Blogborygmes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 22 mars 2014

Mam'zelle KesskadieVierge Mère

- Vierge mère, alors, ce patronage des eaux bénites ?

- Mon divin fils, ça irait mieux si Dieu ton père avait été meilleur plombier. Ses travaux de tuyauterie sont peu performants.

- Vierge Mère, comment pouvez-vous commenter ses systèmes de …. quoi, qu’est-ce qu’il y a ? Non, mais tu vois pas que je cause avec ma mère.

- Dieu le fils, C’est que c’est une urgence, il y a un retour non-prévu, non-autorisé.

- Rien qu’un? Et tu viens me déranger pour rien qu’un ? Depuis la légalisation de l’avortement, les retours se font par centaines, j’ai beau leur expliquer comment ne pas commander, ces idiots d’humains prennent quand même le téléphone, composent le même numéro et s’étonnent de trouver quelqu’un au bout !

- Non, Seigneur, ce n’est pas un de ces cas, c’est le sacristain des Sœurs de la miséricorde.

- Quoi, le sacristain, aux dernières nouvelles, il était en forme ?

- Que votre sainte miséricorde me pardonne de vous importuner, mais il a fait un infarctus. Présentement, il est aux urgences et le personnel essaie de le réanimer. Y a un doc qui le presse comme un citron.

- Renvoie moi ça tout de suite sur terre, allume le spot blanc, fais chanter Dalida, n’importe quoi, mais renvoie-moi le ! Et viens me dire si ça a réussi. Tu me trouveras au courrier.

- Seigneur tout puissant, voici les dernières demandes  de groupe : les cathos de France veulent que vous empêchiez le mariage gay..

- Ah, ces homos. Ils ne voient pas, à regarder les hétéros, que le mariage n’est pas de la tarte ? M’enfin. Refusé pour les cathos. Qu’ils continuent à manifester, ça leur fait faire de l’exercice.

- Votre Seigneur, peut-être pourraient- ils marcher pour que votre plan d’amour se réalise ? Peut-être marcher pour lutter contre la faim dans le monde ?

- Hého, c’est beau les miracles, mais on est en réduction de stocks depuis qu’ils sont rendus 6 milliards d’humains. Requête suivante.

- C’est un remerciement collectif de la part des neuf postulantes des Sœurs de la miséricorde.

- Ah oui ?

- Pour leur avoir fait goûter l’extase divine.

- Quelle extase divine ?

- Sais pas.

- Montre cette lettre. Seigneur, tout puissant, bla, bla, nous te louons, bla bla, et en cette nuit dernière, d’avoir exaucé notre prière et d’avoir pu goûter l’extase divine par l’intermédiaire de ton serviteur le sacristain.

- Nom de D … du père, mais qui c’est qui leur a exaucé cette prière absurde ! Le pauvre, il a fait un infarctus.

- Si je puis me permettre, Seigneur, ça doit être un coup de Bélzébuth.

-Trouvez-moi ce diable de crétin.

- Hé GG !

- Tu m’appelles comme ça, et je t’appelle Bébel.

- Ouah, Jésus, c’est GG, non? t’aimerais mieux Zuzus ?

- Crétin, non, mais qui est-ce qui t’a pris pour les sept postulantes et le sacristain ? On avait un accord, tu t’occupes de la politique et tu laisses mes nonnes en paix.

- C’est pas moi, je te le jure. Tiens, lis les nouvelles, ils ont découvert une autre maîtresse à Hollande, tu vois bien, j’étais occupé ailleurs.

- Ouais, ça va. Mais que je ne t’y prenne pas !

- Tu parles, les nonnes. Qui s’intéresse aux nonnes ? Bon, toi et ta mère, mais depuis DSK, je m’éclate dans une autre sphère moi. Allez, je te laisse, François va faire un mensonge ou deux pour récupérer l’affaire Juliette. Ce que je me marre.

- C’est ça va te marrer, quoi, qu’est-ce qu’il y a encore ? Non, mais faire faire le travail de trois par un seul, tu parles d’une connerie de trinité, c’est toujours le plus jeune qui écope ? Quoi ?

- Seigneur magnanime , il y a Amar qui vient d’arriver et qui se demande où sont ses 74 vierges.

- T’as pas lu le mémo ? Le prophète va faire un briefing collectif à 15:00. Il n’a plus assez de temps pour leur faire individuel.

- C’est que Mahomet est un peu dépressif depuis quelque temps. Il a dit qu’il regrettait d’avoir promis ça, qu’il ne le fera plus.

- Tu parles, qu’il encaisse et qu’il explique à ces bougres qu’ils auraient dû profiter du sexe sur terre parce qu’au paradis, c’est fini.

- GG, je veux dire Votre Seigneur, le sacristain est retourné sur terre, ils l’ont réanimé.

- Ah oui, celui-là. Au moins une chose de réglée. Non, mais qui c’est qui lui a mis en tête de forniquer à son âge ? M’enfin. On a les registres des demandes accordées ? Retrace-moi le triple buse qui a manigancé cette divine sauterie.

- Je me suis permis de vérifier, Seigneur tout puissant, c’est la triple buse.

- Le nom ?

- Vierge mère.

- N’insulte pas ma mère, le nom.

- J’en implore à votre divine miséricorde, c’est Marie, votre mère.

- Quoi ? M’man ?

- Je suis la servante, qu’il en soit fait selon ta Volonté.

- Vierge mère, n’aurais-tu pas, par hasard, exaucé quelques nonnes hier soir?

- Oui, mon Fils. Marie-Madeleine voulait prendre une pause, et j’ai cru comprendre que tu aimais exaucer les nonnes, surtout en début de carrière pour les encourager et je l’ai fait avec ce dont Marie-Madeleine disposait.

- Mais t’a failli tuer le sacristain ! Le pauvre, il était à bout de souffle ! Il a fait un infarctus !

- C’est ce que je te disais, ton divin père a fait un travail de merde en plomberie.

…………

Oh Archange Michael, c’est quand la prochaine fin du monde ? J’ai besoin de vacances.

dimanche 16 mars 2014

AndiamoLe vieux matou

Que peut-on faire d'un chat devenu trop vieux ?

Il était beau, il était fort, il sentait bon le Ronron bien frais et la sardine à l'huile d'olives, il était facétieux et joueur, câlin et taquin avec ça ! Quand il faisait ses griffes sur mon "Slim" tout neuf ou sur les collants d'Andiamette...

Et puis il a vieilli, il sentait les croquettes "en promo", la sardine à l'huile moteur, l’ail pas frais, le vieux hareng.

Qu'est-ce qu'on va foutre de lui ? ai-je déclaré un beau matin alors qu'il avait balancé une pêche à côté de sa caisse.

Nous avons regardé Pompon, et chacun a donné sa petite idée...

- Un manchon a déclaré Andiamette, qui a toujours les mains gelées et les pieds aussi d'ailleurs !

- Non ! a hurlé mon fils, lâchons-le dans le jardin, et HOP tire au lance-pierres ! Trois barnums chacun, le vainqueur aura droit à un paquet de "langues de chats" ! Il est fertile en imagination, mon fils.

- Moi ze veux pas qu'on lance des cailloux sur Pompon, a pleurniché ma fillette.

Pauvre petit cœur, elle est si sensible !

- Ze voudrais qu'on fasse des patins avec sa peau, comme ça ze salirait plus ma sambre quand ze rentre dedans avec les pieds un peu sales.

Brave petite, déjà bonne petite ménagère, je lui apprend la vaisselle, la couture et la modestie !

Perso, j'aurais bien suggéré une blague à tabac, mais tout le monde sait qu'il n'y a que la peau d'couilles pour conserver l'tabac... Alors !

Le greffier, lui, nous regardait par en dessous, l'œil un peu torve, il faisait le gros dos, crachant même un peu... Il se doutait bien, sous son poil rare au-dessus de la tête, qu'on lui préparait un plan foireux.

C'est pas con les sournois quand ça vieillit ! Il avait échappé aux boulettes ''mortauxratesques" de la Mère Sautaupaf, aux coups de sorlots des gamins en mal de ballon de cuir, aux barnums assassins de Ti' Pote dont au sujet duquel j'vous ai déjà causé !

Même qu'une fois, il était allé relever le numéro de châssis d'une pauvre bagnole qui passait dans ma rue. Il s'en était bien tiré le garenne, bien sûr il traînait bien un peu l'antérieur droit et le postérieur gauche, mais bon ça équilibrait, je l'avais surnommé "vilebrequin" eût égard à sa démarche quatre et trois font sept !

Mais là, il se gourait bien qu'il allait lui arriver quelque chose de chelou, il la subodorait l'arnaque, il reniflait la fatale solution, Pèpère !

Alors j'ai donné MON idée...

Eh bien ça y est : il trône au milieu de la pièce, face à la cheminée, sur un plaid tout neuf ! Pas comme lui. Il a gagné vilebrequin, il grogne et crache quand on veut lui chourer sa place, le KING c'est lui "Vilebrequin premier".



Vilebrequin premier, il est bizarre hein ?".

(ch'tiot crobard Andiamo pour Blogbo)

mardi 11 mars 2014

AndiamoJeux de mains (3)

Mes collègues...

-Quels collègues ?

-Ben Saoul-Fifre et Tant-Bourrin, mes coblogueiurs...

-Ah bon ? Tu as des collègues ? Des coblogueurs ? Ils sont où ? à part Miss Kesskadie, qui est réapparue comme la vierge (là elle va se marrer) à Lourdes, je suis un peu comme Anne ma frangine, je ne vois que Sarko qui rougeoit, et Hollande qui merdoit.... Mais de collègues POINT !

-Ben alors ?

-Faut que tu t'y colles Doyen, y'a pas à tortiller du fion pour lichiéquesse dans l'trou !

Alors voilà toujours mon logiciel à deux ronds, un peu de couleur pour faire passer la pilule, et en avant Guingamp comme dit Célestoche.



Tout d'abord "la jettatura" les doigts en fourche qui signifient : "je vous maudit".



Une main mécanique, demain la science nous remplacera-t-elle ?



Enfin... Les mains "douceur" celles qui caressent...

(Ch'tiots crobards Andiamo)

jeudi 6 mars 2014

Mam'zelle KesskadieM'as mettr' un homm' là d'ssus

- Chéri, t’es certain que tu ne t’es pas trompé de chemin?

- Oh, ça va ! la barbe!

- Ça promet pour le week-end à la campagne ...

- Foutu GPS de bordel de merde.

- L’outil vaut la main qui s’en sert.

- Tu veux l’avoir quelque part ma main ?

……….

- Ben là, qu’est-ce que tu fais ?

- Tu vois bien, je déboutonne mon chemisier.

- Je vois bien, bordel, mais arrête !

- Quoi, tu n’aimes pas mon soutien-gorge pigeonnant rouge ?

- Ah ben si, mais tu crois que c’est le moment ?

- Il n’y a pas d’heures pour les braves, oh, c’est doux mon sein quand je frotte le mamelon.

- T’es agace.

- Oh, mmmmmmmmmm

- Toi, quand tu veux…

- Je veux bien que tu me mettes la main quelque part..

- Coquine, attends, tiens, je me gare dans ce chemin de travers, y a personne, viens ici que j’y mette le menton.

- Gros matou méchant.

- Petite chatte coquine..

- Ouch ! Mes cheveux ! Tu tires mes cheveux !

- Ils sont pris dans l’agrafe. Maudites agrafes de soutifs.

- Ouilllle…

- Attends ça ne sera pas long.

- Ça y est, je pleure, tu tires trop fort !

- Ben tiens, je l’ai déchiré, ça ne te fera plus mal.

- T’as pas déchiré mon soutien gorge qui m’a couté une semaine de salaire ?

- Bah, c’est pas la peau des fesses que ça cache ce truc ?

- Tu vas me le rembourser !

- Ah pour ça, tu me fais payer cher chaque galipette.

- Tu fais quoi ?

- Je retourne sur la route, tiens, tu m’as enlevé le goût.

……….

- Tu boudes.

- `````````````

- Allez, boude si tu veux.

………..

- Ça fait une heure que tu boudes, quand tu auras fini, préviens moi.

……….

- Qu’est-ce que tu fais ?

- Je te préviens que j’ai fini de bouder.

- Avec ta main sur mon pantalon ?

- Quoi, je n’ai pas vraiment la place pour y mettre la tête, avec le volant ..

- T’es sérieuse ?

-……….

- Oh, mais t’es sérieuse… hmm

- Mon chou..

- Attends, je recule un peu le siège.

- J’aime quand ton jeans est un peu étroit.

- Tu me gonfles, poupée, mais j’aime ça.

- Je te gonfle, tu veux que je te pompe … l’air aussi ?

- T’es complètement cinglée… oh,, ma cochonne..

- Voilà le bouton, qu’est-ce qui se cache sous cette braguette ?

- Tu sais ce qui se cache, c’est le gros méchant loup.

- Attends que je lui dise deux mots…

- BARRE-TOI TRIPLE IDIOT’ T’AS ACHETÉ TON PERMIS EN SOLDE ?

- Ouch…ma tête… tu pourrais faire attention..

- Ç’est pas ma faute, c’est ce type qui m’a coupé, allez, continue.

- Le gros méchant loup, ouh, ouh, où es-tu ?

- Je suis dans les bois, cherche-moi...

-……

- Attends, je vais t’aider à trouver...

- Loup, loup y-es-tu ?

- Saleté de braguette !

- Tu tires trop fort, laisse-moi faire.

- Non, mais je suis quand même capable de m’en tirer tout seul ?

- On se demande comment tu fais pour aller pisser.

- Arrête de rire, allez, je prends cette sortie et je m’arrête sur ce petit chemin de travers… voilà

- Houhou, loup, où es-tu ?

- Il dort un peu, mais si tu lui parles, il va se réveiller.

- Loup ? Loup, c’est pas l’heure de la sieste…

- Tu vas voir, quand il va se réveiller ce qu’il a à te dire.

- Loup, loup, ne dors plus !

- Attends, j’incline le dossier, je vais me détendre, ça va aller...

- Alors, on est timide? Le petit chaperon rouge ne te fera pas de mal.

- Il a peut-être peur de faire face à la mère-grand ?

- Idiot de loup, loup, loup où es-tu ?

- Ça m’énerve.

- Ah non, ne t’énerve pas, c’est pas bon pour ton loup !

- Tu crois que c’est facile d’avoir le loup prêt à chaque coup ?

- Non, mais c’est que tu vas m’engueuler !

- Non, excuse, c’est moi, c’est gentil, mais on remet ça.

- D’accord, mais ne viens pas me dire que je n’essaie pas de nous sortir de la monotonie !

- Je vais essayer de nous sortir d’ici et non, je ne te dirai pas gna gna gna...

……..

- Tu boudes ?

- Non, je ne dis rien.

- Mais si, tu boudes.

- Je ne dis rien, pour une fois que je ne dis rien, tu devrais être heureux, tu dis que je parle tout le temps.

- Tu vois : tu boudes.

……….

- Maman, mais qu’est-ce que c’est que cette histoire que tu fais là avec eux ?

- Ben, l’Esprit-Saint m’a fait un petit sans que je ne sente rien passer, Joseph ne m’a jamais touchée, et je faciliterais les galipettes ?

- Saint-Christophe, allez, reprends le dossier voyageurs, Maman, reprends le dossier des femmes monoparentales et plus d’échanges sans ma permission !

samedi 1 mars 2014

AndiamoJeux de mains (2)

Mes coblogueurs se sont mis sur "pause" CHUUUUT ne les réveillons pas ! Heureusement, j'ai parfois des pigistes bénévoles qui viennent me soutenir, à mon (grand) âge il me faut des souteneurs, les mauvaises langues ajouteront "comme une pute" !

Mais comme j'ai toujours une mine à peu près convenable, je vous ai préparé deux ch'tiots crobards...

Adiù siatz, comme dirait mon bon BOF !



Et vous mes mains ne tremblez plus.
Souv'nez vous quand j'vous pleurais d'ssus.
(Jacques Brel)




Un cul solide et bien charnu.
Tout le monde voudrait s'asseoir dessus.
(Ricet Barrier)

(ch'tiot crobards : Andiamo pour Blogbo 2014)

lundi 24 février 2014

AndiamoUn amour infini

- Monsieur Delmont ! C'est le quatrième acheteur que vous refusez ! Êtes-vous sûr de vouloir vendre votre maison ?

L'homme qui s'adresse à Claude Delmont est un jeune vendeur, employé chez le marchand de biens ayant pignon sur rue dans la petite ville de Villefranche-de-Lauragais, à une trentaine de kilomètres de Toulouse.

Claude Delmont n'est plus très jeune, soixante-dix ans aux vendanges, un cœur un peu fatigué, par une vie un peu débridée, mais dans le sud-ouest con, on aime bien la fête.. con !

- Vous savez, Monsieur Delmont, vous en voulez cent cinquante mille francs de votre maison. Elle est grande certes, mais il y a pas mal de travaux à effectuer, et puis nous sommes en 1963, et avec la ceinture que le grand Charles nous resserre chaque jour, il faut faire des concessions. Tenez, le dernier visiteur vous a fait une offre à cent trente-cinq mille francs, c'est très raisonnable, Monsieur Delmont ! Très raisonnable !

- J'ai dit cent cinquante, un point c'est tout !

- Bon, c'est votre droit, Monsieur Delmont, mais si vous persistez, mon patron va rouspéter et ne s'occupera plus de vous, c'est notre droit également.

- On verra bien, jeune homme : à diù siatz !

Une fois seul, Claude marmonne, "il" m'a envoyé un couple ! Lui, il est boutonneux, elle est mal fagotée, sapée comme une serpillière. Ah non ! Je ne veux pas de ça pour "ELLE" !

Il s'est fait réchauffer un bol de soupe, genre garbure, quelques morceaux de pain dur à tremper afin que "ça tienne au corps" comme on dit, une large tranche de pain de campagne, un morceau de fromage de chèvre, arrosé avec le "chabrot" ! Et au lit...

L'orage qui menaçait depuis hier s'est enfin déchaîné, apportant un peu de fraîcheur et d'eau pour le maïs qui en avait bien besoin. Claude s'est réveillé, il est assis dans son lit, il n'a pas allumé.

Le bruit de tôle froissée tant attendu s'est fait entendre, Claude se lève, enfile ses bottes de caoutchouc, alpague sa canadienne avant de sortir.

Dehors, le platane de la terrasse est secoué par les bourrasques, et contre le muret il aperçoit, à travers l'encre de la nuit, deux phares curieusement dirigés vers le ciel.

Un sourire illumine sa face, c'est ELLE... Oui, c'est ELLE !

Il ouvre le portillon, un grincement sinistre se fait entendre, nul alentour pour capter ce bruit, il vit un peu à l'écart sur la route de Gardouch.

Contre le muret, une 404, dont on ne distingue pas bien la couleur, est encastrée. Claude ouvre la portière côté conducteur, une jeune femme est affalée sur le volant, elle est seule dans la voiture.

Avec d'infinies précautions, Claude a extrait la jeune femme de la voiture, l'a prise dans ses bras et commence à l'emporter chez lui.

L'effort est considérable pour un homme de son âge, il sent une douleur monter dans sa poitrine, il respire lentement, fait le vide dans sa tête, ne pas paniquer, ne pas s'affoler, inutile d'en remettre une couche !

La porte entrebâillée lui facilite l'entrée, il dépose la jeune femme sur le grand canapé, il ôte ses bottes et sa canadienne, lentement en portant sa main à la poitrine, il reprend son souffle, puis se penche sur la femme.

Elle a la quarantaine tout au plus, des cheveux coupés assez courts, elle est très belle. Claude lui sourit, il sait que dans dix minutes elle ouvrira ses jolis yeux couleur noisette, se passera la main dans les cheveux et demandera...

- Où suis-je ?

Depuis la cuisine, Claude l'a entendue, il arrive une tasse de thé à la main...

- Tenez Madame, c'est du Darjeeling !

- Oh, mon préféré, vous êtes devin ?

- Nooon, mais c'est mon préféré également !

Elle trempe ses lèvres dans la jolie tasse de porcelaine, la dernière d'un service magnifique, cadeau de sa Marraine pour son mariage, c'est si loin, si loin, sa Michèle partie il y a près de vingt ans bouffée par le crabe.

Elle va me dire...

- C'était bien bon, merci, Monsieur... ?

- Claude. Appelez-moi Claude, et vous ?

- Je ne sais plus, je ne me souviens plus de rien ! J'ai ouvert les yeux dans cette pièce, je vous ai vu, c'est tout ce dont je me souviens...

Ça fait combien de fois que je la vois ? Douze, quinze fois ? C'est toujours à peu près le même scénario, bien sûr quelques mots changent, un "je me rappelle" au lieu de "je me souviens" mais vraiment des détails. Je faiblis, mon cœur ne va pas trop fort, ce soir, j'ai bien cru... Qui peut prendre le relais ? Tous ceux qui se sont présentés étaient soit trop vieux, soit trop cons, soit pas assez "couillus" !

Il se souvient de la première fois : c'était il y a quinze ans, le bruit l'avait réveillé, il s'était levé une lampe torche à la main. Une 404 encastrée dans le mûr de clôture, la cœur serré, la peur de découvrir des blessés, des morts peut-être ? Juste une jeune femme infiniment belle et seule. Il l'avait portée chez lui, préparé un thé, le téléphone coupé à cause de l'orage, il n'avait pas pu prévenir les gendarmes. Leur nuit magnifique, suivie des deux autres, et un matin...

Il lui a présenté sa chambre, ensemble ils ont mis des draps propres, et au moment de la quitter : elle va me dire...

- Pourquoi vous partez ? tout en faisant glisser sa robe.

Elle sera là durant trois jours, magnifique, allant, venant, virevoltante, ils prendront des bains ensemble ! Elle se mettra même aux fourneaux, afin de lui préparer une tarte Tatin puis, au troisième jour, quand il se réveillera, la place près de lui sera vide, seul subsistera un peu de son parfum, Shalimar de Guerlain...

Durant mes longues journées d'attente, je la dessine infiniment...

(ch'tiot crobard Andiamo)

(Cette petite histoire m'a été inspirée par des B.D, des films, des bouquins que j'ai lu, mais depuis la Bible qu'a t-on vraiment inventé) ?

mercredi 19 février 2014

BlutchTombée or not tombée

En passant dimanche par la ligne de partage des eaux, au col des Vaux, j’ai été interpellé par une goutte d’eau. Ben oui, à chacun ses interlocuteurs, moi, c’est une goutte d’eau qui m’a apostrophé.

- Blutch… Blutch ! J’ai un problème et toi seul peux m’aider à le résoudre.

Je dis que j’ai été interpellé par une goutte d’eau, c’est vrai, mais à ce stade, je n’en savais encore rien. C’était juste une petite voix cristalline de petite fille. J’ai failli passer mon chemin sans y prendre garde tant il peut être dangereux de vouloir porter assistance à une petite voix cristalline. Et pour tout dire, une voix petite et douce, je la préfère, et de loin, dans les tons suaves, et là, ce n’était pas le cas.

- Blutchhhhhhh ! J’ai un problèèèèèèèèème ! S’il te plaîîîîîîîîîîîîit !

Purée, là, l’affaire se corse car je ne connais qu’une personne capable d’utiliser un ton pareil et je ne la vois pas, mais vraiment pas aller se perdre sur la ligne de partage des eaux.

Je suis illico presto entré dans un état que le père Plexité n’aurait pas snobé pour deux sous.

Je tente une manœuvre, à la fois de contact et d’intimidation, car on ne sait jamais….. Eh bien je n’aurais pas dû, car la suite allait me livrer à d’intenses interrogations auxquelles même Chexpire n’aurait pas osé penser.

- Tu es bien gentille, mais qui es-tu ?

- Je suis une petite goutte de pluie et j’ai un problème.

Un problème de goutte de pluie, je n’avais encore jamais dû y faire face. Pour ma perte, je lève un sourcil interrogateur. Bon d’accord, je dramatise, disons alors pour la perte de ma tranquillité momentanée, mais c’est déjà beaucoup.

- C’est quoi ton truc existentiel ?

- Ben tu penses pas si bien dire…. Je suis une goutte de pluie venue d’Atlantique, comme presque toutes mes sœurs. A chaque fois que je peux, en montant dans les nuages, je prends la direction de chez toi, parce que j’aime bien ton champ qui n’est pas pollué par des cochonneries chimiques.

- Mais tu ne vas pas me dire que la pluie peut choisir où elle se pose, parce que dans les coins de merde, il y ferait toujours beau !

- Maiiiiiiis noonnnnn ! Je suis une goutte d’eau philosophe. Voilà ! Avant je ne savais pas, alors il m’arrivait des tas de trucs pas marrants du tout. Une fois je me suis retrouvée dans un labo où ils mettaient des tas de machins dans de l’eau qu’ils faisaient bouillir. Ça puait et ça me grattait partout. On se poussait toutes pour sortir de là au plus vite. Je suis partie une des premières, la fenêtre était ouverte, et après un très long vol plané, j’avais atterri chez toi. C’est de là que m’est venue l’habitude de toujours chercher ton champ pour m’y poser. Mais hier, les vents étaient trop violents et j’ai été emportée bien plus loin. J’étais désespérée lorsque je t’ai vu, alors je me suis posée sur ton front. Mais putain, tu n’es pas cadeau tout de même parce qu’à cause de toi, je vais perdre à jamais mes repères, mes sœurs et mes habitudes.

- Mais en quoi puis-je être responsable d’un coup de vent trop violent ?

- Ce n’est pas ça qui est grave car je me suis posé juste avant la grande barrière.

- La grande barrière ?

- Ben oui, idiot…

- Merci !

- Heu, ben oui ! Tu étais juste sur la limite du partage des eaux. En me posant sur toi, j’étais encore du côté Atlantique. Via la Loire, j’allais me retrouver au large de Nantes, là où se trouve ma famille. Mais tu n’as pas été fichu de t’arrêter lorsque je t’ai appelé et depuis, tu as passé la grande barrière. Ça signifie que je ne vais plus pouvoir retrouver l’Atlantique et ce n’est pas la joie. Cette grande barrière qui va nous, me pousser au sud via le Rhône.

- C’est bien le Sud, non ? Il y fait beau et chaud. Chez les bipèdes, ça se pousse au portillon pour trouver une place au soleil…

- Les bipèdes, c’est rien que des cons. Tu as essayé de boire l’eau du Rhône ? Mes copines en sont malaaaaaades. L’eau du Rhône est tellement dégueulasse qu’EDF ne veut même plus l’utiliser pour refroidir ses centrales atomiques, ils disent que ça rouille leurs tuyaux et que c’est pour ça qu’il y a des fuites…. Les gouttes qui arrivent sauves dans la mer finissent leur vie tartinées de cochonneries anti-solaires dès qu’elles arrivent. En plus, elles se font engueuler à chaque fois qu’elles touchent le sol. A peine dans le train de nuages, elles sont toutes débarquées en même temps dans le même coin de champ, alors forcément ça fait trop d’un coup et le paysan les engueule. En plus, Toutes celles que j’ai rencontrées qui venaient de par Marseille avaient l’haleine empestée d’anis et elles étaient tellement saoules qu’elles ne pleuvaient même plus droit. Dans ton pays, les gens ne sont pas si barbares avec nous. Vous ne nous mettez pas de vin dans votre eau…

- Ben non, faut pas gâcher…… heu, l’eau, bien sûr. Mais je ne vois pas le problème…

- Tu es bouché ou quoi !  Depuis dix minutes, tu as passé la grande barrière, maintenant toutes les gouttes d’eau qui tombent au sol vont irrémédiablement finir leur vie chez les salopeurs de rivière, les buveurs de pastis et les bouffeurs d’ail, et ça, c’est pas une vie de goutte d’eau. Alors je suis malheureuse, parce que j’ai mes habitudes et que j’aime bien ton champ qui sent bon le foin naturel.

- Et selon toi, qu’est-ce que je devrais fai….. Oh, et puis merde pour ces cons qui me font traverser la France pour avoir des explications concernant ma récupération d’eau de pluie.

J’ai fait demi-tour en veillant à ce que la goutte ne prenne pas la tangente durant le virage. Je l’ai faite monter sur mon doigt et j’ai été la déposer délicatement de l’autre côté du col. Machinalement je m’essuyais  les mains avec un torchon lorsque je l’ai entendue me dire :

- Ne me serre pas si fort.

J’ai délicatement posé le torchon dans l’herbe, à côté d’une rigole. De là, je l’ai vu prendre le ru vers la Loire. Depuis, je sèche mes mains au vent pour ne pas risquer d’écraser une goutte d’eau. Il me restera à expliquer à des fonctionnaires des eaux et forêts que je suis en retard car j’ai pris soin d’une goutte d’eau…

Avant moi, personne n’avait approché de si près la désespérance philosophique d’une goutte d’eau. Personne pour clamer haut et fort les conditions d’existence in aquatique (ben tu ne vas pas parler d’inhumanité pour une goutte d’eau, non ) ! Imposées à chaque goutte d’eau de la Terre. Pourtant on ne ferait rien sans elle. Elle est un morceau de l’océan, et en même temps, c’est elle qui fait déborder le vase. Je trouve même qu’il en faudrait plus pour remplir ce rôle. Tiens ! Elle me doit bien ça, faudra que j’en parle à ma goutte d’eau. Je vais peut-être être à la tête d’une armée de gouttes d’eau débordeuses de vase.

Prochaine dissertation sur la métempsychose des gouttes d’eau ou la preuve irréfutable que la réincarnation existe.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 253 254 255 256 257 258 259 260 261 262 263 264 265 266 267 >