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mardi 10 avril 2007

Saoul-FifreTempus fugit

Le temps s'enfuit, le pleutre. Drôle d'expression. De quoi, de qui peut bien avoir peur le temps ?

De ne pas avoir le temps ?
De la vitesse, qui pourrait le raccourcir, selon Einstein ?
De se faire remonter par une machine ?
Que l'on colporte des légendes sur ses siècles ?
Que les couleurs du passé "passent" au soleil et tournent sépia ?
Que le magazine Actuel soit mort de trop d'anachronisme ?
De ce chien grondant après son kros nosse ?

De tous ces fugitifs fugaces et fébriles qui le talonnent sans se douter une seconde que le temps ne se rattrape pas.

Non, le temps ne craint rien. Ni de se faire dépasser, ni de se faire étaler d'un croche-pied dans la poussière, son pas est sûr, solide, et toutes nos petites agitations zélées, nos fougues, nos soi-disant urgences, ne lui tirent qu'un demi-sourire ironique.

Ce temps qui fuyait comme du sable sec et fin, de doigts écartés, n'était que la métaphore de ma propre fuite, faisant suite et corps à celle de mes parents. Nous avons fui la ferme trop isolée pour le village, le village pour la ville, la ville pour le village, le village pour le bâteau, un continent pour un autre, qu'on nous disait le nôtre, mais que nous n'avions jamais vu, de mémoire d'ancêtres, et où personne ne nous a reconnu.

Nous avons fui la mort, tout en sachant pertinemment qu'on ne lui échappe pas, que, sans hâter le pas, elle ramène son épaule à votre épaule et que son calme vous gagne, à jamais.

Peu importait. La mort ne s'attend pas bras ballants. Tant que je me sentais bouillonner d'un peu de vie, je filais dans mes nuages, me cacher au delà de l'horizon, derrière la courbure de la terre. Mes démons à mes trousses, j'avais beau les prendre à contre-pied, m'en ébrouer, ils me serraient en ricanant, m'obligeant à repartir, précipiter l'allure, sans reprendre haleine...

Je faisais tout avec brusquerie, dans la boulimie. Avec l'impatience d'arriver au bout du tunnel avant que le train ne te roule dessus, de préférence ? Je mordais dans le présent sans retenue, je courrais en tous sens, quadrillant les possibles, avec en tous lieux ces formes haineuses du passé qui s'agrippaient à mes paupières et me criaient :

- "Cours, cours, devant est autre chose, devant est différent, pédale de toutes tes forces : le pire est déjà advenu."

Et puis les battements de mon cœur, rythmés par le tempo furioso de mes pas, me firent m'accrocher à ce rocher.

Et j'y appris patiemment que le temps pouvait être immobile.

Enfin : presque immobile...

lundi 9 avril 2007

Manou(Vive) LA PARESSE - Pierre-Jean BERANGER-





Le roi d'Yvetot

Il était un roi d'Yvetot
Peu connu dans l'histoire ;
Se levant tard, se couchant tôt,
Dormant fort bien sans gloire,
Et couronné par Jeanneton
D'un simple bonnet de coton,
Dit-on.
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah !
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.

Il faisait ses quatre repas
Dans son palais de chaume,
Et sur un âne, pas à pas,
Parcourait son royaume.
Joyeux, simple et croyant le bien,
Pour toute garde il n'avait rien
Qu'un chien.
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.

Il n'avait de goût onéreux
Qu'une soif un peu vive ;
Mais en rendant son peuple heureux,
Il faut bien qu'un roi vive.
Lui-même, à table et sans suppôt,
Sur chaque muid levait un pot
D'impôt.
Oh ! oh !oh !oh ! ah ! ah ! ah ! ah !
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.

Aux filles de bonnes maisons
Comme il avait su plaire,
Ses sujets avaient cent raisons
De le nommer leur père
D'ailleurs il ne levait de ban
Que pour tirer quatre fois l'an
Au blanc.
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah !
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.

Il n'agrandit point ses états,
Fut un voisin commode,
Et, modèle des potentats,
Prit le plaisir pour code.
Ce n'est que lorsqu'il expira
Que le peuple qui l'enterra
Pleura.
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah !
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.

On conserve encor le portrait
De ce digne et bon prince ;
C'est l'enseigne d'un cabaret
Fameux dans la province.
Les jours de fête, bien souvent,
La foule s'écrie en buvant
Devant :
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah !
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.

Pierre-Jean BERANGER

samedi 7 avril 2007

Tant-BourrinAu pupitre, le chef d'orchestre...

A force de voir Oncle Dan s'offrir des coitus à répétition, ça m'a donné envie d'y goûter à mon tour. Voici donc ma première contribution à un Coitus Impromptus ! :~)


Au pupitre, le chef d'orchestre, comme à son habitude, se concentra un instant en fermant les yeux avant d'attaquer la "Symphonie pour l'amour et la paix universelle" de Jemlheby Zunurtz.

Suite à un vieux contentieux entre les percussions et les seconds violons, le joueur de timbale en profita pour asséner un violent coup de baguette sur la tête du violoniste placé devant lui. Celui-ci, après avoir frotté le sommet de son crâne endolori, riposta vivement : il saisit un archet dans son carquois, en banda son violon et décocha un tir tendu en direction de son agresseur. Enfin, presque dans la bonne direction : son tir dévissa légèrement et l'archet alla se ficher dans l'oeil d'un trompettiste qui s'effondra parmi les joueurs de cor. Face à cette agression sans sommation, les trompettistes se ruèrent vers les premiers violons - car ils n'avaient pas vu la provenance exacte du tir - et commencèrent à les tabasser avec leur instrument en guise de matraque.

Voyant cela, les violoncellistes, qui avaient conclu une alliance avec les violonistes - solidarité de cordes armées oblige - déclenchèrent un feu nourri sur les trompettistes dont le sang se mêla bientôt à celui des violonistes. Les flûtistes, relativement passifs jusque-là, se mêlèrent sournoisement à la bataille : n'ayant aucune sympathie pour les cordes frottées, ils utilisèrent leur instrument comme une sarbacane pour projeter des fléchettes enduites de curare en direction des violoncellistes, dégommant en sus dans leur élan plusieurs altistes et contrebassistes.

L'entrée des contrebasses dans la bataille eut un effet ravageur, car le calibre des archets augmentait sensiblement. Ceux-ci causèrent de lourdes pertes dans les rangs adverses, y compris, du fait de quelques archets perdus, chez les percussionnistes.

Le claveciniste, neutre jusque-là, jugea que sa sécurité n'était plus assurée et décida d'instaurer un espace vital autour de lui : il prit une pince, coupa une corde de son instrument et s'en servit pour étrangler proprement tous les musiciens à sa portée, jusqu'à ce qu'il tombe lui-même à terre, décapité par une cymbale lancée tel un shuriken.

Le tuba fracassa bientôt une contrebasse, privant les cordes frottées d'une partie de leur force de frappe, et ce d'autant plus que plusieurs altistes avaient succombé sous des coups de hautbois et de bassons. Les alliances se dénouaient, se recomposaient avant d'être de nouveau trahies et, dans la confusion générale, on finit même par voir des combats de cor à cor.

Et puis, peu à peu, le silence se fit de nouveau.

Au pupitre, le chef d'orchestre, se sentit enfin prêt. Il sortit de son introspection et leva sa baguette pour libérer la formidable puissance de son orchestre symphonique.

"Ting" fit le joueur de triangle.

vendredi 6 avril 2007

Saoul-FifreRésurrection

C'est donc bien "Résurrection" et non "Renaissance", le nom officiel donné à la bête par son créateur, Marc Bellanger. Quand j'ai écrit ce billet sur lui , je comptais rajouter le mail explicatif qu'il m'avait envoyé par la suite, mais je n'avais pas réussi à remettre l'œil dessus.

C'est chose faite, après des recherches approfondies dans mon disque dur, et voici les mots du Maître. J'en profite pour vous annoncer que mon but est atteint : quand on tape "marc bellanger" entre guillemets, Blogborygmes sort en premier !!

Bonjour Saoul Fifre,

Ce n'est pas facile de me voir le mardi, j'embauche à 13 h 30 mn. J'espère que tu as fait bon voyage et que Résurrection est arrivé à destination sans encombre. Pour l'histoire, c'est un peu court de dire qu'il m'a fallu une quinzaine de jours pour réaliser cette oeuvre, j'étais un peu novice et ça m'avait paru bien long, j'avais peur qu'elle sèche, qu'elle se fendille, peu importe elle était réussie. Maintenant, controlant mieux la technique, je pourrais y passer des mois, sans pour autant mieux la réussir. Je l'avais terminée en me gardant la possibilité d'y adapter le crâne le plus réussi tant je pensais qu'il était difficile à réaliser. Le premier fut le bon, modelé environ un mois après l'oeuf.

L'idée de départ est l'idée de ma propre résurrection, le désir de changer de vie, car j'étais en galère, je voulais oublier un amour déçu, passer à autre chose ... C'est aussi beaucoup plus universel que ça. L'Être en devenir qui se nourrit de sa matrice jusqu'à la vider de sa substance, la vie prise au sens large comme une continuité par la succession des générations, l'individu replacé comme l'expression éphémère d'un phénomène qui nous dépasse ...

Je suis content qu'il soit chez toi maintenant, il occupera j'en suis sûr, une place bien meilleure. En plus il faisait l'unanimité de la famille. G., ton fils aîné, exprime très bien sa sensibilité pour cela, c'est impressionnant pour son âge.

Gros bisous à tes trois enfants et à Margotte, et à toi bien sûr.

Marc Bellanger

jeudi 5 avril 2007

ManouLAVO 1200 SPEED









Avant de partir en vacances non sans vous avoir préparé la fin des péchés capitaux, je vous présente l'objet de toutes les passions (selon Michou) en deux versions.

La consigne : Une machine à laver amoureuse.

Merci à M et à Georges de la Jungle .

mercredi 4 avril 2007

Tant-BourrinUn peu de réclame

Qui ne s'est jamais exclamé, face à un spot publicitaire particulièrement lourd (pléonasme !) : "non, là, vraiment, ils nous prennent pour des cons" ? Qui n'a jamais maudit cette engeance que sont les publicitaires, ces gras manipulateurs de clichés aussi éculés que leurs pensées moisies et qui ont le culot de vouloir de se faire passer pour les créatifs d'aujourd'hui, pour ne pas dire des artistes ? Qui ne rêverait pas de tirer la chasse d'eau pour envoyer cette fiente commerciale fétide dans les égouts de la sous-pensée ? Bref, qui n'a pas légèrement les nerfs face à ce fléau moderne qu'est la publicité ?

Moderne ? Vraiment ? J'ai voulu m'en assurer et je suis aller ressortir du tiroir quelques vieux magazines de l'entre-deux-guerres... Le résultat est édifiant : les margoulins étaient déjà là. Les moyens mis en oeuvre étaient certes mille fois plus réduits qu'aujourd'hui, les techniques publicitaires étaient plus naïves et balbutiantes, mais tout était déjà là en germe !

Voyez plutôt le petit échantillon que je vous propose, tout chaud sorti de mon scanner...




Ouah ! Du thé "rationnel" ! Impressionnant !... Excusez-moi, je consulte mon dictionnaire. "Rationnel : fondé sur la raison, sur le raisonnement - qui peut être expliqué par la raison". Mmmm, un thé qui peut être expliqué par la raison : on touche d'entrée au sublime. Les publicitaires qui disent n'importe quoi et utilisent n'importe quel mot dans n'importe quel sens n'ont finalement rien inventé : les auteurs de réclames l'avaient fait bien avant eux.




Tiens, encore nos amis d'Yxa, avec un produit pour vous, Mesdames. Allez, encore une cuillerée de placenta pour raffermir vos seins ! Non ? Ce que vous êtes chochottes !...




Le sirop de Deschiens ? Hem, évidemment, les références culturelles ont un peu évolué depuis l'époque, parce que je ne suis pas convaincu qu'un tel nom serait très vendeur aujourd'hui !... Et puis un sirop à l'hémoglobine, à part chez les jeunes gothiques lookés vampires, je doute que cela puisse avoir encore un franc succès. Le seul qui apprécierait ce sirop, c'est Sarkozy : "formation de la jeunesse", ça laisse songeur !




La vieille technique de la peur de l'exclusion : "si t'as pas le bidule Machin, alors t'es ringard". Et l'esprit grégaire de l'homme étant ce qu'il est, le client se rue sur le bidule Machin. Eh bien, voilà l'ancêtre de la technique : l'intérieur n'est pas complet sans une bonne vieille machine à coudre ! Autres temps, autres moeurs : il n'y a sûrement plus beaucoup d'intérieurs complets de nos jours...




L'argument santé, voilà ce qui fait vendre ! Le yaourt qui fait du bien à l'intérieur, le plein de vitalité, les croquettes bonnes pour le poil, c'est top ! Là aussi, rien de nouveau sous le soleil : la réclame ci-dessus prouve que l'on savait déjà vendre des produits sous le sceau de la santé il y a quatre-vingts ans ! Ça fait rêver, non ? Ou cauchemarder, plutôt !




Autre argument commercial qui fait vendre : l'argument minceur. Là non plus, rien de neuf : nos grands-parents disposaient déjà de produits miracles. Une tâche de graisse sur la belle robe ? Hop, une pilule Chatelguyon-Mathivat dans la machine à laver et le tour est joué !




Pour ce qui est de l'idée de mettre en scène d'enfants dans les publicités, désolé de faire de la peine aux gros beaufs des agences de pub, mais les vrais créatifs, c'étaient leurs ancêtres de l'époque de la réclame. Voyez plutôt...




Le message du type "payez, on s'occupe de tout le reste" n'est pas plus neuf que les autres. Regardez donc cette réclame septuagénaire et dites-moi si vous n'enverriez pas rapidement une lettre pour le bien-être de votre fifille adorée, hein ?




En résumé, la publicité est la digne fille de la réclame : ça fait plus d'un siècle qu'on cherche à nous refourguer n'importe quelle sorte de merde en la faisant passer pour de l'or. Et quand je dis "merde", il s'agit d'un mot bien senti. Matez donc plutôt la pub suivante. Oui, c'est bien une publicité : à l'époque, il n'y avait apparemment aucune obligation d'apposer le terme "publi-reportage" en préambule de ce qui ressemblait à un article comme les autres !... C'est en tout cas que l'on pourrait appeler une subtile recherche de débouchés !

mardi 3 avril 2007

Saoul-FifreLa promesse faite à Ophise

À la suite d'un de mes récents billets sur les chèvres, Ophise me demandait des photos car pour elle, les chèvres sont dépourvues de cornes. Dans les gros élevages quasi industriels, il est vrai qu'une mode barbare veut qu'on écorne les bêtes pour éviter des bagarres sanglantes. Ceci se pratique surtout sur les vaches, les éleveurs de chèvres étant en général plus respectueux de l'intégrité de leurs animaux, mais les caprins aussi se font brûler ou scier leurs décorations cornées, quand ils ont la malchance de tomber chez des patrons obsédés par la maîtrise totale et l'autorité absolue sur leur troupeau.

L'étonnement d'Ophise peut venir aussi du fait que les chèvres qu'elle connaît sont "mottes". Dans toutes les races, il sort des "sans cornes" de temps en temps. Apparemment, il existe en Suisse des chèvres qui n'en ont naturellement pas, et par croisement, le gêne s'est répandu un peu partout, mais bien sûr surtout autour des alpes : ce sont les Saanen (blanches) et les Alpines chamoisées qui possèdent le plus de cas.

Les éleveurs ont tendance à sélectionner les individus mottes pour éviter les accidents, mais ils feraient bien de se méfier : des recherches semblent indiquer que le gène "motte" s'accompagnerait d'un autre, lié à des problèmes de sur ou sous-fécondité, voire d'inversion sexuelle !

Donc, prudence : bien renifler le lait des chèvres mottes après la traite ! Vous venez peut-être de traire un bouc !

En attendant, les nôtres ont de belles cornes, et donc du vrai bon lait de mamelle.

Le bouc Nubien s'en est cassé une en se bastonnant avec le bélier. Ça lui donne un style un peu déstructuré, la mèche sur le côté, voyou, bravache, le mec qui a vécu et qui montre ses cicatrices.

Vision d'ensemble du reste du troupeau. On voit bien le bélier qui suit toujours assidûment sa copine chèvre . La brebis de droite, sa "régulière", s'en branle complètement, je dirais même que ça la repose. Et le bouc, mon Dieu, avec l'âge, il s'est fait une raison...

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