Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 19 septembre 2013

Tant-BourrinMes disques de légende [4] : Les Enfants terribles - "C'est la vie"

Il y a longtemps que je brûlais d'envie de graver leur nom au frontispice de mes disques de légende - dès le premier billet, en fait - mais j'avais dû reculer jusque-là : si peu d'informations disponibles sur eux (biographies réduites au strict minimum, peu de photos, absence des sites de musique en ligne...) quand j'aurais voulu en dire tant. A croire que la trace qu'ils ont laissée est inversement proportionnelle à l'immensité de leur talent, eux qui brûlèrent dans le ciel de la chanson française comme une météorite incandescente.

Eux : les Enfants terribles.

Ce billet est aussi l'histoire d'un rendez-vous long mais inexorable. Il faudrait trente ans avant que je découvre vraiment leur premier album, après sa réédition en CD. L'album dont il est question aujourd'hui. L'un des plus beaux de la chanson française.


Lire la suite

samedi 14 septembre 2013

BlutchMa baie des anges à moi

Vautré dans son transat à regarder les mouettes, pénardibus, le Doyen nous a embarqué sur une coque de noix pour une visite marine (sans majuscule) de sa baie de Somme. Entre deux siestes c’était osé…

Plus sportive mais moins en adéquations avec les particularités régionales, Célestine nous a offert sa Baie des Anges par voie terrestre, et pédibard. Là, je m’insurge quelque peu tout de même. J’espérais un voyage organisé à dos d’Anges, avec survol de la Baie, rase-mottes of the promenade of the english emperlousées (qui, dans le cas d’espèce ne veut pas dire cernées de pétomanes). Un virage sur l’aile au-dessus de feu la Victorine et atterrissage en douceur devant le bar de Jackie et Jacky. Au final, on a eu droit au siphon, mais il manquait le pastis…

Je vous parle de ces baies parce que moi aussi j’aimerais bien vous parler d’une baie qui soit à moi, et là, ça coince parce que c’est une denrée assez rare dans les montagnes suisses. J’aurais l’air de quoi de vous exhiber ma baie de St Prex ou de Cudrefin. Personne ne sait dans quelle vague contrée ça peut se situer. Même Word est dans les choux en me proposant de changer pour pyrex et cupertino (sans même y foutre des majuscules, l’inculte !). Tu parles d’une culture pour Bill Porte de ne même pas savoir dans quels lieux Blutch a posé les sabots de son cheval… c’est vexant.

Il me restait un choix restreint avec l’abeille Maya ou l’Abbé Pierre. Finalement, j’ai opté pour ma Baie Vitrée (avec majuscules, parfaitement ! Si tu voyais sa grandeur, tu ne mégoterais pas là-dessus).

Ben oui, ma baie à moi est moins aquatique, mais bien plus vitrée que toute la Somme des Anges qui l’a précédée chez Blogbo. Je suis amoureux de ma Baie Vitrée ; pas qu’elle soit faite dans un bois rare ou ornée de ciselures particulières, mais à cause de ce qu’il y a de l’autre côté du verre.

Un joyau, une perle, une rareté qui a accompagné mon enfance :

Le Léman.


C’est ma butte Montmartre à moi qui ne suit pas parigot et c’est aussi mon Négresco.

Point n’est besoin de préciser que c’est un lac pour une telle merveille.

Viens, approche-toi de la vitre et regarde là, sur la gauche, une plaine avec en son milieu un ruban de flotte. C’est le Rhône et sa plaine. Il a plu sur le Valais car aujourd’hui il est gros et son eau est brune de tous les limons que les orages ont arrachés aux vignes produisant la Dôle et le Fendant, pour les déverser dans ce qui est le premier delta du Rhône. Dans douze ans, cette eau quittera le bas lac à Genève pour reprendre son cours vers la France. En face de toi, la côte française avec ses montagnes de la Savoie qui tombent dans la flotte. Elle est belle d’être le reflet de la côte suisse...



De gauche à droite depuis le Rhône : St Gingolph (bourg-frontière). Meillerie, Evian, Thonon, Ivoire (à qui Lausanne doit beaucoup pour ses carrières), puis Hermance qui nous ramène déjà en Suisse.

En bas de ma Baie vitrée, c’est Lausanne (cette provinciale qui fait ses humanités, disait Jean-Vilard Gilles) qui s’étale, avec sa cathédrale qui, depuis plus de 600 ans, abrite en son beffroi le Guet qui chaque nuit veille à la tranquillité de la ville et rassure la population en annonçant chaque heure nocturne aux quatre points cardinaux. Souvenir tenace des incendies qui détruisirent la ville.

Un peu à gauche dans le bas de la vitre, le château de Chillon, résidence des Ducs de Savoie accrochée à un îlot rocheux et qui s’est offert le Léman en guise de douves…

Un peu à droite de Lausanne, La Venoge, dont je laisse à Gilles le soin d’en parler...

Tout à droite, c’est Genève avec ce qu’il faut pour mouiller l’absinthe : 140 mètres de hauteur et 5000 apéros à la seconde.

T’as soif ? Une chansonnette écrite elle aussi par le poète vaudois Gilles.

jeudi 5 septembre 2013

AndiamoPotemkine





Huguette, debout sur un tabouret branlant, nettoie « ses » carreaux. C’est une petite femme sans âge, les cheveux grisonnants, toujours une réflexion acerbe prête à sortir de sa bouche édentée.

Claude l’a épousée il y a quarante-cinq ans… Quarante-cinq ans déjà ! Certes on ne peut pas dire qu’elle aie inventé l’eau tiède, mais à vingt ans elle était mignonne, un peu ronde : « abondance de biens ne nuit pas » se plaisait-il à dire.

Il l’avait épousée un peu par obligation : une soirée au Moulin de la Galette, rue Lepic, une bouteille de mousseux, deux tangos, trois slows, on va prendre l’air et on se retrouve les pattes en l’air dans la deuch garée un peu plus loin. La suite, vachement banale : enceinte, un mariage vite fait. Dans les années cinquante, on ne badinait pas avec ces choses-là, Monsieur ! On « réparait » et c’est tout !

Une petite Jeanine née sept mois après le mariage. « Tout va si vite de nos jours » disaient les grands-parents un peu gênés !

Au début, ils ont habité un deux-pièces à Aubervilliers, au premier étage d’un immeuble correct et bien entretenu. Puis, en 1960, Adrienne Pageon, la maman d’Huguette, est décédée, suivie de près par Auguste Pageon, son époux. Alors Huguette, Claude et la petite Jeanine ont emménagé dans l’appartement des parents, un trois-pièces-cuisine situé au 14 de la rue Chappe à Montmartre, que le papa d’Huguette avait acquis à grand peine après une vie de labeur. Seule enfant, Huguette en avait hérité.

Elle est là, frottant ses carreaux, le chiffon dans une main, dans l’autre le produit miracle qui fait reluire tout ce qu’il touche ! Elle a vu ça à la télé : une nana gaulée comme une Ferrari, un coup de spray et hop, la gazinière cradingue prête à réintégrer les stands « Darty » ! Comme neuve, la gazinière… Elle y croit, Huguette, dur comme fer ! Des sprays, des pâtes miracles, des liquides plus ou moins visqueux, il y en a plein les étagères !

C’est comme ses crèmes à la con sensées lui apporter la jeunesse éternelle ! « Avec ses rides et sa peau tannée, elle devrait acheter des sacs de plâtre » pense Claude en la voyant étaler copieusement des tartines de crème parfumée au patchoulli, ou pire au cuir de Russie. Claude a horreur des parfums, une sorte d’allergie, alors elle le fait exprès, juste pour l’entendre éternuer !

Pareil avec la cuisine, elle ne s’emmerde pas : surgelés, surgelés, surgelés et, de temps en temps, un effort, l'ouverture d'une boîte de conserves.

Enfin, hier, elle a dépassé les bornes : sur ARTE passait « le cuirassé Potemkine », le chef-d’œuvre d’Eisenstein. Claude, afin d’avoir la paix, la laisse toujours choisir le programme, mais là, il tenait à revoir ce film…

- Quoi ? J’en ai rien à foutre d’Einstein ! Il ferait mieux de s’occuper de son cul !

- Pas Einstein, Eisenstein ! Et puis Einstein était un physicien, Eisenstein était un grand cinéaste, ce film est un pur chef-d’œuvre !

- Rien à foutre ! Ce soir, il y a « trou de serrure », une télé-réalité tellement bien pipeautée qu’on croirait voir les deux orphelines, pas question que je loupe « MON » émission !

Et Claude s’était farci ce lot de conneries puis, vers 9 h 45, était parti se coucher. Huguette avait alors monté le son, juste pour l’emmerder.

La musique, les cris, les beuglements des hystéros, tout passe à travers la mince cloison ! Il ne dort pas, il lui revient cette phrase qu’elle lui hurle toujours au cours de leurs nombreuses engueulades :

- N’oublie pas que tu es « CHEZ MOI » ! Si ça ta plaît pas, tu te casses !

Afin de faire l’extérieur de la fenêtre, Huguette se tourne légèrement, Claude se lève puis, brusquement, pousse Huguette. Un grand cri. Le bruit sourd d’un corps qui atterrit sur le toit d’une Clio…

Les pompiers sont arrivés les premiers, suivis d’un Samu. Elle a été conduite à l’hôpital Saint-Antoine tout proche, au service « réanimation ». Bien sûr, les flics ont enquêté. Rien de suspect, le truc banal en somme : Madame nettoie ses carreaux, juchée sur un tabouret bancal, elle se penche un peu trop et c’est vole, vole, papillon !

Bien sûr, Claude est allé à Saint-Antoine voir sa « chère » épouse, plus afin de ne pas éveiller les soupçons que par compassion, et encore moins par amour ! Au bout de six jours de soins intensifs, Huguette est sortie de « réa ».

Le chirurgien qui l’a opérée a prévenu Claude :

- La colonne a été touchée au niveau des lombaires, la mœlle épinière aussi, et malgré nos efforts votre femme ne remarchera pas, Monsieur Magnard, nous l’avons informée.

Elle a voulu une chambre seule. Dès la première visite, son regard haineux s’est porté sur Claude.

- Je sais que tu m’as poussée… Je t’ai vu, ordure !

- Mais… Mais…

Ferme ta gueule ! Je sais ce que j’ai vu ! Je ne dirai rien aux cognes, j’ai pire que la taule comme punition : tu vas t’occuper de moi, me porter, me laver, m’emmener aux toilettes, me sortir, et t’as pas intérêt à renauder sinon je balance tout aux lardus. Je leur dirai que tu me menaçais, enflure !

Alors, tous les jours, Claude s’en est occupé : la toilette, l’habiller, et pratiquement tous les après-midi descendre le fauteuil roulant d’abord, puis Huguette ensuite, l’installer, et la promener sur les pavés disjoints de la butte, les côtes de plus en plus pénibles, et elle…. elle et son rire édenté…

-T’en chies, hein, enfoiré ! T’en chies, j’espère !

Mai…. Le printemps est là, sur la butte aussi, quelques rares lilas blancs passent par-dessus les vieux murs de pierre des petites maisons anciennes appartenant à des privilégiés. Claude, sous l’exigence de son acariâtre épouse, a poussé le fauteuil près du Sacré-Cœur. Le square Nadar et ses bancs si bucoliques, le grand escalier faisant face à la Basilique, les courageux le montent à pied, les autres prennent le funiculaire.

Claude s’est assis sur l’un des bancs, il venait là autrefois avec celle qui était sa fiancée, ils passaient des heures à se bécoter ! Claude s’est levé a poussé le fauteuil, au passage un bref regard au Chevalier de la Barre, statue en bronze à l’entrée du square… Ils sont là, face aux escaliers.



Lentement Claude a sorti une banane de sa poche, il l’épluche tranquillement sous le regard mauvais d’Huguette.

- Qu’est-ce que c’est que cette fantaisie de bouffer une banane le matin ?

- Tu sais, connasse...

- QUOI ?

- Ne m’interromps pas, je te prie… Dans le film d’Eisenstein « le cuirassé Potemkine », il y a une scène, un « classique », au cours de laquelle un landau dévale un escalier au cours d’une émeute. Cette scène est cultissime. Et bien, mon bel amour, tu vas la refaire rien que pour moi !

Claude a jeté la pelure de banane au sol, il a posé le pied dessus, a fait mine de glisser en poussant un grand cri, s’est affalé sur les pavés, tandis que le fauteuil part dans le grand escalier pour un « remake » inoubliable du cuirassé Potemkine…


jeudi 29 août 2013

BlutchComment réussir quand on est con et pleurnichard

Comment réussir quand on est con et pleurnichard.

(Ou la chronique un peu pocharde du Baron qui écluse sec.)

Avertissement et dénonciation :

C’est rien que la faute à Célestine si ce texte existe, l’idée originelle étant la sienne.

Il peut paraître un peu bizarre dans sa construction et sa syntaxe. Les plus futés des lecteurs de Blogbo (heu oui, tout le monde, bien sûr… pourquoi, il y avait des doutes ?) auront découvert qu’il cache des titres de films.

La chasse est ouverte, combien, lesquels et qu’ont-ils en commun ?

Tous hélas ne sont pas des chefs-d’œuvre, au sens tambourrinesque du terme. Mais certains ne dépareraient pas dans sa galerie de charades… Et j’en suspecte même bon nombre de faire partie de son panthéon.



En ce début de canicule, un incorrigible marginal m’a fait une embrouille.

Hier, au 125, rue Montmartre, ce fut la chasse à l’homme. Je n’en suis sorti d’une courte tête en me plongeant dans le gas-oil. J’ai bien failli bouffer les pissenlits par la racine avec ces barbouzes.

Maintenant, cette bande de misérables, je les garde à vue, jusqu’au dernier. En bon professionnel plus question de leur tourner le dos.

C’était une sacrée entourloupe que me fit Fleur d’oseille. Ah, j’te jure, la française et l’amour…

Elle te joue les amours célèbres, et après tintin : elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais elle cause, elle cause tant et plus que la Babette s’en va-t-en guerre, tu te croyais le pacha de la dame et tu te retrouves guignolo avec des tontons flingueurs aux trousses. Un sacré retour de manivelle, ça tu peux me croire.

D’accord, je suis un incorrigible cavaleur, toujours prêt à faire le singe en hiver. Mais ne nous fâchons pas tout de même, je ne suis pas ce grand escogriffe, cet animal sexuel qui a le sang à la tête dès que le rouge est mis et que la dame te joue les gaietés de l’escadron avant de se fondre dans le désordre de la nuit.

Est-ce bien raisonnable que la petite vertu de la dame te fasse coucou, c’est moi, ta petite France… Alors moi, le président des locdus de gueuler dans le rade « vive la France ! » pendant qu’elle se barrait…

Il y a toujours un moment où le cave se rebiffe. Les bons vivants, faut pas les pousser tout de même. C’est que depuis cette histoire, elle cause plus, elle flingue. Elle te la joue anar.

Chez elle, maintenant, le drapeau noir flotte sur la marmite.

Mais attention à Raoul. Elle veut la guerre, alors je passerai sur le corps de mon ennemi.

Mais avant la vengeance, écoute le cri des cormorans le soir au dessus des jonques…

dimanche 25 août 2013

AndiamoLe gluant

Âmes sensibles, Mamans vertueuses s’abstenir !!

La demi-queen a dépoté le gluant !! Pas de quoi en faire un cake, R.A.B., non, non, ça n’est pas le début de Rabbit !

Oui, je ne les aime pas, tout comme eux nous détestent royalement, alors on ne va pas se gêner !

Il y en a un que j’aime bien c’est Charles et ses feuilles, on dirait un taxi en maraude !

J’explique le taxi en maraude : autrefois les taxis parisiens étaient munis d’un boîtier fixé près de la portière avant gauche du taxi. C’était un boîtier en alu, muni d’une espèce de petit rectangle en alu lui aussi sur lequel était écrit "libre". Quand le taxi était libre, le chauffeur abaissait cette languette ainsi on voyait si le véhicule pouvait être hélé ! Hélé pas belle la vie ?

Alors le Parisien bon teint comparait un mec attigé des esgourdes en le qualifiant de « taxi en maraude » et voilà !

Donc ce grand con de Charles aurait déclaré à Camilla : « je voudrais vivre dans ta petite culotte ». Voilà qui est sympathique ! Biscotte l’autre, sa première épouse, elle était peut-être gironde, mais peut-être que dans le déduit elle ne valait pas un coup de stout (bière rousse) , Et Charlot premier n’est sans doute pas un constipé du kilt !

Son fiston, il n’est pas mal non plus… Non, pas chailles de poney, l’autre, Harry tas d'rouille, il se murge et finit à loilpé ! Voilà qui est sympa aussi !

Et l’autre, le British, il tient la Froome ! Il monte les côtes sans pédaler ! Je l’ai vu escalader le Ventoux sans décoller de la selle, moi je pense que c’était afin que l’on ne voit pas les seringues qu’il avait au cul …Mais bon, ça n’engage que moi, dans quelques mois, il avouera lui aussi avoir marché à l’eau pas très claire, il rendra son p’tit maillot jaune, les sous qui vont avec, en attendant il aura eu droit au GODE SAVE ça COUINE sur les Champs Elysées… Grevure !

Ouais, vous allez penser que je ne les aime pas ? Ben... C'est vrai ! Eux non plus ne m’aiment pas, NA !

dimanche 18 août 2013

celestineMa baie des anges

Il ne vous aura pas échappé que je ne sais rien refuser aux tenanciers de ce blog protéiforme (j’aime bien ce mot, ça fait toujours bien dans une conversation, essayez, vous verrez. Ca en jette. ) Bref, après la Baie de Somme de l’Ancêtre (vous noterez la majuscule déférente) on me somme d’écrire ma Baie des Anges. Je m’exécute avec d’autant meilleure grâce que ce n’est quand même pas une corvée.

Mes origines en patchwork me font balancer comme un métronome entre deux fougues : Italienne du côté de ma mère et Irlandaise du côté d’un copain à mon père. (Meuh nooon, papa, je plaisanteuh ! )

Bref cette double tare fait que j’ai la tête près du bonnet (phrygien), toujours prompte à m’enflammer au propre comme au figuré, un tempérament de feu, à côté duquel les éruptions du Vésuve ne sont que des pétards mouillés un quatorze juillet pluvieux sur la plage de Malo-Bray-Dunes.

Ce grand préambule (de savon) pour vous esspliquer pourquoi on peut avoir comme ma moman des ancêtres italiens, de l’époque où Nice et la Savoie n’avaient pas encore été l’objet du Traité de Turin, tout en étant une Niçoise pur jus. Elle pratique encore couramment le Nissart, et parle avec ce délicieux accent remis au goût du jour par Mado la Niçoise, et qui n’a rien à voir avec les autres accents du sud. J’ai grandi en croyant que ses expressions étaient comprises par tous, du nord au sud de l’hexagone. Comme par exemple « j’en ai une fourre ! » qui signifie « je suis fatiguée, j’en ai plein le dos ». Ou encore « Celle-là de ficanasse ! » pour parler d’une qui se mêle des affaires des autres. Ou pour parler d’un type pas riche, « celui-là, il a pas quatre sous pour faire baler un gari » ce qui peut se traduire littéralement par il n’a pas d’argent pour faire danser un rat…

Je vous laisse imaginer mes premiers dialogues avec les copines en arrivant à l’école communale dans la ville de garnison où je suis née, grâce aux aléas de la vie d’artiste de mon père…. Forte des enseignements de ma mère, sur le quai de Rauba Capeu, par exemple, je n’ai jamais fait l’erreur que font les « estrangers » en le traduisant par « robes et chapeaux ». En réalité, le vent y est si fort qu’il vole le chapeau.

Ma mère me racontait aussi l’histoire de cet Anglais qui demandait à un Niçois « Do you speak English ? » et qui répondait « Noun, you aspeto lou tram » ce qui voulait dire, non, moi, j’attends le tram. Tram qui refait son apparition après avoir été supprimé…souvent hommes varient ! Segure que vaï ! D’ailleurs, ma mère connaît tellement d’histoires, parfois je me dis que je devrais les écrire avant qu’elle s’en aille.

Nice est comme une jolie femme, son collier de perle brille le long de la Promenade des Anglais, elle semble un peu prétentieuse sous ses beaux atours, mais elle recèle des trésors bien cachés à ceux qui savent lui parler gentiment. J’y ai connu d’insouciantes vacances sur les gros galets ronds de la grève, bercée par le parfum du mimosa de la bataille de fleurs, au Carnaval. J’aime encore me balader Rue de France et arpenter le Boulevard Carabacel où mon père et ma mère se sont connus, d’après la légende…

Dépassez donc le stade du Japonais moyen, qui va rester des heures sur la place Masséna, la Prom et l’Avenue de la Gare devenue Jean Médecin (A Nice, pour qui vos tétons ? pour mes deux seins, ha ha, la vieille blague qui circulait au moment des élections !) et laissez-vous embarquer dans le vieux Nice, où, si vous évitez les restaurants –pièges-à-touristes du Cours Saleya, vous pourrez déguster à des adresses un peu secrètes les fameuses spécialités niçoises.

La vraie salade, avec les olives de Nice, toutes petites, et marron clair, le vrai Pan Bagna,(sans concombre !) les beignets de fleurs de courge, ou de fleurs d’acacia, la pissaladière, la ratatouille et l’inénarrable socca, sorte de galette de pois chiche qui se déguste grillée comme un péché avec un verre de rosé. Et puis, les panisses, les gnocchi, les ravioli, les cannelloni maison et surtout, les petits farcis. Tomates, courgettes rondes, aubergines, poivrons, pommes de terre. Tout se farcit à Nice. Bref, rien que d’y penser j’en pleure tellement c’est bon.

Pour digérer vous pouviez aller faire un tour aux Arènes et jardins de Cimiez pour écouter un concert de Jazz. Je parle à l’imparfait, car hélas, ce lieu magique, vestige gallo-romain qui donnait à la musique une poésie étrange a cessé d’exister, au nom de la sacro-sainte « rentabilité », sous prétexte de la non moins sacro-sainte « sécurité » on ne sait jamais, c’est vrai qu’on n’est pas à l’abri d’une fracture du coccyx sur les vieilles pierres deux fois millénaires… En 2010, ce fut un dernier concert bien nostalgique, entaché par cet arrêt de mort prononcé par la Mairie.

La Mairie…ciel, je ne sais pas si j’en parle ! Les vieux Niçois, eux, (mais il n’y en a plus guère) pleurent de voir leur ville devenir la proie des ambitieux, des snobs parvenus et des promoteurs et, n’ayons pas peur des mots, mais ayons peur des maux, de la voir glisser peu à peu vers le bord extrême où il vaut mieux être riche, blanc et en bonne santé que pauvre noir et malade. Chiotti et Estrozizi ont bien compris le truc ; ils se servent de la splendeur de la Baie pour servir leurs appétits démesurés de pouvoir. Nice, tremplin à ministres…A sinistres, oui !

Et pourtant, dans mon cœur, Nice restera Nissa la Bella, éternellement. C’est une ville qui me rend belle. J’y suis bien, elle s’accorde à mon teint et à mes yeux. Et souvent, écrivis-je un jour, je me prends à rêver de Nice, ma ville phare, mon étape, mon escale depuis toujours. Nice de mon enfance, son collier de perles, ses eaux turquoises, son marché aux fleurs. On est à une ville comme à ses souvenirs, attaché à jamais par des liens invisibles et puissants. Et on y revient par intermittence jusqu'à ce qu'un jour, enfin, on décide de s'y retirer pour son dernier face à face avec la vie. Je sais que mon chemin me ramènera vers ses ruelles, son ciel anglais, son air doux et humide, quand, dans quelques décennies, l'appel des bateaux du vieux port et des flâneries dans le Vieux Nice s'imposera comme une évidence. Alors je reprendrai mon voyage au pays de Nucera, interrompu durant la parenthèse enchantée qu' aura été toute ma vie. Et je partagerai mes jours entre la mer et la montagne, entre la plage et les sommets, la côte et l'arrière-pays, faisant du délicieux contraste de cette région une façon unique de ne jamais s'ennuyer.

lundi 12 août 2013

AndiamoBalade en baie de Somme

Certes ça n’est pas la baie des Anges, ni Copacabana, mais par contre c’est beaucoup plus sauvage !

Cette baie est située à l’estuaire du fleuve côtier la Somme, ce fleuve a donné son nom au département. Je viens d’apprendre qu’à l’âge de pierre ce fleuve était aussi important que le Saint Laurent ou l’Orénoque ! Incredible comme on dit de l’autre côté de la Manche justement.

Hélas la baie s’ensable inexorablement, les ports de Saint Valéry, du Crotoy, et du Hourdel, n’abritent que très peu de chalutiers, il y a encore une trentaine d’années, ils en regorgeaient, les eaux saumâtres de la baie abritent de nombreuses espèces de poissons, et de coquillages.

A chaque marée un courant violent envahit la baie, modifiant sans cesse les emplacements des bancs de sable, qui forment des hauts fonds sur lesquels il ne ferait pas bon s’échouer. C’est pour cela que des bateaux spécialisés sillonnent chaque jour la baie afin de placer les bouées aux bons endroits, pour matérialiser le chenal.

Tout proche le parc de Marquenterre réserve ornithologique magnifique, je l’ai visitée il y a quelques années, elle comporte des « cabanes » permettant de photographier les oiseaux sans toutefois les déranger…

On peut embarquer à bord du bateau « commandant Charcot » pour une visite de la baie, classée site protégé depuis peu. On embarque depuis Saint Valéry sur Somme, pour rejoindre la pointe du Hourdel, qui abrite (ça va faire plaisir à Blutch) de nombreuses espèces d’oiseaux marins, on y trouve également des veaux marins (mais non pas votre voisine prenant un bain de mer !) et des phoques… Pas des pédés, les autres avec des petites nageoires…

Allez on embarque ?

Le long de cet estuaire on voit de jolies maisons, résidences bourgeoises datant de la fin du XIX ème siècle, début XX ème, cette côte assez proche de Paris attirait les citadins en mal de grand air et de bains de mer ... La mode des baignades en mer venait d'être lancée.

Vieillottes, un tantinet désuètes... Mais tellement belles !

Voilà la visite est terminée, c'était un ch'tiot billet de vacances....

Les deux premières images ont été chourrées sur le WEB, les autres sont de votre serviteur.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 >