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lundi 31 décembre 2007

BofLes bons conseils de Céleste

Dernier billet de l'année, à moi l'horreur : 31 décembre, ô joie, ô allégresse, je hais ce jour.
Vivement l'an prochain qu'on reprenne les affaires courantes.

Mais conscient qu'un minimum de socialisation est un mal nécessaire, j'irais donc socialiser.
Cette année pas mal de jeunes rejoignent notre groupe initial : parait qu'on rigole plus, et surtout que la bouffe est meilleure.

Cette partie relative au jour d'aujourd'hui évacuée, place au sujet du jour, LE SUJET qui agite tous les esprits évidement. L'attentat contre Benazir Bhutto, qui m'a donné envie de vomir ? Perdu. La libération des otages en Colombie ? Perdu. Non, ce qui agite les esprits, c'est évidement l'interdiction de fumer dans les lieux publics.
Regardez la une des journaux demain, et mesurez la taille des titres. Je jette pas l'opprobre, je fais pas mieux.
Comme triste excuse je connais pas personnellement ces dames. En outre, dans le cas de Mme Bhutto, même si je suis bon en puzzle, c'est mal barré.
J'ai par contre eu fumé, beaucoup, et très jeune, comme mon excellent confrère Andiamo (qui le racontait ici même dans un billet pas si lointain dont je vous recommande la lecture, je mets pas le lien, bossez un peu).

Et comment j'en suis arrivé à ce sujet, voilà qui vous intéresse, hein ? Finalement non, soyez charitables, ne me répondez pas.

J'étais donc assis sur le tabouret du bar à Loreleï, d'un geste noble touillant le bouillant thé, les yeux plissés par la fumée des cigarettes fumées alentour, un hémisphère branché sur les conversations pré-réveillon, l'autre folâtrant dans des pensées profondes: le billet à écrire pour demain, le popotin de Loreleï génialement moulé dans son jean (plaisir d'esthète, Loreleï préférant les filles, je m'absous d'office de toute pensée conjugalement incorrecte), quand, dans les volutes, j'ai revu :
Les gitanes maïs piquées aux grands parents, à dix ans.
Le foin avec les copains, fumé roulé dans du papier journal.
La première "boum", et le paquet de royal menthol en une après midi. Royale nausée en prime.
L'apprentissage, et les gitanes sans filtre.
L'armée, fauché, le tabac à rouler, drum in my reality, avec des trucs pour rendre le reality plus rigolo dedans.
La valse des blondes, un gout immodéré pour la camel sans filtre.
Fumer est un péché mortel, et j'ai beaucoup péché. Je me suis repenti, sans en tirer aucune fierté, d'ailleurs.
Le plaisir était parti, restait juste l'addiction, et se priver d'un truc qui ne fait plus plaisir, c'est relativement simple.
Alors une dernière taf, yeux dans les braises, on l'écrase un matin après le dernier café.
Et l'idée assez jouissive que dans 20 ans, nanti de poumons touts neufs et d'une envie retrouvée, on pourrait très bien recommencer une belle histoire d'amour avec la nicotine et sa copine caféine. Encore 7 ans à tirer.

Ça vous fait la jambe belle et lisse, je sais. Mais j'ai un message à transmettre.
Une jolie fille café au lait qui m'a chargé de vous dire qu'en ces temps difficiles pour vous, fumeurs invétérés, il y a une solution.

C'est à toi Céleste :



Sur ce dernier déplorable billet, je vous souhaite une bonne fin d'année à toutes, et tous :)

lorent

samedi 29 décembre 2007

AndiamoJe suis malade !

Viens là, toi, tu m'as l'air tout bizarre ! Ma mère pose sa main fraîche sur mon front, après l'avoir essuyée d'un revers sur son tablier, elle est en train de rincer une salade pour le déjeuner, oh, mais c'est bien chaud là-dessous !

Elle m'entraîne dans le salon, me fait allonger sur le divan qui sert de lit à ma soeur, je baisse ma culotte courte (pas de pantalons avant treize ou quatorze ans, et oui !), puis elle se rend dans l'armoire à pharmacie et en revient avec LE thermomètre, en verre bien sûr, garni d'un produit hyper dangereux : LE MERCURE ! Qu'est-ce qu'on vivait dangereusement !

Ah putain, on buvait du lait même pas pasteurisé, servi dans des boîtes à lait en alu, toutes cabossées après avoir servies à beugner les copains sur le chemin de la "MAGGI". Z'avez pas connu ? C'étaient des magasins B.O.F (beurre, oeufs, fromage) faisant partie d'une chaîne de magasins genre "COOP" ou "CASINO". Le beurre, à la motte, avec le bon vieux fil à couper l'beurre, la motte quant à elle, recouverte d'un tulle blanc, à cause des mouches ! On prenait soin des bêtes, fallait pas qu'elles butinent trop de matière grasse, on surveillait leur cholestérol !

Donc ma mère m'introduit le thermomètre dans le fouine et déclare de façon péremptoire : "tu le gardes une minute !" C'était LA minute, pas plus ni moins, va savoir...

La minute écoulée, elle vient retirer le mortel engin, le fait tourner entre ses doigts afin de visualiser la colonne de mercure, elle fronce les sourcils et déclare : "39,2°", qu'est-ce que t'as encore chopé, à traîner sans rien sur le cul dans la rue ! T'es rentré l'autre jour trempé comme une soupe, tu m'auras chopé la crêve !"

Bernard ! Elle interpelle mon frère aîné (trois ans de plus que moi, et entre lui et moi, ma soeur ! Tir groupé !).

Tu vas aller chez le docteut "F", tu lui diras de passer voir ton frère. S'il n'est pas là, tu inscris notre nom et notre adresse sur le calepin. "Voui m'man !" répond le grand.

Alors là, j'explique : personne n'avait de téléphone, nous sommes dans les années quarante. Personnellement, je ne l'ai eu qu'en 1973, et encore j'avais une priorité "B". Donc, quand on se rendait chez le toubib pour le prier de passer, s'il était absent, on trouvait suspendu devant sa porte, un petit carnet "spirale", un crayon pendu au bout d'une ficelle, on inscrivait son nom, son adresse, et lorsque le carabin regagnait son cabinet, il n'avait plus qu'à arracher la feuille, ainsi il tenait la liste des malades à visiter, simple et efficace !

Le docteut "F", un p'tit bonhomme rondouillard, des lunettes de myope cerclées d'or et un putain d'accent toulousain "con" à couper au couteau !

Il n'y a presque plus d'accents aujourd'hui, ou bien c'est l'uniforme et horrible "patois des cités", ou alors ça jacte comme P.P.D.A.

Il pratiquait "à l'ancienne", pas de stéthoscope, une serviette "nid d'abeilles" jetée sur le dos, l'oreille collée contre l'icelui, il écoutait : ça rrramone durrr là-dedans, une bonne brrronchiteu ! Il réclamait ensuite une queuillèrrre à soupeu, et s'en servait d'abaisse-langue, si l'éclairage s'avérait insuffisant, il fallait lui fournir une lampe de poche.

Autrement dit, il venait avec sa bite et son couteau, et encore, dans le Rasurel il ne devait pas héberger le monstre du Loch-Ness, vue la brioche de l'Esculape de banlieue !

Alors, il s'installait sur la table de la salle à manger pour rédiger l'ORDONNANCE, tout en commentant ce qu'il écrivait.

Tout d'aborrrd, une queuillérrrée à soupeu, matin et soirrr, d'un sirrrop dont je vais vous donnerrr la composition. Il était la hantise des pharmacopes ! Des préparations magistrales, même à cette époque, ça ne se faisait plus ! Un toubib du dix-neuvième siècle, une résurgence, Diafoirus, un Triceratops ! Suivaient : un suppositoirrre d'Eucalyptus, le soirrr avant le coucherrr, un enveloppement à la farrrine de moutarrrde, deux fois parrr jourrr, ah la vache il ne l'avait pas oublié le cataplasme !

Pour préparer ces putains de cataplasmes, ma mère faisait bouillir de l'eau dans une casserole puis, lentement, tout en touillant à l'aide d'une spatule de bois, elle incorporait doucement la farine de moutarde, une poudre "vert épinard", ça piquait déjà les yeux, les prémices de délices futures !

Ensuite, elle étalait cette pâte encore fumante sur une serviette "nid d'abeilles", repliait soigneusement de telle façon que la pâte ne puisse s'échapper, puis elle me l'appliquait sur la poitrine, je gueulais : "c'est trop chaud !" Si j'insistais trop, une mornifle sur le museau et le juke-box s'arrêtait miraculeusement ! Ensuite, pour empêcher le cataplasme de glisser, elle m'enveloppait la poitrine dans une grande serviette éponge, d'où l'appellation "enveloppement".

On devait garder ce carcan une demi-heure facile ! Je gueulais, pleurais, ça me brûle, j'en peux plus ! On habitait en pavillon. Si nous avions crêchés en appartement, je crois que les voisins auraient gueulé au charron... Enfin, passées ces interminables minutes, ma mère mettait fin au supplice, retirait l'objet de la torture, frottait vigoureusement ma poitrine rougie et déclarait doctement : ça va aller mieux !

Plus tard, on trouvait des cataplasmes "tout-prêt", ils portaient le doux nom de "RIGOLO", mais si, je ne sais pas quel est l'encaldossé qui avait trouvé ça, mais il aurait mérité qu'on lui carre dans l'fouine son truc, histoire qu'il apprécie le côté rigolo de l'affaire !

Dans les années quarante-cinquante, il y avait une médecine moderne certes, mais elle co-habitait encore avec des remèdes plus anciens, surtout administrés par les mamans pour soigner les petits bobos.

Les maux de gorge, badigeon au bleu de méthylène, ma mère prenait un porte-plume, entortillait soigneusement un morceau de coton hydrophile à l'extrémité de l'engin, assurait sa tenue par un fil de couturière fortement ligaturé sur le coton, puis elle trempait le tampon ainsi obtenu dans un petit flacon de verre, sur lequel était inscrit "bleu de méthylène", elle le retirait, me faisait ouvrir la bouche, plongeait le truc dans ma gorge, et badigeonnait vigoureusement. La langue, la gorge, la luette et peut-être même les amygdales (ce qu'il en restait !), tout y passait, nul endroit où les microbes malfaisants auraient pu se réfugier, rien n' échappait à la vigilance et l'efficacité maternelle !

J'avais des hauts de coeur, tu penses, des soulèvements de boyasse, des "AAARRRGGS !", des "BEURRKS !", j'appelais "RAAAOUL !", toujours miraculeusement apaisés par un : "j'vais t'coller une mornifle, si tu t'calmes pas, c'est pour ton bien !"

Alors, si c'était pour mon bien... Le plus marrant, c'est qu'après avoir été ainsi badigeonné, quand t'allais pisser, eh bien tu pissais bleu ! Une pissée de Schtroumpf ! Qu'est-ce-qu'on se marrait, on montrait ça aux potes, admiratifs qui z'étaient ! J'pissais p'têt pô le plus loin, mais j'pissais BLEU !

Quand t'avais mal aux jambes, c'était "passque" tu grandissais ! Le diagnostique était vite établit, ma mère me badigeonnait les tibias avec de la teinture d'iode, diluée toutefois, pour ne pas que ça brûle. Quand elle l'appliquait, ça sentait bizarre, une odeur un peu piquante, indéfinissable, et ça se voyait bien avec les culottes courtes, des longues zébrures marrons le long des guiboles.

Les genoux écorchés ? Le mercurochrome ! Ça devait être vachement dangereux, ça, du mercure plus du chrome ! Waouh, le mélange ! Hiroschima mon amour, j'me d'mande comment on f'sait pour ne pas crever moi ?

Alors imagine le têtard dans la strass : les guiboles de passereau, zébrées marron, les genoux couronnés, comme un pif de clown ! Pour peu que ce jour-là tu ais un p'tit mal de gorge, badigeon et tout le toutim, tu pisses bleu ! Alors là, t'es le KING, le quincailler du coin, avec ses pots d' peintures à la con, il peut aller s'faire coller, le mec "arc-en-ciel", c'est ma pomme !

Quant aux maux de tête, on disait pô céphalées tu penses, j'ai mal au crâne, c'est tout, le remède miracle, la panacée, le guérit-tout, c'était L'ASPIRINE, une boîte en carton parallélépipédique,vert clair, et dessinée dessus, une jeune infirmière "à l'ancienne", tablier blanc jusqu'aux chevilles, sur la tête un bonnet blanc également, et une superbe croix rouge, au milieu du front. Dans sa main, un petit comprimé qu'elle s'apprête à laisser tomber dans un verre d'eau.

C'était les aspirines "usine du Rhône", vous avez connu ? Les comprimés étaient emballés par vingt, à la façon des pièces de monnaie, dans du "papier à chocolat", on ne disait pas papier alu, cinq ou six de ces rouleaux garnissaient la boîte. Nous, pour rigoler, on disait :"l'aspirhone des bouches d'urine", on faisait des contrepèteries, comme Monsieur Jourdain de la prose, sans le savoir !

Mal au bide ? Des granulés, dans des boîtes en fer blanc, peintes, sur lesquelles étaient inscrit "charbon actif" puis la marque. Il s'agissait de charbon végétal, moi je pensais que c'était du "vrai" charbon, genre anthracite ! Une cuillérée à soupe, c'était la bonne dose, pas trop dégueu, un peu sucré, un étouffe Chrétien tout de même ! Du mal à les mâcher un peu secos, ils te faisaient la bouche et la langue toute noire, alors je poursuivais ma frangine pour l'embrasser, non pas un élan de tendresse, mais pour lui laisser une trace bien noire sur la joue !

Et les suppos à l'Eucalyptus ? Quand on toussait, ma mère nous allongeait, nous écartait les fesses, moi avec mes miches de rossignol, c'était vite fait, elle se paumait pas dans les fossettes, et PAN dans la lune disait-elle en riant !

Après ça, quand t'envoyais une caisse, c'était l'Australie, les forêts d'Eucalyptus, les gentils koalas qui s'invitaient dans la piaule, le frangin gueulait, on partageait le même grand lit, un ramponneau, un "espèce de dégueulasse, tu pues !", ça ne gênait même pas le chien qui dormait avec nous au pied du lit, mais attention, sous les draps ! Ma mère râlait bien un peu, mollement, comme ça pour la forme, le chien mouftait pas, il continuait sa roupille peinard !

Les cutis à l'école, j'craignais pas trop, mais les piqûres, AIE, AIE, AIE ! Quand par malheur il fallait y passer, on se rendait "au" pharmacien. Son assistant, un vendeur en pharmacie, était aussi infirmier, il se déplaçait sur un vieux clou, sa sacoche pendait au tube supérieur du cadre, le rabat passé autour de ce tube, les boucles refermées, et voilà ! Bien sûr, des pinces à vélo complétaient l'équipement.

Il sonnait, on le faisait entrer, tout le monde le connaissait, un familier. Ma mère préparait une casserole remplie d'eau, l'infirmier y déposait sa seringue ainsi que l'aiguille, avec embout en laiton. On attendait l'ébullition en parlant du temps, des prix qui montent, la baguette à quinze francs (des anciens ! deux centimes d'euro !). Quand l'eau bouillait, il attendait encore un peu, juste pour achever ces endoffés (re-belote Manou) de microbes récalcitrants !

Ah putain, l'asepsie ! Les mesures prophylactiques ! Tu t'rends compte, aujourd'hui, on sert les mômes dans les cantoches avec des gants ! Mais oui ! On avait peur de rien, rien ne nous faisait peur, la même aiguille pour tout le monde !

Il cassait l'ampoule, remplissait la seringue, tu t'allongeais sur le ventre, un p'tit coup de coton trempé dans l'alcool, à peine tu sentais la piqûouse, c'était fini ! Il était adroit le bougre, je le reconnais, plus de peur que de mal.

Un p'tit cor au pied ? Pommade "Cochon" ! Si,si, ça ne s'invente pas un truc pareil ! On achetait cette pommade sur le marché, elle était vendue dans une petite boîte ronde, en bois, du genre boîte de camembert, en beaucoup, beaucoup plus petit, on étalait un peu de cette pâte sur le cor, un petit sparadrap par-dessus, laisser agir, renouveler l'opération plusieurs fois et, miracle, le cor se ratatinait et finissait par disparaitre !

Un p'tit coup d'mou ? Une tite faiblesse ? Le remède miracle : l'huile de foie de morue, je vois vos tronches ! Vous avez connu vous aussi ? Il fallait me pincer l'pif, pour me faire avaler cette daube ! C'était huileux, ça renaudait le poiscaille, BEURK ! Après le chocolat du matin, tu parles d'une purge ! J'connais un putois, qui est crevé après avoir bu de cette saloperie !

Atchoum ! Un rhume, même carabiné ? Eh bien une "bonne inhalation", j'vais t'faire transpirer un bon coup, et demain il n'y paraîtra plus ! Ma mère sortait l'HINALATEUR, un engin en tôle émaillée, tout blanc, composé de deux parties : la partie inférieure destinée à recevoir l'eau bouillante, additionnée du produit "miracle", un liquide marron, dans un petit flacon de verre, on en versait très peu, dans l'eau frémissante, aussitôt une odeur de réglisse, caramel, anis, se répandait dans la pièce. Alors, très vite, on plaçait la partie supérieure, à son sommet, elle était rétrécie, et s'ajustait parfaitement au visage, fallait pas attendre, tout de suite "inhaler les bienfaisantes vapeurs" ! C'était très chaud, ça piquait le pif et les yeux ! Ça faisait tousser ! Ne pas se retirer de l'engin de torture, sinon l'engueulade !

Le supplice durait bien un quart d'heure, ensuite, au lit, couvert par les soins maternels comme t'imagines pas, gros pyjama, deux couvertures, édredon ! Tu transpirais comme une vache, mais ne pas bouger ! Et quand t'avais perdu pas mal de flotte, elle te déshabillait complètement, te sêchait, changeait le pyjama, un bisou, une bonne nuit, le lendemain ça allait beaucoup mieux, alors : ECOLE !

Ainsi passaient les jours, de p'tits bobos en p'tites toux, pas bien grave tout ça ! Un p'tit pansement, une tite tisane, un bisou, pour sêcher les larmes, et hop le sirop de la rue, celui qui guérit TOUT !


jeudi 27 décembre 2007

Saoul-FifreLe cadeau qui tue

Vous avez (croit-il) été sages et, contre toute attente, le Père Noël est passé sur votre weblog préféré. Avec un peu de retard (il a tellement de travail) il a déposé quelque chose pour vous sur Blogbo. On a eu d'ailleurs quelques mots avec le barbu, au sujet du choix du cadeau, mais comme il avait ses rennes-gardes du corps, je n'ai pas trop insisté et j'ai fini par entériner son choix, surtout que ces cons de cervidés m'ont mimé tous les sévices qu'ils seraient ravis de m'administrer avec leurs cornes si je m'avisais de faire œuvre de censure.

Ho il a hésité. Il a pensé à vous offir la vidéo de Bigard interprétant __Le lâcher de salopes__ devant Benoit XVI. Ça vous aurait plu, hein ? De voir les yeux du Pape s'injecter de pourpre cardinalice, riant à n'en plus pouvoir ? Ou bien celle de Carla Bruni, en première partie, interprétant de sa voix brûlante, avec une dédicace "spéciale seins paires", __Fernande__ ? Ho oui, on dit "heureux comme dieu en France", mais c'est bien grâce à nos petites gauloiseries, sûrement ?

Et puis le Père Noël voulait quelque chose de rare, et puis de vraiment hilarant pour vous, car je crois qu'il vous aime bien. Alors il vous a mis en ligne une photo de moi gosse. Je sais pas où il a été dégotter cette horreur, mais rien ne lui est impossible. Un gars qui ramone toutes les cheminées du monde en une nuit, vous pensez ?? En tout cas, ça l'a mis en joie, je sais pas si c'était la fatigue, ou les nerfs, mais il arrêtait plus de rigoler...

Alors allez-y vous aussi, explosez, moquez-vous, ne vous retenez surtout pas, c'est un coup à attraper un ulcère ou une hernie !

mardi 25 décembre 2007

ManouFoie gras poêlé au vinaigre balsamique





Ingrédients

- 2 ou 3 volailles d’envergure
- 1 litre de vinaigre balsamique
- 1 pitbull
- 1 plaque vitro céramique et 1 évier sur lesquels on peut compter
- 1 bac à glaçons

Recette

Chercher les volailles d’envergure. Eviter le genre sénateur ou préfet, qui n’ont certes pas besoin d’être gavées (bien que cela constitue un avantage de poids) mais qui font souffrir leur système digestif. Estourbir prestement les volailles avant d’en récupérer les foies. D’où l’expression « Avoir les foies ».

Courir à vive allure car les volailles d’envergure, malheureusement pour vous, sont souvent accompagnées. Heureusement pour vous, elles sont rarement accompagnées de piétaille courageuse. Avoir quand même en tête que la piétaille dispose de relations. Les brigades à quotas pourraient avoir vent de la chose. D’où l’expression « Brise Hortefeux ».

Vous arrivez devant chez vous, poursuivi par quelques teigneux persévérants. Jetez leur les foies au visage le temps d’ouvrir la porte. Récupérez les foies et refermez la porte. Un infernal cri de douleur se fait entendre. Deux bras sont coincés dans la porte. Sifflez. Terminator, votre pitbull attitré se jette sur les menottes et entreprend une dissection aussi méticuleuse que bruyante. D’où l’expression « Il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte ».

Vous pouvez vaquer à la préparation de votre recette. Assurez-vous avant tout de la fidélité de votre matériel. Effleurez la plaque vitro-céramique du doigt pour vérifier qu’elle ne vient pas de s’éteindre. De même, examinez votre évier qui doit être sec. Lavez les foies à l’eau claire et dites-vous bien une chose. « Une chose ». D’où l’expression « Qu’on se le dise ».

Prenez les foies à pleines mains et nettoyez-vous les aisselles avec. Découpez ensuite les foies en fines lamelles. Si vous ne pouvez vous en servir de lacets, faites revenir les lamelles très doucement dans une poêle. Souvenez-vous que le vinaigre balsamique est resté dans le coffre de votre voiture malgré toutes vos incitations à plus de compréhension. Descendez au garage pour le récupérer. Neutralisez la bouteille et remerciez le ciel que personne ne vous l’ai chipée. D’où l’expression « Fais confiance à Dieu, mais ferme ta voiture à clé ».

Sortez du feu les lamelles de foie gras. Disposez-les dans un bac à glaçons (vide). Recouvrez le tout du litre de vinaigre balsamique. Servez tiède entre le dessert et le café. D’où l’expression « L’hermine, c’est tout blanc avec le bout de la queue noir alors que le ramoneur, c’est tout noir avec une grande échelle sur le dos ».

Suggestions

- Je m’assure de la coopération du vinaigre balsamique en lui promettant une visite à Dysneyland PARIS.
- Il est possible de remplacer « Il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte » par « Ce qui n’est ni fait ni à faire doit être fait » mais pas par « Nul n'est prophète en son pays».


Du fin fond des Pyrénées je vous souhaite un ... Noël !

dimanche 23 décembre 2007

Tant-BourrinRéveillon

Fumeroles de vapeur échappées du plat de dinde aux marrons, au milieu de la table. Les assiettes se tendent. On se sert. On mange. On discute. Dans le coin du salon, là-bas, une guirlande multicolore clignote sur le vieux sapin synthétique qui doit en être à son quarantième Noël.

Bertillon mâche consciencieusement une bouchée de volaille, le regard perdu. Il a comme du vague à l'âme. Ou plutôt aux tripes. Oui, c'est ça, un spleen, une mélancolie souterraine qui le ronge là, aux plus profond de son être. Il se force à manger. A parler. A sourire même. A être dans l'humeur d'un réveillon. Mais il n'y est pas. Car il devine que certains autour de la table ne seront peut-être plus là l'an prochain.

Ses yeux passent de l'un à l'autre.

Son père. Si vieilli, si usé, si ridé qu'on eût dit une caricature monstrueuse du bel homme énergique qu'il fut naguère. Parlant avec peine. Les mains couvertes de tâches brunâtres et percluses de rhumatismes. Déglutissant difficilement. Son père si plein d'ardeur au travail autrefois... Hélas, cela faisait déjà si longtemps qu'avait commencé la dégringolade, si longtemps. Il lui suffisait de regarder la tapisserie aux murs du salon : elle avait près de quinze ans. Depuis, la vie de son père s'était peu à peu recroquevillée sur elle-même. Et Bertillon sentait que son père en peau de chagrin ne serait sûrement plus là pour fêter Noël dans la vieille maison familiale l'an prochain.

Sa mère. La mater dolorosa. Grimaçant sous la douleur de ses articulations, les cartilages usés, consumés de s'être trop dépensée. Sa mère qui a veillé sur ses jeux d'enfant dans cette maison comme elle veille aujourd'hui sur le père diminué, son ultime enfant, son ultime bébé, prêt à naître à la mort. Elle lui paraît si fragile désormais. Et les statistiques sont si froides, qui pointent implacablement la surmortalité chez les personnes âgées dans l'année qui suit un deuil. Si son père vient à disparaître, sa mère le supportera-t-elle ? De combien de pas le suivra-t-elle dans la tombe ? Bertillon frémit. Ses deux parents seront peut-être tous deux absents l'an prochain.

Sa soeur. Qui essaie de sourire en permanence mais qui n'arrive pas à masquer le voile de douleur et d'amertume qui lui voile la commissure des lèvres. Qui, trente ans plus tôt, attendait le Prince charmant. Et qui vit avec un gros lourd égoïste depuis vingt ans. Sa soeur qui boit, qui fume, qui se détruit discrètement. Qu'un cancer a commencé à grignoter il y a deux ans. Bertillon l'observe du coin de l'oeil. Par deux ou trois fois, alors que l'attention de la tablée n'était pas focalisée sur elle, il a cru déceler un rictus de souffrance sur son visage, comme venu du fin fond de sa tripaille. Le crabe aurait-il repris sa marche ? Et si sa soeur, elle aussi, venait à manquer à l'appel au prochain Noël ?

Sa nièce. Le même terreau à douleur que sa mère. Une môme complexée, souffreteuse, renfermée, qui s'emmuraille derrière la barrière de ses cheveux. Bertillon a toujours eu un mauvais pressentiment : elle sourit si peu, semble toujours ailleurs, il la devine dépressive et sent le suicide ou la drogue tout proches. Et ses parents qui ne veulent rien voir, entre une mère elle-même dépressive et un père décidément trop con.

Son beauf, justement. Le seul qu'il ne regretterait pas beaucoup autour de la table, mais aussi le seul dont la santé est éclatante. Un gros con, un trou à Castelvin qui boit, qui boit, qui boit. Non pour oublier un quelconque malheur, mais juste pour faire celui des autres. Le seul qui sera assurément là l'an prochain. A moins que, avec tout ce pinard en permanence dans ses veines, il ne finisse un jour par se viander en voiture...

Le coeur n'y est qu'à moitié. Bertillon ferme les yeux et se remémore les réveillons d'antan, plus festifs, plus gais, plus insouciants surtout. Depuis plusieurs jours, il n'arrive plus à penser à autre chose qu'au fait que c'est peut-être le dernier réveillon qui les réunit tous et que, l'an prochain,... Son regard erre sur les murs du salon qui ont vu son enfance et tant de bonheurs aujourd'hui si loin, si loin.

Onze heures trente. Bertillon se lève de table.

- Laisse, Maman, reste assise, c'est moi qui vais chercher la bûche !

Il revint quelques instants plus tard avec un plateau sur lequel trônait une pâtisserie industrielle achetée par sa mère au supermarché du coin.

- Tu ne prends pas de bûche, Bertillon ?
- Non, Maman, j'ai trop mangé, je fais une petite pause...

Ce fut sa nièce, la plus frêle de constitution, qui piqua du nez la première dans son assiette. Puis son père, sa soeur, sa mère, son beauf.

Bertillon repartit vers la cuisine, prit la boîte de somnifère vide et la jeta dans la poubelle. Puis il alla dans la remise. Il en revint avec la vieille carabine du père et une poignée de cartouches dans sa poche. Six cartouches exactement : une pour chacun et la dernière pour lui. Il arma le fusil et s'approcha de la table où tout le monde dormait.

Il n'avait plus aucune angoisse pour le prochain réveillon.

vendredi 21 décembre 2007

BofStreets of Paris

Depuis que je vis dans le sud, j'ai simplifié la chronologie des saisons : dès que les touristes arrivent, c'est l'été.
L'été commence à pâques, et les vacances de la toussaint achevées, c'est l'hiver. Simple.

L'hiver j'ai du temps libre, des bribes de semaine que je peux meubler par des balades. J'aime me balader à Paris, jamais j'y vivrai, faut pas déconner, mais y marcher des journées entières, je m'en lasse pas.

De passage début décembre, j'avais juste eu le temps d'y choper une crève monstrueuse, merci les gars.
J'y suis retourné lundi, histoire d'à mon tour disséminer le virus, bien fait.

Lundi, j'avais rendez-vous avec un rêve de gosse, voir en vrai le E street band. Après Springsteen tout seul avec guitare et harmonica, je voulais vraiment les découvrir avant que l'âge, l'arthrose et alzheimer n'aient fait trop de dégâts. J'ai pas été déçu, et mes oreilles non plus. Si c'est ça vieillir, je signe de suite.

Là-haut, j'ai aussi aperçu un groupe de blacks hilares se faire prendre en photo devant un musée tout neuf, découvert en vrai la mère de Norman Bates, vu des lions tristes sur la pelouse de Reuilly, et traversé un sous-marin.

Ça change un peu de mon village, faut admettre.

J'ai vécu aussi un phénomène étrange : gare Saint-Lazare, vers 18h, règne une agitation frénétique en apparence, mais ordonnée malgré tout. Car si les gens courent et se croisent en tous sens comme des électrons libres, les heurts sont inexistants. Jusqu'à l'apparition d'un électron sudiste perdu au milieu de la foule : là, ça dérape, collisions et ricochets, l'anarchie apparait.

Note à moi même : prévoir une pile à bœufs pour le prochain séjour.

mercredi 19 décembre 2007

AndiamoPremier baiser

Vous souvenez-vous de votre première pelle, galoche, saucisse, gamelle, patin, etc., etc ? Moi, OUI !

Mais je soupçonne tout le monde de s'en souvenir, même ceux qui jouent les blasés, les repus, les "j'en ai rien à s'couer" !

La première fille que j'ai embrassée, vraiment j'veux dire (le palot quoi !), j'avais une quinzaine d'années. Pas en avance ? Dans les années cinquante, c'était pas si fastoche que ça, et puis t'as fait beaucoup mieux toi ?

Donc, ma première "fiancée", on l'appelait "Pépée", va savoir pourquoi. C'était la frangine du beau-frère d'un copain, pas très grande, moi non plus à l'époque, brunette, frisée, pas très expansive, tout le contraire de moi, mais les extrêmes... dit-on.

Un dimanche, on avait rencard au cinéma "Le Prado", LE ciné chicos de Drancy : fauteuils rembourrés partout et, surtout, le balcon !

Nous prenons nos places, on n'offrait pas l'entrée aux demoiselles, trop fauchés pour ça, juste de quoi casquer notre ticket, et encore...

Nous nous installons, au balcon, dernier rang, le dos contre la cabine du projectionniste. Au-dessus, les rais de lumière, changeants, tourbillonnants, s'enchevêtrants dans une symphonie de couleurs, le film non-décrypté avant qu'il devienne visible sur l'écran !

Je me place à côté de Pépée... Première partie, les actus, dessins animés, documentaire : la préparation des rameurs pour la course Oxford-Cambridge ! Hyper bandant pour une mise en condition !

De temps en temps, un regard furtif sur ma voisine, guettant un encouragement, un sourire, une invite, un "vas-y-donc grosse bête !", un p'tit quelque chose qui me fasse penser : "ça y est, ça va être le grand jour, ELLE veut bien que je tente" !

Mais rien, une statue, un marbre, pas un cillement de paupières, pas un p'tit coup d'cul qui l'aurait rapprochée de mon siège. Moi, je ne pouvais pas me serrer davantage : plus et je pétais l'accoudoir !

L'entracte.... Et je n'avais toujours rien fait ! Les potes, qui bien sûr nous mataient, se foutaient de ma gueule : "Ouais, tu t'déballonnes, tu flippes, les foies, et tout, et tout".

Moi, un peu gêné : "attendez, ça va s'faire". Une "HICHE-LIFE" - on ne disait toujours pas "HIGH-LIFE" - pour se donner du courage, sonnette aigrelette, début de la séance... "the film" ! J'me s'rais bien tiré, oh oui, tout abandonner, prétexter la chiasse du siècle, le dégueulis latent, la nausée tord-boyasse, le "j'ai oublié le lait sur le feu" si j'avais pu ! Vite, un bonbec à la menthe ! J'peux pas lui rouler une pelle comme ça, j'viens de fumer une taf ! Putain l'haleine de cow-boy, ça va fouetter grave ! Michel me tend une "Valda", c'est bien, sauvé, merci la sève des Vosges !

Je crois bien qu'il passait "Thérèse Raquin" de Marcel Carné, avec Simone Signoret, Raf Vallone (tu sais le mec qui ressemblait à Burt Lancaster,et non pas Brut Lancastré !), Jacques Duby, etc.

Le film commence, j'aurais bien voulu qu'il soit déjà terminé, je n'en menais pas large, pourquoi fallait-il que ce soit toujours les garçons qui prennent l'initiative ? Aujourd'hui, si un mec plaît à une nana, elle est capable de lui faire du rentre-dedans ! Autrefois, lapuche, nada, et elles qui nous croyaient vachement courageux, entreprenants même, tu crois qu'elles se rendaient compte que l'on pétochait grave ? Dis, tu crois ?

Je me rapproche, pas fier, j'en mène pas large, j'ai l'bigorneau qui frémit même pas ! Je sens bien que mes copains me guettent, j'entends leurs ricanements à la con, les coups d'coude, l'air faussement détaché du greffier qui vient de lâcher une pêche sous le buffet, et qui se tire en loucedé, innocent, faux-cul, sournois, et tout...

Puis, hardi, je passe mon bras, le gauche, sur son épaule, elle ne moufte pas, mais ne tente pas un rapprochement non plus, faut que j'fasse tout, bordel, comme dans la vie (vont pas être contentes, tant pis !). Je me liquéfie, je transpire, je ruisselle, faut y aller, ne pas se dégonfler, je penche ma tête vers elle, elle ne tourne même pas la sienne ! Pas coopérative, c'est plus de la pudeur, c'est carrément la mise à l'épreuve, le parcours du combattant, les trois jours des anciens appelés du contingent, l'épreuve initiatique des tribus primitives !

Je me suis encore approché, je peux sentir son parfum, un truc léger, de la lavande peut-être ? Le genre "sent-bon" que l'on mettait aux bébés. Ça me fait tout drôle, je n'ai jamais ressenti ça auparavant, cette peur, et à la fois l'envie d'aller plus loin ! Un bisou furtif sur la joue, le baiser "papillon", comme sa peau est douce ! TOC, TOC, dans ma poitrine. Y'a dix minutes, j'roulais ma caisse devant les potes ! Putain, il est moins fier le garenne !

Alors je me penche davantage, incline la tête, nos bouches se touchent enfin...

Et, tout à coup, la fougue, nos dents se heurtent (ben oui, on savait pô, t'as été plus malin toi ?). A quinze ans, les dents sont solides ! Et puis, c'est la galoche, l'éléphant bleu, le car-wash, la douche haute-pression, la glotte karchérisée ! Putain, le détartrage ! Plus un morceau d'ragoût dans les chailles, les amygdales explorées à donf, c'est niagaresque ! On bave partout, on sait pas, ça dégouline, mais tellement merveilleux !

Ça y est, je l'ai fait, j'manque d'air, je suffoque, elle aussi sûrement, mais on ne veut pas lâcher le morceau, c'est trop bon, trop bon!. Et puis, tout en bas de moi, mon bonheur qui grandit, qui grandit...


Dessin Andiamo 2007

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