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dimanche 15 juin 2008

AndiamoLa terrine

Un autre Mau... Maurice !

Non, Fred, ça suffit, regarde dans quel état qu't'es ! Tu tiens plus d'bout, si on t'ramasse dans c't'état-là, c'est moi qui vais trinquer, enfin, si j'ose dire.

Maurice sourit, content de son bon mot, involontaire toutefois.

Allez, Mau... Maurice, rien qu'un p'tit, pour la route !

Maurice passe la main sous le zinc, puis en sort une bouteille de gros rouge, un p'tit bleu, juste bon à déboucher les cagouinsses, il faut avoir tué père et mère pour avaler une daube pareille ! Mais, en ces temps de restrictions, tout fait gosier.

Ah ! J'te jure, balbutie Fred, y'en a marre des doryphores, vivement que les vert-de-gris se cassent, font chier les frisés !

Ferme ta gueule, tu veux nous faire enchrister ? Les murs ont des oreilles.

Et pis tiens, Maurice, tu maries ta fille dans une dizaine de jours ? Et ben, c'est quoi t'est-ce que tu vas leur filer à grailler à tes invités, hein ? Des clopinettes ou des to... topinambours, c'est tout !

Le rade de Maurice, porte encore sur le haut de la devanture l'inscription : "Chez Maurice et Lucette".

Avec Lucette, ils avaient acheté ce bistrot en 1934. Ils s'étaient connus une vingtaine d'années plus tôt, lui bossait dans une charcuterie industrielle à Aubervilliers, elle dactylo dans la même boîte. En 1914, Maurice mobilisé, la fleur au fusil... La grande guerre.

La grande guerre, il était au "chemin des Dames"... Boches, on ne passe pas, c'était leur devise !

Tu parles, 180 000 morts ! Une poignée seulement était revenue, Maurice en était, il avait eu de la chance...

De la chance ? Deux doigts arrachés par un schrapnel, un éclat près d'une lombaire, inopérable, avaient déclarés les toubibs, c'est cet éclat qui lui avait permis de ne pas être déclaré "mutilé volontaire" ! Mutilé volontaire, bande de salauds, combien avaient été fusillés, pour l'exemple ! Et puis, et puis ces nuits sans sommeil, les obus qui lui pètent encore dans la tête.

Le gentil mariage en 1919, la dactylo et le charcutier, une petite Marie, née en 1921.

Enfin, l'incroyable chance : la toute nouvelle "Loterie Nationale", Monsieur Bonhour, l'heureux premier gagnant, en 1933, un coiffeur, alors pourquoi pas nous ?

Quelques mois plus tard, eux, Maurice et Lucette, pas le gros lot, non, mais tout de même : 150 000 Francs, en 1934 une grosse somme, de quoi dire adieu à l'usine.

Ce petit rade à Bobigny, entre usines et voie ferrée, le bonheur, la chance... Enfin.

Et puis Lucette est morte, bouffée par le crabe, Maurice seul, avec sa petite Marie, rebelote la guerre, plus jamais ça ! La der des ders ! MON CUL OUI !

Fred parti, Maurice à l'aide d'une longue perche, armée d'un crochet métallique, tire le lourd rideau en tôle ondulée, le couinement réveillerait un mort, puis le perco éteint, il y a bien longtemps que la vieille marmite n'a pas vu de "vrai café" ! Il monte au premier, pousse la porte de la chambre désormais vide, Marie dort dans la pièce à coté, il se déshabille et se couche.

Lucette est là, ne le quitte pas, les obus non plus, ça en fait du monde, dans sa tête. S'ajoute la noce pour sa fillette, rien à bouffer, on trouve bien quelques kilos de patates au marché noir, mais pour la viande et les charcutailles...

C'est carrément marcher sur la Lune, un nuage noir supplémentaire, il faut pourtant que Marie ait "SA NOCE", et un mariage sans bon repas...

Maurice a fini tout de même par sombrer dans le sommeil, sans rêves pour une fois. Réveillé de bonne heure, il prépare un "vrai café", à la chaussette, un petit paquet, échangé contre un litre de gnôle. Quand sa fillette descendra tout à l'heure, elle aura une tasse de café. Il l'imagine, savourant sa tasse, un sourire éclaire son visage.

Bonjour P'pa.

Bonjour Marie, tiens je t'ai préparé du VRAI café !

Waouh ! Comment t'as fait ?

Oh tu sais, avec le bistrot, j'ai de la défense.

Alors pour le repas, t'as une idée ?

Oui, oui, ne t'inquiète pas, tout est réglé !

Bon j'y vais ! Gros bisou à son Papa, et Marie part au boulot, un poste de secrétaire dans une petite imprimerie de Pantin, un coup de bus 151, et le tour est joué.

Le rade est un lieu de passage obligé, coincé entre la route et la passerelle du chemin de fer, des usines et des petites boîtes de travaux à façon alentour. Le petit monde ouvrier vient s'en jeter un p'tit dernier, avant d'aller "au chagrin".

Le troquet marche bien, malgré les restrictions, le patron a de la famille du coté d'Avallon, pour le pif pas de problèmes, pour la gnôle non plus, le pastis ? Un ersatz "maison", fabriqué à partir d'extraits d'anis, que l'on se procure chez le pharmacien (jusque vers 1960 c'était vrai), quant à l'alcool, c'est le cousin qui fournit.

La journée passe, semblable aux autres, le coup de feu de midi et de dix-huit heures, quand les besogneux sortent de leur usine, les p'tites Côtes du Rhône, qui viennent en droite ligne de l'Yonne ! Pur produit de la vinification familiale, mais bon, après avoir respiré la poussière de fonte derrière leur tour ou leur fraiseuse, le gosier n'est pas trop affûté !

Marie rentre, il est dix-neuf heures.

T'es en retard ma puce, que t'est-il arrivé ?

Je suis passée voir tante Suzanne, ma robe n'est pas prête ! Elle ne s'en sort pas, je suis allée à La Courneuve, il va falloir qu'elle reprenne les manches, jamais, jamais, ma robe ne sera prête à temps, elle éclate en sanglots, Papa prend sa fille dans ses bras.

Ecoute Marie, ne rentre pas demain, va chez ma soeur, ainsi tu seras sur place, elle pourra terminer ta jolie robe, avec le plus joli mannequin du monde à portée de main !

Oui, mais je ne verrai pas Michel !

T'auras toute la vie pour le voir, ton Michel !

Michel, un gentil p'tit gars, ajusteur, dans une petite boîte près du rade, il a connu Marie en venant boire son p'tit jus du matin.

Il a échappé au S.T.O. (service travail obligatoire, instauré par les Allemands durant l'occupation, tous les hommes valides étaient embarqués en Allemagne, pour participer à l'effort de guerre du troisième Reich)

En effet Michel est soutien de famille, son père a perdu ses deux jambes à Verdun et sa mère sombre chaque jour un peu plus dans l'inconscience... La maladie d'Alzheimer a-t-on diagnostiqué. De plus, à la maison, il y a encore un petit frère âgé de treize ans.

Vingt et une heures, Fred le dernier client, est là, agrippé au zinc, aujourd'hui il a bu plus qu'à son habitude, c'est vendredi, jour de paye, alors il faut arroser ça !

Tout ça, Mau... Maurissse c'est la faute de c'putain d'front pop... populaire, y voulaient s'venger, pardi ! Putains d'Chleus ! Tiens, encore un qu' les Boches n'auront pas, et hop, il se bascule un nouveau guindale !

Maurice a tiré le rideau de fer, plus de grincements, la graisse badigeonnée dans l'après-midi sans doute.

Fred, les deux mains appuyées au bar, les pieds reposant sur la trappe de bois qui ferme l'accès à la cave. Comme à son habitude, avant de partir, l'ivrogne va soulager sa vessie dans le chiotte à la Turc, situé dans la cour, le dernier verre est là, qui l'attend.

A peine a-t-il franchi la porte qui donne accès à la cour que Maurice sort de son comptoir et ouvre la trappe, puis il éteint la moitié des pauvres ampoules éclairant le bistrot et en démonte encore une ou deux, le rade est plongé quasiment dans le noir. Fred revient, il s'est pissé dessus, il titube, mais reste suffisamment conscient pour se diriger, d'un pas hésitant, vers son godet de rouge. Il ne voit pas le trou béant. Soudain, ses bras font des moulinets, il pousse un cri, puis le bruit sourd du corps s'écrasant deux mètres plus bas.

On a bien bu, les cousins avaient apporté le matériel ! Bien mangé aussi, dans la salle du bistrot paternel, pour être une belle noce, ce fut une belle noce !

Etaient présents, une cinquantaine d'invités, on a servi des rôtis, du porc a spécifié Maurice, des rillettes aussi ! On en avait oublié le goût, et du bon pâté.

Il y avait même LA pièce montée, le copain boulanger avait fourni, mais donnant, donnant, en échange : un litre de pastis, et deux de gnôle, plus l'invitation au mariage, à chacun sa démerde, en ces temps difficiles.

Ah ce Maurice quel démerdard ! En période de restrictions tout de même !

Lundi matin, Robert, comme à son habitude, a commandé un "casse-croûte".

Tiens, ça fait un moment qu'on a pas vu Fred...

Ouais, a répondu Maurice, en plongeant son couteau dans la terrine de pâté.


Dessin Andiamo

vendredi 13 juin 2008

LorentDe l'eau et des photos

J'avais rarement vu ça, rendez-vous compte, il pleut quasiment tous les jours depuis trois semaines par ici.

Heureusement, les orages ont le bon goût d'attendre l'après-midi pour éclater, ça nous laisse un peu de marge pour bricoler. Mais l'orage, lui, quand il pète au secours, c'est pas pour rigoler.

Les cerises apprécient moyennement,



...et je songe à acheter une barque, la vue que j'ai depuis ma cuisine étant bien moins réconfortante que celle qu'on a pu découvrir ici même depuis les chiottes à Saoul-Fifre.



Saoul-Fifre, d'ailleurs, j'ai une pensée émue pour toi, faire du foin dans ces conditions-là, c'est la migraine assurée... Alors la photo qui va bien pour te réconforter.



Vé, dans le même dossier de vacances percheronnes, un autre truc sympa, devrait plaire à Andiamo celle-là : c'est un banc de coupe motorisé. Dans un temps pas si lointain, c'était pas l'arbre qui venait à la scierie, mais l'inverse. Le proprio de la machine se déplaçait de ferme en ferme, et découpait aux mesures demandées. Celle-ci a été restaurée par une scierie locale, juste pour le plaisir de la faire fonctionner les fins de semaine, dans les fêtes locales.



Mardi, j'ai fait un saut en Italie, San Remo c'est pas si loin, et j'avais envie d'étudier le collègue transalpin dans son biotope, histoire de lui piquer quelques idées.



J'ai rien piqué, mais j'ai redécouvert la conduite à l'italienne : grosso modo comme la portugaise, sauf qu'on respecte parfois les stops et un peu les feux rouges. Les deux lascars qui régissaient le parking, ça fleurait bon la chasse au pigeon. J'ai pas eu de remords de partir sans payer.

Y avait déjà des beaux bolets, et j'ai aperçu des pêches toutes plates. Comme les pastèques carrées, je subodore une manipulation pour mieux les empiler, j'enquête et je vous tiens au courant. Le poisson était triste, et y a rien de plus triste que du poisson triste, vendu dans une halle triste. J'ai eu une pensée émue pour celui encore rigide, brillant, l'œil vif, vendu dans la rue à Palerme, enveloppé dans du papier journal.

Tombé aussi sur une sortie d'église, oui, l'Italien est encore croyant, et même le mardi, y a foule à la sortie. Le plus marrant étant le nuage de fumée qui s'élève aussitôt du parvis.

Pour le tabac y a, mais pour la foi je sais pas, on peut y mettre un patch ?

mercredi 11 juin 2008

ManouEté 1994
























lundi 9 juin 2008

Tant-BourrinColocataire

"Adieu Maman."

Une poignée de terre s'abattit mollement sur le bois vernis du cercueil, deux mètres plus bas, au fond de la fosse.

Rigobert Legrouillu essuya une petite trace d'humidité au coin de son oeil et reçut, d'un air contrit, les condoléances de toute la famille, venue de l'autre bout de la France, rendre un dernier hommage à sa pauvre mère, décédée trois jours plus tôt d'une rupture d'anévrisme.

Une fois les dernières mains serrées, les dernières joues embrassées et les derniers au revoir lancés, Rigobert quitta le cimetière. "Enfin crevée, la vieille ! Pas trop tôt !", se dit-il. Un petit rictus de contentement dessiné au coin des lèvres : il avait été parfait, offrant le spectacle d'un fils ravagé par une douleur contenue à grand peine, mais digne dans le malheur. Voilà, les apparences étaient sauves, le qu'en dira-t-on resterait sagement tapi dans le terrier des jalousies et des rancunes.

Rigobert s'efforça toutefois de garder sa contenance jusqu'au seuil du minuscule pavillon de banlieue dans lequel il habitait depuis sept ans déjà. Ce minuscule pavillon de banlieue dans lequel sa mère ne risquerait plus de débarquer à l'improviste pour y jouer les régisseurs, en râlant et maugréant contre son incapable de fils "qui vivait dans la crasse et le désordre, même que ç'en était une honte". Enfin libre !

A peine eut-il refermé la porte derrière lui qu'il poussa un grand cri libérateur, relâchant les tensions du jeu de rôle qu'il venait de jouer, les envies de fou rire pendant la messe, la tentation qu'il avait ressentie de changer le texte de l'émouvant discours qu'il avait lu pour improviser une litanie impromptue des griefs contre la chère défunte qui lui avait pourri pas loin de trente ans de vie depuis sa naissance. Sa chère mère si intrusive, si acariâtre, si chiante ! Il avait encore peine à réaliser qu'il en était définitivement débarrassé.

La bouteille de champagne était au frais depuis la veille. En faisant sauter le bouchon jusqu'au plafond, il eut l'impression de tirer à la carabine sur les années perdues. Rigobert, seul dans son salon, leva un toast à sa nouvelle vie.

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samedi 7 juin 2008

Saoul-FifreLettre à la dame sur le quai de la gare de Montlouis

Ou de Font-Romeu, ou de La tour de carol, ou la gérante, ou la chef de gare, ou la chef de ligne itinérante, je n'ai pas vraiment compris votre fonction, mais celle-ci est chargée d'affect. Vous travaillez sur la ligne du célèbre "train jaune" qui circule par tous temps sur ses rails à écartement métrique, dans une région à la beauté époustouflante, la Cerdagne.

Wagons mythiques depuis que Brigitte Fontaine y a oublié son gilet et a écrit sur cette anecdote banale une chanson puissante qui en a laissé plus d'un (dont moi) knocked out.

Vous que nous avons perçue si sérieuse, si avenante, si bonne camarade avec les collègues, vous avez la chance de vous mouvoir sur ce canari inscrit au patrimoine mondial par l'UNESCO. Un endroit qui détient le record de l'ensoleillement maximal français, et qui pour cette raison a accueilli le four d'Odeillo et la centrale solaire Thémis qui s'est reconvertie récemment dans la production photovoltaïque. L'ambiance chez vous est insolemment familiale, on sent que vous ne donneriez votre place pour rien au monde. Ha Ophise , tu peux toujours y demander ta mutation ! Encore faudrait-il que quelqu'un consente à quitter le paradis ? Un décès peut-être ? Il y a bien un ersatz de solution : il existe un camp de vacances SNCF au dessus de La tour de carol. Hasard mon œil.

Bon les lignards en hiver ne doivent pas être à la fête. C'est que la ligne grimpe jusqu'à 1592 m (Bolquère-Eyne, plus haute gare SNCF) ! J'espère qu'on les paye rubis sur l'onglée ! Il leur faut dégeler les aiguillages au chalumeau, installer le chasse-neige devant la motrice, prévoir les pelles ... Le train jaune passe toujours, comme la Wells Fargo !

Si un cheminot se fait voyageur, c'est gentiment qu'il joue le rôle de guide bénévole pour les touristes. La passion, c'est aimer transmettre son plaisir.

La tour de carol est une gare internationale. C'est la seule gare proposant 3 écartements de rails différents (les 1668 mm espagnols, les 1435 français et le mètre tout rond du Train Jaune). On y respire le transit de frontière, le contrebandier en sueur, le passage à l'acte délictueux. Il faut dire qu'à vol d'oiseau, nous ne pouvons nous éloigner davantage du Palais de l'Elysée sans tomber dans le camp ennemi. Ici la révolte gronde contre les diktats du centralisme parisien. La Cerdagne, magnifique plaine d'effondrement, véritable trouée permettant de traverser aisément les pics pyrénéens, a été de tout temps convoitée, conquise, reprise par les tenants des deux versants, jusqu'à ce que le traité des Pyrénées (1659) tente sans y réussir d'y mettre le Ôla et ne trouve rien de mieux que de la couper en deux tout en laissant espagnole llivia , une enclave de 13 km2.

Depuis, à part celui de la Catalogne, ses habitants se méfient des drapeaux.

Entre le train de midi qui nous amène et celui de 15 heures et quelques qui doit nous ramener, nous avons juste le temps de visiter un peu Enveigt et de marcher jusqu'à La tour de Carol (3 km) où nous avons un pot monstre, un gars du coin nous donne le conseil du siècle : manger chez Peypoch . Ho la bonne adresse ! Ho la proposition avisée ! Ho que nous ne regrettons pas de l'avoir suivie !

Peypoch est débordé. Il a un repas de fiançailles ou de mariage à honorer, il est déjà tard, mais il nous accepte de bon cœur avec le sourire. Nous nous installons dans une salle impressionnante au plafond perdu tout la haut, devant une cheminée monumentale. Sur le linteau, sont posées des reproductions à l'huile de caricatures de Sarkozy dans le style Charlie-Hebdo. Nous sommes dans l'antre d'un ogre anarchiste. Les murs sont couverts de tableaux de tous styles, mais choisis avec un goût très sûr.

Sa cuisine est à l'aune du sérieux et de l'authenticité des murs. Loin des essais autistes de cuisiniers brouillant le dialogue entre le plat et son gourmet, Peypoch a fait le choix humble et difficile de rechercher le produit de qualité et de le cuisiner en respectant son goût.

Cela faisait bien 10 ans que je n'avais aussi bien mangé.

Une bouteille à deux et nous avons repris d'un pas guilleret la route qui serpente entre les vaches le long du riu Carol et qui mène à la gare.

jeudi 5 juin 2008

AndiamoLe parc

Le parc... C'est le nom que porte le centre de rééducation (médical, et non pas pour délinquants... Mauvais sujets !) dans lequel je séjourne actuellement.

Il est magnifique, tellement inattendu, si près de Paris, que j'ai eu l'audace (pardon Manou) de faire quelques photos.

Vous trouverez un cèdre qui, nous assure-t-on, est âgé de trois siècles, un érable, monstrueusement gigantesque, les hommes posant devant ces vénérables ancêtres, ne sont pas des gringalets : 1m81 pour l'un, 1m85 pour l'autre !

Un personnel hors-pair, des médecins, aux infirmiers (ières) et tous les autres.... Magnifique !



Un jardin extraordinaire,
Loin des noirs buildings, et des passages cloutés,
Y'avait un bal que donnaient les primevères,
Dans un coin de verdure, les petites grenouilles chantaient.

Charles Trenet          





Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière,
Baignant ses pieds, qui coule entre ses fleurs.

Gérard De Nerval          









Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux formes ont tout à l'heure passé,
Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux spectres ont évoqué le passé...

Paul Verlaine          





Des ombres, des hommes, des femmes,
Traînant derrière eux
Des petits caddies,
Avec, en guise de provisions,
Une bouteille d'oxygène,
C'est leur "respire-machine".
Et ils s'en vont...
CLOPE HEIN ? CLOPE... ANT !

mardi 3 juin 2008

LorentLa genèse...

Anne et Marie étaient amies d'enfance, chaque soir après le boulot, elles avaient rendez-vous à la taverne d'Yvine, histoire de partager une petite liqueur et leurs affaires de cœur en cours.

- Alors, t'en est où avec Joseph ?

- Une catastrophe, je t'avais dit que bien que spécialiste du tenon et de la mortaise, il avait du mal à mettre ça en pratique le soir au fond du lit, hein ? J'ai pourtant la mortaise accueillante, mais son tenon à lui il est du genre mou du genou. Alors je me faisais pas trop de soucis. Ben, au final, il a dû avoir une illumination, et paf, je crois bien que j'ai l'ovocyte en pleine croissance.

- Oh la vache, ça c'est pas de bol !

- Ouais, comme tu dis, enfin bref, faudra bien faire avec. Et toi, le boulot ?

- Bof, tu sais, scribe pour l'édition de Bethléem soir, je suis pas sûre de garder le job, paraît que je fais pas rêver assez les gens, et la direction envisage de me licencier pour embaucher une pétasse. Ève qu'elle s'appelle, haute comme trois pommes, je suis sûre qu'Adam, mon boss, a dû lui faire le coup du serpent enchanté et qu'elle s'est laissé faire.

- Ma pauvre, on a bonne mine, hein, deux looseuses de première ! Et le pire c'est que je dois rentrer, y a mon Joseph à la triste bite qui va me encore me faire une crise de foie si je suis pas là pour lui faire sa popote.

- Warf, triste bite, t'es dure avec lui ! Mais tu sais quoi ? Ça me donne une idée pour mon billet de demain : "Marie, Joseph, et l'histoire de la verge marrie", bon ça changera pas le monde, mais avec un peu de chance, ça prolongera mon cdd....









PS : j'ai eu un doute, me suis demandé un moment si verge marrie n'était pas une réministruc de que j'aurais lu ailleurs, mais j'ai pas trouvé, alors si oui, vraiment désolé :))

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