Blogborygmes

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mardi 12 août 2014

AndiamoNantes



Rappelle toi Barbara,
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour là
Et tu marchais souriante
Epanouie, ravie, ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest...

.

Monsieur JACQUES PREVERT avait écrit ce poème il y a bien longtemps, des années plus tard, une longue Dame brune, une autre BARBARA, écrivait cette jolie chanson, il ne pleuvait plus sur Brest, mais sur Nantes....

On clique, on écoute, vous aimez ?



Il pleut sur Nantes,
Donne moi la main
Le ciel de Nantezs
Rend mon cœur chagrin...

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(Ch'tiot crobard Andiamo)

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mercredi 6 août 2014

Oncle DanLe mange grenouilles

1ère partie : Beaucoup de bruit pour rien

Actuellement, mes carnets sont pleins de phrases inachevées, suspendues, stoppées, telles des frégates qui attendraient une marée d'équinoxe pour se désensabler.

Cependant, étant un homme de parole, ma franchise et mon honnêteté (ainsi que beaucoup d'autres qualités que ma modestie m'interdit de citer ici) m'obligent à contribuer à la survie de Blogborygmes tenu à bout de bras par Andiamo, tel un étendard effrangé et fatigué par tant de batailles et autant de victoires, par tous les temps et à tous les temps.

Bien que redoutant l'apparition sur ce blog de mon avatar qui me fait passer pour un fou échappé de l'asile (comment ont-ils su ?), j'ai conscience que sa conception représente un investissement colossalpour l'équipe de Blogbo, au regard de mes deux petites participations qui se perdent dans l'épaisse couche du passé, puisque cela remonte aux 23 octobre et 23 novembre de l'année dernière. Rien le 23 décembre ni aucun autre 23 d'ailleurs.

Je suis donc allé à la pêche dans le vivier de ma mémoire. A la pêche à l'inédit (ou à l'e-nédit) en quête d'une histoire vécue, bien réelle, et de préférence incroyable. Et bien je peux vous dire que ça ne s'agite plus beaucoup dans le bocal.Que du jus de cervelle impropre à la consommation, du fâcheux, du gênant, du saumâtre et autres qualificatifs pleins d'accents circonflexes. En tout cas, rien de nature à sortir le lecteur de Blogborygmes de la torpeur où il végète.

Et puis, je me suis souvenu du Mange Grenouille. Bande de chanceux.

L'auberge nous avait été chaudement recommandée par la patronne du "Château de la Terrasse" (à Québec, juste à côté du château Frontenac). Elle est située dans la petite ville de Bic, en bordure de la Gaspésie et de la route.

C'est une grosse maison rouge cassis et framboise écrasée, surmontée d'un toit vert. L'entrée, protégée des intempéries par le balcon qui longe tout le premier étage de la bâtisse, bien que dissimulée en contrebas de la route derrière des plantes auxquelles on a savamment orchestré le désordre, se repère par les deux ifs d'environ trois mètres de hauteur qui l'encadrent, lesquels sont flanqués de deux grenouilles géantes dressées sur leurs pates arrières et tenant dans leur dos une espèce d'amphore. L'attention est également attirée par une collection d'énormes citrouilles orange vif.

Descendez quelques marches jusqu'à la porte d'entrée encadrée de deux lanternes d'époque. Un oiseau et un chat en pierre vous accueillent au pied d'une pancarte en fer forgé vous disant "BONJOUR". Vous apercevez des clochettes superposées, également en fer forgé, qui pourraient faire office de sonnette si elles n'étaient pas qu'un simple élément de décoration. Mais ce qui vous surprend avant tout, et vous n'êtes qu'au début de vos surprises, est un très vieux landau en fer et en bois avec une capote de cuir, oublié le long du mur près de la porte, dans lequel un baigneur en celluloïd plus que centenaire dort sous une maigre couverture. Le ton est donné. Avec ce petit côté "antiquaire", vous savez déjà que vous n'êtes pas devant une auberge ordinaire. D'autant plus que derrière les vitres, des masques barbus éclairés par des candélabres vous surveillent à travers une forêt de plantes vertes.

Poussez la porte recouverte d'une couronne de fleurs sur laquelle est écrit "Entrée des voyageurs" puis écartez l'épais rideau de velours noir et grenat qui forme un sas de protection contre les courants d'air. Alors, ainsi que vous le supputâtes un instant auparavant, chers lecteurs, et comme nous le supputâmes nous-même, nous pouvions affirmer en chœur avec l'énergie de cent mille chevaux vapeur, que nous étions dans une auberge extraordinaire.

J'ai bien conscience que je ne vais pouvoir vous donner ici qu'une idée bien fragile et incomplète de ce qui constitue l'auberge du Mange Grenouille, tant il y avait trop de choses à voir. En tout cas bien plus que deux yeux humains placés du même côté de la tête et servis par une pauvre petite cervelle-passoire peuvent emmagasiner.

Un petit salon baroque à gauche de l'entrée était constitué d'un canapé et deux fauteuils entourant un petit guéridon recouvert de dentelles ainsi que d'un piano droit sur lequel étaient posés quantité de bustes et statuettes. De riches et lourdes tentures encadraient les fenêtres. Chandeliers, lampadaires, multiples coussins, tapisseries gris-perle et épais tapis renforçaient l'impression de confort et de chaleur. De très nombreuses plantes, dont certaines étaient artificielles apportaient des touches de couleur sur le foncé des boiseries qui dominaient l'ensemble. Devant une fenêtre, une grenouille tenait à bout de bras des brassées de fougères.

De l'autre côté de l'entrée, en face de la réception de l'hôtel, était aménagé un coin bibliothèque, lecture, documentation touristique, livre d'or… Les nombreux livres anciens qui garnissaient la bibliothèque et paraissaient aussi précieux que le livre de Kells, étaient accompagnés, eux aussi, de statuettes, angelots, bougeoirs, baromètre, photographies d'ancêtres, chandeliers, pots-pourris, miroirs et fleurs, le tout sous le regard hautain de deux grenouilles jumelles en déshabillés et sandalettes rouges.

Nous n'avions pas réservé et la réceptionniste nous annonça qu'il ne restait plus que deux chambres sur les vingt deux que compte l'hôtel. La chambre des jeunes mariés et la chambre numéro 5, la chambre rouge. Nous avons opté pour la chambre rouge, allez savoir pourquoi. On nous conduisit jusqu'à notre chambre au premier étage qui faisait partie des chambres du "Haut côté". Il y a en effet quatre catégories de chambres à l'auberge du Mange Grenouille. Les chambres du "Haut Côté", du "côté cour", du "côté jardin" et du "grenier". Il n'y a pas deux chambres identiques et elles sont toutes décorées sur un thème particulier. C'est ainsi qu'il y a, par exemple, la chambre du peintre, la chambre de l'écrivain ou la chambre du pêcheur. La chambre rouge, quant à elle, est… rouge. On s'en rend compte dès le premier coup d'œil. Il n'y a pas tromperie. La tapisserie à losanges est à dominante rouge, la moquette est rouge, le lit à baldaquins est rouge, les tentures sont rouges, le ciel de lit est rouge, les rideaux sont rouges, les coussins sont rouges, les fleurs sont rouges, le napperon du guéridon est rouge. Tous ces rouges se marient bien entre eux. Il y a des tissus damassés, quelques brocarts et lampas et des velours de Gênes. La moire de ces tissus aux reflets changeants et chatoyants est du meilleur effet. Des fleurs, des photos anciennes, un peigne et des brosses côtoient sur une table de maquillage les bustes verdâtres d'un couple de singes habillés, perruqués et emperlousés. Des livres ont été déposés sur les chevets, les tableaux sont des reproductions de Renoir et Rembrandt et une paire d'antiques jumelles est posée sur une table à côté d'un bouquet de fleurs séchées. Lampes et éclairages indirects dissimulés derrière de fausses fenêtres participent à une ambiance raffinée et sophistiquée.

C'était parfait. Il ne restait plus qu'à aller chercher nos bagages dans la voiture. Nous quittons l'établissement par une petite porte latérale donnant sur un escalier en bois qui nous dépose au bord de la route. C'est précisément à ce moment-là que je l'ai entendu pour la première fois. Le bruit !

THE bruit.

Impossible de le situer quelque part. Impossible de déterminer d'où tombait ce bruit. Les voitures qui passaient ? Non, les voitures paraissaient normales. Ce camion qui s'approchait, peut-être ? Non plus. Ce camion, tout gros qu'il fût, n'était pas responsable. Un mariage devait s'approcher, sans doute, avec son cortège de tintamarres. Non, pas de mariage, pas de sirène, pas d'avion qui s'écrase. Rien. Pourtant, le bruit se renouvela, une fois puis deux, de plus en plus puissant, de plus en plus énorme, de plus en plus monstrueux. Un érable perdit ses feuilles. Au loin, les animaux du parc naturel de Bic se turent, ainsi que les animaux ont l'habitude de le faire à l'approche d'une catastrophe majeure. Les grenouilles stoppèrent tout coassement et les taons annulèrent tous leurs vols.

Mes chaussettes me lâchèrent et je dus tenir mon pantalon à deux mains. Ma vue se brouilla et de l'autre côté de la rue je crus apercevoir une dame entièrement déshabillée sous l'effet de l'énorme, formidable, extraordinaire vibration sonore. Une vibration qui se propageait jusqu'aux vêtements les plus intimes.

Il nous semblait que toutes les catastrophes imaginables (et même les autres) pouvaient s'abattre sur nous si ce bruit devait encore se répéter avec plus d'intensité, ce qui nous paraissait inconcevable. Je croisai le regard de ma femme, un regard où l'effarement tournait à plein régime. Des cercles noirs commençaient à se former autour de ses yeux et sa respiration eut intéressé un spécialiste de l'asthme. Elle prenait progressivement une teinte mauve et maigrissait à vue d'œil. (Je dus admettre ultérieurement que ce dernier point relevait davantage de l'impression que de la réalité).

Inutile de dire que l'on broyait une quantité assez considérable de noir et il ne fait pas de doute que si nous avions été des encornets, notre inquiétude aurait immédiatement déclenché une importante éjaculation d'encre noire.

Notre stupeur se mit à ignorer toutes bornes lorsque le bruit se répéta une troisième fois. Un bruit à être plaqué au mur et à chercher refuge sur un arbre ou un lustre, c'est selon. On se sentait aussi remués que des œufs battus en neige.

A un moment ou à un autre de leur vie, tous les individus sont amenés à coller leurs mains sur leurs oreilles. Pour nous, il semblait que ce moment soit venu, mais l'exercice était compliqué par le fait qu'il fallait en même temps tenir son pantalon et beaucoup d'autres choses encore.

Une épée de Damoclès est déjà désagréable quand on la voit (cependant, on peut encore espérerl'éviter avec un pas de côté au dernier moment) mais elle devient carrément insupportable quand on ne la voit pas. Malgré nos cellules grises en ébullition, nous ne savions à quoi nous attendre. Cela pouvait provenir d'une créature de Frankenstein, d'un quelconque King Kong, d'un brontosaure diplodocus sorti de Bic-Park, ou peut-être même d'un Transformer de l'âge de l'extinction, si les Transformers de l'âge de l'extinction sont bien ce que je pense qu'ils sont… Tout, vous dis-je.La lune serait-elle devenue couleur de sang, aurions-nous baigné dans une lumière de fin du monde ou la civilisation se serait-elle mise à trembler, que cela nous aurait paru compatible avec cet incompréhensible bruit. Mais rien de tout cela. Pas le moindre nuage dans le ciel et à part la dame nue de l'autre côté de la rue,personne ne s'alarmaitdu phénomène qui ne semblait incommoder que les animaux.

Pourtant, le monstre existait bien. Dissimulé jusqu'à cet instant par une abondante végétation, il surgit à cinquante mètres de nous et passa à grande vitesse en déroulant ses interminables anneaux de ferraille dans un infernal tohu-bohu de boggies de wagons.

Avant que ce vacarme ferroviaire ne s'évanouisse totalement, le gigantesque train de marchandises nous gratifiad'un ultime coup de sirène et sa corne de brume cracha une fois de plus ses terribles décibels à deux kilomètres à la ronde, provoquant un nouveau double-salto arrière de nos trompes d'Eustaches qui n'en pouvaient mais.

(à suivre)

jeudi 31 juillet 2014

Saoul-FifreLa mare aux canards

Dites-moi si je me trompe mais je crois qu'il y a longtemps que je ne vous ai pas mis bas une de mes histoires de bêtes. Une de mes histoires tout court ? C'est pas faux non plus. J'en branle plus une ? Je suis bien obligé de le reconnaitre mais là, ici et maintenant, je suis devant mon clavier et je pense à vous, cher Grand Lectorat, vampires jamais assouvis qui vous repaissez de textes de qualité frais pondus, quand vous en trouvez, bien sûr, sans être jamais rassasiés, conditionnés que vous êtes par le système actuel du "toujours plus". Non mais vous croyez que ça va durer longtemps à ce rythme, bande de goinfres-soiffards ? Nous au village nous n'avions qu'une fête votive par an, avec son bal popu, sans même un manège, y avait juste un jeu d'adresse avec des boites de conserves et puis heureusement, l'épicière avisée se fournissait pour l'occasion en pétards divers, non, pas ceux qui vous donnent un air de débile heureux, des pirates, ou des corsaires, ou des "mitraillettes", enfin, fallait quand même les allumer à un bout, d'où peut-être la similitude d'appellation.

Et nous nous en contentions, aux anges, en plus. Ah et j'allais oublier, bien sûr : "La mare aux canards" ! Autant dire le Casino des ploucs... Avec leurs petits papiers roulés, noués autour du cou, que l'on fixait de notre regard N° 5, celui à rayons X, pour deviner sur lequel était marqué le gros lot, une poupée géante pour les filles ou un camion de pompier à pédales pour les garçons...

Je sais bien ce que ça va vous évoquer, ce "pompier à pédales", je connais mon monde, allez, mais que voulez-vous, on a le public qu'on peut, on prend ce qu'on trouve, c'est la dure loi de la course aux commentaires ! La quantité au détriment de la classe et de l'élégance ! Quand je pense que je volais naguère à travers le pur azur, tout là-haut, et que me voici vautré dans cette souille grouillante d'obsexionnels, quelle pitié ? Ah, avoir été et être toujours et encore, pourquoi ne serait-ce point possible ?

Ailleurs que sur Blogbo, peut-être ?

Alors vous vous en souvenez tous ? Ça n'a pas disparu puisque pas une kermesse d'école sans sa pêche au canard. À la réunion des parents d'élèves, forcément, un papa va affirmer d'une voix forte qu'il s'occupe de tout, à condition qu'on lui fournisse les canards en plastique, à l'exception - il jettera un regard tout autour de lui pour vérifier qu'aucun enfant ne traine dans les parages - de tout sex-toy qu'il se verrait, dans le cadre strict de l'enceinte de l'école, dans l'obligation de refuser.

Perso, avec l'âge, je me suis lassé d'essayer d'attraper un canard de baignoire harnaché de son anneau en fil de fer, avec un hameçon bricolé, surtout que certains papas zélés font faire du rafting à ces pauvres canards en pulsant l'eau avec une pompe de piscine, et faut se lever un maffre comaco pour en choper un. J'ai vu des petits rentrer chez eux bredouilles alors qu'à ce jeu on est censé toujours gagner ! Vingt ans plus tard, ce seront les mêmes, traumatisés, qui préfèreront jeûner que toucher à un magret de canard, un confit ou même à un foie gras.

Moi c'est bon : j'adore toujours les voir naitre, vivre, les élever, puis les trucider en pleine santé pour leur éviter les affres de la sénescence.


vendredi 25 juillet 2014

AndiamoY'a ben d'la mistoufle tout de même.

Je me promenais l'autre jour dans la campagne... Bon oui ça m'arrive, j'ai aussi besoin de me polluer les bronches de temps en temps, à coups de chlorophyle et d'oxygène, biscotte trop de CO2 et de particules (ta mère) ça me donne un teint de jeune fille, oui, oui demandez aux Dames qui ont eu la CHANCE de m'apercevoir !

Je flânais, je musais, je fôlatrais dans les prés et les bois, quand soudain sous mes yeux horrifiés j'ai VU de mes yeux vu, l'horreur, l'indicible, l'innénarable, la honte dans toute sa vérité...

Un campement nomade au milieu de notre belle campagne d'Ile de France, rien que le nom déjà , il fleure bon la royauté, le cinq couronnes, le sceptre royal à l'index profondément enfoncé dans les fondements même de la lignée des Capétiens directs (y'a que les impôts qui sont indirects). ÎLE DE FRANCE.. Sonnez buccins, roulez tambours, fermez le ban !

Dans une pauvre pâture deux chevaux efflanqués et nus, tout nus, broutaient une herbe rare. C'est alors que j'aperçus perdu dans la verdure humide et malsaine, les ruines d'une abbaye... Déjà je craignais pour la suite.

Mes craintes étaient fondées, car tout à coup au détour du chemin m'apparût la pauvre masure de ces manouches issus d'un autre temps, une bicoque informe faite de bric et de broc plus de broc que de bric d'ailleurs.

Ces pauvres gens cloîtrés dans leur ghetto derrière d'imposantes grilles de métal forgé, spectacle insoutenable, sur le terre-plein d'herbe rase, de pauvres hères armés d'une tige munie d'un embout métallique frappaient sur une pauvre petite balle très dure... POC ! POC !

J'en avais les larmes aux yeux, la cornée humide, la pupille inondée, moi qui ne pleure jamais, mais là tant de misère, je n'en pouvais plus, alors afin de dénoncer le scandale j'ai pris quelques clichés, et je suis près à les offrir afin qu'ils soient publiés dans la presse à scandales.

Madame France Dimanche, Messieurs Closer et Voici si vous êtes intéressés ?

J'allais repartir quand tout à coup j'ai aperçu ... mais comment est-ce possible ? Juste à côté une bicoque encore plus délabrée ! Une ancienne métairie sans aucun doute, seulement une dizaine de chambres pour une pauvre famille !

Y'a ben d'la mistoufle tout d'même.

samedi 19 juillet 2014

Saoul-FifreTrempé jusqu'aux yeux

Au commencement était l'atome primordial, le bâtisseur d'étoiles, le tourneur de planètes, le faiseur d'eau. Avec son proton solitaire et son électron si peu matériel, l'Hydrogène est l'élément simple à la base de tous les autres. Par perte ou acquisition d'électrons, par liaisons plus ou moins recommandables, sans doute sous fusion thermonucléaire, il a donné tous les atomes et les molécules qui forment notre environnement. C'est la brique Légo inaugurale d'une collection impressionnante de décors, d'objets et de personnages.

Par combinaison avec l'oxygène, il nous donne l'eau, c'est à dire la Vie. Avec le même, il forme un explosif de grande puissance, et sème la Mort. L'hydrogène n'a pas de morale intrinsèque. Il sera ce que nous en ferons, la source d'énergie illimitée et égalitairement partagée dont rêve un quarteron de professeurs Tournesol à ITER , ou bien l'arme de destruction totale qui règlera définitivement le problème de nos caries douloureuses si un autre quarteron, de généraux Alcazar celui-ci, en décide ainsi.

S'il y a un Dieu, je crois fermement qu'il est de cet ordre : à la fois Diable et Dieu, Janus bifide, Hermès souriant et grimaçant, tragi-comique. Capable du meilleur comme du pire, d'une chose et de son contraire, génie du bien et du mal. À notre image, en fait.

Oui, Dieu a été créé à l'image de l'Homme. Tel est mon crédo, mais la situation est déjà assez compliquée comme ça, et le lancement d'une nouvelle secte n'est pas vraiment de saison. Ce que je ressens, c'est qu'à l'échelle de l'Histoire, les idéologies et les religions n'évoluent pas mécaniquement et régulièrement. Il y a des éruptions. Il y a des périodes de paix et des périodes de guerre. Il y a des régressions, ou des évolutions progressistes, plus ou moins rapides selon les leaders au pouvoir. Rome a atteint son apex, puis connut la dégringolade. L'Islam fut la locomotive culturelle et scientifique de notre vieux monde étriqué et puis, la roue tourne... Là, notre mondialisme agressif qui s'engraisse en se foutant du tiers comme du quart-monde, ça sent très mauvais sa "fin de cycle", et je rêve d'autres exemples.

À l'échelle de l'Hydrogène, la légèreté est absolue, et sous sa forme stockable, l'eau, son cycle est créatif, nourrissant, poétique, stable, émouvant...

"Les pieds dans le ruisseau, moi je regarde couler la vie...",

psalmodiait le grand Jacques, et cette invitation à la contemplation de l'évidence de l'eau m'a toujours parlé. À mes tout débuts, un liquide, trouvant son chenal, remontant le courant à travers d'autres mouillures, parvint à atteindre et à ensemencer la Source, et le Réceptacle, et la Génèse de toute Vie. Le têtard que j'étais remuait de contentement sa queue résiduelle, en pataugeant dans son petit bain personnel, avec les pulsations de son ombilic en fond sonore. Et les bruits aquatiques. Le silence assourdissant de la mère, puis son cri, quand elle perd les eaux.

Né au pays de la sécheresse, on m'a appris à la respecter. Elle n'en a acquis à mes yeux que plus de richesse, et les rencontres avec de l'eau en liberté, en apparence inépuisable, me fascinaient. Les cascades de Tlemcen, le grand canal d'arrosage qui dessoifait les arbres et remplissait le château d'eau, une fois par semaine, les flots semblant illimités de la Méditerranée. Semblant seulement, puisque nous avons découvert en la traversant, d'autres canaux, d'autres cascades, un autre, ou bien le même rivage ?

Je ne perds jamais une occasion de me replonger dans cette eau primitive. Dans les étangs, les torrents, l'océan... Quelle que soit la saison, je pique une tête. Au Nouvel An au Cap-Ferret, à Pâques dans un lac pyrénéen, en Aout, dans le lac de Viam... Quand je suis malade, je recherche la compagnie des ruisseaux, ces filets d'eau que j'imagine couler comme un goutte à goutte salvateur dans mes veines. La guérison par la mémoire de l'eau. Et aujourd'hui, on nous raconte que nous allons en manquer, et qu'elle est polluée. J'en ai des vapeurs et cette idée me glace.

L'eau a cette force de s'adapter aux contenants. Celle de le briser s'il y gèle. Celle de s'en échapper en s'évaporant, si l'envie lui en prend et si les oreilles lui chauffent.

"Dans le brouillard de sa myopie
l'aridité du monde s'atténuait.
Elle pouvait de la sorte rêver
à d'autres horizons, à une autre vie..."

...m'écrivait une amie, il y a presque quarante ans. J'en pleure encore, tellement c'est beau.

PS : Comme vous l'avez sans doute remarqué, après mon dernier billet , je me suis mis à l'eau.

lundi 14 juillet 2014

AndiamoNew York... New York

FRANK SINATRA...The voice, quelle voix en effet ! Frank Sinatra vous savez qu'il vécut avec Ava Gardner ? Elle fût surnommée "le plus bel animal du monde" ! Inoubliable dans "MOGAMBO" avec Clark Gable, et surtout dans la comtesse aux pieds nus de Joseph Mankiewicz sorti en 1954, qu'elle était belle Ava Gardner !

J'ai un jour entendu, je crois que c'était aux grosses têtes, l'anecdote suivante : Une amie proche de Ava Gardner, lui demande ce qu'elle faisait avec Sinatra, ce nabot d'un mètre soixante pour cinquante cinq kilos.

Elle répondit : " cinquante cinq kilos peut-être, mais dans les cinquante cinq kilos, il y a cinquante kilos de bite" ! C'est dire la réputation du Monsieur !

Un ch'tiot crobard du plus bel animal du monde ?

Chanteur, comédien, je me souviens de Frank Sinatra, dans le film de Fred Zinnemann sorti en 1953, : "Tant qu'il y aura des hommes" Avec bien sûr la belle Deborah Kerr et Brut Lancastré ! On se souvient de la pelle d'anthologie qu'ils se roulent sur la plage, tous deux chahutés par les vagues. J'avais 14 ans, l'âge des premières gauldos chouravées au paternel afin de jouer à "l'homme", Frank Sinatra y tenait le rôle de Angelo Maggio.

Et puis bien sûr "l'homme au bras d'or" de Otto Preminger en 1955, j'avais 16 ans j'écoutais Bill Haley et Paul Anka, l'âge des premiers bisous humides ! Frank Sinatra tenait le rôle d'un junkie, tricheur de poker.

New York sans gratte ciel c'est Paris sans le Pont des Arts, sans l'île Saint Louis, sans la Place Saint André des Arts, ou sans la place des Vosges !

Un petit hommage aux Indiens Mohawks, une tribu du nord des Etats-Unis, qui furent les bâtisseurs des gratte ciel... Ils ne craignaient pas le vertige dit la légende, je pense plutôt qu'ils craignaient de crever de faim, alors il fallait bien bosser sans filets, afin de se payer un steak "dans le filet" !

(ch'tiots crobards Andiamo)

mercredi 9 juillet 2014

AndiamoLe plat pays

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Avec de l'Italie qui descendrait l'Escaut....

Voilà une chanson magnifique : le plat pays.. Et puis Monsieur BREL, comment l'oublier ?

Un p'tit clin d'œil à ce grand bonhomme, pas un hommage, je pense que le mot lui aurait déplu, un p'tit clin d'œil, c'est mieux.

Je l'ai vu sur scène, il y a.. Ouais, tout juste Auguste, vous n'étiez pas nés pour la plupart d'entre vous ! Fabuleux, ce grand Jacques, il avait chanté : "quand j'étais ch'val" et je vous assure, ses gestes, ses mimiques un instant, un instant seulement, il fût cheval !

Alors, afin d'illustrer le plat pays, un ch'tiot crobard de MONSIEUR Brel, ainsi que quelques photos prises un jour de brume au Tréport, je les trouve assez fantomatiques et mélancoliques à souhait...

(Ch'tiot crobard et Daguerréotypes Andiamo)

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