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samedi 13 novembre 2010

Tant-BourrinDébarrassez-vous enfin des pigeons !

Rrrrrrrrou... Rrrrrrrrou...

Allongé sur votre lit, cela fait un quart d'heure que vous essayez de vous concentrer sur votre livre, mais voilà : à trois mètres de votre tête, derrière la vitre, il y a ces putains de pigeons qui passent leur temps à roucouler comme des crétins tout en repeignant de leurs déjections votre rebord de fenêtre. Alors que vous étiez parfaitement zen en ce dimanche de glande méditation, cette foutue engeance ailée vous fout les nerfs en pelote. Mais comment se débarrasser de cette plaie ?

Pas de panique, Blogbo rapplique ! Ce ne sont pas les méthodes qui manquent pour éradiquer durablement les pigeons qui vous importunent !

Suivez le guide !

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mardi 9 novembre 2010

AndiamoDéfoulez-vous !

Vous souvenez vous Mesdames et Messieurs des dessins d’ASLAN, qui paraissaient dans :

le magazine de l’homme moderne ?

Comment Messieurs ?

Vous n’avez jamais regardé les créatures qui figuraient en double page dans des tenues minimalistes ?

Ouais, vous l’achetiez pour les articles politiques qui y figuraient… Bien sûr, tas de faux culs ! Quand j’ai fait ces ch’tiots crobards, mon épouse est arrivée derrière moi et a déclaré :

- KESTUFOUS ?
- Je travaille…
- Devant des femmes à poil ?
- Ben oui, j’essaye de les dessiner.
- C’est pour Blogbo ?
- EH OUI !
- Bon courage !... Tu ne fais pas un métier facile.
- Je sais…. Soupir !

Faut-il que je vous aime, Mesdames, pour vous dessiner sans cesse, même si je vous égratigne un peu, mais c’est pour mieux vous consoler ensuite.

Sous chaque dessin, j’ai écrit une petite légende, comme Aslan le faisait (en toute modestie, n'ayant ni son talent, ni sa maestria). Je vous propose d’en écrire d’autres, et là je compte sur vous, afin que l’on se marre un peu (beaucoup).

Je vous fais confiance, sachant que vous avez l’esprit suffisamment tordu pour cela !



1) Les femmes qui s'en balancent ne s'en foutent pas forcément.



2) J'ai parcouru vos romans d'un derrière distrait.



3) Entre ici, Jean Moulin !



4) Se déculotter, ça n'est pas toujours manquer d'audace.



5) Le plus intéressant quand on étudie le Q.I chez une femme : ça n'est pas le i .



6) L'une de mes préférées : quand la poitrine est menue... Les mains sont plus près du coeur.



7) Et bien sûr le corollaire de la précédente : abondance de biens ne nuit pas.

vendredi 5 novembre 2010

Saoul-FifreQuel joli temps

C'est fou l'élégance qu'on peut donner au mot "auto" en lui rajoutant "mne" à la fin. On pourrait évoquer aussi l'acronyme "HIV" qui a nettement plus de classe si on le fait terminer par "er".

J'aime l'hiver, je ne peux le nier, c'est une saison de dormance, de réflexion, de méditation où l'on a l'occasion de se restructurer dans un nouveau cadre. Après s'être astreint à tirer une synthèse de l'année passée, vient le temps de faire des projets, de tirer des plans sur la comète de l'année à venir. J'apprécie cette saison-bulle où l'on profite de ce qui a été engrangé, où le rythme s'alentit, laissant un peu plus de place au rêve, à la magie de la nuit. La moindre lueur y atteint des prix fous et les silences nous sont autant de friandises, caries en moins.

L'hiver m'est douceur mais ma saison préférée c'est l'automne. "Septembre, quel joli temps...", fredonnait l'irremplaçable Barbara à qui je reste fidèle, ne serait-ce que pour l'évidence de ce vers. Après la saison-feuille, puis la saison-fleur, vient la saison-fruit, qui est un aboutissement, une récompense, une plénitude. Tout labeur mérite salaire et les grappes désignées par nos sécateurs sont ravies de choir dans les paniers, puis dans le fouloir, puis dans la cuve où les normales saisonnières seront suffisantes pour lancer une transsubstantiation à gros bouillons du jus en vin. Cette après-midi, nous connûmes la consécration du cycle, avec le soutirage, le passage de la rafle dans le pressoir au doux cliquetis, la mise en cuve, en bonbonnes et en bouteilles. Un peu plus de 1000 litres. Ouf : nous sommes à l'abri de la soif pour l'année.

L'automne est aussi la saison des confitures. Margotte a repéré la charge des branches à l'avance, surveillé la maturité sans laisser pour autant le soin de la récolte aux prédateurs emplumés, et opéré la razzia. Figues à l'odeur de miel, mûres disputées aux épines, pâte de coings nous renvoyant direct en enfance, petites pommes sauvages à la saveur rare appréciée aussi, quel dommage, par nos amis les vers, raisins de la treille, délice de nos rouges gratte-culs si longs à préparer...

Puis arrive le temps des olivades. Nous les ramassons à l'ancienne, au panier tressé, avec l'aide de chevalets, ces échelles si stables en forme de pyramides à trois pieds, pour les branches hautes. Là aussi, ce jus de l'olive qui va sourdre sous les meules de pierre, être récupéré naturellement par simple décantation, représente le chef-d'œuvre que l'arbre nous offre tous les ans à la même époque, huile aux couleurs fascinantes, mais toujours fraiche et lumineuse. Ardente ou douce au bout de la langue, selon son humeur.

Si elle est la saison par excellence des présents et de la générosité, l'automne se garde bien d'oublier que pour apprendre à donner, il convient de savoir recevoir. Le moment des labours est venu. La terre doit s'ouvrir, être travaillée, se rendre disponible au semis des graines. J'aime à sentir le soc rigide retourner et ameublir le sol, j'aime engager la roue de mon tracteur dans le sillon précédent. Je lâche alors le volant et laisse ma charrue exprimer sa créativité. J'ai remarqué qu'elle préférait suivre le chemin des écoliers. À mes débuts, me sachant sous l'œil braqué des voisins, je la forçais à tirer des raies impeccablement droites, aujourd'hui, plus philosophe, je prends plaisir à la voir dessiner sous mes yeux des courbes féminines.

Et je trouve une certaine logique dans le fait d'y enfouir ensuite ma semence.

"Septembre, quel joli temps", de Barbara

lundi 1 novembre 2010

Tant-BourrinBrouillon de culture (11)

Revoici "Brouillon de culture", l'émission bloguesque qui transforme la Vache qui rit cérébrale des internautes en livarot bien affiné, avec son lot habituel de perles culturelles à enfiler impérativement au collier de sa connaissance.

Les nouveaux arrivants sur ce blog dont le collier serait vide peuvent vite aller faire le plein en consultant les numéros précédents de cette chronique lue et appréciée jusqu'aux confins de l'univers : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10.

Ce onzième numéro sera aujourd'hui consacré à la Littérature avec un grand L, et je suis allé pour cela quérir dans mon immense bibliothèque trois ouvrages majeurs que tout un chacun se doit impérativement d'avoir lus sous peine d'excommunication blogborygmique.





Happy Rôteur et les reliques de la Mort subite - J.K. Rowting

Happy Rôteur et les reliques de la Mort subite est le septième et dernier tome de la saga Happy Rôteur, qui narre les aventures d'un apprenti soûlaud et des ses amis Rond Videley et Chèregnôle Engrangée à l'académie de la bière Soûlard. Cet ultime épisode voit le dénouement de la confrontation entre Happy et Lord Fioledemort, qui ne rêve que de devenir le roi des soûlauds et qui, accessoirement, a tué les parents de Happy lors d'une biture mémorable dont ils ne se sont pas relevés.

Happy Rôteur, dont l'entraînement intensif à Soûlard a immunisé le foie, lance un ultime défi à Lord Fioledemort : une beuverie à la gueuze "Mort subite", jusqu'à ce que l'un des deux roule sous la table. Les pintes succèdent alors aux pintes, dans une atmosphère lourde chargée de bruyantes éructations. Hélas pour lui, Lord Fioledemort a commis une terrible erreur qui va lui coûter cher : il a cru bon de s'échauffer avant la compétition en s'enfilant l'équivalent d'une dizaine de fûts de bière. Pour le coup, sa contenance s'en trouve réduite et, après douze heures de beuverie non-stop, il s'effondre brutalement sur le sol, mort.

Happy Rôteur a vengé ses parents et délivré le monde des soûlauds de l'affreux Lord Fioledemort. Son exploit, tout de courage et de témérité, laissera une trace inextinguible dans la mémoire collective de Soûlard ainsi que sur les trottoirs alentours...





Inthello - William Jekesaspere

Cette tragédie, belle comme de l'antique, narre la triste destinée d'Inthello, dit le Maure, général germanopratin engagé sur de multiples fronts, du totalitarisme larvé des idéologies progressistes à la vision hégélienne de l'histoire, en passant par la défense du philosophe Jean-Baptiste Botul.

Hélas pour lui, le dénommé Iagloup manigance de sombres coups fourrés pour le discréditer, aidé en cela par un prétendant éconduit de l'épouse d'Inthello, la belle Kestéconne.

Ils montent ainsi une mise en scène invraisemblable à base de mouchoir volé pour faire croire à une infidélité de Kestéconne et rendre Inthello fou de jalousie, en espérant que, de rage, il étranglera son épouse. Leur plan se révèle complètement foireux : Kestéconne ayant l'habitude de se produire à poil sur scène sous l'oeil torve de touristes libidineux, il faudrait donc beaucoup plus qu'une vague histoire de tire-jus prêté à un autre homme pour faire sortir Inthello de ses gonds !

Mais Iagloup a un plan B, plus fruste mais nettement plus efficace : en de multiples occasions, il surgit sur le passage d'Inthello et lui entarte le visage. Ce faisant, il touche un point faible du Maure : son sens de l'humour atrophié. Mais Iagloup n'a pas assez travaillé sa pointe de vitesse : lors du quatorzième entartage, Inthello arrive à l'agripper et l'étrangle. En rendant son dernier soupir, Iagloup se demande s'il n'aurait pas un peu merdé son plan quelque part...





Le Club des seins - Eniq Bitons

Le Club des seins est une série de romans pour la jeunesse, contant les aventures de quatre péripatéticiennes - Françoise, Michèle, Annie, Claude (un transsexuel) - et de leur chienne Dagoberte (qui s'occupe des clients zoophiles). Chaque épisode est, pour nos cinq tapineuses, l'occasion de tester de nouvelles spécialités tout en faisant du chiffre d'affaires.

Liste des romans de la série :

  • Le Club des seins et le passage secret
  • Le Club des seins et le tabouret japonais
  • Du beurre pour le Club des seins
  • Le Club des seins et le nœud de l'affaire
  • Le Club des seins et le pousse-pousse thaïlandais
  • Le Club des seins cueille des glands
  • Le Club des seins fait de la haute voltige
  • Mauvaise passe pour le Club des seins
  • Le Club des seins et l'entrée des artistes
  • Trou en un pour le Club des seins
  • Le Club des seins dans les pages Popaul
  • Bivouac dans la crevasse pour le Club des seins
  • Le Club des seins fait visiter son rez-de-chaussée
  • Le Club des seins en a plein le cul
  • Le Club des seins tire le diable par la queue
  • Le Club des seins joue de la flûte à un trou
  • Itinéraire bis pour le Club des seins

A noter qu'Eniq Bitons a également créé une autre série à succès, Le Clan des sexes, sur une thématique relativement proche. Un crossover entre ces deux séries est en projet, baptisé Seins + sexes = partouse.

jeudi 28 octobre 2010

AndiamoSur les dents

Le commissaire Chauguise est sur les dents.

- Quelle grevure ! Tu t’rends compte, Crafougnard, ce salingue a remis ça !

- Euh… oui patron, c’est déjà la quatrième !

- Tu comptes bien, Dugland ! J’te d’mande pas un relevé d’comptes, mais tu pourrais te masturber un peu la matière grise, au lieu de chancetiquer d’un pied sur l’autre, comme une gnasse qu’a envie de lancebruquer !

Toujours aussi aimable avec son adjoint fraîchement sorti de l’école de police, notre commissaire divisionnaire Chauguise !

On se souvient de quelle manière, il avait résolu l’affaire de l’étrangleur du XVIIIème, et ce grâce au fécaloscope.

Il faut dire que depuis quatre mois, et ce tous les douze du mois, une femme est égorgée dans le IXème arrondissement, quartier Madeleine.

Et pas n’importe quelle femme : que des prostiputes de luxe !

Des putes en astrakan ou en vison, qui tapinent au volant de leur « Buick roadster » ou de leur « Facel Véga », souvent garées en double file rue Gaudot de Mauroy, rue Vignot, ou encore rue Tronchet… la bien nommée !

Les flics chargés de contrôler le stationnement sont coulants, moyennant une petite gâterie de temps en temps, sous la pèlerine, en cachette de Clémenceau, vite fait, bien fait ! Un furtif de portière en quelque sorte…

Ces Dames sont toujours exécutées de la même façon : la gorge tranchée au rasoir « coupe-choux », de l’oreille droite à l’oreille gauche façon « sourire Kabyle ». C’est ainsi que l’on nommait cette façon d’égorger au moment de la guerre d’Algérie !

- Tu vois, Dugland, de la manière dont il égorge ses victimes, je peux te dire que notre maniaque est un gaucher ! C’est le légiste qui ma l’a confirmé.

- Ah ! « Couillette » !

- Dis donc, Dugland, pour toi c’est « Monsieur Bourrieux » ! Non mais, en voilà des familiarités !

Crafougnard bredouille un : « s’cusez-moi, patron », puis regarde ses pompes.

- On a monté des « planques », reprend le divisionnaire, rien n’y a fait. Il est rusé le garenne ! Toutes les gagneuses du coin sont averties. Leur chiffre d’affaires est en baisse, m’a avoué Dédé la cerise, mon indic : un Julot casse-croûte qui drive trois gisquettes. Elles ne veulent plus « monter », elles ont le traczire de se faire égorger, les pauvrettes ! Sans compter que ça gâcherait leur lardeuss !

Content de sa boutade, Chauguise se fend d’un petit gloussement.

- Et puis là, sentant qu’on le surveillait, il a opéré rue de Tracy, dans le IIème, près de la porte Saint-Denis. C’est un malin c’t’enflure ! T’entends, Dugland ? Va falloir se r’muer l’fion, au lieu de garder tes pognes dans tes glaudes, à jouer au ping-pong de poche* !

- Oui, patron, justement j’ai un peu de paperasserie à la bourre, je vais y aller !

Crafougnard s’est éclipsé. Au passage, il a récupéré une liasse de paperasses.

Dans les années cinquante, il n’y avait pas encore d’appareils réduisant en filoche les documents devenus inutiles. Aussi c’est au massicot qu’on les coupaient en bandes.

Le timide adjoint s’installe sur un tabouret, puis commence à couper consciencieusement les documents.

Soudain, le commissaire entend un hurlement ! Il se précipite… Dans la pièce réservée au massicot, il aperçoit son adjoint, la main gauche en sang !

- Putain, j’me suis tranché le doigt !

Gardant son sang froid, Chauguise a sorti son mouchoir immaculé, puis a entrepris de comprimer fortement, le bout du doigt ensanglanté.

- Bordel ! Préparez tout de suite la « 15 », je l’emmène à l’hôtel Dieu, c’est l’hosto le plus proche.

A peine deux minutes plus tard, Chauguise embraye brutalement. La traction avant 15 chevaux six cylindres démarre dans un crissement de pneus, remontant le quai des Orfèvres, puis la rue de la Cité à gauche. A pleine vitesse, il entre dans la cour pavée de l’hôtel Dieu.

Le planton se précipite : Chauguise lui exhibe sa carte rayée bleu, blanc, rouge, sous le pif.

- Conduis nous aux urgences, Ducon, et fissa !

Chauguise est nerveux, bien sûr il rabroue un peu (beaucoup) son adjoint, mais il l’aime bien dans le fond.

Il tourne en rond, allumant ses clopes « boyards » papier maïs, l’une au mégot de la précédente. Il n’a même pas songé à retirer son vieux bada, sur le sommet duquel on voit nettement les deux trous, résultat d’un tir de « parabellum » neuf millimètres. Ce jour-là, il l’avait échappé belle, et depuis, ce vieux bitos, c’est son porte-bonheur.

Au bout de deux heures apparaît le chirurgien, grand tablier blanc maculé de sang, petit calot rejeté en arrière.

- Vous êtes de la famille ?

- Non, c’est mon adjoint, Docteur : je suis le commissaire divisionnaire Chauguise.

- Je vous connais, commissaire : l’affaire de l’étrangleur, c’était vous ?

- Oui, oui, balbutie Chauguise.

- Rassurez-vous, il s’en est bien tiré, juste deux phalanges de l’annulaire gauche que j’ai dû amputer, ça l’empêchera peut-être de faire une connerie ?

- ???

- Eh bien, oui : il sera un peu emmerdé pour mettre son alliance !

Les deux hommes se marrent.

Deux jours ont passés. Chauguise malgré son air bougon, est allé rendre visite à Crafougnard.

- Alors Julien, tu t’la coules douce ?

C’est bien la première fois qu’il m’appelle par mon prénom, songe Julien tout ému !

- Vous savez, patron, je préfèrerais être au trente-six !

- Je sais, môme, j’te charrie. Tiens, je t’ai apporté des clopes.

- J’fume pas, patron !

- Ouvre, Dugland.

- Oh ! Des chocolats… Merci ! Vous savez dans mon malheur j’ai eu de la chance, j’ai été opéré par le grand patron en personne le professeur Spéculos ! Les internes l’appellent : Docteur Frankenstein !

- Pourquoi ?

- C’est depuis qu’il a recousu un mec qui s’était fait trancher la gorge par une pute, alors qu’il voulait la troncher façon : j’passe par la p’tite porte ! Ça n’avait pas plu à la mesquine, le micheton s'était montré violent, alors elle a sorti un « coupe-choux » et COUIC, le sourire Kabyle ! Il paraît que le professeur Spéculos l’a recousu d’une façon si parfaite, qu’il n’y paraît plus. Mais il n’empêche que les internes l’ont baptisé du nom du Docteur Frankenstein, rapport à Boris Karloff qui ressemblait plus à un rosbif ficelé, qu’à un être humain !

Chauguise a laissé Crafougnard terminer son récit.

- Ça ne te met pas la puce à l’oreille, toi, c’t’histoire ?

Crafougnard fronce les sourcils.

- Non !... Patron, vous voulez dire que…

- Ben tiens, ça lui ferait un sacré mobile à c’t’endoffé, un p’tit air de vengeance, à ce désaxé !

Chauguise a foncé littéralement dans le bureau des administratifs. On lui a fourni le nom et l’adresse du miraculé, opéré par le professeur Spéculos il y a huit mois, le douze juillet exactement.

Le commissaire divisionnaire flanqué de Crafougnard, sorti prématurément au motif : « pour rien au monde je ne voudrais rater ça ! », roulent à tombeau ouvert, en direction de la rue Laffitte. Sans prendre le temps d’admirer, la magnifique affiche du tout nouveau film de Jacques Becker, sur laquelle figurent Jean Gabin et Jeanne Moreau : « touchez pas au grisbi », au fronton du cinéma le REX.

Car, dans le fond, c’est un peu grâce à Julien et à sa maladresse qu’en ce matin du vingt-trois mars 1954, à six heures du matin, au 14 de la rue Laffitte, le très efficace commissaire divisionnaire Chauguise, flanqué de son amputé d’adjoint et d’une escouade de flics en kébourre, frappait au domicile de Lucien Merchaud, dit le gaucher, en gueulant :

- POLICE ! Au nom de la loi, OUVREZ !



Je vous ai dégoté l'affiche... On est comme ça chez BLOGBO.


*PING-PONG de poche, pour les ceusses qui ne savent pas : c’est quand un gonze se tripote les joyeuses, et ce…. avec les mains dans les poches !

dimanche 24 octobre 2010

Saoul-FifreLe CDI de Dieu

Voilà c'est dit : le titre m'a de suite paru zarbi car il crée une incertitude ; on ne sait pas si c'est Dieu qui signe un CDI ou lui qui embauche, et pour un gars maniaco-répressif comme moi qui aime bien titiller les petites bêtes avec une plume, et ben c'est déstabilisant, surtout qu'on ne connait la réponse à cette question qu'à la toute fin du bouquin.

Et qu'il n'est pas dans mes habitudes (contrairement à Margotte) de lire la chute en premier.

Donc, comme ce n'est pas vraiment une chute, enfin, ce n'est pas vraiment comme si je révélais le nom de l'assassin ou un truc du genre, j'ai pas peur, je balance, je révèle, ben moi, pour que ça soit bien clair, j'aurais appelé le roman "Un CDI chez Dieu . Je sais, je suis un gros emmerdeur compliqué.

Au commencement était le Verbe
Et le Verbe était auprès de Dieu
Et le Verbe était Dieu

Jean-Louis Bertoni, l'auteur, connait certainement ce célèbre début de l'Évangile selon Jean. La jouissance d'utiliser le Verbe transpire de chacune de ses pages. La métaphore d'attaque du début est particulièrement expressive, avec ses lettres-graines qui ont leur vie et leur folie propres. Les valeurs importantes et les grandes philosophies sont hélas dépendantes des lettres et même Dieu s'y perd les pédales et peut connaitre un coup de déprime.

C'est pas le mauvais bougre, Dieu, mais la tache est si énorme, les prières si nombreuses à exaucer ? Le monde pète un câble, les fusibles ne sont plus assez costauds, la galère prend l'eau de toute part et ça tombe mal : Dieu a comme qui dirait un méchant coup de mou dans la corde à nœuds, là, juste au moment où il faudrait pourtant qu'il assure.

Hein, les enfants, que ce fainéant de Dieu se la coule douce ? Hou hou, criez avec moi contre lui, faites-lui honte, les petits nenfants !

Jean-Louis nous pose, et il y répond, l'éternelle question pleine d'incompréhension :

Mais s'il y a un Dieu, pourquoi laisse-t-il se perpétrer toutes ces horreurs, toutes ces guerres, pourquoi n'empêche-t-il pas les humains de se diriger tout droit vers un suicide collectif ?

Le cinquième Evangile apocryphe selon Jean-Louis est d'avis que Dieu est un peu dépassé par les évènements, qu'il voit les choses de trop haut. Que la Création, bon, c'était rigolo au début mais que sa nomination au service Gestion l'a mené à son niveau d'incompétence, comme l'explique le principe de Peter. Il aurait grand besoin d'un peu d'aide.

C'est là qu'apparait notre Héros qui d'ailleurs se nomme Harro, ça ne s'invente pas ! Je le vois comme une espèce de messie. C'est le gars tout à fait normal mais justement il a cette humanité qui manque à Dieu, qui est trop divin, trop trop, quoi ? Il a quand même une qualité hyper rare et qui manque à 99,99 % de la population terrestre : si tu lui donnes le pouvoir absolu, il ne prend pas la grosse tête mais les bonnes décisions. Il faut dire qu'il est pleinement heureux, qu'il aime la vie, la bouffe, la baise, qu'il est amoureux et que c'est réciproque.

Un vrai homme, je vous dis, bien au fait de ce que demande le peuple. Le bonheur. Et un navigateur, en plus. La mer, avec ses sacs plastiques, ses bidons, sa mousse chimique, ses poissons morts intoxiqués, ses futs radioactifs, est devenue la poubelle du monde soi-disant civilisé et l'on retrouve la pollution, dispersée par les courants, dans les endroits les plus reculés du Monde, que l'on croit protégés. Les marins ont été les premiers à prendre conscience de l'état catastrophique de la planète. Harro reprend d'ailleurs une idée de Bernard Moitessier : pour humaniser les villes, il y fait pousser des arbres aux fruits délicieux. Les habitants n'ont qu'à se baisser pour se régaler. Vous avez essayé de bouffer le fruit du platane ? Ça donne envie de tuer son prochain ? Ben c'est des platanes que nos politiques font planter le long de nos avenues !

Et on s'étonne ?

Les aventures de Harro et de sa copine bandante au possible sont passionnantes, ils sillonnent le monde, fuient la notoriété... On ne s'ennuie pas avec eux, le livre déborde d'imagination, de lucidité, de formules-chocs, d'idées pleines de finesse et surtout, et là je pense que l'on arrive à la raison première pour laquelle Françoise l'a édité, ce roman est d'un optimisme échevelé et on y respire la vie la liberté et la bonne humeur.

Une perle rare en notre époque de veilleurs de morts.

L'espérance, c'est les jambes de la tête !, comme dit Dieu.

Si vous voulez commander ce magnifique opuscule au contenu revigorant, c'est ici :

Éditions Autres Mondes

L'expédition est rapide et sérieuse. Vous avez plein d'autres livres à découvrir chez Françoise Simpère, auteur prodigue et nouvellement éditrice, qui anime aussi un blog épatant qui fait réfléchir en souriant

mercredi 20 octobre 2010

Tant-BourrinLa nuit s'est noyée

Ce billet est l'histoire d'un naufrage.

Mais à l'origine, il fût celui d'un coup de cœur. Pour une mélodie. Pour des mots. Pour une chanson.

Une chanson frêle, naïve, venue du fond des âges et d'on ne sait où. Comme un cri d'amour qui aurait survécu aux battements du cœur dans lequel elle est est née...

Cette chanson s'appelle "Black is the color (of my true love's hair)". Elle serait apparue quelque part dans les Appalaches ou en Écosse, aux alentours de 1915 ou bien avant, et il existe bien des versions différentes des paroles.

De nombreux artistes ont repris cette chanson qui est devenue un standard depuis que Nina Simone l'a fait sienne en 1959 : de Pete Seeger aux Corrs en passant par Joan Baez et bien d'autres...

Mais il est une version que j'adore entre toutes : celle qu'en fit Christy Moore, toute en délicatesse et retenue...



Et c'est pourquoi l'envie m'est venue d'essayer d'adapter cette chanson en français, sans faire de la traduction mot à mot (ce qui tuerait toute la poésie des paroles) mais en essayant toutefois de rester le plus possible dans l'esprit du texte original (ou, tout du moins, la version des paroles retenue par Christy Moore).

Mais hélas (et nous en arrivons au naufrage annoncé), j'ai voulu donner plus de corps à ma version en en enregistrant une version chantée et là... Le désastre ! Cette chanson n'est vraiment pas faite pour ma voix, si tant est qu'il existe la moindre chanson au monde qui le soit ! En fait, ce n'est pas la chanson qui n'est pas faite pour la voix, c'est ma voix qui n'est pas faite pour la chanson !

Tant pis, n'ayant plus depuis longtemps peur du ridicule, je la mets en ligne...



La nuit s'est noyée (dans ses cheveux fous)

Paroles : Tant-Bourrin / Musique : Traditionnel


Téléchargeable directement ici


La nuit s'est noyée dans ses cheveux fous
Et dans leurs flots noirs, mon cœur échoue
Qui guettait la lumière tendre d'un sourire
Le feu de ses yeux, à en mourir

Ma vie entière est entre ses mains
Mon seul horizon, mon seul chemin
Mène à la porte close de son amour
Où je frappe en vain, jour après jour

Dans ma pauvre âme brûle un mal étrange
Ce rêve de suivre le vol d'un ange
L'adorer en silence, tel est mon sort
A jamais souffrir de mille morts

La nuit s'est noyée dans ses cheveux fous
Et dans leurs flots noirs, mon cœur échoue
Qui guettait la lumière tendre d'un sourire
Le feu de ses yeux, à en mourir





Voilà pourquoi je lance un appel au secours à tous ceux et celles qui savent couiner juste (à l'inverse de moi) : si l'un ou l'une se sent d'enregistrer une version plus écoutable que la mienne, je me ferai un plaisir de la mettre en ligne sur ce billet (je peux même fournir la bande-son pour les non-guitareux ; envois à adresser à blogborygmes(at)club.fr)...

D'avance, merci pour nos oreilles ! :~)

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