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vendredi 19 août 2011

Tant-BourrinComing out

Il est grand temps pour moi de soulager mon âme, je n'ai que trop tardé.

Les plus anciens lecteurs de ce blog se souviennent peut-être d'une vilenie que j'ai commise voici plus de cinq ans en révélant urbi et orbi, au prix d'une expédition nocturne dans sa ferme, les goûts musicaux douteux de Saoul-Fifre.

Depuis, tout cela me travaille et je n'en dors plus la nuit : avais-je le droit de faire cela ? Chacun n'a-t-il pas le droit d'écouter des grosses merdes disques chansons faciles d'accès et d'une qualité artistique passablement discutable ?

Et puis, surtout, avais-je le droit de révéler cela alors que moi-même j'ai dans ma cédéthèque personnelle quelques disques que ne me vante pas de posséder dans les salons distingués où l'on cause ?

Car, en effet, je vous dois la vérité, je fais mon coming out pour expier ma faute envers ce pauvre Saoul-Fifre : voici quelques disques que je conserve soigneusement cachés chez moi (planqués dans des pochettes de Rachmaninov, Duruflé et autres Fauré) et que j'écoute souvent en cachette...

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mardi 9 août 2011

AndiamoSarah Fouchtra

La petite Sarah était née il y a... PFIUUUU… C’était exactement l’année - si ma mémoire est Bonn (comme on dit outre-Rhin) et elle l’est ! - l’année où la récolte des châtaignes était si abondante qu’on en donnait même aux pauvres ! Car habituellement on ne prête qu’aux riches ! De mémoire d’ovaires peints, on n’avait jamais vu ça !

La famille Fouchtra habitait à la fin du village… Ou au début, tout dépend d’où vous venez. J’ai toujours pensé que c’était con de déterminer l’entrée ou la fin d’un village. A moins d’habiter un bled qui se termine en trou du cul de lazor (cul de sac pour les puristes, y’en a je le sais), je ne vois pas bien comment on pourrait décider, arbitrairement et réciproquement, du début ou de la fin.

En tout cas, c’était une pauvre masure, faite de bouses de vaches et de paille tressée en guise de toit. Le père Fouchtra labourait et la mère Fouchtra mastiquait : elle était employée chez un vitrier (j’en vois qui rigolent, toujours l’esprit à la gaudriole, nos commentateurs et commentatrices). Ce bonhomme était un besogneux, lutineur de grande classe, ne lésinant jamais sur le devoir conjugal :

- Ch’est gratis, autant qu’j’en profite... Cha alors ! répétait-il à la cantonade !

La mère Fouchtra, une luronne, ne crachait pas non plus sur le guignol, et à force de taquiner l’animal, elle se retrouva engrossée de belle manière.

La gestation dura vingt-deux mois, y’avait toujours kékechose à faire ! Et point moyen de trouver le temps de se poser pour mettre bas, expliquait-elle dans son langage un peu rustre à ses voisines, curieuses, intriguées, de la voir trimballer pareille « devanture » aussi longtemps !

- Point besoin de le nourrir tant qu’il est là, disait-elle en tapotant son bide démesurément arrondi, dévoilant dans un large sourire le désert de sa bouche, dans laquelle s’emmerdaient encore quelques chicots bien noirs.

Enfin, la délivrance arriva le neuf octobre. Ce beau matin, la mère Fouchtra n’avait rien de spécial à faire. Il faisait un temps de chien, la tempête soufflait en rafales violentes sur la chaîne des Puys, père Fouchtra, désœuvré, commençait à loucher de façon lubrique sur sa femme…

- Ch’vas encore y passer ! songeait-elle en voyant son vieux tomber les bretelles.

C’est alors que la première douleur la tordit littéralement ! Elle s’allongea sur le sol et accoucha comme une bête, à même la terre battue !

Se penchant au-dessus de sa femme, père Fouchtra s’exclama :

- Vingt dieux, chè une fumelle ! J’aurions préférence pour un garçu, ma ché une fumelle… Tant pire ! Ch’fra avec…

- Au lieu d’raconter des conneries, prends ton « Laguiole » et coupe moé ch’cordon !

- Ché vré cha ! Coupe z’y chon cordon, che me les chèle moé !

La voix provenait de la fillette nouvellement née ! Médusés les deux péquenots reluquaient leur progéniture.

- Cha alors, elle cause, articula père Fouchtra.

- Dis point d’conneries mon homme, articula la nouvelle maman.

- Ch’t’assure la mère que ch’en dis point !

C’était tout de même invraisemblable, une nouvelle née qui parlait !

Comme elle était née un dix octobre, on la baptisa Sarah du nom de la sainte du jour.

Tout le village venait voir et surtout entendre le phénomène. Des journalistes de « La Montagne », très sérieux journal du centre de la France, étaient même venus, crayons et calepins en main, afin de noter les mots et phrases proférés par la petite Sarah Fouchtra.

- Ché vous ches cons d’journaleux ? Interrogeait la petite depuis son berceau, fabriqué à partir d’un vieux tonneau coupé dans le sens de la longueur par son bricoleur de paternel.

- Ça alors, ne cessaient de répéter les visiteurs, ça alors !

- Eh oui ! Elle répète tout ch’qu’elle a entendu dans le ventre de cha mère… expliquait le père pas peu fier.

A la une du canard, Gravillon Jolieflaque (un ancêtre de Pierre Bellemare) avait écrit un article, dans lequel il relatait les exploits verbaux de la petite paysanne. Le journal avait triplé son tirage durant plusieurs jours !

Tout se déroula pour le mieux jusqu’au jour où... Félicien, le colporteur qui passait par ces montagnes une fois l’an, tirant sa carriole à bras, remplie d'un fouillis invraisemblable : lacets, rubans, boutons, œillets, ciseaux de couturières, aiguilles, quelques jolies pièces de dentelles qui serviraient à parer les robes que les femmes confectionnaient pour les cérémonies. Enfin toutes sortes d’objets bien utiles que l’on ne fabriquait pas soi-même.

Donc ce Félicien ayant appris, comme tout un chacun, l’évènement incroyable que représentait la petite Sarah Fouchtra, se rendit d’un bon pas jusqu’au pauvre logis des heureux parents.

La nuit tombait, étendant son ombre inquiétante sur la verdoyante vallée (c’est beau, n’est-il pas ?)

Toc, toc, toc… Il tire la chevillette et la bobinette choit !... Ou le contraire, démerdez-vous !

Le père Fouchtra ouvre…

- Chalut Félichien, quel bon vent t’amène ?

A ce moment précis une petite voix monte du demi tonneau

- Félichien, tu « m’arranges » bien mieux que mon connard de père Fouchtra !

- Tais-toi donc, chale mioche ! Hurle la mère Fouchtra, se précipitant vers le berceau, et appliquant derechef sa main sur la bouche un peu trop bavarde.

- Chalop, tu m’as donc fais les cornes, fumelard ! S’écrie père Fouchtra.

Saisissant son esclop, il en assène un vilain coup sur la tronche du colporteur, dont la cervelle en profite pour prendre son indépendance !

Les gendarmes sont montés, puis ont emmené père Fouchtra, menottes aux poignets, jusqu’à Riom. Le jugement intervînt quelques mois plus tard. A l’époque « la bascule à Charlot » n’avait guère le temps de rouiller. Père Fouchtra fût condamné à être raccourci, et la sentence exécutée quelques semaines plus tard !

Quant à Gravillon Jolieflaque (toujours ancêtre de Pierre Bellemare), il écrivit un superbe article, relatant l’incroyable évènement. Depuis la naissance de la petite Sarah, jusqu’à l' éxécution de son pauvre papa.

Il conclut son article par cette phrase : « AINSI PARLAIT SARAH FOUCHTRA »




mercredi 3 août 2011

Tant-BourrinL'Ombre noire

John Good ressentit une décharge d'adrénaline dans tout le corps en entendant un craquement suspect derrière lui. Un dixième de seconde plus tard, l'auteur du craquement, un homme de main de Blake Shadow, recevait à son tour une décharge dans le corps, mais celle-ci était de plomb.

Les réflexes de John Good, agent surentraîné de la Bureau fédéral anti-stupéfiants, venait encore de lui sauver la vie. Depuis que son infiltration dans les rangs de l'Ombre noire, l'organisation mafieuse qui contrôlait tout le trafic de drogue sur Los Angeles, avait été découverte, il n'avait plus d'autre choix que d'aller de l'avant : descendre tous les malfrats à ses trousses et débusquer le bureau de Blake Shadow, le parrain de l'Ombre noire, pour le butter.

Mais il y avait encore loin de la coupe aux lèvres : il allait de hangars glauques en dépôts lugubres, arpentait d'obscurs couloirs sans fin et explorait tous les recoins, le doigt crispé sur la détente de son arme. Et le canon de celle-ci n'avait pas le temps de refroidir, contrairement aux cadavres de malfrats que John Good laissait derrière lui. Ils surgissaient de partout, prêts à lui faire la peau, mais la balle qui lui percerait le cœur n'avait pas encore été fondue : John Good était le meilleur, l'Ombre noire allait le découvrir bien vite !

Le nombre de ses adversaires et la qualité de leur armement croissaient sans cesse, signe qu'il approchait sans doute du repaire de Blake Shadow. John Good changea donc à nouveau d'arme et opta pour un fusil à balles doum-doum qu'il avait ramassé un peu plus tôt et qui ferait assurément plus de dégâts.

Un infime mouvement aperçu derrière une armoire : John Good fit un roulé-boulé et tira le premier : le crâne du truand explosa, au moment où une porte s'ouvrait derrière lui. Second tir à l'instinct : nouveau geyser de cervelle ensanglantée. Coup double !

A peine pénétra-t-il dans la pièce suivante que cinq malfrats surarmés jaillirent de la pénombre, l'arme au poing. John Good bondit derrière l'abri d'un baril et déclencha une pluie de plomb et de sang. Dix secondes plus tard, l'Enfer comptait cinq nouveaux locataires.

John Good traversa la pièce sans un regard pour les cadavres et, avant d'ouvrir la porte suivante, prit une profonde inspiration pour mobiliser toute son énergie. Il était proche du but, il le sentait bien.

L'agent fédéral ne se trompait pas : à peine eut-il entrouvert la porte que les coups de feu claquèrent en tous sens. Une douzaine de malabars patibulaires faisaient, de leur nombre et de leur tirs nourris, rempart à un type planqué derrière son bureau mal éclairé.

John Good réussit par miracle à plonger entre les balles et à s'abriter derrière une caisse. Le combat s'éternisa de longues minutes, durant lesquelles John Good redécora les murs en les tapissant de fragments de boîtes crâniennes et de sang. Il eut enfin raison des deux derniers opposants en leur lançant une grenade qu'il avait gardé en réserve, pour les grandes occasions.

Quand la fumée se dissipa, la place était libre. Il ne restait plus qu'à envoyer ad patres le gus derrière son bureau : Blake Shadow.

Le Boss de l'Ombre noire, livide, était à sa merci. John Good sortit son fusil lance-missile. Comme il avait pour mission l'élimination physique de Blake Shadow, pas question de faire le moindre quartier...

Il pointa le canon vers Shadow, mis le doigt sur la détente de son arme et... ce fut soudain le néant !

En une infime fraction de seconde, John Good vit les ténèbres lui tomber dessus et l'engloutir. Puis plus rien sinon l'ombre, noire, partout.




- ARRRRRRRRRRRGH !!! Mais c'est quoi ce putain de merdier ? Qui c'est qu'a coupé le jus ???
- T'affole pas, c'est moi ! Y'avait l'ampoule de l'entrée à changer, alors j'ai coupé au disjoncteur...
- Papaaaaaaaa !!! J'étais sur l'ordiiiiii, bordel !
- Ouais, et alors ? J'en ai pour une seconde ! Voilà, je remets le courant, y'avait pas de quoi criser !
- Mais siiiiiiiiii !!! J'avais plus que le boss du dernier niveau à tuer !!! Je vais devoir recommencer ma partie de "Blood and shit" depuis le début !!!

lundi 25 juillet 2011

AndiamoMorsure

Vous allez partir en vacances ? Ou bien vous y êtes encore ? Sans doute croiserez vous :

Sur un chemin, montant, sablonneux, malaisé,

Et de tous côtés au soleil exposé.

Une jolie vipère ! Ne la tuez point, ces petites bestioles peuvent toujours être utiles, je vais vous le montrer tout à l'heure...

.

MMMH… MMMMH... Un souffle de plus en plus court, la poitrine qui se soulève de plus en plus rapidement, la sueur qui inonde le front de la femme, et l’horrible étau qui serre sa poitrine, la douleur gagne le bras gauche, puis s’achève à l’auriculaire, la mâchoire se crispe…

Philippe se réveille, allume la lampe familière posée sur sa table de chevet, ouvre en hâte le tiroir de cette dernière, saisit le petit pulvérisateur de trinitrine, se penche sur son épouse et la force à ouvrir la bouche, puis il lui soulève la langue sans ménagement, et pulvérise plusieurs fois le produit.

Cathy ressent une brûlure sous sa langue, en même temps que l’horrible sensation d’écrasement de sa cage thoracique s’estompe par vagues successives, jusqu’à disparaître, laissant place à une délicieuse sensation d’apaisement.

Elle ouvre les yeux, un petit sourire en direction de son mari.

- Tu m’as encore sauvée, lui dit-elle.

- Je tiens tellement à toi, ma chérie ! Ce matin, j’appellerai le Docteur Lagorde, il faut qu’il t’examine, après l’attaque que tu viens de subir…

- Non, ça n’est pas la peine, ça va beaucoup mieux.

- J’y tiens, mon amour, et puis ça me rassurera.

- Tu es gentil, mon chéri, après tout ce que je t’ai fait subir… Toutes ces infidélités, ces « découchages », tu es là : prévenant, attentionné, gentil et délicat. Je crois que je paie pour tout ce que je t’ai fait endurer.

- TA TA TA, ne dis pas de bêtises, allez rendors-toi : il n’est que six heures et demie. Je vais me lever. Quand tu te réveilleras, je t’apporterai ton café au lit.

Un dernier sourire un peu timide, un peu las, Cathy s’est rendormie.

Philippe s’est levé, il s’est préparé un café bien fort, a avalé deux biscottes à peine beurrées, il ménage son cholestérol, l’exemple de son épouse lui impose une discipline alimentaire assez rigoureuse, et puis à cinquante ans il se sent très alerte, alors pourquoi tenter le diable !

A neuf heures, il est allé voir son épouse. Elle était réveillée, il lui a monté le plateau avec un petit déjeuner : café allégé, biscottes natures, et… un demi-sucre seulement.

- J’ai appelé le cabinet du Docteur Lagorde, il passera dans la matinée. Tu as tout ton temps pour faire ta toilette, ne t’habille pas, et recouche-toi après. Il faut que tu te reposes…

- Merci Philippe, t’es trop gentil.

Il était dix heures trente environ quand le Docteur Lagorde est passé. Un homme d’une cinquantaine d’années, grand costaud, les tempes argentées, l’allure sportive. Un Toulousain venu s’installer en Auvergne, près d’Issoire. La montagne lui plaît, et cette région plus particulièrement.

- Vous avez eu la chance que votre mari soit là, chère Madame : il vous a encore sauvé la vie.

- Oh oui ! Je sais ce que je lui dois.

- Bon, passez demain à mon cabinet, je voudrais vous faire un petit ECG, juste comme ça pour nous rassurer. Rien de grave, l’alerte que vous avez subie n’a apparemment pas laissé de séquelles, mais je préfère tout de même m’en assurer.

Philippe a raccompagné le médecin sur le pas de la porte. Ce dernier à l’air préoccupé.

- Je pense qu’il va falloir sérieusement songer à l’intervention. Mais soyez sans craintes, je connais à Clermont un excellent chirurgien de mes amis, nous avons fait notre internat ensemble à Toulouse, il a opté pour la chirurgie, et moi pour la médecine « de campagne », j’aime tellement cette région !

- Merci Docteur et à demain, répond Philippe.

Philippe s’est installé dans la cuisine, il s’est resservi une tasse de café. Il songe à ces années passées. C’est vrai qu’elle l’a trompé, elle s’est carrément foutue de sa gueule, oui ! Il lui revient cette boutade : si certains tirent sur tout ce qui bouge, Cathy, elle, bougeait sous tout ce qui tirait. Un sourire amer lui tord la bouche. Sans compter que durant sa période de chômage, combien de fois lui avait-elle fait remarquer que c’était elle qui faisait bouillir la marmite et que, de plus, la maison qu’ils occupaient lui venait de SA famille.

Sa femme entre dans la cuisine, elle porte encore son peignoir, les cheveux en bataille. Elle est chouette la dragueuse, songe-t-il, quarante-cinq ans… Elle en paraît dix de plus : la maladie l’a salement amochée ! Il y a tout juste trois ans, elle faisait bander tout le canton et ne s’en privait pas ! Tandis qu’aujourd’hui…

- Cette matinée de septembre est magnifique ! La semaine dernière et durant trois jours, il a plu : ça ne m’étonnerait pas que je trouve des ceps, déclare Philippe à son épouse. J’ai bien fait de prendre mes R.T.T. aujourd’hui, tiens !

- Vas-y mon chéri, je me reposerai en t’attendant.

Que peut-elle faire d’autre MAINTENANT ? songe Philippe avec une certaine amertume. Elle a bien changée depuis que je la soigne, elle en a rabattu comme l’on dit, elle est moins arrogante.

A trois heures, Philippe est parti, emportant un large panier et un sac de jute. Le bois est à trois ou quatre cents mètres derrière chez lui. Il y a deux jours, il a vu, profitant des derniers rayons du soleil, une superbe vipère aspic, que l’on nomme ici plus communément « vipère rouge » en raison de sa belle couleur marron orangé.

Philippe sait qu’à cette époque elle ne changera plus de territoire, octobre approche, et les vipères ne vont pas tarder à hiberner. Sans doute celle-ci a-t-elle déjà repéré le trou dans lequel elle se blottira afin de passer l’hiver. Précautionneusement, Philippe s’est approché de l’endroit où il a aperçu le serpent voici deux jours, il marche sur la pointe des pieds, il sait que la moindre vibration mettra la vipère en alerte, et qu’elle s’en ira, silencieuse, furtive, invisible…

Elle est là, paresseusement lovée sur une longue pierre plate qui a accumulé la chaleur du soleil. Elle ne bouge pas, profitant des derniers bienfaits de l’été, avant le long assoupissement de l’hiver. Philippe a confectionné voici dix minutes une petite fourche, tirée dans l’embranchement d’un coudrier, il l’a soigneusement effeuillée, puis retiré l’écorce avec son « Laguiole » qui ne le quitte jamais.

Il s’approche encore. Une feuille déjà sèche fait entendre un crissement. La vipère se détend et cherche à fuir en rapides reptations. Plus rapide, Philippe immobilise la tête du serpent, l’emprisonnant dans la fourche qui s’est fichée dans le sol meuble de la clairière, pas trop toutefois pour ne pas la blesser. Maintenant, elle se contorsionne, siffle, s’agite, se détend brutalement, tel un ressort trop bandé qui tout à coup se libère…

Philippe a attendu cinq bonnes minutes. Epuisé, le serpent s’est un peu calmé, ses soubresauts sont moins vifs, plus espacés. Alors, précautionneusement, l’homme a saisi la vipère par la queue, a ouvert le sac et a introduit le serpent la tête en premier, a lâché le tout, puis refermé vivement le sac.

Rentré chez lui, il est passé directement par le sous-sol, « son » endroit privilégié. C’est là qu’il aime s’isoler, prétextant une bricole à faire. Cathy n’y descend jamais, surtout depuis ses pépins cardiaques : l’escalier un peu trop raide lui demande un effort qu’elle ne peut plus assumer.

Dans un coin, un aquarium, vidé de son eau, autrefois Philippe s’était un peu intéressé à l’aquariophilie. Les : « tes poiscailles ça nous coûte bonbon, surtout depuis que tu ne bosses plus ! » Alors il avait arrêté, offert les jolis poissons multicolores à un voisin.

Très lentement, il dénoue la ficelle enserrant le sac, puis le retourne vivement au-dessus de l’aquarium. La vipère y choit lourdement. Alors Philippe recouvre ce qui est devenu un vivarium d’une planche de contreplaqué, sur laquelle il pose une cocotte minute mise au rencard. Le reptile se contorsionne, sa langue capte toutes les odeurs. Affolé, il cherche une issue qu’il ne trouvera pas.

Quand il regagne le rez-de-chaussée, il trouve sa femme allongée sur le canapé, la télé est allumée, mais son regard est vide, le nez est pincé, visiblement elle souffre.

- Ça ne va pas ?

- C’est rien, ça va passer, je pense que le pontage est inéluctable.

- On verra demain avec le Docteur Lagorde, tu as rendez-vous : alors attendons !

Après le dîner, la soirée s’écoule, monotone : un téléfilm insipide, une rediffusion, Philippe en connaît déjà le dénouement. Cathy baille depuis un moment.

- Tu devrais aller te coucher, la télé te fatigue… Sois raisonnable.

Une moue de petite fille contrariée...

- Tu as raison, j’y vais.

Un baiser furtif sur le front de son époux, la femme a rejoint la chambre, refermé la porte.

Resté seul, il zappe constamment, passant d’une chaîne à l’autre… Aucun sujet ne l’accroche. Puis, au bout d’une heure, il se rend à son tour dans la chambre, s’approche du lit, la respiration régulière de son épouse, le très léger ronflement le rassure… Elle dort profondément, il en est certain.

Il a soulevé la planche de contreplaqué avec d’infinies précautions, puis il a très adroitement emprisonné la tête du reptile à l’aide de la petite fourche. De sa main gantée, il saisit la vipère derrière la tête, puis la sort du vivarium. Celle-ci se débat vigoureusement, sa gueule s’ouvre et se ferme, cherchant un endroit où planter ses crochets… Elle ne rencontre que le vide.

- Patience, ma belle, patience, murmure l’homme.

A pas de loup, il a monté l’escalier, puis s’est introduit dans la chambre. La couverture se soulève régulièrement au rythme de la respiration de son épouse. Philippe a soulevé la couverture et le drap, découvrant le pied de la belle endormie, il a approché la gueule de la vipère, de manière à ce que les crochets mordent dans la plante du pied.

Furieuse, la vipère a mordue, plantant ses crochets aussi profond qu’il lui est possible. A peine terminé, Philippe a bondit hors de la pièce… Un cri horrible, Cathy s’est réveillée, une horrible brûlure sous son pied la fait se tordre de douleur !

Philippe a dévalé les escaliers du sous-sol, a saisi la queue du serpent de sa main gauche. D’un large mouvement, il la frappe contre le mur de parpaings. Bientôt la petite tête n’est plus qu’une bouillie, la bête a cessée de remuer, alors Philippe l’enveloppe dans un journal, puis jette le tout dans la poubelle.

Il refait le chemin en sens inverse, se précipite dans la chambre. Cathy, se contorsionne, ses deux mains sont agrippées à son pied gauche, le regard affolé se pose sur son époux.

- J’ai… j’ai mal, hoquète-t-elle… Qu’est-ce-qui m’arrive ? Le pied me brû… brûle atrocement… Regarde, je t’en prie !

Philippe a délicatement ôté les mains de sa femme, puis il feint de chercher…

-Je ne vois rien, ment-il alors qu’il aperçoit distinctement deux petites marques rougeâtres sous la plante du pied.

Le souffle de Cathy devient de plus en plus court tandis que son front se couvre de sueur. Elle s’arc-boute, sa poitrine se soulève de plus en plus rapidement, un dernier soubresaut… Elle retombe inerte, le regard fixe… Sans vie.

Calmement, Philippe a décroché le téléphone puis a sélectionné le numéro du Docteur Lagorde dans son répertoire.

- Venez vite, Docteur, mon épouse vient d’avoir une crise, et je crains…

- Faites le 15, appelez le SAMU… Vite !

L’homme a composé le 15, feignant l’affolement. Puis, calmement, il a ouvert l’un des tiroirs de la commode. Comme toutes les épouses : sur quatre tiroirs que comporte la commode, trois lui sont réservés ! Il a sorti une paire de socquettes, celles qu’elle portait lorsqu’elle faisait du jogging, les lui a enfilées… Ainsi songe-t-il, ils ne verront pas les pieds : on ne sait jamais !

La mort ayant été quasiment instantanée, le pied n’a pas eu le temps de gonfler ni de prendre cette couleur violacée si caractéristique.

Le SAMU est arrivé toutes sirènes hurlantes, le médecin n’a pu que constater le décès. Le carillon de l’entrée a résonné Philippe est allé ouvrir.

- Docteur Lagorde, vous arrivez trop tard… Tout est fini, a hoqueté Philippe, simulant une vive émotion

- Après son attaque, ça n’est pas si surprenant, j’aurais dû la faire hospitaliser tout de suite.

- Ne vous reprochez rien, Docteur.

Le docteur Lagorde s’est approché du lit, le personnel du SAMU est encore là. Une brève discussion, le médecin traitant explique le cas au médecin du SAMU, celui-ci opine, serre la main du Docteur Lagorde, puis suivi de son équipe, se retire

- Je signerai le certificat de décès, lance le Docteur Lagorde.

Resté seul avec Philippe, il regarde la morte, une chose l’intrigue.

- Elle mettait des chaussettes pour dormir, votre épouse ?

- Oui, vous savez comment sont les femmes… Toujours froid aux pieds !

Le médecin s’est penché, puis a fait rouler les socquettes, les a fait glisser, mettant les pieds à nus. Alors, doucement, il a fait pivoter le pied gauche.

- Il faudra expliquer les deux piqûres rougeâtres sur la plante du pied, Monsieur Vassard. Parce que si il y a bien deux endroits où votre épouse n’avait jamais froid : c’était aux pieds et au cul. Et ça, je le sais par expérience !

Ch'tiot crobard Andiamo

dimanche 17 juillet 2011

AndiamoLa dilettante

AH ! Dis donc, ça roupille sévère sur les blogs.....Quasiment le désert !

Normal ce sont les vacances. Alors j'ai fouillé dans mes archives, et j'ai retrouvé quelques ch'tiots crobards, que j'avais fait à l'intention de mes vieux complices (le premier qui ose dire : mes couilles aussi, paye la tournée).

On va se prendre le chou ! On verra ça à la rentrée, en attendant je vais essayer de vous faire sourire....

On s'inquiète pour l'ours pyrénéen ?... Pas de soucis je l'ai rencontré, il se porte plutôt bien !

La preuve en images !

Non Tonton Andiamo ne va tout de même pas s'attaquer à "bonne nuit les petits" ? Combien d'entre vous se sont endormis, avec dans les oreilles la douce musique jouée à la flûte par "le patron" ? POM POM POM POM...POM POM !

Bande d'hypocrites... J'en ai vu qui riaient !

AH ! Si les personnages que je dessine pouvaient parler !

Fais pas la gueule Léon c'est pour rire !

A toutes et à tous je souhaite de bonnes et même de TRES bonnes vacances..... (à suivre)

lundi 11 juillet 2011

Mam'zelle KesskadieVous avez vu ?

Vous avez vu?

Mais si ! Kate et William sont venus nous faire un petit coucou ! Au Canada, comme vous le savez sans doutes, nous sommes dans le Commonwealth, ce qui veut dire que la reine Elizabeth est notre reine. Oki, on aimerait mieux Isabelle Adjani qui perd la tête comme dans la Reine Margot, mais coup donc, il y a longtemps que les français, de un, nous ont abandonné, et de deux, ont abandonné la monarchie.

Donc, on se doit de protester un peu, question d'être solidaires avec les cousins français (au fait, c'est pas vous qui avez choppé la dernière princesse dans un tunnel, vilains démocrates ?) et question d'être people avec le reste, on a fait des courbettes. Voir Paris-Match pour les détails.

Alors, étant donné que je n’ai plus rien à dire, je vais vous inventer une histoire.

La blonde assistante du Dr Li@!#$ks? haussa son sourcil parfaitement maquillé, ouvrit ses pulpeuses lèvres au rouge pêche N°3245 Lancôme, ouvrit sa main aux ongles bordés de brillants et laissa tomber son portable rose fuschia sur la moquette beige.

Coupé!

Sylviane en a profité pour roter, il faudrait vraiment laisser tomber le coke se dit-elle en se grattant la fesse gauche.

"On reprend" cria quelqu'un.

La blonde assistante du Dr Li@!#$ks? haussa son sourcil..... laissa tomber le portable mais dans un faux mouvement, accrocha un ongle bordé de brillant, se trémoussa le popotin de douleur, sautilla sur son talon aiguille en qualifiant l'événement de Tabarnak de bordel de merde ! (mère québécoise et père inconnu).

Coupé!

"M'enfin, Sylviane! Tu... " le pauvre bougre n'eût pas le temps de finir sa phrase, il parlait au charmant popotin si coquinement rebondi et sourd aux revendications autant lubriques que critiques.

« Les blondes, je te les enculerais toutes une derrière l’autre » dit-il avec les mâchoires serrées d’un gars qui n’avalerait plus aucun autre contre-temps.

« Ouais, moi, ça serait plutôt les unes après les autres » fit l’assistant facétieux.

Le metteur en scène ferma les yeux pour garder en lui-même la réflexion qu’il enculerait aussi tous les assistants les uns derrière les autres, mais pas avec le même plaisir, ayant horreur du poil.

Cinq minutes plus tard, ce fût la jolie poitrine de Sylviane qui rebondit sur le plateau. « Alors, les choux, on s’y remet ? »

Sylviane trouvait très drôle d’appeler les hommes mûrs ses choux, en pensant à la règle de grammaire qui comprenait le genou, faisant référence à leur pauvre calvitie et à quelques coups qu’elle avait bien dirigés contre certains parties anatomiques trop intéressées aux siennes.

La blonde assistante du Dr Li@!#$ks? haussa son sourcil parfaitement maquillé, ouvrit ses pulpeuses lèvres, patati et patata jusqu’à l’échappée finale du portable.

Coupé! Celle-là, c’est la bonne conclut le chou en chef.

« On fait une pause? » demanda la blonde en papillonnant de son sourcil allongé.

Non, grogna-t-il de son œil rouge vitreux. On est encore en retard de trois scènes.

« Oh, mais tu ne vas pas m’en faire une pour ça! » minauda-t-elle. Mais elle n’insista pas, une vraie chatte sait quand il faut miaouler, ronronner ou montrer patte blanche, fût-elle bordée de brillants aux griffes.

Le scénariste avait encore changé d’idée pour la scène finale. De quoi faire regretter chou-mûr-en-chef de ne pas faire de porno, l’action y est plus simple et la finale ne change presque jamais, une fois atteinte, évidement.

Allez, on remets ça!

« Là, Sylviane, tu vas te pencher pour rattraper le portable parce que tu veux entendre le message une autre fois, tu ne peux pas en croire tes oreilles. »

Il se retint pour ne pas décrire la scène en lui disant qu’elle n’avait pas compris le message parce qu’elle ne pige jamais rien du premier coup. Homme fatigué ménage ses coups.

Sylviane remua son derrière bien moulé dans son pantalon blanc, plongea du haut de son talon aiguille permettant ainsi aux regards de plonger dans son décolleté, garda la bouche ouverte (elle se souvenait qu’elle l’avait dans cette position à la scène précédente, même si elle n’avait pas prononcé une seule parole), et tenta de cueillir le portable rose-fuschia dans la moquette.

Coupé!!!!

Sylviane, s’il-te-plait, ne regarde pas la caméra en te penchant, mais regarde par terre, c’est là que se trouve le portable. Si tu regardes l’objectif, tu comprends, le spectateur ne comprendra pas pourquoi tu le regardes.

Oups! rigole-t-elle.

Déformation professionnelle pensa l’assistant facétieux.

Action!

Sylviane reremua son derrière, se repencha du haut de ses talons aiguilles, et tenta de cueillir le dit portable, mais comme Brigitte Bardot dans la célèbre scène où la jupe se fendait sur demande, sentit son pantalon se fendre, mais cette fois –ci, sans qu’on le lui demande.

Les choux présents ouvrirent de bien grands yeux quand la déchirure découvrit la jolie petite culotte et .. le ruban adhésif qui retenait une partie anatomique qui leur semblait familière, mais déplacée sur une jolie femme, si la partie, évidement, lui appartient.

Morale : je vous laisse écrire cette partie, vous avez une si jolie façon de commenter!

lundi 4 juillet 2011

Saoul-FifreMessage de Doudou

Salut les amis,

Ici Jean-Marc, Doudou pour les intimes.
Vous ne le savez pas forcément, mais il m'arrive d'écrire, un peu.
Pour le bouquin que je commence, j'aimerais que vous m'aidiez un peu en répondant à cette question. Très sérieusement.
"Si demain il y avait une révolution, quelle serait pour vous la chose la plus importante à réaliser ?" (politiquement, socialement...) Je vous accorde deux réponses, un peu étayées si possible.
Bien entendu, si je vais au bout de cette écriture, vous serez les premiers informés...
Merci de faire passer le message à vos amis, j'ai besoin d'un maximum de réponses et d'informations !

A bientôt

Quand j'ai reçu cet appel au secours de Doudou, mon sang n'a fait qu'un tour : crise d'écriture ou non, mon ami avait besoin d'aide, je me devais de répondre présent.

Bon vu mon état de fatigue, je n'ai étudié qu'une réponse mais elle en vaut largement deux.

Pour faire une bonne révolution, il suffit d'envoyer au diable le pouvoir et tous les pouvoireux.

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