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dimanche 20 janvier 2013

Saoul-FifreComptine pour adultes 15

A Noël, je crois bien vous l'avoir déjà dit, on a eu Billy à la maison avec ses enfants, les enfants de Blanche. La Calunette a dans les 10 ans et le Bilune, 2 ans et demi, rien à voir donc avec nos trois grands dadais de post-ados qui ne croient plus en rien, même pas en eux, ni en la magie de Noël, ni à l'arnaqueur au nez et au manteau rouge, ah si, je suis en train de médire, il y a Zoé qui croit encore dur comme fer à l'insondabilité des cartes bleues de ses parents.

Enfin, j'étais surtout parti pour vous dire qu'on s'était donc arraché les doigts du luc pour que ce soit un vrai Noël. D'ailleurs le Bilune a de suite été mis au parfum quand il m'a vu sur le quai de la gare avec ma tignasse pleine de givre, ma longue barbe poivre et sel et mon pull couleur bordeaux (trente ans de vomi). Après on lui a montré les rennes (les chèvres et puis le lama) et le traineau (une vieille carriole hippomobile). Je reconnais qu'il n'a pas neigé, et ça manquait à la perfection du décor mais vraiment, la location des canons à neige on a pas pu : ils étaient tous pris par les stations de ski au dessous de 2500 m d'altitude, réchauffement de la planète oblige.

Mais j'avais coupé une branche de cyprès qui gênait le passage du tracteur et la Calunette l'a décorée avec plein de trucs qui brillent et font pétiller les mirettes aux mômes. Et le lendemain, elle a aidé Zoé à faire la crèche, disons que Calunette était le directeur technique du chantier, du haut de ses deux ans de catéchisme. Et puis on a attendu le matin pour ouvrir les cadeaux sous le "sapin" alors que les "grands" n'attendent même pas le début de l'apéro du 24 au soir pour déchirer leurs beaux emballages, d'habitude. Et puis Calunette nous a appris des comptines modernes et puis on a chanté ensemble des plus anciennes.

La Mère Michel , par exemple...

Et tout en chantant, je me disais in peto, comme Tant-Bourrin : maimais c'est que je n'ai pas encore traduit "La Mère Michel" en comptine pour adultes et pourtant, à première vue, à la louche, a priori et en première approche, ça ne devrait pas être trop difficile à dénaturer, cette sombre histoire de fille perdue et de chat éploré, ah mais non, c'est l'inverse. Oui je suis un peu comme ce faux-frère de Charb de Charlie-Hebdo qui vient de perdre son procès en appel contre Siné qui a obtenu du journal 90 000 € d'indemnités pour licenciement abusif.

Je ne recule jamais devant l'occasion de commettre un bon vieux sacrilège mais je choisis soigneusement mes sujets pour ne pas me retrouver devant un tribunal .

C'est la mère Belles-miches qui se caresse la chatte
Elle crie par la fenêtre à qui la lui mettra
C'est le père Suce-tout-cru qui lui a répondu :
"Tes cris, la mère Belles-miches, l'immeuble en a plein le cul !"

Sur l'air du dard qui se dilate
Sur l'air du drap qui devient moite
Sur l'air de la dame qui se doigte
et qui demande du rab' !

C'est la mère Belles-miches qui lui a rétorqué :
"Prenez donc vos deux pieds et grimpez l'escalier !
Montez-moi le matou qui est dans votre pantalon
Car ma chatte l'attend, elle veut votre étalon !

Sur l'air du dard qui se dilate
Sur l'air du drap qui devient moite
Sur l'air de la dame qui se doigte
et qui demande du rab' !

Mais le père Suce-tout-cru ne tient même plus debout
Faut dire que son matou n'a plus de jus du tout
Rien ne repousse derrière la mère Suce-tout-cru
C'est la reine du quartier pour la turlutte Hutue !

Sur l'air du dard qui débande
Sur l'air du drap qui en redemande
Sur l'air de la dame qui se doigte
mais qui n'aura pas de rab' !

jeudi 17 janvier 2013

AndiamoJacquot

Tu sais, dans mon quartier, quand j’avais huit ou neuf ans, t’étais vachement peinard… Pas une tire, pas de biniou, pas de téloche, mais la rue et les copains, ça oui ! Les Mamans nous foutaient une paix royale, on jouait dehors toute la journée. Je ne sais pas pour vous, mais nous, on n’avait jamais entendu parler d’enlèvements à part le fils Lindbergh, mais bon, c’était chez les Ricains et c’était vachement loin l’Amérique, là où j’irai quand je serai grand.

J’étais pas bien épais, des cannes de flamant rose, même mes chaussettes tricotées main ne restaient pas en place, elles tirebouchonnaient vachement bien. Pas gros certes, mais pour les conneries je ne donnais pas ma part aux matous.

J’les aimais pas trop, les greffiers, surtout celui d’la mère Maheu, avec son œil chassieux et son poil rouquemoute : une teigne, c’t’endoffé, toujours à cracher quand j’passais, un coup d’saton il l’aurait pas volé, tiens !

Et puis y’avait not’pote Jacquot, le dernier d’une belle famille. Il avait un frelot, déjà grand, j’l’avais jamais vu aller au chagrin ! Alors, un jour, j’lui ai demandé pourquoi son frelot y grattait pas ?

- C’est passqu’il est malade !

- Ben il a quoi ?

- J’ai un peu honte de l’dire, qui m’a répondu, en r’nouchant ses galoches.

Moi j’me suis dit : ça y est, son frangin, il a une maladie honteuse ! J’en avais entendu jacter des maladies honteuses, mais à 8 ou 9 ans , tu vois pas bien c’que c’est. T’as beau être né à Pantruche et habiter des banlieues populaires, t’es pas plus malin qu’un autre…

Alors Jacquot il a laché l’morceau :

- Mon frangin, il a une cirrhose « sympathique » !

Moi j’trouvais ça rigolo, une cirrhose j’avais entendu parler : c’était en somme le disciple du vieux à Ti’Pote, qui en avait une de cirrhose, c’est dingue ce que ça fleurissait bien dans mon quartier, c’truc là ! Mais puisqu’elle était sympathique, celle du frangin à Jacquot, ça ne devait pas être si grave !

J’avais un oncle, il était louchébem’ à la Villette, les abattoirs (z’avez pas connu vous êtes trop petits), j’ lui avais demandé à Tonton :

- C’est quoi une cirrhose ?

- C’est quand l’ loific d’un mec y s’ratatine, biscotte il a trop lichtronné. Tu vois, môme, faut y’aller molo sur l’pif ! Et si tu tiens pas le treize degrés, tu restes au Guigoz !

Il expliquait bien mon Tonton, fallait avoir fait argot première langue pour le comprendre, mais il expliquait bien. D’ailleurs, tous les gus qui entravaient que dalle, il les appelait des « oies d’cour » et ça n’était pas un compliment. Il était gentil et souvent il ramenait de la barback comme il disait à sa frangine (ma mère), des fois des cervelles d’agneau ou des amourettes… Vous n’en trouverez plus, cherchez pas, depuis la vache frappadingue y’en a plus : c’était de la moelle épinière. De toutes façons, les mômes, corn flakes, coca cola et burger de mes deux, ils n’en voudraient pas !

On l’charriait un peu, le môme Jacquot, on lui disait que ça aurait dû être son frelot qui s’appelle Jacquot, biscotte en argot un « jacquot » c’est un litre de rouge. Tu sais, pas les boutanches de maintenant, on s’est fait entuber une fois de plus : t’as plus que 75 centilitres de bibine à lichtronner, alors qu’ avec un « jacquot » t’avais 1 litre certifié 5 étoiles sur la boutanche, consignée la boutanche en plus !

Et pis à force de le mettre en boîte, un jour, on l’a suivie, la boîte, jusqu’au cimetière de Drancy. C’est là que j’ai gambergé que son frangin à Jacquot, il avait dévissé à cause d’une cyrrhose hépatique.

Il avait un cousin Jacquot, il s’appelait Julot, oh la vache ! Qu’est-ce qu’il s’est fait charrier avec son blase ! C’était plus du tout à la mode un truc pareil, aujourd’hui c’est revenu, comme quoi ce Julot-là il était soit à la bourre, soit en avance… Mais pas dans l’bon créneau, c’est sûr !

En plus, il avait un œil qui cuisait l’poisson et l’autre qui surveillait l’ chat ! Il était plus vieux que nous et plus grand. Des fois, il venait nous chourrer nos billes, on la fermait biscotte il avoinait bien, ce con. J’ l’aimais pas biglousse, mais on l’appelait pas biglousse devant lui : courageux mais pas téméraires ! Y’en a qu’un qu’il a jamais emmerdé, c’est Ti’pote, parce que tout grand qu’il était, Ti’Pote, il lui aurait volé dans les plumes à ce con, hardi comme un chat maigre, Ti’Pote !

Plus tard, je le croisais des fois : en fait, il n’était pas grand, il s’était arrêté de pousser un peu trop tôt ! On se serrait la louche, c’est marrant d’avoir vécu notre enfance ensemble, ça nous avait rapprochés et les vieilles querelles devenaient des bons souvenirs.

Y’avait aussi Lulu, un bon pote, ce Lulu. Ils créchaient à six dans un deux pièces cuisine. Un grand frangin que mon frère dérouillait souvent, il pouvait pas l’encadrer suite à une histoire de boule de neige dans la tronche, de lait renversé (au moment des restrictions après la guerre), de lunettes fracassées. Tout ça avait valu une trempe à mon frangin, alors, depuis, dès que l’occase se présentait, le frangin il lui faisait une courette !

Donc Lulu par contre il était sympa, et puis un jour il nous annonce que sa mère, elle attendait encore un gnare ! Il avait treize ans environ, et nous kif-kif, putain ton vieux il a un lance-flammes mortel ! qu’on lui dit au Lulu…

Lui, un peu gêné, il nous répond qu’en fait chez les femmes arrivé à un certain âge, ça peut arriver comme ça ! Moi j’crois que sa mère avait dû expliquer à mots couverts qu’ils s’étaient fait baiser, ils se croyaient à l’abri biscotte la ménopause à Manman, et j’t’en fous y’avait encore un ovule bien vicelard planqué, comme qui dirait en embuscade, qui n’attendait que sa p’tite ration de têtards bien gesticulants !

Moi, j’en avais connu une à qui s’était arrivé comme ça, par l’opération du pigeon saint, mais c’était arrivé il y a deux mille ans ! Sa mère à Lulu, elle s’appelait pas Marie et son vieux c’était pas Joseph. Alors on lui a dit que son père avait dû avoir un retour de manivelle, et que sa mère elle avait pas le carburateur bouché. Y f’sait la gueule, Lulu, mais y’a des moments ou il faut esssspliquer sinon on crève idiot !

Il avait une frangine, Lulu : Marie. Jeune, elle était un peu comme moi : les muscles en long comme les araignées ! Mais quand ça a commencé à s’arrondir sous le pull et que la jupe, au lieu de tomber bien droit dans le prolongement du dos, a commencé à faire une jolie bosse, je l’ai regardée différemment ! Elle était devenue jolie, Marie. Tu peux me dire pourquoi on va toujours chercher bien loin ce qu’on a à notre porte ?

Nous sommes sortis une fois ou deux ensemble, je ne l’ai même pas embrassée, trop de souvenirs de gamins ensemble sans doute, on ne seraient pas pris au sérieux… C’est con !

lundi 14 janvier 2013

Tant-Bourrin...



Téléchargeable directement ici

vendredi 11 janvier 2013

La PouleFlagrant délit

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planche-poule-futilites

mardi 8 janvier 2013

Saoul-FifreIls nous sucent l'os jusqu'à la moëlle

'tain, fait ièche ! J'étais tranquillement en train de déguster mon café stretto (la cuillère elle doit tenir droit au centre de la tasse, combien de fois il va falloir lui dire, merde ?) quand j'entendis un cri étranglé poussé par Margotte qui revenait d'aller chercher le courrier. "C'est les impôts sur le revenu qui nous réclament 36 € !! Saloperies !", qu'elle m'explique... "Les impôts sur le revenu ? T'es sûre ??", que je lui demande, vu que pour la taxe d'habitation ils nous avaient fait un rabais faut dire qu'on les faisait tellement chier au téléphone qu'ils avaient dû embaucher un intérimaire rien que pour nous répondre. Hé ? Depuis qu'on a l'ADSL gratuit vers les fixes, on se gène plus, hého on a pas marqué "contribuable" sur le front, non plus, alors du coup on avait demandé aussi un échéancier de paiement, pour ne pas attraper une hernie fiscale, ça les avait pas du tout fait rire, "hernie fiscale", bon c'était sûrement pas la première fois qu'ils l'entendaient sans doute mais merde, ils auraient pu faire semblant.

Ben non, c'étaient vraiment les impôts sur le revenu ! En principe dans la famille, ya que moi qu'ai le droit de gueuler mais là j'ai rien moufté parce que c'était vraiment un coup bas qu'on s'y attendait pas et Margotte a pas pu se retenir et je la comprends. Des impôts on en a jamais payé alors voyez c'est dur à nos âges de changer ses habitudes, ils pourraient avoir le doigté un peu plus précautionneux, y mettre un peu de vaseline administrative, on est pas des chiens ? Moi je travaille depuis l'âge de 18 ans mais comme je n'ai jamais gagné plus que le SMIC, moralement je voyais pas pourquoi l'Etat viendrait en plus me faire les poches alors j'ai jamais rempli de déclaration. Et comme j'ai beaucoup changé de régions et que tout leur système a l'air assez cloisonné, ben je n'ai pas été ratissé avec les autres glands. En plus à l'époque une bonne part de l'impôt allait au budget de l'armée et ça m'aurait vraiment fait mal au coût du truc d'aller leur subventionner leurs petites barettes, leurs étoiles et leurs médailles, à ces assassins légaux.

Et puis quand on s'est mis à la colle avec la Margotte, je lui ai, du haut de ma longue expérience, glissé le sage conseil de faire comme mézigue et comme avec les douaniers : "Rien à déclarer !"

Je me rappellerai toujours pourquoi, des années plus tard, on a été forcé de transgresser cette sacro-sainte règle pourtant bien sympathique. On voulait retaper une ruine ou bien se construire une maison bien à nous, on avait pas encore décidé mais, bien évidemment, on allait avoir besoin d'un prêt. Je me fais une douce violence, malgré mon aversion naturelle pour ces suceurs d'espèces et je prends rendez-vous avec le directeur de l'agence pour "tâter le terrain", dirons-nous. Je me rase, je me peigne avé la raie, je renfile avec un peu de mal le costume du mariage et je vais voir mon con de banquier. Vous le croyez si vous voulez mais l'entretien se passe on ne peut mieux, on se repasse la rhubarbe et le séné, je lui raconte des anecdotes de ploucs, on rigole, vous savez comme les bureaucrates s'ennuient ? Il suffit de leur faire miroiter des bribes de la vraie vie et leurs yeux brillent comme ceux des enfants. On est maintenant de vrais pôtes, on en est au stade où l'un des deux va incessamment proposer à l'autre "Alors, on se la montre ?" quand je repense à mes intérêts et juge que le moment est venu de poser la question de confiance "Et de quels papiers avez-vous besoin pour finaliser le dossier ?", et l'autre Paye-ta-frime qui me répond : "Ho pas grand chose, votre certificat d'imposition, bien sûr...". "Ah oui mais là on en a pas." que je lui sors avec un grand sourire...

Le gars, je le reconnais plus, j'ai dû avoir un moment d'inattention et un autre employé a pris sa place, un vrai tour de prestidigitation ! Il grimace, il me regarde comme si j'étais le diable, il fait deux pas en arrière, il en bégaye "Mais depuis quand, maismais mais vous ne faites pas de déclaration, maismais vous n'avez même pas de certificat de non-imposition, mais monsieur, comment voulez-vous ?". Il m'a poussé jusqu'au sas en me dégoisant ses reproches d'un air mi-ahuri mi-dégoûté.

J'ai fini par saisir, par delà ses mots manquant de précision, que ma demande de prêt était repoussée sine die.

Bon ben nous avons plié devant la force publique liguée comme d'habitude contre le petit épargnant économe. J'ai été chercher un dossier de déclaration vierge à la mairie et je l'ai rempli bien proprement tout comme il faut. On l'a posté dans les temps et, c'est le cas de le dire, c'est passé comme une lettre à la poste. On nous a pas demandé de quelle planète on débarquait ni même de quelle ancienne Recette Publique nous dépendions et quelques mois plus tard, petit salaire, petit forfait agricole, 3 enfants à charge, nous recevions le sésame tant attendu : un magnifique certificat de non-imposition en bonnet haut-de-forme, tamponné, paraphé de frais, nous ouvrant un avenir immobilier radieux, l'accession au prêt à taux zéro et, renouvelées régulièrement depuis, aux bourses d'études de nos enfants. Plusse un chèque de crédit d'impôt, rapport à la Prime pour l'Emploi, non, sans dèc', ils ont été fair-play sur ce coup.

Mais 36 € ?? Où veulent-ils donc qu'on les prenne ? Et c'est la gauche qui nous fait ce coup-là ! Ho que j'ai mal à mon vote pour Hollande... Ah mais ça ne va pas se passer comme ça ! Je vais faire intervenir mes relations dans le milieu, Françoise , Oncle Dan , ça va aller très très haut !

Et s'il le faut, nous ferons comme Gérard Depardieu, nous claironnerons partout que les Pussy Riot ne sont que de grosses branleuses de tchétchènes, pour que Poutine nous accorde la nationalité russe !!

vendredi 4 janvier 2013

AndiamoUn détail qui change tout

Je suis OBLIGE de poster vu que le Souf' rame pas mal ! C'était à cécolle de gratter un peu, c'est facile de laisser les autres turbiner !

Un détail même infime peut tout changer….

Prenons un dessin par exemple : délicatesse, sensualité, érotisme bon chic bon genre, se dégagent de ce ch’tiot crobard.



Ajoutons un détail, et on bascule dans l’irrationnel…



Un chérubin, un adorable petit bonhomme, les mamans ont le regard attendri…. Quel homme délicat, Andiamo, c’est pas Maurice qui serait aussi délicat….





Ajoutons un détail…. Et je deviens IGNOBLE ! Tout ça à cause d’un tout petit chaudron !

Ca fait mal me direz-vous ? Non ! Portez des gants afin de ne pas vous brûler.

Ah ! Ça renaude vilain surtout chez les Mamans ! Vous ne voulez tout de même pas que je vous joue du violon à chaque fois ! J'ai une réputation à tenir tout de même...

vendredi 28 décembre 2012

AndiamoLes contes revus par Andiamo (II)

Les 3 petites cochonnes

Il était une fois, dans une cité bien craignos de la banlieue nord, la cité Lénine pour ne pas la nommer, il était une fois disais-je trois jolies filles qui répondaient au doux prénoms de : Pipeaute, Grougnotte et Culotte.

Ces trois jeunes filles aussi douces que belles occupaient des postes bien pénibles. Pipeaute était « ripeuse », c'est-à-dire qu’elle aidait au déchargement des camions à « Garonor », Grougnotte était « hôtesse de caisse » dans une grande enseigne « AUCHCLERCROISEMENT » pour ne pas la nommer, et enfin Culotte était apprentie coiffeuse chez Louis Jean VIDDA !

Il n’y a pas de honte à exercer de telles professions, mais enfin elles se rendaient bien compte qu’elles s’échinaient pour des clopinettes !

Un soir, alors qu’elles regardaient un programme insipide à la téloche du genre : « Navarro j’écoute », Pipeaute, la plus jeune, eût une idée…

- Putain, qu’est-ce que j’en ai marre de m’user les gants à décharger les bahuts ! Tant qu’à décharger quelque chose, autant que ça me rapporte !

- D’accord avec toi sœurette, déclarèrent en cœur ses deux frangines, puis elles croisèrent leurs mains en guise de pacte.

Dès le lendemain, Pipeaute alla au marché aux puces de Saint-Ouen et s’acheta une tenue « de combat » : micro-jupe en vinyle de huit centimètres, bas résilles, bottes cuissardes en vrai faux cuir à talons de douze centimètres, et perruque « afro » rousse.

Puis elle alla pratiquer des furtifs de portes cochères, dans le quartier du Sentier, rue d’Aboukir, dans le très populaire IIème arrondissement. Mais les habituées du coin ne la virent pas d’un bon œil, et vu qu’elle leur chourait tous leurs michetons, rapport à son panorama pas dégueu, elles se mirent à trois ou quatre pour lui flanquer une rouste !

Un peu en loques, elle se réfugia chez Grougnotte la sœur cadette. Celle-ci un peu plus avisée s’était acheté un camion-caravane (camping-car pour les Français) et officiait sur les boulevards des Maréchaux à la porte Dorée (pour les puristes, c’est aussi la porte Picpus, à l’angle du Boulevard Soult et de l’Avenue Daumesnil).

Elles se relayaient gentiment, un coup (si j’ose dire) pour toi, un coup pour moi. Jusqu’au jour ou une bande de malfaisants, des Yougos, leur tombèrent sur le râble et leur flanquèrent une avoinée auprès de laquelle les sévices de la rue d’Aboukir faisaient figure de gourmandises.

Abandonnant leur camion-caravane, elles se réfugièrent chez leur sœur aînée Culotte. Cette dernière, un peu plus au parfum des techniques de marketing modernes, officiait à domicile.

Pour ce faire, elle avait mis en place un site en ligne : « www.mignardises.com ». Elle s’était bien aperçue, qu’un petit « CLIC » pouvait largement valoir un grand CLAQUE !

Bien sûr les michetons faisaient quasiment la queue (si j’ose dire) afin de partager les faveurs ô combien avisées de la belle. Son site était au bord de la saturation et elle ne pouvait pratiquement plus fournir. D’ailleurs le potard du coin lui faisait des prix de gros sur les capotes ! C’est dire… Si j’étais un tant soit peu vulgaire, je dirais qu’elle fumait du centre d’accueil !

Alors elle eût une idée géniale.

- Dites voir sœurettes, si on s’associaient ?

- Excellente idée, répondirent en cœur Pipeaute et Grougnotte, mais il faudrait que l’on change de raison sociale et que nous trouvions un nom plus convenable à notre officine.

Après bien des consultations et hésitations, le choix fût porté sur : Madame Claude

Pourquoi me direz-vous ? Et bien ceci en l’honneur de la capitale mondiale de la pipe : Saint-Claude !

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