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dimanche 5 avril 2009

Tant-BourrinLa très aventureuse vie du Chevalier de Tant-Bourrin et de son écuyer Saoul-Fifre (Chapitre XV)

(lecture préalable des chroniques précédentes conseillée)

Où le Chevalier de Tant-Bourrin retrouve goût à l'amour

XIIIème siècle après Jésus-Christ - Quelque part dans le Royaume de France

L'étrange équipage cheminait, misérable et frissonnant, dans la froidure d'un hiver médiéval qui semblait ne jamais devoir prendre fin.

En tête, le Chevalier de Tant-Bourrin, passablement éprouvé par ses dernières aventures, le regard comme fou, la face agitée de tics nerveux, le dos voûté, chargé de toute la misère du monde, bringuebalait dans son armure de plus en plus déstructurée, l'aura définitivement en berne.

Derrière, loin, loin derrière, son écuyer Saoul-Fifre, dont l'aura de mouches flamboyait dans l'aube naissante, cahotait au rythme du pas de sa bourrique, l'air inquiet, visiblement aux aguets.

Il faut dire que les relations du Chevalier et de son serviteur s'étaient légèrement refroidies depuis leur toute dernière péripétie. Entendez par là que le Chevalier, désormais amputé de la Dame de ses pensées, la gente mais un peu trop leste Calcinée du Grozosiau, n'avait plus qu'un seul but : attraper son écuyer, l'étrangler proprement, le passer au fer de son hachoir qui chante, en faire de une bouillie informe et la donner à manger au premier chien errant venu.

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vendredi 3 avril 2009

Mam'zelle KesskadiePremier jet, sans jeu de mot

Elle s'en fut faire des courses, la ménagère au gros cul, ballotant son panier autant que ses fesses.

Elle s'en fut maussade, humeur de ses nuits sans sommeil et sans baise.

Arrivée parmi les étalages de fruits et de légumes, v'là t'y pas l'italien, chantant ténor, qui étalageait le concombre tout en étalant son propre cucurbitacé tout en graine montante sous le tablier.

La ménagère, en mal de salade, sentit la vinaigrette qui s'agitait.

L'italien, tout en brassant ses laitues romaines regorgeant d'eau, jeta un coup d'œil gourmand sur les pommes de laitue qu'avançait l'acheteuse affamée.

Mine de rien, elle s'arrêta devant les tomates, les caressa de son majeur savamment, les enroba avec une soudaine ardeur d'une main caressante, les frotta contre sa jupe si près du bourgeon qui germait d'en dessous, qu'on n'aurait pas été surpris d'en voir le jus sortir.

L'italien, chantant toujours ténor, s'approcha, et, hypocritement désintéressé, se pressa contre le derrière mou et dodu, trouvant le lit parfait pour y nicher le sarment mâle. Il lui souffla, toujours de sa voix de ténor : elles sont tendres et juteuses, mes tomates, si près de l'oreille de la cliente, que celle-ci eut un spasme et rejeta la tête contre lui.

"Comme vous les tâtez, mes tomates, comme vous savez les flatter." susurra-t-il

La pauvre, n'en pouvant plus d'émois qui ne pouvaient à peine se retenir, glissa loin de la torture du bâton qui l'émoustillait.

Elle s'arrêta devant les melons, bien ronds, et les soupesa pour en apprécier la fermeté. C'était l'appel qu'attendait l'étalagiste pour revenir planter sa tige dans le tiède sillon que les fesses lui présentaient tout en remontant, sous la veste de l'acheteuse, une main dont le geste appréciait autant la rondeur mamaire que la ménagère, celle cantaloupe.

Quel melon ne fut plus désirable et plus tâté que celui qu'elle finit par mettre dans son panier.

L'italien, n'étant pas au bout des ressources de ses envies cultivées, l'entraîna à choisir un concombre qu'il avait si savamment mis en valeur.

La ménagère le prit entre ses deux mains, le roula précautionneusement. Puis, elle en appréciait le bout de son index. Elle le frotta entre ses seins pour en faire luire la pelure et le caressa d'un geste de va et vient , qui jadis, avait fait jaillir bien des semences..

Puis, elle le mit dans son panier, délicatement, et murmura : "que de fermeté je sens dans vos produits"

L'autre, sentant le fruit mûr à point, lui chuchota : "c'est grâce à la méthode de maturation que nous avons dans nos garde-mangers." et, enrichit son ardeur à dire : 'Vous plairait-il de m'accompagner à l'arrière que je vous en montre le secret?"

Il lui montra si bien et avec tant d'éloquence, que le boucher fut attiré par les exclamations du duo, ténor et soprano. Ne voulant pas être en reste, il lui fit gouter de son saucisson.

Le poissonnier, quant à lui, lui ouvrit la moule et le pâtissier rajouta une touche de crème fouettée au festin impromptu.

Le gérant, quant à lui, s'assura que la dame était bien satisfaite et le patron, qu'elle fut bien servie.

Toute guillerette de tant de provisions inopinées, elle s'en revint t'à la maison.

On ne sait pas ce qu'elle cuisina pour le dîner, mais on sut, que pour une fois, elle dormit les poings fermés en rêvant de faire chaque jour son marché.

mercredi 1 avril 2009

CaluneC'est trop bien

Enchanté par son premier passage sur blogbo, Juju m'avait confié qu'il souhaitait poursuivre sa participation au grand oeuvre blogborygmique (et blogborythmique), la question étant : après avoir déclamé en exclusivité sa passion pour Chelon, quel sujet allait-il bien pouvoir aborder à présent ?!

Il fallait trouver quelque chose à la hauteur de sa première intervention : ça n'était pas de la tarte, et il s'en alla les poings dans ses poches crevées (c'est une image) chercher l'inspiration dans un lieu bien connu des penseurs torturés : le musée Rodin. Et voici ce qu'il vit (après avoir salué le saint-patron des penseurs torturés) :

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lundi 30 mars 2009

AndiamoDouleur !

Ernest Chapoutier était un petit bonhomme sans histoire, célibataire, on aurait pu dire vieux garçon, un Monsieur "tout le monde", modeste employé de bureau. Il avait eu un mal de chien à passer à l’informatique quand, dans les années soixante-dix, la compagnie d’assurances qui l’employait, "Le Gagne Petit", s’était informatisée.

Il avait bien fallu s’y mettre sous peine d’un licenciement au motif de manque de compétences !

Pourtant, quelques années plus tard, cette même compagnie avait fait faillite, laminée, broyée, mise en pièces par sa concurrente et rivale : "La Musaraigne".

Chapoutier s’était retrouvé demandeur d’emploi, terme moins affligeant que celui de chômeur, mais c'était la même affaire !

Un soir, alors qu’il rentrait d’un entretien avec un employé de l’A.N.P.E., il croisa dans le couloir, son voisin, Séraphin Calanchard, veuf de son état et sans enfants.

- Bonsoir, cher voisin ! Je sais que vous êtes en recherche d’emploi ?

- Euh oui… avait balbutié Chapoutier.

- Ecoutez, si cela vous intéresse, un poste vient de se libérer à "La Musaraigne", la compagnie d’assurances dans laquelle j’assume une certaine responsabilité en tant que chef de bureau, avait-il prononcé avec un ton suffisant, et je peux vous recommander, si cela vous convient, bien évidemment.

- Merci, Monsieur Calanchard, ce sera avec grand plaisir, et je saurai me monter digne de votre confiance.

Pourquoi avait-il ajouté cela ? Rentré chez lui, il en eût honte. Faire partie de la compagnie qui avait été la cause de tous ses malheurs… Quelle humiliation !

On ne pouvait pas dire que Calanchard harcelait Chapoutier, non, c’était beaucoup plus insidieux et pervers, chaque jour et plusieurs fois dans la même journée, ce chefaillon relevait les fautes de frappes ou les erreurs bien minimes commises par son subordonné.

- Allons Chapoutier, ça n’est pas BIEN grave, mais tout de même il vous faudra faire plus attention la prochaine fois, n’est-ce-pas ?

- Oui, bien sûr, Monsieur Calanchard, s’entendait balbutier Ernest Chapoutier, encore un peu plus mortifié, à chacune des remarques de ce trou du cul imbu de sa petite personne.

Un jour, Calanchard proposa à Chapoutier de l’accompagner au stand de tir dont il était membre.

- Je suis inscrit dans un club dans lequel nous pratiquons le tir à l’arbalète, vous devriez m’accompagner un samedi matin, vous verrez, c’est très intéressant.

Afin de ne pas déplaire à son chef plus que par goût, Chapoutier s’inscrivit, prit une licence et s’acheta une arbalète. Bien sûr, pas du haut de gamme, ses modestes moyens ne le lui permettaient pas,

Tous les samedis, Séraphin et lui se retrouvaient au stand de tir. Calanchard l’emmenait dans son automobile, une golf VW. Tout au long du trajet, pas très long fort heureusement, Calanchard lui vantait les mérites et la supériorité des voitures allemandes. Chapoutier n’avait jamais passé le permis donc… pas de voiture.

Ça agaçait fortement Ernest, mais l’humiliation était à son comble lorsque, au stand, Calanchard, d’un carreau (nom donné aux traits de petites dimensions) aussi précis que bien ajusté, frappait la cible dans le "MILLE".

Douleur ! hurlait le maître d’armes, c’est l’expression consacrée, lorsqu’un trait, un carreau ou une flèche atteint le cœur de la cible.

Jamais encore Ernest Chapoutier n’avait entendu crier "douleur" lorsqu’il tirait, s’appliquant, ajustant, transpirant, retenant son souffle, immanquablement, le trait allait se ficher loin du centre.

Jamais il n’avait fait mouche, atteint le mille tant espéré !

Et l’autre salaud, condescendant, le gratifiait d’un "ça viendra mon vieux Chapoutier, ça viendra !"

Un soir, alors qu’il était à sa fenêtre, il vit pour la énième fois sa voisine d’en face de l’autre coté de la cour qui se déshabillait. Elle prenait son temps, sachant que l’autre voyeur, ce Chapoutier, la matait !

Une fois, elle l’avait humilié : la croisant dans la rue, il avait osé l’aborder. Ses longues séances d’observations lui donnaient toutes les audaces, pouvoir serrer ce corps, caresser cette opulente poitrine que pratiquement chaque soir elle offrait à sa vue…

- J’aimerais Mademoiselle vous offrir un café, nous sommes voisins et…

- Ah oui ! C’est vous qui me matez chaque soir, je vous reconnais, vieux pervers !

Sous l’insulte, Ernest était resté sans voix, puis avait rougi. La plantureuse l’avait regardé droit dans les yeux, puis avait tourné les talons, accompagnant cette volte d’un grand éclat de rire. Chapoutier en avait gardé une rancune tenace.

Légèrement en retrait, il l'observait, elle prenait des poses, langoureuse femelle, balançant les hanches au rythme de "Summertime" divinement chanté par Ella Fitzgérald. L’aguicheuse transpirait un peu sous les aisselles, Ernest avait horreur de ça, alors il lui vînt une idée.

Faire d’une pierre deux coups, ou plutôt d’un trait deux vengeances.

Les portes des appartements se verrouillaient à l’aide d’antiques serrures actionnées par des clés en ferraille, énormes. Se procurer tout un trousseau au marché aux puces de Saint-Ouen fut un jeu d’enfant.

Un soir, Ernest alla frapper à la porte de son voisin :

- Monsieur Calanchard, vous êtes là ? C’est votre voisin, Chapoutier !

La porte s’ouvre, Calanchard est là, sans cravate, des pantoufles du "Docteur Jéva" aux pieds, il lève les sourcils en signe d’interrogation.

- Monsieur Calanchard, c’est mon anniversaire, aussi j’ai pensé que nous pourrions arroser ça, j’ai justement une vieille bouteille de calva, qui m’a été offerte, il y a un certain temps, par un cousin qui habite près de Caen.

L’œil interrogateur de l’interpellé fait place à un œil brillant et enjoué. Chapoutier avait observé à l’occasion des rares "pots" donnés, un départ à la retraite ou les veilles de Noël, que le père Calanchard ne crachait pas sur le goulot !

- Mais ce sera avec plaisir !

Les voilà tous les deux dans l’appartement de Chapoutier, deux verres, une bouteille presque pleine d’un joli liquide ambré, signe d’un long séjour en fût de chêne avant la mise en bouteille.

A la tienne, à la mienne, les verres se vident et se remplissent… Enfin surtout celui de Calanchard, car Ernest boit très peu, c’est toujours le même verre qu’il tient et qu’il vide de temps en temps, discrètement, dans le vase vide posé sur la table. Au bout de deux heures, la bouteille est quasiment éclusée.

Alors Calanchard se lève en s’agrippant à la table, il titube et, d’un pas plus qu’hésitant, se dirige vers la porte.

- Eh bien, mon vieux Ernest, tu permets que j’t’appelle Ernest ?

Le voilà qui se met à l’appeler par son prénom et à le tutoyer !

- Bien sûr, Monsieur Calanchard.

- Il me semble que j’en tienne une bonne !

Il sort sur le palier, se dirige d’un pas mal assuré vers sa porte, avec beaucoup de peine, trouve le trou de la serrure, ouvre et entre chez lui, à nouveau le grincement de la clef, Calanchard a refermé sa porte.

Chapoutier ne s’est pas couché, il attend. Une heure s’est écoulée depuis le départ de son voisin, il se lève calmement, enfile une paire de gants en latex, qu’il a pris la précaution d’acheter dans une pharmacie éloignée de son quartier.

En face, la mère j’t’allume commence à onduler de la croupe, les fenêtres de son appartement sont grandes ouvertes, en cette fin de juin torride. La musique lui parvient…

Summertime and the living is easy.
Fish are jumping and the cotton is high…

Il se faufile dans le couloir, muni du trousseau de clés acheté aux puces : "je les collectionne" avait-il menti au vendeur. Après quelques essais infructueux, il déniche enfin la bonne clé et, lentement, déverrouille la serrure.

Le cœur battant, il pousse la porte de l’appartement de Calanchard, ce dernier ronfle comme une locomotive, il est affalé en travers du lit, ses "Jévas" pas même retirées. Il cuve, songe Ernest.

Il se rend à la fenêtre, l’ouvre : l’aguicheuse commence son effeuillage, il fait très chaud malgré l'heure tardive, les fenêtres de la plantureuse sont grandes ouvertes.

Oh your dad is rich and your mam’ good looking.
So hush little baby don’t you cry.

Sur le sommet de l’armoire, Ernest repère l’arbalète, il se hisse sur la pointe des pieds, saisit l’arme, une arbalète "TWO-POINT LX", un engin haut de gamme, deux mille euros au bas mot songe Ernest. Il n’a aucun mal à trouver les « carreaux », bien rangés dans un carton.

Alors, posément, calmement, Ernest arme l’arbalète de son voisin, se rend à la fenêtre, la voisine a dégrafé son corsage, elle ne porte rien dessous, ses énormes seins ballottent un peu.

Ernest peut voir les auréoles dues à la transpiration qui ont marqué le corsage sous les aisselles, il a une moue de dégoût. Il ajuste calmement la femme, retient son souffle...

One of these mornings.
Your going to rise up singing.

Il presse la détente, le trait part, et touche la strip-teaseuse en plein cœur... DOULEUR ! crie Chapoutier tandis qu’elle s’écroule sur le plancher !

Then you’ll spread your wings…

Le lendemain, quand les policiers débarquent chez Monsieur Séraphin Calanchard, irréprochable chef de bureau dans la vénérable compagnie d’assurances "La Musaraigne", ils trouvent un homme pas rasé, vaseux, une tasse de café à la main, sur la table, bien en évidence… une arbalète.

samedi 28 mars 2009

Saoul-FifreMirjam

La bruine nationale faisait reluire chaque pavé, chaque poignée de porte. Les feuilles des grands arbres le long des canaux faisaient un brin de toilette. Les nuages esquissés à la mine de plomb se mélangeaient à la lumière rasante pour nous brosser une dernière matinée à Amsterdam d'un classicisme flamboyant. Nous commencions à appréhender le clair-obscur des grands maîtres.

Nul besoin d'équipements anti-pluie, un bonnet suffit, mais nous sommes étrangers et nous supportons stoïquement les quelques gouttelettes piégées par nos cheveux. Un simple bonnet tricoté, comme en portait Mirjam ce matin là.

Nous menions nos pas rendus guillerets par ce temps si vraiment amstellodamois vers le marché aux puces de Waterlooplein mais l'ambiance était à la morosité chez les rares commerçants.

Excepté chez les vendeurs de parapluies et autres cirés, dont le sourire jovial faisait plaisir à voir, le malheur des uns, n'est-ce pas ... ?

Nous le traversâmes donc assez rapidement, sans rien voir de bien enthousiasmant, et c'est arrivé à son extrémité que je l'aperçus, la statue. Par delà l'avenue, à coté d'une zone de travaux, au milieu d'une place déserte.

Regarde, Margotte : la statue du docker ! Nous l'avons oubliée et nous tombons dessus par hasard !

Deux jours avant, nous avions prévu d'aller à la grande cérémonie consensuelle qui réunit autour de ce bonhomme de bronze tous les amis de la liberté de penser et de vivre en paix quelle que soit sa religion, sa couleur ou sa sexualité. Et puis, peur de la foule ou mauvaise organisation, nous avions raté ce RV et fait autre chose.

Notre train est dans deux heures mais nous sommes là devant ce sacré docker, tout émus.

Ha tiens, la place n'est pas complètement déserte, il y a là une dame sans âge, mise très simplement, qui se balance d'un pied sur l'autre, qui s'avance pour lire les rubans sur les couronnes de fleurs déposées là en hommage, qui grommelle, qui parle dans sa moustache. Nous, vous nous connaissez, on se fait tout petits, on respecte, on essaye de faire oublier qu'on est des touristes, malgré nos appareils photos.

Elle en a visiblement gros sur la patate, il faut qu'elle s'exprime. Comme tout le monde à Amsterdam, elle nous aborde en anglais : Did you know what happened here...? Notre réponse coassée de froggies lui annonce notre nationalité et elle se met à nous parler un français de haut niveau qui nous époustoufle.

Elle a les boules de voir les partis politiques de tous bords venir lécher consciencieusement le cul du docker. Nous comprenons à demi-mot qu'elle en veut surtout au parti communiste du pacte de non-intervention germano-russe. Et puis aussi un peu de l'attitude des soviétiques envers leurs juifs. Enfin, elle voit surtout beaucoup d'hypocrisie dans cette récupération politique à peu de frais : présence, bouquet de fleurs, mots-valises.

Nous sommes un tantinet déçus et nous le lui disons. Voilà notre beau symbole de solidarité par delà les communautarismes et les corporatismes, trainé dans la boue ? Elle redémarre, attaque la famille royale, traite le Prince Bernhartd d'ami des nazis, le reste de pétochards.

Je lui demande d'où lui vient la perfection de son français. Elle répond que c'est une longue histoire de famille, que ses parents ont habité Nice, dont ils ont dû partir suite à des revers de fortune lors du Krach de 29. Que chez elle, à table, on parlait français. Elle se met à nous réciter une ode à nos hommes politiques si brillants, aux discours si lyriques, dont l'art oratoire est si plein d'éloquence, comparés aux élus néerlandais si rustauds, si brutaux dans leur expression.

Mais mais mais, nos politicards parisiens nous bourrent le mou, ils n'arrêtent pas de mentir, ils nous promettent le lendemain l'inverse de ce qu'ils nous ont promis la veille ! On préfèrerait peut-être un langage plus direct, sans tourner autour du pot ?

Ouais, bof, on ne va pas non plus lui détruire son rêve d'une douce France, à cette marrante Mirjam ?

Elle nous raconte sa vie, et ses morts, restés dans les camps d'extermination. Elle se méfie d'internet, du téléphone, vous savez, avec mes idées révolutionnaires, ils me surveillent !

Elle se moque d'elle même : ma paranoïa s'explique aisément par mon histoire, je pense ? Elle se méfie un peu de nous, aussi : vous êtes bien des touristes, hein ?

Elle nous a définitivement adopté car elle nous parle de sa compagne. Mirjam est artiste peintre. Elle s'inquiète de nos horaires, s'excuse d'être bavarde, mais c'est qu'elle est si contente de pouvoir utiliser notre langue ? Je lui demande si elle voyage et, sur sa réponse affirmative, l'invite chez nous. Nous échangeons nos adresses. Je connais la route mais elle tient absolument à nous accompagner. Nous sommes dans son quartier, elle connait chaque magasin, nous raconte plein d'anecdotes. Nous montre la maison de Pinto, celle de Rembrandt... S'excuse presque de nous faire traverser le quartier rouge, mais c'est le chemin le plus court.

Elle accepte de nous quitter quand je lui jure que je sais précisément où nous sommes (au bout de cette rue, il y a un poste de police).

Chouette nous nous sommes dégottés la guide absolue, idéale.

Mais la loco de notre Thalys est déjà sur le départ, en train de chauffer, c'est ballot ?

jeudi 26 mars 2009

Tant-BourrinClasse de neige

Dernière image. La frimousse de Tant-Bourriquet, un bonnet bleu enfoncé sur les oreilles, qui nous fait un bisou volant à travers la vitre de l'autobus, juste avant que celui-ci ne démarre. Le bus tourne au coin de la rue. Coup de klaxon du chauffeur comme un ultime adieu. Les gorges sont serrées. Des larmes coulent encore sur les joues de quelques mamans. Tant-bourriquet, comme ses camarades de classe, vient de nous quitter pour deux semaines de classe de neige.

Deux longues semaines pour un tout petit bonhomme de cinq ans à peine, loin, si loin de nous, là-bas, en Haute-Savoie.

Retour dans l'appartement, si silencieux soudain, comme privé subitement de vie.

Reprendre le cours normal des choses, chasser les questions de sa tête, se dire que tout se passera bien.

Mais tout dans l'appartement me parle de lui.

Sa chambre. Le petit lit qu'il aime tant. Les draps à l'effigie des héros de Cars, son film préféré.




Et puis, passant dans la salle de bain, trois regards me scrutent, comme chargés de reproches : ceux de trois petites voitures qu'il avait alignées hier avec soin sur le bord du lavabo et qui sont restées là.




Sur l'ordinateur, je revisionne les petits fragments de sa vie passés dans l'oeil du caméscope : du nourisson si fragile sur je tenais hier encore dans mes bras au petit bonhomme qui, l'été dernier, nous avait donné un mémorable concert sur le piano de sa mamie dans un yaourth japonisant.

Tant-Bourriquet - Impromptu

Téléchargeable directement ici



Et là, sur le bord du bureau, le petit dessin qu'il m'a fait, le matin même, en écrivant amoureusement "papa" dessus...



Ma gorge se serre.

J'écoute de nouveau le calme silence qui flotte alentours. Ce silence assourdissant.

Et alors monte soudain en moi le cri.

Le cri instinctif. Primal. Venu des noires profondeurs de mon âme. Pétri d'émotion trop lourde. Le cri du sang. Le cri d'un père loin de son fils...







YEEPEEEEEEEEH

YAAAAAH !!!



Heu....... Excusez-moi, je me suis un peu oublié... mais ça fait tellement de bien : c'est pas tous les jours qu'on a quinze jours de vacances, hein ! :~)

mardi 24 mars 2009

Mam'zelle KesskadieDevinettes et plus

Chanceux et chanceuses, j'ai du temps disponible pour écrire un de ces courriels tant appréciés et qui sont ma thérapie hebdomadaire.

Comment je fais pour trouver du temps libre ? Plutôt comment je ne fais pas.

Les moutons de poussière, en troupeau, dorment paisiblement au chaud dans les vêtements sous le lit, le panier à linge sale déborde parce que la laveuse, elle-même, déborde. C'est-à-dire ? Que le cauchemar de toute ménagère est devenu ma réalité, le tuyau de renvoi d'eau de ma laveuse est très bloqué partiellement. Autrement dit, je peux vider ma laveuse une tasse à la fois. J'ai déjà conçu l'enfer comme un lieu brûlant, maintenant, je le vois avec plein de linge sale, une longue rangée de laveuses en panne et de renvois d'eau qui ne laissent passer qu'une tasse d'eau sale à la fois.

Bref, je choisis le paradis. L'Homme n'est pas fait pour contempler l'enfer, a dit un sage dont je n'ai pas oublié le nom, mais que j'ignore sciemment, il était aussi misogyne.

Donc.

J'ai du temps pour mes loisirs, jouons ensemble, si vous voulez bien, aux devinettes ! Étant donné que mon emploi du temps ne me permet pas de cultiver mon savoir sur l'actualité internationale ni sur l'histoire médiévale de la lavandière, concentrons-nous sur le quotidien.


Devinette no. 1.

Que dit un adolescent de 16 ans, à 22:00 un vendredi soir, dans l'auto de sa mère qui est restée debout juste pour aller le chercher à son activité de loisir, pour la remercier ?

a) Maman, je sais tous les sacrifices que tu fais pour moi, je t'en remercie du fond du coeur.
b) Un jour, maman, je serai reconnaissant et je te paierai la croisière dont tu rêves en Alaska.
c) On sait ben, toi, tu te fous bien de nous.

C comme dans Clissssssssssse vendredi prochain, tu vas marcher!

Oui, je l'ai laissé vivant. Que voulez-vous, je suis une optimiste née et j'ai espoir qu'un jour, il change pour le b).


Combien de garagistes ça prend pour réparer un auto accidentée?

Aucun, comme dans ôôô que ça va aller mal !

Ça prend un inspecteur qui le menace de ne pas le payer parce que c'est la deuxième fois que la madame ramène son auto au garage pour qu'il fasse sa job.


Jean-François, 9 ans, vient faire dodo avec maman. Qu'est-ce qui peut réveiller Jean-François ?

a) La lumière allumée parce que maman cherche sa robe de chambre ?
b) Le son du séchoir à cheveux quand maman sèche ses cheveux avant d'aller dormir ?
c) Le son de l'ordinateur, situé dans le sous-sol, quand son frère de onze ans se lève et pèse sur le bouton On ?

C comme dans C'est à mon tour de prendre l'ordi, tasse-toé de là, maaaaaaaaaaaammmmmmmmmmmmannnnnnnnnnnnn, Alexxiiiiiiiiiis veut pas me laisser mon tour. C'est pas son tour, hier c'est lui qui aaaaaaaaaaaaaa finiiiiiiiiiiiii. (voix d'ado mutante) Taisez-vous les petits sinon je vous frappe (voix d'enfants indignés) Mammmmmmmnnnnnnnnnn Jérémie veux nous faire mal. (pensée de mère endormie) : faut-tu vraiment que je fasse de l'écoute active, du recadrage ou je peux les frapper ?


Combien coûte une amende quand on se fait rentrer dedans parce qu'on a pas vu l'auto qui s'en venait à cause du gros banc de neige ?

a) $100
b) $100 plus $48 de frais administratifs
c) $100 plus $48 de frais administratifs plus $10 de contribution.

Non, non, j'ai pas oublié d'écrire à quoi sert la contribution. Il n'y a aucune explication à la contribution. Nul besoin de vous dire que la réponse ne s'envoie pas par courriel de peur que les polices interpol, CiA et Gendarmerie royale du Canada viennent m'enlever mon permis de conduire.


Donc, prochaine devinette.

D'après vous, à quoi sert ma contribution après avoir payé les frais administratifs, une amende, le déductible de mon assurance, mes primes d'assurances, le cipralex pour endurer tout ça, la pizza parce que j'avais pu de nerfs à la fin de la journée pour faire à souper ?

a) à payer l'enlèvement de la neige. On comprends que s'ils amassent les $10.00 par accident, on est pas prêts de voir le camion qui va faire la job.
b) à payer les avocats pour défendre la ville qui n'enlève pas la neige au-cas-où les accidentés les poursuivraient.
c) à payer la publicité pour dire que la ville s'occupe de bien enlever les bancs de neige.
d) au voyage dans le sud du responsable de l'enlèvement de la neige.

Si vous trouvez la réponse, pour la sécurité du personnel de la ville de Gatineau, n'en soufflez mot.


Dernière devinette.

Quel est la plus belle chose qu'une divorcée, monoparentale de cinq enfants, dont trois adolescents qui ont l'intensité d'émotions d'un des parents, la répartie d'un des parents, le goût pour le ménage d'un des parents, la patience d'un des parents, aime entendre

a) le son d'un amant qui ronfle dans son lit ?
b) Le son de la balayeuse quand ce n'est pas elle qui la passe ?
c) la voix du professeur qui dit que son fils est tellement assidu, attentif, à ses affaires ?
d) la voix de son comptable qui dit qu'elle a un retour d'impôt équivalent à tout l'impôt qu'elle payé cette année ?
e) aucune de ses réponses.

Après une semaine pas de laveuse, le plus beau bruit à entendre, c'est définitivement le bruit de l'eau sale qui s'écoule gaiement dans le tuyau de renvoi de la laveuse.

Sur ce, je vous quitte, j'ai une semaine de lavages pour six personnes, dont trois ados, à faire.

Et la voici, ma réponse à tous les maux de la terre.

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