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dimanche 9 octobre 2011

Saoul-FifreMenorca

Plus jamais çà. Non n'insistez pas, je vous dis que ce voyage à Minorque fut exécrable et que je ne suis pas près de recommencer la même erreur. Comment ça, je suis difficile ? Ça se voit que vous ne connaissez pas mon beauf et ma beauffe, enfin, ma sœur, quoi ?

Quand ils font bloc, ils sont capables de vous dégoûter du Taj Mahal ou de Saint Petersbourg. Ya ci, ya pas ça, ma piscine est plus chaude, la baguette est plus craquante chez mon boulanger, tu vas voir qu'ils vont pas nous rendre la caution et à l'allure où la Bourse s'effondre, s'il nous reste un slip au retour, faudra qu'on s'estime heureux.

C'est pas compliqué : tu les emmènes à Venise, lui il va tirer la gueule et la jambe à chaque canal car ya une côte pour grimper sur les ponts et elle, elle va flipper sa mère de tomber dans l'eau croupie, d'y attraper une maladie vénitienne ou qu'un pigeon lui chie dessus. Ils insisteront pour s'installer à la terrasse du Florian et, profitant que l'on fait caisse commune, ils passeront leur commande en dernier. Ce qu'il y a de plus cher sur la carte.

Pour que vous compreniez bien tout, je suis le petit dernier de la famille. Mais j'ai beau être proche de la retraite, peser deux fois son poids, ma sœur me voit encore comme le jour où elle m'a découvert pour la première fois à la maternité. Alors dans sa grandeur d'âme et sa large ouverture d'esprit, elle a accepté que je prenne le volant de la voiture louée, malgré mon jeune âge et attendu que j'étais le seul candidat. Mais les consignes étaient strictes : ne pas dépasser les cinquante kilomètres à l'heure et lui remettre les clefs du véhicule dès l'arrêt de celui-ci. J'étais bien capable de les perdre, avec mon irresponsabilité native. Et qui qui se retrouverait dans la mouise, hein ? Hein ? En attendant, elle me rejoue sur la banquette arrière Philippe le Hardy à la bataille de Poitiers (1356) : "Saoul-Fifre, une voiture à droite... Saoul-Fifre, une voiture à gauche..." tout en poussant de petits cris terrifiés censés me rendre apte à une conduite sereine.

Mon beauf lui, avait pris soin de se munir d'une attestation d'un docteur ne répondant plus de sa vie en cas de participation aux tâches domestiques. Nous nous agitions donc tous telles de diligentes abeilles autour de ce faux-bourdon (mais vrai couill..) affalé sur le divan qui zappait en permanence sur les chaînes espingouines dans l'espoir de tomber sur un match de foot ou de rugby. Le matin, il ne se levait qu'après avoir eu les narines chatouillées par la bonne odeur du café chaud et il nous faisait même tire-déboucher les flacons de pinard qu'il contribuait pourtant à vider aussi souvent qu'à son tour. "Mes pieds sous la table et mon cœur pour ma belle", soupirait-il d'aise en la contemplant s'activer à la desserte et à la vaisselle. A sa décharge (peuchère, à son âge ?), il nous avait prévenus avec franchise : "Pour compenser ma non-participation, ma douce travaillera double !"

S'il arrivait sur une plage premier d'entre nous, il choisissait pour s'asseoir le coin "naturiste" et la petite flaque entre ses genoux prouvait qu'il salivait plus vite que le sable n'était capable d'absorber sa bave. Des baigneuses s'éloignaient, dégoûtées, à la recherche de sable vierge de tout vieillard libidineux. Il les suivait à la jumelle tandis que ma sœur, sa femme, s'esclaffait de son niveau d'humour "pipi-lolos-quéquette". C'est rafraichissant de se trouver temporo-transporté dans une cour de récréation de petits sixièmes.

Sans doute la magie de Minorque qui opérait.

Cette magie qui m'y fera sûrement revenir, mais sans les deux autres bizarres, là.

Bon je vous envoie trois cartes postales, il parait que ça se fait.

Ça ne donne pas envie d'aller y plonger ?

La cathédrale de Ciutadella. Jamais vu une ville dont les pierres négocient aussi bien la lumière avec le soleil.

Cet endroit magique, un vallon cultivable bifide, descend en pente douce vers la mer, mais n'arrive pas jusqu'à l'eau. Il se termine par une falaise/éboulis difficilement franchissable. Il se nomme "Chez Saoul-Fifre", enfin, je me comprends : "Chez mon-vrai-nom-dans-la-vraie-vie".

lundi 3 octobre 2011

Tant-BourrinLe traducteur automatique bouseux-civilisé

Certains, parmi vous, s'étonnent que je ne sois encore jamais allé honorer de ma visite la ferme de Saoul-Fifre.

C'est oublier un peu vite un insignifiant détail, une broutille certes, mais qui devrait se révéler insurmontable : la barrière de la langue !

En effet, alors que je me targue de pratiquer le beau parler des beaux salons de notre belle Capitale, Saoul-Fifre ne dispose pour s'exprime que d'un vague patois primaire à côté duquel les grognements d'un sanglier passeraient pour un discours de Cicéron.

Alors que faire ?

Eh bien, voyez-vous, outre une syntaxe et une grammaire parfaites, je dois immodestement vous révéler que je maîtrise relativement les technologies informatiques, autant que celles du langage. J'ai donc conçu un traducteur automatique, activable par un simple clic sur un bouton, à même de rendre intelligible le langage bouseux de Saoul-Fifre et, à l'inverse, de transformer mes phrases raffinées en une bouillie sonore assimilable par ses maigres ressources intellectuelles.

Or donc, je peux désormais envisager de franchir le Périphérique et de gagner sa Terra incognita.

Ah, je rêve déjà des grandes et longues discussions que nous allons pouvoir avoir grâce à mon invention !... Je m'y vois déjà !

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jeudi 29 septembre 2011

AndiamoLa crique

Le Souf' est aux abonnés absents, point de ch'tiot billet en magasin...

Tant-Bourrin est sans doute épuisé par la reprise, les devoirs du gamin, les peintures/papiers peints à refaire avant l'hiver, les tuyaux du vieux Godin à ramoner puis à passer au chrome polonais (la peinture "alu" bien dégueu, qui jaunit au premier coup de chauffe), etc... Etc.

Alors le doyen s'y est collé : quelques photos prises il n'y a pas si longtemps, à bord d'un joli bateau à moteur, dont un couple d'amis a fait l'acquisition il y a peu.

Ils nous avaient gentiment emmenés dans une jolie crique, bordée d'une petite plage, où la verdure ajoute à la beauté de la grande bleue.

Pique-nique et rosé de Provence au menu. Le pastis ? Bien sûr ! Mais pour qui tu m'prends ?

Je vous ai posté quelques photos, juste histoire de vous faire regretter les vacances ! Consolez-vous : les prochaines n'ont JAMAIS été si proches !

Et merci à eux pour ces moments...HUUUMMMM!



Il suffit de passer le port.
Voguons guilleret, guillerette.
Il suffit de passer le port...



Le sillage du moteur de 200 chevaux ! Plus jeune ou moins vieux si tu préfères, j'aurais bien tâté du ski nautique)



Penché à l'avant de sa blanche caravelle, mon ami regarde monter des étoiles nouvelles !



Un ancien petit village de pêcheurs blotti au fond de la crique... Pauvres habitants ! Contraints de supporter une vue pareille... Y'a d'la misère tout d'même ma bonne Dame !



Et enfin : LA CRIQUE ! Il y a des journées pas faciles !

vendredi 23 septembre 2011

AndiamoLes vacances de Chauguise

Septembre, Chauguise est en vacances… Enfin, songe-t-il, après une année bien chargée.

Il a laissé Juliette, Juju comme il l’appelle familièrement, en lui recommandant d’être sage. Surtout avec l’autre zigoto de Julien, son adjoint et fiancé de sa fifille !

Chauguise a été invité par son copain de promotion, Fernand Cassignol, qui occupe le poste de commissaire à Cannes. En tant que séjour pour des vacances, y’a pire songe notre commissaire.

Un brave type ce Fernand, un peu porté sur les "mominettes" (1) mais bon !

Après douze heures de train, un changement de locomotive en gare de Marseille Saint-Charles, on troque une « CC » contre une « Pacific »à vapeur ! Car, au début des années cinquante, la ligne n’est pas encore électrifiée de Marseille à Vintimille ! En cause, les nombreux tunnels qu’il faudra agrandir afin d’assurer le passage des caténaires.

Chauguise débarque avec une simple valise, son pote l’attend… Accolade.

- Bon voyage ?

- Mouais !

Toujours aussi loquace notre héros.

- Dis donc, Chauguise, tu en penses quoi de Marie Besnard ?

Nous sommes en 1952, et le procès de celle qu’on appelle « la bonne dame de Loudun » vient de s’ouvrir à Poitiers.

- Tu sais, Chignole…

- Ah non ! Laisse tomber, tu ne vas pas m’affliger de ce sobriquet, j’en ai assez chié à l’école de police !

- Bon, d’accord, Fernand… Alors cette bonne femme, elle a la tronche d’une empoisonneuse ! La mantille, les grosses lunettes , son air sévère, j’en passe et des meilleures. Mais ça n’en fait pas une coupable ! Je pense comme Frédéric Pottecher : elle est innocente ! Que des racontars, des jalousies, des mesquineries de province.

Après avoir remonté la rue d’Antibes en direction du port, que surplombe l’église du Suquet, la 203 Peugeot arrive près du marché Forville, son joli porche peint en ocre rouge, puis emprunte la rue Meynadier.

Une rue assez étroite, bordées de commerces en tous genres et extrêmement animée. Cassignol gare la pompe, puis invite Chauguise à descendre.

- Monseigneur est arrivé !

Un immeuble assez ancien, un escalier de bois propre, deuxième étage. Fernand ouvre la porte face à l’escalier.

- Oh Rose ! C’est nous.

Une petite brunette apparaît, un peu rondelette, sous les bouclettes, un joli visage au large sourire.

- Rose, je te présente Chauguise, mon copain : le COMMISSAIRE Chauguise !

- Allez zou ! Pas de manières, je vous fais la bise !

Deux gros poutous qui claquent, Chauguise entre : sur la table de la salle à manger, le pastis attend déjà ! Une bonne odeur de viande rôtie lui chatouille agréablement l’odorat.

A la tienne, à la mienne, ils ont pas mal éclusé nos flics en goguette et, après une nuit blanche dans le train, une 'tite sieste s’impose !

Il est dix-sept heures quand Chauguise se réveille, la chambre qu’on lui a réservée donne sur une cour très calme.

- Ça va mieux ? demande Rose.

- Oui, merci !

- Fernand rentrera d’ici deux heures : peu après que vous soyez allé vous coucher, il a été appelé pour une affaire sur la Croisette, un type qui s’est fait flingué qu’il m’a dit !

Chauguise a bondit. En bas de l’immeuble, il se met en travers d’un taxi en brandissant son sésame, sa carte rayée bleu, blanc, rouge.

- Sur la Croisette et fissa, je ne joue pas les touristes, cappice ?

- Oui, inspecteur !

- COMMISSAIRE, s’il te plaît !

- Bi ...bien.

Doucement, le taxi se dirige vers le Palm Beach. Une simple rue à deux voies à cette époque, elle a été élargie vers 1976 puis séparée en son milieu. Des milliers de tonnes de sable ont été apportées afin de reconstituer la plage.

Soudain à hauteur du palais des festivals (l’ancien, pas le « bunker »), un attroupement.

- Stop ! hurle Chauguise en tendant un « Chateaubriand » (2) au chauffeur : Garde la mornifle !

- Merci, insp… Commissaire.

Chauguise est descendu, un flic en képi étend ses bras afin de lui interdire le passage.

- J’suis d’la baraque, lâche Chauguise en lui montrant son carton aux couleurs de la République.

- Pardon Commissaire !

Les bras s’abaissent, Chauguise s’avance.

Cassignol est là. Un mec assez grand semble-t-il est étalé face contre terre, il est vêtu d’un pantalon beige et d’une chemise pied de poule très à la mode à cette époque, des mocassins de toile blancs aux pieds.

- Ah, t’es réveillé ?

- Non, je dors, je suis dans un rêve !

- Putain, pas d’bol, le jour où t’arrives, je pensais qu’on seraient peinards !

- Tu permets que je jette un œil, Fernand ?

- Oui, bien sûr, fais comme chez toi !

Chauguise s’est penché, à droite de la tête, à hauteur du pariétal, un petit trou bien rond, où suinte un filet de sang.

Discrètement, Chauguise a sorti un crayon « Baignol & Farjon » de sa poche puis en a glissé l’extrémité dans le petit trou. L’angle que forme le crayon indique clairement que la balle a été tirée « d’en haut ». Or la victime se dirigeait vers le Palm Beach, trottoir côté mer, il tournait le dos au port.

Pour qui connaît un tant soit peu les lieux, le coup est parti de la mer et en hauteur ! Point d’immeuble d’où aurait pu s’embusquer le tireur…

Merde, songe Chauguise, c’est quoi ce truc ?

- Bon, j’te laisse, Fernand, je vais m’en jeter un en face.

- OK, je te rejoins, il n’y en a plus pour longtemps.

En face, c’est le « Blue Bar »(3), situé en bas de l’ancien palais des festivals, juste à côté du bijoutier « Lacloche »(3).

Arthur le limonadier fait d’incessantes allées venues afin d’abreuver la clientèle, qui a rappliqué en masse pour assister à l’évènement.

- Dites voir, garçon, vous n’avez rien entendu ? demande Chauguise après avoir commandé une « Carlsberg ».

- Non, répond le loufiat, avec un accent niçois bien prononcé, je suis bien trop occupé, et puis je me souviens qu’il y avait un avion, un bi-plan jaune qui tournait, et vous savez comme c’est bruyant ces coucous !

- Un bi-plan jaune ? Il a tourné longtemps ?

- Cinq bonnes minutes, c’est après qu’il soit parti que j’ai vu un attroupement, y’a un mec qui est entré téléphoner, afin d’appeler les flics.

- Merci mon gars !

Une demi-heure plus tard, le corps a été enlevé, les badauds dispersés, Fernand a rejoint Chauguise.

- T’en penses quoi ?

- Trop tôt encore, il faut attendre les analyses, l’autopsie, les empreintes… A propos d’empreintes, si tu veux, envoie-les au "36" en express, je te recommanderai, tu auras les résultats demain, je demanderai à Couillette, pardon Bourrieux de s’en occuper.

- Merci ! T’es un frère Chauguise.

Retour rue Meynadier :

- Tiens, au fait, commente Fernand, notre gus c’est un chleu, un certain Dieter Schwartz, il avait son « ausweispapiere » sur lui.

- Ouais, bon, si on allait s’en jeter un avant d’escalader tes deux étages ?

- Je connais un p’tit rade sympa derrière le palais : « le petit Carlton »(3), rien à voir avec le grand Carlton, le taulier c’est un pote à moi !

Le patron, un gras du bide à l’accent marseillais, a déjà entendu parler de l’affaire du boche trucidé !

Après une demi-douzaine de mominettes retour au bercail.

- Un p’tit pastaga ? propose la charmante Rose.

- Non merci, répondent en cœur les Dupont, Dupond, on a déjà donné !

A table, on parle un peu de l’affaire, Fernand envisage un règlement de comptes de la maffia. Mais il ne s’explique pas le coup de « 22 » tiré depuis la mer !

Le rosé de Provence, plus les mominettes ont bien étoilé la tête de nos deux héros, une petite promenade digestive sur le port, est la bienvenue.

Quelques pêcheurs s’en vont pour une pêche au lamparo, le Suquet illuminé de lumières orangées se détache sur le ciel noir. Les lampes des réverbères font scintiller l’encre du port, au loin les guirlandes électriques des bateaux de la flotte américaine ancrée au large, ajoutent une note féérique.

- Putain, c’est bon les vacances, articule Chauguise entre deux bâillements.

Quand notre commissaire se réveille le lendemain, l’appartement est vide, sur la table une cafetière et un petit mot de la main de Rose : "faites vous chauffer le café, je vous ai laissé un trousseau de clés, ainsi vous pourrez aller à votre guise".

Le café avalé, Chauguise a composé le numéro du standard, car à l’époque, on ne pouvait pas obtenir directement les abonnés hors de sa circonscription. Il fallait obligatoirement passer par « l’inter », et les délais d’attente étaient parfois très longs !

- Paris ? Trente-cinq minutes d’attente ! lui répond la préposée.

- Rien du tout, gueule Chauguise dans le bigophone, je suis LE commissaire Chauguise, et si tu ne veux pas te retrouver aux archives le reste de ta carrière, t’as intérêt à te bouger le fion, et me passer en priorité ….. Fissa ! Verstehen ?

- Oui Commissaire, fallait le dire tout de suite !

Sonnerie, la standardiste du 36 n’a même pas le temps de parler !

- Passez-moi Bourrieux et fissa, a-t-il commandé à la standardiste.

- De la part ?

- De Pie XII ! C’est moi, Chauguise !

- S’cusez patron, je vous le passe.

- Couillette ? C’est Chauguise, alors les empreintes que Cassignol t’a fait parvenir ?

- C’est du lourd, patron ! Il s’agit en fait, non pas de Dieter Schwartz, mais de Otto Von Adler !

- Otto Von Adler… Ça me dit quelque chose…

- Ben oui ! C’est un criminel nazi recherché par Interpol, et même davantage : par les sbires du « Mossad » ! S'ils l’avaient chopé, il aurait passé un sale quart d’heure !

- Bien bossé Couillette ! Pour le sale quart d’heure, c’est fait ! Écoutes : tu gardes ça pour toi, tu annonceras le résultat des courses demain à Cassignol… Capito ?

- Reçu cinq sur cinq, patron !

- Merci.

Dans la foulée, petit coup de téléphone à Juliette, histoire de se rassurer. Il joue les gros durs, Chauguise, mais pour sa Juju, c’est un tendre !

Tout de même, cette histoire de mec descendu en plein jour, sur La Croisette, le turlupine. Il n’a pas envie de faire part de sa découverte de la double identité du mort tout de suite !

A midi, Fernand et Rose sont rentrés pour déjeuner : spaghetti à la bolognèse… Et toujours le rosé de Provence.

- Dis donc Fernand, tu pourrais me prêter ta bagnole c’t’aprèm’, histoire de visiter un peu ?

- J’allais te le proposer ! Tu sais on a une tire de service, une « Juvaquatre », c’est pas rapide, mais bon….

Cassignol parti, Chauguise, se met au volant de la « 203 », puis direction Mandelieu, petit village au bord de la grande bleue, sur le territoire duquel figure un petit aérodrome.

A cette époque, l’aérodrome ne comporte qu’un hangar et une seule piste faite de tôles perforées, comme les pistes provisoires qui servaient de terrain d’atterrissage aux « war birds » durant la seconde guerre mondiale.

Il est trois heures, la chaleur est encore écrasante. Devant le hangar, sont alignés quelques appareils : un Jodel, un Piper « Apache », un Super Cab et même un Norécrin. Un peu à l’écart un biplan jaune, un « Stamp » fameux avion de voltige des années trente, d'origine Belge.

Un mécano travaille sous le capot relevé du "Super Cab", il inspecte le « Continental », un moteur quatre cylindres à plat de soixante cinq chevaux. Chauguise s’approche.

- Bonjour, il appartient à qui le bi-plan ?

Le mécano relève la tête : Ah ! Le « Stamp » ?

- Ouais.

- Demandez à Josette, la secrétaire, là dans le bureau.

Josette une très jolie blondinette, accueille Chauguise avec un large sourire.

- Vous désirez ?

- Je voudrais savoir Madame, à qui appartient le bi-plan jaune ?

- AH le Stamp ! Il appartient à Claude, vous le trouverez au bar de l’aéroclub !

- Merci !

Chauguise se dirige vers l’établissement.

Sur la terrasse couverte de canisses, deux types sont attablés, chacun devant un coca.

- Bonjour Messieurs, il est à vous le joli « Stamp » ?

- Oui, à moi, répond le plus jeune, pourquoi, il vous intéresse ?

- Non, mais ce qui m’intéresse, c’est ce que vous foutiez hier à quinze heures, à tourner en rond en face du palais des festivals !

- Vous êtes qui pour nous poser des questions ?

- Commissaire Chauguise !

- A quoi bon jouer au plus con, Commissaire, lâche le plus vieux. C’était une ordure ce Von Adler, un bourreau qui sévissait à Birkenau ! Un médecin officier Allemand, qui s’est livré à d’horribles expériences sur des déportés juifs.

J’étais dans ce camp, nous avons été délivrés par les Russes en 1944. Il y a quinze jours, je l’ai reconnu cette ordure, je prenais un verre à la terrasse de chez « Gaston et Gastounette » (3) sur le port, quand je l’ai vu à la table d’à côté, il ne m’a pas reconnu, pensez donc ! On était maigres à faire peur à l’époque, mais par contre, lui, je l’ai retapé tout de suite !

Pendant près de deux semaines, je l’ai suivi, toujours le même itinéraire.

L’après-midi, il partait du port, direction le Palm Beach, puis revenait. Nous faisons, Claude et moi, des photos aériennes que nous vendons ensuite à des magazines. Claude pilote le « Stamp » pendant que je photographie. Vous savez, « shooter une image » ou shooter un mec au bout d’un fusil à lunette, c’est à peu près la même affaire, Commissaire !

- Tout de même ! Ajuster une cible dans un appareil qui se déplace n’est pas à la portée du premier aveugle venu !

- J’ai été finaliste au tir à la carabine aux jeux de Berlin en 1936… Ça aide ! Commissaire, Claude n’y est pour rien, il pensait que je photographiais, alors que j’alignais l’autre salopard, arrêtez-moi, mais laissez mon pote.

Les deux amis se regardent, Claude a les yeux humides, ils se serrent la main, puis Henri le « photographe » se lève.

- Emmenez-moi discrètement, Commissaire, je ne ferai pas de schkroum !

Le soir, Chauguise a invité Rose et Fernand au « Blue Bar ». Marius, l’un des garçons, s’occupe d’eux. Il est tout jeune et plein d’attentions, il apprend vite et bien son boulot !

Au moment du dessert, Fernand a allumé un « cigarillo ». Chauguise, lui, reste fidèle à ses Boyards papier maïs.

- Alors tu t’es bien baladé tantôt ? demande Cassignol.

- Ouais, j’ai poussé jusqu’au Trayas… Putain, c’est beau ces roches rouges qui plongent dans la mer !

-C’est sûr !

Puis revenant à l’affaire qui le préoccupe :

-Putain je n’y comprends rien à cette affaire ! C’est sans aucun doute un coup de la maffia. Tu sais, ajoute-t-il à voix basse, c’était un ancien nazi » alors les fonds secrets, le pognon qui a été planqué après la guerre… Patin, couffin, et tout le toutim… Je vais classer l’affaire aux pertes et profits et BASTA !

-T’as raison, répond Chauguise en lui reversant une rasade de rosé, classe et laisse pisser le mérinos !

(Le Suquet, ch'tiot crobard Andiamo)




1) : mominette : un pastis version miniature !

2) : Chateaubriand : billet de 300 francs (d'avant 1958) représentant Chateaubriand... Un beau pourliche !

3) : tous ces endroits ont réellement existés, mais je parle d'un temps que les moins de ...(mets ce que tu veux) ne peuvent pas connaître !

lundi 19 septembre 2011

Tant-BourrinLa très aventureuse vie du Chevalier de Tant-Bourrin et de son écuyer Saoul-Fifre (Chapitre XVIII)

(lecture préalable des chroniques précédentes conseillée)

Où le Chevalier de Tant-Bourrin avance masqué

XIIIème siècle après Jésus-Christ - Quelque part dans le Royaume de France

L'étrange équipage cheminait cahin-caha, tout empoussiéré de volutes terreuses que le pas de leurs montures arrachait au chemin sec et caillouteux, sous les dards puissants d'un soleil médiéval.

En tête, l'écuyer Saoul-Fifre somnolait comme un bébé, bercé par les zigs et les zags de sa bourrique miteuse. Enfin, pour être plus précis, comme un bébé qui aurait ingurgité une bonne douzaine de pintes de mauvaise vinasse. Autour de sa face rubiconde et joviale, les mouches vrombissantes lui faisait une aura mordorée.

Derrière, loin derrière, le Chevalier de Tant-Bourrin, l’œil inquiet d'un lapin pris dans la lumière des torches, le col de son armure déstructurée relevé, la visière de son heaume-melon baissée, la tête entrée dans les épaules pour mieux se camoufler, laissait à son écuyer le soin d'ouvrir la route, par crainte de croiser le moindre gueux hilare, suite à sa dernière aventure. Son aura de gloire semblait définitivement en berne.

Soudain, Hippobert Canasson de Tant-Bourrin, pensif depuis un bon moment, sembla pris d'une soudaine résolution, fit stopper net sa monture et dit :

- Cela suffisoit ! Les miennes aventures s'arrestoient icy-mesme !

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jeudi 15 septembre 2011

Saoul-FifreLes canassons

Je m'aperçois avec stupéfaction, mon cher Tant-Bourrin, que je ne prends pas assez souvent la peine de te parler de mes branquignols d'équidés, tes congénères, en quelque sorte.

Au départ, l'Esprit "Cheval", c'était plutôt ma belle famille, des gens zarbis toujours au grand galop le long des longues plages camarguaises, dans des raidillons de garrigues ou à l'ombre des traverses forestières limousines. Le père de Margotte connaissait par cœur la généalogie de tous les pur-sang arabes du monde, mis bas ou prêts à naître mais ce mec plus qu'ultra ne possédait qu'une petite jument née sous la tente d'un bédoin, au milieu d'un désert de la corne arabique.

Pour la petite histoire, cette Djeïda fut donnée à Jacques Chirac, alors ministre de l'industrie, par Sadam Hussein, pour marquer poliment le coup après un modeste achat de quelques centrales nucléaires françaises. Elle qui rêvait d'intégrer le musée du Président, à Sarran, fut confiée au haras de Pompadour, puis prit sa retraite chez nous, quelques années plus tard. Destinée en dégringolade.

Perso, même s'il m'est arrivé de monter, jeune, dans un haras, et plus tard de prendre quelques leçons avec Margotte et son père, je me suis toujours méfié de ces véhicules au déplacement aléatoire et au klaxon intempestif. Et si l'on m'incitait en insistant à grimper dessus, je n'ai jamais poussé ma monture au delà du trot enlevé.

Et très sincèrement, aujourd'hui comme depuis toujours, si je dois faire quelques kilomètres, je préfère encore prendre le vélo. Vous l'avez compris, le meilleur ami de l'Homme n'est pas celui de Saoul-Fifre, il n'a pas accès à mon mur Facebook, il n'a pas l'adresse de mon blog et je le laisse debout dehors au lieu de lui proposer une anisette à l'ombre dans un fauteuil.

Ceci dit, à force, des liens se tissent. Un beau soir, un ami monta à la ferme avec un van et dedans ce van il y avait la jument de sa copine (de ch'val !). Il fixa tout seul le prix de la pension, nous topâmes là et il lâcha la jument dans une clôture que j'avais. Puis ce fut la fille d'une amie qui nous emmena son champion de concours incomplet, puisqu'il refusait la rivière, ce trouillard. Et ainsi je devins aubergiste pour chevaux, en une sorte de glissement progressif.

Même si le cheval est un bestiau éminemment stoïque aux intempéries, il lui faut un abri, ça rassure sa proprio. Oui je dis "sa" car le proprio du cheval est toujours une fille, vous allez pouvoir briller dans les afters parisiens avec ce scoop. Dans les débuts d'une liaison, son compagnon la suit en trottinant d'un air énamouré, lui porte la selle, les sacs de grains, l'écoute des heures lui réciter le carnet de santé de "Roudoudou", ses coliques, tous les soucis et tout le plaisir que lui a donné son "Pioupiou" ou son "Dindin" chéri. Certains copains poussent l'abnégation jusqu'à les accompagner en VTT dans leur tour en colline.

Et puis, assez rapidement, la proprio vient toute seule.

Faut dire que son hongre "Nadier" est un véritable despote qu'elle seule peut supporter. Il est gâté-pourri et n'obéit à aucun ordre. Quand par hasard elle réussit à l'engager dans le chemin qui mène à la colline, "Nadier" ne tarde pas à exiger le divorce et le couple revient en deux paquets : le hongre au petit trot, tout fier d'avoir échappé à la ballade, et sa maitresse un quart d'heure plus tard, toute courbaturée de sa chute.

L'Amour monstre existe aussi en version zoophile.

J'en ai visité, des "clubs", des "ranches", des "écuries"... Des quadrillages de paddocks minuscules équipés d'un abri de deux mètres sur deux... Le pauvre cheval solitaire regarde à distance soigneuse ses voisins équins, dans la cellule d'à-côté. Il a essayé de s'en rapprocher mais une bonne décharge électrique l'a dissuadé de recommencer. Il déprime sec en plein cagnard et il est bien trop claustro pour aller dans l'abri. Il s'ennuie d'une force que vous ne pouvez imaginer. Et c'est souvent sur demande de sa patronne, qui a peur que les autres vilains chevaux fassent du mal à son gros poussin, qu'on le condamne ainsi à l'isolement sensoriel total.

Les mustangs vivent libres, en troupeau, avec une vie sociale dense et une hiérarchie stricte, garante de paix et de sécurité pour tous. Ils sont affectifs, tactiles, joueurs. Ces comédiens en herbe s'amusent à s'impressionner en lançant des ruades spectaculaires, à distance de sécurité, puis ils se mettent tête-bêche et se chassent mutuellement les mouches avec leurs queues, en un soixante-neuf plus utilitaire que coquin. Ils s'embrassent, se reniflent, se lèchent, se frottent contre l'autre et, à intervalles réguliers, se lancent des défis et démarrent de folles courses-poursuites.

Jamais je n'accepterai cette mode des boxes et des mini-paddocks individuels, ça me choque profondément. Chez nous, les chevaux vivent en troupeau. Quand un nouveau pensionnaire arrive, il y a présentation aux résidents. Selon son caractère, il va frimer, être agressif, ou cool, a priori. Il y a certes un risque la première journée et nous restons là pour intervenir au cas où. Je touche du bois, mais nous n'avons jamais eu de gros problèmes avec ce système basé sur la confiance.

Un jour un bourrin est arrivé (il y a des branques aussi chez les bêtes). Il a mordu assez profondément un des autres, le troupeau était tout désemparé. Non mais vous avez vu ce voyou ? Il mord !! Mais qui a donc pu faire son éducation ? Dans quelle époque vivons-nous ?

Ils l'ont boycotté. Mais pas qu'un peu ! Dès que l'autre mal élevé s'approchait, il y avait esquive et fuite vers les copains. Un cheval qui mord ? Non mais je rêve ? En un rien de temps, il y eut le troupeau solidaire d'un côté, et "Dents d'la merde", seul, à l'amende, puni, sans amis, de l'autre côté. Il se mit à déprimer et sa proprio partit essayer autre part.

Le vrai chef démontre sa supériorité, certes, mais tout en préservant l'avenir de la relation et l'indispensable cohésion du groupe.

Là nous avons une petite tribu de punks à crinières qui fonctionne super et l'ambiance est bonne. Mais régulièrement, je vois débarquer des filles qui voudraient bien leur-petit-paddock-personnel-à-elles. Je leur explique gentiment comment aime, vit, s'exprime et s'intègre un cheval et si elle ne capte pas bien, pour cause de tunnel ou autre, je lui montre tout aussi gentiment la sortie.

Car ce respect sans condition de la nature profonde du cheval porte ses fruits.

Nous n'avons pas de chevaux cherchant à s'échapper, comme n'importe quel prisonnier lambda. Et si l'un passe les fils, par hasard, il tourne autour du parc, pressé qu'on lui rouvre, pour retrouver les copains.

Le véto vient rarement, et pourtant la moyenne d'age est de haut niveau.

Quand nous rentrons dans le parc, chacun remue des épaules pour se faire cajoler en premier.

Et, morceau de sucre sur le seau de granulés, quel beau cadeau que le spectacle de ces galopades impromptues dont l'un donne le départ, sur un coup de tête, juste pour célébrer la joie d'être ensemble et pour se dégourdir les paturons.

Tu vois, Tant-Bourrin, tu n'as aucune crainte à avoir : si tu viens ici (et que tu ne mords pas), tu seras bien traité.

dimanche 11 septembre 2011

AndiamoQuand Bush rit...

Tout le monde se souvient exactement de ce qu’il faisait ce jour là ! Personnellement je me souviens parfaitement de l’endroit où j’étais et ce que j’y faisais.

Je pense qu’il est assez exceptionnel, qu’un évènement marque autant les esprits.

Je n’ai pas écrit ce billet en occultant les 2 973 victimes ! Loin de moi cette idée. J’ai simplement voulu employer ce ton afin de ne pas pleurer.

Tous les copains
Suivaient l’sapin
Le coeur serré
En rigolant
Pour faire semblant
De n’pas pleurer

(Georges Brassens)



Quand Bush rit, disait-on, c’est qu’il n’a rien compris !

Un matin radieux vient de se lever sur Manhattan. Telles des phallus monstrueux, les « Twin Towers » se dressent insolemment dans le ciel d’azur, pas au-dessus des nuages, puisqu’il n’y en a pas !

Ce matin, Georges W. Bush rend visite à des petits écoliers. Il est distrait ce Georges : il tient un livre à l’envers !

A quoi songe-t-il en ce matin du 11 septembre ? Il songe qu’il est LE président du plus puissant pays of the world et des environs.

Il pense aussi au bol de corn-flakes qu’il a avalé ce matin, et à la part de tarte aux pommes qu’il a baffrée après la bouillie infâme des flocons d’avoine trempés dans du jus de soja (transgénique le soja).

Cette part de tarte était pour son épouse, elle avait calé la veille au soir et avait déclaré à son Georges de mari :

- JO ! Don’t bouffe my part please, it’s for me tomorrow !

- Sûr, Laura, don’t touch… I cross my hart !

Sur ce, il avait tracé une croix sur son cœur, laissant sur sa chemise immaculée une tache de ketchup « Heinz », dont il avait abondamment arrosé ses flocons de maïs.

Bien sûr, ce ne sont pas exactement ses propos, mais ça leur ressemble.

Il est là, assis face au gentil écolier, bien propret, white de préférence, quand soudain…

Andrew Card, son chef du personnel, s’approche :

- Monsieur, we are attacked !

- Why ? Répond Georges dans un anglais très pur.

- A-TTA-CKED ! Monsieur.

D’un bond l’ex-pochtron s’est levé !

- Mettez les chariots en cercle ! Les femmes et les enfants au centre, bien à l’abri derrière les barils de poudre ! Apportez-moi ma Winchester, ainsi que mon six coups « Remington new model army 1858 »

- Six coups ? Monsieur ne pensez vous pas que vous vous vantez un peu ?

- Faites ça que j’dis, c’est qui qui commande here ? Tu sais mec, tu vas paumer ton trou du cul, ouaip, et t’entendras pas tomber les morceaux ! Sûr… Ouaip !

Il est comme ça, Jo, un peu vulgaire, un Texan bon teint, calviniste mais vulgaire.

Il a retrouvé son bel accent du sud, Georges. Un accent qui sent bon le T-bone, les fayots rouges et le bison pas frais !

- Mon Stetson, mes santiags et mon lasso, sellez mon mustang ! Putain, « ils » vont voir ce qu’il en coûte de s’attaquer au pays le plus puissant of the world (et des environs), les « beardeds » !

La caisse qu’il retenait depuis ce matin, fruit d’une lente décomposition des haricots rouges qui accompagnaient la tête de cheval ingurgitée la veille au soir, explose au beau milieu de la classe, répandant son odeur nauséabonde. Subtil mélange de serpillière moisie et de blaireau en rut.

- God bless you ! Balbutie l’institutrice, qui ne s’attendait certes pas à ça !

On lui en appris des trucs et des machins à dire si LE président : rit, trébuche, sort une vanne à la con, genre : "how do you do…Yau d’poêle !"

Mais on ne lui a pas dit quoi faire ou quoi dire si LE président lâche une caisse. Daisy a improvisé, voilà tout….

Goguenard, LE président lui a rétorqué avec son à propos et humour habituels :

- Encore un qui ne payait pas son loyer, alors je l’ai expulsé ! Étant donnée l’odeur, il m’aurait gâché l’tiroir sous peu !

Il a été pilote de F102, ce Jojo-là ! Pendant la guerre du Viet-Nam, il s’est engagé dans la garde nationale : la baston, ça n’était pas pour lui !

Il reprendrait bien du service, un peu comme l’alcoolo dans le film « independance day ».

Je ne sais pas vous, mais moi ça m’a fait marrer : un pochtron qui pilote un biplan pourri, dans le film il s’agit d’un PT 17 « Stearman » des années trente. Ce pilote fait de l’épandage et, tout à coup, on lui confie un F 18 « black knight », sans préparation ni entrainement !

Waouh ! Trop forts les Yankees…

C’est un peu comme si après avoir appris à monter sur un tricycle, on vous collait le cul dans une formule 1… Et roule ma poule !

D’accord, c’est de la S-F me direz-vous, mais on est loin de Stanley Kubrick !

On n’a pas trouvé de Stentson, ni de santiags ou de lasso, encore moins un mustang. Piteusement, il est monté à bord de « Air Force One », destination… un lieu sûr !

On lui mettra l’index sur le bouton rouge, il attendra bien sagement les avis de son état-major, avant d’enfoncer peut-être ? Ce doigt qui le démange… Mais qui le démange….

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