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mercredi 18 janvier 2012

Scout toujoursBelote et re-belote

Ah ce trajet entre Paramaribo et Cayenne, j'ai dû le parcourir plus de cent fois. Deux fleuves à traverser sur des raffiots en ruine, et cette route à travers brousse, parsemée de ces énormes trous, propres à pulvériser le plus costaud des 4x4, et qui ne sont que les restes de la guerre des Jungle-commandos qui, après avoir trop forcé sur la beu avaient fait joujou avec la dynamite. Ces trous qui jadis avaient servi pour ralentir les convois militaires et les attaquer, leur servaient à présent à ralentir les voyageurs pour les braquer. J'ai encore le souvenir qu'un seul d'entre eux m'avait coûté la bagatelle de deux rotules, une crémaillère, un pneu, une jante, un roulement, et en guise de numéro complémentaire, un pot d'échappement.

Six d'un coup, un loto gagnant !

Arrivé à destination après huit heures de route, mazette, huit heures, aussi long que pour aller à Paris : c'est pas qu'on soit vraiment fatigué, mais on sent flageoler un peu ses rotules (ici les vraies). Cette fois-là, mon séjour à Cayenne s'était plutôt bien passé, mais je finissais ma semaine quelque peu éprouvé. Le dernier jour, mon voisin m'invite à prendre l'apéro. C'est un baroudeur, il a fait Madagascar lui aussi. J'ai pas trop de temps, un fax à envoyer à un fournisseur Italien, j'ai l'estomac qui crie famine, mais je peux rien lui refuser, j'accepte. Il me sert des bières de la taille d'un obus de 75, j'en bois trois, quatre, je sais plus, il est déjà presque minuit, je m'enfuis en titubant pour envoyer ce fax malencontreux.

En revenant du centre-ville, je vais au plus court et traverse le vieux Chicago (quartier mal famé de Cayenne). Au détour d'une rue, j'aperçois deux magnifiques blacks dont la plus belle me sourit. Elle m'appelle, et me baragouine quelques mots que je n'entends pas. Je ralentis, je m'arrête, et Boum ! Le piège : deux grands escogriffes noirs me sautent à la gorge. J'essaie de redémarrer, mais je suis arraché de la voiture. Je prends des coups, celui de droite est armé d'une bouteille de Kro. Il s'approche, je le cueille d'un crochet du droit en pleine poire. Je sens le choc, j'ai fait mal. Il fait une vilaine grimace, Aille, là ça va être ma fête ! L'autre s'approche, je le reçois d'un coup de pied dans le bas-ventre. Là, j'ai pas fait mal mais je parviens à le repousser. Ils hésitent, je les entends parler anglais, j'entends le mot "money". Ce sont des Georgetowniens ! Je profite de cet intermède pour me relever. Celui de droite a fui, je suis seul face à l'autre : "alors tu fais moins le fier maintenant que t'es tout seul !". Je l'insulte, le menace et lui hurle les pires insanités, il hésite puis fuit à son tour. Je ramasse la bière que l'autre a laissée et la lui jette en pleine poire. Il l'évite de justesse et prend la poudre d'escampette. Elle explose par terre. Rendu fou-furieux, je retourne à ma voiture et m'arme du gourdin que je garde toujours sur ma banquette arrière, je les poursuis à travers les ruelles, mais en vain. Ils se sont volatilisés.

A ce moment, j'aperçois une énorme flaque de sang sur ma chemise. Je la soulève : j'ai une entaille dans le lard ; ils m'ont troué la peau, ces vaches, et moi j'ai rien senti, même pas vu le couteau... Que faire, où me faire soigner?

Si je vais à l'hosto, avec mon taux d'alcoolémie, les pandores vont pas manquer de rappliquer pour me faire souffler dans leur baudruche. J'ai encore à l'esprit l'histoire du copain Jean-Luc qui comme moi s'était fait suriner pendant le carnaval de Saint-Laurent. Pour tout dédommagement il avait été gratifié d'une amende pour ébriété, alors que l'agresseur avait été relâché. Je retourne chez moi. J'appelle le chirurgien de garde. C'est Diouf. Il ne peut pas quitter son poste mais m'envoie chez sa collègue, Africaine elle aussi. En l'attendant devant chez elle, un brésilien ivre-bourré vient m'aborder. Il tombe bien celui-là, pour toute réponse, je lui montre ma chemise ensanglantée, il s'enfuit épouvanté. La chirurgienne m'examine. J'ai deux entailles dans le gras du bide, dont une de 2 cm juste au dessous du cœur et qui a l'air profonde (6 centimètres, peut-être plus). Elle n'a pas l'habitude, ça se voit. Bien gentiment, elle m'explique qu'elle va m'ouvrir le ventre, me dérouler l'intestin-grêle, me promettant, juré-craché, de tout me remettre en place si toutefois rien n'est endommagé ! J'ignore par quel divin miracle, mais subitement je me suis senti beaucoup mieux. La blessure que j'avais crue si grave, me semblait soudain insignifiante. "Non, Non! je vais très bien vous dis-je, allez soyez mignonne, refermez-moi tout ça et on n'en parle plus". J'ai du être bien convaincant car c'est exactement ce qu'elle a fait.

Le lendemain, je reprenais la route et racontai mes aventures à mes amis Surinamiens. Qu'est-ce qu'ils ont pu rigoler en regardant ma chemise, faut dire qu'elle était belle cette chemise, belle à encadrer : deux énormes entailles devant, les deux mêmes derrière avec la flaque de sang, comme si la lame m'avait traversé deux fois de part en part, sans compter deux entailles supplémentaires sur les côtés, six au total, j'avais certainement eu beaucoup de chance...

Quinze jours après, je suis à nouveau appelé à Cayenne. C'est samedi, la semaine a été rude, il fait chaud, je rentre épuisé du travail. Il est 15 heures, j'ai pas encore bouffé. Mon linge est sale et je veux le laver, mais pas l'ombre d'un lave-linge dans cette foutue maison qu'on m'a prêtée. J'aperçois une cabane dans le fond du jardin, ça doit être là-bas. J'y vais mais je dois traverser l'enclos dans lequel pataugent deux méchants pécaris [1] (sortes de sangliers aux canines longues comme le doigt). Je suis en short, ils s'approchent, leurs groins me reniflent les mollets, leur poil se hérisse. Là, je sens le danger, ces animaux sont dangereux, je le sais, mais trop tard ! L'un d'eux me mord la jambe à pleines dents. Je pousse un cri à la Coluche en secouant la patte, et miracle, il me lâche. Le sang gicle, mon mollet double de volume en quelques secondes, j'ai juste le temps de faire un garrot avec ma chemise, ça fait très mal. Je cours à nouveau téléphoner à l'hôpital. Et devinez sur qui je tombe ? Encore Diouf. Décidément il doit croire que je fais exprès, mon histoire le fait marrer. Quand j'arrive à l'hosto, la doctoresse qui m'examine pousse des cris horrifiés. Elle n'a jamais vu pareille jambe. C'est vrai qu'elle avait une drôle de bobine ma gambette, toute déformée qu'elle était : la chair meurtrie et les deux hématomes lui avaient donné la forme d'un énorme S boursouflé. Elle appelle son chef et me prescrit des pansements alcoolisés et un antibiotique, "ça s'ra tout pour aujourd'hui monsieur, rentrez chez vous, tout se passera bien".

De retour chez moi, je pisse le sang, la douleur est intolérable. J'ai peur pour ma jambe, ce truc va s'infecter c'est sûr ; pas envie de finir estropié. Je file à Kourou pour me faire soigner par un chirurgien que je connais : j'ai 70 kilomètres à faire, mais c'est le prix à payer pour sauver ma guibole, faut que j'y arrive. La route est longue, je roule, j'ai de la fièvre, la tête commence à me tourner; encore un effort, et j'y arrive enfin. Le chirurgien m'annonce non sans humour que je suis un sacré veinard : il vient d'en soigner un autre qui lui s'est fait totalement dévorer le bras par ce genre de bestiole. On évacue l'hématome, on pare les plaies, nettoyage au karcher : la bétadine sous pression rentre par une plaie et ressort par l'autre, ça me fait un mal de chien, mais c'est bon. Pour finir on m'enlève quatre tiques que le bestiau m'avait laissées en souvenir. Les deux plaies qu'ont laissées les canines sont énormes et très délabrées, de la taille d'une pièce de 2 euros. Elles me feront souffrir horriblement pendant près de trois semaines durant lesquelles la station debout me sera insupportable. J'examinerai donc mes patients sur une seule patte, la jambe repliée comme une grue. Qu'est-ce qu'ils ont pu rigoler de moi, tous mes malades... Eux aussi m'ont fait marrer, certains d'entre eux m'assuraient que si je voulais guérir, il me fallait tuer la bête et la manger...et j'ai failli le faire...

Notes

[1] Le pécari est l'animal le plus agressif de Guyane, surtout quand il est en troupeau, car il est le seul à attaquer l'homme. Les Jaguars, pumas, caïmans, anacondas et autres animaux n'attaquent jamais l'homme, contrairement aux idées reçues.

samedi 14 janvier 2012

AndiamoLe temps du tango




Léo Ferré l’a chanté :

Moi je suis du temps du tango
Où même les durs étaient dingos
De cette fleur du guinche exotique.


A dix-huit ans… Non, je n’ai pas quitté ma province, je suis Parisien. A dix-huit ans, un choix crucial et déterminant s’est offert à moi :

- Ou je persévérais dans les études…

- Ou j’allais à la gambille…

Car rentrer à trois plombes du mat et aller aux cours du soir le lendemain après le dîner… Tu vois ?

Alors j’ai choisi, et je ne danse pas trop mal !

Ça commençait le vendredi soir, avec mon pote Pierrot nous allions à Vespa rue de Clichy, dans un bouiboui appelé : "le petit jardin". Cherche pas, il n’existe sûrement plus !

Une salle bien sombre, un orchestre situé sur un petit balcon surplombant la piste, un peu comme au « Balajo » rue de Lapp. Et là-dedans des rombières bien plus âgées que nous à l’époque, nous avions dix-neuf ans, des chailles rangées comme à la parade et… et puis c’est tout, je ne vous ferai pas de confidences !

Elles dansaient bien les rombières, nous ça nous apprenait, elles étaient contentes de gambiller avec des jeunots, et pas trop regardantes si on leur écrabouillait les ribouis !

Le samedi, je préférais aller à la cambrousse, des petits guinches sous une sorte de marabout, comme dans la chanson de Sardou « les bals populaires », un plancher de guingois... L’orchestre ? Un accordéon, tu penses, une guitare, un batteur et un saxo… Et voilà : roule ma poule !

C’était quand même bien chouette, les jolies fiancées en robe juponnées à carreaux vichy, le bandeau à la Janique aimée, les ballerines aux pieds. On ne frimait pas, elles étaient là, on était là pour la roucoulade, le petit flirt du samedi soir, le mimi humide, la bise dans l’axe, parfois la main s’égarait….

Avec un peu de chance, un p’tit rancard pour le dimanche, le retour l’hiver sur la Vespa quand il fait bien froid… BRRR !

Et le dimanche c’était : remettez-nous ça la patronne, la promesse du week-end à venir, les jolis souvenirs pour la semaine en usine, vivement samedi !

Parfois, j’aimais aussi aller à Paris dans les « dancings ». L’un d’eux me bottait particulièrement : c’était le « Royal lieu » sur le boulevard des Italiens. Que de la frangine mariée ou divorcée, en goguette, venant se faire reluire, un coup de jeune, histoire de tester, de voir si elle pouvait encore emballer un mec plus jeune, histoire de se rassurer sans doute !

Moi, ça m’allait bien et comme le chantait Georges Brassens :

A vingt ans l'coeur se pose
Là où l'oeil se pose
Le premier cotillon venu vous en impose
La plus humble bergère est un morceau de roi


"Le moulin de la galette" les dimanches après-midi, une moto c’est facile à garer… Tiens, essaie aujourd’hui de placarder ta chignole !

Certains samedis soirs, je montais place du tertre, on arrivait à grand peine à garer la pompe, c'était duraille, mais pas impossible. Les cars de touristes y débarquaient, avec leur lot de jolies Demoiselles, Tony le chanteur qui nous goualait des chansons de Bruant. Le Paris by night de ces jolies touristes ? Flirter (pas plus hélas) avec un parisien, peut-être histoire d'amortir le voyage ? En tout cas ça nous profitait aux copains et à moi... Comme c'est loin !

« La grande roue », « le tourbillon » rue de Tanger dans le XIXème (ne cherchez pas, il a été rasé), des guinches « musettes », avec encore des vrais marlous ! Je n’y allais pas trop pour la gambille, mais plutôt pour le folklore !

Plus tard, j’ai testé « les boîtes » : quelle horreur ! J’allais au « kilt », un truc situé au rond point des champs Elysées, d’ailleurs les loufiats qui servaient la bibine, faisaient la saison l’été à Cannes au whisky à gogo, près du Palm Beach, je les connaissais.

Je préférais décidément les danses que j’appelais « de contact » plutôt que de faire le singe devant une fille qui elle aussi dansait seule !

Mais attends, la danse « contact », c’est le pied ! Tu te rends compte :

Tu invites une nana que tu n’as jamais vue, et d’autor tu la tiens dans tes bras, ta bouche contre son oreille, le bandonéon guimauve, la boule à facettes...

Qui balance aux quatre coins du bal
Tout un manège d'étoiles filantes.

Et puis... Et puis après la fricassée de museaux, on allait se taper une petite soupe à l'oignon, aux halles. Les halles les vraies, celles qui subsistaient encore près de Saint Eustache, la cambrousse à Pantruche !

Par dessus la "gratinée", le muscadet sur lie, point de ballons ni d'alcootests, un peu craignos ? Sans doute, mais bon : c'était comme ça !

Et bien sûr le « Balajan » à Montfermeil : je lui avais consacré un p’tit billet il y a un moment. Le « Balajan », c'était encore la guinguette, avec juste à côté l'étang, parsemé d'îlots, sept en tout. On louait une barque, puis on emmenait la jolie fiancée : l'embarquement pour Cythère... ou presque !

Que j'ai passé de beaux dimanches
Les belles venaient en avalanche
Et vous offraient comme un cadeau
Rondeur du sein et de la hanche
Pour qu'on leur fasse danser l'tango

(Jean Roger Caussimon, pour les paroles, bien sûr !)


Le Mikado était un guinche situé pas très loin du boulevard Rochechouart entre Anvers et Pigalle, j'y suis allé une fois, le dancing était situé en sous-sol, à l'époque un vrai coupe-gorge ! Il ne m'a pas inspiré plus que ça, alors j'ai fait demi-tour et basta...

mardi 10 janvier 2012

Saoul-FifreArriver à bon porc

D'aucuns, nouveaux ou peu attentifs lecteurs du dernier billet de Taanb-Ourhin , ont pris cette histoire de cochons embarqués dans un voyage interstellaire mal barré pour un délire névrotique aigu mais il n'en est rien : ce texte eut presque pu avoir sa place dans notre catégorie "La vraie vie", n'eut été (et non : "nus tétés", n'est-ce pas, Andiamo ?) son style nettement connoté futuriste.

Ce que j'aimerais que vous compreniez, c'est qu'emporter un cochon pour un long voyage n'est pas du tout une idée idiote. Même les amis des bêtes se refusant à tout sacrifice animal pourront, en toute bonne éthique, s'adresser à la générosité naturelle au cochon qui se rendra gentiment à leur convocation du "Don du sang". Un bon litre toutes les 3 semaines est un bon rythme qui permet une reconstitution correcte de son capital sang. Un peu de lard inutile lipposucé aux endroits disgracieux, quelques kilos d'oignons finement hachés, du 4 épices et voici de quoi manger pour tout l'équipage le mardi, jour du boudin.

Et vos petits Porcinets, animaux propres sur eux, conviviaux et sympathiques, restent ainsi les bons vivants que vous appréciez, tout en vous remboursant en nature de boudin noir la farine d'orge et les restes de votre table dont ils font leurs délices.

Bien sûr, si le voyage s'éternise, comme dans le cas précité dans le billet de TB, il est bien plaisant de n'avoir pas à tirer à la courte paille pour savoir "qui, qui, qui... qui serait mangé ?". L'un des Porcinets s'auto-désignera naturellement, dans un bel élan atavique dû aux habitudes congénitales de son Espèce, appréciée par la bouche dont la main l'a de tout temps nourrie.

La Céleste Inn, je veux bien, mais ça fait un sacré détour, ça nous oblige à nous arrêter et je vous dis pas les prix ! Céleste, elle en profite, de pas avoir de concurrence à plusieurs milliers d'années-lumières alentour !

Non : embarquer quelques cochonailles sur pattes, c'est vraiment la solution soies-soies idéale. L'en-cas pour les cas graves non-prévus. Et même les sensibles, les adorateurs de BB deuxième version, les ceusses qui balancent des pavés dans les vitrines de charcuterie ? Ils ont cette attitude désinvolte car ils savent que trois numéros plus loin dans la rue ils vont trouver un bel étal coloré de fruits et légumes ?

Mais quand arrive la faim, la vraie faim qui te fait baver en zieutant le fauteuil en daim défroissé et le mec assis dessus, ben tu ne fais plus la fine bouche devant un sandwich jambon-saindoux ! C'est-y pas bon ? On dit merci qui ? Hein ? Fais rillette à papa Saoul-Fifre ?

Etudions le paradoxe. Il y a des animaux non consommés mais certains par respect : la vache sacrée ou bien la jument de Margotte (On ne mange pas sur qui l'on monte. Voire) et d'autres par dégoût. Vous avez d'un côté deux parmi les trois religions abrahamiques qui crient haro sur le goret/nourriture et de l'autre, la troisième qui lui est plutôt sympathisante (relire "Les trois messes basses" de Daudet). Ajoutez-y les Sikhs, les Adventistes du Septième jour et bien d'autres mouvements protestants, les Messianniques... Les nombreux Hindouistes et Boudhistes sont bien sûr également partisans de le laisser gambader en dehors de sa terrine et les végétariens "sanitaires", dirais-je : aussi. Cela fait déjà beaucoup de monde mais quand arrivent les photos ou les films, on voit rappliquer en renfort les "sentimentaux".

Jean-Luc Godard, qui a filmé une scène où un cochon saignait du groin dans son film "Week-End", a vu débarquer en hurlant la dernière caste citée, offusquée.

- "Je voulais juste démontrer ceci :" leur répondit-il, "vous tuez un cochon à l'écran, un millier de personnes crient leur horreur. Vous tuez un soldat au Vietnam, personne ne réagit."

En hommage à Godard, que Blanche aimait beaucoup, entre parenthèses, je vous ai donc filmé l'égorgement de notre dernier cochon charcuté, Naaaaaannn, je décoooooonne, vous n'aurez droit qu'à un extrait du résultat :

Juste un hommage, pour la forme, à des passionnés qui consomment religieusement le porc par amour, dans sa mûre perfection, pour lui éviter les pitoyables affres de la déchéance dans un mouroir. Ce beau mâle pesait 380 Kgs vivant, il s'agissait d'une espèce de chippendale porcin et j'imagine bien d'ici les sifflements jaloux des scorpions limousins se suicidant par dépit sous cette nouvelle gifle provençale reçue. Faudra que je leur envoie aussi des photos de silures pêchés dans les étangs de par chez nous.

Toujours est-il que nous voilà suffisamment achalandés en sauciflards et autres confits pour atteindre la prochaine planète habitable.

Mais y trouverons-nous du réseau ? De l'ADSL et du WIFI pour vous tenir au courant de nos prochaines aventures ? Clystèreetboules.com ! Vous le saurez en restant à l'écoute, grâce à votre agrégateur, de l'Univers Blogbo !

samedi 7 janvier 2012

Tant-BourrinTares trek (épisode 1)

An 2562. La Terre a, depuis près de trois siècles, intégré la Fédération intergalactique, regroupant des civilisations issues de milliers de galaxies différentes. Paix, connaissances et progrès règnent désormais en maîtres sur une immense partie de l’univers. Et chaque jour, des pionniers, à bord de leurs vaisseaux supraluminiques, explorent des espaces inconnus en quête de nouvelles planètes à pacifier.

A bord du Blogborygmus, le lieutenant Taanb-Ourhin, officier navigant issu de la galaxie Strictéraide, poussa un juron en consultant les cartes célestes. Alors que le vaisseau aurait dû depuis des semaines avoir regagné la Voie lactée et être en approche de la Terre, son regard ne détectait rien de connu parmi les amas stellaires alentours. Cette mission, décidément, virait au fiasco !

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mardi 3 janvier 2012

Scout toujours14 Juillet 1790, la fête de la Fédération

La fête de la Fédération fut incontestablement le plus grand rassemblement populaire de toute notre Histoire. Cet évènement a tellement marqué les esprits, que lorsque en 1880, nos députés eurent à choisir une date pour notre fête nationale, ils optèrent pour le 14 juillet en mémoire de cette extraordinaire journée (1). En 1790, il fut décidé d'organiser une grande cérémonie pour fêter le premier anniversaire de la prise de La Bastille et par là-même clôturer notre Révolution. Des délégations avaient été invitées venant de tous les départements Français, on attendait pas moins de 500.000 personnes.

Le seul endroit assez spacieux pour un tel évènement était le Champ de Mars (2). Douze mille ouvriers furent employés pour transformer ce terrain vague en une gigantesque arène. Les travaux commencèrent en juin. Mais étant donnée l'ampleur du chantier, on vit rapidement qu'on ne pourrait l'achever avant 4 mois. Un appel fut alors lancé aux gardes nationales pour contribuer aux travaux... Paris y répondit avec un tel enthousiasme que non seulement les gardes s'y rendirent en masse tambour battant, mais la population tout entière voulut participer : des gens de tout rang, de tout âge, de tout sexe et de toute opinion affluèrent vers le Champ de Mars. On vit même des moines et les femmes les plus élégantes de Paris arriver en voitures et en calèches de toutes les avenues de la ville, chacun et chacune venant avec sa pelle et sa pioche. En peu de jours, tout le monde eut son costume de travail et son bonnet phrygien. Les dames issues de la noblesse s'en firent confectionner de très élégants qui leur seyaient à merveille (3). Jamais on ne vendit autant de ces étoffes, et jamais on ne confectionna plus de ces accoutrements. Sur le terrain, l'exaltation et l'euphorie étaient à leur comble. Les travaux allaient bon train et chacun rivalisait d'ardeur et de gaieté. Les marquises travaillaient et buvaient avec les ribaudes. Le Roi lui-même vint donner son coup de pioche, et on dit même que Saint Just poussant une brouette y croisa la Du Barry une pelle à la main (4). Le travail était rythmé par les rires et les chants, jamais on n'avait vu et on ne reverra en France un tel élan de bonnes volontés, tant et si bien que l'ouvrage fut terminé bien avant le 14 juillet.

Les 60 000 fédérés venus des quatre coins de France furent hébergés avec la plus grande hospitalité : chaque parisien s'empressait de soins pour eux et ils furent royalement accueillis.

Le jour venu, la cérémonie fut grandiose, Le cortège partit de La Bastille en longeant la Seine jusqu'au pont construit pour la circonstance et qu'on avait entièrement garni de fleurs (5). Un triple arc de triomphe avait été édifié et chacun se rangea à sa place sous les acclamations et les vivats. Plus de 600 000 personnes étaient là. De toute notre Histoire, on n'avait jamais vu un tel rassemblement. Un détail pittoresque agrémenta la journée : le temps ne cessait de changer, alternant entre soleil et averses ; et cette immense population, en apparaissant tout à coup ou en disparaissant sous cent mille parapluies de toutes couleurs, offrait les multiples tableaux d'immenses champs de fleurs multicolores tantôt s'épanouissant, tantôt se refermant suivant que les averses mouillaient l'une ou l'autre partie de l'esplanade. L'effet en était vraiment fantastique.

Chacun prêta serment de fidélité à la constitution avec une euphorie, un enthousiasme que nul ne peut imaginer. "Oui, nous le jurons !" s'écriait-on en chœur. La Fayette était là, magnifique, sur son cheval blanc, mais l'homme qui retint l'attention de tous fut le Roi : son serment et celui de la Reine déclenchèrent une ovation formidable qui se mêla aux nombreuses musiques des fanfares, aux roulements de mille tambours et au fracas de 100 canons. Le peuple était transporté de joie de voir Louis XVI accepter notre constitution (6). C'est que ce jour-là, chacun considérait que la révolution était bien terminée, on croyait enfin pouvoir vivre en paix.

Au sortir de la cérémonie, tous les gens se félicitaient, s'agrémentant de politesses et de signes confraternels, jamais la population parisienne ne se conduisit avec autant d'égard et de civilité, c'était à qui ferait place à ceux que l'on croisait. Si cet excès de politesse fut poussé à l'extrême, ce fut surtout par les gens de la dernière classe. Cet excès de dévouement était touchant chez eux, trop heureux qu'ils étaient que leur roi leur accorde un tel privilège, eux qui n'avaient connu jusqu'ici que les humiliations. Chacun d'entre eux se promenait avec délice, cherchant à procurer aux autres le charme qu'il goûtait. L'euphorie gagna toute la ville, on s'embrassait dans les rues, on se fût cru dans un monde irréel, et jamais le mot fraternité n'eut pu être aussi bien employé. Des montgolfières furent lâchées et un formidable feu d'artifice fut tiré de la place de l'Etoile. Les rues de Paris étaient ornées de millions de lampions multicolores qui scintillaient joyeusement dans la nuit. Les jardins et les bois étaient garnis d'orchestres, de spectacles et de salles de bal dont les flon-flons agrémentèrent les soirées, les réjouissances durèrent pendant plusieurs jours. Dieu que la France était belle en ces beaux jours de juillet, tous les cœurs n'étaient animés que d'un seul sentiment : l'amour du bien commun.

Hélas, hélas, l'euphorie sera de courte durée. Pourtant le Roi était sincère, mais à l'image de son peuple, il était impressionnable et versatile (7).

Il oubliera ses beaux serments, et Mirabeau, l'agent double, n'aura aucun mal à le convaincre de fuir à l'étranger. Dès lors la France sera engagée malgré elle dans les guerres de la première coalition, et la spirale sanglante suivra : les massacres de Septembre, le "génocide" des chouans, la Terreur, Thermidor... Les guerres dureront jusqu'à l'effondrement de la France en 1815. Et pourtant, tout ce déferlement de sang eut pu être évité...


(1) Lorsque nous fêtons le 14 juillet, c'est bien la Fête de la Fédération que nous commémorons et non pas la prise de La Bastille, contrairement aux idées reçues. Certains députés refusèrent en effet de commémorer la prise de La Bastille en raison des scènes de lynchage et des victimes innocentes qu'elle avait occasionnées.
(2) Le Champ de Mars est dans le prolongement de l'emplacement de la Tour Eiffel.
(3) Beaucoup de nobles étaient désireux d'en finir avec l'ancien régime qui leur interdisait de mener une quelconque activité autre que la carrière militaire, et les empêchait donc de s'enrichir.
(4) Saint Just était un ami de Robespierre qui gouverna sous la Terreur, ils furent guillotinés tous les deux lors de la réaction de Thermidor. Mme Du Barry était l'ancienne maitresse de Louis XV, elle fut guillotinée sous la Terreur.
(5) Ce pont était à l'emplacement de l'actuel pont d'Iena.
(6) La constitution en question était une monarchie constitutionnelle.
(7) Louis XVI était très influençable : avec lui, c'était souvent le dernier conseiller qui parlait qui avait raison.

dimanche 1 janvier 2012

AndiamoAu gui l'an neuf !

Ils sont partis... Abandonnant la boutique... Pas un p'tit bifton posté... J'ai honte !!!

Alors je m'y suis mis, malgré mes vieilles douleurs : le doyen au taf ! "Ils" me la font payer cher ma retraite...

Toujours soucieux de "coller" au plus près à l'actualité, j'ai voulu marquer la nouvelle année en évoquant le scandale des prothèses à mèmère... Pardon mammaires, les fameuses "P.I.P".

Encore une fois c'est tout en finesse et sous-entendus !


A toutes et à tous je vous souhaite une BONNE ANNEE (à la manière du chat)

samedi 24 décembre 2011

AndiamoLa saga Chauguise

Mine de rien, ça fait tout de même neuf fois que je vous raconte des « Chauguiseries ». Fufutes comme vous l’êtes, vous avez deviné que celui-ci est le dixième, ben tiens !

Ce qui m’a le plus surpris, c’est qu’aucun de vous ne m’a fait une remarque sur le patronyme de notre commissaire !

CHAUGUISE ! En argot un peu ancien, un « guise », ou « guisot », était un sexe masculin, alors Chauguise… Vous devinez ?

J’ai voulu modestement, bien sûr, vous offrir la galerie de portraits de mes protagonistes.

A tout seigneur tout honneur :

Chauguise. Ah ! Vous trouvez qu’il a des faux-airs de… Tiens, tiens ?




Bien sûr, son adjoint (de culasse aurait ajouté Saoul-Fifre) Julien Crafougnard, son patron l’appelle « Dugland », il l’aime bien mais ne le lui montre pas, et puis surtout il va bientôt devenir son gendre !




Il vous plaît Mesdames ? Tant mieux, en tout cas il plaît beaucoup à « Juju » Elle n’aime pas beaucoup que son Papa l’appelle ainsi, mais vous savez comment sont les pères avec fifille, alors Juliette devra faire avec !




Vous la trouvez comment Messieurs ?

Bien sûr, il y a aussi Bourrieux dit « Couillette », et vous savez pourquoi on le nomme ainsi ?

Il raffole des pastilles « Valda », les p’tits bonbecs verts à la menthe, et il les appelle des couillettes de Martiens ! Alors le sobriquet lui est resté !

C’est l’homme à tout faire du quai des orfèvres : médecin légiste de formation, mais il peut aussi, à partir d’un poil de cul, reconstituer le menu de la veille ! Entièrement dévoué à son « patron », il est un élément indispensable.

Lui aussi ressemble à… Mais chuuuut !




Mais non, je ne l’ai pas oubliée, celle qui partage la vedette avec l’équipe du 36 !

La traction avant Citroën 15 chevaux six cylindres, avec suspension « Grégoire » (elle a réellement existé).




Il fallait un décor à mes petites histoires, je n’ai pas choisi le plus moche, Chauguise vit à l’ombre du « sactos » comme il le nomme familièrement.

(Ch'tiots crobards Andiamo)




Ce soir on réveillonne
Alors à toutes et à tous
JOYEUX NOËL !

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