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lundi 30 mars 2009

AndiamoDouleur !

Ernest Chapoutier était un petit bonhomme sans histoire, célibataire, on aurait pu dire vieux garçon, un Monsieur "tout le monde", modeste employé de bureau. Il avait eu un mal de chien à passer à l’informatique quand, dans les années soixante-dix, la compagnie d’assurances qui l’employait, "Le Gagne Petit", s’était informatisée.

Il avait bien fallu s’y mettre sous peine d’un licenciement au motif de manque de compétences !

Pourtant, quelques années plus tard, cette même compagnie avait fait faillite, laminée, broyée, mise en pièces par sa concurrente et rivale : "La Musaraigne".

Chapoutier s’était retrouvé demandeur d’emploi, terme moins affligeant que celui de chômeur, mais c'était la même affaire !

Un soir, alors qu’il rentrait d’un entretien avec un employé de l’A.N.P.E., il croisa dans le couloir, son voisin, Séraphin Calanchard, veuf de son état et sans enfants.

- Bonsoir, cher voisin ! Je sais que vous êtes en recherche d’emploi ?

- Euh oui… avait balbutié Chapoutier.

- Ecoutez, si cela vous intéresse, un poste vient de se libérer à "La Musaraigne", la compagnie d’assurances dans laquelle j’assume une certaine responsabilité en tant que chef de bureau, avait-il prononcé avec un ton suffisant, et je peux vous recommander, si cela vous convient, bien évidemment.

- Merci, Monsieur Calanchard, ce sera avec grand plaisir, et je saurai me monter digne de votre confiance.

Pourquoi avait-il ajouté cela ? Rentré chez lui, il en eût honte. Faire partie de la compagnie qui avait été la cause de tous ses malheurs… Quelle humiliation !

On ne pouvait pas dire que Calanchard harcelait Chapoutier, non, c’était beaucoup plus insidieux et pervers, chaque jour et plusieurs fois dans la même journée, ce chefaillon relevait les fautes de frappes ou les erreurs bien minimes commises par son subordonné.

- Allons Chapoutier, ça n’est pas BIEN grave, mais tout de même il vous faudra faire plus attention la prochaine fois, n’est-ce-pas ?

- Oui, bien sûr, Monsieur Calanchard, s’entendait balbutier Ernest Chapoutier, encore un peu plus mortifié, à chacune des remarques de ce trou du cul imbu de sa petite personne.

Un jour, Calanchard proposa à Chapoutier de l’accompagner au stand de tir dont il était membre.

- Je suis inscrit dans un club dans lequel nous pratiquons le tir à l’arbalète, vous devriez m’accompagner un samedi matin, vous verrez, c’est très intéressant.

Afin de ne pas déplaire à son chef plus que par goût, Chapoutier s’inscrivit, prit une licence et s’acheta une arbalète. Bien sûr, pas du haut de gamme, ses modestes moyens ne le lui permettaient pas,

Tous les samedis, Séraphin et lui se retrouvaient au stand de tir. Calanchard l’emmenait dans son automobile, une golf VW. Tout au long du trajet, pas très long fort heureusement, Calanchard lui vantait les mérites et la supériorité des voitures allemandes. Chapoutier n’avait jamais passé le permis donc… pas de voiture.

Ça agaçait fortement Ernest, mais l’humiliation était à son comble lorsque, au stand, Calanchard, d’un carreau (nom donné aux traits de petites dimensions) aussi précis que bien ajusté, frappait la cible dans le "MILLE".

Douleur ! hurlait le maître d’armes, c’est l’expression consacrée, lorsqu’un trait, un carreau ou une flèche atteint le cœur de la cible.

Jamais encore Ernest Chapoutier n’avait entendu crier "douleur" lorsqu’il tirait, s’appliquant, ajustant, transpirant, retenant son souffle, immanquablement, le trait allait se ficher loin du centre.

Jamais il n’avait fait mouche, atteint le mille tant espéré !

Et l’autre salaud, condescendant, le gratifiait d’un "ça viendra mon vieux Chapoutier, ça viendra !"

Un soir, alors qu’il était à sa fenêtre, il vit pour la énième fois sa voisine d’en face de l’autre coté de la cour qui se déshabillait. Elle prenait son temps, sachant que l’autre voyeur, ce Chapoutier, la matait !

Une fois, elle l’avait humilié : la croisant dans la rue, il avait osé l’aborder. Ses longues séances d’observations lui donnaient toutes les audaces, pouvoir serrer ce corps, caresser cette opulente poitrine que pratiquement chaque soir elle offrait à sa vue…

- J’aimerais Mademoiselle vous offrir un café, nous sommes voisins et…

- Ah oui ! C’est vous qui me matez chaque soir, je vous reconnais, vieux pervers !

Sous l’insulte, Ernest était resté sans voix, puis avait rougi. La plantureuse l’avait regardé droit dans les yeux, puis avait tourné les talons, accompagnant cette volte d’un grand éclat de rire. Chapoutier en avait gardé une rancune tenace.

Légèrement en retrait, il l'observait, elle prenait des poses, langoureuse femelle, balançant les hanches au rythme de "Summertime" divinement chanté par Ella Fitzgérald. L’aguicheuse transpirait un peu sous les aisselles, Ernest avait horreur de ça, alors il lui vînt une idée.

Faire d’une pierre deux coups, ou plutôt d’un trait deux vengeances.

Les portes des appartements se verrouillaient à l’aide d’antiques serrures actionnées par des clés en ferraille, énormes. Se procurer tout un trousseau au marché aux puces de Saint-Ouen fut un jeu d’enfant.

Un soir, Ernest alla frapper à la porte de son voisin :

- Monsieur Calanchard, vous êtes là ? C’est votre voisin, Chapoutier !

La porte s’ouvre, Calanchard est là, sans cravate, des pantoufles du "Docteur Jéva" aux pieds, il lève les sourcils en signe d’interrogation.

- Monsieur Calanchard, c’est mon anniversaire, aussi j’ai pensé que nous pourrions arroser ça, j’ai justement une vieille bouteille de calva, qui m’a été offerte, il y a un certain temps, par un cousin qui habite près de Caen.

L’œil interrogateur de l’interpellé fait place à un œil brillant et enjoué. Chapoutier avait observé à l’occasion des rares "pots" donnés, un départ à la retraite ou les veilles de Noël, que le père Calanchard ne crachait pas sur le goulot !

- Mais ce sera avec plaisir !

Les voilà tous les deux dans l’appartement de Chapoutier, deux verres, une bouteille presque pleine d’un joli liquide ambré, signe d’un long séjour en fût de chêne avant la mise en bouteille.

A la tienne, à la mienne, les verres se vident et se remplissent… Enfin surtout celui de Calanchard, car Ernest boit très peu, c’est toujours le même verre qu’il tient et qu’il vide de temps en temps, discrètement, dans le vase vide posé sur la table. Au bout de deux heures, la bouteille est quasiment éclusée.

Alors Calanchard se lève en s’agrippant à la table, il titube et, d’un pas plus qu’hésitant, se dirige vers la porte.

- Eh bien, mon vieux Ernest, tu permets que j’t’appelle Ernest ?

Le voilà qui se met à l’appeler par son prénom et à le tutoyer !

- Bien sûr, Monsieur Calanchard.

- Il me semble que j’en tienne une bonne !

Il sort sur le palier, se dirige d’un pas mal assuré vers sa porte, avec beaucoup de peine, trouve le trou de la serrure, ouvre et entre chez lui, à nouveau le grincement de la clef, Calanchard a refermé sa porte.

Chapoutier ne s’est pas couché, il attend. Une heure s’est écoulée depuis le départ de son voisin, il se lève calmement, enfile une paire de gants en latex, qu’il a pris la précaution d’acheter dans une pharmacie éloignée de son quartier.

En face, la mère j’t’allume commence à onduler de la croupe, les fenêtres de son appartement sont grandes ouvertes, en cette fin de juin torride. La musique lui parvient…

Summertime and the living is easy.
Fish are jumping and the cotton is high…

Il se faufile dans le couloir, muni du trousseau de clés acheté aux puces : "je les collectionne" avait-il menti au vendeur. Après quelques essais infructueux, il déniche enfin la bonne clé et, lentement, déverrouille la serrure.

Le cœur battant, il pousse la porte de l’appartement de Calanchard, ce dernier ronfle comme une locomotive, il est affalé en travers du lit, ses "Jévas" pas même retirées. Il cuve, songe Ernest.

Il se rend à la fenêtre, l’ouvre : l’aguicheuse commence son effeuillage, il fait très chaud malgré l'heure tardive, les fenêtres de la plantureuse sont grandes ouvertes.

Oh your dad is rich and your mam’ good looking.
So hush little baby don’t you cry.

Sur le sommet de l’armoire, Ernest repère l’arbalète, il se hisse sur la pointe des pieds, saisit l’arme, une arbalète "TWO-POINT LX", un engin haut de gamme, deux mille euros au bas mot songe Ernest. Il n’a aucun mal à trouver les « carreaux », bien rangés dans un carton.

Alors, posément, calmement, Ernest arme l’arbalète de son voisin, se rend à la fenêtre, la voisine a dégrafé son corsage, elle ne porte rien dessous, ses énormes seins ballottent un peu.

Ernest peut voir les auréoles dues à la transpiration qui ont marqué le corsage sous les aisselles, il a une moue de dégoût. Il ajuste calmement la femme, retient son souffle...

One of these mornings.
Your going to rise up singing.

Il presse la détente, le trait part, et touche la strip-teaseuse en plein cœur... DOULEUR ! crie Chapoutier tandis qu’elle s’écroule sur le plancher !

Then you’ll spread your wings…

Le lendemain, quand les policiers débarquent chez Monsieur Séraphin Calanchard, irréprochable chef de bureau dans la vénérable compagnie d’assurances "La Musaraigne", ils trouvent un homme pas rasé, vaseux, une tasse de café à la main, sur la table, bien en évidence… une arbalète.

samedi 28 mars 2009

Saoul-FifreMirjam

La bruine nationale faisait reluire chaque pavé, chaque poignée de porte. Les feuilles des grands arbres le long des canaux faisaient un brin de toilette. Les nuages esquissés à la mine de plomb se mélangeaient à la lumière rasante pour nous brosser une dernière matinée à Amsterdam d'un classicisme flamboyant. Nous commencions à appréhender le clair-obscur des grands maîtres.

Nul besoin d'équipements anti-pluie, un bonnet suffit, mais nous sommes étrangers et nous supportons stoïquement les quelques gouttelettes piégées par nos cheveux. Un simple bonnet tricoté, comme en portait Mirjam ce matin là.

Nous menions nos pas rendus guillerets par ce temps si vraiment amstellodamois vers le marché aux puces de Waterlooplein mais l'ambiance était à la morosité chez les rares commerçants.

Excepté chez les vendeurs de parapluies et autres cirés, dont le sourire jovial faisait plaisir à voir, le malheur des uns, n'est-ce pas ... ?

Nous le traversâmes donc assez rapidement, sans rien voir de bien enthousiasmant, et c'est arrivé à son extrémité que je l'aperçus, la statue. Par delà l'avenue, à coté d'une zone de travaux, au milieu d'une place déserte.

Regarde, Margotte : la statue du docker ! Nous l'avons oubliée et nous tombons dessus par hasard !

Deux jours avant, nous avions prévu d'aller à la grande cérémonie consensuelle qui réunit autour de ce bonhomme de bronze tous les amis de la liberté de penser et de vivre en paix quelle que soit sa religion, sa couleur ou sa sexualité. Et puis, peur de la foule ou mauvaise organisation, nous avions raté ce RV et fait autre chose.

Notre train est dans deux heures mais nous sommes là devant ce sacré docker, tout émus.

Ha tiens, la place n'est pas complètement déserte, il y a là une dame sans âge, mise très simplement, qui se balance d'un pied sur l'autre, qui s'avance pour lire les rubans sur les couronnes de fleurs déposées là en hommage, qui grommelle, qui parle dans sa moustache. Nous, vous nous connaissez, on se fait tout petits, on respecte, on essaye de faire oublier qu'on est des touristes, malgré nos appareils photos.

Elle en a visiblement gros sur la patate, il faut qu'elle s'exprime. Comme tout le monde à Amsterdam, elle nous aborde en anglais : Did you know what happened here...? Notre réponse coassée de froggies lui annonce notre nationalité et elle se met à nous parler un français de haut niveau qui nous époustoufle.

Elle a les boules de voir les partis politiques de tous bords venir lécher consciencieusement le cul du docker. Nous comprenons à demi-mot qu'elle en veut surtout au parti communiste du pacte de non-intervention germano-russe. Et puis aussi un peu de l'attitude des soviétiques envers leurs juifs. Enfin, elle voit surtout beaucoup d'hypocrisie dans cette récupération politique à peu de frais : présence, bouquet de fleurs, mots-valises.

Nous sommes un tantinet déçus et nous le lui disons. Voilà notre beau symbole de solidarité par delà les communautarismes et les corporatismes, trainé dans la boue ? Elle redémarre, attaque la famille royale, traite le Prince Bernhartd d'ami des nazis, le reste de pétochards.

Je lui demande d'où lui vient la perfection de son français. Elle répond que c'est une longue histoire de famille, que ses parents ont habité Nice, dont ils ont dû partir suite à des revers de fortune lors du Krach de 29. Que chez elle, à table, on parlait français. Elle se met à nous réciter une ode à nos hommes politiques si brillants, aux discours si lyriques, dont l'art oratoire est si plein d'éloquence, comparés aux élus néerlandais si rustauds, si brutaux dans leur expression.

Mais mais mais, nos politicards parisiens nous bourrent le mou, ils n'arrêtent pas de mentir, ils nous promettent le lendemain l'inverse de ce qu'ils nous ont promis la veille ! On préfèrerait peut-être un langage plus direct, sans tourner autour du pot ?

Ouais, bof, on ne va pas non plus lui détruire son rêve d'une douce France, à cette marrante Mirjam ?

Elle nous raconte sa vie, et ses morts, restés dans les camps d'extermination. Elle se méfie d'internet, du téléphone, vous savez, avec mes idées révolutionnaires, ils me surveillent !

Elle se moque d'elle même : ma paranoïa s'explique aisément par mon histoire, je pense ? Elle se méfie un peu de nous, aussi : vous êtes bien des touristes, hein ?

Elle nous a définitivement adopté car elle nous parle de sa compagne. Mirjam est artiste peintre. Elle s'inquiète de nos horaires, s'excuse d'être bavarde, mais c'est qu'elle est si contente de pouvoir utiliser notre langue ? Je lui demande si elle voyage et, sur sa réponse affirmative, l'invite chez nous. Nous échangeons nos adresses. Je connais la route mais elle tient absolument à nous accompagner. Nous sommes dans son quartier, elle connait chaque magasin, nous raconte plein d'anecdotes. Nous montre la maison de Pinto, celle de Rembrandt... S'excuse presque de nous faire traverser le quartier rouge, mais c'est le chemin le plus court.

Elle accepte de nous quitter quand je lui jure que je sais précisément où nous sommes (au bout de cette rue, il y a un poste de police).

Chouette nous nous sommes dégottés la guide absolue, idéale.

Mais la loco de notre Thalys est déjà sur le départ, en train de chauffer, c'est ballot ?

jeudi 26 mars 2009

Tant-BourrinClasse de neige

Dernière image. La frimousse de Tant-Bourriquet, un bonnet bleu enfoncé sur les oreilles, qui nous fait un bisou volant à travers la vitre de l'autobus, juste avant que celui-ci ne démarre. Le bus tourne au coin de la rue. Coup de klaxon du chauffeur comme un ultime adieu. Les gorges sont serrées. Des larmes coulent encore sur les joues de quelques mamans. Tant-bourriquet, comme ses camarades de classe, vient de nous quitter pour deux semaines de classe de neige.

Deux longues semaines pour un tout petit bonhomme de cinq ans à peine, loin, si loin de nous, là-bas, en Haute-Savoie.

Retour dans l'appartement, si silencieux soudain, comme privé subitement de vie.

Reprendre le cours normal des choses, chasser les questions de sa tête, se dire que tout se passera bien.

Mais tout dans l'appartement me parle de lui.

Sa chambre. Le petit lit qu'il aime tant. Les draps à l'effigie des héros de Cars, son film préféré.




Et puis, passant dans la salle de bain, trois regards me scrutent, comme chargés de reproches : ceux de trois petites voitures qu'il avait alignées hier avec soin sur le bord du lavabo et qui sont restées là.




Sur l'ordinateur, je revisionne les petits fragments de sa vie passés dans l'oeil du caméscope : du nourisson si fragile sur je tenais hier encore dans mes bras au petit bonhomme qui, l'été dernier, nous avait donné un mémorable concert sur le piano de sa mamie dans un yaourth japonisant.

Tant-Bourriquet - Impromptu

Téléchargeable directement ici



Et là, sur le bord du bureau, le petit dessin qu'il m'a fait, le matin même, en écrivant amoureusement "papa" dessus...



Ma gorge se serre.

J'écoute de nouveau le calme silence qui flotte alentours. Ce silence assourdissant.

Et alors monte soudain en moi le cri.

Le cri instinctif. Primal. Venu des noires profondeurs de mon âme. Pétri d'émotion trop lourde. Le cri du sang. Le cri d'un père loin de son fils...







YEEPEEEEEEEEH

YAAAAAH !!!



Heu....... Excusez-moi, je me suis un peu oublié... mais ça fait tellement de bien : c'est pas tous les jours qu'on a quinze jours de vacances, hein ! :~)

mardi 24 mars 2009

Mam'zelle KesskadieDevinettes et plus

Chanceux et chanceuses, j'ai du temps disponible pour écrire un de ces courriels tant appréciés et qui sont ma thérapie hebdomadaire.

Comment je fais pour trouver du temps libre ? Plutôt comment je ne fais pas.

Les moutons de poussière, en troupeau, dorment paisiblement au chaud dans les vêtements sous le lit, le panier à linge sale déborde parce que la laveuse, elle-même, déborde. C'est-à-dire ? Que le cauchemar de toute ménagère est devenu ma réalité, le tuyau de renvoi d'eau de ma laveuse est très bloqué partiellement. Autrement dit, je peux vider ma laveuse une tasse à la fois. J'ai déjà conçu l'enfer comme un lieu brûlant, maintenant, je le vois avec plein de linge sale, une longue rangée de laveuses en panne et de renvois d'eau qui ne laissent passer qu'une tasse d'eau sale à la fois.

Bref, je choisis le paradis. L'Homme n'est pas fait pour contempler l'enfer, a dit un sage dont je n'ai pas oublié le nom, mais que j'ignore sciemment, il était aussi misogyne.

Donc.

J'ai du temps pour mes loisirs, jouons ensemble, si vous voulez bien, aux devinettes ! Étant donné que mon emploi du temps ne me permet pas de cultiver mon savoir sur l'actualité internationale ni sur l'histoire médiévale de la lavandière, concentrons-nous sur le quotidien.


Devinette no. 1.

Que dit un adolescent de 16 ans, à 22:00 un vendredi soir, dans l'auto de sa mère qui est restée debout juste pour aller le chercher à son activité de loisir, pour la remercier ?

a) Maman, je sais tous les sacrifices que tu fais pour moi, je t'en remercie du fond du coeur.
b) Un jour, maman, je serai reconnaissant et je te paierai la croisière dont tu rêves en Alaska.
c) On sait ben, toi, tu te fous bien de nous.

C comme dans Clissssssssssse vendredi prochain, tu vas marcher!

Oui, je l'ai laissé vivant. Que voulez-vous, je suis une optimiste née et j'ai espoir qu'un jour, il change pour le b).


Combien de garagistes ça prend pour réparer un auto accidentée?

Aucun, comme dans ôôô que ça va aller mal !

Ça prend un inspecteur qui le menace de ne pas le payer parce que c'est la deuxième fois que la madame ramène son auto au garage pour qu'il fasse sa job.


Jean-François, 9 ans, vient faire dodo avec maman. Qu'est-ce qui peut réveiller Jean-François ?

a) La lumière allumée parce que maman cherche sa robe de chambre ?
b) Le son du séchoir à cheveux quand maman sèche ses cheveux avant d'aller dormir ?
c) Le son de l'ordinateur, situé dans le sous-sol, quand son frère de onze ans se lève et pèse sur le bouton On ?

C comme dans C'est à mon tour de prendre l'ordi, tasse-toé de là, maaaaaaaaaaaammmmmmmmmmmmannnnnnnnnnnnn, Alexxiiiiiiiiiis veut pas me laisser mon tour. C'est pas son tour, hier c'est lui qui aaaaaaaaaaaaaa finiiiiiiiiiiiii. (voix d'ado mutante) Taisez-vous les petits sinon je vous frappe (voix d'enfants indignés) Mammmmmmmnnnnnnnnnn Jérémie veux nous faire mal. (pensée de mère endormie) : faut-tu vraiment que je fasse de l'écoute active, du recadrage ou je peux les frapper ?


Combien coûte une amende quand on se fait rentrer dedans parce qu'on a pas vu l'auto qui s'en venait à cause du gros banc de neige ?

a) $100
b) $100 plus $48 de frais administratifs
c) $100 plus $48 de frais administratifs plus $10 de contribution.

Non, non, j'ai pas oublié d'écrire à quoi sert la contribution. Il n'y a aucune explication à la contribution. Nul besoin de vous dire que la réponse ne s'envoie pas par courriel de peur que les polices interpol, CiA et Gendarmerie royale du Canada viennent m'enlever mon permis de conduire.


Donc, prochaine devinette.

D'après vous, à quoi sert ma contribution après avoir payé les frais administratifs, une amende, le déductible de mon assurance, mes primes d'assurances, le cipralex pour endurer tout ça, la pizza parce que j'avais pu de nerfs à la fin de la journée pour faire à souper ?

a) à payer l'enlèvement de la neige. On comprends que s'ils amassent les $10.00 par accident, on est pas prêts de voir le camion qui va faire la job.
b) à payer les avocats pour défendre la ville qui n'enlève pas la neige au-cas-où les accidentés les poursuivraient.
c) à payer la publicité pour dire que la ville s'occupe de bien enlever les bancs de neige.
d) au voyage dans le sud du responsable de l'enlèvement de la neige.

Si vous trouvez la réponse, pour la sécurité du personnel de la ville de Gatineau, n'en soufflez mot.


Dernière devinette.

Quel est la plus belle chose qu'une divorcée, monoparentale de cinq enfants, dont trois adolescents qui ont l'intensité d'émotions d'un des parents, la répartie d'un des parents, le goût pour le ménage d'un des parents, la patience d'un des parents, aime entendre

a) le son d'un amant qui ronfle dans son lit ?
b) Le son de la balayeuse quand ce n'est pas elle qui la passe ?
c) la voix du professeur qui dit que son fils est tellement assidu, attentif, à ses affaires ?
d) la voix de son comptable qui dit qu'elle a un retour d'impôt équivalent à tout l'impôt qu'elle payé cette année ?
e) aucune de ses réponses.

Après une semaine pas de laveuse, le plus beau bruit à entendre, c'est définitivement le bruit de l'eau sale qui s'écoule gaiement dans le tuyau de renvoi de la laveuse.

Sur ce, je vous quitte, j'ai une semaine de lavages pour six personnes, dont trois ados, à faire.

Et la voici, ma réponse à tous les maux de la terre.

dimanche 22 mars 2009

AndiamoJulie

Le samedi 22 mars 2008, Julie nous quittait, une glissade fatale, dont nous ne nous sommes jamais remis.

Bien sûr j’ai joué les durs, j’ai même plaisanté en envoyant ceci à Saoul-Fifre :

Je n’en suis pas fier, j’ai obéi à mes plus vils instincts : ceux de la gaudriole !

L’heure est à la repentance : nous ouvrons une souscription afin que soit immortalisée notre truie préférée.

Nous coulerons un bronze, la représentant, dans sa position favorite : couchée !

Tous les dons sont acceptés en numéraire bien sûr, mais en nature aussi.

Ainsi, si vous possédez chez vous des bronzes coulés de fraîche date, faites les parvenir chez Saoul-Fifre, ce dernier ne manquera pas j’en suis sûr de vous communiquer son adresse.

Il en fera le meilleur usage j’en suis sûr, du volume des bronzes coulés dépendra l’importance de la statue !

Soyez généreux, ne vous ménagez pas, "FUCALISEZ" vous s’il le faut, la plus modeste contribution en nature apportera son bronze à l’édifice.

N’oubliez jamais : Le bronze est à Julie ce que l’étron est à la cloche (ou l’inverse je ne sais plus).

Voici le projet, il vaut la peine que l’on se force un peu NON ?

vendredi 20 mars 2009

CaluneMa référence à moi

Le 25 janvier 2009, on s'en souvient tous. Bon, bien sûr, c'était le lendemain de la petite tempête du 24 (qui n'a pas abattu le moindre arbuste dans les jardins du château de Versailles, alors hein) - mais surtout, l'Olympia ce dimanche-là faisait salle comble, avec le "rendez-vous annuel" (depuis 2008) de Georges Chelon avec ses fans !



Pour évoquer ce grand moment de bonheur, un chanteur que TiBi qualifie, bizarrement, de "normal" (mais est-il vraiment "normal" d'avoir un charme pareil ?!) a accepté de venir exprimer ici, sur Blogbo, toute son mon admiration pour Chelon. Mesdames et messieurs, voici, pour la première fois sur blogborygmes.fr : Julien Clerc !!! (himself)


Ma référence

Musique : Julien Clerc
Paroles : Calune d'après Jean-Loup Dabadie
Dans le rôle de la doublure de Julien Clerc, vous reconnaîtrez (ou pas) l'ex-doublure de Johnny... Billy ! (himself aussi - enfin, un peu plus, même...)



Téléchargeable directement ici

      On le sait
      Il a refait un Olympia
      Et c'était
      Pour nous les groupies un immense succès
      Oui il est
      Ma référence à moi

      Oui on sait
      Il a ma préférence et c'est
      Plus qu'intense
      Car enfin quand on pense
      Que le dadais
      Est devenu grand de silence
      En silence un chanteur d'excellence

      Oh je sais
      Si je continue comme ça
      Sans arrêt
      A la longue on me rabattra
      Le caquet
      Mais il est
      Ma référence à moi

      Fallait voir
      L'homme en violet avec sa voix
      Sa guitare acclamé comme un roi
      Petits veinards ne faites pas preuve d'ingratitude
      Cette histoire, ce n'était qu'un prélude*
      (bis)

      On le sait
      Il a refait un Olympia
      Et c'était
      Pour nous les groupies un immense succès
      Oui il est
      Il est ma transe à moi
      Ma référence à moi
      Ma référence à moi


*Conclusion : vous n'avez bien sûr pas fini d'en entendre parler, de Chelon !


Découvrez Georges Chelon!

mardi 17 mars 2009

Saoul-FifreEt merde !

Tant-Bourrin nous ayant mouisé le début de semaine avec l'efficacité coutumière qu'il met dans tout ce qu'il touche, qui qui se retrouve avec la corvée, qui qui doit éponger par derrière les pleurs du lectorat sensible, qui qui doit vous consoler, offrir son épaule, tapoter votre dos, tenter de vous redonner le goût de vivre, le goût du vin, le goût du boudin et celui du perlinpinpin, comme chantait l'élégante Barbara ?

Mézigo, comme de juste, toujours le même, toujours prêt, comme au bon vieux temps scout !

Allez va-z-y, fais les rire, chatouille leur les zygomatiques.

C'est pas que je veuille pas, mais ça ne se fait pas en claquant des doigts, mes chéris.

Et pi j'aime pas me forcer. Alors j'ai fouillé dans nos vieilles photos et j'en ai trouvé des que j'aime bien. J'en ai même trouvé une de moi à poils mais bon la vie est assez difficile comme ça pour certains et je ne voudrais pas leur y rajouter des complexes. Ni déclencher des maelströms hormonaux chez d'aucunes.

Non, nos gosses qui s'amusent, ça ira très bien, c'est assez drôle en général. En tout cas, ils nous font rire et c'est le principal.

Les citadins inscrivent leurs mioches au judo, eux, ils s'inscrivent tout seuls aux jeux d'eau. Nul besoin de les pousser à boue.

Je précise que ça ne se passait pas chez nous, mais chez la petite voisine de gauche, que le tablier ne nous appartient pas et que nous n'étions pas là quand la photo a été prise. On peut y voir M., au milieu, oui, celui-là des rédactions, en train d'assumer sa part féminine et en obtenir un franc succès.

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