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dimanche 16 septembre 2012

Saoul-FifreLe cœur de la colline

Écouter "battre le cœur de la colline", selon la belle remarque de Martine

Oui, une bonne partie de ma vie se résume à ça, une sorte d'arrière-plan permanent au film de mes occupations, sa bande-son et son décor, et en odorama, bien sûr.

Là, je viens de mettre la dernière main à ma récolte d'amandes, j'en ai déjà parlé ici mais cette époque est révolue et notre nouvelle machine, au bradassé et à moi, est nettement plus moderne. Elle ressemble à ça, mais l'odeur du bois et des feuilles vertes un peu malmenées est la même qu'avant.

Et le soir, à la fin du chantier, quand le soleil effleure l'horizon, nous entendons, venant du "pucier", un maquis bien épais qui domine l'amanderaie et qui a échappé au feu, les mêmes grognements impatients qu'à chaque récolte.

La machine n'est pas parfaite et, soit qu'elle laisse tomber quelques coques autour du tronc, soit que les vibrations les expédient trop loin, en dehors de la corolle, il reste assez d'amandes sur le sol pour régaler une harde de sangliers. Nous avons travaillé pour eux, maintenant ils sont pressés de venir se goinfrer. Ils veulent faire partie du premier service mais ils savent d'instinct que tant que le proviseur et son adjoint bloquent la porte de la cantine, il serait malséant de forcer le passage.

Alors ils prennent leur mal en patience mais on les entend depuis le champ se disputer entre eux et s'accuser mutuellement de notre retard à partir.

Allez, dis-je à Denis, vingt heures zéro sept, l'heure de l'anisette ! Si on les laisse s'énerver plus longtemps, ils vont se venger sur les arbres !

Quand la camionnette arrive à la cour de la ferme, elle double un faisan mâle effaré. Sans doute un rescapé du lâcher traditionnel "pour les vieux", un lâcher de faisans d'élevage effectué ... le jour de l'ouverture (authentique !) par la société communale.

Le pauvre faisan ne sait vraiment pas ce qui lui arrive. Il était tranquille avec ses pôtes dans une grande volière, on s'est jeté sur lui, on l'a bourré avec plein d'autres dans un carton minuscule et puis le couvercle a fini par s'ouvrir mais il avait à peine commencé à goûter à cette magnifique luzerne en graines qu'un festival d'explosions a commencé tout autour de lui.

Il ne se rappelle plus comment il est arrivé ici mais c'est nettement plus calme.

Juste il se dégotte une poulette et ce sera le paradis.

mercredi 12 septembre 2012

Tant-BourrinDe grandes épreuves sportives trop méconnues (3)

Je vous avais fait découvrir, voici plus de deux ans, dans deux billets ( et ), quelques épreuves sportives de haute tenue mais hélas méconnues du grand public car boudées par des médias trop stéréotypés et enclins à n’idolâtrer que les pousseurs de baballe millionnaires du football.

J'ai décidé aujourd'hui d'en rajouter une petite couche, afin de mettre dans la lumière quelques épreuves pittoresques dont je ne vous ai pas encore parlé, en espérant que cela vous donnera l'envie d'aller soutenir ces valeureux sportifs qui méritent mieux que l'anonymat injuste qui est leur lot.

Allez, tous au stade !



Le débit des psaumes

Cette épreuve, très en vogue au sein de l'église catholique, consiste à réciter une centaine de psaumes le plus rapidement possible. Une salle est d'ailleurs généralement réservée à sa pratique dans les presbytères, appelée "salle du jeu de psaumes". Hélas, quelques cas de dopage sont venu ternir l'image de ce sport, quelques curés n'hésitant pas à ingérer du vin de messe pour se délier la langue.




La "Boute du rom"

Les compétiteurs de cette sympathique épreuve sont généralement des hommes politiques. L'épreuve consiste à essayer de faire remonter une côte de popularité en envoyant les forces de police démanteler quelques camps de roms. Ces derniers vont se réinstaller un peu plus loin, ce qui permet d'entretenir le jeu sur longue période.

A noter que la compétition se déroule à intervalles irréguliers, mais généralement en période de crise économique.




Le trop fait de Champion

Cette magnifique compétition se déroule de temps à autre dans les entrepôts des magasins Champion, à chaque fois qu'un lot de livarots périmés est découvert dans les stocks. Les magasiniers se répartissent alors en deux équipes dont le but est d'envoyer au plus vite un livarot trop fait dans le camp adverse. Cela permet d'admirer généralement un jeu alerte et rapide à une touche de balle, les joueurs étant particulièrement motivés pour ne pas garder à proximité une chose aussi malodorante.




Le seau à la perce

Même s'il ne s'agit pas à proprement parler d'une épreuve sportive mais plutôt d'une discipline, nous ne pouvions pas résister à l'envie de donner sur celle-ci un coup de projecteur amplement mérité.

Le principe est simple : alors qu'un adversaire met un tonneau de vin en perce, il s'agit de saisir le plus rapidement possible un seau et d'aller le positionner pour récupérer le maximum du précieux breuvage. A noter que le champion du monde en titre, un dénommé Saoul-Fifre, a inventé une technique de seau bien particulière (et qui porte désormais son nom) : pour gagner du temps, il plonge et s'allonge bouche ouverte sous le jet.




Le trou d'oeuf rance

Cette épreuve, qui se déroule une fois l'an en juillet, soulèverait vraisemblablement l'enthousiasme des foules si elle était un tant soit peu médiatisée. Elle consiste à rassembler près de 200 compétiteurs dans un entrepôt non ventilé et de déposer au milieu un œuf pourri dans lequel on pratique un trou pour qu'il dégage un doux parfum sulfuré.

Est déclaré gagnant celui qui résiste le plus longtemps à l'évanouissement. Un maillot jaune lui est décerné, afin qu'il soit assorti à la couleur de son teint après l'épreuve.

A noter que, sur le même principe d'assortiment, un maillot vert est attribué à celui qui s'évanouit le plus vite, et un maillot à pois récompense celui qui a la plus belle crise d'urticaire.


samedi 8 septembre 2012

AndiamoJe pars

Voilà autant tout vous dire : je pars !

Avec l'argent que T-B a gagné à l'euro million, je me suis offert ce petit truc (voir photo plus bas, non ! Pas la Dame, la photo juste en dessous.). Je lui ai juste un peu forcé la main au T-B :

-Si tu ne lâches pas un peu de monnaie, je révèle à tous, là où tu te planques !

Alors généreusement, mais oui, il m'a tendu une (petite) valise de biftons.

Merci Tant-Bourrin, Andiamette et moi même te remercions. D'ailleurs, Andiamette te dédie son plus joli sourire.

Quant à moi j'ai investi dans les chantiers navals, parce que : elle le vaut bien !

(Photo du bateau envoyée par Françoise à votre serviteur)

mardi 4 septembre 2012

AndiamoLes claques

C’était tout de même une époque où l’on savait vivre, et bien vivre !

Le Chabanais ; le Sphinx ; le One two two… Des noms qui n’évoquent sans doute pas grand’chose pour vous : autres temps, autres mœurs !

La first classe, la crème s’y retrouvaient ! Madame veillait sur « ses filles », ne badinait pas avec l’hygiène, ni sur le langage, ah mais non ! Les mal-apprises, les harangères, les rapides du clapoir étaient mises à l’amende…

- Lisette, c’est quoi ce : « casse-toi pauv’con » ?

- Euh…

- Un franc cinquante d’amende !

- Mais Madame ?

- Tu renaudes Lucette ?... Deux francs ! Excusez-la, Monsieur Lucien, les bonnes manières se perdent. L’ invention du cinématographe, cette diablerie pour midinette en mal de Prince charmant, leur perturbe le cerveau, j’l’interdirai, moi, cette invention satanesque.

- Nique, Madame Germaine, nique.

- Oh Monsieur Lucien !

Ça n’étaient pas des vulgaires boxons pour bidasses aux glandes surchargées ou pour prolos venus arroser la paie de la semaine, que nenni.

Pas davantage pour des adjupètes de mes deux, encasernés à Sarreguemines ou à Hénin–Beaumont, ah mais non ! Du lupanar de haute volée, du trois étoiles dans le guide de la lubricité, les Panthéons de la gaudriolle, ils auraient mérités une fresque au sommet de l’Arc de triomphe.

Je la « vois », moi, la fresque : des Hétaïres en tenues vaporeuses, alanguies comme des modèles de ce bon Monsieur Ingres. Allongées sur des méridiennes de velours grenat, nonchalamment éventées par des négrillons en tenue de grand Vizir… Avouez que ça aurait eu une autre gueule que la fresque guerrière, fusse-t-elle de Rude. Bien plus enrichissantes pour les générations futures que ces bas-reliefs glorifiant les tueries passées ou à venir, les batailles d’amour, les seules qui vaillent !

Comme disait Luis de Gongora : « A batallas de amore, campo de plumas » !

Le Chabanais : situé dans la rue du même nom, au 12. Dans le très chic deuxième arrondissement, près du Palais Royal. Tu vois l’endroit ? Ce ne sont pas les puces de Clignancourt ni la rue Blondel !

Ce fabuleux établissement accueillit Edouard VII, qui fit fabriquer une baignoire en cuivre, que l’on remplissait de champagne. Il fit également fabriquer un fauteuil pourvu d’étriers métalliques…. Hue cocotte !

Pierre Louys et Guy de Maupassant ont honoré les lieux.

La chambre Japonaise, la chambre Louis XV, ainsi que la chambre Hindoue, sans omettre le cabinet Mauresque ont vus des ébats dignes du divin Marquis !

Finalement, la baignoire fut acquise en 1972 et offerte à Salvador Dali, puis installée dans sa chambre de l’hôtel Meurice, rue de Rivoli…

Le Sphinx : sans doute le plus luxueux lupanar des années trente, les propriétaires Paul Carbone et François Spirito associés à d’autres. Le haut du pavé de la pègre Parisienne de l’époque, la « femme » de Carbone n’était autre que « Manouche ».

Il était situé au 31 Boulevard Edgar Quinet, près de Montparnasse, dans le XIV ème. Il a compté jusqu’à 65 pensionnaires et pas moins de 5 sous-maîtresses !

Un monde, un reste d’Empire, poussières de grand siècle. .. Tout ce que Paris et ses environs comptaient comme personnalités s’y retrouvaient : Joseph Kessel, Blaise Cendrars, Francis Carco, Et même Marlène Dietrich ainsi que la grande Frehel, qui venait y pousser une goualante.

L’un des plus célèbres, dont le nom est encore sur toutes les lèvres (si j’ose dire) : le One two two.

Situé au 122 rue de Provence (d’où son nom) dans le VIIIème, près du magasin du Printemps et du boulevard Haussmann. Il s’élevait sur sept étages ! Volets blancs, toujours clos, bien sûr…

Il fut ouvert en 1924 par Monseur Jamet et sa femme Fernande, à qui je pense parfois (qui se faisait appeler Doriane), une ancienne prostipute du Chabanais. Ce magnifique établissement fut fermé en 1946 par les soins de Marthe Richard (puisse-t-elle brûler en enfer pour l’éternité).

Dans ce magnifique établissement de haute tenue, on pouvait au gré des passages dans les différentes chambres faire « le tour du monde » : une cabine de paquebot transatlantique, une cabine de l’Orient express reproduite à l’identique, le grenier à foin pour les nostalgiques de la ruralité, La chambre Egyptienne avec Cléopâtre (pas une momie je vous vois venir), la chambre Grecque aux colonnes doriques, et enfin la galerie des glaces avec miroirs pivotants…. Il y a de quoi rêver Messieurs !

Et même, pour les masos : la chambre des supplices avec, s’il vous plaît, mise en scène de la crucifixion !

Oh ! Bien sûr, tous les lupanars n’étaient pas aussi luxueux ! Loin s’en faut, et certains tenaient plus de l’abattage que des frivolités bon chic bon genre. Les pauvres filles qui y « travaillaient » n’avaient guère le choix, ni l’humeur primesautière : esclaves, voilà ce qu’elles étaient.

Savez-vous qu’au 22 de la rue Bayard, siège de R.T.L aujourd’hui, figurait le « Panier fleuri » un boxon ? Ce panier fleuri, ça n’était pas la first classe, je vous le concède.

Aujourd’hui, à Paris, les tapins fleurissent partout, du bois de Boulogne en passant par celui de Vincennes, et sans omettre les boulevards des Maréchaux avec les camping-cars garés à la queue leu leu (expression qui trouve ici toute sa valeur).

Etait-ce mieux, ? Devrais-je dire moins mal ? Je ne sais pas, mais ce qui est certain c’est que je regrette de ne pas les avoir connus…. Voilà c’est dit !



Pour vous et rien que pour vous j’ai inséré un lien.

Il s’agit d’un extrait du film de Gilles Grangier et Georges Lautner, dialogues Michel Audiard (excusez du peu) datant de 1965, intitulé : "un grand seigneur". C’est un film à skeches, que j’avais vu en son temps à Paris bien sûr.

L’extrait proposé est une scène de tribunal, et franchement cet extrait vaut son pesant de cacahuètes. Allez bonne rigolade. (regardez, même si c’est un peu long, ça en vaut VRAIMENT la peine)

http://kroulik.blogspot.com/2008/02/un-grand-seigneur.html

vendredi 31 août 2012

Saoul-FifreLe premier orage post aestivum

Il est taquin.

Il s'approche, l'air de rien, dégagé, faisant sa sainte n'y touche...

Le soleil brille, le regard porte jusqu'au Luberon mais en un rien de temps la vapeur d'eau invisible dans l'air se condense, la lumière s'éteint et ce farceur fait retentir à notre oreille un gros coup de tonnerre.

Hou ! T'as eu peur, hein ?

Ben c'tte blague ? Je cours en soufflant comme un phoque jusqu'à la maison pour débrancher le forage, deux cartes électroniques à trois cent euros l'une ça suffat comme ci, et je tourne sur moi-même pour dépister un éventuel départ de feu.

Un éclair qui tombe sur la végétation complètement déshydratée de fin d'été, ya pas mieux, on touche au génie du barbecue, la colline s'embrase comme si on avait appuyé sur un bouton et c'est parti mon kiki. J'ai assisté deux fois au phénomène, un orage sec, c'est un pyromane à l'efficacité garantie, c'est un trucage dans "Les dix commandements", tu sais, quand Y. avec son carton en zig-zag recouvert de papier-chocolat il met le feu au buisson ardent ?

Bon, les deux fois, la pluie s'est mise doucement à tomber dix minutes plus tard et l'orage a éteint l'incendie qu'il avait allumé. Mais sans cette crise de remords in extrémis, zou maï c'était reparti pour le ballet rouge des pompiers et des canadairs.

Notre vie ne renouvellera-t-elle jamais son programme télé ?

Dans le feu récent, pas trop éloigné de chez nous, dont parle Bof, je n'y suis pour rien, l'orage non plus. C'est le fils du maire qui a craqué l'allumette, juste pour faire bisquer son père.

Oui mais un orage peut aussi amener l'eau espérée. Un éclair mieux positionné, plus finaud, a déchiré la poche d'eau céleste et les trombes s'écoulent. Ça ravine oui, mais ça mouille et c'est le principal.

Plus besoin d'arroser le potager.
Je vais pouvoir enfin déchaumer, rentrer de quelques centimètres dans ce sol dur comme de la pierre.
Les fruits d'automne vont finir de mûrir, les coings pouvoir se ramollir un peu, les olives se remplir les joues, les figues se gorger de jus, les grappes s'alourdir.

Et puis les sangliers cette nuit vont descendre de la colline. Ce sont bêtes d'habitudes. Leur première nuit d'après orage m'est réservée. Mes terres riches en matière organique abritent de gros vers de terre qui ont passé l'été enfouis à grande profondeur et qui remontent dès qu'ils sentent l'humide. C'est le dessert des suidés et la première pluie automnale leur est sacrée. Ils viennent fouir, fouiner, fouisser, s'en foutre jusque là, de la protéine tendre. Un ver, ça va, trois cent vers, quel bon jour les gars !

La pleine lune éclaire a giorno la campagne. Je me suis installé pénard sur l'Avto, face à un de leurs passages traditionnels. Ils arrivent en me faisant poireauter juste un peu, comme pour un rendez-vous amoureux. Il y a toute la smala, la femelle dominante, ses petits, là ils portent encore la livrée, ils sont curieux, ouverts, n'ont pas encore acquis la paranoïa de l'animal sauvage traqué. Les "accompagnants", oncles, tantes, cousins, tanguys, labourent tout ce qu'ils peuvent, reniflent, grognent sur une odeur peu ou trop connue. Les odeurs mécaniques du tracteur chaud camouflent la mienne, ils lui tournent autour, intéressés. C'est un spectacle intense, allez : j'allume les phares pour y voir mieux. Ça ne leur fait ni chaud ni froid, une partie engourdie de leur cerveau doit simplement leur souffler qu'il est un poil tôt pour le lever du soleil mais ils s'en branlent avec une branche, en fait.

Ils ont fini d'engloutir tout ce qui est comestible dans le coin. Ils s'éloignent tout en se grommelant leur contentement. Ils sortent d'une bonne douche sur ces poussières d'Eté collées de sueur et ces tonnes d'eau cadeau du ciel ont ramolli cette terre aride dure à leur groin.

Eux aussi adorent le premier orage.

lundi 27 août 2012

Tant-BourrinComment gérer un pactole en bon père de famille

J'aurais souhaité garder un voile vaporeux de discrétion sur ce menu événement, mais Andiamo a vendu la mèche dans un récent billet : oui, j'ai bel et bien gagné 195 millions d'euros il y a quelques semaines à l'Euromillion...

J'en connais plus d'un qui, recevant une telle manne, se serait empressé de tout claquer dans le luxe, l'alcool et le stupre. Mais vous commencez à bien me connaître : la tête sur terre et les pieds solidement vissés sur les épaules, j'ai décidé de gérer avec le plus grand sérieux ce pactole afin de la faire fructifier.


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La première étape, bien entendu, a été d'entrer en possession de mon dû. J'aurais pu, certes, la jouer hypocrite et demander un versement anonyme sur mon compte bancaire, mais c’eût été mesquin. N'ayant aucun goût pour le secret et amateur de grand jour, je décidai d'autoriser la publicité autour d'une cérémonie de remise de chèque officielle devant les caméra de la BBC.

Hein ? Pardon ? Pourquoi la BBC ?... Heu... Bin... Disons que j'ai décliné une identité de citoyen de sa très gracieuse Majesté, juste histoire de s'amuser un peu et accessoirement d'échapper au fisc français.

Toujours est-il que mes soucis ont commencé à la sortie des studios, alors que je marchais dans les rues de Londres. Quelques badauds commencèrent à me pointer du doigt et à me suivre, bientôt rejoints par d'autres badauds, toujours plus nombreux. C'est suivi d'un groupe d'une centaine de personnes que je pénétrai dans une agence bancaire pour y déposer mon chèque et pour retirer une modeste somme en espèces destinée à quelques petites emplettes.

Quand je voulus quitter l'établissement, une foule hystérique de plus d'un millier de personnes massée devant la porte se mit à hurler. Des centaines de mains se tendirent vers moi, des milliers d'ongles commencèrent à agripper mes vêtements, je fus ballotté, secoué, écartelé : tout le monde nous voulait, moi et mon compte bancaire.

La situation, je le sentais bien, tournait à la sauce vinaigrette. Je ne dus mon salut qu'à la liasse de billets de 500 € que je la lançai en l'air et à la mêlée sauvage qui s'ensuivit, d'où je parvins à m'extraire discrètement.

Conclusions de ce premier épisode douloureux :
1°) la mêlée constitue décidément un des points forts des Anglais.
2°) les Anglais ne sont finalement pas si allergiques à l'euro qu'ils le prétendent.
3°) peut-être aurais-je dû laisser la reproduction cartonnée géante (150 cm sur 70 cm) du chèque de 195 millions aux studios et ne pas insister pour l'emporter en souvenir avec moi dans la rue.

Bah, je n'ai perdu dans l'affaire que la modeste somme de monnaie que je destinais à mes emplettes ! Ce n'est pas bien grave !


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Je décidai de passer aux choses sérieuses et d'effectuer mes premiers investissements. Mais attention, pas des investissements kamikazes à la Jérôme Kerviel ! Ce n'est pas le genre de la maison ! Uniquement des investissements robustes de bon père de famille !

Je décidai donc de placer quelques sous dans Blogborygmes S.A. Inc. Ltd, histoire de faire passer notre blog à une vitesse supérieure. Et pour cela, rien de mieux que d'augmenter la fréquence des billets. Je contactai donc une succursale londonienne d'une société de service indienne et recrutai 5000 pigistes par leur intermédiaire. Le cahier des charges prévoyait la rédaction et la publication d'un billet tous les quarts d'heure : de quoi mettre à mal la concurrence de Blogbo !

Hélas, dès la première livraison, il me fallu déchanter : le premier billet ressemblait à ça !

प्रिय पाठकों, पाठकों के प्रिय, इस दिन हमारे ब्लॉग के इतिहास में एक मील का पत्थर है.आप एक लंबे समय के लिए सपना देखा, जो आप अपनी स्क्रीन के सख्त खाली सामने, हमारे चमकदार दुर्भाग्य से तेजी से स्थान दिया गया है के लिए इंतज़ार कर.अब यह किया जाएगा: अब, एक महान टिकट चालान इस साइट पर प्रकाशित किया जाएगा एक घंटे के हर तिमाही. आप नहीं कह सकते कि हम खराब नहीं है, छोटे भाग्यशाली पट्टी!कैनवास पर हमारे प्रतिस्पर्धियों अब खुद व्यवहार करते हैं!

तो तुम उस के लिए धन्यवाद?

आप सुंदर ताल ब्लॉग धन्यवाद!


Il s'en est suivi une longue procédure de contentieux qui a hélas tourné en ma défaveur.

Conclusions de cette expérience :
1°) bien vérifier que l'on n'a rien oublié dans le cahier des charges quand on passe une commande : pour ma part, j'avais juste omis de préciser que les billets devraient être rédigé en français et non en hindi.
2°) lire soigneusement les mentions en tout petits caractères sur les contrats : à mon insu, je m'étais engagé pour une période de dix ans. Les salaires indiens ont beau être inférieurs à ceux de la France, dix ans de salaire de 5000 personnes plus la marge – éhontément élevée – de la société de service plus les frais de procédure judiciaire, ça commence à faire bonbon !


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Bah, il me restait toutefois largement de quoi m'atteler à un autre chantier qui me tenait à cœur : donner un siège social digne de ce nom à Blogborygmes S.A. Inc. Ltd. En effet, un blog qui a de l'ambition se doit d'offrir à celle-ci une vitrine de prestige.

Je lançai donc un appel d'offres international auprès des plus grands architectes et, après examen des projets soumis, je retins celui-ci.

Le projet prévoyait la construction de notre siège à la Défense. Bon, évidemment, j'aurais préféré qu'il fût érigé en plein centre de Paris, mais, à défaut, la Défense ferait l'affaire.

C'est au moment du lancement du chantier de construction que tout à foiré. Tout s'est ligué contre moi : des associations locales de défense de l'environnement, l'architecte des Bâtiments de France, José Bové, et même jusqu'au Ministère de l'environnement !

Étonné de voir des défenseur de l'environnement monter au créneau pour protéger le cadre de la Défense, je finis par découvrir que le projet que j'avais retenu (élaboré par Corleone S.A. à Palerme) prévoyait la construction d'une tour de prestige au lieu-dit « La Défense » dans le Cher et non dans les Hauts-de-Seine.

Je réalisai par la même occasion que mon enthousiasme parfois légèrement excessif m'avait conduit à des engagements peut-être un peu inconsidérés.

Conclusions de ce nouvel avatar :
1°) Quand on reçoit un projet, ne pas se contenter de regarder les images pour faire son choix : lire le texte dans le détail peut se révéler parfois utile.
2°) Quand on lance un projet à près de 150 millions d'euros, éviter de régler 100% à la commande.
3°) Prévoir des clauses libératoires pour le cas, bien improbable mais pas complètement impossible, où le projet serait définitivement enterré par les opposants.


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Bref, voilà où j'en suis aujourd'hui. J'ai encore quelques échéances à régler à Corleone S.A. et, je ne sais pas pourquoi (campagne de teasing publicitaire ?), ils ont accompagné leur dernière lettre de relance d'un petit cercueil miniature à mon nom...

Vu que mon compte en banque est aussi sec que les terres du Souf', je me demandais, chers lecteurs(trices) et grand(e)s ami(e)s si, dans votre grande bonté, vous ne pourriez pas m'avancer un tout petit peu d'argent, juste histoire d'éponger mes dettes et de me remettre à flot ?

Bien évidemment, je vous rembourserai dès que je regagnerai la supercagnotte de l'Euromillion, promis !

lundi 20 août 2012

celestineLe syndrome de Stendhal

Bon, alors, exceptionnellement, et à la démande yénérale, je fais mes premiers pas de pigiste sur la planète Blogbo.

Je suis moultement impressionnée ! Ca devait arriver, depuis le temps que je vois tourner le vaisseau du Capitaine TB autour de ma céleste auberge, (ce qui ne produit un effet comique que si on traduit en anglais le second mot) il était écrit qu’un jour, je serais aspirée par le sillage magnético-galactique dudit vaisseau. Bref, me voilà admise provisoirement dans un aréopage choisi, bien que constitué, aux dires de certains, de brutes avinées, mais admise à l’essai seulement. Genre CDD, Contrat Dubitatif du Début. Je sens bien vos yeux braqués sur moi comme des traders sur leurs courbes du cac40, à l’affût de la faille…(ne cherchez pas, il n’y a pas de contrepèterie)

Alors de quoi qu’elle va nous causer, Célestoche, vous dites-vous, impatients et la bave aux lèvres, rapport au titre nébuleux avec lequel elle pense nous accrocher. Elle va nous la jouer médical, ou littéraire, ou les deux (malheur !) et il y en a qui vont décrocher direct. Mauvaise pioche, elle va nous pondre un truc dégoulinant de chiantitude, genre thèse de quatrième année de psychologie kantienne appliquée.

Rassurez-vous, et détendez-vous, je vais simplement vous parler de ma mort. Enfin, de la façon dont je voudrais, plus tard, bien plus tard, le plus tard possible (et même à la grande rigueur, jamais, comme disait le grand Georges, mais il paraîtrait que ce choix-là n’est pas au catalogue) la façon, dis-je, dont je voudrais quitter cette vallée de larmes. Voilà. Je voudrais mourir du syndrome de Stendhal.

Kesako ? dubitatez-vous derechef. J’explique. Il paraîtrait que devant la beauté implacable de certaines œuvres d’art, certains touristes soient pris d’un malaise violent et subit, sueurs froides, palpitations, hallucinations, vertiges, comme subjugués par l’émotion artistique, et qu’ils puissent péter une durite et se retrouver les pieds devant en deux-deux. Vous imaginez ? Vous vous organisez un petit vouikinde en namoureux à Florence, et là, devant le David de Michel-Ange, et sous les yeux exophtalmés de votre dulciné(e) vous êtes pris d’apoplexie, et vous avalez votre extrait de naissance en même temps que votre sandwich frites-salade-poulet. Et pof. Vous êtes mort, comme ça, pulvérisé en trois minutes par l’implacable beauté de l’art. C’est pas d’la balle, ça ? De quoi donner une vraie légitimité à l’expression « une belle mort », le plus moche pourtant des cadavres exquis…

Il paraîtrait, toujours d’après monsieur Wiki, pédiatre, que c’est Stendhal himself qui aurait éprouvé et décrit le syndrome pour la première fois, dans une de ses chroniques de voyage. D’où le nom.

Remarquez, il existerait déjà, selon moi-même, une variante du syndrome, qui a été popularisée par Félix Faure, le grand président de la République bien connu pour avoir expiré dans les bras de sa belle maîtresse, et ce pendant un acte que les esprits bien pensants et les culs-pincés de l’époque s’acharnèrent à dissimuler sous des euphémismes ampoulés.

On peut raisonnablement supposer que la rotondité naturelle des callipyges fesses de la dame provoqua chez notre homme d’état un choc de même nature que s’il avait succombé devant la Vénus de Milo comme un touriste de base. D’autant qu’en plus, elle était pourvue de bras, sa dame, et qu’elle n’était pas de marbre, de toute évidence. En attendant, « syndrome de Stendhal », ça a tout de même plus de classe que « collapsus post-coïtal » …

Je me plais à souligner ici, par ce parallèle hardi, que certains corps humains mâles ou femelles méritent amplement la dénomination d’œuvres d’art, devant lesquels l’émotion peut atteindre un certain paroxysme somatique, et déclencher toute une série de symptômes pouvant mener jusqu’à l’extrême les fonctions vitales. Et je ne suis pas médecin. D’aucun voudra bien me corriger si je dis une c…bêtise.

Enfin, d’une manière ou d’une autre, vous l’avez compris, je ne demande pas grand-chose pour ma disparition lointaine. Je voudrais juste, si c’était possible, et dans la grande bonté de la Providence, de Jéhovah, Vichnou ou Brahmapoutre, ou n’importe lequel des webmasters célestes, je voudrais simplement… mourir de bonheur. Et je crois, sans vouloir me vanter outre mesure, que je présente des prédispositions.

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