Blogborygmes

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samedi 6 septembre 2008

Tant-BourrinComme des bêtes...

J'ai eu envie, ces derniers jours, de rendre un petit hommage timide à quelques artistes... Alors je me suis installé devant mon Photoshop, et voici le résultat (pour lequel je réclame votre indulgence : je ne suis pas graphiste de métier !)...

En espérant juste que cela vous donnera envie de chanter comme des bêtes ! :~)


J'étais vraiment vraiment bien plus heureux
Bien plus heureux avant quand j'étais cheval

(Jacques Brel)


Je suis une mouche
Posée sur sa bouche
Elle était nue
On aurait cru le paradis
Tant elle était jolie

(Michel Polnareff)


Dans la jungle, terrible jungle
Le lion est mort ce soir
Et les hommes tranquille s'endorment
Le lion est mort ce soir

(Henri Salvador)


I am the eggman
They are the eggmen
I am the walrus
Goo goo g' joob

(John Lennon)


C'est à travers de larges grilles
Que les femelles du canton
Contemplaient un puissant gorille
Sans souci du qu'en-dira-t-on ;
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que rigoureusement ma mère
M'a défendu dénommer ici...
Gare au gorille !

(Georges Brassens)

jeudi 4 septembre 2008

Saoul-FifrePutain de blog

Je n'aime pas porter des plinthes, même pour un pro c'est dur, surtout que les gifs erraient.

Je suis rarement de bon poil quand je suis "de" billet. À chaque coup je me sens l'intérieur du crâne récuré à L'Ajax WC, je sue à grosses gouttes, pas la queue d'une idée, l'heure fatidique tourne, minuit, l'heure de l'ice-cream approche, et avec, une grosse envie de rafraîchir le premier venu avec mon cornet 2 boules je dirais chocolat, à la couleur.

Notre vie de blogueurs de renom, certains diront "mythiques" (60 visiteurs uniques/mois, quand même, là on rigole plus, hein ?) n'a pas que des bons côtés, c'est moi qui vous le dis et pas un autre. Je n'aime pas médire mais se faire poursuivre par d'aucunes pour obtenir ses mensurations, ce n'est pas du harcèlement dimensionnel, par hasard ? Puni par le Gode Pinal ? Bon je vous les donne, mais vous arrêtez de me persécuter avec ça. 60-120-60, elles me rappellent les formes aux rondeurs évocatrices d'un ballon de volley que j'ai beaucoup aimé.

Manou, elle a craqué. C'est pas qu'elle refusait de les communiquer, ses chiffres, et même de montrer les preuves, mais ça commençait à lui coûter chèrot en papier. Alors voilà. Quand donc arrêterez-vous de nous torturer dans les commentaires dans le vil but de nous arracher des détails de notre vie intime ?

Manou en a eu marre. J'aurais pu laisser Tant-Bourrin vous l'annoncer avec de magnifiques polices manuscrites de couleur en XHTML mais ça le fera aussi bien avec mon wiki simpliste. Elle démissionne, elle prend du recul, ses distances, elle n'interviendra plus qu'épizootiquement. C'est bien fait pour vous, mais pour nous, pour nous..., c'est la mousson qui se crashe sur la banquise de la poésie, c'est le délire qui amorce un cycle de refroidissement global, c'est le rire qui se tord en grimace.

Et la longue attente commence, les yeux rivés sur l'entrée du terrier pour ne pas rater la sortie en déboulé de son prochain billet.

mardi 2 septembre 2008

AndiamoLes personnages de Bédés ont-ils une vie sexuelle ?

Etant gamin, je ne me posais même pas la question, j'étais loin, mais alors très loin d'imaginer que TINTIN, LUCKY-LUKE ou encore SPIROU puissent avoir ne serait-ce qu'un petit béguin (petit béguin : formule désuète mais combien charmante !).

Dans un précédent billet, j'ai commencé à envisager que Pinocchio aurait pu être sexué (voir dessin). Timide approche, mais elle m'a ouvert des horizons disons... infinis.

Ne voulant pas tomber dans la pornographie, j'ai essayé, tout en restant dans la tradition "gaudriolesque" chère à Blogbo, de vous faire sourire (peut-être), en cette rentrée un peu tristoune, aujourd'hui à l'heure où j'écris ce billet : il pleut !

Et puis soyons positifs, avec toutes les médailles z'en bronze que nos athlètes nous ont rapportées, on va pouvoir fondre une cloche !

Avec toutes celles qui nous gouvernent, ça fera un chouette carillon !

Petite remise en mémoire, tout d'abord PINOCCHIO.


Ensuite, je me suis attaqué à la vénérable grand'mère qu'est Bécassine. Pinchon l'avait dessinée sans bouche, forcément ça limite déjà les possibilités lors des ébats amoureux.

Quant au reste : impossible de savoir, l'épaisse robe de bure verte interdit toute spéCULation.


Et le pauvre cow-boy solitaire ? Ormis son vieux (tant) bourrin, et l'aut'con de Rantanplan, je ne vois pas bien qui pourrait apaiser ses ardeurs ?

Alors disciple d'Onan ? Qui n'y allait pas de main morte comme le disent les définitions de mots croisés.

J'ai osé, eh oui, tant pis pour vos illusions d'enfant innocent !


M'sieur GASTOOOOON ! M'Z'ELLE JEAAAAAANE ! En voilà deux qui m'ont bien fait marrer, plus tard toutefois, lorsque MONSIEUR FRANQUIN a abandonné SPIROU pour se consacrer uniquement à Gaston.

J'aimais bien Spirou dessiné par FRANQUIN, il avait su lui donner une âme, j'achetais le journal de Spirou chaque semaine, suivant les aventures du Marsupilami (quelle trouvaille) que lui et Fantasio venaient de découvrir.

Hergé avait accusé Jijé (repreneur de Spirou après Robert Velter, le créateur) de plagiat, alors, Jijé avait dessiné Bécassine, puis lui avait ajouté une toute petite bouche ainsi qu'une houpette, et avait renvoyé le dessin ainsi corrigé à Hergé... Il n'y eût jamais de réponse !

Alors cédant aux démons de la gaudriole et de la galégade réunis, je me suis laissé aller, crayon et pinceaux ont courus sur le papier, j'ai tout fait pour les en empêcher, mais à deux ils étaient beaucoup plus costauds que moi.


Je ne pouvais pas résister à l'envie de vous présenter celui que j'ai découvert à l'âge de dix ans, les albums coûtaient chers, nous en avions pas à la maison, mais j'ai eu la chance d'avoir un petit voisin, Daniel, qui lui recevait des albums, Tintin, Mickey (que je n'aimais et n'aime toujours pas). J'ai souvent remercié ce petit voisin dans mes billets, je le fais encore aujourd'hui, car il m'a permis de lire et relire tous les albums de Tintin, que nous ne pouvions nous offrir.

Ah, SPIROU, avec TINTIN, quel bonheur, et pourtant à part SECOTINE (en référence à une marque de colle de l'époque, je rappelle ceci pour les plus jeunes), point de gente féminine, dans Spirou, Fantasio ? Impensable, nous sommes dans les années quarante (déjà !), homosexualité ? On ne parlait même pas d'homophobie, on ne parlait PAS de ces CHOSES-là, c'est tout !

Pour vous faire marrer, du moins je le souhaite, j'ai descendu mon idole de son pied d'estale, et je l'ai affligée d'une sexualité... Finie pour lui la paix du pantalon, j'aime bien cette expression : "la paix du pantalon" je l'ai lu dans un billet de Françoise.


NON ! Il n'a tout de même pas osé ! S'attaquer au super héros (EROS), pas à LUI tout de même !

Si, "il" a osé ! HERGE en rêvait, je l'ai fait !

AH ! Le traître, l'indécent, le blasphèmateur, l'ordure, le fumier, il lui a décoiffé la roupette, pardon la houpette, décidément le démon la bite, re-pardon l'habite.

Je ne m'en sors pas, je suis tiraillé, comme Milou dans "Tintin au Tibet", dois-je porter la lettre, ou prendre le gros nonosse ? Vous revoyez la vignette ? D'un côté l'ange-chien blanc, et de l'autre, le démon-chien rouge.

Ouais, ben moi je n'hésite pas longtemps, je vous jette en pâture ce petit dessin...


Mesdames, Mesdemoiselles, vous avez sans doute aimé YOKO TSUNO, ma fille qui est aujourd'hui maman de mes petits enfants, chez nous le hasard a bien fait les choses : ses enfants sont également mes petits enfants, c'est très pratique lors des réunions de famille.

Yoko disais-je, était l'héroïne préférée de ma fillotte, elle en sniffait à tout moment, j'aimais bien les dessins de Leloup, quoique... Un peu figés à mon sens, mais tout le monde ne s'appelle pas Hugo Pratt, Hoggarth ou... Serpieri avez-vous dit ? Coquins va !

Je me suis laissé aller, une fois de plus, je l'ai imaginée ayant une aventure avec Vick.

Vick, son amoureux transi, courageux, téméraire, mais d'une timidité...

Alors je me suis dévoué (carrément) je m'y suis collé, je n'allais tout de même pas le laisser mourir puceau !


A l'heure où j'écris ce billet, il pleut, pour faire de l'aquarelle c'est au poil, il n'y a qu'à tendre le verre dehors, il se remplit tout seul !

Il y a bien d'autres héros, qui dorment bien sagement dans les "illustrés" de ma jeunesse... Peut-être, peut-être que je les réveillerai un jour...

Mais dites voir : quand ils ont la trique, est-ce-qu'on peut refermer l'album ?

dimanche 31 août 2008

CassandrePetite histoire Zen

« Je suis la pierre au milieu du jardin »
Pense le moine.
Rien ne bouge.
Le monde est vivant tout autour.

Le moine regarde la pierre,
Et le sable autour,
Et le mur autour.

Cela fait des années qu'il attend cet instant.
Il n'a plus rien dedans.
Il regarde la pierre
Et devient la pierre.

Bien installé dans son non-moi,
Il n'est plus qu'une abstraction.
Il sourit heureux d'être arrivé à cet état de perfection.
Il a finalement réussi à maîtriser l'animal.
A rejeter le bien et le mal.

« Je suis la pierre »
Répète le moine, en souriant.

L'air est léger,
Le printemps doit être là,
Mais il ne s'en soucie pas.

Quand tout à coup,
Descendant du ciel,
Une fragile petite merveille.
Un minuscule papillon blanc
Volette de-ci, de-là.

« Je suis la pierre »
Répète le moine.

Le papillon innocent
Frôle le moine,
Mais il ne s'en soucie pas.
Il cherche sans doute une fleur.
Volette encore quelques instants.
Hésite entre pierre et sable.

Puis se pose sur la pierre.

« Je suis la pierre »
Dit le moine
Et il sent le papillon sur lui

« Pourquoi est-il là ? »
Pense le moine.

Et le moine regarde fixement le papillon.

Et le papillon est là.

« Pourquoi est-elle là ? »
Pense le moine.

Et le papillon transforme ses jolies ailes,
En un délicat kimono de soie
Qui glisse doucement sur le sable du jardin.

« Je suis la p... »
N'arrive plus à penser le moine,
En regardant désespérément cette charmante jeune fille nue,
Qui se tient, debout, dans le soleil
Sur la pierre du jardin.

Plus rien n'arrive au cerveau du moine

Lorsqu'il entend la jeune fille lui dire :
« Mon tendre amour, tu ne te souviens pas de moi ? »

Ce matin-là,
L'on vit sortir du monastère Zen
Un moine qui arrachait ses vêtements
En hurlant :

« Je ne suis pas la Pierre,
Je ne suis pas la Pierre »

Nul ne sait ce qu'il advint du papillon.


vendredi 29 août 2008

Tant-BourrinP'tit pet dans un string

La rentrée approche et avec elle l'heure des bonnes résolutions, comme celle de donner une certaine tenue à ce blog. Et d'ailleurs, histoire de mettre tout de suite en pratique ces bonnes intentions et de se montrer, en sus, original d'une façon plus qu'échevelée, j'ai décidé de vous annoncer cela en chanson.

Bien sûr, les plus croulants défraichis décrépis âgés d'entre vous reconnaîtront aisément la mélodie de "Puppet on a string", chanson victorieuse du concours de l'Eurovision 1967, sur laquelle j'ai adapté quelques paroles sophistiquées de mon cru.

Je devine déjà que les pisse-vinaigre diront que je n'ai pas la voix de Sandie Shaw, mais bon, vous n'avez qu'à vous dire que c'est une reprise interprétée par Sandwich Chaud et ça sera marre...




"P'tit pet dans un string"
interprété par Tant-Bourrin

(musqiue : Bill Martin & Phil Coult / Paroles : Tant-Bourrin)


Moi, je veux prendre votre coeur de lecteur pour cible
Et faire vibrer de la sorte votre corde sensible
Comme un p'tit pet dans un string

On sait bien que pour vous Blogborygmes
C'est d'l'humour caca popo
Mais on va changer de paradigme
Faire un nouveau Blogbo
Plus fin et plus gracieux
Un putain de truc classieux

Moi, je veux prendre votre coeur de lecteur pour cible
Et faire vibrer de la sorte votre corde sensible
Comme un p'tit pet dans un string

C'est fini les histoires de fesses
Et de prouts-prouts dans les gogues
Désormais c'est la délicatesse
Qui règnera sur le blog
On va parler de nous
Dans le guide du bon goût

Moi, je veux prendre votre coeur de lecteur pour cible
Et faire vibrer de la sorte votre corde sensible
Comme un p'tit pet dans un string

Moi, je veux prendre votre coeur de lecteur pour cible
Et faire vibrer de la sorte votre corde sensible
Comme un p'tit pet dans un string

Comme un p'tit pet dans un... string

mardi 26 août 2008

Saoul-FifreLa course libre

Vous pouvez fouiller, vous ne la trouverez pas dans la liste des disciplines olympiques. On préfère se la garder pour nous. Et puis ce serait compliqué : la péña jouerait "La coupo santo" à la place de "la Marseillaise", ça ferait un gros scandale, et puis on voudrait nous imposer un arbitre alors que l'animateur qui crie dans son micro " Ho, je coupe le chrono, je le rallumerai quand vous serez calmés", ben ça nous suffit largement. Et puis je sais bien que nos bious, ils accepteraient pas d'aller plus loin que Saint-Jean-du-Gard ?

Alors à Pékin ???

Non oubliez ces conneries, le décalage horaire c'est mauvais pour les manaudous, alors vous imaginez, pour les manades ? On va rester par chez nous, et si vous voulez goûter à ce spectacle d'un autre monde, il vous faudra descendre en Terre de Provence.

Ha ne commencez pas à m'énerver et à confondre avec les vaches landaises, le toro-piscine ou bien même, tant que vous y êtes, avec Intervilles ? Vu que Tex et Philippe Corti remplaçant Guy Lux et Léon Zitrone, comme évolution, c'est un peu l'Homo Sapiens qui remonte dans son arbre, non ?

Et ne confondez pas non plus avec les autres bouchers-charcutiers bovins, là, les déguisés, les travelos à costumes fluos flashies qui se prennent pour des artistes venant faire admirer leurs vrilles fouettées sur pointes, en soi-disant petits rats de corrida noirs de poil, alors que leur justaucorps bariolé n'est que l'équivalent hypocrite du tablier de coton blanc du tueur d'abattoir (matador, en castillan).

Le toro espagnol de combat rentre pour la première et la dernière fois dans le cercle de son destin. Lui si habitué au silence des nuits andalouses, il est tétanisé par les hurlements sanguinaires des spectateurs. Même s'il y "gagne", fait rarissime, il sera abattu. À sa deuxième corrida, ayant un peu appris des sombres projets que l'Hombré nourrit à son encontre, il serait bien trop dangereux. Même puceau du combat, le toro fait déjà peur a l'Hombré qui lui envoie d'abord ses picadors pour l'affaiblir et commencer à le vider de son sang, par précaution préventive. Ensuite seulement se présente à lui le toréro qui connaît la vue basse du toro et sa tendance à foncer sans réfléchir, droit devant lui. Il lui suffit de ne jamais se trouver derrière la cape couleur de sang au moment dangereux et tout le reste est mascarade, frime et surtout totale absence de fair-play.

Le taureau camarguais, lui, est l'alpha et l'oméga, la raison d'être, le noyau de cristallisation, la fierté et l'honneur de la Nacioun Gardiano. À l'exact inverse du toro espagnol, le Biou est sélectionné, entraîné pour la course. Chaque manade, élevage camarguais de chevaux et de vaches, possède son arène et jeunes gars et taurillons y font leur apprentissage ensemble, pour ensuite, s'ils en ont le talent, grimper les marches de la notoriété et devenir taureau-vedette ou compétiteur du Trophée des As.

Chaque biou rentre dans l'arène muni de ses attributs :

- La cocarde, rouge, fixée entre les cornes.

- Les glands, blancs, chacun sur une corne.

- Et les ficelles, qui font de nombreux tours à la base des cornes et qui demandent de nombreux coups de crochets avant de daigner glisser par terre.

Les raseteurs, aidés des "tourneurs", doivent les leur prendre avec une sorte de peigne fixé au bout des doigts, le crochet. Mais plus facile à dire qu'à faire car le taureau est en pleine forme et s'entraîne depuis son plus jeune âge. Et on ne fait courir que les plus vifs, les plus barricadiers, ceux qui ne freinent pas sur la planche.

En plus le public d'aficionados réserve généralement ses reproches aux "tenues blanches" :

- Laissez-le prendre son élan !

- Ne le poursuivez pas ! Jusqu'à pousser de grands cris de rage si le raseteur essaye de surprendre le taureau. Un beau raset doit être franc et loyal. L'homme attaque sur le côté, mais sous le regard du "cocardier", qui démarre aussi sec après lui dans le but évident de faire sa fête à cet effronté osant l'affronter. Les 2 rôles sont clairs : l'homme doit lui piquer un des attributs et l'animal cherche à l'embrocher, à tout le moins, l'en empêcher. Les 2 coureurs étant à touche-touche, on se demande comment il n'y a pas plus d'accidents.

La règle est claire cependant : l'attention, l'intérêt, la compassion portée au taureau est de commune mesure avec celle due aux humains. Si un raseteur se rend compte que le taureau porte une blessure, il doit en avertir immédiatement le président de course, qui avertit le manadier-propriétaire qui jugera s'il convient de faire cesser la course et de faire intervenir un véto.

Le cocardier est fier. Il a conscience de participer à un spectacle, un art, d'être un sportif de haut niveau. La plupart du temps, dès sa prestation finie, dès qu'il a entendu la musique de fin, il se retourne vers la porte de son toril, l'air de dire "Ho, vous êtes sourds, elle s'ouvre, cette porte ?", et il rentre chez lui, dans ses immenses marais camarguais où lui et les siens vivent libres et tranquilles.

Même si le taureau est un peu faible, un poil endormi, le public sera plein de mansuétude envers lui : "Ô le pauvre, il serait plus à sa place dans une course de l'Avenir (de débutants)". Le raseteur court quand même un peu pour l'argent :

- Et 2 euros de plus de la part de René, le sympathique serveur du Bar de la Poste, à Mouriès.

- Et 10 !!! euros de plus, de la part de notre grand ami Marius Roucas, conseiller municipal chargé des festivités.

- La deuxième ficelle est montée à 320 euros ! Il ne reste plus qu'une minute. Boulégan, coullègues !

Le cocardier, même s'il reçoit des récompenses (qui vont dans la poche de son manadier), court en premier lieu pour l'honneur et pour notre plaisir.

Les spectateurs, qui ont l'afecioun pèr la bouvino, lui en savent gré et lui conservent dans leur cœur la meilleure place, celle réservée aux passionnés, celle qui domine la contre-piste, devant, à l'ombre, la mieux située...

Ils ont la fé di biou.

Quelques images ici , ici et ici , pour que vous vous rendiez un peu mieux compte, bande de parisiens.

dimanche 24 août 2008

AndiamoL'auto du proprio

Je vous en ai parlé de mon proprio, dans un billet intitulé "mon p'tit monde". Il était pingre au-delà de l'imaginable, mais il possédait une AUTO, si, si, elle couchait dans le garage, situé juste sous notre salle à manger.

Sa voiture, c'était une Renault Vivasix, limousine de 1931, de couleur noire. Elle ressemblait beaucoup à la bagnole d'Al Carbone, dans "les fous du volant".

Il ne la sortait guère, pour ainsi dire jamais, mais quand, par grand beau temps, il ouvrait les portes métalliques du garage, retirait les nombreuses et très usagées couvertures couvrant la relique, aidé de son fils, un grand costaud, ils poussaient le carrosse dans la rue, cette rue dans laquelle il ne passait jamais de bagnoles, c'était l'évènement !

Tous les mômes du quartier radinaient, admirant la calandre chromée, les marche-pieds caoutchoutés. Il ouvrait grand les portières, aérant les sièges en velours marron. Nous regardions, sans oser toucher, l'immense volant en bakélite noire, les multiples cadrans du tableau de bord.

Et lui, il roulait sa caisse, nous expliquant le levier de vitesses, trois pour la marche avant, une pour la marche "recul", le compteur étalonné jusqu'à 110 km/heure !

Cent dix à l'heure, t'imagines Paulo ? A c'te vitesse là, on s'rait à Marseille en... En... Heu... En moins de deux !

Mais là où ça devenait un rite, la grand'messe, le rituel du vin versé dans le ciboire, c'était le moment où il procédait au remplissage du réservoir !

Il n'allait pas à la pompe faire le plein, non, il avait dans son garage un jerrican plein du malodorant liquide.

Je pense qu'il devait user d'une combine pour se procurer du carburant à bas prix, radin comme il l'était, je le subodore.

Nous les gamins, nous étions priés de reculer, l'essence est très volatile, et particulièrement "flammable", disait-il, je ne voudrais pas refaire le coup de Jeanne d'Arc !

Tu penses, on était vachement impressionnés. Courageux, le père "la goutte" (j'sais pas comment il se démerdait, mais il avait en permanence une fuite au tarbouif !). Manipuler un jerrican d'essence ? Vu le cinoche qu'il nous faisait, c'était kif-kif "le salaire de la peur". Plus tard, quand j'ai vu le film, j'ai fait le rapprochement.

Mais ça n'était pas tout : le rituel n'était pas achevé, il sortait un grand entonnoir métallique, bien protégé dans son sac, puis un béret hors d'usage !

Il enfilait l'entonnoir dans le réservoir, garnissait celui-ci avec le béret, qui servait de filtre. Attention, pas de saloperies dans mon auto ! Que du clean, de la first quality, du bon pétrole, garanti première pression à froid !

Le fiston tenait l'entonnoir : "tiens ton entonnoir toujours droit" ! Et le vieux versait délicatement, religieusement, le précieux liquide ambré, le nectar, l'hydromel, sans en perdre une seule goutte !

J'aimais bien étant gamin renifler cette odeur, sans doute parce qu'elle était rare à l'époque. Aujourd'hui, elle me ferait plutôt gerber.

Puis, le rite accompli, le bouchon du réservoir méticuleusement refermé, il rangeait les accessoires, ressortait du garage en tenant sur son ventre un lourd paquet : la batterie.

Cette batterie était débranchée, après chaque usage, puis une journée avant la mise en service de la Vivasix, il la mettait en charge, il ne fallait surtout pas qu'elle s'abimât, d'où ce luxe de précautions.

Après avoir remis la précieuse batterie en place et rebranché les cosses, il faisait le tour de la vénérable, refermait les portières, s'installait au volant, alors son fils ouvrait le grand coffre de la Renault, et en sortait : "LA MANIVELLE" , heureux conducteurs d'aujourd'hui, qui n'avez pas connu ce bout de ferraille tordu, qui vous a pété plus de poignets qu'un curé peut en bénir !

Le fiston introduit l'embout de la manivelle au travers du pare-chocs, puis dans : la "dent de loup", située en bout du vilebrequin, et tourne lentement, plusieurs fois, ceci afin de dégommer le moteur, car après un aussi long repos, la mécanique est un peu coincée... Un peu comme votre dos le matin, vous les vieux !

Puis il adresse un signe de tête au Paternel, retire le morceau de ferraille, alors le père "la goutte" tire sur le démarreur (ces anciennes voitures ne possédaient pas de Neiman), une petite clé de contact, puis on actionnait une tirette : le démarreur.

Le six cylindres tousse, visage tendu et angoissé du père machin, nouvel essai : le moteur hoquète, pétarade, nous on applaudit, le vieux transpire, bouche ouverte, toc, toc, les gouttes de son nez sur le volant, il s'essuie le pif d'un revers de la main, retire sur le démarreur, la batterie tient bon, deux ou trois : pouf, pouf, et ça part !

On trépigne de joie, on gueule, on vocifère, le héros exulte, il se redresse, accélère doucement, le vaillant six-cylindres tourne rond.

Il sort enfin de la bagnole, un large sourire édenté éclaire sa face d'oiseau de nuit, il est content, pépère !

Alors pour se récompenser, il fera le tour du pâté de maisons, pas plus, il ne faut pas gaspiller l'essence.

Qu'est-ce que j'aurais aimé faire un tour dans cette auto, même le tour du quartier ! Mais penses-tu, il ne me l'a jamais proposé. Je ne le lui ai jamais demandé non plus, trop timide, et puis ma mère m'aurait passé un sérieux savon, si elle avait appris que j'avais demandé quelque chose à ce vieux grippe-sous !

Enfin, avant de la remiser, pour de longs mois, dans le garage, grand nettoyage à la "NENETTE". Tous les plus de quarante ans connaissent cet accessoire merveilleux, ça ressemble à un "O'CEDAR", un peu comme la coupe de cheveux de certaines que je connais !

Cette "nénette" était imprégnée d'un produit lustrant, on la passait sur la carrosserie, et là : miracle ! La peinture brillait...

Ah ! Comme c'était beau, le père "la goutte" prenait du recul, admirait son chef-d'oeuvre, petite bave de satisfaction aux commissures des lèvres, puis opération inverse : retirer la batterie, et rentrer la belle auto dans son dortoir, "à la main", pour ne pas envahir le saint des saints avec de nocives fumées d'échappement, coupables de ternir la belle "Ripolinée".

Ensuite, il la couvrait de ses antiques couvertures, comme on le ferait pour un crack après un steeple-chase. Alors la belle endormie pouvait se reposer un long moment, avant que son Prince Charmant ne vienne, de quelques gouttes bien morveuses, la tirer de son sommeil.


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