pétri la terre, l’avoir bêchée et ensemencée, c’était François, mon grand-père maternel. Lui aussi était citadin, mais il avait un lopin de jardin populaire, survivance du plan Wahlen pour l’autosuffisance alimentaire de la Suisse, décrété durant la guerre.

Heuuuuuuuuuu là, il y aurait comme un défaut d'aiguillage que ça ne m’étonnerait pas.

Villandry se visite par le peuple pour se cultiver.

C'est en dessous que ça se cultive par le peuple...

En 45, ces lopins sont restés en main de leurs locataires et existent toujours en 2015. Mais grand-père François n’avait pas eu de chance, par nécessité urbanistique, son jardin populaire s’était trouvé déplacé à Pétaouschnock et il n’a plus pu le garder. Il m’en reste un vague souvenir, gâché par les rouspétances quasi continues de la grand-mère. Ca n’explique donc toujours pas pourquoi j’ai une âme de cul-terreux.

Du temps de mon enfance, il était courant de mettre les mômes à la campagne durant les grandes vacances. Ca cumulait les avantages :

1° Ils se payaient un bon bol d’air lorsque celui des villes sentait un peu trop le goudron fondu.

2° Ils avaient une autre vision de la vie.

3° Ils dégageaient le plancher et permettaient aux parents de se payer des vacances sans les lardons.

4° Pour les hôtes, ça mettait du beurre dans les épinards parce que ce n’est pas nouveau que la petite paysannerie tire le diable par la queue.

Au départ, je n’étais pas franchement enthousiaste. Me retrouver dans un monde inconnu n’était pas fait pour me plaire, mais bon, lorsqu’on n’a pas le choix…. Je ne suis retrouvé à Yens, petit village du côté de Morges. C’est là que j’ai découvert la cambrousse. Un petit train de campagne à l’ancienne. Deux frères se partagent le domaine du père de façon manifestement pas très équitable. Je me retrouve dans la famille qui n’a pas tiré le gros lot. L’autre, le frère, a la plus grosse maison car il s’occupe du père. Il a aussi un tracteur alors que « mon » paysan avait deux chevaux. L’étalon s’appelait Max et il avait la crinière en brosse. Je l’aimais bien le Max, tout doux et délicat, un calme et placide canasson qui tirait plus du côté Percheron que pur-sang arabe.

Nous n’étions pas à la campagne pour être en vacances, on partageait les travaux de la ferme, à la mesure de ce que l’on pouvait faire. Ca se résumait la plupart du temps à accompagner la famille dans les champs. La famille, oui, parce que le couple March…. Heu Martignier avait 4 filles, toutes plus vieilles que moi. Rigole pas, vu depuis mes dix ans c’étaient des vieilles puisqu’elles avaient entre 16 et 11 ans à mon premier passage chez les Martignier. Alors il y avait qu’avec la plus jeune qu’on pouvait partager des jeux. Des jeux innocents môsieur Andiamo, car nous n’avions pas alors l’esprit dépravé. Quoi « ça a bien changé » Peut-être, mais pas avec elle.

Un jour, le Régent avait sonné le rassemblement de tous les enfants du village. Nous étions en pleines vacances d’été, mais il y a des choses qui ne se discutent pas, et l’une de ces choses consistait à monter le bois de chauffage dans les combles de l’école. Il était en tas dans la cour, bûché bien comme il faut et nous avions fait la chaîne à travers la cour, dans les couloirs, les escaliers pour aller le mettre en têches dans les combles. Petits et grands, élèves ou invités, chacun y allait à sa mesure et le bois fut vite remisé.

Martignier était un paysan à l’ancienne, et il l’est resté. Comble du modernisme, il avait une moissonneuse-lieuse attelée. La machine coupait le blé et le liait en gerbes, aussitôt abandonnées à terre.


Les suiveurs avaient pour tâche de reprendre ces gerbes et de les monter en « Moillettes ». 3 gerbes verticales, épis en haut et chapeautées par une 4e, cassée dans sa longueur et placée de telle sorte que les épis ont la tête en bas ainsi que l’extrémité de la paille. Ainsi posées, les gerbes ne craignaient plus la pluie.

Après la moisson, les gerbes étaient chargées sur un char attelé et menées au battoir municipal. Le grain était vendu sur place et la paille, mise en bottes, était aussitôt rechargée.

Un jour que nous étions tous aux champs, on voit un panache de fumée noire s’élever du village situé en contre bas. Martignier devient nerveux et pressé. « Ca flambe à Villard, faut y aller. Vous, vous rentrez à la maison. » Ben oui, pour un citadin, ça semble tout simple de faire le 18, de prendre une chaise une canette et de s’installer confortablement pour regarder en commentant toutes les erreurs que font les pompiers, parce que c’est comme au foot, les spectateurs savent toujours mieux que ceux qui agissent. A la campagne, ce n’est pas exactement ce scénario. Les hommes valides ont un casque et un uniforme de pompier à la maison, ils font régulièrement des exercices pour savoir lequel de tous tient le mieux l’alcool, et le jour où ça crame, il faut prier le bon dieu pour que ce ne soit pas une nuit qui fait suite à l’exercice annuel des pompiers parce que ceux qu’on arrive à trouver se transforment en lance-flammes à chaque respiration trop près du brasier… Que ça se passe dans un autre village n’avait aucune importance et la solidarité se passait bien de communauté de communes, la communauté humaine était alors supra-administrative… A la nuit tombée, les enfants sont retourné sur le chemin qui domine Villard et on regardait fasciné ces flammes très hautes qui éclairaient tout le village, avec la crainte que cet incendie se propage dans les fermes voisines. Martignier était rentré tard dans la nuit en disant que le feu est sous contrôle et qu’il n’y a plus de risques. Des pompiers étaient restés toute la nuit à arroser les restes de la ferme. Le lendemain nous sommes descendu à Villard pour voir. Pour voir au centre du village, 4 murs calcinés et un tas de paille et foin qui fumait encore dans le panache blanc de l’eau qui s’évaporait aussitôt arrivée sur le foyer qui couvait encore. Les maisons voisines n’avaient pas souffert du feu. C’était le foin, avait-il dit, qui avait fermenté et s’était enflammé parce qu’il n’était pas assez sec au moment de le rentrer. Du haut de mes 10 ans, j’avais eu la désagréable impression de me sentir inutile. D’autant plus qu’un pompier nous tenait à distance respectueuse… C’était mon premier incendie. Ce ne fut pas le dernier que j’ai eu l’occasion de croiser… A suivre. Blutch

vendredi 24 juillet 2015

celestineMes étoiles

Mon amour des étoiles est un secret de Polichinelle. Du moins pour ceux qui suivent mes pérégrinations bloguesques de l’autre côté de la toile. Chez moi, là-bas. Ou pour ceux (souvent les mêmes mais pas que) qui connaissent mes petites « funambulles », ces longues filles rêveuses qui traînent leur flemme sous les constellations. Et qui me ressemblent tellement…

Mon obstination à lever le nez vers la voûte enchantée pourra paraître un peu obsessionnelle. Et un rien déconnectée du monde réel. C’est à se demander si, tel E.T., le célèbre et sympathique avorton tout ridé qui fit les beaux soirs des années 80, je ne me sens pas un peu quelque part une extra-terrestre, par moments…

Et pourtant, je vous assure que l’on se sent terriblement ancré sur terre quand on porte les yeux vers l’infini et au-delà. Sans doute parce que l’on mesure sa propre insignifiance et la nécessité absolue de préserver notre bout de caillou et la vie qui s'y développe.

C’est beau, les étoiles. Croyez moi (ou pas), par des ciels comme ici, en ce moment (je suis à la montagne) on éprouve un petit orgasme intellectuel à se perdre chaque soir dans la Voie Lactée. Pourquoi petit, d’ailleurs? C’est de la balle, c’est de la jouissance à l’état pur, ce scintillement si vivant, ces connivences graphiques que les Grecs et les Arabes se sont appliqués à désigner de noms chatoyants qui font rêver… Deneb, Altaïr et Vega, ça ne vous fait pas grave rêver ? C’est mieux qu’un ticket pour la grande roue de la foire du Trône, cette affaire-là et c’est entièrement gratis. Antarès, Betelgeuse, Aldebaran, Cassiopée…quels noms prestigieux ! des héros fortiches, des reines déchues, des monstres mythologiques surgissent de la nuit et vous enveloppent de leur légende. Un bestiaire étrange, ourses, cygne, aigle, lièvre, chiens, serpent, dragon, et dont les plus connus sont ceux que vous consultez distraitement le matin, en buvant le café : bélier, taureau, lion, poissons, scorpion, bizarres bestioles prémonitoires égarées dans un monde trop pragmatique…l’horoscope, c’est la poésie du réveil.

Le ciel, la nuit, c’est le théâtre des mille et une nuits, la divine Comédie, le songe d’une nuit d’été. Un festival d’émotion concentrée.

Après cette mise en abîme céleste, cette contemplation muette des vertiges sidéraux, il devient évident que les frénésies de pouvoir et les violences haineuses de ce bas monde, orchestrées par les agités du bocal qui le gouvernent, ressemblent fort aux mouvements désordonnés d’amibes dans un tube à essai, ou de mouches à merde sur une bouse fraîche. Vu d'en haut, un ballet dérisoire et idiot.

¸¸.•*¨*• ☆

dimanche 19 juillet 2015

AndiamoUne ch'tiote balade en mer

Ce sont les vacances, ça ronronne doucement sur les blogs, les "Boss" de la Blogbo Star and co. : Saoul-Fifre et Tant-Bourrin sont carrément en léthargie profonde... Et irréversible ?

La semaine dernière, j'étais ENCORE sur les côtes de la Manche, au Tréport, nous devions faire une mini croisière départ Le Tréport jusqu'en baie de Somme, puis retour, 40 miles environ... (je me la pète je parle en miles)

Manque de bol, pas assez de participants, mini croisière annulée ! Alors grand seigneur le Capitaine nous a offert la visite des falaises du Tréport, et de Mers les Bains, avec un coup de cidre en plus ! Un Prince ce capitaine !

J'ai pris quelques photos depuis le bateau promenade, la vue est extraordinaire... Jugez vous même.



Nous sommes dans le nouveau port, le Capitaine fait le plein de pétrole



Vue d'ici l'eglise Saint Jacques, prend une autre dimension. On remarque l'écluse fermée au fond



Ce système d'écluse permet désormais aux bateaux d'être au niveau des quais, et au plus près pour expédier la pêche.



Nous atteignons le chenal d'accès au port.



Le phare et face à nous le large !



J'ai dit le large ! Restons modestes.. On vire tribord, puis nous longeons la côte direction Mers les Bains. Le temps est maussade... Dommage !



La MAGNIFIQUE falaise de Mers les Bains.



La côte d'Albâtre la bien nommée, les falaises bordent la côte jusqu'à Ault l'Onival au fond on aperçoit Saint Valéry sur Somme et Le Crotoy.



Un magnifique demi tour par babord, et c'est le retour au Tréport, impressionnantes montagnes de calcaire, constellées de silex.



Le phare, et l'entrée du port, le court voyage se termine... La foule massée sur la jetée, est venue nous acclamer !



Le chenal dans l'autre sens, à droite une jolie digue de bois permet une balade agréable... Quand le temps le permet, car ici ça souffle !...



Le voyage est terminé, Andiamette et moi sommes à nouveau sur le plancher des vaches. Une photo de notre joli bateau, son nom ? "L'EROS", ça ne s'invente pas !

Voilà c'était une petite balade, un peu d'air marin pour ceux qui restent, l'eau n'y est pas très chaude : 16°, je me baigne tout de même ! Courageux le Doyen !

(Daguerréotypes Andiamo pour Blogbo)

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