Blogborygmes

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mardi 24 juillet 2012

AndiamoPerrault façon Andiamo

C’était une meuf gaulée comme un paquet d’Ninas : les pattes antérieures droites comme des « I », 95 « C », 62, 92, un mètre soixante-douze et une tignasse rousse a fait pâlir un Van Dongen !

Dans sa cité pourrave de Saint-Denis, on l’appelait : Tas d’rouille, biscotte ses tifs roux. Elle était toujours sapée façon vamp : débardeur sans soutif, bottes cuissardes rouges, bas résilles noirs, de quoi faire soulever les pierres tombales du Père Lachaise.

Un beau matin, alors qu’elle se rendait chez sa vioc, une Mamie soixante-huitarde attardée qui crêchait près de la gare du Nord, rue de Rocroy, elle croise Momo qui faisait le kakou sur son scoot…. Enfin, quand je dis « son » scoot, c’était plutôt un tas d’ferraille qu’il avait chourré la veille dans la cité Gagarine.

- Salut Tas d’rouille, où qu’tu vas ?

- A Pantruche, chez ma vioc, je lui porte comme toutes les semaines sa boutanche de « Label 5 », un whisky fond d’cuve juste bon à déboucher les cagoinsses, une barrette de chit, et une cartouche de gauldos. J’me magne le fion, faut que j’sois à la gare de Saint-Denis dans un quart d’heure, j’ai juste le temps de sauter dans l’dur.

- Ouais z’y va ! Grimpe, j’t’emmène, j’ai rien à branler aujourd’hui !

Comme d’hab. songea Tas d’rouille, mais elle ferma sa dalle, biscotte trouver un geonpi qui l’emmenerait gratos rue de Rocroy, au lieu de s’cloquer un R.E.R pourrave, ça n’était pas gagné d’avance. Elle enfourcha le scoot retroussant plus que de raison sa micro-jupe rouge.

Momo voulant profiter du panorama, règla le rétro non pour voir la route, mais pour mater la couleur du string de sa passagère. Ce qui occasionna immédiatement la mise en route d’un processus, dont je vous tairai les conséquences.

Après trois ou quatre feux grillés, cinq ou six refus de priorité, une bonne dizaine d’automobilistes priés d’aller se livrer à un inceste avec leur mère, ils arrivent rue de Rocroy.

Momo cloque le scoot entre deux tires. Pendant ce temps, Tas d’rouille a sonné sa vioc.

- Bonjour Mamie, c’est moi !

- Ah, que ça me fait plaisir ! Compose le code, il n’a pas changé… (t’as vu point de chevillettes ni de bobinettes qui choient, faut vivre avec son temps, non mais !)

Momo se pointe, puis suit Tas d’rouille dans l’étroit escadrin, jusqu’au sixième.

Il souffle comme un bœuf, les deux ballots d’foin clopés chaque jour, de la Marlboro de contrebande, y sont sans doute pour quelque chose.

- Ben dis donc, Momo, t’es en train d’cracher tes éponges ! Tu devrais reprendre une cuiller de sirop, lui dit-elle en lui tendant une clope !

- Tu m’charries, allez grimpe !

Placé cinq ou six marches plus bas, Momo n’en paume pas une broque. Le joli valseur de la grognasse se balance doucement, au gré des marches. J’vais m’la faire, songe-t-il, j’estourbis Mamie et à moi Tas d’rouille, la barrette, la cartouche, et le pieu de whisky, y’a pas de petit profits !

Toc, toc, toc !

- Entre ma belle, je t’attendais.

- Mamie, je te présente Momo...

Un regard circonspect de bas en haut, et un « mouais » dédaigneux à l’encontre du sus nommé.

Une petite entrée, un portrait du « Ché » accroché sur un papier pisseux, des baguettes d’encens qui fument dans un verre à moutarde, un vieux 33 tours grésillant tourne sur une platine hors d’âge (pas comme le Label 5) diffusant une musique de Ravi Shankar. Mamie fringuée façon Hippies grande époque, sari chatoyant, grands colliers de perles en bois, sandalettes aux pieds et bien sûr, pour parachaver le tout, un bandeau orange ceint son front.

Elle est encore pas mal, Mamie, songe Momo. Elle a à tout casser à peine soixante balais, mais elle tient la route ! Bien sûr, elle a dû dérouler du câble, mais c’est plutôt un avantage.

Tas d’rouille sort de son sac à dos les petites « provisions » qu’elle a apportées pour sa Mère grand. Après avoir repoussé quelques objets traînant sur la table, dont une boîte de capotes, elle étale ses offrandes.

- Merci ma chérie !

La vieille Dame enlace sa petite fille.

C’est le moment que choisit Momo pour sortir son Eustache ! CLAC ! Fait la lame en se détendant brusquement.

- Allez la vioc, et toi aussi Tas d’rouille, file-moi tout ça, et toi file-moi ton blé, dit-il en regardant Mamie dans les yeux.

Sans s’affoler, la chère grand’mère s’est dirigée vers une petite commode Chinoise, laquée comme il se doit, et en a sorti un joli coffret.

- Toutes mes éconocroques sont laga, a-t-elle murmurée avec des sanglots dans la voix.

- Lui file pas Mamie à c’t’enflure, a hurlé Tas d’rouille !

- Laisse béton ma puce, c’est lapuche…

Au moment ou elle tend le coffret à Momo, il lui échappe. Momo dans un réflexe veut le rattraper, c’est le moment que choisit Mamie pour lui choper les joyeuses, et elle serre de toutes ses forces.

Momo hurle de douleur, laisse choir son surin, Tas d’rouille s’en saisit, puis, prenant son portable, elle shoote Momo et balance le tout sur la toile…

Putain le BUZZ ! La vidéo, : Momo hurlant comme un goret, et Mamie qui lui serre les loukès'. La honte pour Momo ! Ses potos qui le charrient grave ! En moins de vingt-quatre plombes, tout le neuf-trois était au courant.

Moralité : quand t’es pas gaulé pour jouer les loups, fais-toi berger.

(Tas d'rouille, ch'tiot crobard Andiamo)

samedi 21 juillet 2012

Saoul-FifreOlivier Falorni

'tain je vieillis, moi !

Je sais pas si c'est à force de fréquenter Andiamo, mais on peut pas dire que je devienne plus vif. Un exemple : ya Blutch qui publie un billet . Bon, le blog de Blutch est dans mon agrégateur donc je reçois son billet sitôt parution et je le lis. Ben vous me croirez si vous voulez, mais j'ai pas du tout capté qu'il parlait du tweet de la rottweiler, c'était pourtant assez clair, comme allusion ? Bon, j'ai compris en lisant les commentateurs qui, eux, avaient compris, me fais-je bien comprendre ? C'est peut-être la façon de Blutch de traiter le sujet qui m'a brouillé l'écoute ? Parce que sa métaphore salariale ne m'a pas du tout convaincu. Elle évacue un peu vite plusieurs pans de la situation, entre autres le personnage appelé "le postulant".

Que ce tweet soit une connerie de compétition ne se discute pas : c'est un fait irréductible, la Valérie n'aurait pas dû l'envoyer et elle s'en mord encore le pouce tous les jours jusqu'au sang.

Disons que ce n'était pas à elle de l'envoyer. Son auteur étant juge et partie, ce tweet ne pouvait être perçu que comme le tweet d'une jalouse vilaine et méchante, ses dénégations véhémentes n'y pouvant rien changer. Et l'on pouvait compter sur les journalistes politiques pour se contenter d'une analyse boulevardière à base de disputes d'alcôve, se repaitre de crêpages de chignons hilarants quoique virtuels et ne surtout pas s'occuper du fond de l'affaire.

Coco, je veux entendre s'indigner les chaumières ! Tu me traites ça style "la veuve et les orphelins" à part que là, c'est "la mère-courage et ses pauvres chers petits trahis par la maitresse démoniaque". Tu la charges un max, coco, il me faut du France-Dimanche de la grande époque ! Du chiffre, bordel !

Parlons maintenant, comme l'a demandé François Hollande dans son interview du 14 Juillet, plus de vie publique que de vie privée, même s'il arrive que la paroi soit poreuse quand dans un couple, les deux fassent de la politique au même niveau.

Olivier Falorni est un jeune professeur d'histoire-géo passionné de politique. En 1998, il se rend par curiosité à une université d'été du PS, entend un discours du premier secrétaire de l'époque, François Hollande et adhère dans la foulée au parti. Il restera fidèle à Hollande même pendant sa traversée du désert, le terme d'ami n'est pas trop fort puisqu'il sera son mandataire financier pendant les primaires des présidentielles. Sa proximité avec Hollande explique sans doute ses démélés futurs avec Ségolène. Entre exs, on trouve toujours des arrangements "dans l'intérêt des enfants" et "pour ne pas insulter le souvenir", mais avec les alliés déclarés, il en va autrement. Surtout qu'entre Ségolène, Présidente de la région Poitou-Charente et Falorni, chef du PS en Charente maritime, les occasions de friction ne manqueront pas .

En 2007, il soutiendra Ségolène aux présidentielles, comme tout bon socialiste mais dès 2008, il votera pour la motion de Hollande au congrès du parti. La réaction de Ségo ne tarde pas.

Elle envoie une torpille de ses amis essayer de lui chourrer sa place à la tête du département de Charente maritime. Il résiste au choc et conserve son poste.

En 2010, élections régionales, Ségolène cherchera à imposer contre lui un autre de ses fidèles. Elle échoue : vote des militants, soutien de sa fédération (il en est le premier secrétaire), Falorni obtient la tête de liste et devient conseiller régional. Il siègera désormais sous la houlette de Ségo.

Ségolène ne lâche pas son os si facilement. Ce Falorni, qui a choisi le camp de son ex, elle veut se le faire. Si Hollande est élu président, elle sait qu'elle ne peut espérer de ministère, la Valérie ne supporterait pas que son chéri voie son ex et discute avec elle toutes les semaines. Pourquoi pas le perchoir, poste prestigieux accompagné de toutes sortes de privilèges ? Comme elle a laissé sa circonscription de Melle, dans les Deux-Sèvres, à sa suppléante, Delphine Batho, il faut donc qu'elle s'en trouve une, et un peu classieuse quand même, merde, je suis une "personnalité politique de tout premier rang", bordel de balai à chiottes !

Héhé ! Et si j'allais faire chier à nouveau le petit Falorni sur ses terres ?

La Rochelle, "belle et rebelle", c'est tout à fait moi, ça !!

Troisième scud : Ségolène s'arrange avec Bono, le député sortant de la circonscription, qui accepte de ne pas se représenter et de la soutenir. Il parait que La Rochelle est réservée "à une femme", pour respecter la parité ? Or vous pouvez aller consulter les résultats des élections : avec Ségo, cela fait 4 femmes PS candidates intronisées officiellement sur les 5 circonscriptions de Charente maritime ! Dans la 5ième, le PS ne présente personne et laisse aller un mâle Radical de Gauche à la bataille. Que de parité, mon dieu ?!

Falorni accepte néanmoins de n'être que suppléant d'une candidate locale mais demande que les militants votent, comme le préconisent les statuts du PS. C'est Martine Aubry qui prendra la responsabilité de passer en force. Vous connaissez le résultat de cette brillante stratégie. Martine aurait-elle fait exprès pour se débarrasser de Ségolène ? Son insistance à faire porter le chapeau à Falorni ressemble bien à une tentative de détourner les soupçons.

Au PS, on ne compte plus les membres secrètement comblés de la claque qu'a reçue la mère chabichou. Hollande est ravi-ravi mais ne l'avouera pas plus que le code de la force de frappe.

Quand à Valérie Trierweller, il faudrait inventer un mot pour exprimer son degré de contentement : dès qu'elle est seule, elle part dans des fous rires hystériques en se tapant sur les cuisses.

mardi 17 juillet 2012

La PoulePériode estivale

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vendredi 13 juillet 2012

Tant-BourrinLes Blogbojeux de l'été

L'été est là (si, si, on y croit !), il est temps de laisser le stress derrière soi et de s'adonner à quelques activités ludiques en bronzant se mouillant sur la plage...

Voici donc un billet spécial jeux d'été de Blogbo. Elle est pas belle, la vie ? :~)




Grand jeu-concours de l'été : points à relier

Cliquez sur l'image suivante pour l'afficher en grand et imprimez-la. Reliez ensuite dans l'ordre les points de 1 à 777 pour découvrir ce qui se cache derrière ce dessin mystère.


Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Envoyez vos réponse sur papier libre à l'adresse suivante :

Grand jeu concours Blogborygmes de l'été
Blogborygmes S.A. Inc. Ltd
1, chemin de l'écurie
99123 BOURRINVILLE

Pensez à joindre une photo personnelle, si possible prise après avoir relié tous les points : on aime bien rigoler nous aussi

Premier prix (mais c'est aussi notre dernier prix !) : un séjour d'un mois tous frais payé dans un centre d'accueil médicalisé spécialisé dans le traitement des nerfs endoloris !




Test : êtes-vous con ?

Répondez le plus honnêtement possible à la série de questions suivante, et découvrez votre vraie nature.

Question n°1 : êtes-vous con ?

Réponse A : Vous pouvez répéter la question ?
Réponse B : Oui
Réponse C : Non

Comptez soigneusement le nombre de réponses A, de réponses B et de réponses C, puis cliquez sur le bouton ci-dessous pour mieux vous connaître.




Mot caché

Trouvez le mot caché parmi ces lettres. Pour cela, il vous retrouver tous les mots de la liste suivante dans la grille et en rayer les lettres. Attention, les mots peuvent se lire dans n'importe quel sens : vertical, horizontal, oblique, à l'endroit comme à l'envers, et une même lettre peut être utilisée dans plusieurs mots. A la fin, les lettres restantes, prises dans l'ordre du haut vers le bas, vous donneront le mot mystère, en lien direct avec les mots de la liste...


Cliquez sur l'image pour l'agrandir




Echecs

Lors de la fameuse confrontation qui opposa en 1934 les deux grands Maîtres internationaux russes Khismimaïlov et Yatapine-Kisrelev, ce dernier, qui jouait avec les noirs, se trouva vite acculé dans la position délicate suivante. Pourtant, par un trait fulgurant de génie, il sut retourner la situation à son avantage en deux coups. Saurez-vous en faire de même ?


Les noirs jouent en gagnent en deux coups.

samedi 7 juillet 2012

AndiamoLa Samar...

Parfois le jeudi, qui était autrefois le jour des mômes au lieu et place du mercredi , ma mère nous annonçait à mon frère, ma sœur et à moi :

-Bon ! On va manger de bonne heure, puis je vous emmène au magasin.

Magasin… Le mot magique ! Généralement c’était la Samaritaine, « la Samar » comme on l’appelait familièrement.

Mais avant le départ il y avait les recommandations, elle nous connaissait bien notre mère !

-Je vous préviens : pas de bagarres, je n’achète rien, hormis les vêtements dont vous avez besoin… Compris ?

Et dans un ensemble parfait digne des petits chanteurs à la croix de bois nous répondions :

-Oui M’man !

Pourquoi aller à la Samar acheter les vêtements ? Car ils étaient de bonne qualité et pas trop chers.

Tout compte fait elle achetait seulement les culottes courtes, pantalons, chemises, pour le reste c’était du « fait maison ». Les pulls, les jupes et robes de ma sœur, les blousons pour mon frère et moi, et même des capuchons en tissu caoutchouté. La vieille « Singer » à pédale unique reprenait régulièrement du service, et les aiguilles à tricoter ne chômaient pas.

En tout début d’après-midi nous partions, le bus 151 à plate-forme, un antique T4 nous emmenait jusqu’à la porte de Pantin, vingt minutes environ, puis le métro ligne 5 jusqu’à la gare de l’est dans une brinqueballante « Sprague Thomson » verte, changement ligne 7 jusqu’à la station Pont Neuf.

Nous comptions bien sûr les DUBO DUBON DUBONNET, ces affiches qui tapissaient les tunnels du métro entre deux stations, le remugle caractéristique du métro parisien. Ma mère qui sans cesse, nous recommandait de ne pas nous approcher du quai. Les « PSCCCHH « ! Des portes automatiques des voitures actionnées par des vérins pneumatiques. Toutes ces choses, ces senteurs, aujourd’hui disparues.

A peine sortis du métro, on la voyait, immense face à la Seine (le plus beau fleuve du monde, normal il abreuve la plus belle ville de l'univers). Non je ne suis pas chauvin, j'y suis né mais je suis resté modeste.

Que de monde ! On avait beau y aller assez souvent, tant à la Samar qu’aux galeries Lafayette ou encore à la Belle Jardinière (fermée depuis belle burette… Pardon lurette) nous nous tenions la main, de peur d’en perdre un en route. J’aurais dû les serrer tous un peu plus fort car ils sont partis.

Les étroits escaliers mécaniques…

-Regarde où tu mets les pieds, tu vas te faire coincer ! L’odeur de la cire qui envahissait tout, les parquets de bois joliment entretenus qui craquaient sous nos pieds , les stands avec pratiquement une vendeuse derrière chacun d’ eux, robe noire et col claudine blanc de rigueur.

Enfin le rayon « enfants », essayage de culottes courtes bien entendu, pour mon frère et moi.

-Tu comprends, la peau des genoux ça repousse, les trous dans les pantalons ils ne se bouchent pas tout seuls, et puis avec des « brise fer » comme vous…

Pour nous faire rire, ma mère allait toujours faire un petit tour au rayon chapeaux. Elle en esssayait quelques uns, histoire de nous faire rire. Pourtant elle les portait bien, mais elle s’arrangeait pour faire des grimaces, provoquant notre hilarité.

A la sortie, lorsque c’était la saison, elle achetait un ou deux cornets de marrons. Les marchands étaient là, le coin est bon pour la vente, gros chaudrons noirs, les braises bien rouges et la bonne odeur de la châtaigne cuite.

Quelques châtaignes dans un cornet fait d’un papier journal entortillé. Les fruits brûlants qu’il faut décortiquer, avant de les croquer tout chauds, bien trop chauds, notre impatience nous faisait faire des : ouh la la ! Hu hu hu ! En ouvrant grand la bouche, et soufflant tout ce qu’on pouvait afin d’évacuer le trop de chaleur qui nous brûlait la langue et le palais.

Enfin nous rentrions, commentant bruyamment l’après-midi, et annonçant les prochaines stations sans consulter les cartes placardées au-dessus des portes.

Les « ouais t’as triché » ponctuaient les : Stalingrad ; Jaurès ; Laumière et autre Ourcq. Vociférations vite calmées par l’appel au calme maternel.

C’était hier et loin pourtant, où sont tous mes repères ? Les ampoules remplacées par des néons, le crieur de journaux à la sortie des bouches de métro. Le père d’un copain vendait même des saucissons à la sortie de la porte de Pantin ! Les cartes aux tracés constellés de petites loupotes qui vous indiquaient la ligne à parcourir lorsque vous appuyiez sur le bouton de la station où vous désiriez vous rendre. Les portillons automatiques qui se fermaient à l’approche d’une rame, interdisant l’accès aux quais, et les gros distributeurs de friandises, peints en bleu avec écrit en relief, brut de fonderie : « chocolat Menier ».

Et surtout cette odeur si caractéristique qui a disparue elle aussi, comme toutes les choses et les êtres qui m’ont accompagné.


Voici une photo de la SAMAR, fermée depuis quelques années au motif : "mise aux normes" réouverture... ? Leur slogan était, souvenez-vous : ON TROUVE TOUT A LA SAMARITAINE.

mercredi 4 juillet 2012

Saoul-FifreMargotte

La rencontrer pour la première fois, c'est un peu comme n'avoir jamais vu la mer, même pas à la télé, et enfin l'atteindre. Ça fout un choc. Ça en a flanqué à plein de gens, ça m'a filé une sacrée décharge, d'entrée, et ça en fichera à plein d'autres encore, si j'en crois les réactions que je peux surprendre, moi qui suis à ses côtés, en position d'observateur privilégié.

Elle fascine, elle interroge, par son mutisme dense, compact, phase d'analyse devant l'inconnu, qui évoluera vers plus de chaleur humaine si vous avez la chance rare d'être passés indemnes au travers de ses cribles critiques. C'est son regard droit, profond, présent à la relation, qui parlera pour elle au début, son visage atypique qui éveillera votre curiosité, ses longs cheveux "blond vénitien", parait-il, qui fouetteront vos fantasmes le long d'ornières creusées par les femmes mythiques éternelles chevauchant leurs ondulations sauvages.

Elle a su garder au fond de ses yeux cette flamme de phare porteur d'espoir pour des nageurs épuisés en dérive, jouets de courants contraires ou victimes espérées par les récifs. Des hommes la croisent au plus près et prennent la position instinctive du chien d'arrêt, le regard interloqué, un peu de bave aux commissures, aux ordres de leur cochon intérieur. Je le connais bien, ce moment hors du temps et des normes en vogue, pour l'avoir vécu et revécu. Des hommes lui décrivent les sentiments vrais qu'ils éprouvent et l'histoire se répète, repiquant à l'envi ce sentiment de déjà-vu. D'autres restent muets, ne parvenant qu'à rouler dans leur âme infiniment un trouble hors du champ lexical.

N'avoir que l'embarras du choix : cocagne, mais son choix est essentiellement d'ordre temporel.

Ou bien c'est "Tout de suite !", tu me plais à condition qu'entre nous cela devienne "Plus jamais !"... Je te choisis étranger, nomade dans l'âme, avec ton billet de bateau ou d'avion dans la poche, sans bagages et sans mémoire, sans remords ni culpabilité...

Ou bien c'est "Pour toujours !", et dans ce cas là, j'ai besoin d'un temps de réflexion pour m'engager dans la durée. Je recherche, pour que ma petite entreprise ne sombre pas dans la crise, un amant, mais aussi le futur père de mes enfants, leur éducateur, mon co-retraité et, soyons triviaux, un côté animal, mais quand même cultivé, un jardinier, un affineur de fromages, un lécheur de timbres soigneux et un défricheur de garrigue.

Sans grand espoir, je présentai mon curriculum vitae. Je vins à tout hasard avec mon kama-soutra illustré par Dubout sous le bras. Après moultes tergiversations et une longue période d'essai, j'obtins enfin mon CDI.

Et depuis, je ne compte plus les regards torves et incrédules, tant masculins que féminins, que je suis obligé de supporter, et que je vous traduis à la louche ainsi :

- Mais qu'est-ce qu'elle lui trouve ?!?!

dimanche 1 juillet 2012

Tant-BourrinTares trek (épisode 5)

An 2562. La Terre a, depuis près de trois siècles, intégré la Fédération intergalactique, regroupant des civilisations issues de milliers de galaxies différentes. Paix, connaissances et progrès règnent désormais en maîtres sur une immense partie de l’univers. Et chaque jour, des pionniers, à bord de leurs vaisseaux supraluminiques, explorent des espaces inconnus en quête de nouvelles planètes à pacifier.

Suite des épisodes 1, 2, 3 et 4



Crrrrrr... Tchffff... Blam !
Crrrrrr... Tchffff... Blam !
Crrrrrr... Tchffff... Blam !

Le pas moins léger que naguère du lieutenant Taanb-Ouhrin résonnait dans les coursives du Blogborygmus.

Crrrrrr... Tchffff... Blam !
Crrrrrr... Tchffff... Blam !
Crrrrrr... Tchffff... Blam ! CHTONGGG !

Le lieutenant retint un juron et massa son nez endolori suite à une énième collision frontale avec une paroi. Il avait loupé la porte de la salle de pilotage d'un mètre à peine, mais ce mètre-là coûtait bien cher à son appendice nasal martyrisé. Décidément, depuis sa dernière (més)aventure, il avait bien du mal à se faire à ses prothèses à vapeur.

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