Blogborygmes

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mardi 6 avril 2010

AndiamoUn rat qui rit

Ah ! Le beau journal que c'était...

J'ai découvert Hara-Kiri en 1963 à Toulouse, vendu dans la rue, et j'ai été immédiatement séduit.

Quelle innovation ! Tout y passait, l'irrespect était leur maître mot.

J'ai voulu me défouler, il y avait bien longtemps, et le crayon me démangeait... J'ai dit LE CRAYON !! Faut pas rêver non plus !

Allez, le printemps se fait tirer l'oreille, alors un p'tit sourire, du moins je l'espère.



Vous pouvez toujours manger la bestiole !




Allons Messieurs ne fantasmez pas trop !



J'ai bien une petite idée...



J'hésite.



Ou alors en location au one two two ?



Ne le changez pas : il me fait trop marrer !



Il n'y a pas de petits profits.



J'ai l'âge requit pour un abonnement !



AH Les belles doches... Que serions-nous sans elles ? La vôtre vient dîner ce soir ? Veinards !



La prochaine fois promis : je vous dessinerai les BAISAUNOURS !

(ch'tiots crobards Andiamo pour Blogbo 2010)

samedi 3 avril 2010

Saoul-FifreBonjour

Je ne sais pas si vous vous en souvenez, car je vous parle d'un temps que seuls les plus anciens d'entre vous ont connu, mais j'ai écrit des billets sur ce blog, à une époque. C'était le bon temps, comme on dit, les idées fusaient, les mots jaillissaient joyeusement, facilement, comme par magie, c'était la fête perpétuelle du langage et du rire. Mais je vais arrêter d'en parler, je me fais du mal.

Aujourd'hui, bien sûr, rien n'est pareil, j'ai perdu la mémoire, mes phrases sont incohérentes pour la plupart et je ne sais plus où j'habite, si quelqu'un pouvait me ramener chez moi, il serait bien aimable et je lui en aurais beaucoup de reconnaissance. Mais de quoi étais-je en train de vous entretenir ? Ah oui, l'autre jour, Calune m'a envoyé un mail en me proposant d'écrire un pastiche sur "Une chanson douce" de Henri Salvador. Chouette, une idée sans être obligé de la chercher. Par contre, sa proposition de mettre "une chatte douce" était d'un vulgaire ? Décidément, cette Calune est définitivement infréquentable, ou alors il va falloir qu'elle s'amende.

Bon je suis quand même parti de son idée, pour ne pas qu'elle se vexe, mais je suis resté dans la tonalité élégante et classieuse qui m'est naturelle et dont je ne pourrais, le voudrais-je, même, me défaire.

Je me rappelle que j'avais une rubrique qui s'appelait "Comptines pour adultes". Bon, c'est une sorte de berceuse pour adultes, mais y'aura qu'à la placer là dedans.

Même si c'est plutôt une "perceuse" pour adultes.

Une chose douce

Une chose douce, où tu m'as glissé, Papa
Une ornière rousse, d'où tu m'as tiré, Maman
Cette chose douce, je veux bien y retourner
Y glisser mon pouce, le sucer d'un air gourmand.

Tes petites miches sont trempées
Chaque fois que bave le loup Hou hou hou hou
Puis ma langue cessant de lécher
Entre tes miches vint mon doigt Wa wa wa wa

Un coup dans tes miches
Ce sera quand tu le veux
Les autres on s'en fiche
Du moment que l'on est deux.

Une chose douce
Où m'abritait ma Maman
Une ornière rousse
J'y dormais, petit enfant.

Oh la jolie vallée que voilà
Je suis né dans cet endroit là La la la la
Et le petit que je suis resté
Sur tes tétés, il s'est jeté
Pour les croquer.

La raie de tes fesses
Cachée par tes longs cheveux
Sous une caresse
Ouvre un œil voluptueux.

Cette grotte douce
Je veux y rentrer aussi
Même si tu doutes
Qu'elle fut le seuil de ma vie.

mardi 30 mars 2010

Tant-BourrinConsultez les pages blanches !

Voilà.

Il faut bien que ça arrive de temps en temps. Trop de boulot la semaine, trop de flemme le week-end, pas d'inspiration. Résultat : queud. Nada. Pas le moindre début de commencement d'ébauche d'esquisse de billet.

Me volilà donc contraint de vous annoncer une page blanche.

Mais comme chez Blogbo nous sommes des pros, je ne vais pas vous l'annoncer tout platement et sans fioriture, non, je vais vous l'annoncer de moultes façons, genre les "exercices de styles" de Queneau.


La méthode faux-cul

Hein ? Quoi ? Pardon ? Un... billet ? Ah boooon ? Je devais faire un billet aujourd'hui ? Vous êtes sûr ? C'était pas le tour de Saoul-Fifre ? Ah bon ? C'est ballot, ça m'est complètement sorti de l'esprit ! Bon, bin, tant pis, hein ! Quand le tour est passé, il est passé ! Je ferai plus attention pour mon prochain billet !


La méthode agressive

Non, y'a pas de billet ! Et alors ? Ça te défrise, lecteur de mes deux ? Déjà que je supporte que tes yeux de bovin décérébré viennent salir ce blog en posant leur regard torve dessus, manquerait plus que tu viennes chialer en réclamant plus de billets ! Non mais ! Des chieurs comme toi, j'en bouffe dix au petit déjeûner ! D'ailleurs, j'ai les adresses IP de ceusses qui se croient tout permis dans les commentaires : s'ils continuent, je pense que je vais aller leur rendre une petite visite musclée, histoire de leur remettre les idées en place ! Capito ?


La méthode opportuniste

Cliquez ici !


La méthode marseillaise

Oh fatche ! Je vous avais concocté un billet de trois milliards de kilomètres de long, une vraie saga genre les "Rougeauds macache", mais y'a une météorite qui est tombée sur la maison, qui a traversé le toit et s'est écrasée pile sur mon ordi. Tu parles d'une tuile ! Bon, bin, tant pis, vous attendrez le prochain billet !


La méthode statistique

L'analyse exhaustive de l'échantillon de billets signés par Tant-Bourrin révèlait jusqu'à hier la présence de trois billets de type "page blanche" sur 440 billets au total, soit une probabilité d'occurrence de 0,682% pour ce type de billet défectueux. Ce quatrième rebut fait bondir cette probabilité à 4 sur sur 441, soit 0,907%, révélant par là-même une certaine usure chez le rédacteur susnommé.


La méthode versifiée

Hélas, point de billet, chers lecteurs et lectrices
L'encre de mon stylo ne voulait plus couler
Ma muse a mis les bouts, j'ai le cerveau qui crisse
J'ai failli, honte à moi, je suis un vrai boulet


La méthode publicitaire

Déjà mise en pratique ici


La méthode amnésique

Un billet ?... Qu'est-ce que vous appelez un billet ? Un truc écrit sur un... quoi ? Un blog ? C'est quoi, un blog ? Et qui est ce Tant-Bourrin dont vous me parlez ?... Et d'abord, qui êtes-vous ?


La méthode franche

Bin ouais, je n'ai pas fait de billet aujourd'hui. Bin, non, je n'ai pas honte. Bin, non, j'avais pas envie, c'est tout ! Bin, oui, je me fous des lecteurs, pourquoi ?


La méthode non discriminatoire

Déjà mise en pratique ici


La méthode Zen

Afin de lutter contre le fléau du stress et d'ouvrir votre esprit à la plénitude, j'ai décidé de vous initier au Zen. Première leçon : faites une méditation introspective d'une heure en contemplant la page blanche ci-dessous.


La méthode musicale

Déjà mise en pratique ici


La méthode fait divers

BOURRINVILLE - 30 mars 2010 - Un billet de grande valeur dérobé sur un blog.
Un billet de grande valeur, mis en ligne sur Blogborygmes, un des blogs les plus prestigieux du monde, a été dérobé dans la nuit du 29 au 30 mars 2010. Alors que son rédacteur, Tant-Bourrin, avait programmé sa mise en ligne automatique à 0h11. En fin d'après-midi, le billet a mystérieusement disparu peu avant que celle-ci soit effective. Les malfaiteurs ont tout emporté du billet, n'en laissant pas le moindre mot. Ce matin, Blogborygmes arborait une page blanche à l'emplacement où aurait dû figurer le précieux billet. Les policiers, rendus sur place, n'ont pour l'heure pas recueilli d'élément susceptible d'orienter l'enquête.


La méthode promotionnelle

Cliquez ici !


La méthode greenwashing

La consommation énergétique d'Internet explose, à la fois du fait des équipements informatiques des internautes mais également en raison de la croissance vertigineuse du nombre de data centers, de plus en plus énormes et énergivores. Ce billet, qui pourrait sembler de prime abord n'être qu'une vulgaire page blanche, relève en fait d'une démarche éco-citoyenne : en incitant le lecteur à passer moins de temps devant l'écran, en sollicitant moins les serveurs distants, c'est de l'énergie et du CO2 que nous économisons. Pour vous, pour nous, pour la planète !


La méthode viticole

La méthode préférée de notre ami Saoul-Fifre ! Cliquez ici !

samedi 27 mars 2010

AndiamoSquash

La petite balle rebondit. L’effet imprimé par la raquette rend son rebond imprévisible, des balles liftées presque à chaque fois.

Eric n’en peut plus : il transpire abondamment, son tee-shirt bleu commence à ressembler à une planisphère, la sueur y a imprimé des taches faisant penser à des continents !

Près de lui une femme : trente-cinq ans environ, épanouie comme l’on dit, grande, mince, vêtue d’un polo blanc. Dessous : ni soutien-trucs, ni redresse-machins, la sueur laisse apparaître les aréoles brunes de sa poitrine, qui bouge à peine malgré les déplacements rapides de la jolie rousse.

Epuisé, Eric s’arrête, lève le pouce en signe de renoncement. STOOOOP ! hurle-t-il, en accompagnant son cri d’un sourire à l’adresse de sa partenaire.

En arrivant vers dix-huit heures, comme à son habitude, pour sa partie de squash en compagnie de Joël, son ami et partenaire, on lui a appris que ce dernier avait été renversé, alors qu’il sortait de son bureau !

Ça n’était pas bien grave, mais le chauffard avait pris la fuite. Joël s’en était tiré avec quelques contusions et devait rester un jour ou deux en observation à l’hôpital Bichat.

Une jolie rousse est à l’accueil, discutant avec la réceptionniste.

- J’ai tout entendu, excusez-moi : vous êtes, il me semble, sans partenaire pour votre squash ?

- Oui, mais bon, ça n’est pas bien grave, je vais aller rendre visite à mon ami.

- A cette heure, les périfs sont à saturation ! Si un p’tit squash avec une femme ça ne vous fait pas peur, vous pourrez toujours rendre visite à votre ami un peu plus tard.

Même pas de périphs à prendre, du squash de Montmartre à Bichat, ça n’est vraiment pas la mer à boire ! Par la rue Vauvenargues, trajet direct : porte de Saint-Ouen.

Piqué au vif, Eric a accepté la proposition. Après coup, il se dit qu’il aurait eu mieux fait de refuser, car il s’est fait laminer.

- Ce fut un plaisir de me faire humilier par une jolie femme. Maintenant, la douche, puis direction Bichat.

Il tend la main en direction de la femme.

- Eric Molinas, se présente-t-il

- Sylvie, répond à son tour la femme, en serrant fermement la main tendue.

- A demain pour une autre partie ? J’ai droit à une revanche, si toutefois vous êtes libre…

- Libre comme une balle de squash ! A demain donc.

Elle tourne le dos, son short « a minima » laisse voir des rondeurs qui émeuvent Eric. Elle doit porter des strings… Ou alors que dalle, comme pour le soutif !

A l’étage du service trauma, Eric a retrouvé Joël. Ce dernier a le bras en écharpe, une petite luxation de l’épaule droite, a-t-il expliqué. Ça n’est pas bien grave, mais pour le squash, c’est râpé !

- Aucune importance, a ironisé Eric, je t’ai DEJA remplacé et, crois-moi, je n’y perds pas au change ! Tu verrais le canon….

- Raconte à un pauvre mourant, gémit Joël en prenant une voix chevrotante.

- Ferme les yeux… Ça y est ?

- Yes Monsieur !

- Un mètre soixante-dix, soixante kilos, 95-62-96

- 95 A,B,ou C… Voire D ? demande Joël.

- B, et arrête de fantasmer ! Et attends le meilleur : c’est une ROUSSE aux yeux verts !

- Son âge ?

- Trente-cinq, pas plus.

Le lendemain, Eric est au rendez-vous rue Achille Martinet, dans le XVIII ième. Sylvie est déjà là, vêtue d’un débardeur blanc à fines bretelles. Dessous, elle ne porte rien, cela se devine, cela se voit. Le même micro short d’un blanc immaculé moule son petit cul. Le regard d'Eric glisse sur les jolies jambes. Sylvie s’en aperçoit et lui renvoie un sourire amusé.

Comme la veille, la redoutable adversaire le trimballe littéralement. Au bout d’une demi-heure, Eric, en eau, souffle court, au bord de l’apoplexie, demande grâce.

- Mais où avez-vous appris à jouer ? Chapeau, Miss !

- J’ai vécu un moment à Montréal, c’est là-bas que j’ai appris. Il faut dire que j’avais un bon professeur.

Elle baisse un peu les yeux en prononçant cette phrase, ses lèvres ont légèrement tremblées.

Elle se ressaisit :

- Et votre ami, comment va-t-il ?

- Bien, très bien, merci ! Il sort demain, mais pour le squash, il est sur la touche pour un moment. A propos de squash, vous devez vous ennuyer avec un partenaire aussi médiocre que moi ?

- Pas du tout, lui répond elle en le regardant droit dans les yeux, vous me plaisez beaucoup !

Surpris Eric pique un fard, la soudaine déclaration l’a pris de court.

- Si on dînait ensemble ? propose-t-il histoire de reprendre la main. Je connais un petit restau à deux pas d’ici, rue Championnet : « chez Babette ». C’est un endroit très sympa, à la bonne franquette comme on dit !

- Ah oui ! J’en ai entendu parler : hors-d’œuvres et vin à volonté ! Avec plaisir mon Seigneur.

- Je passe vous prendre ?

- Non, j’y serai à vingt heures, ça ira ?

- Oui, bien sûr…

Vingt heures tapantes, Eric entre « chez Babette ». Ce petit restau de la rue Championnet est plein à craquer, comme tous les soirs. L’ambiance y est bon enfant, les tables à touche-touche facilitent les contacts. Soudain, il aperçoit au milieu de la salle un bras levé, c’est celui de Sylvie, elle a squatté une table.

Un large sourire accueille Eric.

- Je suis arrivée un peu en avance, ça m’a permis de bloquer une table.

- Je suis confus, c’était à moi de vous précéder.

- Mais non, vous êtes à l’heure, c’est moi qui suis en avance ! C’est une manie, j’ai horreur d’être en retard, et je n’aime pas attendre non plus !

Le dîner est plutôt sympa, la queue devant le buffet de hors-d’œuvre, chacun picore au petit bonheur dans les saladiers appétissants.

Le repas terminé, Eric et Sylvie se retrouvent rue Championnet, devant le restaurant.

- Je suppose que vous êtes venue en voiture ?

- Perdu ! A pied.

- Alors je vous raccompagne ?

- Si on allait plutôt chez toi ?

Le brutal tutoiement, puis la proposition, laissent Eric pantois. Sylvie a passé son bras autour du sien.

- Où est ta voiture ? questionne-t-elle.

Ils sont blottis l’un contre l’autre, nus, tendrement enlacés. Eric admire le corps superbe collé au sien. Elle a sacrifié à la mode : son corps est entièrement épilé. Eric aurait préféré… Etant donné qu’elle est rousse… Mais bon !

Chaque jour, ils se sont vus. Eric est raide dingue, Joël ne le reconnait plus. Avant Sylvie, qu’il trouve magnifique, a-t-il avoué à son ami, Eric n’avait eu que des passades, des maîtresses d’un soir, au plus quelques mois comme cette gentille brunette Cathy, une fille mignonne sans plus, gentille, sérieuse.

Elle était tombée amoureuse du beau sportif qu’Eric était à l’époque. Puis un soir, alors qu’ils étaient réunis tous les trois, pour un petit dîner du samedi soir, Eric était entré dans une rage folle à propos d’une salade un peu trop assaisonnée…

- T’es bonne à lape ! T’es trop conne, voilà, je traîne un boulet ! Même pas fichue d’assaisonner une salade correctement, tu n’es qu’une tache. Tu te rends compte Joël ? Elle voulait que je lui fasse un gosse ! Non mais, douée comme elle est, j’imagine la tronche de ce qu’elle aurait fait !

- Arrête Eric, tu deviens odieux, avait dit Joël en se levant.

- Attends, j’ai essayé de lui en faire un, j’suis trop gentil… Même ça elle ne sait pas le faire ! Tu veux que je te dise Cathy : ça n’est pas un ventre que tu as, mais un cimetière !

Cathy avait éclaté en sanglots, ramassé ses quelques affaires, puis sans un mot avait jeté le trousseau de clés sur la table… Etait partie.

Plus jamais ils n’en avaient entendu parler.

Deux jours sans Sylvie, Eric tourne en rond. Que m’arrive-t-il ? Jamais il n’a ressenti cela. Sylvie ne lui a donné ni adresse ni téléphone, d’ailleurs elle n’a pas de portable.

- Les balles de squash non plus, lui a-t-elle rétorqué alors qu’il la questionnait à ce sujet, et pourtant elles vont là où elles le veulent ! N’est-ce pas, mon grand sportif ?

Et pan ! Une allusion aux « torchées » qu’il prenait régulièrement.

Le troisième jour, calé dans son canapé, alors qu’il se repasse pour la énième fois l’excellent film de Stanley Kubrick "2001 odyssée de l’espace", le carillon de la porte d’entrée le tire du vaisseau spatial ! Sylvie est là, debout sur le palier.

- Entre, je t’en prie.

D’un pas hésitant, la femme est entrée, elle reste là.

- Je ne peux pas rester, je suis venue te prévenir… Des ennuis, comprends-tu ? Je ne peux pas t’expliquer.

- Sylvie, dis-moi, je t’en prie… Ne me laisse pas comme ça… Je peux t’aider.

- Non, je ne veux pas te mêler à ça, c’est mon histoire, je t’aim ... je tiens trop à toi, je ne voudrais pas qu’il t’arrive quelque chose.

- Tu m’aimes, Sylvie, ça t’a échappé, j’ai bien entendu. Je t’aime aussi.

- Oui, je t’aime, Eric, lui répond-elle en se blottissant dans ses bras.

Doucement, tendrement, il l’entraîne. Tous deux s’assoient sur le canapé.

Ils sont nus, Sylvie est tout contre Eric, absente. Pourtant, quelques minutes plus tôt, elle était déchaînée et hurlait des « je t’aime ».

- Dis-moi, Sylvie, je t’en prie, raconte, je VEUX t’aider.

- Je t’avais dit que j’avais vécu à Montréal. Là-bas, j’ai connu un professeur de squash…

- AH ! C’est donc cela, ironise Eric.

Sans relever, Sylvie poursuit.

- Nous avons vécu un bon moment ensemble. Au début, tout allait bien, mais sa profonde nature a repris le dessus, il m’a trompée, humiliée, alors je l’ai quitté…

- Mais…

- Laisse-moi terminer, Eric. Loïc, c’est son nom, il m’a retrouvé voici cinq jours, sans doute par l’intermédiaire du club de squash. Depuis il me harcèle, il est très violent, c’est la première fois qu’il se fait larguer, cet horrible macho ne l’encaisse pas ! J’ai peur, alors j’ai pris mes précautions.

Ce disant, elle saisit son sac à main, l’ouvre.

Eric aperçoit un pistolet, plonge la main dans le sac et sort l’arme.

- T’es folle, que vas-tu faire avec ça ?

- T’inquiète, amour, il n’est pas chargé, c’est seulement pour lui faire peur ! Allez, remets-le en place.

Eric a reposé le pistolet dans le sac, ils ont refait l’amour. Au petit matin, alors qu’il dormait encore, elle est partie.

C’est la sonnerie du téléphone qui l’a réveillé.

- Eric, viens vite… J’ai peur, j’ai fait une bêtise.

- Calme-toi, amour, où habites-tu ? Je ne connais toujours pas ton adresse !

- Rue Darwin, au numéro trois, deuxième étage, porte face.

- Nous sommes presque voisins, j’arrive !

- Eriiiic… Il y a un code : 357 M.

- Noté.

Ce dimanche matin, la circulation est fluide, quasiment inexistante. De Jules Joffrin, où est situé l’appartement d’Eric, à la rue Darwin, il ne lui faut que quelques minutes. Il gare sa pompe sur un bateau, puis trouve rapidement l’immeuble. Le temps de composer le code, il monte les deux étages, délaissant l’ascenseur.

Au second, la porte palière de l’appartement du milieu est ouverte. Eric entre.

- Sylvie, t’es là ?

Aucune réponse, Eric s’avance, pénètre dans le salon. Un homme est allongé, sa tête repose dans une flaque de sang. A un mètre de lui environ, un pistolet… LE pistolet que Sylvie lui a montré cette nuit, Eric le reconnaît, alors il se penche, puis tâte la carotide de l’homme à terre. Rien. Visiblement, il est mort, le trou béant au milieu du front ne lui laissait aucun doute, cela se confirme. Alors qu’il se relève, un cri derrière lui.

C’est une femme, tablier bleu, cheveux gris, pantoufles fatiguées aux pieds. C’est la bignole, elle recule visiblement effrayée.

- Attendez, Madame, ça n’est pas ce que vous croyez !

La sentence est tombée : crime avec préméditation.

Sylvie a joué la fiancée éplorée, arguant que Eric et elle, ça n’était qu’une passade, mais que lui était viscéralement jaloux. Ses empreintes retrouvées sur le pistolet l’accusaient formellement.

Vingt ans… S’il se tenait bien d’ici onze à douze ans il pourrait sortir.

- Molinas, t’as un parloir !

- Moi ?

- Ben oui, y’a pas d’autre Molinas dans la cellule, répond Georges le maton.

Dans le couloir, où visiteurs et détenus sont séparés par un plexiglass percés de trous, genre hygiaphone, Eric aperçoit Sylvie.

- Toi t’es gonflée, ma salope, après m’avoir enfoncé au procès, tu ne manques pas d’air !

- Appelle-moi Cathy, Eric. Cathy Rinval : c’est mon nom !

- Qu…Quoi ? C’est toi, Cathy ?

- La vraie Cathy est morte, je l’ai tuée, à coups de botox et de chirurgie esthétique : à sa place Sylvie Talloires, c’est fou ce que quelques milliers d’euros peuvent faire !

J’en ai chié, pour devenir ce que je suis, pas moins de dix interventions, réductions du volume de mes seins, d’un bonnet « C » je suis passé au « B », abrasion du maxillaire inférieur, afin de réduire le menton, tu m’as assez reproché mon menton « en galoche » ! Le nez aussi, bien sûr, raccourci et moins « épaté ». Les pommettes ? Un peu de botox pour les rendre plus saillantes. Je te passe les liposuccions, et surtout les heures de musculation, afin d’obtenir le corps de rêve qui t’a tant fait fantasmer !

Ce que tu as pu me faire marrer avec tes : je t’aimeeeeeu !

Le meilleur ? Les trois centimètres que j’ai gagnés grâce à une méthode Néerlandaise qui consiste à pédaler des heures et des heures la jambe tendue au maximum, lorsqu’elle est au bas de sa course… C’est douloureux, très douloureux.

Quant aux jolis yeux verts, avec les lentilles de contact, ça a été un jeu d’enfant. Joignant le geste à la parole, elle retire les prothèses oculaires et le regarde de ses jolis yeux noisette, qu’il n’avait jamais su admirer.

Quant à ton ami, il ne croira jamais que c’est moi qui l’ai un peu « bousculé » avec une voiture de location, afin de te rencontrer. Je ne suis pas trop maladroite, les cours de conduite sportive sans doute !

Mon ventre est un cimetière Eric ? Pas pour tout le monde : j’attends un enfant de Joël...

mercredi 24 mars 2010

Saoul-FifreVéhicules auto et musculomobiles

Avec mes trois sœurs comme ainées directes, autant dire que j'étais seul au monde, dans notre ferme isolée. Bon, nous faisions des choses ensemble, c'est vrai, j'ai raconté ailleurs comment nous tricotions de concert, faisions du tricotin, et j'ai même appris la sténo avec elles.

Mais ça allait un moment, les filles. Sans parler de nos différences d'âge, nos centres d'intérêts n'étaient pas les mêmes, il faut se remettre dans le contexte de l'époque, les activités étaient très sexuées. Non, Françoise , je n'ai pas dit "sexuelles". Donc je filochais aussi souvent et aussi loin d'elles que je pouvais. À pied d'abord, puis en vélo, quand j'en eus un, ce qui ne tarda pas, car m'en offrir un pour mon anniversaire permit à mes parents de ne plus avoir à me mener à l'école primaire, à 6 kilomètres.

N'empêche que ça devait coûter bonbon, une bicyclette, car je me souviens d'une effervescence inaccoutumée, ce jour là, l'importance était palpable, la passion présente. Je peux aujourd'hui confirmer n'avoir pas déçu les attentes familiales. Le vélo a effectivement eu une importance envahissante dans ma vie. Le premier n'avait qu'une seule vitesse et pourtant, miladiou, que mon Périgo est vallonné !

Toujours est-il que le plaisir que je prenais quotidiennement à appuyer sur mes pédales me fit prendre en grippe les moteurs à explosions, ces machines dangereuses, bruyantes, coûteuses et malodorantes. Un jour mon oncle, qui devait démonter un moteur de tracteur, me proposa de le faire avec moi. À une offre qui aurait dû faire sauter de joie au plafond n'importe quel ado, je répondis "Niet" et je repense encore avec remords à son air triste et déçu, lui qui pensait me voir saisir cette occasion unique.

J'ai pris depuis, bien obligé, des cours de mécanique, mais je n'ai jamais ressenti bruler en moi cette étincelle que je voyais briller dans les yeux de mes camarades garçons quand on parlait voiture. J'ai continué à pédalouiller à mon rythme ou bien à prendre le train , ou bien à faire du stop . Puis j'ai rejoint la cohorte des pauvres mais travailleurs, tenaillé par la faim. J'allais au boulot en vélo, ou bien on faisait du co-voiturage. Quand je suis devenu monteur en téléphone, il fallait bien un véhicule de fonction, mais bon, on travaillait toujours à deux, alors il suffisait que mon collègue ait le permis, et ça roulait comme ça.

Mais un jour, le patron en eut marre. Ce n'était pas pratique. Si le collègue était malade, je bloquais tout, et puis il y avait des chantiers qui ne nécessitaient qu'un ouvrier... Ya pas d'bon dieu, faut qu'tu passes ton permis ou qu'tu prennes la porte !

Et merde. Je me suis inscrit aux cours, ça n'a pas trop mal marché et j'ai eu mon permis tout neuf à l'âge de 22 ans. Pour obéir aux statistiques des assurances (qui se méfient des jeunes conducteurs), j'ai eu mes deux seuls accidents la première année, un à cause de la neige, l'autre à cause du whisky, ou à cause des glaçons, je me souviens plus. Mais je l'jure, dès que j'ai su à peu près le mode d'emploi de ces jerricanes sur roues, j'ai toujours été sage au volant : le pied toujours au plancher, on oublie jusqu'à l'existence des freins et on terrorise tellement la voiture de devant qu'elle ralentit pour vous laisser passer. Y en a même qui s'arrêtent.

Non je déconne. Mais c'est vrai que je me suis un peu laissé embobiner par la voiture. Je suis passé de la position d'adversaire résolu à celle de compagnon de route complice. Par contre, les tendances de l'industrie automobile actuelle me dépassent complètement. Tous les gadgets, les trucs électroniques, ça me bloque. La clef qui refuse de démarrer le moteur car tu as tapé le code une fois de trop, je supporterais pas.

J'ai toujours conduit de vraies voitures. Des voitures mythiques, que l'on reconnait à 500 mètres sans lunettes. Avant, les voitures avaient des formes et chacune sa personnalité. Aujourd'hui, soi-disant pour des raisons d'aérodynamisme et de consommation, elles se ressemblent toutes. L'argument de la consommation est d'une hypocrisie rare puisqu'elles sont trop puissantes au vu des limitations de vitesse, de toute façon. Sans parler des mégalomanes complexés par leur petit zizi, accros aux 4 X 4.

Une des premières voitures que j'ai apprécié, c'était la R 12 break de mon frère. Sympa. Bon petit moteur qui nous a tracté une caravane dans des routes de montagne sans broncher. Élégante, simple, bien équilibrée, rien à dire. Ensuite, j'ai eu une 4 L, c'est solide, carré, volume intérieur optimisé, les PTT roulaient en 4 L, c'est vous dire le sérieux. Et puis j'ai conduit une deux-chevaux. Là c'est le top du fun : à 110 km/h grâce à une légère descente, on prend les virages à la corde, à deux doigts du tonneau. Si vous avez un équipier, enfin, un passager, vous le faites se pencher à l'extérieur en rappel, comme sur un dériveur au près. Waw, on est passé en frôlant la bouée ! Citroën était vraiment le roi des amortisseurs, mécaniques ou hydrauliques, avec les DS, ID, etc... .

Margotte aussi, fait dans les modèles à succès, vendus à beaucoup d'exemplaires. Hé, garantie de qualité ? Quand je l'ai rencontrée, son garagiste lui avait bricolé une Coccinelle bleu, jaune et orange, à partir de 3 carcasses. Ça roulait bien mais ce n'était pas destiné à passer inaperçus. Elle avait aussi une Traction Avant, une belle Onze légère noire de 1957, dans laquelle nous nous sommes mariés, snobs comme nous sommes.

Comme à la campagne, il faut des utilitaires, nous avons opté pour des Fiorinos de chez Fiat. Ouais Andiamo, crie avec moi : "Forza Italia !". Sincèrement, j'ai entendu des critiques, mais je ne les abonde pas : no souçaille, tellement que nous avons repiqué au même modèle quand elle fut trop vieille. Pas une option, tout mécanique, ça nous va impec. Puis le hasard nous a mis en présence d'un magnifique Volvo 240 break. Là aussi, comme avec la Coxx, on a vraiment l'impression d'être à l'abri dans ce genre de voiture. Que c'est celui qui va vous rentrer dedans qui va avoir mal. C'est sécurisant. Quand je vois les pare-chocs en fibre de verre des voitures modernes, je prends peur. Le 240, c'est un propulsion arrière, c'est la voiture préférée des norvégiens ou des suédois pour aller faire du gymkhana et des dérapages contrôlés sur les canaux ou les rivières gelées. Moi je contrôle rien. Sur une autoroute suisse enneigée, je me suis retrouvé coup sur coup à faire deux tête-à-queues avec réception dans les congères, depuis je fais gaffe.

Une chose me parait ici, certaine et évidente, c'est que sur l'échelle de la mort la plus nulle, celle dans un accident de la route tient le haut du pavé.

dimanche 21 mars 2010

Mam'zelle KesskadiePour José, animateur sur NRJ, qui essaye d'arrêter de fumer II

Rebonjour José,

Me revoici, Imelda, Veuve du curé de la paroisse des Saintes-Senteurs-des-pieds de Jésus, recyclée en tireuse de bonne aventure parce que tireuse de balle molle, j'ai pas la touche. Je suis plutôt flatteuse.

Me revoici, telle la promise terre élue dont parle l'évangile que tout le monde réclame ! Pas toi ? Ttttutttutttuttuttt. Pourtant, il n'y a que miel et lait sur ma langue ! Ok, ça a un peu suri, mais bon, c'est quoi, du yogourt pro-actif, tu penses ?

José, entrons tout de suite dans le sujet, tel un adolescent avide de venir aux faits.

La deuxième carte du tarot que j'ai tirée pour toi et ton cheminement dans la lumière de l'abstinence de la cigarette est... Je sens que tu frémis encore plus que le matin que tu shakes parce que tu veux une pof ! C'est le Jugement. Ok, tu aurais aimé mieux les amoureux ou quelque chose du gendre, mais l'univers te parle du Jugement !

Non, le jugement n'est pas pour le fumeur, mais bien pour le non-fumeur ! Non, ce n'est pas le célèbre préjugé qu'embrasser un fumeur est aussi pénible qu'embrasser un cendrier, même avec une gomme dedans ! En fait, embrasser un fumeur est assez intéressant vu qu'il a les lèvres en forme pour les avoir exercées mais bon... bon... je m'égare !

Je ne juge pas le fumeur. Souvent, il est le seul à prendre sa pause au bureau. Il regarde, d'un air effaré du mouton qui s'est échappé de l'abattoir, ses collègues se tuer à l'ouvrage sans arrêt. Il aime mieux se tuer en se faisant plaisir, qui peut le blâmer ? On a un regard méprisant pour lui parce qu'il est dehors en grelottant pour fumer, mais c'est le seul qui aura au moins deux poffes d'air pur parce que l'air du bureau est irrespirable. Et on veut qu'il arrête d'avoir du fun sous prétexte qu'on juge que c'est mauvais pour sa santé !!!!!!

Non-fumeurs, que le Jugement soit sur vous ! Avez-vous assez de fun dans la vie pour inciter un fumeur à joindre vos rangs ! C'est ce que se tuait à dire mon défunt mari-curé à ses paroissiens. Si les chrétiens avaient plus de fun à être vertueux, il manquerait de place dans les Églises. Il s'est tué à l'ouvrage d'ailleurs. Raide, mais heureux.

Encore pire, les professeurs et les parents. On dit qu'ils donnent le mauvais exemple, qu'ils rendent l'air autour des enfants mauvais pour leur pauvres petits poumons. Laissez-moi vous dire qu'à entendre les enfants hurler, se chicaner pis chiâler dans les catéchèses pourtant hautement instructives, j'aurais ben aimé ça que leurs tits poumons sont un peu plus maganés, que le ciel me pardonne !!!! Qui sommes-nous (oui, toi tu es José et moi Imelda, mais zencore), qui sommes-nous pour jeter la pierre aux pauvres adultes qui en tirent une en faisant une pause ? Mieux vaut encore qu'ils tirent une cigarette qu'ils tirent au pistolet sur une jeunesse !

Mais zalors, penseras-tu en te grattant le menton et en mâchouillant ton cure-dents à la menthe pour te distraire, comment aider ces pauvres êtres à traverser les difficultés inhérentes de la vie sur terre sans qu'ils s'envoient au paradis en se tirant dans la tête ou qu'ils préfèrent l'enfer de leur boucane ?

Toujours en suivant les conseils qui sont sur le site du défi j'arrête !

St-José-de-la-taquinerie-vache-et-écœurante, appelez les fidèles fumeurs aux plaisirs sans fumée.

Imelda, alias Mademoiselle Keskadie

jeudi 18 mars 2010

Tant-BourrinRecherche essentielle

Toute découverte scientifique majeure est généralement le fruit d'années d'études et de labeur, c'est un fait. Mais il advient parfois qu'un petit coup de pouce du hasard fait basculer un destin.

Prenons l'exemple d'Arno Trubint : qui aurait pu imaginer que ce chercheur insignifiant, qui s'échinait depuis près de dix ans à calibrer l'impact de différents régimes d'alimentation sur l'activité de la xanthine oxydase du foie du rat adulte, ferait un jour une découverte scientifique majeure, apte à bouleverser le paysage énergétique mondial ? Personne assurément, si le destin ne s'en était malicieusement mêlé.

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