Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 21 février 2016

AndiamoVous croyez aux revenants ?

Cette histoire est authentique, j'aurais préféré qu'il en fût autrement, mais bon...

Veille de Noël, il y a une cinquantaine d'années, la femme est assise dans son fauteuil en compagnie de son fils, ils regardent la télé, en noir et blanc la télé, seulement deux chaînes, eux n'ont que la première chaîne, on va tout de même pas changer un poste pour avoir une seconde chaîne ! Ca coûte bien trop cher.

En fin de journal le présentateur, sans doute Claude Darget, Léon Zitrone ou Georges Decaunes va savoir c'est si loin... Annonce qu'un homme âgé de 32 ans, son épouse 26 ans, et leurs deux fillettes respectivement âgées de 4 ans et 9 mois, ont trouvé la mort dans un accident de la route, sur la nationale 6 à hauteur de Belleville sur Saône, suite à un choc frontal avec un camion, les quatre occupants de la 404 sont morts sur le coup ! Annonce faite en cette veille de Noël, afin d'inciter les automobilistes à plus de prudence.

S'en suit un bref commentaire, le chauffeur de la 404 s'est sans doute endormi au volant, car il s'est déporté brusuement sur la gauche sans raison apparente, le chauffeur du poids lourd n'a rien pu faire.

La femme a bondit de son fauteuil : "ce sont EUX" s'est elle écriée !

La veille au soir sa fille, était passée et lui avait dit au revoir, elle descendait dans le midi, avec son mari et leurs deux fillettes.

- Soyez prudents ! Avait recommandé la Maman.

- T'inquiète avait répondu la jeune femme avec un large sourire.

La journée s'était écoulée tranquille, on ne recevait pas de nouvelles toutes les cinq minutes en ces années soixante, point de téléphone portable, point de téléphone du tout d'ailleurs ! Ou alors chez très peu de gens.

Après l'annonce de la télé, le grand fils est allé chez la voisine, elle avait un téléphone, alors l'annuaire sous les yeux il a composé le numéro du commissariat de la ville où habitait sa sœur, un flic a décroché et quand le jeune homme a demandé s'il s'agissait de Monsieur et Madame Untel, le flic a bredouillé, puis il a dit, pensant que l'homme au bout du fil n'entendait pas :

- ça n'est pas à moi de le lui dire...

Afin de confirmer, le garçon a appelé l'ORTF, et là on lui a donné le nom des victimes... L'horrible doute était confirmé.

Les gendarmes dépéchés sur place à Bellevile sur Saône avait prévenu les parents de l'homme, mais pas ceux la femme, elle ne portait plus son nom de jeune fille, alors...

Cette femme je l'ai connue, pendant plusieurs mois elle a vécu comme un zombie, son fils m'a confié que lorsqu'elle a su que c'étaient eux, elle a hurlé "comme un animal" c'est l'expression que son fils m' a rapporté.

Les obsèques ont eu lieu dans la région Toulousaine, un joli cimetière au sommet d'une colline, dominant toute la vallée...

Cette femme je la connaissais suffisamment bien, elle n'était pas plus croyante que la moyenne, plutôt moins ! Ne croyait ni aux fantômes, OVNIS, diableries, et autres fadaises du même acabit !

Les pieds solidement posés sur la terre, nés en 1914, son père mort des suites de la guerre, un mari ayant fait la guerre de 39-45, l'exode pour elle avec trois têtards accrochés à ses jupes ! Ses fils plus tard, appelés en Algérie, enfin la totale..

Alors les "Bondieuseries", les "Alléluiah" et autes "Pater Noster" c'était pas pour elle, et après ce qui lui était arrivé, encore bien moins !

Chaque fois qu'elle le pouvait elle se rendait dans ce cimetière du Lauragais, ça lui faisait du bien disait elle. Elle pleurait souvent bien sûr, mais sans geindre, toute seule dans son coin "pour elle" comme elle disait, n'étant pas du genre à se répandre !

Un jour qu'elle était entrée dans le cimetière, en approchant de la sépulture, elle "les vit" au bout de l'allée ! Son mari décédé deux ans avant l'accident des enfants, sa fille, son gendre et les deux fillettes, ils souriaient , se tenant par les épaules, comme des gens heureux..

Elle m'a dit : " j'en suis restée comme deux ronds de flan" ! Expression qui lui était familière.

Moi un peu sceptique j'ai répondu : " Tu as cru les voir" ?

- Non vus ! Ecoute je ne sais pas ce que c'était, un mirage, une projection de mon esprit, je ne sais pas, mais ce que je sais, c'est que je les ai vus ! Et ils étaient heureux.

De ce jour m'a t-elle confié, je n'ai plus pleuré, et c'est vrai !

Une fois ou deux nos avions évoqué cet instant, son histoire n'a jamais variée, je crois sincèrement que ce jour là cette Dame avait effectivement vu quelque chose.

Je ne crois : ni aux fantômes, ectoplasmes, et autres zombies, elle non plus n'y croyait pas, il nous arrive parfois de vivre des évènements irrationnels qui nous dépassent, ne cherchons pas à tout expliquer.

(ch'tiot crobard Andiamo)

mardi 16 février 2016

FrançoiseMerci Patron.

"MERCI PATRON" TONIQUE, DRÔLE ET EFFICACE!

800 spectateurs, 200 au moins qui attendent dehors! De quoi faire rêver tous les réalisateurs heureux lorsqu'ils annoncent que leur projection a attiré 100 personnes... Salle bondée, avec beaucoup de jeunes venus voir "Merci Patron", réalisé par François Ruffin, journaliste et fondateur du journal FAKIR, "fâché avec tout le monde ou presque". Vu la foule, il a aussi beaucoup d'amis, beaucoup de "petites mains Fakiriennes" qui ont permis, tout comme les contributeurs, à faire naître ce film.



L'histoire est simple: Bernard Arnault, homme le plus riche de France, PDG de LVMH, a licencié des centaines de salariés, dont le couple Klur, qui bossait dans une usine de costumes Kenzo (Kenzo appartient à LVMH). Rien que de très banal, on ne construit pas une fortune colossale sans casse sociale. Mais voilà: les Klur n'ont plus que 3 euros par jour pour vivre, et devant l'accumulation de leurs dettes, l'huissier va saisir et vendre leur maison, le seul bien qu'ils ont réussi à s'offrir en trente ans de travail.

C'est alors qu'intervient François Ruffin à qui Marie-Hélène, déléguée CGT et ex-LVMH a présenté les Klur. Sous le prétexte drôlatique de "réconcilier la France d'en haut et celle d'en bas", Ruffin se fait fort d’obtenir de Bernard Arnault qu'il sauve ce couple dans la misère.

Je ne vous raconte pas la suite pour ne pas déflorer le suspense. Car du suspense, de la rigolade et de l'admiration devant l'opération montée et réussie par Ruffin et les Klur, il y en a. On ne s'ennuie pas une seconde, on rit aux larmes, on s'indigne aussi, mais au final ce western social qu'est "Merci Patron" distille des enseignements propres à réveiller quelques milliers de désabusés qui marmonnent aujourd'hui "C'est fichu, ça ne sert à rien de manifester, lutter, se révolter."

Premier enseignement: on ne gagne pas en se terrant sur son terrain, on gagne en allant sur le terrain de l'adversaire et en utilisant ses faiblesses, car il en a toujours. Deuxième enseignement: il y faut la ténacité d'un pittbull qui refuse de rendre l'os qu'il a réussi à mordre. Troisième enseignement: l'humour est une arme de destruction massive lorsqu'on apprend à l'utiliser.



Certains détails du film font mouche: madame Klur, le teint abîmé par la misère et l'élocution hésitante de ceux qui sont asservis, se transforme physiquement et mentalement au fur et à mesure qu'elle prend confiance en elle et que la force change de camp. Autre détail: Ruffin, expulsé sans ménagements de l'AG des actionnaires de LVMH n'est alors que le trublion d'un petit journal militant. Lorsque le vent change, le négociateur de LVMH évoque avec un mélange de fureur et de respect "le groupe FAKIR"!

"Merci Patron" est encore ce soir en avant-première à Paris, il a été déjà présenté un peu partout en France en présence de Ruffin et d'interlocuteurs gonflés à bloc, comme Mickael Wamen condamné à de la prison ferme pour son action syndicale contre les licenciements chez Goodyear ou Frédéric Lordon l'un des seuls (avec le regretté Bernard Maris) à apporter un discours d'économiste différent de la pensée unique. Après ces avant-première, sortie en salle à partir du 24 février. Allez-y, emmenez-y vos enfants, vos amis, non seulement vous passerez une bonne soirée mais vous leur donnerez de l'espoir et de la gniaque. (toutes les dates de projection sur http://www.fakirpresse.info/ )

A la sortie, on se demandait ce qui fait courir François Ruffin: l'envie de faire de la politique ou l'envie d'être un grand cinéaste? La réponse est donnée par son fils qui lui dit en montrant son livre illustré: "Robin des bois, il enlève l'argent des riches pour le donner aux pauvres". Ce qui fait courir François Ruffin, c'est l'envie d'être Robin des Bois et d'entraîner dans cette aventure un maximum de personnes. Enfin, je crois...

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19560135&cfilm=243117.html

jeudi 11 février 2016

BlutchMes poètes de légende, tome 5

Le Bel Hubert

J’ai menacé Saoul Fifre il y a peu de lui asséner de la poésie agricole et je mets toujours mes menaces à exécution….



C’est un poète garagiste de la campagne jurassienne (la vraie, celle du canton du Jura) et accessoirement fou de deuch. Son champ d’inspiration c’est précisément la vie des champs et ce qui va avec.

Là encore, peu de choix sur le ouèbe, mais peut-être assez pour vous donner envie d’en savoir plus, c’est tout le mal que je souhaite à son chiffre d’affaires…

Lire la suite

samedi 6 février 2016

Oncle DanBonjour l'ambiance (3)

Bande de veinards, voici la suite des aventures de Zorro heu d'Oncle Dan au pays des Jésuites, ou plutôt : des soldats du Christ, hé ben oui, on rigole pas dans les rangs sinon vous allez morfler sévère.

Lire la suite

lundi 1 février 2016

AndiamoJehanne la pucelle.

Née à Domrémy, près de Fasollasido, Elle ne s'appelait pas du tout Jehanne d'Arc, mais de son vrai nom : Jeannette Trouchu.

Nan mais vous imaginez apprenant à l'école que Jeannette Trouchu, gardeuse d'oies dans l'évéché de Toul, alla trouver le bon Roi Carolus septième du nom, pâle successeur des valeureux Valois ? Tandis que Jehanne d'Arc, ça a de la gueule ! S'appeler De Gaulle quand tu es président de la France, ça aussi ça a de la gueule, mais Hollande ? Ca sent le faux derche, le félon, De Gaulle ça avait un côté pourfendeur, un côté Rambo ! Mais oui ! Hollande ça fait plutôt étal de fromager à Notre Dame des Landes, enfin je dis ça, je dis rien...

Un jour je vais voir débarquer les R.G, ils vont me coller triquard sur le net !

Donc v'là Jeannette Trouchu qui un beau matin confond acouphènes, et voix du Seigneur : "Jehanne il te faut brouter l'Anglois". Elle chourave le baudet de son voisin, et tel Sancho Pança s'en va sur les chemins de France, guettant un Anglois. Passant par Varennes (déjà) elle avise sur le bord du chemin un brave Tommie.

Alors elle se met en demeure de lui trousser la cotte de maille, et lui joue la flûte enchantée, ce bien avant la naissance de son compositeur ! Sus à l'ennemi (j'pouvais pas rater ça)! Hurle un serf mal embouché qui la bourrait... Pardon : qui labourait le gras sillon, la glèbe nourricière chère à Totor !

- Dégage la gueuse que je pourfendasse l'icelui, je t'ai vu l'Anglois lui mettre la main aux braies vilain quidam ! Qui te rend si hardi de lui troubler le pucelage ?

Puis d'un coup d'herminette il lui claqua le biscuit, le biscuit n'existant pas à l'époque, et pour ne point introduire un anachronisme (à défaut d'autre chose), on va dire qu'il lui pourfendit le crâne.

Pour un Anglois trucidé une embrouille qui a duré cent ans ! Oui je sais je dérape, je divague, je refais un peu (beaucoup) l'histoire, il faut dépoussiérer parfois !

Elle chemina jusqu'à Chinon (changement à Raie au mur c'est pas stop ole), jouant afin de subsister du : instrument médiéval en 5 lettres : R.E.B.E.C , voilà c'est ça !

Et là premier miracle, elle s'avance parmi l'assistance, et reconnaît Carolus septine, alors qu'il s'est fringué non pas en "Gucci" mais en "Tati" !

On saura plus tard qu'elle collectionnait les vignettes offertes gracieusement par l'Auchclercroisement, de Vaucouleurs à partir de cent écus d'achats, et que sur l'une d'elles figurait la tronche de son King bien aimé... Comme quoi y'a pas de zazard !

Puis s'agenouillant devant son Seigneur, non point pour un rapport bucco-laryngé, mais pour une prière, je dis ça biscotte je vous vois venir, elle s'exprima en ces termes :

- Sa Sire, levez z'une armée j'en prendrai commandement !

- Toi ? Mais tu n'as jamais commandé quelconque : armée médiévale en 3 lettres : O.S.T... C'est ça !

- Saint Michel guidera mes pas vers la victoire.

- Saint Michel ? Les galettes, ou la place dans le VI ème arrondissement de Lutèce, à deux pas du Louvre résidence des Rois de France ?

- Que nenni Messire Roi, je veux dire l'Archange Saint Michel, celui qui a trucidé le "Léonoptérix Toruk" (voir Avatar).

- Soit Damoiselle je lèverai pour toi ost vaillant, gesticulant, braillard (sans peur et sans reproches) et dévoué !

- Majesté votre Sire est trop bonne, balbutia la pucelle tout estrancinée.

Après avoir enlevé Orléans où elle acquiert son surnom "la pucelle d'Orléans" elle vole de victoire en victoire, et fait enfin sacrer Carolus à Reims, soirée petits fours et roteuse...

Un évèque "Goret premier" louche sur la donzelle au cours de ce raout, et se la ferait bien reluire, Jeannette qui a le berlingot solidement enchâssé, se refuse au libidineux ecclésiastique...

Et c'est le drame : "oui, regardez c'est une envoyée de Baisse calbuth (Belzébuth en fait) un suppositoire de Satan, un succube... Une femme quoi "

Suite à un procès baclé, on la condamne au barbecue, en invitée d'honneur elle tiendra le rôle de l'entrecôte. Elle est morte dans d'atroces souffrances, j'explique :

Etant pucelle, elle manquait de tirage, la cheminée était bouchée, alors forcément, la combustion s'est faite plus lentement, beaucoup plus lentement.

Ses dernières paroles furent, et là les historiens divergent, et dix verges c'est beaucoup : "je rigolerais qu'il pleuve". ou "j'aurais pas dû pisser avant de monter".

Quelle triste fin tout de même, mourir avec le feu au cul quand on est pucelle !

(ch'tiot crobard Andiamo pour Blogbo)

mercredi 27 janvier 2016

BlutchPetit conte philosophique

Un jour, j’ai croisé une espèce de philosophe qui m’a raconté une belle histoire sur l’amour. Je l’ai écouté sans piper mot, j’ai bien retenu ce qu’il disait et au moment de le remercier, je me suis aperçu que, dans la pénombre, je parlais à mon miroir…

Mais non, je n’étais pas bourré !

C’est juste pour dire que ce n’est pas le genre de truc que j’écris tous les jours et que je n’avais probablement pas trouvé d’ignominie à pourfendre ce jour-là.

C'est surtout que j’avais eu avec une amie une longue discussion sur la jalousie et que j’ai voulu structurer ce que je lui avais dit. Pour ça, il fallait que je me raconte dans l'ordre et avec méthode (restez couché Monsieur Descartes) l'essentiel de nos cogitations. Et puis, c'est bien de parler à son miroir. Primo il ne conteste rien, secundo, il ne t'interrompt jamais et tertio, on se sent moins seul.

Dialogue du Sage et du Fou

Le Fou - Maître, maître, je suis amoureux ! J’aime une femme qui est belle, intelligente, instruite. Je sais déjà qu’elle sait bien cuisiner et si elle fait aussi bien l’amour, je serai un homme comblé. Je veux marier cette femme….

le Sage - Mon ami, pourquoi me dis-tu maître ? Je n’ai de leçons à donner à personne et si parfois je semble donner des conseils, c’est que je me les dis à voix haute pour être sûr que je me comprenne. Tu me dis aimer une femme, je te sens enthousiaste, exubérant, mais je ne vois point d’amour dans ton propos. Tu fais un inventaire de ce qu’elle peut te donner : Sa beauté, son intelligence, son instruction qui te permettront de briller en société. Sa connaissance de la cuisine qui flattera ton palais et tu espères chez-elle un don inné pour les plaisirs sexuels. Je ne vois là que l’envie de posséder cette femme. Or posséder n’est pas aimer. Méfie-toi mon Ami, car les deux sens de ce verbe sont toujours indissociables lorsqu’on parle de relations humaines :

Etre possédé c’est appartenir à… Etre possédé c’est aussi être berné !

Tu dis vouloir la marier, mais ça ne fait pas sens. Tu peux dire : je veux aller à Berlin parce que tu peux le faire seul, mais comment se marier tout seul…. Tout au plus pourrais-tu dire que tu veux la demander en mariage.

A aucun moment tu n’as parlé de ce que tu offres. Que sais-tu de ce qu’elle attend ? Qu’elle te soit parue aimable n’est peut-être que le résultat de son éducation, pas de ce qu’elle voudrait et je ne t’ai point entendu discourir sur ses désirs.

Le Fou - Mais Maître, comment dois-je vous appeler, vous êtes le Sage et je suis le Fou, il est normal que j’apprenne de vous tout ce que j’ignore encore…

Le Sage - Mon ami, le Sage est un fou qui a trouvé plus fou que lui et qui puise dans sa folie des leçons de sagesse. Je ne sais pas où se trouvent des choses aussi précieuses que l’Amour ou la Vérité. Je sais juste qu’elle ne sont pas là où je les ai cherchées. Si tu le ressens ainsi, appelle-moi ton ami.

Le Fou - Mon ami, c’est me faire honneur, mais soit. Mon ami donc, j’aime cette femme, lorsque je ne suis pas avec elle, je suis inquiet, je crains qu’elle se détourne de moi, j’ai peur qu’elle prenne plaisir à vivre si je ne suis pas là. J’ai peur de la perdre, qu’elle se laisse séduire par un autre homme. C’est bien une preuve de mon amour !

Le Sage - Non mon ami, tout ceci n’est qu’un désir de possession et de contrôle de cette femme. Si tant est qu’elle t’ait promis quoi que ce soit, en manquant pareillement de confiance, tu la blesses, tu la dévalorises et tu la fais souffrir. Est-ce de l’amour ? Si elle ne t’a rien promis, c’est pire encore… L’amour n’a pas d’esprit de possession. Il offre, sans conditions en espérant la réciprocité. Peut-être aurais-je préféré entendre : Lorsqu’elle est loin de moi, je suis en manque d’elle. Mais j’entends que tu ne veux pas qu’elle puisse avoir du plaisir à vivre hors de ton contrôle. Ce n’est que de la jalousie.

Le Fou - Oui, je suis jaloux, c’est bien une preuve de plus…. Votre œil sombre me dit que non, mais pourquoi ?

Le Sage - La jalousie est une preuve de défiance envers l’autre. C’est le croire capable des pires trahisons. Est-ce une preuve d’amour ?

La jalousie est une prison, mais c’est une prison particulière.

Le jaloux est le geôlier qui enferme l’être prétendument aimé dans un faisceau de suspicions et d’interdits toujours plus restrictifs et plus solide que des barreaux d’acier car il est nourri par la loyauté et la culpabilité de la victime. Mais le geôlier lui-même entre dans une cage tissée par sa propre jalousie. Il fini par en souffrir autant. Au fil du temps, les deux cages de cette prison particulière s’éloignent l’une de l’autre. Lorsque l’un des deux peut s’échapper de sa cage, c’est toujours le jaloux qui reste enfermé parce que c’est lui qui a forgé ses propres barreaux par ses ressentiments. Le prisonnier se libère en cessant de se sentir coupable de la souffrance du geôlier. Il n’alimente plus la vigueur des barreaux de sa cage qui fondent comme neige au soleil. Peut-être aussi finira-t-il par trouver une personne plus méritante pour l’épanouissement de sa loyauté.

Le Fou - Mais alors, ce creux dans le ventre, ce vide dans la tête, c’est quoi ?

Le Sage - Je te l’ai dit mon ami, lorsque l’être aimé n’est pas là, il est normal de ressentir un manque, de sentir ce creux, ce vide. Mais l’autre n’en est pas responsable. Que son absence soit liée à son travail ou ses plaisirs n’y change rien. Je te sais fervent de plusieurs sports, y renoncerais-tu si ces sports ne l’intéressent pas ? Que pourrait-elle penser si tu ne le fais pas ? Serait-elle en droit de douter de toi ? Pourrais-tu imaginer être heureux du plaisir qu’elle a pris en sortant un soir avec ses copines, comme elle serait heureuse de te savoir satisfait si ton équipe a gagné son match ? Ce que dans un couple on appelle l’amour est trop souvent une vaste escroquerie, parce que dans tous ces interdits et ces obligations, je ne vois qu’inventaire et comptabilité.

Le Fou - Mais c’est pourtant simple j’aime cette femme, je la désire, c’est de l’amour.

Le Sage - Non mon ami, tu m’as expliqué que tu aimes des qualités de cette femme. L’entier de sa personnalité est plus complexe tout de même. Une femme aussi pense, rêve, désire, aime. Elle a des idéaux et elle aussi se projette dans l’avenir. Quelles concordances avec tes rêves, tes désirs, tes projets ? Dans quelle mesure vas-tu respecter les siens ? Tu me dis la désirer (parlons pas de « faire l’amour », ce mot est déjà suffisamment sujet à quiproquos sans y rajouter un mélange de sueurs.). Le désir donc n’est pas une preuve d’amour non plus, on est toujours dans une problématique de possession.

Le Fou - Mais alors c’est quoi l’amour ?

Le Sage - De quel amour parles-tu mon ami ? La langue française, pourtant si riche, ne sait pas faire la différence entre un amour dénué d’intérêt sexuel et un amour incluant le désir sexuel. Alors il a été affublé de toute sorte de qualificatifs : l’amour filial, parental, fraternel, comme si aimer ses parents, ses enfants ou ses frères et sœurs ne relevait pas du même sentiment. Qu’en est-il alors des oncles, tantes, cousins, etc.

C’est encore plus compliqué dans les relations avec cette famille choisie que représentent les amis. Impossible de dire je t’aime sans y rajouter un superlatif censé amoindrir le sentiment. Aimer est, je crois le seul verbe qui est dévalorisé ainsi. « Je t’aime énormément » est moins fort que le simple « je t’aime »…. Qu’un homme dise je t’aime à une amie est choquant, sauf s’il rajoute beaucoup (ou tout autre qualificatif). Pourtant cet homme peut aimer cette femme de la même manière et pour les mêmes raisons que sa propre sœur…. Sans plus de désirs sexuels qu’avec elle. Pour cet amour-là, qui est pourtant semblable à l’amour fraternel, la langue française a inventé un autre mot : l’amitié. Mais dans l'acception populaire de ce mot, il est de moindre valeur que l'amour. Et ne parlons pas du galvaudage de ce mot à travers les réseaux sociaux. Ami, amitié n'y exprime plus rien.

Il n’y a que dans le cadre du couple que l’amour diffère puisque c’est en principe le seul où se mêle le désir sexuel, et pourtant le français ne lui donne pas un autre nom comme le font certaines langues….

Il y a probablement des barrières religieuses derrière cette interdiction morale de parler d’amour hors du cadre familial. Ca fait un peu «Travail Famille Patrie » et Religion devrait-on rajouter.

Le Fou - Peut-on alors parler de passion amoureuse ?

Le Sage - Non. C’est encore une escroquerie morale. La passion vient de la racine pâtir. La passion est donc une souffrance. Ce qui est bien illustrée avec la Passion du Christ. Cette passion-là ne représente pas sa marotte de faire des miracles ou des discours un peu obscurs avec ses paraboles. Il s’agit bien de l’ensemble du cérémonial de sa mise à mort. C’est donc assez incongru de parler de passion amoureuse (idem pour celle des trains électriques), sauf si on veut faire de la relation de couple une situation douloureuse…. Je lui préfère nettement le terme de ferveur. On pourrait donc en effet parler de ferveur amoureuse pour cet amour si différent de tous les autres, car empreint de désir charnel. Ainsi, ce sentiment amoureux qui porte deux êtres l’un vers l’autre devient une chose joyeuse, gaie, épanouissante.

Le Fou - Mon ami, vous m’expliquez que je me trompe en parlant d’amour, vous me dites pourquoi je suis dans l’erreur, mais l’amour existe, vous en parlez longuement sans l’expliquer : C’est quoi l’amour ? Comment sait-on que l’on aime vraiment ?

Le Sage - Je t’ai dit que ce qui fait que deux êtres ont une relation de couple n’est pas forcément de l’amour. Mais je ne te dis pas qu’il ne peut pas y avoir d’amour dans un couple.

Le Fou - Mais mon Ami, je ne comprends plus. Y a-t-il ou non de l’amour dans un couple ?

Le Sage - Parfois oui, parfois non. Ce n’est pas toujours l’amour qui forme le couple. Le désir de l'autre peut y suffire largement. Ce désir induit par une nécessité animale de se reproduire. On est là dans une simple affaire de chimie corporelle provoquant ce désir. Lorsque en plus le couple partage un amour, il entre alors dans une autre dimension... C'est cet amour-là qui devrait être nommé autrement. A défaut de mieux, je le vois comme une ferveur amoureuse.

Le Fou - Mais encore… ?

Le Sage - Tu me disais tout à l’heure que tu désirais une femme avec beaucoup de passion. Je t’ai expliqué que ton sentiment pour elle n’est pas de l’amour mais du désir. Elle peut s’accommoder de ça et que vous formiez un couple. L’amour n’en serait pas présent pour autant.

Le Fou - Je reviens à ma question, c’est quoi l’amour?

Le Sage - Cherche, car tu ne le comprendras vraiment que si tu le trouves par toi-même. Une piste tout de même : Tu aimes toutes les personnes que tu aimes avec le même sentiment. Dans la ferveur amoureuse, il y a juste un petit plus que dans les autres cas. Ce petit plus qui fait que parfois ce que l’on nomme l’amitié se mute en ferveur amoureuse par la fantaisie de quelques phéromones….

Le Fou - Je crois que j’ai compris, l’Amour, c’est…..

Le Sage - Chut….. !

vendredi 22 janvier 2016

FrançoiseEntre les deux la vie.

Devant l'hécatombe de personnalités en ce début 2016 et les rétrospectives sur la vie de François Mitterrand qui, semble-t-il était anxieux mais curieux de savoir ce qu'il pouvait y avoir "après", j'ai décidé d'en dévoiler quelques secrets. Si "partir, c'est mourir un peu", si "mourir, c'est partir beaucoup", naître et mourir ne semblent pas si éloignés. Je me suis basée sur les échographies qui montrent que le bébé dort pendant l'accouchement, et les récits de NDE (near death expérience) qui parlent tous d'un tunnel et d'une lumière, ainsi que sur les derniers mots de mon père murmurant en vietnamien "maman" à la seconde même de sa mort.

Il commençait à faire très chaud là où elle était. Plus les jours passaient, plus elle se sentait à l'étroit. De plus, le bruit devenait insupportable, ce clapotis permanent autour d'elle, plus un son ininterrompu, pa-doum, pa-doum, pa-doum, qui s’accélérait parfois de façon impromptue lorsque son logis bougeait tellement qu'elle-même en avait le hoquet.

" Bon, se dit-elle, va falloir changer de crèmerie". Mais elle n'arrivait pas à se décider, difficile de quitter un lieu dont on a l'habitude, même s'il comporte des inconvénients.

Mais un jour, sans l'avoir le moins du monde prémédité, elle se sentit aspirée, pressée, poussée hors de son habitacle comme le dentifrice hors du tube, sans espoir d'y entrer à nouveau, on ne chantera jamais assez l'inéluctable destin du dentifrice...

Pressée, tellement pressée qu'elle s'attendait à avoir mal, et pourtant elle ne ressentait rien qu'un bien-être béat, une sorte de torpeur. Elle aperçut au bout du tunnel une lumière blanche, puis s'endormit tandis que les contractions du tube la poussaient à l'extérieur.

Une sensation de froid la réveilla. Elle hurla et sa première vision fut celle, extasiée, d'un homme souriant qui s'exclamait: "Qu'elle est belle, c'est une petite fille! " Elle se sentit soulevée, emportée, posée sur un corps tiède et doux... Elle brailla un peu pour la forme, puis ouvrit les yeux et vit pour la première fois le regard de sa mère.

85 ans plus tard...

Il faisait très chaud dans cette chambre où on l'avait emmenée après sa chute dans l'escalier. Elle s'y sentait à l'étroit, elle qui avait toujours vécu dans une maison à étages, et voyagé à travers le monde. De plus, le bruit était insupportable, le clapotis des tuyauteries- ou de la perfusion, qui sait?- et le pa-doum, pa-doum- padoum incessant des talons des infirmières sur le carrelage. "Pourraient mettre des ballerines!", grommela-t-elle, car elle avait un fichu caractère. Enfin, fichu: tant qu'elle était encore belle, on lui trouvait "du caractère", c’était admirable. A présent, elle avait un fichu caractère... moins cool.

"Bon, se dit-elle, faudrait que je me décide à partir." Elle avait du mal à se décider, difficile de quitter une vie de 85 ans, même si elle devient inconfortable.

Mais un jour, sans l'avoir le moins du monde prémédité, elle se sentit glisser dans un tunnel où loin de souffrir, elle ressentait un bien-être béat, une sorte de torpeur. Elle aperçut une lumière blanche au bout de la pénombre et ferma les yeux pour ne pas en être éblouie. Une sensation de froid, comme un bienheureux engourdissement, l'envahit peu à peu. A la sortie du tunnel, gênée par la lumière, elle cligna des yeux, puis les ouvrit.

Son père et sa mère- morts depuis des décennies- lui souriaient aussi tendrement que lors de sa naissance. Elle tendit les bras "maman, papa!" et ils la serrèrent tendrement contre eux.

'' (Ch'tiot crobard Andiamo)''

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 253 254 >