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mardi 13 juillet 2010

Saoul-FifreJ'en jaunis à l'idée

__Souvenirs, souvenirs__ , son premier tube, date de 1960. Autant dire que je suis presque né avec sa carrière de chanteur, que mes premières années ont été baignées de sa sueur et de ses postillons. Je n'ai pas retrouvé sur le net ce premier scopitone dont j'ai pourtant un souvenir très précis : il y paraissait timide, gauche, presque sirupeux ; ce petit film a peut-être été sacrifié, rayé du listing comme détonnant dans la rock-saga de la grande star ? C'était dans un bar de Tlemcen donc nous étions en 60/61, la datation est facile. Plus tard, mon oncle travaillant chez Philips, nous eûmes ses premiers vinyles à la maison et encore plus tard, mon frère ainé étant devenu son fan absolu, j'ai suivi sa carrière avec assez d'assiduité, mon album préféré étant __Génération perdue__ , à la pochette grise pixellisée, et qui contient __Noir, c'est noir__ .

Ce disque-pivot, ce disque phare sort vers la fin d'une période charnière très importante dans sa vie.

En 64, Johnny est __l'idole des jeunes__ , sans conteste. Il aurait sans doute pu se faire réformer ou dispenser de service national, par piston, mais l'époque est encore très va-t-en-guerre et sa maison de disque préfèrera communiquer sur le brave troufion fier de donner sa vie (enfin : quelques mois) pour la patrie. Il obtiendra quand même une vraie planque et les permissions pour assurer ses concerts et ses répètes lui seront rarement refusées. Il en obtient une le 12 avril 1965 pour se marier avec Sylvie et le 14 mai sort l'inénarrable __Quand revient la nuit__, qui aurait tout aussi bien pu s'appeler "Branlette à la caserne" ou "Que ma quille est longue à venir".

Las, toutes les bonnes choses ayant une fin, l'armée le relâche dans la nature, remonté comme un lapin duracel, le 28 Aout 65, une nuit que Sylvie retiendra toute sa vie, certains disent même qu'elle a commencé à penser au divorce à cette date. Mais ne noircissons pas le tableau, c'est aussi de ce jour qu'elle perdit toute appréhension devant le grand écart sur scène.

Janvier 66, coup dur. Ah que Antoine a osé se moquer gentiment de Djohnny en sortant __Les élucubrations__ . Tout le monde se souvient des paroles litigieuses :

Tout devrait changer tout l'temps
Le monde serait bien plus amusant
On verrait des avions dans les couloirs du métro
Et Johnny Hallyday en cage à Médrano !

Médrano est un cirque fixe parisien de l'époque et la cage est sans doute une cage aux lions. Rien de dévalorisant, juste une allusion taquine au style de l'interprète plus basé sur le rugissement que sur le murmure à la "Françoise Hardy". N'importe, la star le prendra très mal. Il est dans une période sombre et ne pourra pas répondre du tac-o-tac. Sylvie est enceinte, le petit David nait le 14 Aout 66 et pour faire bonne mesure, Johnny nous fait une tentative de suicide en Septembre !

L'impression que cela donne, c'est que le mariage, la célébrité, la paternité, tout ça d'un coup après la solitude du service militaire et puis avec son côté dilettante et superficiel, c'est un peu too much à avaler pour notre Jojo déboussolé, qui craque.

Heureusement, il y a toujours à ses côtés la machine Halliday, la fine équipe, les amis, les sangsues, le rouleau compresseur qui saura accompagner musicalement ses évolutions, ses caprices au gré des modes, des solides qui auront de la volonté quand il n'en aura pas et de l'ambition à revendre quand il en manquera. Le disque qui sort au milieu de ces turbulences est superbe et sincère. Johnny a tenu à cosigner __Cheveux longs et idées courtes__ , sa "réponse" ironique à Antoine, qu'on aille pas appeler les belligérants "Cheveux longs" (Antoine) contre "Idées courtes" (Johnny sans ses paroliers).

La chanson est intéressante à plus d'un titre.

Les paroles sont bien écrites, argumentées. On sent le gros travail de gens talentueux motivés par en mettre plein la gueule au soi-disant intello, ingénieur sortant de Centrale, en le mettant devant ses contradictions philosophiques. Il faut dire que Johnny, avec son image récente de bidasse bien propre sur lui, est l'antithèse d'Antoine, qui, lui, est le vrai précurseur de Mai 68, le malin qui surfe sur le mouvement "Flower power" qui nous arrive timidement des hippies Etazuniens. Mais le sel de l'histoire, sa saveur que nous qui connaissons la suite pouvons apprécier, c'est que Johnny est en train d'étriller dans cette chanson un pacifisme un peu fumeux, masque, déguisement, caricature, panoplie que lui-même adoptera dans ses années dites "psychédéliques".

La musique, ho ben on est pressé, alors on va la piquer à un mec génial : Ferré Grignard, bien sûr sans le citer comme compositeur. Ferré Grignard est mort et son Crucified Jesus n'a toujours pas rapporté un centime à ses héritiers. Le procès traine les pieds. La classe.

Antoine restera toute sa vie droit dans ses tongues, fidèle à son idéal de vie nomade proche de la pauvreté volontaire. Johnny, lui, et on le voit gros comme une maison avec son obsession du fisc et ses affections politiques actuelles, est viscéralement un réactionnaire ambitieux, ayant peur d'attraper une hernie au cerveau s'il réfléchissait trop fort. On peut difficilement imaginer personnalités plus dissemblables. Quand Johnny se laissera pousser les tifs (pas trop quand même, le ridicule, hein...?), portera la bandana, des vestes en peau frangées, des chemises amples, ce sera bien sûr pure hypocrisie, sur ordre de sa maison de disque ou de son oncle Lee, qui ont senti l'odeur ineffable de la monnaie potentielle sous cette vague culturelle qui emportait tout. Mai 68 était passé par là, le Rock faiblissait devant la Pop, il fallait se laisser porter par l'écume ou mourir.

Et on peut dire que Jojo a été avec plaisir au charbon ! Dès l'année suivante, en 67, au Palais des sports, il prend le virage. C'était pas la peine de s'engatser avec Antoine, ils avaient qu'à former un duo, direct... __San Francisco__ , Antoine aurait pu l'écrire, à part le fait qu'elle ne sent pas le vécu, comme "La maison Bleue", plus tard ? Il ne renâcle pas, il plonge, de bon cœur : "Si j'étais un charpentier, et si tu t'appelais Marie...". Il nous revisite le nouveau testament. __Jesus-Christ est un hippie__ . D'après sa forte analyse, "Il doit fumer de la marie-jeanne, avec un regard bleu qui plane...". La chanson sera cause d'un scandale qui, chacun le sait, est de la publicité gratuite.

Le succès atypique d'Antoine, je me souviens, avait donné des idées à l'équipe de mon oncle Jacques Plait. Jo Dassin avait accepté de financer un canular qui les a bien fait rire. Vous vous souvenez des __Hallucinations d'Edouard__ ? Un de ses paroliers avait accepté d'endosser le rôle et le costume. Vous imaginez des gens du showbizz actuel s'amuser ainsi comme des collégiens ? Nous étions en 66.

Antoine se crut obligé de répondre à Johnny. Enfin, d'expliciter un peu sa position avec Je dis ce que je pense . Heureusement, le rocker ne relança pas la balle, ça aurait pu durer longtemps.

Il y eut quand même un petit reliquat à cette bataille mineure. Un clin d'œil. Par delà les années, la bagarre recommençait, économique. Quand Johnny se laissa circonvenir par des pubeux à la solde d' Optiiiic 2000 , la concurrence directe, Atol, alla voir Antoine histoire de réactiver leur brouille de cour de récréation.

La suite on la connait : une réconciliation sur l'oreiller .

mardi 6 juillet 2010

AndiamoOn est les champions !

A l’heure du camouflet que nos très chers payés de feignasses de fouteux nous ont infligé, je voudrais vous entretenir d’un sujet qui me tient à cœur.

Je pratique le modélisme « avions » depuis pas mal de temps, et en ce domaine la France n’a pas à rougir, loin s’en faut ! Ainsi, au mois d’Août 2009, se déroulaient au Portugal les championnats du monde F3A.

La F3A est la discipline reine du modélisme : le 100 mètres en athlétisme, la descente en ski ou le 100 mètres nage libre en natation.

Il s’agit, à partir de modèles s’inscrivant dans un carré de 2mètres x 2 mètres, motorisation libre, de réaliser des figures acrobatiques suivant un programme imposé.

Ces modèles s’appellent des MULTIS. Pourquoi multis ? Car ils sont capables de passer toutes les figures de la voltige aérienne : multi-figures.

Debout et : Marseillaise !

La France a obtenu 2 médailles d’or, plus une d’argent ! Carton plein !

1) Christophe Paysant-Leroux. Médaille d’or (champion du monde pour la cinquième fois !)

2) Benoît Paysant-Leroux, son frère. Médaille d’argent. Il s’entraîne dans le club dans lequel je pratique mon activité.

3) La France championne du monde par équipe, seconde médaille d’or !

Ça n’a pas fait de bruit dans le Landerneau sportif ! Ces braves garçons ne sont pas rémunérés, ne logent pas dans des 5 étoiles, ils sont adorables, serviables, humbles et modestes.

Ainsi, Benoît est le premier à aider, et il faut vraiment le savoir pour se rendre compte qu’il est vice-champion du monde, tant il est réservé !

D’autre part, dans mon club, nous avons aussi le bonheur de compter parmi nos membres Laurent Lombard, champion de France hélicos !

Quelle leçon de modestie également, nos feignasses de FOUTEUX feraient bien d’en prendre de la graine.

Je ne voulais pas trop z’ en parler car je sais combien le modélisme reste une discipline confidentielle.

Pourtant, tous ces champions passent des heures et des jours à s’entraîner par tous les temps.

Eh oui, me confient-ils, car lors d’un championnat, ils doivent faire face aux conditions météo... pas toujours très favorables !

Donc un petit cocorico, il y a tout de même des gens qui font leur boulot et le font bien, et ce sans tambours ni trompettes…

Je viens de terminer ce petit billet ce jeudi 24 juin, il fait un temps superbe à Paris, je reviens du terrain, j’ai volé tout l’après-midi, des beaux vols, si, si, si, et quand moi je vole bien : tout le monde vole bien !

Était présent un copain il est pilote de ligne, il a en charge des A 320, il effectue des vols à destination de l’Amérique du sud, voilà un garçon simple, gentil, pas bégueule du tout.

Était également présent Benoît, le vice-champion du monde ! Nous avons bien ri, il m’a raconté avoir « piégé » une dame, lui faisant croire que c’était elle qui pilotait, alors que, caché un peu plus loin, c’était son frère (le champion du monde) qui pilotait réellement le modèle ! On peut être un grand champion, sans se prendre la grosse tête.

Ce club, c’est avant tout une équipe, des anciens, des très jeunes, des ouvriers, des cadres, des pilotes, il y a de tout, des champions, et des modestes pilotes du dimanche comme votre serviteur.

Mais là, point de classes ni de castes : des modèles coûtant des milliers d’euros à des modèles beaucoup plus modestes, mais tous réunis par la même passion, faire voler… Le pied !

Être ensemble et se marrer un bon coup, une équipe, un club, c’est cela et rien d’autre !



Le "YAKA" mon multi, ma moitié située derrière l'appareil mesure 1m68 (ceci vous donne l'échelle) 1m92 d'envergure moteur 15 CC 2 temps, 4,5 kgs



Le plein est terminé (celui du modèle et non celui du pilote)... Mauvais esprits !



Je suis "prêt" ouistiti !



Trajectoires tendues, ça vole sacrément bien un multi, pas vicelard pour un rond !



Concentration maximum, il évolue à plus de cent km/heure tout de même !



Un space walker que j'ai construit il y a pas mal de temps : 2m20 d'envergure, moteur 18 CC 2 temps. 4,5 kgs, il a soif le garenne... Une petite gorgée !



Mon copain S. présente un "mustang P 51" 1m82, près de 5 kgs, moteur 15 CC 2 temps, je l'ai construit il y a quelques années déjà.



Un autre petit multi... Mort au champ d'horreur ! Eh oui, ils "redescendent" très bien tout seuls, le père Newton avait bien raison... Hélas !

La Dame derrière mesure toujours 1m68, et ma p'tite fillotte cherche sans doute la souris verte !



Enfin un "Ryan Pt 22" ces avions servaient d'avions école sur la côte ouest des États-Unis dans les années 30. Ce modèle que j'ai construit également, mesure 2 mètres d'envergure.


Pour ceux que ça intéresse je vous ai joint une vidéo de Christophe notre champion dans ses oeuvres.

Sur cette vidéo, il pilote un "grand modèle" (V G M : voltige grands modèles) environ 18 kgs ! C'est un YAK un avion Russe, sans doute motorisé à l'aide d'un 150 ou 160 CC 2 temps bi-cylindres (essence), je pense qu'il doit mesurer environ 2m80 d'envergure.

Le "torque-roll" est un figure très compliquée, toucher la piste avec la dérive demande une très grande maîtrise.

Admirons également le cercle en "vol tranche", les ailes sont à la verticale, la dérive devient profondeur, et la profondeur devient dérive... Ne pas s'emmêler les pinceaux... EUH, les doigts !

Quant au cercle en tonneaux effectué à la fin de la démo... Pas fastoche ! Même pour ceux qui ne sont pas trop branchouille avions : c'est à voir et à revoir !

Quant à moi je serai absent au moment de la parution de ce ch'tiot billet. Si vous me faites le plaisir de laisser des commentaires, j'y répondrai dès mon retour... Merci.

mercredi 30 juin 2010

Tant-BourrinChoeur d'école

Cela faisait plusieurs semaines déjà que Tant-Bourriquet répétait. Un long travail initié en classe qui se poursuivait à la maison, où il nous chantait, non sans fierté, les chansons apprises pour le spectacle. Des chansons aux paroles compliquées et aux mélodies subtiles, loin des gentilles alouettes ou des petits navires, signées par des noms illustres : Bach, Rameau, Grieg…

Et vint la grande soirée, celle du spectacle, dans un grand auditorium. Car il s’agissait bien de cela : monter tout un spectacle, en collaboration avec le Conservatoire de la ville, pour initier les enfants des écoles aux joies de la musique. Et en même temps, j’imagine, c’était une bonne occasion d’offrir aux jeunes élèves musiciens du Conservatoire un vrai concert devant près de 200 personnes, car inutile de préciser que tous les parents des élèves choristes des cinq classes concernées étaient là, nous les premiers.

Imaginez plutôt : un vrai petit orchestre, moyenne d’âge comprise entre douze et quinze ans, et un chœur de plus de cent enfants, moyenne d’âge autour de sept ans…

Inutile de préciser qu’à l’écoute du résultat de toutes ces semaines de labeur, je bichai comme un pou et que Tant-Bourrine pouai comme une biche !

En voici un extrait, d'une piètre qualité d'enregistrement hélas, la direction du Conservatoire ayant étrangement refusé que j'installe dans la salle ma console d'enregistrement de trois tonnes et que je place un microphone devant Tant-Bourriquet.


La chanson de Solwejg

(Edvard Grieg)


Téléchargeable directement ici



C'est-y pas mimi tout plein ? Moi, je fonds d'amour... Que c'est beau, la fraîcheur et l'innocence !

Bon, à part ça, si un producteur est intéressé, qu'il m'envoie sa proposition de contrat directement par mail. Je prends 10%.

dimanche 27 juin 2010

Saoul-FifreNiolon

C'est une calanque de la chaine de l'Estaque, sur la commune du Rove, avé la vue dégagée sur toute la baie de Marseille. Va-z-y, répète cette phrase avec l'accent du Midi et tu commenceras à entendre grincer les cigales. Ô peuchère, qu'on est déjà le 26 juin et qu'elles n'ont même pas encore commencé à se racler la gorge et faire leurs vocalises. Tu verrais ça, toi, qu'il ait trop pleuvu cet hiver et qu'elles se soient toutes noyées ? Ça serait un coup à faire fuir les touristes ! Que c'est fragile, un touriste ! Pas de cigales, pas d'encouragement du commerce local. Pas de soleil, on retourne à Corbeil !

Nous, on s'en passerait bien, des cigales. Les cigales, c'est un peu comme si t'écoutais ta radio bloquée sur une fréquence linéaire, monotone, sans surprises, triste, conforme, uniforme... Oui, t'as raison, un peu comme une France-Inter rêvée par les duettistes Rudolf Hees et Philippe Pétain. Et leur sarco-trafiquant.

L'État, mon actionnaire, comme ils disent dans leur jargon baveux, ces limaces. Et le peuple, vos auditeurs, vous y pensez quelquefois ? On s'assoie dessus, on les tronche, aussi fort qu'on nous a tronché, aussi profond qu'on s'est laissé troncher. Transmets, corromps, projette, fais aux autres ce qu'on t'a fait, venge-toi. Et n'oublie pas que tu as fait tout ça pour avoir le pouvoir, et que le pouvoir, tu l'as.

Alors, de quoi te plains-tu ? Ben c'est à dire que ça ne ressemble pas trop à mes rêves de petit garçon ? Ah bé c'est qu'on peut pas tout avoir dans la vie, mon petit !

Finalement et tout bien réfléchi, je préfère les cigales.

Et puis Niolon, c'est adossé au massif, et avec le viaduc du chemin de fer qui fait barrage, tu sens pas le Mistral, même s'il boufe comme le soufflet de forge du diable. Et pis même en plein cagnard, tu as toujours la fraicheur de la mer. Oui car l'eau s'évapore et en s'évaporant, elle crée du froid, c'est le principe de la gargoulette de ma mère suspendue à une branche du poivrier. En gros, quand il fait chaud, la terre emmagasine de la chaleur et la mer, du froid. Donc à Niolon, sans Mistral et sans températures à te faire te dessécher sur place, tu peux supporter stoïquement le métronome rouillé des cigales.

C'est pourtant pas l'huile d'olive qui leur manque, dans le quartier.

Je te sens intéressé, tout à coup. Comment est-ce que l'on ferait-on si je voudrasse y aller, te dis-tu ?

Le mieux : tu prends le bus 36 sur la Canebière et tu descends à l'Estaque-port. Tu m'entends : tu descends pas à l'Estaque-plage, tu descends à l'Estaque-port ! Tu montes sur ton pointu et tu suis la côte jusqu'à Niolon. Là, tu te gâves. Tu te gâves les yeux de toute cette lumière qui fait reluire la mer et qui chauffe les rochers à blanc. Tu te gâves les narines d'iode, de sueur d'écailles et de poison d'oursin, à la saison. Ça sent tellement le large, le bouquet garni et le Guédiguian que tu resteras fidélisé le long de cette côte, scotché à vie, avec un désir comac d'y revenir le plus souvent possible.

Tu n'as peut-être pas de pointu, ni même d'anneau à l'Estaque, mesquin que tu es ? Alorsse il te reste une chance de faire le riche à peu de frais. Prends un ticket à la gare Saint-Charles sur cette ligne mythique, "Le petit train de la côte bleue", qui a coûté 20 millions de francs-or au début du siècle et au contribuable français. Ou, si nous sommes en été, monte sans payer dans un des wagons pleins de racailles des quartiers Nord qui vont se baigner sur les rares plages. Le contrôleur te laissera tranquille.

Tu peux choisir ta destination parmi ces noms qui ont fait briller tant de prunelles : plage Napoléon, La Couronne, Sausset-les-pins, Carry-le-Rouet, La Redonne-Ensuès, Le Rove....

...mais suis mon conseil et descends à Niolon.

jeudi 24 juin 2010

AndiamoUn bel endroit

Paris, gare de Lyon : 9H15… Aix, TGV : 11H45… Sans commentaires !

En moins de trois heures, on change d’univers. Départ sous la grisaille, une arrivée en fanfare sous le grand mistral qui nous a débarbouillé le ciel.

Et notre bon Saoul-Fifre qui nous accueille, catogan au vent, comme Crin Blanc, le cheval camarguais !

Départ en fourgon pas mortuaire, mauvaises langues ! Un peu plus tard, nous découvrons le mas bâti sur un petit coteau, devancé par une terrasse couverte d’une jolie vigne. Une immense table prête à accueillir de nombreux convives, de part et d'autre de nombreuses chaises : on devine la maison « ouverte » !

Sur le seuil, Margotte est là, tresses au vent, décidément quel mistral ! Un large sourire, embrassades, ma femme qui est très réservée habituellement déclare : on se tutoie ?

- Oui, bien sûr, répondent en chœur nos hôtes.

Je pense que la famille a été vaccinée avec un flacon de « bonne humeur », sinon comment justifier la jovialité de leurs enfants ?

Tout le rez-de chaussée n’est qu’une immense pièce ! Où trône un magnifique poêle Flamand blanc, orné de quelques jolis motifs.

Nous sommes alanguis sur le canapé, anisette en main (origines obligent !). Puis le couscous « façon la Maman » avec une pointe de cannelle… Dé li cious !

Je ne vous ai pas dit ? Dans un des coins de la pièce, il a mis (pour m’impressionner) des étagères remplies de bouquins, il y en a plus d’un millier assurément. Renseignements pris, il les a acheté au mètre ! Mais oui, pour m’ en foutre plein la tronche, tu penses comme je suis resté scotché, un mec qui a échappé à deux guerres !

L’après-midi, visite aux biquettes, puis aux chevaux, dont un pur sang Arabe d’une beauté…. Une encolure très fine, les antérieurs droits comme des « I », la robe « truitée » magnifique.

Un peu plus loin, deux ânes gris, des provençaux, comme dans la chanson d’Hugues Aufray. Et enfin : le lama ! Je ne l’ai pas vu glavioter ! Lui pas fâché, lui pas faire ainsi !

Le soir, quelques amis sont venus, viticulteurs tous les deux ! Goûte mon vin, goûte celui-là, et tiens encore un autre… Je tâte, je fais rouler le nectar dans ma bouche, encore une lichette, et le dernier avant d’aller s’coucher… AH ! C’est autre chose que le champomy !

Ses potes : des personnages dignes d’un bon Pagnol !

Le gros chien qui sommeille, habitué qu’il est aux longues veillées. On sent le vieux sage, il observe, se secoue la tête, puis pépère referme les yeux et roupille !

Les étoiles brillent très fort lorsque nous allons nous coucher, la tronche un peu étoilée, mais point de volant donc : vos gueules les mouettes, j’veux rien entendre !

Le lendemain, visite au village voisin haut perché, d’où l’on domine toute la vallée verdoyante… Merci Monsieur Craponne !

Encore une belle journée, puis le départ ! Mon épouse et moi sous le charme d’un tel accueil… Merci Margotte, merci Saoul-Fifre et les enfants !

lundi 21 juin 2010

Tant-BourrinBrouillon de culture (9)

Huit numéros de "Brouillon de culture" (visionnables ici : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8) ont fait de notre chronique le mètre-étalon de bon goût et du vrai chic parisien.

Alors ne mollissons pas et attaquons derechef un nouveau numéro, consacré aujourd'hui aux séries télévisées...

Voici donc quelques chefs-d'oeuvre télévisuels que j'ai sélectionnés spécialement pour vous dans ma vidéothèque que même l'INA jalouse... Savourez et nourrissez vos esprits malingres !





Les Brigades du chibre

Les Brigades du chibre est une des plus grandes séries télévisées françaises, que tout homme de goût se doit d'avoir vu au moins une fois dans sa vie.

Au début du XXe siècle, une brigade de police motorisée, dirigée par le commissaire divisionnaire Fève, est créée afin de traiter, avec des méthodes plus modernes que celles utilisées jusque-là, les affaires de moeurs, qui se multiplient alors.

Constituée par le Commissaire Saint-Valentin et les inspecteurs Terrouston et Pulagnôle, la brigade se distingue vite par ses méthodes peu orthodoxes. Ceux-ci sont en effet aussi portés sur la chose que la faune interlope à laquelle ils ont affaire, et leur statut de policier leur ouvre bien des portes et bien des alcôves. La main toujours à portée de leur braguette, prêts à dégainer leur arme fatale, ils acquièrent vite une grande renommée et leur équipe se voit surnommée "la brigade du chibre".

Ils exerceront leur activité jusqu'à l'âge de la retraite, à 40 ans, la pénibilité de leur travail ayant été reconnue par le Ministère de l'Intérieur.





Les petits oiseaux se cachent pour pourrir

Cette série commence lorsque le père Ralph de Brisefalsard est muté en Nouvelle-Galles-du-Sud où il fait la connaissance de Mary Carson-Cuayer, une riche éleveuse de moutons. Cette-ci tombe très vite folle amoureuse du séduisant prêtre et le poursuit de ses assiduités. Mais celui-ci se contrefout de cette vieillarde semi-croulante et n'a d'yeux que pour Meggie, la nièce de celle-ci, dont il finit par tomber follement amoureux.

Ralph de Brisefalsard est tiraillé entre sa passion et sa foi. Il repart au Vatican, puis, des années plus tard, revient en Australie pour découvrir que sa passion est toujours brûlante. Après bien des péripéties, bien des atermoiements, Ralph et Meggie cèdent à leur pulsion et vivent une folle nuit d'amour. Mais malgré le bonheur intense qu'il a éprouvé avec elle, il ne veut pas quitter l'Église et dit adieu à Meggie.

Quelques jours plus tard, Ralph commence à sentir une vive douleur dans l'entrejambe : cette salope de Meggie lui a refilé la chtouille. Sa passion pour elle devient subitement moins brûlante que son bas-ventre...





Au nom de l'aloi

Cette série mythique raconte les aventures de Josh Capello, chasseur de fautes d'orthographe dans le Far West, armé d'une Winchester à crosse et canon sciés. Animant à l'occasion des soirées littéraires et ludiques dans les saloons, baptisées les "Josh de vingt heures", il ponctue ses interventions d'un "de bon aloi" en cas de bonne réponse, et d'une balle entre les deux yeux en cas de mauvaise réponse.

Ayant de plus en plus de mal à trouver des candidats désireux de participer à ses "Josh de vingt heures", il se retira dans son ranch et fit fortune avec son élevage de nourrains.

vendredi 18 juin 2010

Saoul-FifreVibrant hommage

Le grand-père de Margotte était chiffonnier, ferrailleur, enfin, récupérateur de peaux , de laine, de métaux divers, de tout ce dont on se débarrasse mais qui, regroupé, trié, nettoyé, finit par avoir de la valeur. Dans le cas du susdit pépé, son affaire de retraitement durable marcha si bien qu'il put assez rapidement en faire travailler d'autres à sa place puis prendre sa retraite à un âge qui aurait mis un Fillon ou une Parisot dans une fureur noire.

Cet exemple familial proche a marqué Margotte du noble sceau de la poubelle utile. Et moi également, par jeu d'alliance, par osmose, par contamination, belle-filiation, que sais-je, mais le mal m'a frappé moins profondément qu'elle, soyons honnêtes et reconnaissons-le. Nous partons par exemple la famille au complet dans le fourgon plein comme un œuf. Ben, elle poussera à intervalles réguliers de petits cris aigus intempestifs car elle aura vu un "encombrant" au bord de la route. Hiiiiii un clic-clac, freine !! Aaaaahhh là, un buffet en formica, arrête-toi !

Bien sûr, je me garde d'obtempérer. Un instant déboussolé par l'expression souffrante de son manque, je reprends la maitrise de mon véhicule et poursuis notre route.

Toujours est-il que notre réputation est faite dans le canton et que plein d'amis, mais aussi beaucoup d'ennemis, viennent déposer des cartons chez nous plutôt que de les porter directement aux bordilles ou dans les conteneurs de récupe. Le dernier en date, un ami de mon fils, m'a déposé d'autorité 5 cagettes de "livres" pourraves au milieu du salon en me disant : "Tu jetteras ce qui ne te plait pas". Tri effectué, la moitié de gardable seulement !

Mais au milieu de ce fatras poussiéreux, je ne ratai pas un prospectus des années cinquante, qui, sous couvert d'informations sur la consommation électrique de divers engins, listait exhaustivement tous les gadgets qu'il était possible de brancher chez soi. La Fée Electricité venait de toucher de sa baguette magique la moindre masure dans les campagnes, et il convenait de faire consommer du jus à tout ce brave monde.

Quand mon œil abasourdi, si vous me permettez cette audace sémantique, se posa en bas de ce feuillet :

Oui vous avez bien lu : ils essayent d'appâter la ménagère de moins de cinquante ans, ma mère, quoi, à l'époque, en lui garantissant qu'un vibro-masseur ne con-somme pas plus de 60 watts !

Là, elle peut con-templer le modèle de luxe, tout inox. Le fil de branchement permet de récupérer l'engin in extrémis, au cas où...

Et là, elle dispose d'un dessin explicatif, d'une espèce de mise en situation, d'un mode d'emploi sommaire d'où il appert clairement que cet intéressant appareil a un effet décontractant et procure la banane à ses usagères.

Tout ce qu'on peut trouver et apprendre, dans une poubelle ? ! ? !

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