Blogborygmes

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jeudi 1 décembre 2005

Tant-BourrinGras tif y est

Sur sa tête, il y a comme un casque graisseux.
En effet, le petit Parigot se tartine
Largement les cheveux d'un produit mystérieux.
Qu'est-ce donc ? Eh, pardi, c'est de la brillantine !

Moralité : Le titi est gominé.

mercredi 30 novembre 2005

Saoul-FifreLe paumé de la vie

Je vous ai déjà parlé de l'agneau que sa mère ne voulait pas nourrir . Pour le moment, il va bien. Il a une envie de vivre impressionnante. Il a parfaitement compris la situation, il sait qu'il ne tête que quand je tiens sa mère, ou quand je lui ai préparé un biberon de lait de vache du commerce, alors il optimise ! C'est un professionnel de la tétine : sa mère retient son lait, se crispe, mais il déjoue ses manœuvres amorales, il donne des coups de tête dans les mamelles pour décoincer les sphincters, change de trayon à une vitesse supersonique pour la prendre par surprise, en défaut de défense, et tire le lait, par petites gorgées, bien conscient de voler la part que la mère aimerait garder pour son frère, le préféré.

Le faux-frère aussi commence à piger ce qu'il se passe. Déjà, après mon intervention, ya plus rien à gratter, et ça, il apprécie pas. Il faut qu'il attende que les mamelles se reremplissent, et c'est long, vu que, psychologiquement, une brebis qui retient son lait n'a pas tendance à battre des records de production. Elle lâche son lait quand c'est le chouchou qui aspire, mais comme les 3/4 du temps, elle est dans un trip de refus de maternité et de parano envers l'autre agneau, ben le lait n'est pas fabriqué... Le résultat, c'est que l'agneau mal aimé est bien gros (il a les biberons et il tête comme un goinfre, en spécialiste) mais on sent que ya quelque chose qui va pas, il regarde par terre, il fait la gueule... et que le "Choisi" est maigrichon, mais il a la tête haute, il est vif, il est certain de l'amour de sa mère, il est dominateur.

Le petit chef, comme un gosse gâté, imite sa mère. Il donne des coups de tête à son frère. Quand il le voit mâchouiller un peu de foin, il le pousse, se met entre lui et la mangeoire. Il lui grimpe dessus, en un simulacre d'acte sexuel, geste éternel qui, des grands singes anthropomorphes aux humains, en passant par les chiens, a toujours symbolisé la même chose : le rapport de forces t'est défavorable, tu vas passer à la casserole ! Faut que tu te fasses à l'idée.

Quand ils seront plus grands, il lui piquera sa copine...

mardi 29 novembre 2005

Tant-BourrinJ'ai chié

Amis de la poésie et de la parodie, bonjour !

Puisque certain(e)s d'entre vous ont apprécié la précédente parodie publiée ici, je vous en propose une nouvelle, histoire de tester plus avant votre résistance aux chocs esthétiques face à la beauté pure.

Et pour ne pas faire les choses à moitié, je m'attaque à un monument des Beatles, à savoir "Yesterday". J'entends déjà les cris des puristes hurlant au sacrilège, mais, de grâce, relisez les paroles originales, et vous constaterez que ma version, pour peu élégante que sa forme puisse paraître de prime abord, n'en est pas si éloignée que ça par le sens profond.

Allez, c'est le moment de pousser le volume de vos enceintes... Musique !

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lundi 28 novembre 2005

Saoul-FifreLes hommes sont de Mars, les femmes de Vénus.

Voici un exemple de premier choix que l'on doit a un professeur d'anglais d'une université américaine.

Aujourd'hui nous expérimenterons un nouvel exercice appelé "l'histoire en tandem". C'est assez simple. Chaque personne fera groupe avec la personne assise a sa droite. Un de vous ecrira le premier paragraphe d'une histoire courte. Son partenaire lira ce paragraphe et rajoutera un paragraphe à l'histoire. La première ajoutera alors un troisieme paragraphe et ainsi de suite. Souvenez vous de vous relire et de relire ce qu'a fait l'autre afin de conserver une histoire cohérente. Vous n'avez absolument pas le droit de parler ou de communiquer ce que vous voulez que votre partenaire écrive sur le papier. L'histoire est finie quand les deux s'accordent sur le fait de dire qu'ils ont trouvé leur conclusion.

Ce qui suit a été écrit par deux de mes élèves de cours d'anglais : Rebecca - nom de famille effacé - et Jim - nom de famille effacé

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dimanche 27 novembre 2005

Tant-BourrinLa vie comme un novembre

Quelques mots de ma soeur sur le répondeur : "L'hôpital nous a appelés. Papa est décédé ce matin..."

Un an déjà aujourd'hui...

Un an déjà que la longue descente de mon père dans les sous-sols de la vie a pris fin.

Je me souviens de ce goût si particulier, mélange aigre-doux de tristesse et de soulagement.

Je me souviens aussi de cette longue, si longue descente qui avait commencé à peu près à l'époque où la vie a pris force en Tant-Bourrine. Notre fils commençait à croître dans son ventre et mon père à décroître dans la vie, d'éclatement de vaisseaux sanguins dans le cerveau en perte de capacités physiques, comme si, par un macabre jeu de vases communicants, la vie de l'un s'était déversée dans l'autre.

Je me souviens de ce mois de septembre 2003, deux mois avant la naissance de Tant-Bourriquet, où tout a failli s'arrêter, de ce nouvel accident cérébral, de ce corps sans réaction, de l'hémiplégie, de cette grise maison de retraite. Septembre noir.

Je me souviens de la première fois où j'ai revu mon père après la naissance de Tant-Bourriquet. L'envie de hurler qui vrille le cerveau en découvrant la mort en marche sur le visage creusé, jauni, où se subsiste aucune expression. Presque méconnaissable. Absent. Je me rappelle que mon père n'était pas vraiment là ce jour-là, les yeux mi-clos, la lèvre pendante. Rendez-vous manqué.

Mais je me souviens aussi de ce jour de mars 2004. Mon père avait un tout petit peu récupéré de ses facultés. Il ne parlait plus, mais je lus la joie, la joie simple, la joie débordante dans ses yeux brillants de larmes, dans son ébauche de sourire quand il vit enfin son petit-fils. Comme un instant d'éternité. Un passage de relais. Court. Si court.

Je me souviens de ce gris mois de novembre 2004. Tant-Bourriquet fêtait son premier anniversaire, et l'on savait que c'était la fin pour mon père. Les reins morts. Plus d'espoir.

Jusqu'à ces mots sur le répondeur.

Novembre sera toujours ce mois si particulier, ce mois qui, dans ses premiers jours, m'aura donné un fils et repris un père dans ses dernier jours...

La vie comme un novembre.

samedi 26 novembre 2005

Saoul-FifreJean-Paul le pape

... ou "j'empale le pope" ? Voilà, c'est un contrepet, on inverse une partie des 2 mots, et c'est parti. C'est Eor Ar Bleizmor qui les a demandés, et je lui ai préparé une petite sélection. Comme il est breton, j'ai pris les blagues anticléricales du Canard Enchaîné. Il faut bien comprendre qu'une contrepèterie est obligatoirement vulgaire. Si ça ne parle pas de cul, c'est un jeu de mot, c'est une inversion de sons, c'est ce que vous voulez, mais pas un contrepet ! Bon, j'ai eu pitié de vous et j'ai écrit en majuscules les sonorités qu'il faut inverser.

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vendredi 25 novembre 2005

Tant-BourrinFroid

Il restait là, hébété, ne sachant plus que faire.

Le froid était partout. Sur le sol. Sur ses vêtements. Sur sa face. Sur son âme. Il grelottait, et ce tremblement qui le parcourait, il le sentait bien, durerait à jamais. Sa vie ne serait plus que givre et froidure.

Il ferma les yeux pour ne plus voir le spectacle de désolation autour de lui. Ses cils, raidis, couverts de cristaux de givre, semblèrent presque résonner en s'entrechoquant au milieu du silence accablant.

Une larme lui perla au coin de l'oeil, lui zébra la joue d'une traînée d'abord tiède, puis glacée. Elle claqua sur le sol, et se confondit instantanément dans la dureté de celui-ci.

Le froid, le terrible froid, l'irrésistible froid gagnait en lui, s'insinuait par ses pores, cheminait dans ses veines, étouffait ses cellules. L'envie d'abandonner toute résistance, de se laisser aller à la statufication, à l'immobilité de ses cellules, au néant brumeux. L'envie de rien. Plus rien.

Il entrouvrit les yeux, lentement, douloureusement, pour se convaincre de l'horreur, de cette réalité froide comme l'air alentour, froide comme la lame d'un couteau qui lui labourerait les tripes, pour imprimer en lui encore une fois ce spectacle de mort, cette mort rampante, vorace, omniprésente, qui flottait tout alentour et se glissait partout, dans le moindre interstice, emplissait ses poumons, se déversait dans ses vaisseaux sanguins et le faisait frissonner de tout son être.

Les cadavres. Là. Par dizaines. Raides. Figés. Couverts de givre. La mort, la mort, tout autour de lui. Et lui au milieu, vivant, mais empli de cette mort.

Ses yeux se refermèrent d'eux-mêmes, sans que son cerveau engourdi ne leur en ait donné l'ordre, pour s'isoler derrière le dérisoire rideau des paupières.

Il se sentait partir.

Une voix tonitruante retentit soudain dans son dos.

"Oh, Guillaume, qu'est-ce que tu fous à traîner depuis une heure dans la chambre froide ? Tu me le remontes ce quart de boeuf, oui ou merde ? Y'a plus rien en rayon ! Grouille !"

Il avait sursauté. Ses yeux s'étaient rouverts. Son sang s'était remis à circuler. Il répondit d'une voix blanche : "Oui, m'sieur Bertin, j'arrive..."

Il décrocha une lourde pièce de viande d'un crochet et repartit avec, flageolant légèrement sous la charge.

Il se demandait s'il était vraiment fait pour ce métier.

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